Don Caliut, t. II, l'r., col
3. Celte relation de Volcyr a été publiée par A. Dioot, JU. A. S., iSliS, p. i5C.
4. A. D-, B, 999- Voici le passage complet : i Payé par le dit receveur à Philippe le cirier de Si-Nicolas pour avoir fait, dessuB ung cierge pesant V livres que le roi « présente k Mooseigaeur M. Nicolas, des chardons el autres feuilles painctes et pour façon du dit cierge Illl sols, et i Jehan
r pour uug escuaaou aux armes de la royue que a este attaichié audit cierge IX groa. Appert - ' le dudit seigneur et la quittance cy rendue, moatanl en tout k LXVI sois, i
RAINE * 1505; et au revers une épée en pal, sur un semé d'alérions, avec la légende : + GECTS ^ DES ^ COMPTES iJ DE ^ LORRAINE ^ '.
Par une tendance toute naturelle, les Lorrains vont s'approprier cet emblème qui , à i'origîne, appartenait à leur duc ; ainsi ils avaient fait de la croix à double traverse. Yolcyr nous a dit que sur les tapisseries de Bar se trouvaient « chardons de filz d'or et d'argent, avec forces branches de palmes, par lesquelles nous est représentée victoire acquise et continuelle' ». Toute cette ornementation rappelait donc la campagne victorieuse de René II. Mais les Lorrains avaient pris part à cette victoire ; et ils pouvaient revendiquer, avec elle, l'insigne qui la représentait. Quand, le 28 avril 1628, la femme du duc Antoine, Renée de Bourbon, fit son entrée à Nancy, elle marcha sous un dais porté par quatre gentilshommes et dont le ciel était semé de chardons. Et la foule chantait sur le passage du cortège une complainte, dont voici un couplet :
Sy, gros Lorrains^ parlons par vers, Tenans forme de rëtoricque.
Loyaux sommes et non pervers.
Et qui nous poinct très fort se picque).
En cette strophe, les Lorrains faisaient allusion au chardon comme emblème national, et non plus comme emblème ducal ^.
Mais, quels faits évoquaient-ils, sinon ceux qui s'étaient passés à Nancy et aux environs de la cité ? Et le chardon ne signifie-tr-il pas surtout l'énergique résistance opposée par une place forte à un ennemi qui l'attaque? Aussi l'insigne va se localiser davantage, si j'ose dire ; au cours du xvi* siècle, il désignera la seule ville de Nancy.
On le voit figurer sur les monuments de la cité. La porte Saint-Nicolas (de la Ville-Vieille) est refaite en i52i et, sur une des lucarnes, un serrurier place a un gros chardon de fer 5 ». Vers i525, l'insigne est figuré sur les voussures de la niche qui abrite, à la porterie du palais ducal, la statue du duc Antoine ; il garnit le tertre sur lequel est posé le cheval ^. La ville était de plus en plus tentée de prendre pour elle cet insigne qui ornait ses édi-
1 . On ne connall qu'un exemplaire de ce jeton ; il existe au cabinet des médailles de la BibL nationale et a été publié par M. Léon Germain, /. c.