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LA PROCESSION DES ROIS

et h\ se formait la procession. En tète marchaient les divers ordres religieux de la ville qui sVtaient multipliés avec les années ; ce furent au xvin"^ siècle Pénitents, Ermites, Auqustins, Dominicains, Tiercelins, Minimes, Capucins et Cordeliers. Venaient ensuite les corps constitués : officiers de THôtel-de- Ville, officiers du bailliage, conseillers maîtres des comptes en leurs robes noires et ceintures d'or, membres de la Cour souveraine en robes rouges. Suivaient le clergé séculier, les membres de la collégiale Saint-Georges portant la plus vénérable relique de la ville, le cuisseau Monsieur S aint^Georges. Le princes de la maison ducale fermaient la marche. Devant le cortège, un officier portait le casque du Téméraire ; il était suivi de deux hommes tenant sur Tépaulc les deux sabres ramassés sur le champ de bataille. Les trompettes sonnaient et des chœurs répétaient alternativement les deux belles hymnes : Deus tuorum militum et Martyr Dei, qui unicum, tandis que toutes les cloches de la ville lançaient leur volée. Les bourgeois de Nancy en armes bordaient les rues ; et les soldats accompagnaient des deux côtés la procession. Le cortège quittait la collégiale Saint-Georges, se déroulait le long de la Grande-Rue ou de la place de la Carrière ; par la rue des Maréchaux et la rue des Dames, il arrivait au couvent des Précheresses, où il faisait une station. De là il gagnait, à quelques pas plus loin, l'église Saint-Lvre. Puis par la rue des Morts (rue des États), il se rendait à Notre-Dame ; et, par le Ilaut- Bourgeois, il venait aux Cordeliers et retournait à Saint-Georges. En la première de ces églises, on priait Dieu pour le repos de Tâme de René II qui y était enterré ; dans la seconde, pour le duc de Bourgogne. Dans ce dernier parcours on passait devant le palais ducal, dont les murs étaient tendus des tapisseries de Charles le Téméraire'.

Cette procession fut interdite pendant les diverses occupations françaises de la ville ^. Elle fut rétablie par le duc Léopold en i6gg ' et se déroula dans les rues de la cité en 1700, 1701 et 170a ^ Quand les Français, à la fin de 1702, eurent de nouveau envoyé leurs soldats à Nancy, ils n'eurent garde d'autoriser cette cérémonie, et on ne la revit qu'après leur départ, le 5 janvier 1715. Ce jour-là, le duc Léopold, avec ses deux frères, Charles, arche-

on lisait en grands caractères le nom de Viator, sans doute Tauteur de la sculpture. Il s'agit de Jean Pèlerin, auteur de la Perspective artisiique, qui fut chanoine à Saint-Georges. Cf. Gaston Sayk, Jean Pèlerin le Viateur, Extrait du Bulletin de la Société philomatique vottgienne, année 1896-1897.

I. Voir le procès-verbal de la procession tenue en 171 5, qui nous a été conservé dans les archives de la collégiale Saint-Georges. Il a été publié par Lkpagf, Les Communes de la Meurthe, t. Il, pp. i3o et ss., et Les Archives de Nancy, t. I» pp. 6a et ss. Voir la description de la procession par le libraire Nicolas, M, S, A. L,, 1899, pp. 3oi-3oa.

a. Elle est encore mentionnée dans les comptes de i633. Sommes payées à Jean Gérard, maître sculpteur, pour avoir peint en argent fin et azur six bAtons pour les six sergents de ville assistant à la procession de la veille des Rois. Lepage, Les Archives de Sancy, t. II, p. aa5.

3. Comptes municipaux de 1699 : c Dépenses pour 74 pots de vin fournis à la compagnie des Suisses de la garde de S. A. R. le jour de la procession de la veille des Rois. » Lepaoe, Les Ar^ chives de Nancy ^ t. II, p. 3 10. Cf. t. III, p. 39.

4. En 1701, le Conseil de ville infligea une amende de 10 fr. contre un individu pour avoir manqué à la parade de la procession de la veille des Rois et insulté ou raillé les bourgeois qui étaient sous les armes. Lepage, Les Archives de Nancy, t. III, pp. a4o-a4i.

568 HISTOIRE DE NANGT.

vèque de Trêves, et François, abbé de Stavelot, avec ses trois 61s, Clément, François et Charles, et le prince d'Harcourt, prirent place dans le cortège ' sur le passage duquel les habitants manifestèrent hautement leur joie. Pour la dernière fois Nancy jouit de ce spectacle le 5 janvier lySS *. Un peu plus tard, la ville était à nouveau occupée par les Français sous prétexte de la guerre de la succession de Pologne; et, cette fois-ci, ils ne devaient plus la quitter. La guerre assura la possession viagère du duché au roi de Pologne Stanislas Leszczinski et prépara son annexion à la France. Alors disparut à jamais cette prêcession des Rois. Symbole de l'indépendance du duché de Lorraine, elle avait vécu avec elle.

I. Nicolas, Journal, /. /., p. a56. Menliun du pain, de la viande et da vin fourni ce jour>là à It compagnie des Suisses, Lbpaoe, Les Archives de Nancy, t. H, p. 335.

a. Nicolas, Journal, l. /., pp. 991, 194 et 3oi. Mention de la procession de 1733 dans les comptes de la yille, Lepaoe, Les Archives de Nancy, t. II, p. 356.

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