FONDATIONS DE STANISLAS A BONSECOURS
de riches omemenis pour le culte : un soleil d'or enrichi de diamants, une lampe et un crucifix d'argent, des chasubles, des dalmatiques, un poêle. Comme il aimait volontiers faire ostentation de ses libéralités et qu'il les enregistrait à un liard près, il nous apprend qu'il dépensa pour toutes ces parures 22,1 48 livres 4 sols 3 deniers'. La construction de la nouvelle église, l'achèvement du cloître des Minimes lui coûta près de 100,000 livres, argent de France *.
Après avoir logé les moines, Stanislas lit, pour assurer leur subsistance, plusieurs fondations à Bonsecours. Le a8 juillet 1740, il donna aux Minimes une somme de 3 1,000 livres de France, à condition qu*ils réciteraient à son intention l'office de la Vierge tous les samedis et diraient tous les jours, à 1 1 heures, une messe basse, accompagnée des litanies de la Mère de Dieu. Le 9 août 1742, il leur accorda 3, 000 livres pour une messe basse de Bequiem à dire tous les mardis et vendredis, avec les litanies de la Croix. Les deux sommes furent placées par les religieux en biens-fonds ; ils achetèrent des gagnages et quelques prés. Le 5 juin 1753, le roi de Pologne fonda un service solennel qui devait être célébré le jour anniversaire de son décès et promit aux religieux, à sa mort, une somme de 6,000 livres. Enfin, par un contrat du 10 novembre 1759, il donna sur la recette générale 700 livres de rente aux Minimes, à condition que tous les jours, après la messe de 1 1 heures, ils distribueraient trois sous à douze pauvres, pris dans les sept' paroisses de Nancy ^. Il ordonna qu'à sa mort on paierait sur sa cassette, pour remplacer la rente, un capital de 14)000 livres. Beaucoup de particuliers suivirent un exemple parti de si haut et les fondations ^ se multiplièrent. Grâce à ces dons, les religieux qui desservaient Bonsecours pouvaient passer pour riches.
Stanislas aimait cette église de Bonsecours qui était son œuvre, à laquelle il avait multiplié ses bienfaits et où il devait reposer après sa mort. Il s*y était fait construire, ouvrant sur le chœur, une tribune d'où il pouvait entendre la messe ^. Aux quatre grandes fêtes de la Vierge (Purification, Annonciation, Assomption, Nativité), il s'y rendait avec dévotion, s'y confessait et communiait. 11 ne manquait jamais à ce devoir, quand il était en Lorraine, même par les temps les plus affreux, même aux derniers jours de sa
1. On a public un invcnlairc, fail le 7 avril 175a, des efTets donl Slanislas a enrichi l'église et l'autel de Notre-Dame de Bonsecours, dans le /. Â'. A, L., 1866, p. i4o. Cet inventaire était connu de LioNNois, t. I, pp. 584-585.
3. Recueil de* fondations faites par le roi de Pologne, p. 19. Lionnois, t. I, p. 084. Quelques religieux Minimes se sont fait enterrer au xviii* siècle dans un caveau, sous la nef de Bonsecours. Cf. Lepage, Les Caveaux, p. 8.
3. Les sept paroisses étaient Notre-Dame, Saint^Evrc, Saint-Hocli, Sdint-Sébastien, Saint-Nicolas, Sa intr Pierre et Saint-Vincent-SaintrFiacre.
4> Recueil des fondations faites par le roi de Pologne, pp. 19-36. Liomnois, /. /.
5. M. l'abbé Jérôme, L'Église Notre-Dame de Bonsecours à Nancy, p. 89, n. a, énumère les principales.
6. Cette tribune, (]ui se trouvait au-dessus de l'endroit où est actuellement le tombeau du roi de Pologne, a été appelée parfois « l'appartement du roi. >
vie, quand le poids de Tâge se faisait sentir*. On le vit une dernière (ois le 2 février 1 766, quelque temps avant le triste accident de Lunéville ; et ce jour-là, il fut bien mélancolique. « Savez-vous, dit-il aux gentilshommes qui l'accompagnaient, ce qui m'a retenu si longtemps dans Téglise? Je pensais que dans très peu de temps je serais trois pieds plus bas que je n'étais'. » Ce n'est pas seulement le corps de Stanislas qui repose à Bonsecours; à cette église est attachée quelque chose de son âme.
Et pourtant deux ans à peine s'étaient passés depuis son décès que les religieux de Bonsecours furent menacés dans leur existence même. Un édit de 1 768 défendit qu'il y eût dans une même ville deux couvents d'un même ordre ; les Minimes de Bonsecours devaient, en conséquence, fusionner avec la maison créée par Christophe de Bassompierre. Pendant plusieurs années, grâce à la protection des petites-filles de Stanislas, Mesdames de France, Adélaïde et Victoire î, ils échappèrent à la rigueur de cet ordre; mais, en 1786, ils profitèrent d'une occasion pour céder leur demeure. Les chanoinesses de Bouxières, comme nous l'avons vu^, s'ennuyaient au sommet de leur montagne ; elles achetèrent donc aux Minimes leur couvent et leur jardin ; on relégua les religieux dans les bâtiments qui s'étaient élevés contre l'église et sur l'ancien cimetière des Bourguignons^; ils ne seront désormais plus que les chapelains des dames. Les chanoinesses se proposaient de construire leur nouveau couvent sur la cour et sur un terrain acheté aux Dames prêcheresses, la maison abbatiale d'abord, et, perpendiculairement à cette demeure, autour d'une avenue centrale, les vingtKieux maisons où chaque dame tante demeurerait avec sa dame nièce ^. En 178g, l'abbatiale était à peu près terminée, les constructions suivantes sortaient de terre. On avait pratiqué une brèche dans le chœur de l'église, pour l'agrandir et y installer les stalles des chanoinesses.