Recueil cité plus haut, pp. i
3. Recueil cité, pp. 4-22, texte latin et traduction française.
4. Les lettres patentes et Texlrait des registres du «jrcfTe de la cour, dans le mùme recueil, pp. 22-27.
48 IIISTOIIIE DE NANCY.
étaient favorables. Les Minimes, qui desservaient ce sanctuaire, se sentaient menacés. Un édit de 1768 interdisait à toute congrégation d'avoir deux maisons dans une même ville ; or, les Minimes n'étaient pas seulement fixés à Bonsecours, mais sur la rue Saint-François (notre rue Chanzy), dans une partie des bâtiments du lycée actuel. On les somma en conséquence, à diverses reprises, d'évacuer Bonsecours'. Ils furent par suite heureux de s'entendre avec les dames de Bouxières. Par traité du 24 juin 1786, passé par devant M^^ Loménie de Brienne, en la maison abbatiale de Bouxières, l'église de Bonsecours, les terrains et habitations qui l'environnent, tous les biens et revenus des Minimes de Bonsecours furent unis et incorporés au chapitre de Bouxières*. Les Minimes conservèrent pourtant l'usage de leur église ; ils en acquittèrent les fondations ; ils devaient même continuer d'habiter le couvent. Seulement, ils étaient réduits à n'être plus que les chapelains des dames.
Mais où s'établiront les clianoinesses de Bouxières ? Deux jours après le traité avec les Minimes, le 26 juin 1786, elles achetèrent aux Dames prôcheresses un vaste terrain entre la route de Neufchâteau et le ruisseau de Jarville'. C'est sur ce terrain et sur une partie du fonds cédé par les Minimes que les bâtiments allaient s'élever.
Après que, le 29 septembre, Loménie de Brienne eut porté le décret de translation*. Ton put se mettre à l'œuvre. Le chapitre fut notablement augmenté. Au lieu de 28 dames, il devait y en avoir 48, 24 tantes et 24 nièces, y compris l'abbesse et la doyenne ; — on venait de créer cette dernière dignité. On projeta en conséquence de bâtir au fond d'une vaste cour s'ouvrant sur la route de Nancy à Lunéville un magifique hôtel, l'hôtel abbatial, avec deux ailes; là demeurerait l'abbesse, là seraient déposées les archives; là, dans une vaste salle capitulaire, se réunirait le chapitre. L'une des ailes serait la demeure de la doyenne. Au milieu de l'hôtel se trouvait un passage couvert qui menait à une allée plantée d'arbres ; et, de chaque côté de cette allée, entre cour et jardin, devaient se dresser les demeures des 22 dames tantes, chacune habitant avec sa dame nièce. Une galerie couverte réunissait ces maisons et permettait aux* clianoinesses de se rendre au chœur de l'église. L'on se proposait d'agrandir ce chœur et d'y percer une entrée du côté ouest.
L'adjudication de tous ces travaux eut lieu le 8 octobre 1786, et Ton se mit aussitôt au travail 5. Les constructions avancèrent en 1787, 1788 et 1789. L'hôtel abbatial, avec les appartements de l'abbesse et de la doyenne, était terminé pour le gros œuvre ; quelques maisons de chanoinesses sortaient de
1. Nous revieodrons plus tard sur ce sujet. Cf. abbé Jérôme, L* Église Notre-Dame de Bonseconn ù Nancy, Nancy, 1898, pp. 91-92.
2. Le traité entre le chapitre de Bonsecours cl les Minimes, ibid., [>p. 28-36. L'accord est approurê par le conseil d'État de 28 juillet 1786 (16., pp. 37-88).