Même recueil, pp. Ai -A
f\. IbiiL, pp. /17-78 avec les nouveaux règlements.
5. Abbé Jkhomi::, p. 96. On a conservé un plan de tous ces projets, A. D., H, 295G.
TRANSFERT DU CHAPITRE DE BOUXiÈRES A NANCY. ^9
Cire et l'on creusait les fondations des autres. L'on avait ouvert une brèche lans le cbŒur de l'église de Bonsecours et l'on jetait les bases pour l'affranlissement '.
Le roi avait approuvé, en octobre 1786, les mesures prises par Luinénie de
trienue'; ei, le 3 janvier 1787, le pape Pie VI avait fulmiiic la bulle qui ransférail à perpétuité le chapitre de Bouxières dans l'église de Bonsecours'.
'n<IJii<licatiou, A. D., Q, 11» iGS. icj3, ;
I. Voir tes proci^s-rcrbaux d'i 3. Hecucil cité, [)p. 75) et sa.
3. Bttlla eonjirinationii perpeliue Tranalatiimis Hlattrit capituti n Eceleàam JVoilrx Dumintr de Bon-Secour». Paris»», Desprey, 1788,
5o HISTOIRE DE NANCY.
En même temps qu*on augmentait le chapitre, on lui assignait de nouveaux revenus. On lui remit tout ce qu'il y avait de bénéfices ecclésiastiques disponibles en Lorraine et en Alsace. L'abbesse surtout devenait fort riche. Depuis assez longtemps, l'on avait joint à sa dignité une forte pension de 8,000 livres sur l'abbaye Saint-Airy de Verdun " ; une autre pension semblable lui fut assignée sur l'abbaye Sainte-Marie-Majeure de Pont-à-Mousson. Le roi Louis XVI, sollicité par ses tantes Victoire et Adélaïde, petites-filles de Stanislas, lui donna sur sa caisse une pension de 6,000 livrés. 11 autorisa l'abbesse à solliciter en cour de Rome l'union du prieuré de Flavigny à sa dignité, et le pape accéda à sa demande le 24 janvier 1788*; et l'on estimait le revenu de Flavigny à 12,000 livres. Avec sa prébende double, l'abbesse jouissait donc d'un revenu de 38,ooo livres ^ Les chanoinesses, dont le nombre était doublé, obtinrent aussi un accroissement considérable de biens. Le roi Louis XVI leur céda, le 25 août 1786 la grande abbaye de Marbach en Alsace au diocèse de Bâle + ; le 3 septembre, l'abbaye de Tholey, au diocèse de Trêves î; et, le 19 janvier 1788, le pape Pie VI leur remit la mense abbatiale de Saint- Evre de Toul^, qui était encore fort riche. Le chapitre qu'on construisait à Nancy devait être l'un des plus beaux et des mieux dotés de la province.
Les dames devaient demeurer à Bouxières jusqu'à ce que les bâtiments autour de Bonsecours fussent en état de les recevoir. Mais, en 1789, la Révolution éclata. Les campagnes étaient parcourues par des bandes menaçantes, hostiles aux seigneurs et aux religieuses, hostiles pour ce double motif au chapitre de Bouxières. Cette effervescence augmenta au mois d'octobre, à cause de la famine générale et des misères du temps. Les chanoinesses n'étaient plus en sûreté à Bouxières ; elles quittèrent la montagne et s'installèrent tant bien que mal dans le couvent des Minimes. Elles célébrèrent provisoirement leurs offices à l'église des Tiercelins, en attendant l'achèvement de Bonsecours. La translation eut lieu le 27 octobre 1789?. Pendant une année et demie, le chapitre prolongea péniblement son existence. Le i3 janvier 1791, il se réunit pour la dernière fois capitulairement aux Tiercelins^. Les chanoinesses ensuite se dispersèrent ; l'église des Tiercelins allait être vendue et détruite, et nous raconterons plus tard les destinées de Bonsecours. La dernière abbesse, Angélique, comtesse de Messey, remplit l'Europe de ses récriminations, regrettant sa grasse prébende. Elle invoqua le traité de Vienne de 1737', mais en vain.
1. Cette donation fut lonfjtemps disputée à l'abbesse par les chanoinesses.
a. Cf. abbé Guillaumk, Notice sur le prieuré de Flavigny-sur-Moselle {M. S. A, L., 1877, p. 286).