A. D., H, 83o, avec plan
C. Sur cette question, voir Courbe, Les Rues de Nancy, t. I, p. 345. 7. Voir plus haut, p. 365.
ÉTAT AGTUFX DE L^ÉGLISR DES COHDEL1EHS. 62 1
servirait de paroisse unique à la Ville-Vieille'; mais bienlôt les exercices du culle catholique cessèrent entièrement et Téglise devait, avec le couvent voisin, iMre vendue comme propriété nationale. On ne trouva point d'acquéreur, et elle passa les orages de la Révolution. En 1806, elle fut abandonnée par l'État à la ville ; et, comme elle resta sans emploi (car les Cordeliers ne revinrent plus dans nos murs), on exprima le dessein d'en faire une sorte de succursale de l'église Saint-Èvre, trop petite pour les habitants de la Ville-Vieille. Les travaux d'aménagement furent commencés sous la Restauration et traînèrent un peu en longueur. Enfin, le 20 mars iSaS, l'église fut de nouveau bénite par M«^ de Forbin-Janson, évêque de Nancy*, et une grand'messe y fut célébrée chaque dimanche. Il arriva que la fabrique de Saint-Èvre trouva trop onéreux de se charger de l'entretien de cet édifice et des soins du culte, et, en i85i encore, à la fin de son Histoire des Cordeliers, M. l'abbé Guillaume se demandait avec inquiétude quel serait l'avenir de l'église. C'est alors qu'est intervenu l'empereur d'Autriche, François-Joseph ; de ses deniers il paie un chapelain chargé de desservir le temple et de célébrer la messe, en l'honneur de ses ancêtres, les ducs de Lorraine. Nul n'était mieux désigné pour remplir le premier ce poste que l'abbé Guillaume, l'historien si consciencieux de l'édifice'. De i863 à 1871, pendant la reconstruction de Saint-Èvre, l'office paroissial a été célébré dans ses murs^.
Nous avons présenté l'édifice et raconté son histoire ; mais ce qui donne à l'église son importance, ce sont les monuments qu'elle renfermait jadis et ceux qu'elle contient encore aujourd'hui. Il nous faut décrire les uns et les autres.
Autrefois l'église possédait de nombreuses peintures. Les voûtes étaient ornées de grandes figures d'anges portant les instruments de la Passion et d'ornements divers, ainsi qu'on le voit dans une grande planche de la Pompe funèbre de Charles III. Les parois de la nef et les colonnes à l'entrée des chapelles étaient décorées de peintures et nous connaissons les sujets de f[uelques-unes d'entre elles. C'était d'abord une Nunciade qui avait pour
I. Abbé Guillaume, Cordeliers et chapelle ducale de Nancy ^ p. ai 5. a. Ib,t p. 227.
3. L'abbé Guillaume l'a rempli jusqu'à sa mort, le 8 décembre i883. Il a été remplacé par l'abbé Bénard, qui est mort en 1894. Le successeur de ce dernier est M. l'abbc Girard, aumônier de l'hôpital militaire.