‹ Histoire de NancyChapitre 539 sur 642 · Nous publions ces neuf inscriptions plus loin · texte numérisé non relu

Nous publions ces neuf inscriptions plus loin

5. Dans le procès-verbal de la visite de 1762, A. D., H, 8ag, il y a quelques variantes, mais peu importantes.

En face, sur un cartouche de marbre, derrière Tautel, on lisait :

Beatœ Virgîni Lauretanœ,

sepulchrali Lotharingix Principum honori

fitndaium erectumque decoro hoc sacellum snœo,

pietate

Cnrofi Dncis cognomento Magni,

opère sculptili, marmoribus exornari

ju$$itfilius et successor Henricus ;

ornatu dimidio non absolutum

Frangiscus m,

Daœ Regius Lotharingiœ et Barri,

Jerosolymorum Reœ Magnusque Duœ Etruriœ,

post religiosissime insiauratos avoram iumulos,

Regali sumptu perfecit an M.DCGXLin.

Dans les années qui suivirent, il fut parfois question de compléter la décoration en marbre, et on fit en effet, à plusieurs reprises, des devis. On voulait remplacer les bases des colonnes, qui étaient en simple pierre blanche, par du marbre blanc ; les huit génies devaient être aussi sculptés dans du marbre de Gênes. Mais on se heurta à des difHcuItés d'exécution, et Marie- Antoinette, en visitant le tombeau de ses ancêtres, en 1770, déplora les disparates que présentait la chapelle. Rien ne fut changé jusqu'en 1793* ; Tomementation restait incomplète. A ce moment, les tombeaux furent violés, comme nous le raconterons plus loin ; les génies furent enlevés, les mausolées brisés, sauf un seul, le quatrième, celui qui est placé aujourd'hui derrière l'autel. Les colonnes de marbre furent dispersées dans divers établissements, à la chapelle de la Visitation, à l'évêché', à la cathédrale, à l'hospice Saint- Charles. En 1818 seulement, on commença l'œuvre de restauration. Les colonnes sont ramenées à leur lieu ; celles qui manquent sont remplacées ; les bases sont formées pour la première fois de marbre blanc ; de nouveaux génies, œuvre de Jean-Baptiste Glorieux, remplacent les anciens ' ; et six sarcophages d'un modèle nouveau, fournis par le marbrier Claude Michel, ne font point regretter ceux qui ont été démolis. Les anciennes inscriptions sont de nouveau gravées ; mais ici encore on s'est un peu trop fié au texte de Lionnois. On a reproduit ces inscriptions telles que l'historien de Nancy les a disposées, d'une façon un peu fantaisiste ♦.

Au second étage de la chapelle, dans les cinq pans donnant sur l'ancienne

I. M. l'abbé Guillaume a mis en lumière tous ces faits dans son article, Déiailê »ur la décoration de la chapelle ducale dans les M. S. A. L., 1864, p. :)3o. Voir entre autres les devis de 1755 et 1765 qu'il publie.

a. L'ancien évèché est le bâtiment qui se trouve à Tesl de la Cathédrale et qui est occupe aujourd'hui par les sœurs de l'Espérance.

3. Guillaume, Cordeliers et chapelle ducale de Nancy, pp. !ia3-334, a publié les comptes des entrepreneurs et des sculpteurs.

4. On aurait dû prendre le texte de la brochure citée plus haut, en laissant pourtant de côtérerreur commise sur le premier mausolée. Cf. infra, p. 601, n. i. J'ajoute qu'on a fait quelques véritables contresens que nous signalerons plus loin.

DESCRIPTIU> l>K LA CHAPELLK DLIULE. 6^5

rour (les Cordeliers, on a porc*^ des fcnPires oii di's vitraux violets, couleur de deuil, laissent péix^lrcr dans 1» cluipellc une lumière à la fois douce et triste. Autrefois, des colonnes do marbre corinthiennes entouraient, au nombre de seize, jiccoupliVs doux à deux, ce second étage ; elle composaient le

« second ordre d'architecture u ; mais ou ne les a pas rétablies eu ce siècle et ou a masqué par des trophées d'armes les parties pleines des murs. Près de la partie supérieure des fenêtres vraies ou feintes étaient jadis sculpté; huit médaillons représentant les ducs ; on les a remplacés par seize nouveaux. Le troisième étage est formé par la coupole de Siméon Drouin. Dans chacun des huit pans se trouve une série de viiigt-iiuatre cadres où l'artiste a

646 lUSTOlHK DE NANCY.

sculpté des auges élevaut vers le ciel leurs maius joiutes, de gracieux chérubius ou simplement des iMoiles ou deux H ou deux C entrelacés, initiales des noms de Henri II et (Iharles IV, sous lesquels la coupole a été construite. La coupole a peu souffert en i ygS et elle a été hal)ilement restaurée par Glorieux. L'édifice se termine par un campanile, décoré de peintures représentant le ciel, et le jour qui en tomix; achève de donner à la voûte un aspect mystérieux. Mais pourquoi a-t-on suspendu au sommet ces deux anges qui semblent se diriger vers les tombeaux et qui produisent un effet si disgracieux * ? Le campanile est surmonté à l'extérieur d'un cœur au-dessus duquel est placée une croix de Lorraine '.

Dans l'intérieur de la chapelle, sur le pavé où le marbre noir et la pierre blanche alternent en losanges, un seul monument se dresse. C'est un autel très riche, formé de marbres de diverses couleurs. 11 est placé sous le vocable de Notre-Dame de Lorette. 11 est surmonté d'un groupe en marbre représentant la Vierge portant l'enfant Jésus et entourée de deux anges adorateurs. Ce groupe faisait partie de l'ancien autel élevé par l'empereur François I'' ; sous la Révolution, il fut déposé en l'église Saint-Lvre. Les connaisseurs vantent surtout le retable où est représenté un Christ au tombeau avec un ange qui fond en larmes ; on a souvent attribué cette œuvre au sculpteur messin François Chassel ; mais, d'après un ancien devis, il est sûr que le marbre de Gènes où l'œuvre a été taillée n'était pas encore acheté en 1765^ et à cette date Chassel était mort. Le bas-relief est d'un de ses disciples. Quand l'autel fut brisé en lygS, le rétable fut cassé en morceaux, mais fort heureusement la sculpture n'a pas été atteinte. On peut l'admirer aujourd'hui, remise en place.

Après cette description détaillée de la chapelle ducale, il nous faut raconter son histoire ; il nous faut dire quels morts illustres ont été enterrés sous ses caveaux. Déj}\ les ducs Antoine, François 1'% (Charles 111 et leurs femmes, Henée de Bourbon, Christine de Danemark, Claude de France, les petites princesses Anne et Claude, filles de Charles III et de Claude, y reposent^. Les

Page 1