Inscription moderne, reliquim
1. L'auteur de rinscription citée plus loin a commis ici une grave erreur. Il croyait que cette première urne contenait les cendres d'Isabelle d'Autriche, femme de Ferri IV, morte en i35a. Mais, en réalité, cette duchesse a été enterrée à l'abbaye de Kœnigsfelden, en Suisse, d'où, plus tard, ses ossements ont été transférés dans l'abbaye de Saint-Biaise, dans la Forèt-Noire, puis dans l'église des Capucins, à Vienne. Voir les notes de l'abbé Marciial et d'A. Bkkuît, dans le /. S. A. L,, i864f p. aao, et i865, p. 37. M. Mory d'EIvange, à son tour^ a cru qu'il s'agissait de Sophie de Wurtemberg, femme du duc Jean 1*'. En réalité, il faut s'en tenir au procès-verbal des commissaires, et reconnaître dans cette botte les restes d'un duc Jean et du duc Nicolas. Comme Jean II a été enterré à Barcelone, il ne peut s'agir que de Jean I^r. cf. eupra, pp. a34 et a4o.
3. A cause de ces translations, on mit sur le premier mausolée l'inscription suivante :
ISABELLiK AUSTRIAOG,
Frederici IV. Lothoringiœ Ducis et Marchionie conjugi;
honorée poUdcoe emerita, uirtulibue etiam chrietianieeimie vitam eœornnvit ;
viam univereje car nie ingreeea anno M.CCCLII*.
Carolo I. vidgo II. iUdem Lotharingiœ Duci et Marcfdoni;
humaniorum nrtium etudioeue, l^incepe mavortiue,
eemper victor, invito marte, eoli fato ceeeit anno M.CCCf^XXX**.
Margarit.c a Ua varia, ejuedem Caroli eponex ;
heroicœ eanctitatie mortieque eanctœ coneecratn^ gloria,
etellie micantiue diademati addidit decue ;
antegenitali poeteraqae laude dignam et œternabit fatna œre perennior,
jamque beavil obitue anno M.CCCCXXXIV.
MaRL« BORBOPriENSI,
JoAivMs II. Lotharingia Ducie, etc, uœori JideHenirnœ ;
ingenuie leporibue et pietate celebrie,
euie exterieque gratieeima deceeeit anno M.CCCCXLVIII.
Qui Principee in eancti Georgii œdibue primitue coneepulti,
hue aduecti eo quo par erat apparatu anno M.DCCXLllI,
nouo poetgenitie eociati decorantur eepulcro.
a. Cette partie de rinscription a été effacée avant 1789 à la demande de Mory d'EIvange et n'a pas été reproduite justement.
6. Charies II mourut en réalité en i43i. c A tort sur rinscription actuelle coneecratâ.
n'attirât point l'attention des Lorrains, devenus sujets de Stanislas de Pologne'.
Le I*' mars 1 762, l'empereur François I*" fit faire une visite exacte du caveau. Il y constata la présence de 35 cercueils ou caisses, outre 3 boîtes contenant des cœurs. Il chargea les Gordeliers de l'entretien du caveau et de la chapelle ; il leur demanda d'y faire brûler une lampe jour et nuit, d'acquitter les fondations, d'imprimer des billets « invitatoires » pour les services solennels, de célébrer chaque jour, entre onze heures et midi, une messe basse de Requiem pour le repos des âmes de l'auguste maison. En échange, il délivra aux religieux, outre le produit des anciens anniversaires, une somme de 26,800 livres ^
IjC caveau funèbre n'était pourtant pas clos à jamais. A diverses reprises, il devait se rouvrir pour recevoir d'illustres dépouilles. En 1760, comme nous l'avons déjà vu, la collégiale de Vaudémont, sur la montagne de Sion, fut détruite ; et l'on transféra à Nancy, à la chapelle ducale, le 21 avril 1762, les restes des anciens comtes de Vaudémont qui y étaient enterrés ^ Dans un cercueil étaient placés les corps de Henri III, mort en i332, et de sa femme Isabelle de Lorraine ; dans un second, le corps du comte Antoine, grand-père de René II, et le cœur de sa femme, la vieille douairière, Marie d'Harcourt. Les habitants de Vézelise se montrèrent mécontents de ce transfert, et une femme du peuple dit au père Husson, supérieur des Gordeliers : a Où conduisez-vous nos princes ? — Chez nous, lui répondit-il. — Ah ! mon père, vous voulez donc avoir chez vous toute la Lorraine ♦. »
Quelques princes lorrains, à l'imitation d'Henri IV de France, avaient donné leur cœur aux jésuites, et ceux-ci avaient déposé ces viscères en l'église du noviciat (aujourd'hui hospice Saint-Stanislas, au bout de la rue Saint-Dizier). Là se trouvaient les cœurs du duc Charles HI, de son fils Charles, cardinal de Lorraine, qui, à un âge très tendre, cumula les évêchés de Metz et de Strasbourg, f 1607, de sa fille Antoinette de Lorraine, duchesse de Clèves et de JuUers, f 1610, des ducs Charles V et Léopold, et du jeune prince Léopold-Clément. Une princesse lorraine, Dorothée, f 16 12, fille de Fran(;ois 1'' et de Christine de Danemark, épouse d'Erric de Brunsw^ick- (iottingue, avait demandé d'être enterrée dans cette église. Mais quand les jésuites eurent été expulsés de Lorraine, quand le noviciat fut devenu le collège dirigé par l'abbé Lionnois, quand dans l'église du collège eurent lieu les offices de la paroisse Saint-Nicolas, on transporta en pompe toutes ces vénérables reliques à la chapelle ducale, le 25 mars 17725. Une cérémonie
1. Le procès-verbal de translation dans Lionkois, t. I, p. io3. Cf. supra, p. a4i* Il ^Aut observer qu'on était alors en pleine guerre de la succession d'Autriche et que l'ancien duc François III luttait contre la France.
a. Le procès- verbal de celte visite et le contrat eu date du 27 septembre 176a aux A. D., H, 8ay.
3. Les procès-verbaux de cette translation sont conservés aux A. D., /. /.
k- Éloge funèbre de C allât, p. G9.
5. Lion:^ois, t. I, p. 169. Copie du procès-verbal dans un manuscrit du Musée lorrain, n® a53, fol. 174 ; voir une lettre de Mort d'Elva.xoe où il raconte cette cérémonie au prince Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas. Même ms., P> lya.