TRANSLATIONS DES CORPS DES PRINCES LORRAINS
solennelle fut célébrée par M«^ Drouas, évêque de Toul ' ; et le directeur du collège, Lionnois, ému de celte cérémonie, voulut connaître les hauts faits de ces princes et sentit s'éveiller sa vocation d'historien *.
En 1773 mourut à Bruxelles Anne-Charlotte, princesse de Lorraine, abbesse de Remiremont, treizième enfant de Léopold ; suivant son vœu, son corps fut rapporté à Nancy le 12 décembre, et le 23 un service fut célébré pour le repos de son âme dans l'église des Cordeliers par M*' de Montmorency-Laval, évêque de Metz, le siège de Toul se trouvant alors vacant ^ Enfm le 22 octobre 1780 on déposa dans une urne sous la chapelle ducale le cœur du duc Charles-Alexandre de Lorraine, frère de l'empereur François ♦; il avait longtemps gouverné les Pays-Bas et à lui s'étaient toujours adressés les vieux Lorrains, lui dédiant leurs ouvrages sur l'ancien duché, désormais absorbé par la France.
En 1792, au moment où disparaissaient les couvents, on songea à ramener sous les caveaux de la chapelle ducale les restes des anciens ducs, conservés encore dans certaines églises de Nancy ou du voisinage. L'empereur chargea la commission qu'il entretenait à Nancy de les reconnaître ; et l'un des commissaires, l'abbé de Rulle, déploya le plus grand zèle.
Accompagné du président du district de Nancy, Vigneron, et du chirurgien Simonin, il se rendit d'abord à l'église des Capucins de Varangéville qu'on allait démolir; il en rapporta le corps du prince Erric de Lorraine qui, pour expier ses péchés, avait fondé ce couvent et y avait été enterré en 16235, celui de Henri de Lorraine, marquis de Moy, comte de Ghaligny, décédé en 1672, et celui de François de Lorraine, évêque de Verdun de 1622 à 1661. Dans l'église de Beaupré, près de Lunéville, l'abbé de Rulle releva les restes de Ferri III, celui qui avait donné à Nancy ses libertés, de son fils Ferri, évêque d'Orléans, f 1299, ^e son petit^fils Ferri IV le Luitteur, f i328, et de la femme de celui-ci, Isabelle d'Autriche^, ceux du duc Raoul, le fondateur de la collégiale Saint-Georges, qui était mort avant que cette maison eût été achevée. Enfin, à Clairlieu, au milieu de la forêt de Haye, il trouva les ossements du duc Mathieu I*% mort en 1 176, de Berthe de Souabe " et de leur fils Mathieu. Tous ces restes furent déposés dans la chapelle ducale pour
1. Le discours prononcé par Ms' Drouas a été imprimé à Nancy, clicz Claude Lcseure, 10 p. in-S».