HESTAUIIAÏION DE LA CHAPELLE DUCALE
nouvelle, en même temps qu'était rétablie l'ancienne église des Cordeliers (1818-1826). Quand tout fut terminé, on nomma des commissaires pour y transporter les restes des anciens ducs : les ossements du cimetière des Troîs- Maisons, ainsi que ceux qu'on pourrait trouver ailleurs. Ces commissaires furent le marquis de Foresta, préfet de la Meurthe, au nom du roi de France ; le baron de Vincent, au nom de l'empereur d'Autriche. Le 19 octobre 1826, ils se rendirent au cimetière d'Art-sur-Meurthe ; ils en retirèrent les corps du duc Charles IV et de Charles-Henri de Vaudémont (le fils qu'il avait eu de Béatrix de Cusance, mort en 1728) qui avaient été en 1798 arrachés de l'église de la Chartreuse de Bosserville et jetés dans une fosse de ce cimetière. Le lendemain 20 octobre, ils relevèrent les ossements du cimetière des Trois- Maisons et les réunirent dans cinq cercueils. Le 21, ils cherchèrent, à l'emplacement de l'église de Saint-Léopold , dans la rue des Ponts, le corps de Gérard !•', comte de Vaudémont, que Dom Calmet avait fait transférer de Belval à Nancy en 1718 ; l'église de Bonsecours leur fournit le cœur du prince Henri, fils de François H, déposé jadis aux Minimes, recueilli par un brave citoyen en 1798 et mis en i8i4 dans le caveau de Stanislas. Les commissaires acceptèrent les reliques que les docteurs Simonin avaient sauvées pendant la Révolution, plus une boîte provenant de l'abbaye de Royaumont, en Seine-et- Oise, et renfermant le cœur du prince Camille de Lorraine, mort en 1 716 et appartenant à une branche cadette. On exposa tous ces restes, dans la cathédrale de Nancy, à la vénération des fidèles : enfin, le 9 novembre 1826, on les ramena dans la chapelle ducale ^ Les cordons du poêle étaient tenus par les vieux représentants des familles lorraines : le marquis de Lambertie, le comte de Ligniville , le comte Théodore de Ludres et le comte Léon d'Ourches. Le comte de Merveldt, chambellan de l'empereur d'Autriche, le chevalier de Landrian, le comte de Mitry et le marquis de Raigecourt marchaient à côté du catafalque l'épée nue. L'évêque de Nancy, M«' de Forbin-Janson, prononça le discours obHgatoire ; mais Guerrier de Dumast n'a pu lui pardonner sa froideur et il rappelle quejadis l'ancêtre de ce prélat avait gouverné, au nom de Louis XI, la Provence, enlevée au duc René II, héritier légitime du pays*. Après les discours, les corps furent descendus dans les caveaux en onze cercueils ou boîtes.
Les caveaux de la chapelle ducale ont été ouverts depuis 1826 à trois reprises. En i856,*la Société d'Archéologie lorraine découvrit qu'une princesse de la maison, Anne-Elisabeth de Lon'aine-Elbeuf, femme de Charles-Henri de Vaudémont, celui-là même qui avait reposé à la Chartreuse de Bosserville, avait été enterrée à l'ancien couvent des CarméUtes de Pont-à-Mousson'. L'année précédente, on lui avait annoncé que dans les ruines de l'abbaye de
1. Procès-verbal de la translation des dépouilles mortelles des anciens souverains, princes et princesses de V auguste Maison de Lorraine, iii-4° de 3o pages.