VISITES PHLNGIËHES A LA CHAPELLE DUCALE
poussière de leurs ancêtres'. Après la dévastation de Téglise, Tempereur d'Autriche François I'', une première fois en i8i4 comme nous l'avons déjà vu, une seconde fois, le 6 juillet i8i5, erra autour de la chapelle*. Le ii septembre 1828, la duchesse d'Angouléme et quelques jours après, Charles X lui-même visitèrent le sanctuaire. Une inscription récente rappelle ces souvenirs ; mais pourquoi est-elle rédigée en un style si ampoulé ? Pourquoi contient-elle de véritables erreurs historiques, donnant, par exemple, déjà à Joseph II le titre d'empereur A* Autriche? Les administrateurs de la fondation ducale agiraient sagement en la faisant disparaître. En i83i, le roi Louis-Philippe s'arrêta quelques instants dans la chapelle ducale. A une époque plus récente, le i5 mai i856, elle a reçu la visite de l'archiduc Maximilien, qui portera plus tard le titre d'empereur du Mexique et aura une fin si lamentable. L'impératrice des Français, Eugénie, et le prince impérial n'ont pas négligé ce monument, dans leur voyage de 1866. Enfin, le 22 octobre 1867, l'empereur d'Autriche, François-Joseph, lui-même, et ses deux frères, Charles-Louis et Louis-Victor, se rendant à l'Exposition universeUe, ont prié sur le tombeau de leurs aïeux et sont descendus dans la crypte'.
En décrivant l'église des Cordeliera et la chapelle ducale qui y est attenante, c'est toute l'histoire de la maison ducale de Lorraine que nous avons racontée, depuis son origine avec Gérard d'Alsace jusqu'au moment où, au XMU* siècle, elle quitta les bords de la Meurthe pour régner sur ceux de l'Amo et du Danube. C'était une race vaillante et vigoureuse que celle qui a produit Ferri III, René II, Antoine, Charles V; elle a rempli le monde du bruit de ses exploits et les épitaphes que nous avons relevées ne sont pas mensongères. De tous ces rejetons d'un tronc illustre il ne reste maintenant qu'un peu de poussière ; et même ces restes n'ont pas toujours été respectés, on les a jetés hors du sanctuaire et profanés; et qui sait si à cette cendre glorieuse ne se sont point mêlés quelques ossements plus profanes? Qui oserait affirmer qu'en tous ces transferts que nous avons racontés, il n'y ait pas eu quelque distraction de la part des commissaires ?
Tant pis, si une telle erreur a été commise ! Ce qui importe, ce ne sont pas les ossements mêmes des morts ni leurs propres squelettes, mais le souvenir qu'ils ont laissé derrière eux ; et celui-là ne doit point périr. La mémoire des hommes, tel est le véritable tombeau des générations disparues. Que la Société d'archéologie veille sur la chapelle ducale et ses monuments ;