UÉCOMPENSES AUX SEIGNEURS FIDELES. O
Après la victoire de Nancy, il fallait récompenser les serviteurs qui étaient demeurés fidèles à la cause lorraine, châtier au contraire ceux qui avaient fait cause commune avec les Bourguignons et trahi leur pays. Henri de Neuchâtel fut privé de ses seigneuries en Lorraine ' ; 4es frères Perrin et Evrard d'Haraucourt perdirent leur fief de Bayon — le troisième frère Henri était mort à la journée de Nancy* ; — Nicolas de Vaudoncourt se vit enlever ses biens à Vittel, Pulligny et Ceintrey ' ; Jean de TouUon la seigneurie de Thézey et la vouerie de Nomeny*. J^e receveur général Vautrin de Bayon, dit Malhôte, fut condamné à mort et exécuté, mais René II traita sa veuve avec mansuétude ; il lui conserva la jouissance des biens de son mari, exception faite de son hôtel à Nancy, en la rue Richardménil, qui resta à Oswald de Thierstein^.
Les seigneuries confisquées sur les traîtres furent données aux Lorrains demeurés fidèles. PetiuJean de Vaudémont garda la seigneurie de Pierrefort^ et on lui donna encore le ban de Tantimont et la seigneurie de Bainville^; Henri de Ligniville reçut le domaine de Nicolas de Vaudoncourt; Jean de Baude, les dépouilles de Jean de Toullon*; Gérard d'Ayvillers, la ville de Châtenois ' ; Jean Wisse de Gerbéviller, les seigneuries de Landécourt ; Franconville et Séran ville '°; Ferri de Saint-Baussant, la terre d'Haussonville ". L'alsacien Oswald de Thierstein, qui avait mis sa foitune à la disposition du duc, reçut les seigneuries de Chaligny et de Bayou ", et Jean de Bidos le Basque obtint en engagement la seigneurie de Pont^aintr-Vincent où, sur la montagne qui domine la petite ville, il fonda la chapelle de Sainte-Barbe '>. Gratien d'Aguerre, qui avait défendu Nancy avec tant d'opiniâtreté, devint
I. On lui rendit pourtant plus tard ChAtel-sur-Moselle. Cf. supra, p. 5o8, n. 10. a. Lepage, Commentaires sur la chronique de Lorraine f p. 11.