Le ban a été réuni à celui de Laneuverille-aux-Bois
II. Les trois localités, canton de Lunéviile-Nord. Bienville-Ia-Petilc était nommée Blainville-la- Petite. Ces détails sont tirés des divers pieds terriers.
la. Crion, Sionviller, canton de Lunéville-Sud. i3. LsPAGS, Notice sur quelques établissements..., pp. 44-4^'
i4. Canton de Bayon. Cf. Lepage, /. c, p. 53. D'une ancienne commanderie, Saint-Jean du Vieil- Ailre hérita pendant quelque temps de biens à Villoncour., canton de Chàtel, Vosges.
Si Ton additionne tous ces revenus de Saint-Jean du Vieil-Aître, Ton trouve que la Commanderic rapportait environ par an 19,000 fr. Sur ces revenus, les commandeurs versaient une petite partie, sous le nom de responsionSj au trésor central de Tordre, ils acquittaient un certain nombre de pensions et payaient un droit d'archives '. Les petites réparations des bâtiments étaient à leur charge ; mais Tordre remboursait les grosses réparations que des visiteurs spéciaux venaient vérifier et estimer. Il leur restait, tous frais payés, un revenu annuel de i5,ooo fr. qu'ils dépensaient à leur guise. Aussi cette charge est-elle recherchée par les plus hauts personnages. Nous trouvons parmi ceux qui l'ont exercée les noms les plus illustres de la Lorraine : Hugues de Chaligny, Pierre de Beaufremont, François de Haraucourt, Pierre du Châtelet. Plus tard, ce sont des noms de la noblesse française : les d'Anglure, les Vilmoulin, le bailli de FrouUay et Jacques-Philippe-Gabriel Desbarres, qui fut le dernier commandeur avant la Révolution*. Mais tous ces grands personnages résident de moins en moins à Nancy ; ils sont à Malte, chef-lieu de Tordre, à Rome auprès du pape, à la cour auprès du souverain ou bien ils commandent sur les galères du roi. A Nancy, un homme d'affaires gère leurs biens et leur envoie leurs rentes.
L'influence de la Commanderie sur la vie religieuse et morale de Nancy a été à peu près nulle, si haut que sonne ce nom de Vieil-Aître. Au début, du xji* au xiv* siècle, il y eut sans doute autour de la chapelle une petite communauté de chapelains et de servants d'armes. Mais elle disparut bientôt, et la Commanderie se réduisit au conmiandeur ! Le service de la chapelle fut fait les dimanches et jours de fêtes par un prêtre de Nancy, contre un modique salaire que payait le fermier. Au xvm' siècle, les Capucins en étaient chargés.
Et pourtant cette Commanderie, dont Taction religieuse a été si faible, a laissé à Nancy un durable souvenir. L'étang qui s'étendait hors de ville prit d^assez bonne heure le nom d'étang SaintJean. Quand Ton construisit la Ville-Neuve, la principale artère longitudinale qui menait à la Commanderie fut appelée rue Saint-Jean. Tel fut aussi le nom de la porte inihtaire, construite par Charles III à Textrémité de cette voie et définitivement démolie en 1874. Le prolongement ancien de la rue Saint-Jean, avant la construction de la rue du Faubourg-SaintJean, se nomme encore aujourd'hui : rue de la Commanderie. Puis, conunenl ne pas se rappeler avec émotion qu'au pied de la vieille tour a campé Charles le Téméraire et que tout près il a trouvé une mort si tragique ? L'on évoque aussi les vieilles coutumes par lesquelles on célébrait avant la Révolution la fête du 24 juin, — Tancienne fête païenne du solstice d'été, devenue la fête de la Saint-Jean. Entre midi et une heure, se présentiiit devant la chapelle le représentant du commandeur et, en sa présence, le maire de Laxou, assisté de son sergent et de plusieurs hommes armés, sujets de Saint-Jean, faisait le cri de la fête : « Oyez ! oyez ! oyez ! Mes-