I. Voir les compleb aux archives départcmeutalcs
a. Lcpage a dressé la liste cxacle des commandeurs de Nuucy {Annuaire de Nancy, i853, pp. 3o-33).
LA FOIRR AUX CRRISES. IJ()
sieurs, de par Dieu, Notre-Dame, >fcmicur Saîiitr-Ifan, l'on vous Fait
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lOO HISTOIRE DE NANCY.
de quelle qualité et condition et estats qu'elles soient (pendant la présente fête) n'aient à porter espée, dagues ny aucunes armes offensives, par le moyen desquelles Ton puisse prendre querelle ny débats, à peine de payer l'amende telle que de raison, selon l'exigence des cas et de l'offense, à arbitrer par ledit seigneur ou ses officiers '. » L'on dressait procès-verbal de ce cri et aussitôt la fête commençait. Sous l'allée de tilleuls les marchands déballaient leurs marchandises; au bas du talus s'élevaient des tentes, véritables cabarets improvisés ; on installait des « jeux de quilles et autres honnêtes exercices qu'on a coutume de tenir »; on montrait peint sur une pancarte le dernier crime commis et l'on chantait sur un air connu une lamentable complainte. Les seigneurs sur leurs chevaux, les grandes dames de la ville en leur pimpant carrosse ou en leur chaise élégante ne dédaignaient pas de venir se mêler au peuple en cette foire de l'été, cette foire aux cerises, comme on l'appelait. Un dessinateur du siècle dernier, Dominique Collin fils, nous a représenté, en une gravure dédiée au commandeur Desbarres, cette foire si grouillante'. Le commandeur touchait une pièce de chaque sorte de marchandise vendue : mercerie, pâtisserie, etc. Combien plus modeste est la petite foire qui se tient aujourd'hui encore dans le quartier lors de la fête Saint->Iean ! Nous voudrions qu'au moins en ce 24 juin l'on songeât un peu à cette Commanderie qui se dressait à quelque distance de Nancy et dont l'antique tour, toujoui's debout, a vu se dérouler les événements qui font la trame même de cette histoire.
De bonne heure, des monastères cisterciens furent créés en Lorraine. En II 35, le duc Simon !•' fonda près de Bitche l'abbaye de Sturtzclbronn, où il reçut, dit-on, la sépulture J. Son fils Matliieu I*^ aida, vers 1 148, à la création des monastères de Beaupré près de Lunéville et de l'Etanche ♦, entre Châtenois et Neufchâteau. A la même époque, Gérard II, comte de Vaudémont, descendant de Gérard d'Alsace, voulut construire une maison pour les Ber-
I. A. D., H, 3o53. Il arrivait parfois que le duc de Lorraine envoyait le prévôt de Nancy ou son lieutenant pour protester contre le cri; car il prétendait que le commandeur n'était pas seigneur de la Commanderie ; l'on consignait cette opposition et la fête n'en avait pas moins lieu. Puis des années se passaient, sans qu'aucune protestation de ce genre se produisit.
a. Les armes au bas de la gravure sont les armes du commandeur.
3. DoM Calmet, II, 3. Cette tradition ne semble pas bien fondée. Cf. G. Wolfram, Die Lothringi» schen Ilertogsgrùber in Sturtzelbronn dans le J, G, L. 6r., 189O, a« partie, p. /i4-