SCULPTURE
La grande porte de la façade de la cathédrale avait sur le piédestal qui la divise une statue de la Vierge perlant sur ses bras Fenfant Jésas; cette statue a été détruite et remplacée, depuis ^ par un Saint- Pierre. Au-dessus, dans le timpan de la porte, en place de la rosace que Ton y voit aujourd'hui, se trouvait un tableau en relief représentant le jugement dernier. Le Père Éternel était assis, ayant la croix de son fils entre les jambes; le Christ occupait sa droite, Marie était k la gauche; au-dessus de la croix, le Saint-Esprit, sous la form<* d^nne colombe, planait les ailes déployées. Des deux cotés, en demicercle, se tenaient divers groupes : c'étaient les anges en arrière: puis, sur le devant du tableau, les patriarches, les martyrs, les pères do Téglise et les saints ; mais il n'y avait point de saiutes, et Marie était seule de son sexe, suivant Tusagedu temps, qui accordait aux hommes une Immense supériorité sur les femmes , et qui établissait toujours ses dnalismes, l'esprit et la chair, l'homme et la femme, la synthèse et l'analyse ^ la science et l'industrie, et en subaltemisant l'un des termes. Au-dessous se Inmvaitune peinture de l'enfer tel que le XV .•* siècle le concevait: une immense chaudière placée sur un feu trèsardent recevait les réprouvés , que les diables y jetaient de toutes parts ; les uns avec les mains , d'autres avec des fourches.
Les statues des apAtres dont il ne reste aucun vestige, ornaient aussi cette porte ; leurs piédestaux présentaient chacun quatre tableaux en relief: ii droite l'on voit encore sur ceux qui restent, malgré les mutilations qu'ils ont subies, la construction de l'arche, Fenlrée dans l'arche , le déluge, INoé plantant la vigne , ses fils l'examinant pendant son sommeil, et quelques autres sujets de l'histoire de INoé; h gauche Ton trouve l'histoire d'Abraham. Les rentrants de l'ogive sont occupés par quarante-huit tableaux placés sur trois rangs. La droite, dans
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les six tableaux ÎDférieurs , représente la Résunrectian : trouve une suite d*allégories composées chacune de quatre ges dont deux sont des anges ; on dirait , en les Toyant , I0 pèlerinage sur terre de mesd(tmes Anne et Imbeau de Bnlagm» mm Iê sauvegarde des bienheureux Messeigneurs les anges gardiens^ de TaMi cAté, vis-à-vis des tableaux consacrés à la résurrection , Ton mit hi supplices des damnés, qui occupent les trois derniers rangs: pniBp as» dessus, des tableaux allégoriques de quatre personnages enti identiques, pour la pensée, à ceux qui se trouvent à droite.
La porte de droite de la cathédrale était consacrée à Pierre. Au-dessus de cette porle se trouvait une fenêtre q«e quaient eu partie une petite cathédrale et deux tableaux en la cathédrale rappelait-elle ces paroles: Vous êtes pierre > et pierre je bàlirai mon église ? Quelques souvenirs d*aiie UadMUB confuse porteraient à croire que la statue de Saint-Pierre se au-dessous , sur le piédestal qui divise la porte en deux , et qve saints surmontaient les autres. Les bas-reliefs de cette porte chent à rhistoire de Jacob et à celle de Joseph. Les deux tableanz sculpture qui se trouvaient sur le timpan de la porte , aux deax de Féglise , sont trop mutilés pour qu'on puisse en donner rexplicatiaB, mais, sans aucun doute, ils se rattachaient à la rie de Saint-Piemi Les 22 tableaux de Togive nous ont paru représenter des scènes de k vie des apùtres , et spécialement de la vie de Saint-Pierre. Oummb sculpture, ils peuvent 6tre critiqués sous le rapport de rexératii; cependant Ton doit rendre justice au talent remarquable arec les personnages sont groupés.
La petite porte de gauche était consacrée à Saint-Paul ; venir et aucune tradition ne disent quelles statues la décoraienL dessus de la porle se trouvait un tableau d'une sculpture très-soi^éi^ qui existe encore , et qui nous a paru représenter Jésus an tomkan.
Sur les bas-reliefs de cette porte , Ton voit à droite Tépisode d*. dans le désert , et ii gauche la suite de Thistoire d'Abraham. Les trants de Togive sont ornés de deux rangs de sculptures fomaBl B tableaux, parmi lesquels on distingue la conversion de Saint-Paal , m voyage sur mer, son naufrage. INous avons cru y voir le martyre de Saint-Etienne et quelques sujets empruntés aux actes des apôtres; il faudrait de longues études , faites au moyen d'un échaEsudage, préciser la signilication de chacun d'eux.
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i tontes ces sculptures , les tableaux du rentrant de Togive de It porte de Saint-Paul et le tableau qui la surmonte , nous semblent oecoper le premier rang. Le grand tableau du sermon sur la montagne, qai se trouve au portail du nord , est fort remarquable comme compoeidoii 9 mais beaucoup moins sous le rapport de Texécution. II 7 a dans les tableaux consacrés à la résurrection , des détails délicieux et qoe tous nos artistes du XIX.' siècle s'applaudiraient d'avoir sculptés : <Ni peut en dire autant des quatre personnages symboliques qui occupent le reste des rentrants de Fogive , et des diableries qui sont h gMclie. Celles-ci avaient pour but de montrer le vice dans toute sa Mdité. Par un caprice assez singulier de Tartiste , presque tous ses démons sont femelles ; peut-être aussi faut-ii attribuer ce fait à la aêae pensée religieuse qui n'avait placé que des hommes autour du Vère Eternel, dans le tableau du jugement dernier; c'est-à-diie au dualisme de Tesprit et de la chair, dont Thomme et la femme peuvent être considérés comme la personnification.
Lesfigoresdes démons sont la partie la plus intéressante des diableries; elles prouvent d'une manière incontestable que les ouvriers et imagiers du moyen-àge (car alors la langue n'avait pas inventé de nom spécial pour les artistes) avaient fait des éludes profondes sur la physiologie de la tôte et les rapports qui existent entre les divers penchants et la forme générale du crâne et de la figure. Bien plus , la phrénologie ne trouve rien à dire lorsque , laissant l'art de côté , elle s'empare de ces diableries pour les soumettre à l'examen d^une science fne les grands observateurs de tous les siècles semblent avoir pressentie.
Noos ne pouvons juger la sculpture de l'intérieur de la cathédrale qne psr les encadrements des bas-reliefs qui s'y trouvaient. Le soin arec lequel ils sont travaillés annonce que les bas-reliefs de l'intérieur de Téglise étaient probablement supérieurs à ceux de l'extérieur ; cependant ces derniers avaient du mérite comme composition : c'étaient des esquisses expressives et hardies , dans lesquelles les personnages étaient heureusement disposés.
Parmi les autres sculptures du XV.* siècle que Nantes possédait , nons devons citer les images d'or et d'argent données aux Carmes par Jean V , les tombeaux de Pierre-de-Bretagne et d'un évoque , le tombeau de Jean lY , le saint sépulcre des Jacobins , les nombreuses scnlptnres sur bois des maisons particulières , et les portes en bois de Saint-Saturnin.
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!,<• ifiiiili<-:iij (h- fili<i<tofi l't.-iit forriK; , suivant rusa£;e d'alorSi d*iui riij-.iil <li- iii.'ii.ohiK'iH' <l'fii\iroM ."i |»ifril> de haut, lun^ de 9 et large lit* \ ;i .1, ii-\<''hi il'* iii.'irliri' sur U\\\U"s srs surfaces. L'eulablenieiit se f (iiii(i(is;iii il uni* M'iijc |iifTi* (l«ï iiiartiru , sur laquelle le connétable i-t H'iii r|iMiiHr l'h-iiciil nMjrlM'N fil* h'ur liMi^: il leurs pieds se Irouraient un limi i-l lin lf*\ri«*r , roiiiiiH; dans le tombeau du duc François II»
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dont nous donnons plus loin les dessins. Aa-dessas de leurs tètes , que soutenaient des oreillers brodés , Ton reniar([uait deux dais icalptés à jour, œuvre élégante et fragile^ aussi remarquable par tes ornements délicats , fouillés arec un soin tout particulier , que par les difficultés qu'il avait fallu vaincre pour l'obtenir ; deux colonnes sculptées dans le même sentiment , descendaient sur rentablementy jnsqn^au-dessous des pieds, ofi elles étaient réunies par une trarerse ornée de croix. L'entablement était soutenu par neuf colonnes gothiques formant buit niches , destinées à recevoir huit statues qui n^eiistaient pas au XYII.» siècle et qui n'ont peut-être jamais été faites. Chacune de ces colonnes gothiques se composait de deux pilastres, renfermant chacun deux niches étroites et longues, l'une sapérienre, l'autre inférieure; chaque pilastre donnait naissance ù Tane des branches de l'ogive qui était pointue, surbaissée et terminée par nn gros bouquet de feuilles, d où sortait un second bouquet plus mince et plus élevé. De simples niches , ornées de bouquets et de feuilles , servaient à réunir les ogives les unes dux autres et formaient une dentelle moins large que celle du tombeau de Jean Y , mais plus riche et d'un meilleur goût : on eût dit une véritable draperie de marbre , suspendue , ainsi que les colonnes, à l'entablement, que tous nos ornements supportent si péniblement dans les monuments modernes. Le connétable avait la tête nue , ses gantelets ne se divisaient pas à chaque doigt, et formaient sur le dessus de la main une enreloppe présentant la forme d'un œuf coupé par le milieu ; le reste de son armure n'avait rien de particulier ; son épouse portait une coififnre , une robe et nn corsage que nous rencontrerons plus loin dans le vitrage des Gordeliers , h cela près que la robe n'était pas armoriée.
Il ne nous reste aucune des sculptures peintes du Xy.<: siècle; mais la tradition nous a conservé le souvenir des plus remarquables : aux Jacobins l'on voyait h droite, à côté de la chaire à prêcher, un saint en habit de moine ; sa tête était fendue par un coutelas qui la trarersait entièrement, et le sang ruisselait de la plaie sur sa figure et sur ses vêtements; la blessure n'avait rien 6té au calme de son visage; aussi cette statue, qui était sculptée avec art et peinte arec soin , produisait-elle un grand effet. Un saint-sépulcre se trouvait à gauche en entrant, dans une chapelle spéciale de la même ^ise; il était de pierre blanche assez tendre et passait pour une
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œuvre de scalpluro trës-remarquableii) se coMtioull d'oa c eu pierre, daos lequel huit personnaf^ dépOMicmt le corp» île J< Ces huit persuanages formaient un demi-cercle âorrière le t do manière k laisser voir le Christ et à présenUr an spectalntr hùt physionomies d'expressions variées; chacun de cm ]wr«onoa)n>« avsU un costume particulier, dont une peinlore tr6s>fiih; rviciail cmootr le mérite. Saivant un usage fiéquemment suivi au .\\ / sitrle, l'arliste avait grava, sur tous, des inscriptions en gothique . «(dp boucoup de visiteurs, dans le siècle dernier, prenaient pour d«s cancUns «étrangers.
Les Cordelicrs possédaient aussi un asies fruod sculptures; on y remarquait, dans le cloître, nn tomlieBO ^ù i iléjï dégradt! en 89 ; les enfants de chœur de l'église-, qui ri conservé le souvenir , se rappellent avec plaisir qu'ils so csd derrière , quand on les demandait pour étudier ; plus préoccupés de leurs jeni que des beaux arts , ils oot i l'ordonnance et les sculptures de ce monnmept. Dans l'iolérr l'ciglise so trouvait une magnifique statue équeatrt et coloual«(, marbre noir, représentant Guiliaume-de-Rieni, dont répoiue4 enterrée dans le cho-ur. D'autres monuments ornaient encoie | Cordeliers; mais rien ne les rappelle, et la tradition les a romplA oubliés, comme ponr donner ï méditer sur la vanité iIm ( d'ici-bas.
La cathédrale possédait aussi , avant la révolulion . plusieurs m tures peintes dont on ignore la date. Les deui jiluit remar^ étaient une Vierge et un Christ, qui se tronvaii-nt h l'entrée i rliwur. L'un et l'autre étaient vêtus de bleu.
Les peintures snr bois ou sur verre du XV.' sièrle et les pelai ïur parchemin , des manuscrits, ont presque tons pi^ri pendaat | révolulion. Cependant, nous trouvons dans les d^'bris échappés | naufrage des prouves nombreuses de l'habileté dot artistes de c époque, comme dessinateurs et comme coloristes?
Les plus belles peintures sur verre de IV'anles, ciistaienl k Salafr- >'icolas, aux Cordeliers, i la Cathédrale et aux Jacobin». Les pôlurus des Jacobins ne sont connues que par tradition ; l'on |
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Parmi tootes ces sculptures , les tableaux du rentrant de Togive de la porte de Saint-Paul et le tableau qui la surmonte , nous semblent occuper le premier rang. Le grand tableau du sermon sur la montagne, qui se trouve au portail du nord , est fort remarquable comme composition, mais beaucoup moins sous le rapport de Texécution. Il y a dans les tableaux consacrés à la résurrection , des détails délicieux et que tons nos artistes du XIX.« siècle s^applaudiraient d'avoir sculptés : on peot en dire autant des quatre personnages symboliques qui occupent le reste des rentrants de Togive, et des diableries qui sont ù ganclie. Celles-ci avaient pour but de montrer le vice dans toute sa Bodité. Par un caprice assez singulier de Tartiste , presque tous ■es démons sont femelles ; peut-être aussi faut-il attribuer ce fait à la même pensée religieuse qui n'avait placé que des hommes autour du Père Eternel, dans le tableau du jugement dernier; c'est-à-diie au dualisme de Tespritetde la chair, dont Thomme et la femme peuvent être considérés comme la personnification.
Les figures des démons sont la partie la plus intéressante des diableries; elles prouvent d'une manière incontestable que les ouvriers et imagiers du moyen-àge (car alors la langue n'avait pas inventé de nom spécial pour les artistes) avaient fait des études profondes sur la physiologie de la tête et les rapports qui existent entre les divers penchants et la forme générale du crâne et de la figure. Dien plus , la phrénologie ne trouve rien à dire lorsque , laissant Tart de cAté , elle •^empare de ces diableries pour les soumettre à Texamen d'une science qne les grands observateurs de tous les siècles semblent avoir pressentie.
Noos ne pouvons Juger la sculpture de l'intérieur de la cathédrale qne psr les encadrements des bas-reliefs qui s'y trouvaient. Le soin arec lequel ils sont travaillés annonce qne les bas-reliefs de Tintérieur de Téglise étaient probablement supérieurs à ceux de l'extérieur; cependant ces derniers avaient du mérite comme composition : c'étaient des esquisses expressives et hardies, dans lesquelles les personnages étaient heureusement disposés.
Parmi les antres sculptures du XV.« siècle que IVantes possédait , nous devons citer les images d'or et d'argent données aux Carmes par Jean Y , les tombeaux de Pierre-de-1)retagne et d'un évéque , le tombeau de Jean lY , le saint sépulcre des Jacobins , les nombreuses sculptures sur bois des maisons particulières , et les portes en bois de Saint-Saturnin.
Le dessin que nous doniious ici du tombeau de Jean Y, est copié sur relui (|ue doni Lohiueau nous a laissé: Ton y voit le duc couché de son lon^ sur une table de marbre rarrée, la tâte est roDTerte d*un rasque en forme de bonnet pointu, auquel ronimenre un vêtement maillé qui |)rot^f;e la iîf^nre , le rou et les épaules ; son annare de fer est complète , et recouvre entièrement tout le reste du corps, à Tevception des extrémités. Ses mains ont des (gantelets serrés ai poignet par des bracelets , et ses pieds , enveloppés par une annare m<d)ile, s*appuient sur un lion. La lon^^ueur du tombeau est divisée en rin(| niclu;s , par de petits pilastres ^otbiques , dont les extrémités formaient au-drssous de Tentablemeut une dentelle en marbre ou ea albAtre d'un très-lxm (soùt.
In autre dessin représente Pierre-de-Brctague , seif;neor de Guin^amp , do (iliAteaubriant, comte de Benon, fils do Jean V et frère de François l<^^ (le prince , qui succéda au duché de Breta^n«' en lITtO, et mourut en lioZ, fut enterré au milieu du chorar de ré};lise de ^otre-l)ame; sa statue était ornée d'une sorte de couronne , et nM'onvtTte d*un manteau à chaperon ; il portait à la ceiature une escarctïHe.
Les sculpteurs Bretons du W.'* siècle ont laissé d^admirables preuves de leur talent. Le Finistère et le ^lorbiban possèdent encore des souvenirs nombreux de ces modestes ou>Tiers qui sortirent, sons les règnes de Jean \ et iW. ses successeurs , de la Bretagne bretoBnante , pour porter en France , i|uel(|ues-uns même jus«|n*en Espa^m* , le r«*nom du pavs qui les avait vus naître. Aussi , par u sentinieni national bien naturel , nous croyons devoir décrire ici le tombeau d'Olivier-de-Clisson , connétable de France, mort en 1407, h son cli;Ueau de .losselin , afin de mettre en regard du tombean de .lean V, sculpté en Vn};leterre, une o'uvre bretonne, dans laquelle se trouvent . à la fois, quelque cli(»se de rornementatiou de la cathédrale de >antes, et la première pensée du tombeau des Cannes, dont il sera question plus loin.
Le tombeau de Clissim était formé, suivant Tusaj^c d*alors, d^on massif di.' maijonnerje d'environ 5 pieds de haut, bm^; de 9 et large de 'i h r», re\étu de marbre sur timtes ses surfaces. L'entablement se composait d'une seule pièce de marbre , sur laquelle le connétable et son épouse étaient coucUés de leur lon^: il leurs pieds se trouvaient un litm et un lévrier , comme dans le tombeau du duc François II ,
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dont nous donnons plus loin les dessins. Au-dessus de leurs têtes , que soutenaient des oreillers brodés , Ton remarquait deux dais •cnlptés à jour, œuvre élégante et fragile^ aussi remarquable par les ornements délicats , fouillés avec un soin tout particulier , que par les difficultés qu'il avait fallu vaincre pour l'obtenir ; deux colonnes sculptées dans le môme sentiment , descendaient sur rentablement, jnsqn*au-dessous des pieds, ofi elles étaient réunies par une trarerte ornée de croix. L'entablement était soutenu par neuf colonnes gothiques formant huit niches , destinées à recevoir huit statues qui B*exîstaient pas au XYII.' siècle et qui n'ont peut-être jamais été faites. Chacune de ces colonnes gothiques se composait de deux pilastres , renfermant chacun deux niches étroites et longues , Tune aopérienre, l'autre inférieure; chaque pilastre donnait naissance h Vtme des branches de l'ogive qui était pointue, surbaissée et terminée par nn gros bouquet de feuilles , d où sortait un second bouquet plus mince et plus élevé. De simples niches , ornées de bouquets et de féailles , servaient à réunir les ogives les unes iiux autres et formaient one dentelle moins large que celle du tombeau de Jean Y , mais plus riche et d'un meilleur goût : on eût dit une véritable draperie de marlire , suspendue , ainsi que les colonnes, à l'entablement, que tous nos ornements supportent si péniblement dans les monuments modernes. Le connétable avait la tête nue , ses gantelets ne se divisaient pas à chaque doigt, et formaient sur le dessus de la main une en- Teloppe présentant la forme d'un œuf coupé par le milieu ; le reste de son armure n'avait rien de particulier ; son épouse portait une coiffure , une robe et un corsage que nous rencontrerons plus loin dans le vitrage des Gordeliers , il cela près que la robe n'était pas armoriée.
Il ne nous reste aucune des sculptures peintes du XV.^ siècle; mais Il tradition nous a conservé le souvenir des plus remarquables: aux Jacobins l'on voyait h droite, à cAlé de la chaire à prêcher, un saint en habit de moine ; sa tête était fendue par un coutelas qui la traversait entièrement, et le sang ruisselait de la plaie sur sa figure et sur ses vêtements ; la blessure n'avait rien ôté au calme de son visage; aussi cette statue, qui était sculptée avec art et peinte arec soin , produisait-elle un grand effet. Un saint-sépulcre se trourait à gauche en entrant, dans une chapelle spéciale de la même église; il était de pierre blanche assez tendre et passait pour une
IGC XV.'SIÈCLS.
œuvre de sculptoro trbs- remarquable: il se com)M)Mit d'an UD iiiorrc, dans lequel huit personnages dépotaient I«coiim de Ces buit persoDuagcs formaient un demi-cercle detritro le de maDiërc i laisser voir le Christ et i prësenlur an Itbysionomles d'expressions variées; chacun de cm jK-miniiJgCB un costume particulier, dont une pointure Irèi-fioc nileviU le mérite. Suivant un usage fiéqocmment suivi id W.* liste avait gravé, sur tous, des inscriptions en goUtitpe coup de visiteurs, dans le siècle dernier, prenaient pour d< (étrangers.
Les Cordeliers possédaient aussi un «ses grand ntmil sculptures; on y remanjuait, dans le cloître, nn loinlwau qui déjï dégradé en 89 ; les enfants de chœur de l'égliii;, qni svtd» conservé le suuvenir , se rappellent avec plaisir tju'iU itecai derrière, quand o» les demandait pour étudier; mai» plus préoccupés de leurs jeui que dos beaux arts , ils oui l'ordonnance et les sculptures de ce monument. Dans I' l'église se trouvait une magnifique statue équestre et marbre noir, représentant Uuillaarae-de-Aieni, doBi l'épouse unlerréc dans le chœur. D'autres monuments omaienl encore Cordeliers; mais rien ne les rappelle, et la tradition les i compli oubliés, comme pour donner i méditer sur la vanité des d'ici-bas.
La ruttiédralc possédait aussi , avant la révolution , plnaienn lures peintes dont on ignore la date. Les deux plut ranui étaient une Vierge et un Christ, (|ui se Ironvaienl k l'enlréa rhwur. L'un et l'autre étaient vêtus de bien.
PEIHTUBBS.
Les peintures sur bois ou sur verre du XV.' siècle et les :tur parchemin, des manuscrits, ont presque tous péri pendnth révululion. Cci>endant, nous trouvons dans les débris écha^én m '] naufrage des preuves nombreuses de l'habileté des artistes de tÊUt époque, comme dessinateurs el comme coloristes?
Les plus belles peintures sur verre de Nantes , eiistaient h Sife^ >'irolas, aui Cordeliers, ii la Cathédrale et aux Jacobins. Lenfi^ lures des Jacobins ne sont connues que par tiaditinn; l'on pean^fH
le dac Jean V , rëvé(][ae du temps et le premier fondateur de leur église» André de Vitré, s'y trouvaient représentés. L'on remarquait à Saint-Nicolas , un Saint-Sébastien , plusieurs évéques de Nantes , les grands personnages de l'époque. L'abbé Travers parle en ces termes des peintures de cette église:
« C'est le plus beau vitrage delà province , et il n'y en a peut-être » pas dans le royaume qui le surpasse ou qui l'égale. Les principaux » éTénemcnts do la vie de N. S. y sont représentés , et son portrait » si bien tiré, qu'on n'y remarque point de différence en vingt » endroits ou plus que la vitre le donne. » Dans la chapelle de Bon- Secours , à gauche du chœur de l'église des Gordeliers , l'on voyait François LcT, duc de Bretagne: il portait un habit de drap d'or, un mantean ducal d'écarlate rouge, doublé d'hermines, et sur le mantelet, Tordre du Porc-Epic en or qu'il avait fondé. Isabelle Stuart^ sa seconde femme, était placée en face de lui; c'était la fille puînée de Jacques Stnart L^^ , roi d'Ecosse. Son manteau était rouge , bordé d*or et de pierreries , son corset bleu, son surcot d'hermines , sa jupe était armoriée : d'un cOté les hermines , armes de son mari , de l'antre les siennes qui étaient (for au lion de gueule enfermé dans un doublé IréS'ChŒur fkurdelysé de mâme ; sa couronne était ornée de leorsdelys. Pierre -de-Bretap;ne, seigneur de Quingamp, de GhAteanbriant, comte de Benon, ûls de Jean Y , successeur de François T.c% tn duché do Bretagne , était représenté sur les vitres de Notre-Dame. Sa cotte de mailles était recouverte en partie par une tunique en forme de chemise , sur laquelle se trouvaient ses armes ; sa femme Françoise d'Amboise était placée à genoux et vis-à-vis dans la même posture ; cette princesse portait un collier , un surcot d'hermines , orné de pierreries, et une jupe chargée de son blason, parti au premier d^hermines y au lambel de trois pendants (fazur^ chaque pendant chargé de iroii fleuri de lys d*or; au second pallé d'or et de gueules qui est Àmboise turmanié de Thouars, qui est d*or, semé de fleurs de lys d'azur, au canton de gueules. L'on voyait encore , à ce qu'il parait , dans le vitrail des Gordeliers, Marguerite-de-Bourgogne, fille de Jean-sans-Peur , qui fnt mariée en secondes noces à Arthur, comte de Richemont. Sa coiffure ressemblait à celle qui est en usage chez le peuple dans plusieurs cantons de Bretagne : son surcot n'était ni en hermine ni en fourrure , mais en riche étoffe du temps ; sa jupe était blasonnée de Bretagne au lambel à trois pendants, chargés chacun de trois lionceaux.
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parti t'cartelf' an premier et quatrième de Bourgogne moderne , «i rt au troisirme de Bourgogne ancien et sur te tout de Flandreê, Parai les ])ers()niiaj;es illustres que Ton remarquait dans les vitnai des autres fenôtres des Conleliers, nous citerons François II , Marf^ierile (le Bretagne, Jean II, vicomte de Rohan, comte de Poriioct et Maiie de I)reta};ne : François II était représenté à genoux , les mains joiitcs, la cottii d'armes char$;ée de son blason. i\Iar{;uerite-de-Bretagiie 9 fille de François I.*', duc de Bretagne et d'Isabelle Sluart, était dans h iii^iiie posture que son mari ; ses cheveux étaient roulés en bandeai, son manteau ducal, doublé de vair, n'avait point de petit collet; n lar^e ^alon d*étoiïe d*or, orné de pierres précieuses, formait le lov du haut de sa robe ; sa jupe était armoriée , et son corsage reoonTert d'un surrot d'hermines, partagé par une lar^e bande de brillants.
Le vicomte de Hohan portail sa cotte d'armes rouge ou de guemie*, vhargée de neuf macies d'or, posées trois y trois et trois; Marie de Bretaf;n<% sa femme , avait un corset bleu , un 8 urcot d'hermines, une jupe chargée du blason de Kohan^ parti de Brela|;ne: sa tête était recouverte d'une coifTure , ornée de brillants, qui enfermait les cha- \euv et formait |>resque le casque.
\ Saint-Siinilien l'on voit encore un christ qui n'a rien de renar- ((uable , Saint-Similien en habits pontificaux , une vierge naireneit dessinée, une Sainte-Gencvi(*ve qui porte sa télé entre ses mains, un petit vitrail, le plus curieux de tous, placé dans la fenêtre di bas de l'église , qui nous a ]>aru représenter Jésus an milîen des Docteurs ; un lièvre , et (iuel((ues autres sujets incomplets par suite de mutilations.
L'on voit aussi quelques vitraux de couleur à la cathédrale, ÎU tout partie de la grande fenêtre.
INous donnons, dans nos dessins, un évéquc dont la statue se troore encore U la cathédrale ; nous ne croyons pas que ce soit Guillaume Gueguen quelle représente. — A cùté se trouve le sire DnchaffanI, seigneur de la LimouziniOre , enterré k Villeneuve, pressantes; dessous François 1.*^ et son épouse Isabelle Stuart. Une autre de gravures représente encore Isabelle Stuart, femme do François I.*': François I.''< en costume simple , un grand écuyer du duc de Bretagne et Pierre-de-Brelagne , duc de Bretagne , dont la statue se trouTaîl à .\antes dans l'église de la collégiale. Une troisième gravure représente François II, Marguerite -de- Bretagne , le vicomte de
le doc Jean V , réTéc[ue du temps et le premier fondateur de leur église, André de Vitré, s'y trouvaient représentés. L'on remarquait à Saint-rficolas , un Saint-Sébastien , plusieurs éréques de Nantes , les grands personnages de l'époque. L'abbé Travers parle en ces tœmesdes peintures de cette église :
« C'est le plus beau vitrage delà province , et il n'y en a peut-étro » pM dans le royaume qui le surpasse ou qui l'égale. Les principaux » éTénements de la vie de N. S. y sont représentés , et son portrait » si bien tiré, qu'on n'y remarque point de différence en vingt » endroits ou plus que la vitre le donne. » Dans la chapelle de Bon- SecoorSy à gauche du chœur de l'église des Gordeliers, l'on voyait François I.^s duc de Bretagne: il portait un habit de drap d'or, un mantean dncal d'écarlate rouge , doublé d'hermines , et sur le mantelet. Tordre du Porc-Epic en or qu'il avait fondé. Isabelle Stuart^ sa seconde femme, était placée en face de lui; c'était la fille puînée de JacqaesStnartI.es i*oi d'Ecosse. Son manteau était rouge, bordé d*or et de pierreries, son corset bleu, son surcot d'hermines, sa jnpe était armoriée : d'un côté les hermines , armes de son mari , de Tantre les siennes qui élai<mt d*or au lion de gueule eufertnê dans un double très-chœur fleur dely se de même; sa couronne était ornée de ieorsdelys. Pierre -de-Bretagne, seigneur de Quingamp, de Châleaubriant, comte de Benon, fils de Jean Y , successeur de François I.«^ au duché de Bretagne , était représenté sur les vitres de Notre-Dame. Sa cotte de mailles était recouverte en partie par une tunique en forme de chemise , sur laquelle se trouvaient ses armes ; sa femme Françoise d'Ambolse était placée à genoux et vis-à-vis dans la môme posture ; cette princesse portait un collier , un surcot d'hermines , orné de pierreries, et une jupe chargée de son blason , parti au premier d' hermines, an lambel de trois pendants d'azur, chaque pendant chargé de trait fleurs de lys d*or ; au second pallé d'or et de gueules qui est Àmboise êtsrmonté de ThouarSy qui est d'or, semé de fleurs de lys d'azur, au canton de (gueules. L'on voyait encore , à ce qu'il paraît , dans le vitrail des Cordeliers, Marguerite-de-Bourgogne , fille de Jean-sans-Peur , qui fut mariée en secondes noces à Arthur, comte de Richemont. Sa coiffure ressemblait à celle qui est en usage chez le peuple dans plosienrs cantons de Bretagne : son surcot n'était ni en hermine ni en fourrure , mais en riche étoffîet du temps ; sa jupe était blasonnée de Bretagne au lambel à trois pendants, chargés chacun de trois lionceaux.
jHU fi ^cartel'' un premier et quatrième d** Bourgogne moderme , ' / au troi%ifiue île Bourgogne ancien et sur ie tout de FUimdfe9^ Phh W.> porsonna^'cs illu!>tre!» que* l'ou remarquait dans les vitriBi des :iijln'> f't.'ntMrfs ilrs ConlelitTs, nous citerons François II, 3 fil' ISri'trmTir*, Ji*an II, viruintt* île Rolian, cunite de Porfaoet et rlr* Kreta^np : François II était roprrs^nté i ^enonv , les mains joatcs. la rottiï d'ariiH*s rharL'ée d«.' son ]ila!»on. MarfEuerile-de-Bretagne, SDe rli; Fran«;oi> 1.*', dur d«^ Bretagne et d'Isabflle Sluart, étaitdaash i\\(\\\\\' pohtun* quo son mari: sc's cheveux étaient reniés en basdean, son iiiaiiloau ilnraK duulilé de vair, n'avait point de petit collel; IB lar;:** f:;ilon d'étofli^ d'or, orné de pierres précieuses, formait le lov du liant do sa rolie: sa jupe était armoriée , et son corsage reoottTcrt d'un surrrit d'itcrniinrs, partagé par une larfîe bande de brillants.
L(.' \iromte de liolian portait sa cotte d'armes rouge ou de gueuSet^ rhanjf'f: de neuf macie^ rfor, postées trois y trois et trois; Marie 4e bn*ta|;iio, sa i'eninic , avait un corset bleu , un s urrot d'hermines, bm jupr chargée du blason de Kolian , parti de Breta^nie: sa tête était rerouverle d'une coiiVure , ornée de brillants, qui enfermait les \i*ii\ et i'nrniait presque le casque.
\ Saint-Siniilien fou voit encore un christ qui n'a rien de t|nable , Saint-Siniilieu en habits pontificaux , une vierge naifemeat di'ssiuée, une Sainte-Geneviève qui porte sa tôte entre ses maina, un petit \itrail, le plus curieux de tous, placé dans la fenêtre dn bas dr l'é^'lise , qui nous a paru représenter Jésus an miiiea des Docteurs ; un lièvre , et ipielques autres sujets incomplets par suite di* mutilations.
L'on voit aussi quelques vitraux de couleur à la cathédrale, ils font partir, de la graude fenêtre.
iNous donnons, dans nos dessins, unévéque dout la statue se troBTe iMicore à la cathédrale; nous ne croyons pas que ce soit Gai llanne Gue^ucn qu'elle représente. — A ciMé se trouve le sire Dnchaflanl, seigneur de la Limouzinière , enterré h Villeneuve, prèsIVantes; dessous François I.*^ et son épouse Isabelle Stuart. Une autre de ^ra^ures représente encore Isabelle Stuart, femme do François !.«*: François I." eu costume simple , un f;raud écuyer du duc de BrelagM v\ IMerre-de-Hrelaf;ne , duc de Bretagne , dout la statue se trouTaît :t >anles dans ré};lise de la collégiale. Une troisième graTure représente François 11 , [Marguerite -de -Bretagne , le vicomte de
Rdun et Marie-de-Bretagne , tels quMls étaient peints dans les vitres ^ TégUse des Gordeliers.
Parmi les peintures snr bois ou parchemin du XV.' siècle que nous connaissons , soit par les originaux , soit par des copies , nous citerais les suivantes , qui concernent notre ville.
!•• Un François U, tiré des heures de sa seconde femme; il estreftésenté debout , et porte sur la tête la couronne ducale ; son mantnan a une petite queue traînante, une doublure d'hermines et un mntelet d*hennines qui lui descend jusqu'au milieu du bras ; il est tlM manches et fendu sur le côté, de manière à laisser passer les bras^ ^ ton! recouverts par un vêtement à manches collantes.
%• Un François 1.»^, tiré des portefeuilles de M. Gagnières , jPBffësente ce prince en costume très-simple ; il a sur la tête un bon- Mlieplié sur lui-même, semblable à nos bonnets à mèche, s'ils avaient le fond droit comme un sac. Son pourpoint d'étoffe légère est bouffinU par derrière avec des manches à gigot et plissé par devant , de flttaiière à former une collerette autour du corps au-dessous de la erintnre. Il porte , en outre , un pantalon collant à pied , ou dont ronverture inférieure ne se voit pas , et des souliers noirs longs et pointas.
8.* Le grand écuyer du duc de Bretagne , tiré aussi des portefenilles de M. Gagnières , a un costume semblable à celui de Françob I.*' 9 à cela près que son pourpoint n'est pas aussi bouffant par derrière , que son bonnet n'est plus le même , et qu'il tient un béret à h main.
4.* Dom Lobineau nous a conservé le dessin d'un tableau original qiri existait au couvent des Saintes-Glaires de Nantes , et qui repré- •entait Pierre II , duc de Bretagne , à genoux.
S.* Cet auteur nous a aussi conservé le dessin d'un autre portrait original du même couvent qui représentait Françoise d'Amboise , époose de Pierre II. Ges deux tableaux étaient exactement semblables i denx statues qui existaient encore à la cathédrale en 1789 , et qui iraient été faites , selon toutes probabilités , à la même époque. La tradition rapporte qu'ils étaient peints sur bois avec un talent trèsremarquable.
6.<> Arthur III, connétable de France, et depuis, duc de Bretagne, était peint aux Ghartreux armé de toutes pièces. Les deux dessins qui nons restent de ce tableau , l'un dans Montfaucon , l'autre dans Dom
Lobiiicaa s'accordent avec la tradition pour faire penser qoe le tableau original avait du mérite. Ce prince était coiffé d'un rbapenw, attendu qu*il avait tiré son casque pour se faire peindre.
ÉTOFFES DU XV."*** SI k CLE.
Nous croyons inutile, apr^s tout ce que nous avons dit et les dlTers
dessins que nous avous donnés , d'insister sur les formes des costi du \V."'<^ sircle. Le tombeau des Carmes fournira de ncaveanx seignements sur les modes suivies par les grands entre 1480 et 1510, et nous n'avons nialbeureusement c|uo des données très-incomplètes sur les ^ôloments des bour(;eois et des manants dont nos historieBs se sou<'iaient trop peu pour leur accorder quelques li^es ; nous pisserons don(^ directement h l'étude des étoffes dont les seignems faisaiiMil nsa(;e , et à leur emploi.
Le drap d*or se vendait 90 livres Tanne (environ 1800 fr. valeur actuelle). Les qualités les plus inférieures ne valaient pas moins de H5 livres , on s'en servait pour faire des manchons , pour orner les épées des grands aux jours d'apparat , et pour former le siège des princes: nos marchands le liraient d'Italie.
Pour faire les broderies des n)bes et des écussons , l'on se serrait de caneJtes de fil d'or et d'argent de Venise qui coûtaient 40 pièce, ou 4K livres la livre en poids.
Le drap d'écarlate coûtait 120 livres l'aune (environ 400 fr. valeur tuelle). I)eu\ aunes et demie suffisaient pour un habit de dur ou de baron. Ce drap variait dans ses nuances, il était quelquefois violet, et servait alors à faire des coiffures. L'un des bonnets de François II, qui était de cette étoffe, avait coûté 40sous. D'autrefois ce drap était rosé: dans son enfance, ta duchesse Anne t'taU enveloppée^ quand au laUé' vait , de trois tfuartiers d'ècarUde rosre. Plus lard , on lui fit nn man* teau d'une aune et demie de cette él(»ffe /iolt la portera l'esbal.
Jamais Ton n'a consommé plus de fourrures, et surtout plus d'hermines que sur la fin du W.'"'' siècle; elles coûtaient 10 livres la douzaine (en\iron 1200 fr. valeur aciuelle) , el il en fallait cinqdoosainés pour doubler un habit ducal. Les manleanv de cette époque, les chapeaux , les ndies, ne pouvaient s*en passer.
Le rha|)eau du grand écu\er en absorbait troii douûnei emphyéti à le foiirer par le dedans et le rebras. Les robes, qu'elles fussent Ion-
gaes ou courtes , en étaient ornées. Marguerite-de-Bretagne , duchesse de Bretagne , légua en mourant à sa belle-sœur deux pannes, (une de martre , et l'autre (Tamiines ; à sa chière et bien ornée , première dame de chambre, la dame Duchaffaut, une panne de martre pour longues ro6ei , et trois autres avec gest semblables à sa nourrice , à la demoûelle de Tieux et à demoiselle Jaquette du Fau.
Le va^otfx noir coûtait 15 livres Faune (environ 300 fr. valeur actoelle) , il servait à faire des robes , des chapeaux , des carreaux , h iMHrder le drap d'or dans une foule de circonstances , à recouvrir les autels ; il en fallait deux aunes pour un chapeau , une aune pour un carreau. — Les robes de velours étaient souvent fourrées et ornées d^hermines.
Le damas venait de la ville dont il portait le nom , et coûtait 8 fr. raiine. On l'employait fréquemment pour robes et pour carreaux. L'on choisissait de préférence pour ce dernier usage, le damas blanc cm noir. Les ecclésiastiques en faisaient aussi une grande consommation pour leurs ornements d'église. L'évôque de IVantes reçut , lois de Tenterrement du duc François II , une mitre en damas blanc dont Tétoffe avait coûté 6 livres.
Parmi les autres étoffes de soie , nous citerons encore le satin , qui servait aussi à faire des robes , des écussons , etc. , et coûtait 10 livres Tanne (environ 200 francs) ; le taffetas , qui ne coûtait que 5 livres l*anne et qui était par suite à la portée d'un plus grand nombre de fortunes. — La soie pour franges se vendait 24 livres la livre.
Nous trouvons parmi les étoffes de laine , dont les grands seigneurs faisaient usage , des draps de 15 liv. ( 300 francs) , de 12 , de 10 , de 5 9 de 4 livres Tanne. Il en fallait 6 aunes et demie pour un manteau, 7 aunes et demie pour robe longue , gaucourte et chaperon ; 3 aunes et demie pour robe et chaperon seulement , si c'était un domestique ; 4 annes et demie , si la personne était d'un rang élevé. Les hommes d^annes n'en absorbaient que 4 aunes , il en fallait autant pour un hamoiade cheval.
Le bongran était très-employé pour doublures , la première qualité se payait 10 sous.
Une étoffe , appelée blanchet , servait à habiller les pauvres aux grands enterrements , elle coûtait 20 sous l'aune.