PARURES, BIJOUX, ÂPPARTEME3ITS
Les ducs (1() Bretagne donaaiciit souvent à lenn favoris de la vaisselle d'argent. Ces cadeaux pesaient ordinairement de dix ^ cent marcs, et valaient par suite jusqu'à 40,000 fr. de notre monnaie ; quel- (fuefuis aussi des brillants, des bijoux et des pierres travaillées étaicit la récompense des services qu'on leur avait rendus. Le sire de Rienx, maréchal de Bretagne , ipii gagna le prix aux joatet da Bou£fay de INantesen 1484 , reçut du duc un diamant du prix de 831. 10 sous (1650 fr. valeur actuelle).
Dans tous les testaments des ducs et duchesses , les bijoux jovaieat un grand rùle. Mnrguerite-de-Bretagnc , fille de la duchesse Isabeai, légua en mourant à sa mère , un cœur do diamants et une de tes chaînes d*or à nœuds de Cordeliers ; à Marie de Rohan, sa belle-MBV une ferrure d'or pour garniture de tissus; cette ferrure était onée de diamants et de perles; item elle donna, disent nos chronique!, à cette même belle-sœur, une menue chaîne d'or, faisant enrinNi cinquante tours, un petit coffret d'acier quelle avoil o te» omlUu besoUjnefi, avec un petit panier d'argent et tons les ustensiles qui le trouvaient dans le coffre et le panier. — La même princesse doBaa encore un de ses colliers d'or , marqué 31 et F F ; une seconde femn d'or de grande dimension , une troisième il lermes et à arminet , na coupe , une éguyère et quatre tasses d'argent.
JNous voyons figurer dans un compte de Guy on de Camé, des coupes et des aiguyères d'or et d'argent , des tasses d'argent verréu f( gondouronnves , des colliers d'or et d'argent de Tordre du dDC» des colliers d'or émaillés, des diamants, des pierreries, de» lexu» af tjarnUurt'H d'argent y des pots d'argent, une seincture à^OT ^ madaiM la duchesse valant CCCCXL écus ; des rubys tk la mêmcy an e«oold*or garni d'un rubis, d'un diamant, d'une grosse perle et de qoelqMs autres pierreries ; un bracelet d'or garni do six gros rubis et de six grosses perles , (|ui fut donné ii madame de Richemont; un écossonde diamant assis en un annel d'or émaillé; deux escots d^or, portait deux roses d'or émaillées, l'une d'azur, l'autre do blanc. Les TilaiBS se donnaient des tableaux en relief d'ivoire ou de bois noir d'Irlande ; mais de semblables présents ne convenaient pas à la dignité et k la richesse de nos durs. Madame d'Estampes reçut de son prince , ea 1435, un tableau en or, représentant la résurrection , dans leqwl
on Yoyait deux anges et trois chevaliers du moyen-âge, gardant le sépulcre du Sauveur : neuf perles , neuf rubis , des feuillages et des fleurs d'or ornaient cette précieuse composition du XV / siècle. Ifons voyons encore figurer dans le même compte d'autres tableaux en or, de nombreuses bagues ornées de rubis, des cerfs- volants d'argent, dont quelques-uns dorés , que le duc avait commandés pour ti devise ; des tissus longs et courts avec garnitures dorées ou en argent.
Les mœurs féodales entraînaient des habitudes que la révolution a presque entièrement effacées : chaque seigneur était un petit prince et possédait comme tel son trésor particulier , richesse mobilière qoi apparaissait dans tout son éclat aux grands jours d'apparat et de fdte. Le formulaire suivant > composé d'après un grand nombre de pièces authentiques, nous semble de nature à en donner une idée.
IlfYBirTAIRE DU TRÉSOB DE 50BLE SIRE , DE ***.
Diverses croix d'Eglises , dont une en argent doré , orné de camaieax et de pierres précieuses.
Une image en argent de bienheureux Monsieur Saint-*^* , patron dodit sire de ***.
Deux reliquaires en argent , dont l'un contenant un morceau de la Traie croix.
Deux calices en argent richement ëlabourés.
Chasubles et draps de soie avec franges en argent, pour orner tauUier,
Livres d'églises. Bréviaires et Missels à fermoirs: lesdits livres richement travaillés avec images , fines peintures et ornements pour dkaqne feuille.
Plusieurs tapisseries à images, représentant: Tune, la vie des saints patrons dudit sieur de ^^^ , l'autre , la passion de notre divin Rédempteur ; une troisième , une feinte ou allégorie du chevalier de la vertu , combattant le péché sous la forme d'un épouvantable dragon; une quatrième > ]\otre-Dame la bienheureuse Marie , portant le petit Jésus sur ses bras avec , au-devant d'elle , l'abbé de Redon qai lui présente le sire de *** , et ses hommes d'armes prêts à partûrpour combattre le Turc. Lesdites tapisseries sont, chacun an , exposées on la ville de Nantes au-devant de ThOtel dudit seigneur, pour le passage du Saint-Sacrement.
174 XV.> SiftCLB.
Trois coiffes et rrontiers ornés d'or et de pienea i
Trois cbaiwlels donl un en art,'Gnt , les deai latres en bols f avec îmaKiiS d'ar^enl et fines piorres.
Lue allacho d'arKcnl doré.
Un fermoir d'or.
Une chaîne d'or menue il Madame de**>.
Diverses boutonDières pour chapes et Dianteant;.
Une coiaturc d'or et deux d'argent dor'.
Une imago d'argent, do Mosseigneora Saint-Duoalien el Kogalien, patrons do la fille de Kantes.
Bnrcltes, clochettes, cncensiers > esabenotstiers , 3!>perf tout en argent.
n'ombre de gobcluls, flacons, cuillers, tuitrcliullv» , pois, assiettes d'argent, dunt )>eauconp donnés par li-sduc^de llrvIapiL
Divers anneaux avec fines pierres.
Quatre chandeliers d'argent.
Salitrirs et aulres menus meubles d'argent.
Sceau d'argent avec armoiries.
Pierres !t guérir divi>rses maladies , et sainte rvrli([ae <)nî f! .venu le tout enchiss^ d'argent lin.
Hdbt's, mantets, surcots, chaperons; leMlils vMomenlii nom et en riches éloiïos , fourrds d'hermines cl de m^nn v
Prenez maintenant nn de nos riches seigneurs dn XV.' sifecle, iju'il s'appelle de Sosmaisons , de Goyon , Du ChalTaiil , T-nmirwiiii on de Goulaine, et rinventaîre ci-dessus représentera paNaUMoml relui que l'un eût pu Taire h cette époque en examinaul Mm Iréwtf.
Les appartements oti se trouvaient tontes ces richesses , M tt»semblaient gnères h ceux que nous habitons aujourd'hui ; reM dtM nous donnons le dessin , nous a paru résumer mieux qu'aacn art» le XV.' siècle, c'est pourquoi nous l'arons choisi.
Gel appartement forme une grande chambre , l'une des plgs ImBb du manoir féodal. Les fenêtres sont gothiignes et en ogive; m fii se voyait fré()uemment alors , non-seulement en France , mais awaM^ en Allemagne et on Anglelerre; celles-ci, par leur di!(|io«iUMai| rappellent nno chambre d'un chllean anglo-Hormind, dml h date est do 1414. Le lambris est remarquable; la chemioés |rtsenle nnefigare sculptée, un prie-Dieu gothique se Ironre aqitk Le lit , le bnflet ou dressoir et tes antres meubles sont dn i iibw
oMBent du Xy.« siècle. Vers 1580, l'on ne voyait déjà plus de nenbles de ce genre dans les chàteanx récemment construits, la bourgeoisie senle les avait conservés ; les grands seigneurs se ser- ▼aienl alors des ameublements de la renaissance qui appartiennent pfais ^écialement au siècle suivant.