‹ Histoire de Nantes (volume 2)Chapitre 21 sur 64 · FIN DV XV.« SIÈCLB · texte numérisé non relu

FIN DV XV.« SIÈCLB

îVous reprenons avec le régne de la dncheue Anne le récit det événements qni concernent JXantes. Maintenant ce n'esl plot de la capitale d'un état de second ordre que nous aorons à racontar la vie , mais simplement d'une grande ville placée dans une eicellarte position commerciale, d'nne cité riche en sonvenln et encore par la demi- indépendance d^nne province sur laquelle mine son influence.

Après les fêtes nuptiales, Anne, alors reine de France, quitta Laa- Keais en Touraine pour revenir à IVantes avec Charles YIIL ham entrée fut solennelle , mais nous n'en connaissons pas les détails. Le roi confirma les privilèges de la ville, nomma le sire de Ro^elbfty gouverneur, fit continuer les fortifications duchitean, battra ■onnaie en son nom et convoquer les Etats pour le mens de déoeahn. — L*année suivante , le roi revint à Nantes , ob TéTdqae Hofccit avait fait son entrée solennelle porté par les barons , saivant Vi usage qui, conformément aux doctrines de réglise, suballemisalti ou si on l'aime mieux , la puissance guerrière et temporelle , aa voir spirituel et sacerdotal. Ce fut dans ce second passage h IfailBS que Charles YIII créa la charge de bailli d'épée poor le comnandaat (le la noblesse , et celle de connétable pour le chef do la milioe geoise. La reine était alors enceinte , et les Nantais al avec sollicitude l'annonce de son accouchement , qni leur arriva le 12 4)ctobre de la même année (1492) ; un ckevauchewr de M. le d'Orange et un poursuivant de la reine, nommé GuerrandB^ Yi lèrent le même jour; le premier, reçut dn conseil de ville dii rius d*or de 24 sous, le second six florins seulement. De réjouissances eurent lieu ù cette occasion , six feux de joie et iiiorisque servirent à mettre les ISantais en belle humeur, nx pipes <le vin du Loroux et une de vin d'Anjou furent distribuées aa pie pour l'entretenir en gaieté. Cette fête coûta 73 livres 14 2 deniers.

Bientôt l'administration de la ville signala de nouveau son eiii^

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teaoe en achetant trente-qnatre poinçons de vin d'Anjoa et d'Orléans pour les états , le premier à 7 écus d'or la pipe , et le second à 14 liiTes 10 sons. Le chancelier de Bretagne , le prince d'Orange , le général des finances , le vice-chancelier Gnillaume Guéguen et le coBtrôleur-général des finances , reçurent ces vins en cadeau. Peu •ffèSy Tadministration fit faire une bannière aux armes de Nantes pour le trompette de ville. Une aune et demie de satin ronge avec firanges, peinture et dorure! c'était beau pour l'époque , aussi cette kiBsière coûta-t-elle 18 livres 14 sous 4 deniers. Aujourd'hui » le modeste trompette dé ville n'a plus rien de l'antique splendeur de •et devanciers ; ce qui nous donne lieu de remarquer en passant qa*aa moyen-âge tout ce qui tenait de près on de loin à l'autorité , té trouvait placé en dehors dos masses , ne fut-ce que par l'habit. Let Saint-Simoniens ont essayé y de nos jours , de rendre an costume tonte son importance » de réhabiliter son pouvoir , pour me servir de leur expression ; mais notre société , entraînée vers la démocratie par mie poissance invincible, a foulé aux pieds, dans sa marche vers le nivellement » les insignes d'une politique nouvelle , sans même s'inqniéter de savoir quelle valeur peut avoir le costume.

Catherine de Luxembourg , veuve d'Arthur III , mourut à liantes en 1493 , dans un appartement do la maison des Chartreux ; son eorpt fut déposé dans le tombeau de son époux. La même année , let kéraults d'armes Bretagne , Nantss et E$pi publièrent la paix entre Charles YIII et le roi des Romains. Grande fut la liesse à cette occasion : douze jours entiers les tribunaux firent vacance , let jenx et divertissements se succédèrent sans interruption , et les ■qrttères de la passion du Seigneur furent représentés. Bientôt la ▼ilie obtint, sur la demande des états de Vannes, la réorganisation de l'université , dont les guerres de François II avec la France avaient amené la ruine. Le roi lui permit d'employer 400 fr. de ses deniers an paiement de quatre professeurs ; mais la modique somme de 100 livres par an ne pouvait payer le savoir de gens de mérite ; aussi , pour attirer il Nantes Messire Jacques Clate, docteur en droit, qui enseignait avec distinction à Angers > il lui fallut ajouter aux 100 livres accordées par le roi , le logement et 140 antres livres. Parmi ceux qui appuyèrent la ville dans cette circonstance, nous devons citer M. La Primandais , contrôleur-général de Bretagne ; déjà il avait fait obtenir aux IVantais une foire franche , la confirmation de lenrs pri-

Yîléges et l'exemption des aides pendant dix ans. La oonmanaité des bourgeois , dans sa reconnaissance , lui offrit nne bonne et fit écas d'or , ce qui était tout à fait dans les mœurs du temps. Cet rable citoyen Fayant refusée, un baril de trente-deux iampioiet fites , soixante-dix grosses anguilles salées , deux saumons cent merles d'Angleterre , nne caisse de sucre , deux cabas ds nA^ sin d'Alicante et une barrique de vin lui furent adressés à Paris, par l'administration de yille.

Les Espagnols obtinrent, en 1493, le droit d*aToir à une bourse et une maison de commerce. De là cette connue sons le nom de Contractation , qui eut nn autel V, vante chez les Gordeliers , et qui a subsisté jusqu'au AVlll.* si Peut-être eût-elle continué jusqu'en 89 , si Tévéque Torpin-Oriaé de Sanzay ne l'avait éteinte en augmentant le prix des serrices.

La rue des Carmes n'avait point de communication commode arriver à l'Erdre. La ville arrenta pour cinq cents sons une située près de l'ancien collège Saint- Jean , pour pratiquer nne vellc qui existe encore et porte le nom de rue des Petits-Mnn. A ré> poqne de cette acquisition , la rue des Carmes, alors me de rEscMlerie , possédait , près du Change , la première imprimerie qne Pen ah vue à IVantes. Etienne Larcher, son directeur, fit paraître le iSatril fes Lunettes des princes , avecgues auicunes ballades de Jekam nol, escuyer grant-mattre dhostel de la royne de Pramee, Bretagne aimait beaucoup les gens lettrés ; aussi avait-elle Meschinot dans ses fonctions , quoiqu'il fût d'un Ige

Cette princesse , très-persistante dans sa volontés temps disaient entêtée comme vraie bretonne^ continuait à vouloir Guillaume Guégnen à l'évéchédelVantes; et , défait, elle arait son , comme nous l'avons déjà dit ; cependant , après la mmî de Robert d'Epinay , Jean d'Epinay fut appelé par le pape à loi locrtidiff- L'entrée & Nantes du nouveau prélat se fit selon les règles da cMmonial en usage ; après quelques jours passés en retraite à l*hôpHai Saint-Clément, il annonça son entrée pour le dimanche 7 septeake :iux sergents inféodés. Monté sur haquenée blanche , le prélat ae jour dit se présenta h la porte de la ville. Les sires de Ghlleavbriant, de Retz, d'Ancenis et de Pontchâteau l'y prirent et le portèrent jasqu'à la cathédrale. Le clergé en corps, la noblesse et le pesfle raccompagnèrent. Après la cérémonie , il y eut un repas ma

à rérèdié , aaqael furent admis tons ceux qui se présentèrent , comme pour témoigner en quelque sorte de la fraternité et de l'égalité qni doit eiister entre tous les chrétiens.

Le rétablissement du pont d'Erdre , la reconstruction de la maison de la PréToté, rue des Halles, dans laquelle Charles Vin, par lettresptlOBtes du 14 juillet 1491 , avait autorisé la communauté des bour- 86ob à se réunir , et dont la charpente coûta 525 livres ; la location de lliôtel de Beau-Soleil , dans la rue de ce nom , pour y établir la cfaiBoellerie de Bretagne , institution récente, créée par le roi, et que la lehie Anne supprima plus tard, occupèrent Tadministration de Ifantet pendant cette même année , qui sert de date au vitrage de Téglise Saint-Nicolas. Une taillée , accordée par les grands vicaires , marrît à payer cette œuvre magnifique, qui ne fut achevée et posée

qQ*en 1499 , cette taillée éUrit par iceuls paroissiens sçavair par chacun û9mpk de mariés cinq sols de bonne monnaie , et par les personnes non manéês deux sols skc deniers,

La Chambre des Comptes siégeait h Vannes; une ordonnance du roi rétablit , en 1495 , dans la maison de Montfort , rue Notre-Dame. Un mandement de Tévéque de la même époque établit un crieur public, diargé de parcourir les rues et d'appeler à minuit tous les fidèles à la prière. Quarante jours d'indulgence étaient la récompense de ceux qui se levaient à cette heure , et priaient pour les morts. Une sonnette aux sons glapissants annonçait de loin le crieur et servait h réTeiller les habitants. La ville eut encore, cette môme année, des fêtes publiques. La prise de Naples par l'armée française en fut rooctsion. Des feux de joie, des morisques, des distributions de vins et de fouaces , car , alors , la civilisation ne s'était pas élevée josqa^anx distributions de boudins et de saucisses; tels furent les moyens employés pour mettre le peuple en liesse ; ils rentraient , comme on le voit, dans cette pensée si énergiquement exprimée par Taotenr latin :

Panem et Circenses,

Du pain et lesjeux du Cirque.

Mais ;Charles Vin eut besoin de vaisseaux pour transporter son artillerie, et Nantes, obligé de se cotiser avec les villes voisines, lui fournit deux caraques du port de mille tonneaux chacune , qui lui coûtaient pour sa part 3,750 livres empruntées au denier vingt. Mais

le prince eut, en outre, besoin d* argent, et Nantes empnata core , pour lui fournir la somme de quinze mille livres; les bour{;cois, obérés par des demandes si exorbitantes , cir ce sommes représentaient environ 375,000 francs Talenr actaelle, k montr(!rent-ils bientôt trës-indifîérents à tout ce qui oonoenait roi; un premier courrier arrive, annonce aux habitants le d'une bataille dans le royaume de Naples^ et cette noaTelle est accueillie froidement ; la communauté de ville ne fit aucanes rfjeéb sanccs ; un second courrier, envoyé par la reine , apprit ans If aaliîi qu'elle venait d'accoucber d'un dauphin, sans être mienx reçsdaMfa ville de prédilection de la fille de François IL Le sire de la Triaoeife, capitaine de INantes, et le prince d'Orange, gouvemeorde Bielape, furent plus heureux l'année suivante ; la ville leur offrit des considérables ; mais il y avait force majeure^ et rien ne prooTe qw présents destiués ù rendre favorables deux grands seîgnens qii eussent pu nuire beaucoup aux IXantais, fussent uniquement Ti siou de l'estime et de l'aflection des bourgeois de la cité.

Le revenu de la ville était alors de 5,761 livres 2 sons 4 (au moins 115»2!20 francs , valeur actuelle); les charges montaient à 1,200 livres (plus de 2,400 francs, valeur actneUs): aussi, y avait-il moyen, en administrant avec sagesse lereTenndsIi commune, soit de faire des économies , soit de créer de nomhnaNt améliorations ; mais la position très-dépendante des adminlstrstei de Aantes ne leur permettait pas d'employer son revenu de asaatfèR à faire tourner au profit des habitants les charges auxquelles îb étaient soumis, comme cela devrait toujours avoir lieu dans Tj uistration des cités et des plus grands états.

Chercher dans la position d'une ville , dans ses ressouroea relies, dans le ^'énie de ses habitants la fonction qu'elle doit reaflir dans le corps social; préparer de loin son avenir, changer aussi rarement que possible de système , léguer à ses successeurs roeofiB de ses devanciers améliorée avec les projets d'améliorations noareliei qu'elle comporte encore ; se bien pénétrer de cette règle qu^nne dié ne meurt pas et ne doit pas liquider ; qu'elle ne doit pas se boner an seules créations que la fortune lui permet de payer intégraleaMSt, mais qu'il est aussi de son devoir de plonger par la pensée daas lei siècles à venir et de créer tout ce qui lui est possible , laissant à ses successeurs le soin de payer Fintérét de machines industrielles doul

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ils tireront le plus grand profit ; tel est le devoir de tons cenx qni sont chargés d'une fonction municipale. — Si nos pères rayaient aîBai compris , IVantes serait une yîUe merveilleuse ; mais comment leur faire des reproches à ce sujet , lorsque nous-mêmes, plus TÎenx de rexpérience de trois siècles, nous commençons à peine, électeurs et ccNueUlers de la commune , à bien comprendre nos devoirs et toutes les obligations qu'ils nous imposent.

Charles Vin étant mort d'apoplexie en 1498, la reine, qui n'avait poiat d'enfants , prit, dit-on, la résolution de se fixer à Nantes; elle fil vernir à Paris, pour en conférer avec eux , deux des notables, Ducelier et Gilles Thomas , auxquels la ville alloua 7 livres par jour, 4 à Tu 9 et 3 à l'autre (en tout 140 francs par jour, valeur actuelle). Bientôt elle se mit en route pour son duché, où l'attendait, à Nantes , une réception magnifique. Le Chapitre en chape alla au-devant d'elle jusqu'à la tour de Sauvetout, portant de saintes reliques et marchant en procession. Là, une jeune fille, superbement habillée, vint à sa rencontre ; elle était montée sur une grande beste appelée un oiifanl / da haut d'une petite tour placée sur l'animal, que conduisaient deux bons Nantais déguisés en sauvages , elle présenta les clefs de la ville h la reine. Cet éléphant, qui n'était qu'une feinte j pour me servir de Texpression do temps , contenait dans son intérieur des hommes qui le bisaient marcher et qui ne paraissaient point , comme l'observe naïvement Travers. — La reine fit son entrée sous un dais de velours noir: des croix noires, et des étendards en satin noir, blanc et violet la précédaient ; les trompettes de ville avec leurs instruments ornés de deuil» sonnaient la marche; ils avaient des chapeaux noirs , des habits mi-partie noirs, blancs et violets; les bannières étaient aussi en deuil. — Avant son passage an carrefour du Pilori, la ville fit représenter une Mofùque de moralité; à son arrivée, l'on donna au carrefour Saint-Jean la feinte de fortune ; la feinte ou mystère de vérité et des rappêrteurs ; au carrefour Saint-Viucent une pastorelle dans un bocage dressé à cet effet, et le mystère du Jugement de Paris, autrement la faklê des trois déesses Pallas, Vénus etJunon, — Non contente de ces témoignages d'a£fection , la ville ofirit à la fille de son dernier duc, le jour de son arrivée , deux pots en vermeil , deux bassins , deux flacons et six tasses couvertes ; magnifique présent qui contenait cent marcs d^argent et cent cinquante-huit ducats d'or. Vingt-deux pipes de vin furent distribuées aux grands seigneurs et aux officiers de la reine. Le

maréchal-des-logis , les fourriers, ralets et portiers reçineiit trente-sept écus d'or. — La reine , en échange de tant de fut pleine de gracieuseté poor ses chers Kantais, aaxqneU elle acrada les droits de méage et de pavage pour dii années.

Louis XII s'était entendu avec la reine Anne avant son de Paris ; des négociations secrètes avaient eu lien. Auaî ce après avoir fait casser son mariage, sous prétexte de contrainte , il à IVantes épouser la veuve de son prédécesseur an trOne de La cérémonie se fit dans la chapelle du Chiteau ; nons ■*eB naissons point les détails , mais nos annales rapportent qne XII fit son entrée dans la ville, sous un dais de veloors Uen, ané de quatre écussons en hrodcrie, deux aux armes de France, et les deux autres aux armes de Bretagne.

Quelques faits dignes d'être rapportés, signalèrent k Naateabia du siècle.

L'évéque Jean de TEpinay fit publier un ritoel , dana leqnel « remarque que les exorcismes du baptême des filles sont plna et commandent plus de signes de croix que les mèmei consacrées aux garçons : ce qui rentrait dans les idées de T daus le dualisme de Tesprit et de la chair, dont noos avona paie h l'article des sculptures de la cathédrale. Il semble qoe Ton eil cru, dit Fabbé Traders, avec son habituelle bonhomie, que le d^ mon habile plus volontiers dans le sexe féminin , et défend pi uiâlrénient cette place.

Pour éviter une maladie contagieuse ou jugée telle, qni dans les campagnes , la ville fit publier à l'assemblée da Pèlerin, b défense h tous ceux qui venaient des lieux oh régnait répidéaie, de repasser par ISantes à leur retour; et, vingt jours apite, alfe ordonna de porter processionnellement à Alonsienr Saint-Séhaaiîae, la ceinture en cire de la ville avec son chiteau. Le cierge fnt pale par huit chapelains, qui dirent la messe à cette occasion.

L'u évêque délégué exjtrès , fit à IVantes 400 tonsnréa en boîm d'un mois. Les droits du siège épiscopal étaient alors aussi MnlIipliéB que productifs ; outre ses revenus propres , les dimes et le lerana spirituel, Tévêque jouissait du privilège du scoao ; les titrea de tonsurés , les titres de marguilliers , les jugements de rUnirenilé , les permissions d'enterrer les morts non confessés ou lettre de

letpennlssioiis de se marier avant d*a voir acqais domicile , devaient Mre signées par lui et timbrées au secrétariat , ce qui était la saaree de péages très -productifs. L'évéque permettait encore aux jeunes gens de se marier avant Tâge de puberté , mais ils devaient, dans ce cas, fournir nne caution de constance, qui restait en sa possession, si les fiancés venaient à changer d*avis. On voit aussi , par les comptes du receveur , pendant nne saisie du temporel , que réTdqoe devait recevoir force présents. Indépendamment de l'argent , de Tavoine, du blé, du vin, du foin^ des montons , des poules , les comptes constataient la perception do lamproies, de saumons, de terrines à moisson , de verres à patte , de torches , de bougies , d^éperons dorés et de couverts d'or.

Plusieurs maisons à Feutrée de Richebourg furent démolies pour faciliter les travaux des fortifications de la ville et du château , une portion du terrain des Jacobins leur fut prise par la reine , dans le même but; mais elle les en dédommagea en leur donnant Thùpital da Port-Maillard , estimant plus méritoire , dit crûment Gnymard , de loger des moines que de pauvres malades ; cette donation de bon plaisir, qui fait tache dans la vie d'une princesse si remarquable sons tous les rapports , força la ville de construire un nouvel bospice dont on voyait encore les mines il y a quelques années dans la me du Vieil-Hôpital , auquel il a donné son nom ; une grande ogive , seul débris de ce bâtiment , s'élevait an-dessus des décombres , rappelant la chapelle de Notre-Damc-de-Pitié , sons l'invocation de laquelle l'hospice avait été construit.

La reine étant accouchée d'une fille (madame Claude) , la ville ordonna des réjouissances publiques, et gratifia le poursuivant E lampes, qni avait apporté cette nouvelle , de six florins d'or.

Ce fut encore cette même année que Ton démolit le pont de bois par lequel on arrivait au Port-Maillard , et que l'on combla le fossé sitoé à rentrée de ce port ; elle nous rappelle aussi le procès de Jacques Clate, docteur en droit , contre Guillaume Pâtissier, miseur de la ville. Ce fut selon la coutume à l'issue des vêpres et sous la grande porte de la cathédrale que l'on plaida cette cause , qui ressortait de la juridiction épiscopale. L'affluence du peuple était considérable. Les grands vicaires présidaient en l'absence de l'évêqne , et chacun attendait avec curiosité le dénouement de cette affaire. Jacques Clate réclamait les 240 livres d'honoraires qni lui

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(Uaient allouées, mais sa réclamation fat sans donte précédée d'uikiaj; discours accommodé aux habitudes scolastîques de celte époqw. Ce lie fui probablement qn'apri^s avoir annoncé dans an pédant exorde qu'il diviserait son plaidoyer en trois points, en rboaneir de la benoiste trinité , en Thonneur du nombre trois qui se Iroare :q)pliqué partout aux choses les plus saintes, et qui rappelle le» vertus théologales ; et aussi parce que toute affaire se peut cousidé* rer sous trois aspects, au spirituel , au temporel ou corporel et u moral , «[ue messire Claie vint au fait. — Guillanme Pâtissier» boa homme de miseur , brave bourgeois économe de la fortune publique comme delà sienne, répliqua simplement. — La villen'aTait pnwf, disait-il, au docteur Clate 1240 livres, qu*en attendant qu'il fAttaffisamnient pourvu : actuellement qu'il possède la ekefferiê de fa rollégiale de JNantes, de 120 liv. de revenu; un canonicat de fa collégiale de Guerande , de HO liv. par an ; la cure de Saffré , de 200 liv. tournois; celle du Ponl-Saint-Martin , do 120 Ut. ; celle des iMoutiers , do 120 liv. aussi, u*a-t-il pas mauvaise grâce , lorsqu'en outre il reçoit comme oflicial de monseigneur 120 liv. de fixe et aulaut de casuel , et 50 liv. comme chancelier de runivenilé, de venir réclamer de la ville qui, en l'appelant d'Angers A fautes, lui a procuré si riche fortune , des appointements qu'elle ne lui devrait qu autant qu'il ne posséderait rien par ailleurs? Ces raifous étaient bonnes pour combattre le cumul , qui est, comme on le Toit, d'ancienne date dans notre comté ; mais le bourgeois écononw et malin ne s'en tiut pas Ih , et, d'accusé devenant accusateur , il nppela à Jacques Clate qu'il n'était point breton, et n'avait d'autres droits 2i toutes ses charges que la protection do la ville à laquelle il i'épond«iit si mal, «ijoutant qu'il devait professer lui-même, nuis (|u'il laissait ce soin à des substituts rançonnés par lui pour kun honoraires. Pressé par la logique serrée du bourgeois , le profoiiCM" de droit Canon se désista , et la ville lui promit de lui procurer, pour ajouter à ses nombreuses et lucratives fonctions , quelque bon bénélice. Guillaume Pâtissier aurait pu attaquer son adversaire coane ^imnniaque; mais l'abbé Travers, qui s iudigne avec raison contre le professeur de droit Canon , ne nous dit pas qu'il l'ait fait.

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