IX.« lANYIER
Les inscriptions suivantes, placées sur le tombeau de la reine Anne à Saint-Denis y furent copiées sur vélin et placées au chœur des Cannes de Nantes, dans un encadrement:
Jnno salutis MDXIII die lunœ JXjanuarii,
Circa horam VI. Ante meridiem, otiiî tu Catiro èieseaMf
ChrittianUsima Francarum regina, Britonum
Ducissa Anna, Francitci Britanniœ Dneis
Filia , quœ patri in Ducalu succestit. ^latei
Suœ XI y elprimum nupsil, Cum enet oHnarufm
XI V, Carolo VIII^ Francontm régi , à quo ires
Libéras suscepU^ qui immaturœ mortem
Patris antecesserunL In secundis auiem
lYupliis cum annii atatis suœ XXJ, alHgittet
Duxit eam, rex Ludovicus XII ^ uxarem^
Vita^ prok dolorJ excessil , duabus tantum
Fiiiabus super slelibus^ scilicet D, Claudia et
RenaUt , corpus ejus in hoc templo more
Regio conditum est^ cor autemalque viscera,
Una cum sepulchro parenium suorum ,
Vrbs Nannelentes serval , vixit annos XXX VU
Diebus XVI minus.
Heu quantum luctus , atque desideri
loti urbi reiiquil cum ad tuperos
migravil.
.■\iine qui fas de Bloys transmise morte îcy , De Françoys , dac dernier de Bretagne je issy : Après la mort duquel , en mon onzième année Par Charles roys Gauloys me fut guerre menée. Que au chacun mes subgets , et hardis estrangiers Soustiudrent soubs mon nom par périlleux dangiers. i>Iais quand eusmcs , assez Texploit d'elle senty Il me requit 2i femme , et je m'y consenty , Combien (|ue Tempcreur me (it dire et savoir Que pour cliere compaigne il desiroit m'avoir. \ycc Charles eus trois enfants , que mort print : Puis à vingt et huit ans luy-méme le surprins, De France regrettée. Après je departy \yant vingt uu an , lors du second party , Loys son successeur, me pria par instance Dont fus (grâce à Dieu) deux foisroynede France. Juste et loyal me fut, et telle je lui fus, Et an tems de seize ans , quatre beaux enfants ens
Desqueulx mounirent deux , et denx filles resta ,
Quand le benoist Saavear de ce inonde m'onsta ,
Qai fot mil cinq cens treize, en janvier le nenf?lesnie,
R^ayant encore atteint mon an trente-septiesme.
Dont Françoys et Bretons recearent perte egalle ,
Car ma main à tous deux fat toujours libéralle ,
Et à eux et à tous fut cordialle tant
Qoonqnes homme de moy ne party mal content ,
Ainsi de mon douaire et duché jossoye,
Parqnoy biens i plante je leur eslargissoye ;
Si les prie et requiers de faire à Dieu prière
Qu'il raecte ma pouvre ame en céleste lumière.
Amen.
La communauté des bourgeois voulut, en reconnaissance de la conduite que la reine Anne avait tenue à Tégard des INantais , payer tons les frais de cette cérémonie, qui s'élevèrent à 794 livres 6 sous 3 deniers.
L*année de la mort de la duchesse Anne , la ville fit bâtir le pont d'Erdre, situé vis-à-vis Sainte-Catherine. L'année suivante, Louis XII fit commencer les bâtiments de la Chambre des Comptes ; François I.*S qui lui succéda en 1515, réclama, deux ans plus tard, une autorisation de la communauté des bourgeois pour le mariage de sa fille avec le roi d'Espagne.
A cette époque , la Loire était barrée par des pêcheries et des chaussées qui nuisaient beaucoup à la navigation. Le roi en autorisa la destruction, mais il en existe encore des vestiges dans le bras de la Madeleine , entre la prairie de l'Hôtel-Dieu et la prairie au Duc. — Noos devons rapporter, à la mdmedate, le quai de la Fosse, qui ne fut achevé que beaucoup plus tard , et la maçonne du puits du Pilori , que Ton a transportée , depuis , sur la place du Bouffay, Cette maçonne , indignement mutilée en 1721 , sous prétexte d'élargissement , avait dans son pourtour cinq figures d'animaux fort bien sculptés, l'ouverture du puits était assez élevée, et l'on y arrivait par des degrés en granit.
Nous trouvons , de 1518 à 1532, époque de la réunion définitive de la Bretagne à la France , outre les faits historiques , quelques détails sur les mœurs locales et la situation de Nantes.
Un emprunt contracté par la ville, qui offrait cependant, comme
212 XTI.« SIÈCLE.
phccment, tontes les garanties désirables, ne le fot qa*aa denier "20. C'était pour faire belle réception k François I.^'qne les hoggeois de fautes endettaient ainsi, sans doute nn peu par force, leur munauté.
Les confréries et corps de métiers commençaient (1518) ft aux processions des cierges Toluminenx : c^était k qni se ditthifMrail davanta<!e par rénorniité des masses de cire. La paroisse de Saint- Nicolas en commanda une de 80 liTres, que quatre hommes poilakit
Bientôt des querelles violentes s^en suivirent; on dispatn nrk volume, on disputa sur le rang; chaque corporation, chaqne confrérie avait des titres incontestables pour marcher la première. Réliv Saint , disait celle-ci , n'est-il pas un plus grand Saint que le patnw de la confrérie qui nous dispute le pas? D'autres faisaient raloirranrienneté de leur corps d'état. Les maçons, dont le compagnomage remontait jusqu'au temple de Salomon , d'après leurs chronlqMSp d (|ui avaient tous fait chef-d'œuvre et tour de France, pouTaient-ih, eux qui savaient les m.vst^rcs de l'acacia , eux qui connaissaient le père Soubisc cl le grand architecte , se résigner k suivre des coifi d'état qui n'appartenaient pas au compagnonnage, surtout lorsqaelev ancienneté leur donnait le droit de porter les couleurs aa iiaat 11 chaperon? Les magistrats furent donc obligés d'intervenir et de ffghr les rangs ; alors la rivalité se reporta sur les cierges , et bientM on les remplaça par des torches en bois.
Peu de documents nous permettent de connaître exactement les frii de main-d'œuvre et de tissus aux époques reculées. Un compte de la fabrique de Saint-lVicolas nous donne les détails suivants poor ISS:
Toile pour aubes, 4 sous 10 deniers l'aune ; il en fallait 4awi par aube.
Toile plus fine, pour surplis, 6 sous 6 deniers Panne; il en A aunes pour un surplis.
l^uur façon de seize aubes et de quatre surplis , seiie sons deniers.
Un compte de 15!27, met la toile de Laval pour aubes, k 4 sons Vwêêb de iXantes, qui était de i/6plus grande que cellede Paris.
Cne stipulation de i5!24 contient la transaction suivante , qni élail usuelle à cette époque : Ledit poinçon de vin d'Orléans est Tendn 6 livres 15 sous, payables en 15 jours , sous peine de prison dans celle des villes de Bretagne que le vendeur indiquera , et d*eTOomi
tion prononcée par Toffici al de Nantes contre l'acheteur après Téchéance da terme. — Cette forme de vente , si loin de nos mœurs, nous dispense de tonte réflexion.
Reprenons la série des faits. Le 13 août 1518 , François I.c% la reine Glande et Madame Louise vinrent à Nantes. — Le 20, ils firent leur entrée solennelle par la porte Saint - Nicolas ; ce qui laisse à «apposer que du 13 au 20, Leurs Majestés se trouvaient incognito dans nos murs. — La ville , à cette occasion , fit construire des UiéAtres ani carrefours de Saint-Nicolas, de la Barillerio (aujourd'hui Câsserie) , du Pilori , de Saint-Denis et des Jacobins , laissant aux chanoines le soin d'en faire établir aux carrefours Saint- Jean et Saint- Pierre , ce dont ils ne s'inquiétèrent en aucune façon. Sur ces théâtres, se tronraient des fauvettes ou chanteuses superbement habillées ; sur celui de Saint-Nicolas, Ton voyait une petite fille richement vêtue , portée sur un demi-globe de métal , entre denx lions, et chargée de présenter au roi les six clefs de la ville, que Ion avait fait argenter tout exprès. ~ Non contents do cette magnifique réception , les bourgeois offirirent à François I.^^ un vaisseau d'argent doré , et à sa mère dooxe tasses de vermeil avec leurs couvercles ; ces présents coûtèrent 2615 livres. La dorure du vaisseau d'argent absorba 100 ducats d^or; ce qui prouve qu'elle devait être fort solide. — François 1.^^ regardait cette réception et ces présents comme une chose due ; il etî pn en témoigner sa reconnaissance aux Nantais par une diminution de charges; mais , à peine fut-il partie que les fermiers du domaine voulurent établir un impOt sur le sel : les Ëtats, jaloux de leurs privilèges , et désireux à bon droit de diminuer les charges de lenrs concitoyens, s'y opposèrent formellement. Quatre ans plus tard y François l,^^ demanda vingt-deux mille livres à sa bonne ville déliantes: la communauté des bourgeois ^ qui se trouvait fort endettée, supplia la reine Glande d'intercéder pour elle , et cette demande a*eût pas de suite; vingt-deux mille livres, à cette époque, valaient plus de 220,000 fr. d'aujourd'hui. — La reine étant morte à Blois en 1524^, François I. «s qu'elle avait institué héritier du duché de Bretagne, écrivit à Nantes pour demander un nouveau serment, qu'une dépntation lui prêta au nom de la ville. Les guerres qu'il avait à soutenir, le forcèrent de demander à la Bretagne des secours pécuniaires. Le clergé de Nantes , voulut en vain se soustraire à cette contribution que les trois ordres des états avaient votée : sa résistance fut
*Ji'i XYI.« SIÈCU.
inutile. — En 1525, la nouvelle cathédrale, commencée en 1434. se trouvant peu avancée, et les travaux marchant Irèt-lentemcM , faute de fonds ^ ie chapitre eut recours à une émission d*îndil- {^ences qu'il sollicita du Saint-Père et parvint à x>btenir ; cette nssource , si puissante dans les siècles précédents^ ne fat pat d*ni }qrand secours: il est vrai que Tannée était malheurense, leUécte et rare, à tel point que la ville fit poursuivre et ramener M |ait des bateaux rhar(;és de grains.
En Tannée 1527, les seigneurs d'Oudon ( Jean et Jalien de troit) furent punis de mort sur la place du Bonffay , après aroir convaincus de faux monnoyage, d'extorsions et d'assassinats.
4lbert-de-Morlaix raconte ainsi ce fait:
« L*au 1526 (vieux style), la maison et seigneurie d'Oodon cnc» diocèse fut aussi dissipée, par vn malheur déplorable ; car lean et Inlki de Malestroit^ enfans de Guillaume et de Françoise de la Tioè, dame de la IN'oë en Goulaines, forlignerent de la vertu de leurs ancesbes , tyranuysans tellement leurs subjets, qu'ils en furent tires en i mais enfin niaistre Louis Droiiet^ natif d'Ondon > adnocat conseil les accorda : depuis ils reprirent leurs brisées , et Tonl contraindre leurs subjets de prendre la fausse monnoye qn^ils fahnquoient en leur tour d'Oudon; et comme vn crime attire Tanin, s*estans trouucz au cimetière des Jacobins de Nantes (c^est où est de présent la douue du chasteau derrière leur couuent) , auec le de la Muce-Pont-Hus , sur quelques paroles picquantes ik la main à Tépée et le tuèrent, puis se sauneront dans leur d'Oudon : ayant esté accusez des susdits crimes» le roy François fl commandement au duc d'Estampes d'aller mettre le siège deoant la tour et chasteau d'Oudon , ce qui fut exécuté , et y furent pris et rendus aux prisons du BoufTay à Nantes , et depuis condamnes à noit par Monsieur Guillaume Tlluillier, commissaire dn roy, poor laiie le pro<*ez aux faux monnoyenrs qui se trouueroient en BretagM • et leurs biens confisquez au roy , qui vendit la terre d^Ondon à Messire Raoul de lueli, seigneur de Molac et de Pratanrooi» la somme de 8000 escus. »
Deux ans plus tard, le roi, pressé d'argent, et désireux de nager le peuple, s^adressa au clergé du diocèse. Le pape, de côté, lui faisait pareille demande ; mais nos prêtres s'en tirferenicn };ens habiles : ils répondirent au roi que le Saint-Père s'opposait à
ce qu*il prélevât sur eux aacua impôt ; qaant au pape , ils protestèrent contre son injonction , et en appelèrent de son ordre au Saint- Père , mieux informé.
En 1530 9 on célébrait encore dans la cathédrale la fête des Innocents. Le chapitre fit même des fonds pour cette ridicule et sotte cérémonie , dans laquelle les chanoines et les enfants de chœur changeaient réciproquement de place et de fonctions. L'année suivante , François L^^ emprunta de notre ville 2500 écus d'or au soleil , pour ndeter ses fils qu'il avait laissés en Espagne , comme otages. L'histoire ne dit pas qu'il les ait rendus. Il nomma , en 1532 , à l'évéché de liantes, sans élection du chapitre. C'était une violation des libertés do temps; mais , après avoir forcé les bourses, il était naturel qu'il fît bon marché d'un droit d'aussi peu de valeur à ses yeux que celui de la participation de quelques prêtres au choix de leur évéque. Il avait , d^aillenrs, reçu l'autorisation du pape avant d'en agir ainsi. Ce fut la même année , à son passage à Nantes , oCi on lui fit une réception magnifique , qu'il réunit la Bretagne à la France , par un édit enregistré , d'abord à Paris , puis ensuite au conseil de la province. Ces deox derniers faits sont trop importants pour ne pas fixer notre attention. La nomination directe au siège de Nantes par ordonnance du roi , c*e8t-àdire la suppression de l'élection du chapitre, qui n'existait plus qne pour la forme , constitue selon nous , le point de départ dans nos contrées de la troisième phase du catholicisme. — La société chrétienne, dans son origine, était une démocratie aussi complète qne possible. Le peuple alors nommait les curés et les évêques. Le sjnode ou concile diocésain , formé des prêtres du diocèse , était snpérienr à l'évêque , comme le concile générai l'était aux primats ou patriarches, parmi lesquels celui de Rome n'était d'abord que régal des patriarches d'Alexandrie , d'Antioche et de Jérusalem.
La seconde phase du catholicisme eut lieu , lorsque les papes , s'emparant d^une autorité presque absolue , enlevèrent au peuple le droit d^élection, et se posèrent comme autorité supérieure à toute autre. La troisième , lorsqu'ils commencèrent à faire des concessions à l'autorité temporelle, lorsqu'ils furent obligés à leur tour de fléchir devant César. La Bretagne, placée en dehors du grand mouvement politique, reçut promptement les doctrines chrétiennes , mais resta toujours en arrière du reste de TEurope; aussi posséda-t-ello plus long-temps ses libertés religieuses que toute autre contrée. Les protestations de
l'évôqoe de 1)ol et le droit électoral, si long-temps conterrépirle» paroissiens, pais ensuite par les chapitres, malgré les momànn empiétements du pape, en sont la meilleure preuve.
La rénnioi! de la Bretagne à la France fut très-habilement par François L'^; Torgueil breton, redoutable encore malgré les tndes acquises et une paix de vieille date avec la France , n^eat permis au roi de s*emparer du pays sans tirer Tépée , s^il n*y STaît éâ convié en quclciue sorte par la majorité des états. TraTaiUer hi députés des différents ordres , pousser les plus complaisants à citer eux-mêmes une réunion déQnitive des deux pays et se adresser une requête à ce sujet, telle fut la conduite dn roi. il y eut quelques opposants parmi lesquels Bosech et Jean HÊHÊitèt iVantes. 11 était bon d'appuyer cette importante négociation ds n personne ; aussi François !.«' vint-il en Bretagne pendant que Icsélali étaient réunis. La reine Eléonore, sa sieconde femme, fit akni IVantes une entrée magnifique. Cette princesse était soos un dais fm portaient quatre bourgeois superbement habillés; trois tioi^ss tt jeunes gens la précédaient, Tune ayant sa livrée, Tantre la lÎTiée di Dauphin; la troisième, la livrée de la ville; des théâtres étaient ébvéi dans cinq endroits sur le passage de la reine; on j jona des UaÊm ou mystères de la composition de Dubochet, procorenr dn nii Poitiers. Cette entrée coûta cher aux bons bourgeois de Kantes; wm f'faietit habitues^ disent nos chroniques, de payer souvent et beanoo^; ils payèrent donc d'abord pour deux galiotes ^ chambros ntiéss, envoyées au-devant de la reine , puis pour trois haqaenées en Basse-Bretagne, puis pour deux lévriers dn même paja, encore pour deux bassins d'argent , dont l'un portait nne lampieis, puis enfin pour les frais de réception.
IVantes était une ville trop importante par son commerce et n grandie influence sur le reste de la Bretagne, pour que le roi n*eil pas pour elle de grands égards; il revint dans ses murs en 15SS. Ci fut ii cette époque qu'il enleva au clergé , et notamment 9i Tévifis, au chapitre^ aux chanoines et bénéficiers titulaires, TadministratiOB des hospices pour cause de concussion. Des bourgeois, au choix de son conseil, furent appelés à remplacer Tancienne administration. L'IiApital de Toussaint , qui avait nourri plus de 1600 panvres dans l'année, fut seul excepté, et resta sous la direction de la confrérie qui Tadministrait.
Beaoconp des gens dn roi avaient contracté dans les guerres d'Italio une maladie alors inconnue et nommée mal de IVaples, dn nom de la yille où elle avait sévi avec le plus de violence lors de son début; a^ëtait la syphilis , que les uns attribuent sans preuves aux relations det européens avec T Amérique, et que d^autres regardent comme une dégénérescence de la lèpre et des nombreuses aflections cutanées qui si long-temps ont tourmenté nos pères pendant et depuis les croisades. Le passage à IVantes do François I.«^ et de sa suite , entraîna la communication de ce mal qui se manifestait alors avec des symptômes très-effrayants et fort rares aujourd'hui. Les magistrats, épouvantés par les aspects hideux de ses diverses formes , le traitèrent comme les épidémies ; une maison fut louée par eux pour y déposer les vénériens ; elle se nommait on fut nommée TÂsnerie, mais cette mesure était impuissante. Les maladies contagieuses et la syphilis continuèrent leurs ravages : aussi les magistrats, en vinrent-ils à décréter, comme nous Tavons dit , la peine de mort contre tout malade qui se promènerait en public. Une seconde ordonnance, plus sage, et qui eut dû ne jamais tomber en désuétude, défendit aux bouchers de tuer leur bétail avant qu'il eût été visité par des commissaires. La sollicitude des administrateurs de la ville était peut-ôtro alors peu éclairée , mais elle veillait attentivement au bien-être et aux intérêts des habitants.
L^hiver ayant été rude , la misère était grande , les gens d'armes postés dans les faubourgs pillaient souvent dans la ville; aussi rentrée des murs leur fut-elle interdite , des archers furent môme préposés exprès pour y veiller.
Les Quinze-Vingts de Paris avaient obtenu permission de quêter 2i Nantes , h la condition d'employer le produit de leur quête en achat de marchandises utiles à leur maison. Les quêteurs se préparaient à partir avec leur argent , sans remplir leur engagement , lorsque les magistrats les firent arrêter. Leurs deniers , c'était de toute justice , forent saisis et confisqués.
L'année 1534 , dans laquelle ces événements se passèrent , nous rappelle aussi que la recette de liantes s'élevait à cinq mille cinq cents livres > d'après l'estimation qui en fut faite alors, et que le projet de dessécher le lac de Grand-Lieu fut vivement agité ; malheureusement, les tentatives faites dans ce but, les années suivantes, ne produisirent aucun résultat.
218 XYI.< SIÈGL&
Le conseil et U chancellerie de Bretagne, diaprés un édit de 18U, devaient siéger six mois di Rennes» six mois h Nantes. Ceedd|laB»ments leur déplaisaient , aussi restèrent-ils k Bennes. La iriDe sToa plaignit y et obtint gain de cause; ponr adondr les plus da conseil, elle arrêta qn^elie ferait présent an premier et n président de deux pipes de vin d'Anjon, et de quatre pmnçoas es vh d'Orléans. — Le roi , qui tenait beaucoup h former des augmenta la même année (1535) , les droits dn roi da ordonnance nous montre qu'il accordait le même pririléBe à aurait abattu le Papegauh d'un coup d'arquebuse : cette -aiBSyfri pesait alors plus de trente livres , était très-rare à Rantes. b ?■§ en avait fait fondre douze en 1533, et la milice bonrgecriseyfBiv portait que la pique et Fépée^ répugnait à s'en serrir.
ÉVlâNBMBirTS 8UBVBNU8 DB 1534 A 1560.
Jusqu'en 1560, époque à laquelle notre ville reçut tion municipale tout à fait complète, nous ne troaTeroas signaler que dos faits individuels , sans liaison les uns arec les et ne présentant , dans leur ensemble, aucune signification; enregistrerons donc simplement par ordre de date:
Le roi avait exigé, en 1535, la moitié du revenu dn dsqi;l taxa la ville de Nantes, en 1537, i 4,000 livres, et loi denunlSyOi outre , 8,000 livres de don gratuit ; mais il ne reçut qoe 4,500 lifiBSi dont il voulut bien se contenter. Le service dn guet, nom presque dire de la garde nationale, n'avait plus lieu alors; sous par mois ( aujourd'hui 5 francs environ ), chacun poniitata exempter: c'était un abus, et le roi le réforma en exigeant le senim personnel; il enjoignit aussi à la ville de recevoir convensblnnHirt h reine de IVayarre; en conséquence, les bourgeois firent éfripsr A Barbin deux gabares pour aller prendre cette princesse à la flacfcBria. chez le vicomte de Bohan , son beau-frère. Son entrée eut lien |fr h porte de Saint-Pierre, oCi elle refusa le dais d*nsage« ITIÔiol di Briord, alors l'un des plus beaux de Nantes, fut celui aa^wl en h conduisit. Après un court séjour , occupé à visiter la Fosn et hs navires , la reine repartit sur une galère, qui la transporta ji Ingrande.
En 1538, le roi donna ordre à la ville, déjà obérée par
^'elle faisait pour nourrir les pauvres pendant une disette extrême, de iui donner 4,800 livres pour payer des troupes. Il y avait impossibilité manifeste d*acqnîtter un pareil impôt , aussi nn député lui fut-il oiToyé pour lui exposer la misère de Nantes. Le roi venait de partir pour Hîoe ; mais heureusement le gouverneur de Bretagne prit sur lui de remplacer cet impôt par 3,000 livres de salpêtre , qui lui furent Cmmies.
Des travaux considérables avaient mis la grande salle des C(Hrdelien et Thôtel Monfort> alors hôtel de la Snze, en état de recevoir le Gomeil de Bretagne et son président; cependant ils restaient à Bmnes, et la ville fut forcée de les signifier d'obéir aux ordres du roi.
La suppression de leurs privilèges pour les clercs mariés, et la fi^ression des excommunications pour dettes, nous rappellent les états qni se tinrent à Nantes en 1539, année dans laquelle fut fait un plan de la ville dans le but de Tenclore complètement et de fortifier les ponts. Mathieu de Gony, qui fit ce plan , reçut dix écus sols, ou 450 sous. Michel Dinois en eut 40 pour avoir écrit sur ce plan les noms dfls lieux.
En 1541 , la fréquence des épidémies fit songer à consacrer un ho^iee spécial aux pestiférés , car c'est ainsi que Ton appelait alors tous les malades atteints d'affections contagieuses ou prétendues telles, qu'ils eussent la peste, le choléra, le typhus ou toute autre aflbction grave. Cet hospice fut b&ti par souscription et placé près de S.'Mjatherine. La Chambre des Comptes donna 26 écus sous ; la confirérie de la Véronique 75 livres ; celle de Saint-Jean-de-rHopital 35 livres; celle de la Passion 25 livres; celle de Sainte-Catherine 10 livres, et Tévôque 16 pieds d'arbres. Des aumônes abondantes fourni* rent le surplus. La même année , Louis d'Acigné fit une magnifique entrée dans notre ville.
Un édit de juillet 1544 établit à Nantes une maîtrise des eaux et finéts fêssorlùsante par appel à la grande maiUise de Fannes et de ce ÉHtmmU au parlemenL Les avantages accordés an roi du Papegault •raient conduit un grand nombre de prêtres à s'enrôler parmi les chevaliers de l'arbalète; une ordonnance de l'année précédente avait réprimé ce scandale : elle fut confirmée par le dauphin , qui ne retrancha rien aux immunités dont jouissait le roi du tir.
En 1545, la ville acheta pour 2,227 livres (environ 44,540 fr.) de grains et de fbves pour soulager la misère des pauvres. L'année
•i!îO XVI.< SIBGLB.
suivante, le roi fit abaisser la chaassée de Barbin^qui fal à son ancienne élévation. Deax ans plostard, le clergé l'administration des hospices par François I.<s parrint à y mais pour un tiers des membres seulement. La manie Dono accorda à Thôpital 50 livres de rentes, à ooudiUon d*y pour leurs couches les femmes et les filles néceasiteases.
Marie Stuart, alors âgée de six à sept ans, devait passer à Le gouverneur de Bretagne écrivit à son sujet an séuédul de la lettre suivante, dont le contenu fut ponctnellement exéodé:
« M. le sénéchal > je croy que vous avex de ceste heure , » la venue de la petite royne d'Ecosse, en France , qui doit » dre à Brest , et à ce que m'a mandé le roy, elle passera par » et tout le grand chemin du dict Brest , od le dict » qu'elle soit honorablement receue avec entrée et poisie par les lilhi » oii elle passera et i>etits présents et fruicts, vins et aultres M tés , de quoy je vous ai bien voulu de bonne heure adTertir, » vous donniez ordre de la faire recevoir en la dicte TÎlle» ao » grand honneur qu'il sera possible. Ce que m^attens qne ToasssHB » si bien conduire avec le grant cuenr que je connais en cealc il » la dicte ville, qu'elle emportera le bruict au-dessus de tOBlca hi » autres, mais il no faut oublier de faire dvesser quelq» » entreprinses, comme sur la rivière, près le chasteaa, o4 la » dame logera , et à son arrivée , tant par les mariniers que » cesle ville , ainsi que trop mieulx saurex adviser # afin de lai n du plaisir, et qu'on puisse sçavoir à la cour, combien les Kaateis » voulu préférer tous les aultres , et de ce qu'on adrisera de » vous m'en advertirez pour vous en mander mon opinion ; » vous ferez entendre aux gentilshommes de Tévesché de la Tenaedy » celle dame , à ce qne chacun se délibère de s'y trouTer » sou dobvoir et lui porter honneur, ainsi qu'il plait an rojr ^*îl » fait, comme plus au long, j'ai commandé à ce porteur de vom ») de quoy je vous prie de croyre , et sur ce je prieray Diea» » sieur le sénéchal , vous donner ce que désires.
» Des Ëssars , ce XV / jour d^aoust 1548.
« Vostrebon ami, JEHA5-Di-BuTAiGm« m
En 1449 , la ville fit construire le quai du Port-Maillard ; les chauds d'Orléans, qui sollicitaient cette amélioration, y oonlribeè* rent pour 2000 livres.
La maifton de la Porte-Blanche , rue Saint-Gildas , ou des Carmélites, n*appartenait pas encore à la commune, et Tacquisition en fut faite. C*eat dans cette maison que se tenait TEcole de Droit.
En 1551 , sur la nouyelle de l'arrivée du roi à Nantes , la ville en- Toya François Vivien à Tours avec 8 écus sols ou 360 sous (au plus 360 fr. valeur actuelle) pour y louer 800 corselets destinés à figurer à Toitiée du roi. Une assemblée de ville tenue au château , régla non MBft grands débats préalables et mûres délibérations la question du oéfémonial. Il j fut décidé que les avocats seraient invités à se réunir ao cortège, en habits décents. On leur laissait le choix du cheval ou d6 U mule. L'université saisit cette occasion de prendre un costume. Oa assigna au recteur une chape de satin rouge cramoisi , un chaperon doublé de taifetas bleu ; les syndics eurent une chape de tabis rouge cramoisi , et les supports des facultés de droit de médecine et des arts (car* al<Mrs9 Nantes possédait une université complète), devaient porter dca chapes de damas rouge avec capuchon doublé de bleu. Ce cérémonial était imposé, à peine de privation de droits, privilèges et émokunents.
En 1552, le roi établit un présidial à Nantes. Ce tribunal jugeait en domiw ressort, an-dessous de 200 livres, les causes qui lui étaient piésentées. Les diverses charges qu'il comportait, s'achetaient à prix d^argent, ce qui malheureusement imprimait à ses jugements un caractère de vénalité. — La même année , la ville s'occupa défaire réparer les ponts.
En 1553 , la ville et le clergé furent imposés extraordinaîrement par le roi.
L'année suivante , Jean Cornichon établit un bureau de postes au nom et avec privilège du roi. Il prenait les lettres, dit Travers, pour Paris et la route. Jusqu'alors les habitants n'avaient pu correspondre avec les autres villes que par occasion ou par messagers exprès ; ainsi rinsUtotion des postes existait en France depuis près d*un siècle , lorsque notre ville fut appelée à en jouir.
Trois édits du roi, de 1555, concernent notre ville ; le premier érigea en parlement la chambre des grands jours ou conseil de Bretagne ; le second établit un siège d'amirauté à Nantes ; le troisième érigea en grande maîtrise des eaux et forêts celle qui existait auparavant. La même année , les États se tinrent à Nantes , et la ville lenr fit des cadeaux de vin. L'on creusait, à cette époque , le puits de la place Saint-
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Pierre , à raison de quatre Ih res le pied. Le Pilori n*ezistait phi atan sar la place de ce nom ; il arait été transféré anr celle da
L'institution des droits de francs-fiefs et de noaTeaux facilité aux bourgeois les moyens d^arrirerà la propriété autrefois exclusivement réservée aux nobles. Les preuien en une taxe que le roturier payait à époque fixe à MB pour jouir des terres nobles; ceux denonreanx acquêts bV des droits de mutation semblables à ceux que nous payons mais proportionnellement plus élevés. Le rot , par mie rendue à Blois le 16 janvier (v. style) , fit rentrer les beiyaii el manants dans le droit commun, et facilita singnlièreaieiit le pement de la classe moyenne au détriment de rarialocratie de sauce , contre laquelle nous la verrons lutter victorienseiBeataBlI, 93 et 1830. Une autre ordonnance du roi imposa dix dezùenpar Biii ^ tous ceux qui seraient exemptés du service du guet. IfoDspaHOMi 'SOUS silence les contestations entre le comte de Sansai et b jap Prevot de Nantes , que le comte , lieutenant commandant de la iflb fli du château et grand faiseur d'exactions de tonte espèce » fit les rues comme un criminel ; mais remarquons qn^il put punémentcontre lui Tindignation publique, en foulant anx pieds les règles de la justice ; ses prétentions allaient jnsqn*9i dénier la pétence des tribunaux pour les vols, les assassinats et les crimes commis par ses soldats. Le parlement, fatigué de ses pouvoir, informa et se plaignit au roi, lui signalant tout d'une semblable conduite ; le comte était pnissant à la oonr, el lis ne prouve qu'on Tait même réprimandé.
A ces plaintes , s'en joignirent d'autres: le comte imposait rement les navires du commerce^ et se procurait ainsi d< considérables au détriment des négociants qu*il fabait sans forme de procès , lorsqu'ils ne lui accordaient pas les qu'il demandait ; sous ce régime de bon plaisir administratir, fl n'y avait ni sûreté personnelle, ni propriété garantie, ni justice Les malheureux commerçants en donnent la meilleure leur supplique : — « Il nous tourmente si fort, disaient-ib an lei, » qu'il n'y a plus marchand qui se veuille retirer an dict lien 11 n IVautes, ni entendre au dict trafic; ne juge an dict paysaeBS h » dicte cour qui veuille entreprendre cognaissance de ce (les ji signalés), pardessus le dict sieur de Sanui, honune dn font
» périmenté an faict de justice. — Au moyen de quoy demeurent les 9 dids suppliants induement opprimés sans qu'ils en puissent avoir » raison et justice, et si cela continue en bref le dict lieu sera désert , » emamble le dict trafic discontinuera. » — Les négociants étaient bons payeurs , comme Ton disait en cour ; cette gent éminemment taillable méritait quelques égards , surtout lorsqu'elle parlait sérieuflMwnt d'aller habiter ailleurs et de priver ainsi la France de richesses aar lesquelles les rois dimaient fréquemment; leur supplique fut donc écoutée , bien que dressée par vilains contre un puissant taigneor. Une ordonnance du roi défendit au comte.de Sanzai de se mêler à Tayenir, en aucune façon, du contentieux des affaires de ooflunerce, tout en lui conservant le droit d'arrêter les délinquants qM le prince lui prescrivit de traduire devant le parlement.
Um antre supplique fut adressée au roi , dans la même année ; les commerçants se plaignaient de l'énormité des impôts sur le sel , qsl avaient réduit à dix mille écus dans la ville de Nantes des ventes qfà ^élevaient auparavant à 500 mille , et diminué de plus de 50 ■lille écus le revenu du trésor, en réduisant au quart le revenu des propriétaires de marais salants ; leur réclamation afl&rmait, qu'avant rangmentation de l'impôt , les arrivages de sel dépassaient par année le chiffre de cinq mille, ce qui suppose une production de plus de IfiO à 200,000 tonneaux.
nous avons encore à signaler, pour cette môme année 1557 , un incendie qui fit de grands ravages dans la rue des Halles ; l'arrivée anr nos côtes de deux frégates espagnoles qui entrèrent en Loire et i*avancèrent andacieusement jusqu'au Pellerin ; le remplacement de Thospice Saint-Clément par un collège, dont les professeurs, au nonbre de cinq , y compris leur principal , Pierre Bertin , furent appelésàNantesde Paris, qu'ils habitaient auparavant; enfin les premières prédications calvinistes. — François d'Audelot, frère de l'amiral Goligny, avait amené dans notre ville deux prédicateurs, qui exposèrent publiquement au peuple leurs doctrines. Ces missionnaires a^occopiient de la conversion du Groisic, lorsque l'évéquey arriva. Le prélat, après une procession , fit assaillir la maison où s'étaient retirés les protestants et leurs prosélytes ; mais les choses n'allant pat assez vite , il crut devoir employer une coulevrine pour les débusquer de leur position, reniant ainsi, par des actes d'odieuse intolérance, les préceptes d'une religion qui ne doit prêcher qu'amour
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et fraternité sar la terre. Les assiégés , après me
tance , profitèrent de la nnit pour se sauver an chfttean de
En 1558, la commnnaaté des bourgeois préti an roi dix salpêtre» et fondit, avecda brome appartenant an cliAtean, 19 nommés les douze apôtres; son arsenal était tonjoors dans Pi iVIaison-de-Yille , sur la place du Bonffay, oh se tint bientôt le qui précédemment avait lieu sur la place du Change. — de Pirmil et de la Saulsaye (de la Poissonnerie), qui D*étaient qu*en bols, furent emportés pendant Thiver. L*année soiTanlevIe lement se plaignit d*êlre mal logé , voulant se fiîn bfttîr nn frais des bourgeois, et le roi leur demanda SSOOlÎTres, qa*ib
Quelques délails de mœurs ou de statistique qni ae ra| la périoile que nous venons de parcourir , présentent de 1
Le bourreau , en 1558 , fut autorisé à s'emparer dea qu'il trouverait sans maître dans les rues.
En 1557, la ville no comptait que 22300 hommea lK)rler les armes , ce qui suppose une population de 3S nUa bitants au moins, et 46 mille an plus. La mène année, fal le plan du Marchix.
En 1556 , le quartier de veau valait de 5 à 8 sona, ceini de ■orta 6 sous. — Le synode de la même année défendit ans i^aranladi mettre leurs petits enfants h coucher avec eux, et anx pfêtiea i^ voir dans leurs maisons des femmes suspectes ; il prescriTait ai de favoriser rétablissement d'écoles pour Tenfance; tontea étaient convenables et prouvent en faveur de rorganiaatîon tique du clergé,dont les conciles diocésains étaient alors le d
En 1553 , la ville avait à ses gages un procorenr, nn contrôleur des huissiers, un concierge , un trompette; lea pauK bourgeois, le gouverneur du château , le connétable, le chai , TAlloué, le lieutenant et le prévôt, formaient les délibérations se faisaient de vive voix , sans qu'on en les procès- verbaux.
L'on apprend d'un compte de Saint-Nicolas, de 1545 k 1646, qs le grand autel était drapé comme les lits du XVI.* siècle , qnV await ciel , vergeltes et rideaux; item (disent les comptes de fabri^pn), art payé pour les fers qui portent les rideaux 83 livres de far , à Siaas: item pour 24 aunes de toile de Qnintin , pour faite nn ciel wm k grand aultier, 6 livres 16 sous; item pour 24 annaa de
ledit ciel , 6 livres 2 sous 6 deniers ; item pour 8 aunes de toile pour faire le fond dudit ciel, à 4 sous Faune (celle des rideaux était de 5 sous 9 deniers). De plus anciens comptes, ceux, par exemple, de la fin du siècle précédent , nous prouvent que les rideaux étaient quelçsefois de couleur ; on les retrouve dans ces comptes sous le nom de courtines , et sous celui beaucoup plus significatif et plus gracieux de trésdouLc; on lit dans fun dettlx Irésdonlx de linge l'ung où il y a «m croez perse cl en rouge garny de frange et de fil d*or.
Un acte capitulaire de Saint-JNicolas du 31 juillet 1545 , fixa le clergé à 12 prêtres pour le service de cette paroisse , parmi lesquels 2 Mcristes, le curé et son vicaire. Le même acte fixa aussi leur salaire , d*après lequel un enterrement oti le corps était porté par les prêtres iTec procession , vigiles des morts à neuf leçons, messe à diacre et sons-diacre, ne coûtait que 18 sous 14 deniers; ce qui donnait à chaque prêtre pour droit de présence un sou 4 deniers. L'honoraire de la messe était de 2 sous 6 deniers, et les trentains de messes chantées se payaient 16 livres. Travers s'étonne , à tort, de la modicité de ces prix , qui nous semblent tout-à-fait en rapport avec le grand nombre des prêtres et la valeur des choses de première nécessité. — Les prêtres étant nombreux, les messes devaient se payer nn peu moins cher; d'un autre côté, nous devons songer qu'en 1545, avec une lirre, l'on achetait dix fois plus de blé qu'aujourd'hui avec un franc. Hais c'est qu'alors, dit l'abbé Travers dans une exaltation très-piqnante de jansénisme, la vie des prêtres était plus frugale, leur habillement plus modeste; ils se passaient de tabac , de thé , de café , de calottes de maroquin , de perruques poudrées et de larges ceintures de soie.
événements qui se sont succédé a nantes, depuis 1560
jusqu'en 1600.
Denx faits : l'un, le protestantisme, appartenant à la vie générale des nations; l'autre, l'érection à Nantes d'une mairie, vont dominer tout notre récit pendant la période de quarante années que nous allons dérouler ; de telle sorte , qu'à chaque instant, l'on pourra reconnaître , en y prenant garde , l'influence qu'ils ont exercée sur les événements accomplis dans notre cité.
En 1560, les habitanU de Nantes furent autorisés par François II à
l'évoque de Dol et le droit électoral , si loog-temps consenré par k» paroissiens, puis ensuite par les chapitres, malgré les noBkmx empiétements du pape, en sont la meilleure preuve.
La réunion de la Bretagne h la France fut très-habilement ménagfr par François t.*"'; Torgueil breton, redoutable encore malgré les babitudes acquises et une paix de vieille date avec la France, n^ent poni permis au roi de s^emparer du pays sans tirer Tépée , s'il n'y aTait Aé convié en quelque sorte par la majorité des étals. TnTailler ki députés des diiïérents ordres , pousser les plus complalianU à lollîciter eux-mêmes une réunion déQnitive des deux pays et se bkt adresser uno requête à ce sujet, telle fut la conduite dn roi. Cepeedaal il y eut quelques opposants parmi lesquels Bosech et Jean Motêit et Nantes. Î1 était b(m d'appuyer cette importante négociation de sa personne ; aussi François L<^' vint-il en Bretagne pendant qoe les étals étaient réunis. La reine Eléonore, sa seconde femme» fit alois i JXantes une entrée magnifique. Cette princesse était sons un dan qae portaient quatre bourgeois superbement habillés; trois troupes et jeunes gens la précédaient, Tnne ayant sa livrée, Taatre la lÎTiée éi Dauphin ; la troisième, la livrée de la ville; des théâtres étaient éleréi dans cinq endroits sur le passage de la reine; on y jona des ieinlas ou mystères de la composition de Dubochet, procureur du ni i Poitiers. Cette entrée coûta cher aux bons bourgeois de Nantes; mail ôtuient huhituês, disent nos chroniques, de payer souvent et beauoMf ; ils payèrent donc d'abord pour deux galiotes à chambres Titrées, envoyées au-devant de la reine , puis pour trois haquenées achetéei en Basse-Bretagne, puis pour deux lévriers du même pays* puis encore pour deux bassins d'argent, dont Tun portait une lamproie, puis enfin pour les frais de réception.
IVantes était une ville trop importante par son commerce et sa grande influence sur le reste de la Bretagne, pour que le roi n^eil pas pour elle de grands égards; il revint dans ses murs en 1533. Ce fut à cette époque «{u'il enleva au clergé , et notamment ^ TéTéquei au chapitre, aux chanoines et bénéficiers titulaires , radministratiou des hospices pour cause de concussion. Des bourgeois , an choix de son conseil, furent appelés à remplacer l'ancienne administraliou. L'hApital de Toussaint , qui avait nourri plus de 1600 pauvres daw l'année, fut seul excepté, et resta sous la direction de la confcéiie qui Tadministrait.
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Beaucoup des gens da roi avaient contracté dans les gnerres d'Italie ane maladie alors inconnue et nommée mai de Naples, du nom de b TÎlle où elle avait sévi avec le plas de violence lors de son débnt; é^éiait la syphilis , que les uns attribuent sans preuves aux relations im européens avec rAmériquc, et que d*autres regardent comme me dégénérescence de la lèpre et dos nombreuses affections cutanées qui si long-temps ont tourmenté nos pères pendant et depuis les cvoisadea. Le passage à Nantes de François I.«' et de sa suite , entraîna la communication de ce mal qui se manifestait alors avec des ajrnptômes très-effrayants et fort rares aujourd'hui. Les magistrats, époavantés par les aspects hideux de ses diverses formes » le traitèrent comme les épidémies ; une maison fut louée par eux pour j déposer les vénériens ; elle se nommait ou fut nommée TAs* nerie» mais cette mesure était impuissante. Les maladies contagieuses et la syphilis continuèrent leurs ravages : aussi les magistrats, en vinrent-ils à décréter, comme nous Favons dit, la peine de mort contre tout malade qui se promènerait en public. Une seconde ordomance , plus sage , et qui eut dû ne jamais tomber en désuétude, défendu aux bouchers de tuer leur bétail avant qu'il eût été visité par des commissaires. La sollicitude des administrateurs de la ville était peut-ôtro alors peu éclairée , mais elle veillait attentivement au Men-étre et aux intérêts des habitants.
L*hiver ayant été rude , la misère était grande , les gens d'armes postés dans les faubourgs pillaient souvent dans la ville ; aussi l'entrée des murs leur fut-elle interdite , des archers furent môme préposés exprès pour y veiller.
Les Quinze-Vingts de Paris avaient obtenu permission de quêter à riantes , à la condition d'employer le produit de leur quête en achat de marchandises utiles à leur maison. Les quêteurs se préparaient à partir avec leur argent , sans remplir leur engagement , lorsque les magistrats les firent arrêter. Leurs deniers , c'était de toute justice , ftnrent saisis et confisqués.
L*année 1534, dans laquelle ces événements se passèrent, nous rappelle aussi que la recette de Nantes s'élevait à cinq mille cinq cents livres ^d'après Testimation qui en fut faite alors, et que le projet de deasécher le lac de Grand-Lieu fut vivement agité ; malheureusement , les tentatives faites dans ce but, les années suivantes, ne produisirent aucun résultat.
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Le conseil et la chancellerie de Bretagne, d'après on iOt de ISIi, dey aient siéger six mois h Rennea» six mois à Kantes. Cesàé|laB»inents leur déplaisaient » aussi restèrent-ils à Bennes. Ls viDe €m plaignit, et obtint gain de canse; ponr adoecir les plas da conseil, elle arrêta qa^elle ferait présent an pramier et aa président de deax pipes de Tin d' Anjou , et de qeatre poiaçoas éi fâ d'Orléans. — Le roi, qai tenait beaucoup à former des axhaWifaB, augmenta la même année (1535) , les droits du roi do PapegaiA;8a ordonnance nous montre qu'il accordait le même priTÎlége k eslsi fri aurait abattu le Papegauh d'un coup d'arquebuse : cette -aiBSt fri pesait alors plus de trente livres , était très-rare à If nies. Ls itk en ayait fait fondre douze en 1533, et la milice bourgeoise y fv m portait que la pique et Tépée^ répugnait à s^en serrir.
ÉTÉNBMBJfTS SUBVBVUS Dl 1534 A 1560.
Jusqu'en 1560, époque à laquelle notre ville reçut uns tion municipale tout à fait complète, nous ne troavenms signaler que des faits individuels , sans liaison les nos stoc les et ne présentant, dans leur ensemble, aucune signification; enregistrerons donc simplement par ordre de date:
Le roi avait exigé, en 1535, la moitié du revenodm demi;l taxa la ville de liantes, en 1537, k 4,000 livres, et loi denands,* outre , 8,000 livres de don gratuit ; mais il ne reçut que 4,500 dont il voulut bien se contenter. Le service du guet, bow presque dire de la garde nationale, n*avait plus lieu alors; sous par mois ( aujourd'hui 5 francs environ )> chscun jfornnÊtfm exempter: c*était un abus, et le roi le réforma en exigeant le ssniBB personnel ; il enjoignit aussi à la ville de recevoir ccHiTeaalileasrt h reine de I^avarre ; en conséquence , les bourgeois firent éqnipar I
Barbin deux gabares pour aller prendre cette princesse à la Gechanib chez le vicomte de Rohan , son beau-frère. Son entrée eut lien t|V h porte de Saint-Pierre , oCi elle refusa le dais d*nssge. ITMinl de Briord, alors l'un des plus beaux de Nantes, fut celui aoqpwl snh conduisit. Après un court séjour, occupé à visiter la Fœae ethi navires , la reine repartit sur une galère^ qui la tranqporta Ingrande.
En 1538, le roi donna ordre à la ville, déjà obérée par les
qa^elle faisait pour nourrir les paa?re8 pendant une disette extrême, de lai donner 4,800 livres pour payer des tronpes. Il y avait impossibilité maniièste d'acqaitter un pareil impôt , aossi nn dépoté Ini fat-ii «OToyé pour loi exposer la misère de Nantes. Le roi venait de partir pour Nice ; mais heureusement le gouverneur de Bretagne prit sur lui de remplacer cet impôt par 3,000 livres de salpêtre , qui lui furent ibanies.
Des travaux considérables avaient mis la grande salle des Cordelien et Thôtel Monfort, alors hôtel de la Suze, en état de recevoir le GOnieil de Bretagne et son président; cependant ils restaient à Bennes, et la ville fut forcée de les signifier d*obéir aux ordres du roi.
La suppression de leurs privilèges pour les clercs mariés, et la suppression des excommunications pour dettes, nous rappellent les états qui se tinrent à Nantes en 1539, année dans laquelle fut fait un plan de la ville dans le but de Tenclore complètement et de fortifier les ponts. Mathieu de Gouy, qui fit ce plan , reçut dix écus sols, ou 450 •001. Hichel Dinois en eut 40 pour avoir écrit sur ce plan les noms dea lieux.
Bn 1541 , la fréquence des épidémies fit songer à consacrer un ho^ice spécial aux pestiférés , car c'est ainsi que Ton appelait alors tons les malades atteints d'affections contagieuses ou prétendues telles, qu'ils eussent la peste, le choléra, le typhus ou toute autre afEsdion grave. Cet hospice fut bftti par souscription et placé près de S.*M!atherine. La Chambre des Comptes donna 26 écus sous ; la confinérie de la Véronique 75 livres ; celle de Saint-Jean-de-rHopital 35 livres; celle de la Passion 25 livres; celle de Sainte-Catherine 10 livres, et l'évoque 16 pieds d'arbres. Des aumônes abondantes fournirent le surplus. La même année , Louis d'Acigné fit une magnifique entrée dans notre ville.
Un édit de juillet 1544 établit à Nantes une maîtrise des eaux et Carets fwsorlùsante par appel à ia grande matUise de Vannes et de ce Iriénna/ au parlement. Les avantages accordés an roi du Papegault avalent conduit un grand nombre de prêtres k s'enrôler parmi les chevaliers de l'arbalète ; une ordonnance de l'année précédente avait réprimé ce scandale: elle fut confirmée par le dauphin, qui ne retrancha rien aux immunités dont jouissait le roi du tir.
Bn 1545, la ville acheta pour 2,227 livres (environ 44,540 fr.) de grains et de fèves pour soulager la misère des pauvres. L'année
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suivante , le roi fit abaisser la chaussée de Barikiny^nifat h son ancienne élévation. Deux ans plus tard » le clergé Tadministration des hospices par François 1.*% parvint à 7 mais |K>ur un tiers des membres seulement. La ménie Douo accorda à Tliôpital 50 livres do rentes, à ocodition é*j pour leurs couches les femmes et les filles nécessiteuses.
Marie Stuart, alors âgée de six à sept ans, devait passer à Le gouverneur de Bretagne écrivit à son sujet au sénéchal de la lettre suivante, dont le contenu fut ponctuellement ezéCHié:
« M. le sénéchal^ je croy que vous avez de ceste heure, » la venue de la petite royne d^Écosse, en France , qui doit » dre à Brest , et à ce que m'a mandé le roy, elle passera par n et tout le grand chemin du dict Brest, oti le dict » qu'elle soit honorablement receue avec entrée et poîsle par » oïl elle passera et petits présents et fruicts, vins et aaltres u tés , de quoy je vous ai bien voulu de bonne heure adrertir, » vous donniez ordre de la faire recevoir en la dicte TÎUe, an » grand honneur qu'il sera possible. Ce que m^attens que ToasaasBK » si bien conduire avec le grant cuenr que je connais en csnisée M la dicte ville, qu'elle emportera le bruict au-dessus de tonles hi » autres, mais il ne faut oublier de faire dcesser quelques » entreprinses, comme sur la rivière, près le chasteaa, oà la )) dame logera , et h son arrivée , tant par les mariniers que » cesle ville , ainsi que trop mieulx saurez adviser , afin de Ini » du plaisir, et qu'on puisse sçavoir à la cour, combien les Kanleis^ » voulu préférer tous les aultres , et de ce qu*on advisera de » vous m'en adverlirez pour vous en mander mon opinion ; » vous ferez entendre aux gentilshommes de Tévesché de la » celle dame , à ce que chacun se délibère de s*y trouver M son debvoir et lui porter lionueur , ainsi qu'il plait an roj » fait, œmnic plus au long, j'ai commandé à ce porteur de » de quoy je vous prie de croyre , et sur ce je prieray DieUp » sieur le séuéchal , vous donner ce que désirez.
» Des Essars , ce XV.*" jour d'aoust 1548.
« Vostre bon ami , JiHÀ9-Da-BaBTAieiin. »
ËD 1419 , la ville fit conslruire le quai du Port-])Ia illard ; les aurdiands d'Orléans, qui sollicitaient cette amélioration , 7 contribuèrent pour 20U0 livres.