‹ Histoire de Nantes (volume 2)Chapitre 26 sur 64 · Xyi.« 8IÈGLB · texte numérisé non relu

Xyi.« 8IÈGLB

Pierre , à raison de quatre \\\ res le pied. Le Pilori if existait phi ém% sar la place de ce nom ; il avait été transféré sor celle da BovAgr.

L'institution des droits de francs-fiefs et de noaTeamaofofilit >viil facilité aux bourgeois les moyens d'arrirer^ la propriété autrefois exclusivement réserrée aux nobles. Les premien en une taxe que le roturier payait à époque fixe k pour jouir des terres nobles; ceux de nouveaux aoqoèts n\ des droits de mutation semblablesà ceux que noos payons mais proportionnellement plus élevés. Le roi , par une rendue à Blois le 16 janvier (v. style) » fit rentrer les boMgenh rt manants dans le droit commun, et facilita singalièresmiit le pement de la classe moyenne an détriment de raristocmlie doi sauce » contre laquelle nous la verrons lutter victorienseBesteallv 93 et 1830. Une autre ordonnance du roi imposa dix dcnieripvMaii ^ tous ceux qui seraient exemptés dn service dn gaeL Novs -sous silence les contestations entre le comte de Sanxai et le Prevot de Nantes , que le comte , lieutenant commandant de la vflb rt du château et grand faiseur d'exactions de tonte espèce, fit les rues comme un criminel ; mais remarquons qn*il pat punémentcontre lui Tindignation publique, en foulant anx pieds les règles de la justice ; ses prétentions allaient jasqa*à dénier la pétence des tribunaux pour les vols, les assassinats et les crimes commis par ses soldats. Le parlement, fatigué de ses pouvoir, informa et se plaignit au roi , lui signalant tout d'une semblable conduite ; le comte était puissant à la oonr, et ris ne prouve qu'on Tait même réprimandé.

A ces plaintes , s*en joignirent d'autres: le comte Imposait rement les navires du commerce, et se procurait ainsi des considérables au détriment des négociants qn*il fanai sans forme de procès , lorsqu'ils ne lui accordaient pas les qu'il demandait ; sons ce régime de bon plaisir administratify il a'j avait ni sûreté personnelle , ni propriété garantie, ni justice Les malheureux commerçants en donnent la meilleure leur supplique : — « Il nous tourmente si fort, disaient-ils an ni. » qu'il n'y a plus marchand qui se veuille retirer an dict Hsn la i) ]\antes, ni entendre an dict trafic; ne juge au dict pajSBSBBB h » dicte cour qui veuille entreprendre cognaissance de ce (les ji signalés) , pardessus le dict sieur de Saniai » homme dn tonl

9 périmenté an faict de justice. — Au moyen de quoy demeurent les 9 dids suppliants induement opprimés sans qu'ils en puissent avoir » raison et justice, et si cela continue en bref le dict lieu sera désert , » ensemble le dict trafic discontinuera. » — Les négociants étaient bons payeurs 9 comme Ton disait en cour; cette gent éminemment taillable méritait quelques égards , surtout lorsqu'elle parlait sérieuaeaept d'aller habiter ailleurs et de prirer ainsi la France de richesses aor lesquelles les rois dîmaient fréquemment; leur supplique fut donc écoutée , bien que dressée par vilains contre un puissant aeigaenr. Une ordonnance du roi défendit au comte.de Sanzai de se mêler à Tayenir, en aucune façon, du contentieux des affaires de ooflunerce, tout en lui conservant le droit d'arrôter les délinquants qse le prince lui prescrivit de traduire devant le parlement.

Une autre supplique fut adressée au roi , dans la même année ; lea commerçants se plaignaient de Ténormité dos impôts sur le sel , qsl avaient réduit à dix mille écus dans la ville de Nantes des ventes qaà ^élevaient auparavant à 500 mille , et diminué de plus de 50 mille écus le revenu du trésor, en réduisant au quart le revenu des propriétaires de marais salants ; leur réclamation aflKrmait, qu'avant Tangraentation de l'impôt , les arrivages de sel dépassaient par année le chiffire de cinq mille , ce qui suppose une production de plus de IfiO à 200,000 tonneaux.

nous avons encore à signaler, pour cette môme année 1557 , un incendie qui fit de grands ravages dans la rue des Halles ; l'arrivée anr nos côtes de deux frégates espagnoles qui entrèrent en Loire et s*avancèrent audacieusement jusqu'au Pellerin ; le remplacement de Thospice Saint-Clément par un collège, dont les professeurs, au nombre de cinq , j compris leur principal , Pierre Bertin , furent appelés à Nantes de Paris, qu'ils habitaient auparavant; enfin les premières prédications calvinistes. — François d'Audelot, frère de l'amiral Goligny, avait amené dans notre ville deux prédicateurs, qui exposèrent publiquement au peuple leurs doctrines. Ces missionnaires a^occopiient de la conversion du Croisic, lorsque l'évéquey arriva. Le prélat, après une procession , fit assaillir la maison où s'étaient retirés les protestants et leurs prosélytes ; mais les choses n'allant pas assez vite , il crut devoir employer une coulevrine pour les débusquer de leur position, reniant ainsi, par des actes d'odieuse intolérance, les préceptes d une religion qui ne doit prêcher qu'amour

004 XVI.« SIÈGU.

et fraternité sur la terre. Les assiégés , après aoe

tance , profitèrent de la nuit pour se sauver an chAtean de

En 1558, la communauté des bourgeois prêta an roi dix salpôtrc, et fondit, arec du bronze appartenant an cMteao, I9( nommés les douze apôtres ; son arsenal était toujours daas Pi iVIaison-dc-Yille , sur la place du Bouffay, où se tint bienlOt le qui précédemment avait lieu sur la place du Change. — La de Pirmil et de la Saulsaye (de la Poissonnerie), qni n^étaient (fu'en bois, furent emportés pendant Thiver. L*année ini^ lement se plaignit d'être mal logé , voulant se faire bitir nn palais aai frais des bourgeois, et le roi leur demanda 3500 livres, qn*ib aoldintf.

Quelques détails do mœurs ou de statistique qni ae rappartHl I la période que nous venons de parcourir , présentent de llnMrtL

Le bourreau, en 1558, fut autorisée s'emparer deaponcean qu'il trouverait sans maître dans les rues.

En 1557, la ville ne comptait que !2300 liommea capahleB di porler les armes , ce qui suppose une population de 3S ■ilk 1^ bitants au moins, et 46 mille au plus. La même année, fnt liacé le plan du Marchix.

En 1556 , le quartier de veau valait de 5 à 8 sons, celni de anrtH 6 sous. — Le synode de la même année défendît anz paraalB di mettre leurs petits enfants h coucher avec eux, et aux paMnad*^ voir dans leurs maisons des femmes suspectes ; il prescriTait ai de favoriser rétablissement d'écoles pour l'enfance; tontes étaient convenables et prouvent en faveur de l'organisation tique du clergé, dont les conciles diocésains étaient alors le an

En 1553 , la ville avait à ses gages un procorenr, un contrôleur des huissiers, un concierge , un trompette; lea pauK bourgeois , le gouverneur du château , le connétable , le chai , TAlloué , le lieutenant et le prévôt, formaient les délibérations se faisaient de vive Toix , sans qn*on en les procès- verbaux.

L'on apprend d'un compte de Saint-Nicolas, de 1545 à 1646, ^ le grand autel était drapé comme les lits du XYL* siècle , quH anil ciel , vergettes et rideaux; item (disent les comptes de fabriqua)* aal payé pour les fers qui portent les rideaux 83 livres de fer , à Saaas: item pour !24 aunes de toile de Quintin , pour faire un ciel av k grand aultier , 6 livres 16 sous ; item pour 24 aunes de

ledit ciel , 6 livres 2 sous 6 deniers ; item pour 8 aunes de toile pour faire le fond duditciel, à 4 sous Faune (celle des rideaux était de 5 sous 9 deniers). De plus anciens comptes, ceux, par exemple, de la fin du siècle précédent , nous prouvent que les rideaux étaient quelçsefois de couleur ; on les retrouve dans ces comptes sous le nom de coutiDes , et sous celui beaucoup plus significatif et plus gracieux de Uréidoulx; on lit dans l*un deulx trésdonlx de linge fiing où il y u nm croez perse cl en rouge garny de frange et de fil d*or.

Un acte capitulaire de Saint-INicolas du 31 juillet 1545 , fixa le clergé à VI prêtres pour le service de cette paroisse , parmi lesquels *2 sacristes, le curé et son vicaire. Le même acte fixa aussi leur salaire , d*après lequel un enterrement où le corps était porté par les prêtres iTec procession , vigiles des morts à neuf leçons , messe à diacre et sons-diacre, ne coûtait que 18 sous 14 deniers; ce qui donnait à chaque prêtre pour droit de présence un sou 4 deniers. L'honoraire de la messe était de 2 sous 6 deniers, et les trentains de messes chantées se payaient 16 livres. Travers s'étonne , à tort, de la modicité de ces prix , qui nous semblent tout-à>fait en rapport avec le grand nombre des prêtres et la valeur des choses de première nécessité. — Les prêtres étant nombreux, les messes devaient se payer un peu moins cher; d'un autre c()té, nous devons songer qu'en 1545, avec une livre, l'on achetait dix fois plus de blé qu'aujourd'hui avec un franc. Hais c'est qu'alors, dit l'abbé Travers dans une exaltation très-piqoante de jansénisme, la vie des prêtres était plus frugale, leur habillement plus modeste; ils se passaient de tabac , de thé , de café , de calottes de maroquin , de perruques poudrées et de larges ceintures de soie.

événements qvi se sont succédé a nantes, depuis 1560

jusqu'en 1600.

Deux faits : l'un, le protestantisme, appartenant h la vie générale des nations; l'autre, l'érection à Nantes d'une mairie, vont dominer tout notre récit pendant la période de quarante années que nous allons dérouler ; de telle sorte , qu'à chaque instant, l'on pourra reconnaître , en y prenant garde , l'influence qu'ils ont exercée sur les événements accomplis dans notre cité.

En 1560 , les habitanU de Nantes furent autorisés par François II ii

révoque de Dol et le droit électoral , si loDg-temps conservé par le» paroissiens, puis ensuite par les chapitres, malgré les nonbmi empiétements du pape, en sont la meilleure preuve.

Ln réunion de la Bretagne à la France fut très-liabilement «^fwyfff

par François 1.''^; Torgueil breton, redoutable encore malgré les kaki-

tudes acquises et une paix de vieille date avec la France, n^ent poîn

permis au roi de sVmparer du pays sans tirer Tépée , s'il n'y aTalt été

convié en quelque sorte par la majorité des états. TraTalller ki

députés des dilTérents ordres , pousser les plus complaisants à soDî-

citer eux-mêmes une réunion déGnitivo des deux pays et se tmt

adresser une requête à ce sujet, telle fut la conduite du roi. Cependail

il y eut quelques opposants parmi lesquels Bosech et Jean Motêit et

IVantes. Il était lion d'appuyer cette importante négociation de m

personne ; aussi François I."^ vint-il en Bretagne pendant qne les étals

étaient réunis. La reine Eléonore, sa seconde femme, fit alois i

JVantes une entrée magnifique. Cette princesse était sons nn dan qne

portaient quatre bourgeois superbement habillés; trois troupes et

jeunes gens la précédaient , Tune ayant sa livrée, Tantre la livrée ia

Dauphin; la troisième, la livrée de la ville; des théâtres étaient élevés

dans cinq endroits sur le passage de la reine; on y jona des faînias

ou mystères de la composition de Dubochet, procureur dn roi i

Poitiers. Cette entrée coûta cher aux bons bourgeois do IVantes; anis

étaient hahitiuls, disent nos chroniques, do payer souvent et beanooif ;

ils payèrent donc d'abord pour deux galiotes à chambres vitrées,

envoyées an-devant de la reine , puis pour trois haqneuées nchetéei

en Basse-Bretagne, puis pour deux lévriers du même pays, puîi

encore ]>our deux bassins d'argent, dont Tun portait une luipioîe,

puis enfin pour les frais de réception.

IVantes était une ville trop importante par son commerce et sa grande influence sur le reste de la Bretagne, pour qne le roi n'eil pas pour elle de grands égards; il revint dans ses murs en 153S. Ce fut à cette époque qu'il enleva au clergé , et notamment k révéfns, au chapitre 5 aux chanoines et bénéficiers titulaires , radministnriian des hospices pour cause de concussion. Des bourgeois , an cImnx de son conseil, furent appelés h remplacer Tanclenne adminislratian, L'hApital de Toussaint , qui avait nourri plus de 1600 paavrea daw l'année , fut seul excepté , et resta sons la direction de la ooDlMrie qui Tadministrait.

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Beaucoup des gensda roi avaient contracté dans les guerres d'Italie une maladie alors inconnue et nommée mal de Naples , du nom de b Tille où elle avait sévi avec le plos de violence lors de son début; «?éUît la syphilis , que les uns attribuent sans preuves aux relations des européens avec rAroérique, et que d*autres regardent comme une dégénérescence de la lèpre et des nombreuses affections cutanées qui ai long-temps ont tourmenté nos pères pendant et depuis les ON^sadea. Le passage à Nantes de François I.«' et de sa suite , entraîna la communication de ce mal qui se manifestait alors avec des sjmptôiiies très-effrayants et fort rares aujourd'hui. Les magistrats, épouvantés par les aspects hideux de ses diverses formes , le traitèrent comme les épidémies; une maison fut louée par eux pour y déposer les vénériens ; elle se nommait ou fut nommée TAsneriey mais cette mesure était impuissante. Les maladies contagieuses et la syphilis continuèrent leurs ravages : aussi les magistrats, en vinrent'ils à décréter, comme nous Pavons dit , la peine de mort contre tout malade qui se promènerait en public. Une seconde ordonnance, plus sage, et qui eut dû ne jamais tomber en désuétude, défendit aux bouchers de tuer leur bétail avant qu'il eût été visité par des commissaires. La sollicitude des administrateurs de la ville était peut-être alors peu éclairée , mais elle veillait attentivement au bien-Atre et aux intérêts des habitants.

L*hiver ayant été rude , la misère était grande , les gens d'armes postés dans les faubourgs pillaient souvent dans la ville; aussi l'entrée des murs leur fut-elle interdite , des archers furent même préposés exprès pour y veiller.

Les Quinze-Vingts de Paris avaient obtenu permission de quêter à Nantes , à la condition d'employer le produit de leur quête en achat de marchandises utiles à leur maison. Les quêteurs se préparaient à partir avec leur argent, sans remplir leur engagement, lorsque les magistrats les firent arrêter. Leurs deniers , c'était de toute justice , ftnrent saisis et confisqués.

L*année 1534 , dans laquelle ces événements se passèrent , nous rappelle aussi que la recette de Nantes s'élevait à cinq mille cinq cents livres ^d'après Testimation qui en fut faite alors, et que le projet de dessécher le lac de Grand-Lieu fut vivement agité ; malheureusement , les tentatives faites dans ce but, les années suivantes, ne produisirent aucun résultat.

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Le conseil et la chancellerie de Bretagne, d'après an édit de IStl , devaient siéger six mois h Rennes, six mois à riantet. CesdéflMS incnts leor déplaisaient , aussi restèrent-ils à Bennes. La Tilh s*ci plaignit, et obtint gain de caase; pour adoncîr les pins du conseil, elle arrêta qu*elle ferait présent an premier et an président de deux pipes de vin d* Anjou, et de quatre poinçons de Hê d'Orléans. — Le roi , qui tenait beaucoup à former des arMélikBp augmenta la même année (1535) , les droits du roi dn Papegank; saa ordonnance nous montre qu'il accordait le même priTiiége à edai fsi aurait abattu le PapegauH d'un coup d'arquebuse : cette amM, fsi pesait alors plus de trente livres , était très-rare à Nantes. La en avait fait fondre douze en 1533, et la milice lioargeirisev f*^ portait que la pique et Fépée^ répugnait à s'en sonrir.

ÉVÉNBMBirrS SUBVBNUS DB 1534 A 1560.

Jusqu'en 1560, époque à laquelle notre ville reçut une tion municipale tout à fait complète, nous ne troaTerons signaler que des faits individuels, sans liaison les uns arec les et ne présentant, dans leur ensemble, aucune signification; enregistrerons donc simplement par ordre de date:

Le roi avait exigé, en 1535, la moitié dn revenn dn clafgi; i taxa la ville de IVantes, en 1537, à 4,000 livres, et loi demandayCa outre , 8,000 livres de don gratuit ; mais il ne reçut que 4,500 lifiaSt dont il voulut bien se contenter. Le service dn guet, nom presque dire de la garde nationale, n'avait plus lien alors; sous par mois ( aujourd'hui 5 francs environ ), chacun ponvaits'sB exempter: c\Uait un abus, et le roi le réforma en exigeant le ssiriff personnel; il enjoignit aussi à la ville de recevoir conTenaUenMaC h reine de Navarre; en conséquence, les bourgeois firent flunipsr I Darbin deux gabares pour aller prendre cette princesse A la fischoris, chez le vicomte de Rohan , son beau-frère. Son entrée eut lien lar II porte de Saint-Pierre, o(i elle refusa le dais d'usage. L*HMsl de Briord, alors l'un des plus beaux de Nantes, fut celui amenai an h conduisit. Après un court séjour, occupé à visiter la Foase et lai navires , la reine repartit sur une galère, qui la transporta jns|Bl Ingrande.

En 1538, le roi donna ordre à la ville, déjà obérée par les

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qa'elle faisait pour nourrir les pauvres pendant une disette extrême, 4b loi donner 4,800 livres pour payer des troupes. Il y avait impossiliililé manifeste d*acquitter un pareil impôt, aussi un député lui fut-il envoyé pour lui exposer la misère de Nantes. Le roi venait de partir poar nice ; mais heureusement le gouverneur de Bretagne prit sur lui de remplacer cet impôt par 3,000 livres de salpêtre , qui lui furent fonniies.

Des travaux considérables avaient mis la grande salle des Cordelien et Thôtel Honfort, alors hôtel de la Suze, en état de recevoir le ooDieil de Bretagne et son président; cependant ils restaient à Bennes, et la ville fut forcée de les signifier d*obéir aux ordresduroi.

Lt suppression de leurs privilèges pour les clercs mariés, et la sqppression des excommunications pour dettes, nous rappellent les états ipii se tinrent à Pïantes en 1539, année dans laquelle fut fait un plan de la ville dans le but de Tenclore complètement et de fortifier les ponts. Qfathien de Gony, qui fit ce plan , reçut dix écns sols, ou 450 eons. Michel Dinois en eut 40 pour avoir écrit sur ce plan les noms des lieux.

Bb 1541 , la fréquence des épidémies fit songer à consacrer un ho^ice spécial aux pestiférés , car c*est ainsi que Ton appelait alors tons les malades atteints d*affections contagieuses ou prétendues telles» qn*ils eussent la peste, le choléra, le typhus ou toute autre affection grave. Cet hospice fut bâti par souscription et placé près de S«*M]atherine. La Chambre des Comptes donna 26 écus sous ; la con> frérie de la Véronique 75 livres ; celle de Saint- Jean-de-rHopital 35 livres; celle de la Passion 25 livres; celle de Sainte-Catherine 10 livres, et révoque 16 pieds d*arbres. Des aumônes abondantes fournirait fe surplus. La même année , Louis d'Acigné fit une magnifique entrée dans notre ville.

Un édit de juillet 1544 établit à Nantes une maîtrise des eaux et fi»éts ressorlùsante par appel à la grande maUtriie de Fannet et de ee trtbmal au parlement. Les avantages accordés an roi du Papegault avaient conduit un grand nombre de prêtres à s*enrôler parmi les chevaliers de Tarbalète; une ordonnance de Tannée précédente avait réprimé ce scandale : elle fut confirmée par le dauphin , qui ne retrancha nen aux immunités dont jouissait le roi du tir.

En 1545, la ville acheta pour 2,227 livres (environ 44,540 fr.) de grains et de feves pour soulager la misère des pauvres* L*année

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suivante, le roi fit abaisser la chanssëe de Baarbm,qiiilat h son ancienne élévation. Deux ans plus tard, le clergé l'administration des hospices par François I.«s parrÎBt à 7 mais pour un tiers des membres seulement. La même Dono accorda à Thôpital 50 livres de rentes, à oondilioa d*7 pour leurs couches les femmes et les filles nécessiteoset.

Marie Stuart, alors âgée de six à sept ans, devait passer à Le gouverneur de Bretagne écrivit à son sujet an aéuécfcal de la lettre suivante, dont le contenu fut ponctuellement ezécalé:

a M. le sénéchal , je croy que vous avez de ceste hemey » la venue de la petite royne d'Ecosse, en France, qai doit » dre à Brest , et à ce que m'a mandé le roy, elle passera par K » et tout le grand chemin du dict Brest, oii le dict leifBem » qu'elle soit honorablement receue avec entrée et poisle par ha » où elle passera et petits présents et fruicts, vins et aaltrea » tés , de quoy je vous ai bien voulu de bonne beore adTeitir, » vous donniez ordre de la faire recevoir en la dicte TÎlie» an » grand honneur qu'il sera possible. Ce que m*attens qne v< » si bien conduire avec le grant cueur que je connais » la dicte ville, qu'elle emportera le bruict au-dessus de lontaB hs » autres, mais il ne faut oublier de faire dresser qaelqnea » entrepriuses, comme sur la rivière, près le chasteau, oà la » dame logera , et à son arrivée , tant par les mariniers qne » ceste ville , ainsi que trop mieulv saurez adviser * afin de Ini n du plaisir, et qu'on puisse sçavoir à la cour, combien les A'anteis » voulu préférer tous les aultres, et de ce qn^on advisera de » vous m'en advertirez pour vous en mander mon opinion ; » vous ferez entendre aux gentilshommes de l'évesché de la w^mmtj » celle dame, à ce que chacun se délibère de s'y trouver ponr lain » son debvoir et lui porter honneur, ainsi qu'il plaît an roy qnli » fait, comme plus au long, j'ai commandé à ce porteur de toh » de ([uoy je vous prie de croyre , et sur ce je prieray Dien* i> sieur le sénéchal , vous donner ce que désirez.

» Des Ëssars , ce XV .* jour d*aoust 1548.

(c Vostre bon ami , Jehan-ds-Bbbtaioiis. u

En 1449 , la ville fit construire le quai du Port-Malllard ; les rhands d'Orléans, qui sollicitaient cette amélioration, y contribaèreut pour 2000 livres.

La mâMon de la Porte-Blanche , rue Saint-Gildas , ou des Carmélites, n*tppartenait pas encore à la commune, et racqnisition en fut faite. C'est dans cette maison que se tenait TEcole de Droit.

Bn 1551 , sur la uou?elle de Tarrivée du roi à Nantes , la ville envoya François Vivien à Tours avec 8 écus sols ou 360 sous (au plus 360 fr. valeur actuelle) pour y louer 800 corselets destinés à figurer à rentrée du roi. Une assemblée de ville tenue au château , régla non tant fprands débats préalables et mûres délibérations la question du cérémonial. Il j fut décidé que les avocats seraient invités à se réunir «a cortège, en habits décents. On leur laissait le choix du cheval on de la mule. L'université saisit cette occasion de prendre on costume. On assigna au recteur une chape de satin rouge cramoisi , un chaperon dooblé de taffetas bleu ; les syndics eurent une chape de tabis ronge cramoisi , et les supports des facultés de droit de médecine et des arts (car» alors» liantes possédait une université complète), devaient porter det chapes de damas rouge avec capuchon doublé de bleu. Ce cérémonial était imposé, à peine de privation de droits, privilèges et émoloments.

En 1552 , le roi établit un présidial à Nantes. Ce tribunal jugeait en dernier ressort, au-dessous de 200 livres, les causes qui lui étaient présentées. Les diverses charges qu'il comportait, s'achetaient à prix d'argent, ce qui malheureusement imprimait à ses jugements un caractère de vénalité. — La même année , la ville s'occupa de faire réparer les ponts.

En 1553, la ville et le clergé furent imposés extraordinairement par le roi.

L'année suivante , Jean Cornichon établit un bureau de postes au nom et avec privilège du roi. Il prenait les lettres , dit Travers , pour Paris et la route. Jusqu'alors les habitants n'avaient pu correspondre avec les autres villes que par occasion ou par messagers exprès ; ainsi l'institution des postes existait en France depuis près d'un siècle, lorsque notre ville fut appelée à en jouir.

Trois édits du roi, de 1555, concernent notre ville ; le premierérigea en parlement la chambre des grands jours ou conseil de Bretagne ; le second établit un siège d'amirauté à IVantes ; le troisième érigea en grande maîtrise des eaux et forôts celle qui existait auparavant. La même année , les Ëtats se tinrent à riantes , et la ville leur fit des cadeaux de vin. L'on creusait» à cette époque » le puits de la place Saint-

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Pierre , à raison de quatre 11^ res le pied. Le Pilori D^esiitait ftai ahn sur la place de ce nom ; il avait été transféré sur celle da

L'institution des droits de francs-fiefs et de noareiiizi facilité aux bourgeois les moyens d^arrirerà la propriété autrefois exclusivement réservée aux nobles. Les premien en une taxe que le roturier payait à époque fixe k pour jouir des terres nobles; ceux de nouveaux acquêts nV des droits de mutation semblables à ceux que nous p^jou mais proportionnellement plus élevés. Le roi , par nne rendue à Blois le 16 janvier (t. style) , fit rentrer les befgssii il manants dans le droit commun, et facilita singulièrement le pement do la classe moyenne au détriment de raristocratîe de sauce, contre laquelle nous la verrons lutter viclorienseMert — I 93 et 1830. Une autre ordonnance du roi imposa dix denîen] ji tous ceux qui seraient exemptés du service du guet. Nou; ^sous silence les contestations entre le comte de Sansai et h jpp Prevot do Nantes , que le comte , lieutenant commandant de h villa il du château et grand faiseur d'exactions de tonte espèce» fit les rues comme un criminel ; mais remarquons qu*il pat punément contre lui Tindignation publique» en foulant ans pieds les règles de la justice ; ses prétentions allaient jnsqn*ii dénier h pétence des tribunaux pour les vols, les assassinats et les crimes commis par ses soldats. Le parlement, fatigué de ses pouvoir, informa et se plaignit au roi, lui signalant tout d'une semblable conduite ; le comte était puissant il la oonr, et lia ne prouve qu'on Tait même réprimandé.

A ces plaintes , s*en joignirent d'autres : le comte imposait rement les navires du commerce, et se procurait ainsi di considérables au détriment des négociants qa*il fabait sans forme de procès , lorsqu'ils ne lui accordaient pas les qu'il demandait ; sous ce régime de bon plaisir administratif, fi nlf avait ni sûreté personnelle, ni propriété garantie, ni jnstice Les malheureux commerçants en donnent la meilleore leur supplique : — « Il nous tourmente si fort, disaient-ils an ni| » qu'il n'y a plus marchand qui se veuille retirer an dict Han la » IS^ntes, ni entendre au dict trafic; ne juge an dict paysMeas h » dicte cour qui veuille entreprendre cognaissance de ce (les » signalés) , pardessus le dict sieur de Sansai, homme dn toni

» périmenté an faict de justice. — Au moyen de qnoy demeurent les » dids suppliants indaement opprimés sans qu'ils en paissent avoir 9 raison et justice, et si cela continue en bref le dict lieu sera désert , 9 Miaemble le dict trafic discontinuera. » — Les négociants étaient boM payeurs , comme Ton disait en cour ; cette gent éminemment taUlaUe méritait quelques égards , surtout lorsqu'elle parlait sérieu- 1— ont d'aller babiter ailleurs et de priver ainsi la France dericbesses war lesquelles les rois dimaient fréquemment; leur supplique fut donc écoutée , bien que dressée par viUmu contre un puissant soigaenr. Une ordonnance du roi défendit au comte.de Sanxai de se mller à raTenbr, en aucune façon, du contentieux des affaires de oOBUDerce, tout en lui conservant le droit d'arrêter les délinquants 4M le prince lui prescrivit de traduire devant le parlement.

Une autre supplique fut adressée au roi , dans la même année ; les commerçants se plaignaient de Ténormité des impêts sur le sel , 4^ avaient réduit à dix mille écus dans la ville de Nantes des ventes qui s'élevaient auparavant à 500 mille , et diminué de plus de 50 nllle écus le revenu du trésor, en réduisant au quart le revenu des propriétaires de marais salants ; leur réclamation afl&rmait, qu'nvant rangmentation de l'impôt , les arrivages de sel dépassaient par année le cbiffre de cinq mille , ce qui suppose une production de plus de ISO à 200,000 tonneaux.

nous avons encore à signaler, pour cette même année 1557 , un Incendie qui fit de grands ravages dans la rue des Halles ; l'arrivée anr nos cêtes de deux frégates espagnoles qui entrèrent en Loire et t'avancèrent audacieusemeut jusqu'au Pellerin ; le remplacement de Tbospice Saiut-Clément par un collège, dont les professeurs, au nombre de cinq , y compris leur principal , Pierre Bertin , furent appelés à Nantes de Paris, qu'ils habitaient auparavant; enfin les premières prédications calvinistes. — François d'Àudelot , frère de l'amiral CoHgny, avait amené dans notre ville deux prédicateurs, qui exposèrent publiquement au peuple leurs doctrines. Ces missionnaires 8*occopaient de la conversion du Croisic, lorsque l'évêquey arriva. Le prélat, après une procession , fit assaillir la maison où s'étaient retirés les protestants et leurs prosélytes ; mais les choses n'allant pas assez vite , il crut devoir employer une coulevrine pour les débusquer de leur position, reniant ainsi, par des actes d'odieuse intolérance, les préceptes d'une religion qui ne doit prêcher qu*amour

et fraternité sur la terre. Les assiégés , après une

tance , profitèrent de la nuit pour se sauver an chftteao de CirML

En 1558, la communauté des bourgeois prêta au roi dis ■iHien de salpêtre, et fondit, avec du bronze appartenant au ciiftteaa, 19( nommés les douze apôtres ; son arsenal était toujours dans Td Maison-de-Yille , sur la place du Bouiïay, où se tint bientôt le qui précédemment avait lieu sur la place du Change. — Les do Pirmîl et de la Saulsaye (de la Poissonnerie), qni n^étaieni qu'en bois, furent emportés pendant l'hiver. L'année sniTante,lef«lement se plaignit d'être mal logé , voulant se faire bâtir nn palais as frais des bourgeois, et le roi leur demanda 3500 liTres, qu'ils soldènaL

Quelques détails de mœurs ou de statistique qni se rappotlsil à la période que nous venons de parcourir , présentent de llniML

Le bourreau , en 1558 , fut autorisé à s'emparer des pounaaat qu'il trouverait sans maître dans les rues.

En 1557 , la ville ne comptait que 2300 hommes capables de porter les armes , ce qui suppose une population de 33 arilla habitants au moins, et 46 mille au plus. La même année, fnl basé le plan du Marchix.

En 1556 , le quartier de veau valait de 5 k 8 sous, celui de aMialia 6 sous. — Le synode de la même année défendit auv parants et mettre leurs petits enfants à coucher avec eux, et aux prêlras d'avoir dans leurs maisons des femmes suspectes ; il prescrirait ai de favoriser rétablissement d'écoles pour l'enfance; tontes étaient convenables et prouvent en faveur de l'organisation tique du clergé,dont les conciles diocésains étaient alors le dt

En 1553, la ville avait à ses gages un procureur, nn contrôleur des huissiers, un concierge , un trompette; les paux bourgeois, le gouverneur du château , le connétable, le chai, TAlloué, le lieutenant et le prévôt, formaient ses les délibérations se faisaient de vive voix , sans qu'on en les procès- verbaux.

L'on apprend d'un compte de Saint-Nicolas , de 1545 à 1546, fae le grand autel était drapé comme les lits du XVI.* siècle, qnll avait ciel , vergettes et rideaux; item (disent les comptes de fabrique), «al payé pour les fers qui portent les rideaux 83 livres de fer , h 3ssni: item pour 24 aunes de toile de Quintin , pour fairo nn ciel sv k grand aultier, 6 livres 16 sous; item pour 24 aunes de franges

ledit ciel , 6 livres 2 sons 6 deniers ; item pour 8 aunes de toile pour faire le fond dudit ciel, à 4 sous Taune (celle des rideaux était de 5 tous 9 deniers). De plus anciens comptes, ceux, par exemple, de la fin du siècle précédent , nous prouvent que les rideaux étaient quelquefois de couleur ; on les retrouve dans ces comptes sous le nom de comtiDes , et sous celui beaucoup plus significatif et plus gracieux de Uéidoulx ; on lit dans l'un deulx trèsdonlx de linge fung où il y a «m erœz perse cl en rouge garny de frange et de fil d*or.

Un acte capitulaire de Saint-lNicolas du 31 juillet 1545 , fixa le clergé à 12 prêtres pour le service de cette paroisse , parmi lesquels 2 sacristes, le curé et son vicaire. Le môme acte fixa aussi leur salaire , d*après lequel un enterrement oti le corps était porté par les prêtres avec procession , vigiles des morts à neuf leçons, messe à diacre et sons-diacre, ne coûtait que 18 sous 14 deniers; ce qui donnait à diaqne prêtre pour droit de présence un sou 4 deniers. L'honoraire de la messe était de 2 sous 6 deniers , et les trentains de messes chantées se payaient 16 livres. Travers s'étonne , à tort, de la modicité de ces prix , qui nous semblent tout-à-fait en rapport avec le grand nombre des prêtres et la valeur des choses de première nécessité. — Les prêtres étant nombreux, les messes devaient se payer un peu moins cher; d'un autre côté, nous devons songer qu'en 1545, avec une lirre, l'on achetait dix fois plus de blé qu'aujourd'hui avec un franc. Hais c'est qu'alors, dit l'abbé Travers dans une exaltation très-piqnante de jansénisme, la vie des prêtres était plus frugale, leur habillement plus modeste ; ils se passaient de tabac , de thé , de café , de calottes de maroquin , de perruques poudrées et de larges ceintures de soie.

évé1veme5ts qui se sont succédé à nantes , depuis 1560

jusqu'en 1600.

Denx faits : l'un, le protestantisme, appartenant à la vie générale des nations; l'autre, l'érection à Nantes d'une mairie, vont dominer tout notre récit pendant la période de quarante années que nous allons dérouler ; de telle sorte , qu'à chaque instant, l'on pourra reconnaître , en j prenant garde , l'influence qu'ils ont exercée sur les événements accomplis dans notre cité.

En 1560 , les habitanU de Nantes furent autorisés par François II à

*il4 XYI.« SIÈCLE.

inatile. — En 1525, la nouvelle cathédrale, commencée en 14M. se trouvant peu avancée, et les travaux marchant trèft-lentemeat , faute de fonds ^ le chapitre eut recours à une émission d^indalgences qu'il sollicita du Saint-Père et parvint à jobtenir ; œtte nssource, si puissante dans les siècles précédents, ne fnt pat d*o ^and secours : il est vrai que Tannée était malheorense , le blé Aa et rare, à tel point que la ville fit poursuivre et ramener an pott des bateaux chargés de grains.

En Tannée 1527, les seigneurs d'Oudon ( Jean et Jnlien de Maleatroit) furent punis de mort sur la place du Bouflfajr , après aToirélé convaincus de faux monnoyage, d extorsions et d^assassinats.

Albert-de-Morlaix raconte ainsi ce fait:

« L*au 1526 (vieux style), la maison et seigneurie d^Ondon ence diocèse fut aussi dissipée, par vu malhenr déplorable ; car lean et, de Malestroit^ eufans de Guillaume et de Françoise de laMoéj de lalS'oëen Goulaincs, forlignerent de la vertu de leurs tyrannysans tellement leurs subjels , qu'ils en furent tirez en înslke: mais enfin maistre Louis Droûet^ natif d'Oudon , adnocat an piné conseil les accorda : depuis ils reprirent leurs brisées , et Tonli contraindre leurs subjets de prendre la fausse monnoje qn^îl quoicnt en leur tour d'Oudon; et comme vu crime attire l*anln, s^estans trouuez au cimetière des Jacobins de Nantes (c^est oh ml et présent la douue du chasteau derrière leur couuent) , anec le de la Muce-Pont-Hus , sur quelques paroles picquanles ils la main à Tépée et le tuèrent, puis se sauuerent dans lenr d*Oudon : ayant esté accusez des susdits crimes , le roj Françins il commandement an duc d'Estampes d'aller mettre le siège denantla tour et chasteau d'Oudon , ce qui fut exécuté , et j forent rendus aux prisons du fioulTay à JN'antes , et depuis condamnes à par Monsieur Guillaume THuillier , commissaire du rojr , pour fain le procez aux faux monnoyeurs qui se trouueroient en Bretagne» et leurs biens confisquez au roy , qui vendit la terre d^Onden à Messire Raoul de lueh, seigneur de Molac et de Pratanronz« la somme de 8000 escus. »

Deux ans plus tard, le roi, pressé d'argent, et désireux de nager le peuple, s'adressa au clergé du diocèse. Le pape, de cdté, lui faisait pareille demande ; mais nos prêtres s'en tirèrentcn gens habiles : ils répondirent au roi que le Saint*Père s^opposait à

ce qii*il préle?ât sur eux aucun impôt ; quant au pape , ils protestèrent contre son injonction , et en appelèrent de son ordre au Saint- Père , mieux informé.

En 1530 , on célébrait encore dans la cathédrale la fête des Innocents. Le chapitre fit môme des fonds pour cette ridicule et sotte cérémonie , dans laquelle les chanoines et les enfants de chœur changeaient réciproquement de place et de fonctions. L'année suivante , François L^^^ emprunta de notre ville 2500 écus d'or au soleil , pour ndieter ses fils qu'il avait laissés en Espagne, comme otages. L'histoire ne dit pas qu'il les ait rendus. Il nomma, en 1532, à l'évèché de Nantes , sans élection du chapitre. C'était une violation des libertés du temps; mais , après avoir forcé les bourses, il était naturel qu'il fit bon marché d'un droit d'aussi peu de valeur à ses yeux que celui de la participation de quelques prêtres au choix de leur évêquc. Il avait , d^aillenrs, reçu l'autorisation du pape avant d'en agir ainsi. Ce fut la même année , à son passage à Nantes , où on lui fit une réception magnifique , qu'il réunit la Bretagne à la France , par un édit enreglatré , d'abord à Paris , puis ensuite au conseil de la province. Ces deux derniers faits sont trop importants pour ne pas fixer notre attention. La nomination directe au siège de Nantes par ordonnance du roi , c*e8t-à dire la suppression de l'élection du chapitre, qui n'existait plus qne pour la forme , constitue selon nous , le point de départ dans nos contrées de la troisième phase du catholicisme. — La société chrétienne, dans son origine, était une démocratie aussi complète qae possible. Le peuple alors nommait les curés et les évoques. Le gjnode ou concile diocésain , formé des prêtres du diocèse , était supérieur à l'évêquc , comme le concile général l'était aux primats ou patriarches, parmi lesquels celui de Rome n'était d'abord que régal des patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem.

La seconde phase du catholicisme eut lieu , lorsque les papes , s'empannt d^une autorité presque absolue , enlevèrent au peuple le droit d^élection, et se posèrent comme autorité supérieure à toute autre. La troisième , lorsqu'ils commencèrent à faire des concessions à l'autorité temporelle, lorsqu'ils furent obligés à leur tour de fléchir devant César. La Bretagne, placée en dehors du grand mouvement politique, reçut promptement les doctrines chrétiennes , mais resta toujours en arrière du reste de TEurope; aussi posséda- t-elle plus long-temps ses libertés religieuses que toute autre contrée. Les protestations de

Tévéque de Bol et le droit électoral , si long-temps conterré ptr k» paroissiens, puis ensuite par les chapitres, malgré les empiétements du pape , en sont la meilleure pren ve.

La réunioi! de la Bretagne à la France fut très-hahilemenl par François L'^; Forgueil breton, redoutable encore malgré tudes acquises et une paix de vieille date avec la FVanoe 9 permis au roi de s'emparer du pays sans tirer Tépée , t^il n'y convié en quelque sorte par la majorité des états. TraTailiar ki députés des différents ordres , pousser les pins complaîsaiits à citer eux-mêmes une réunion déûnitive des denz pays et sa adresser une requête à ce sujet, telle fut la conduite dn roi. il y eut quelques opposants parmi lesquels Bosech et Jeam MHêU et IVautes. Il était bon d*appuyer cette importante négociatioB éa a personne ; aussi François L«r vint-il en Bretagne pendant que lesétali étaient réunis. La reine Eléonore, sa seconde femme , fit alonl IVantes une entrée magniûque. Cette princesse était sons ma dais fae portaient quatre bourgeois superbement habillés; trois UtMpes et jeunes gens la précédaient , Tune ayant sa livrée , Tantre la liTiéa A Dauphin ; la troisième, la livrée de la ville ; des théâtres étaleat dans cinq endroits sur le passage de la reine; on j jooa di ou mystères de la composition de Dnbochet, procarear da nil Poitiers. Cette entrée coûta cher aux bons bourgeois de Naalea; étaient habitués, disent nos chroniques, de payer sonvent et beai ils payèrent donc d'abord pour deux galiotes à chambres envoyées au-devant de la reiue , puis pour trois haqaenées en Basse-Bretagne, puis pour deux lemers dn même paya, encore pour deux bassins d'argent, dont Tun portait nue puis enfin pour les frais de réception.

Nantes était une ville trop importante par son commerce et n grande influence sur le reste de la Bretagne , pour que le rai bIséI pas pour elle de grands égards ; il revint dans ses murs en 1518. Gs fut à cette époque qu'il enleva au clergé , et notamment à révêfMt au chapitre 9 aux chanoines et bénéficiers titulaires , Tadministnlin des hospices pour cause de concussion. Des bourgeois , au choix et son conseil, furent appelés à remplacer Tancienne administralisB. L'hôpital de Toussaint , qui avait nourri plus de 1600 panviea dmi Tannée , fut seul excepté , et resta sous la direction de la coabérie qui Tadministrait.

Beaucoup des gens da roi avaient contracté dans les guerres dltalie ene maladie alors inconnue et nommée mal de Naples, dn nom de Il Tille où elle avait sévi avec le plus de violence lors de son débnt ; 9féÊMÏt la syphilis , que les uns attribuent sans preuves aux relations dea européens avec TAmérique, et que d'autres regardent comme ane dégénérescence de la lèpre et des nombreuses affections cutanées qoi ai long-temps ont tourmenté nos pères pendant et depuis les cri^sadea. Le passage à Nantes de François I.«' et de sa suite , entntna la communication de ce mal qui se manifestait alors avec des afnpUHnes très-efirayants et fort rares aujourd'hui. Les magistrats, ^OOTantés par les aspects hideux de ses diverses formes , le traitèrent comme les épidémies ; une maison fut louée par eux pour j déposer les vénériens ; elle se nommait ou fut nommée TAsnerie, mais cette mesure était impuissante. Les maladies contagieuses et la sjrphilis continuèrent leurs ravages : aussi les magistrats, en vinrent'ils à décréter, comme nous Tavons dit , la peine de mort contre tout malade qui se promènerait en public. Une seconde ofdomiance , plus sage , et qui eut dû ne jamais tomber en désuétude, défendit aux bouchers de tuer leur bétail avant qu'il eût été visité par des commissaires. La sollicitude des administrateurs de la ville était peut-être alors peu éclairée , mais elle veillait attentivement au bien-être et aux intérêts des habitants.

Llilver ayant été rude , la misère était grande , les gens d'armes postés dans les faubourgs pillaient souvent dans la ville ; aussi Feutrée des murs leur fut-elle interdite , des archers furent même préposés exprès pour y veiller.

Les Quinze-Vingts de Paris avaient obtenu permission de quêter à Nantes , à la condition d'employer le produit de leur quête en achat de marchandises utiles k leur maison. Les quêteurs se préparaient à partir avec leur argent, sans remplir leur engagement, lorsque les magistrats les firent arrêter. Leurs deniers , c'était de toute justice , ftirent saisis et confisqués.

L^année 1534, dans laquelle ces événements se passèrent, nous rappelle aussi que la recette de Nantes s'élevait à cinq mille cinq cents livres > d'après l'estimation qui en fut faite alors, et que le projet de deiaécher le lac de Grand-Lieu fut vivement agité ; malheureusement, les tentatives faites dans ce but, les années suivantes, ne produisirent aucun résultat.

218 XVI.« SIÈGLB.

Le conseil et la chancellerie de Bretagne, d'après on ëdil de ISU, devaient siéger six mois h Rennes , six moit à Nantes. Ces dëf laee incnts leur déplaisaient , aussi restèrent-ils il Bennes. La viOe s'en plaignit, et obtint gain de caase; poor adoncir les pli du conseil, elle arrêta qu*elle ferait présent an premier et an président de deux pipes de vin d* Anjou, et de quatre poinçons de fia d'Orléans. — Le roi, qui tenait beaucoup à former des augmenta la même année (1535) , les droits du toi dn ordonnance nous montre qu'il accordait le même pririlége à aurait abattu le Papegault d'un coup d'arquebuse : cette -aiBaf fri pesait alors plus de trente livres , était très-rare à Nantes. IatBi en avait fait fondre douze en 1533, et la milice bonrgeoiaevfBfBi portait que la pique et Fépée^ répugnait à s'en serrir,

ÉVÉNEMENTS SUBVENUS DE 1534 A 1560.

Jusqu'en 1560, époque k laquelle notre ville reçut nne tion municipale tout à fait complète, nous ne troaverons signaler que des faits individuels , sans liaison les uns arec les et ne présentant, dans leur ensemble, aucune signification; enregistrerons donc simplement par ordre de date:

Le roi avait exigé, en 1535, la moitié dn revenndn daqi;l taxa la ville de ^'antes, en 1537, à 4,000 livres, et loi demanda »• outre, 8,000 livres de don gratuit; mais il ne reçut que 4,500 lifns, dont il voulut bien se contenter. Le service du guet, noni presque dire de la garde nationale , n'avait plus lien alors; sous par mois ( aujourd'hui 5 francs environ ) , chacun pouvait s^ exempter: c'était un abus, et le roi le réforma en exigeant le aattise personnel ; il enjoignit aussi à la ville de recevoir rnnTnnaMoaaant h reine de IVavarre ; en conséquence , les bourgeois firent éq/Êifm I Darbin deux gabares pour aller prendre cette princesse à la Gacheriii chez le vicomte de Rohan , son beau-frère. Son entrée eut lien par h porte de Saint-Pierre, oti elle refusa le dais d'usage. ITIôiri de Briord, alors l'un des plus beaux de Nantes, fut celai auquel an h conduisit. Après un court séjour , occupé à visiter la FoaM et hs navires , la reine repartit sur une galère^ qoi la transporta jeafs! Ingrande.

En 1538, le roi donna ordre à la ville, déjà obérée par

XYI.0 SIÈCLE. 219

qu'elle faisait pour nourrir les paa?res pendant une disette extrême, de lui donner 4,800 livres pour payer des troupes. Il y avait impossibilité manifeste d*acquîtter un pareil impôt , aussi un député lui fut-il envoyé pour lui exposer la misère de Nantes. Le roi venait de partir pour Nice ; mais heureusement le gouverneur de Bretagne prit sur lui de remplacer cet impôt par 3,000 livres de salpêtre , qui lui furent fiHiniies.

Des travaux considérables avaient mis la grande salle des Corde- Jiers et Thôtel Honfort^ alors hôtel de la Suze, en état de recevoir le conseil de Bretagne et son président; cependant ils restaient à Bennes, et la ville fut forcée de les signifier d*obéir aux ordres du roi.

Lt suppression de leurs privilèges pour les clercs mariés, et la suppression des excommunications pour dettes, nous rappellent les états qui se tinrent à IN'antes en 1539, année dans laquelle fut fait un plan de la ville dans le but de Tenclore complètement et de fortifier les ponts. Qfathieu de Gouy, qui fit ce plan , reçut dix écus sols, ou 450 sons. Michel Dinois en eut 40 pour avoir écrit sur ce plan les noms des lieux.

En 1541 , la fréquence des épidémies fit songer à consacrer un hoqiice spécial aux pestiférés , car c'est ainsi que Ton appelait alors tous les malades atteints d'affections contagieuses ou prétendues telles , qu'ils eussent la peste , le choléra , le typhus ou toute autre affection grave. Cet hospice fut bâti par souscription et placé près de S.'Mïatherine. La Chambre des Comptes donna 26 écus sous ; la coufirérie de la Véronique 75 livres ; celle de Saint-Jean-de-PHopital 35 livres; celle de la Passion 25 livres; celle de Sainte-Catherine 10 livres, et l'évoque 16 pieds d'arbres. Des aumônes abondantes fournirent le surplus. La même année , Louis d'Acigné fit une magnifique entrée dans notre ville.

Un édit de juillet 1544 établit à Nantes une maîtrise des eaux et foiéts ressorlissante par appel à la grande maUtrUe de Fannei et de ce Éfiimktt au parlement. Les avantages accordés an roi du Papeganlt avaient conduit un grand nombre de prêtres k s'enrôler parmi les chevaliers de l'arbalète; une ordonnance de l'année précédente avait réprimé ce scandale : elle fut confirmée par le dauphin , qui ne retrancha rien aux immunités dont jouissait le roi du tir.

En 1545, la ville acheta pour 2,227 livres (environ 44,540 fr.) de grains et de ftves pour soulager la misère des pauvres. L^année

220 XVI.« SlfeGLE.

suivante, le roi fit abaisser la chanssée de Barbin, qui fÉl îk son ancienne élévation. Deux ans plus tard, le clergé Tadministration des hospices par François !.•% parriat k j mais pour un tiers des membres seulement, La même Douo accorda à Thôpital 50 livres de rentes, à oondîUon d*7 pour leurs couches les femmes et les filles néceasiteases.

Marie Stuart, alors âgée de sii à sept ans, devait passer à Le gouverneur de Bretagne écrivit ^ son sujet au sénéchal de la lettre suivante, dont le contenu fut ponctuellement exécalé:

« M. le sénéchal^ je croy que vous avez de cesle henrey » la venue de la petite royne d'Ecosse , en France , qui doit » drc à Brest , et à ce que m'a mandé le roy , elle passera par n et tout le grand chemin du dict Brest, oii le dict '> qu'elle soit honorablement rcceue avec entrée et poisle par les » oii elle passera et petits présents et fruicts, vins et aoltres aoafi » tés , de quoy je vous ai bien voulu de bonne henre adTertir» » vous donniez ordre de la faire recevoir en la dicte viliey an » grand honneur qu'il sera possible. Ce que m^attens qne n » si bien conduire avec le grant cuenr qne je connais en ceÉb il » la dicte ville, qu'elle emportera le bruict au-dessus de toalas hi » autres, mais il ne faut oublier de faire dsesser qnelqœa » entreprinses, comme sur la rivière, près le chasteau, oà la » dame logera , et à son arrivée , tant par les mariniers qne » ceste ville , ainsi que trop mieulx saurez adviser « afin de Inl » du plaisir, et qu'on puisse sçavoir à la cour, combien les Kj » voulu préférer tous les aultres , et de ce qn^on advisera de » vous m'en advertirez pour vous en mander mon opinion ; » vous ferez entendre aux gentilshommes de Févesché de la » celle dame, à ce que chacun se délibère de s'y trouver n sou (lebvoir et lui porter honneur, ainsi qu'il plait an loj qnllBoM » fait, comme plus au long, j'ai commandé à ce porteur de vow » de quoy je vi>us prie de croyre , et sur ce je prienty DieUf » sieur le sénéchal , vous donner ce que désires.

» Des Essars , ce XV/ jour d'aoust 1548.

(c Yostre bon ami , JEHAN-ni-BuTAien. »

En 14VJ , la ville fit construire le quai du Port-Maillard ; les rhands d'Orléans, qui sollicitaient cette amélioration, 7 conlribnèreut pour 2000 livres.

La maison de la Porte-Blanche , rue Saint-Gildas , ondes Carmélites, n^appartenait pas encore à la coromnne, et Tacquisition en fot faite. C^est dans cette maison que se tenait TEcole de Droit.

Sa 1551 , sur la nouTelle de Tarrivée du roi à Nantes , la ville en- Toya François Vivien à Tours avec B écus sols ou 360 sous (au plus 360 fr. valeur actuelle) pour y louer 800 corselets destinés à figurer à rentrée du roi. Une assemblée de ville tenue au château, régla non sant grands débats préalables et mûres délibérations la question du cdrémonial. Il y fut décidé que les avocats seraient invités à se réunir MU cortège , en habits décents. On leur laissait le choix du cheval ou de la mule. L'université saisit cette occasion de prendre un costume. On assigna an recteur une chape de satin rouge cramoisi , un chaperon doeldé de taffetas bleu ; les syndics eurent une chape de tabis rouge cramoisi , et les supports des facultés de droit de médecine et des arts (car» alors, Nantes possédait une université complète), devaient porter des chapes de damas rouge avec capuchon doublé de bleu. Ce cérémonial était imposé, à peine de privation de droits, privilèges et émolaments.

En 1552 9 le roi établit un présidial à Nantes. Ce tribunal jugeait en denûer ressort, au-dessous de 200 livres, les causes qui lui étaient liréaentées. Les diverses charges qu'il comportait, s'achetaient à prix d^irgent, ce qui malheureusement imprimait à ses jugements un caractère de vénalité. — La même année , la ville s'occupa défaire réparer les ponts.

En 1553 , la ville et le clergé furent imposés extraordinairement par te roi.

L*année suivante , Jean Cornichon établit un bureau de postes an nom et avec privilège du roi. Il prenait les lettres, dit Travers, ponr Paria et la route. Jusqu'alors les habitants n'avaient pu correspondre avec les autres villes que par occasion ou par messagers exprès ; ainsi rinsUtntion des postes existait en France depnis près d'un siècle , lorsque notre ville fut appelée à en jouir.

Trois édits du roi, de 1555, concernent notre ville ; le premier érigea en parlement la chambre des grands jours ou conseil de Bretagne ; le second établit un siège d'amirauté à Nantes ; le troisième érigea en grande maîtrise des eaux et forêts celle qui existait auparavant. La même année , les États se tinrent à Nantes , et la ville leur fit des cadeaux de vin. L'on creusait, à cette époque , le puits de la place Saint-

2*22 XVI.« SIÈGLB.

Pierre , à raison de quatre li^ res le pied. Le Pilori iferiiUit ptai sur la place de ce nom ; il avait été transféré sur celle dn

L'institution des droits de francs-fiefs et de noareanz; facilité aux bourgeois les moyens d'arrirer^ U propriété autrefois exclusivement réservée aux nobles. Lespremien en une taxe que le roturier payait ^ époqae fixe à ton pour jouir des terres nobles ; ceux de nouveaux acquêts n\ des droits de mutation semblables à ceux que noos payons mais proportionnellement plus élevés. Le rtrf » par luw rendue à Blois le 16 janvier (v. style) , fit rentrer les bofgpsli fli manants dans le droit commun, et facilita slngnlièreiHent le pement de la classe moyenne au détriment de Taristocntie éb sauce, contre laquelle nous la verrons lutter victorieiiseweat €■ W f 93 et 1830. Une autre ordonnance dn roi imposa dix dexûenpar ^ tous ceux qui seraient exemptés du service du guet. Ifoos ^sous silence les contestations entre le comte de Sansai et b Provot do Nantes , que le comte , lieutenant commandant de h ^Ba fli du château et grand faiseur d'exactions de tonte espèce, fit les rues comme un criminel ; mais remarquons quMI pot punément contre lui Tindignation publique» enfbnlant an pieda les règles de la justice ; ses prétentions allaient jnsqa*à dénier h pétence des tribunaux pour les vols, les assasslnata et les crimes commis par ses soldats. Le parlement, fatigaé de ses pouvoir, informa et se plaignit au roi, lui signalant tout d'une semblable conduite ; le comte était puissant à la conr, et rin ne prouve qu'on Tait même réprimandé.

A ces plaintes , s'en joignirent d'autres : le comte imposaK aiUbairement les navires du commerce > et se procurait ainsi dt considérables au détriment des négociants qn*il faisait sans forme de procès , lorsqu'ils ne lui accordaient pas les qu'il demandait ; sous ce régime de bon plaisir administratif, fl s'y avait ni sûreté personnelle , ni propriété garantie , ni justice Les malheureux commerçants en donnent la meilleaie leur supplique : — « Il nous tourmente si fort, disaîent-ib an ni, » qu'il n'y a plus marchand qui se veuille retirer an dict Hen ds » IVantes, ni entendre an dict trafic; ne juge an dict pajSBeaa h )> dicte cour qui veuille entreprendre oognaissance de ce (les ji signalés) , pardessus le dict sieur de Sansai , homme dn tont

» pMmenté la Caict de justice. — Àa moyen de qaoy demearent les » dictt suppliants indnement opprimés sans qu'ils en puissent aroir » raison et justice, et si cela continue en bref le dict lieu sera désert , » ensemble le dict trafic discontinuera. » — Les négociants étaient hOM payeurs, comme Ton disait en cour; cette gent éminemment taiUaUe méritait quelques égards , surtout lorsqu'elle parlait sérieuit d*aller habiter ailleurs et de prirer ainsi la France de richesses lesquelles les roîs dimaient fréquemment; leur supplique fut donc écoutée , bien que dressée par vilains contre un puissant aaigMor. Une ordonnance du roi défendit au comte.de Sanzai de se mêler à ravenir, en aucune façon, du contentieux des affaires de ooounerce, tout en jui conserrant le droit d'arrêter les délinquants qoe le prince lui prescririt de traduire devant le parlement.

Une autre supplique fut adressée au roi , dans la même année ; lee commerçants se plaignaient de Fénormité dos impôts sur le sel , ^pd aTaient réduit à dix mille écus dans la yille de Nantes des ventes qui s'élevaient auparavant à 500 mille , et diminué de plus de 50 ■lille écos le revenu du trésor, en réduisant au quart le revenu des propriétaires de marais salants ; leur réclamation afiirmait, qu'nvant Tangmentation de l'impôt , les arrivages de sel dépassaient par année le diiffire de cinq mille , ce qui suppose une production de plus de IfiO ai 200,000 tonneaux.

Nous avons encore à signaler, pour cette même année 1557 , un incendie qui fit de grands ravages dans la rue des Halles ; l'arrivée sor nos côtes de deux frégates espagnoles qui entrèrent en Loire et s'avancèrent audacieusement jusqu'au Pellerin ; le remplacement de llMMipice Saint-Clément par un collège, dont les professeurs, an Bonhre de cinq , y compris leur principal , Pierre Bertin , furent appelés^ Nantes de Paris, qu'ils habitaient auparavant; enfin les premières prédications calvinistes. — François d'Àudelot, frère de l'amiral Golicpiy, avait amené dans notre ville deux prédicateurs, qui exposèrent publiquement au peuple leurs doctrines. Ces missionnaires s'occupaient de la conversion du Croisic, lorsque l'évoque y arriva. Le prélat, après une procession , fit assaillir la maison où s'étaient retiréa les protestants et leurs prosélytes ; mais les choses n'allant pas aases vite , il crut devoir employer une coulevrine pour les débusquer de leur position , reniant ainsi , par des actes d'odieuse intolérance, les préceptes d'une religion qui ne doit prêcher qu'amour

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et fraternité snr h terre. Les awiégës , apiès ma

tance , profitèrent de la noit poor se sanrer an chHeaa éb

En 1558, la commnnaaté des boorgeoîs prdta an roi Ax salpêtre, et fondit, avecda bronze appartenant an nommés les douze apôtres ; son arsenal était tonjonn Maison-de-Ville , sur la place du Bonffay, où. se tint bienlMle qui précédemment avait Heu sur la place dn Chan^. — Lm de Pirmil et de la Saulsaye (de la Poissonnerie), qni n* (fu*en bois, furent emportés pendant Thirer. L*année lement se plaignit d'être mal logé , roulant se faire bAtir an frais des bourgeois, et le roi leur demanda 3500liTres,^*{it

Quelques détails de mœurs ou de statistique qni la période que nous Tenons de parcourir , présentent éb

Le bourreau , en 1558 , fut autorisé il s*eniparar d qu'il trouverait sans maitre dans les mes.

En 1557, la ville ne comptait que 2300 hommes porter les armes , ce qui suppose une population de bitants au moins, et 46 mille au plus. La même année » f le plan du Marcbix.

En 1556 , le quartier de veau valait de 5 à 8 sons, oelni de 6 sous. — Le synode de la même année défendit mettre leurs petits enfants à coucber avec eux , et voir dans leurs maisons des femmes suspectes ; il prescriTait de favoriser rétablissement d*écoles pour renbnce; tontes étaient convenables et prouvent en faveur de l'organisation tique du clergé,dont les conciles diocésains étaient alois

En 1553 , la ville avait ii ses gages un procnrenr, nn contrôleur des buissiers, un concierge » nn trompette; les paux bourgeois, le gouverneur du cb&tean , le oonnétaiiley le chai, TAlloué, le lieutenant et le prévôt, formaient les délibérations se faisaient de rive voix , sans qn*on les procOs-verbaux.

L*on apprend d'un compte de Saint-Nicolas , de 1545 à ifiéi, fse le grand autel était drapé comme les lits du XYI.« siècle, qni atrfl ciel , vergettes et rideaux; item (disent les comptes de fshriqns)t ^ payé pour les fers qui portent les rideaux 83 livres de iSor , à 9 ssm: item pour 24 aunes de toile de Qnintin » poor foire nn ciel sv k grand aultier, 6 livres 16 sons; item pour 24 aonm de

ledit ciel , 6 liyres 2 sons 6 deniers ; item ponr 8 annes de toile pour JUre le fond dndit ciel, à 4 sons Tanne (celle des rideanx était de 5 M«s9 deniers). De pins anciens comptes, cenx, par exemple, de la Mm do siècle précédent , nons prouvent qne les rideaux étaient qnelj^ttBfois de conleur ; on les retrouve dans ces comptes sous le nom de ACMurtines , et sous celui beancoup plus significatif et plus gracieux d0 Urésdoulx ; on lit dans l*un dculx trèsdoulx de linge l*ung où il y a mm enez perse cl en rouge garny de frange et de fil d'or.

Un acte capitulaire de Saint-INicolas du 31 juillet 1545, fixa le dergé à 12 prêtres ponr le service de cette paroisse, parmi lesquels 2 ■acristes, le curé et son vicaire. Le môme acte fixa aussi leur salaire , d*aiHrè8 lequel un enterrement où le corps était porté par les prêtres •▼ec procession , vigiles des morts à neuf leçons , messe à diacre et tCHU-diacre, ne coûtait que 18 sons 14 deniers; ce qui donnait ^ Aaqne prêtre pour droit de présence un sou 4 deniers. L'honoraire de la messe était de 2 sous 6 deniers , et les trentains de messes chantées se payaient 16 livres. Travers s*étonne , à tort, de la modicité de ces prix , qui nous semblent tout-à-fait en rapport avec le grand nombre des prêtres et la valeur des choses de première nécessité. — Iges prêtres étant nombreux, les messes devaient se payer nn peu moins cher; d'un antre côté, nons devons songer qu'en 1545, avecnne liTre, Ton achetait dix fois plus de blé qu'aujourd'hui avec un franc. Biais c'est qu'alors, dit l'abbé Travers dans une exaltation très-piquante de jansénisme, la vie des prêtres était plus frugale, leur habillement plus modeste ; ils se passaient de tabac , de thé , de café , de calottes de maroqnin , de perruqnes poudrées et de larges oeininres do soie.

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