ÉVÉNEMENTS QUI SE SONT SUCCÉDÉ À NANTES, DEPUIS
jusqu'en 1600.
Deni faits : l'un, le protestantisme, appartenant à la vie générale des nations; l'autre, l'érection à Nantes d'une mairie, vont dominer tout notre récit pendant la période de quarante années que nons allons dérooler ; de telle sorte , qu'à chaque instant, l'on pourra reconnaître , en y prenant garde , l'influence qu'ils ont exercée sur les événements accomplis dans notre cité.
En 1560 , les habitants de Nantes forent autorisés par François II li
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choisir eoi-méraes un maire et des échenns; à cette époqae, tè Tautorilé {gouvernementale était si avare de Gonceasions ««ren h bour(;eoisie , nous la voyons cependant accorder b notre Tille wêê élection directe ; sans doute , dans cette persuasion qne les d'une grande cité sauront mieux choisir lenrs magistrats qw minisires ou des courtisans éloignés de cent lieues, et sollicités en divers par de nombreuses intrigues. L'université, les deax la Chambre des Comptes , le présidial et le goavemear s* à l'ordonnance do François II; elle ne reçut son exécution années plus tard. L'Université , composée de roturiers élevés yv la science, et les chapitres auxquels la religion chrétieniie I robligation d'approuver une institution tonte paternelle , alors .^ leur mission , tant il est vrai que les parvenas sont les plus durs et les moins favorables pour ceux dont ils ont qnMéhi rangs.
Le protestantisme, dont les principaux membres regardaieaC Ri comme une ville qu'il leur importait de posséder , dès lors à remuer fortement les esprits dans l*onest de la Fi La Renaudie, zélé calviniste, profita des embarras occasionaés yv la réunion des Etats dans notre cité pour y donner rendes-T< plus hardis de ses coreligionnaires, et méditer avec eux cette ration d'Amboise , que son indiscrétion fit échouer. — princes du sang avaient accepté avec empressement une les débarrassait de Rome , dont les usurpations temporelles et Itafluence mettaient frétiuemment en question la puissance des gneii, et leur exemple encourageait singulièrement les propagateovs éth révolution religieuse ; aussi , malgré Finsnccës de la 4r4mboise, les calvinisles se montrèrent-ils pleins de xèle à leurs doctrines. L'auberge du Chapeau-Rouge, leMarchix, la Gicfcerii, uu pressoir, situé près de TOcquidi , au-delà des moulins de tels étaient lenrs principaux points de réunion. Le peuple, qni prenait guère la réforme, parce qu'il n'avait pours*éclairer ni les InléiiU qui faisaient agir les grands seigneurs, ni cette richesse indnsirielb qui lui eiU permis d'avoir du loisir et de se livrer au métaphysiques, se porta , dans sa colère , contre les noTatesrs k lieux de réunion , et les livra aux flammes. Le snffiragant de K (lilles-de-Cand, évêque de Rouenne, et l'archidiacre, avaient été les instigateurs de cet incendie. Le sacriste, deux
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et le sons-diacre a^aieDl dirigé le mouvcmeiit populaire; ils fnrent même arrêtés et mis en prison , mais rantorité les en fit sortir avant que leur afTairo eût été instruite. Les calvinistes, à leur tour, outragés dans leur croyance ou blessés dans leurs intérêts, car ces deux mobiles se montrent toujours dans tontes les guerres civiles ou religieDses , entrèrent à INantes au nombre de trois cents , pénétrèrent en plein jour à cheval dans la cathédrale , et chassèrent les fidèles qui auistaient à un sermon ; ils cherchèrent ensuite à excuser leur coudaite en disant que le peuple lear avait jeté des pierres ; mais ce coup était trop hardi pour un parti naissant , auquel il importait de m dire preuve d'audace qu'après avoir organisé ses forces. Le clergé inquiet prêcha aussitôt la croisade contre les réformateurs, et se fit peuple pour mieux résister à ceux qui cherchaient k prendre racine dintnos contrées par une alliance avec Taristocratie de naissance. La farce ne pouvant plus être employée , les calvinistes recoururent à la prédication. Deux libraires, nommés Baratz et Florent -Girard Tinrent, dans ce but, de Genève avec une nombreuse collection de liTies; le grand vicaire en fut instruit et s'en empara, sans que le parlement voulût autoriser leurs propriétaires i en réclamer juridiqnement la restitution.
La oensure serait une fonction bien digne , si elle consistait en une magistrature morale accordée à la vertu éclairée par l'élection directe des citoyens. Si le censeur , ne faisant jamais appel qu'aux faunières , et à la probité des pères de famille , ne remplissait d'autre miation que de lire pour eux, et par suite de les diriger dans le choix des lectures destinées à leurs femmes et à leurs enfants ; mais on Fa considérée jusqu'ici comme un moyen de terreur, et tous les partis xeligienx ou politiques en ont fait l'abus le plus scandaleux. C'est à ce point de vue qu'il faut considérer l'acte du grand vicaire de Nantes , acte habile sans aucun doute , quoique peu moral en soi , la force n'étant ni un droit , ni une preuve.
Le parlement de Bretagne devait se tenir alternativement à Rennes et à Nantes ; nos bourgeois , très-soucieux de leurs intérêts matériels, firent tout leur possible pour obtenir la possession entière de cette institution ; leurs efforts furent inutiles , et ils perdirent tout, en voulant trop gagner. — Une magnifique cérémonie , qui eut lieu à Nantes en 1562, préoccupa vivement la population , et fit ainsi diversion pour quelque temps aux inquiétudes que semaient dans les
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esprits les haines religienses. Phi pe-da-JSeCy
vint baptiser dans nos murs la fille i i goavemeiir SèhMti— ie
bonrg, yicomte de Martigne et de Marie de Beaocaire.
« Go fut le seizième jaillet 1562 ; elle estoit es^ée éb sii
» eut pour parrain très-haot et très-paîssant prince AbIcmm iê
» bon , roy do Nauarre , et poor marreines trte-haottee et
» santés princesses Marie Stuard » reine doilairière de VwwÊm il
» priétaire d'Escosse ; et Margneri de France , fille dn rai limf E
» Les députez de ces princes et princesses forent
» logis de la ville de Nantes superbement ornes , tout
» les princes y eussent esté, comme aossî ceux des
» tampes et de Martigucs. La grande salle do bal estoit
» escus des armes desdits seigneurs : marcfaaot à régiise
» dVn costé de la riie alloient cent des prîncipaoi
» ville , portans chacun vue torche de cire blaoche ail
» Tautro costé cent gentils-hommes , les gens d^armes et
n (ît toute la compagnie de monseigneur d^Estampes , et la
» de monseigneur de Marligues « chacun la torche de cira
» mains. Ils cstoient suiuis d*un chariot rempli de njmphes*
» et musiciens , qui fesoient vue harmonieose mélodie de
» d'instruments : Au haut de ce chariot estoit escrit en
» l'essera militis C htis liant , et de chaque costé trois
V Toscriturc toutes rapportées au sainct baptesme. Apvès
» riot marclioit rUniuersité et la Justice , chaque corps
» costé de rue , suiuis de six trompettes qny precedoient le
» de Dreta^^ne, vestu do sa cotte d^armes semée d'hermines. les
» cicrs de la cérémonie sui noient tous la teste nnC , sçanoir le
» gncur du Gué de Hsle , portant la soruiette ; le seignenr de
n «V^mo//, Teau ; le seigneur A^Kemutvan^ le bassin; le seifpsmiB
» Bazof/esy le crcsmeau; le seigneur de Gouiaines^ le ciefigay it h
seigneur à'Àcentc portoit la fille, ayant pour ajde 9i sadraHili
seigneur de Sevignv^ei h sa gauche le seigneur de 7*traar or Im^fll
derrière marchoit le soigneur de Chatleau-IYeuf, qni pertaU h
queue d'vn riche drap dor, greslé de pierreries, dont
estoit couuerte ; les députez des princes et princesses
et grand nombre de dames et damoiselles; toutes les mis pvsl
passa cetto compagnie estoient tendues de tapisseries , et dapmi
» le logis du seigneur d'Estampes iusques en l^glise Sainct*PlBRe* hi
estoient bordées des quatre compagnies de gens de pied es-
». tnngers , et sept compagnies des gens de pied de la garde ordi-
• -f juire de la Tille ; TEglise deSainct-Pierre estoit richement tapissée, ^ ^ •€ an milieu de la nef fut dressé vn pauillon de riche estoffe , sous ' m liqoel la fille fut baptisée par ce prélat, et nommée Marie. Les
* iV.flOMes cloches ayant donné le signal de Taccomplissement de la ' li^ «oremonie , le seigneur de Sanzay , gouuerneur et capitaine des ' » Tilh et chasteau de Nantes , fit lascher toute Tartillerie , tant du
.m château que de la yille, et le sermon fait par le Théologal de Nantes, m la compagnie s'en retourna au logis du seigneur de Martigues en » nesme ordre. » (Albert-de-Morlaix.)
Par son édit de janvier, Catherine de Médicis permit aux Calvinistes Texerdce public de leur culte et la prédication , excepté dans les rilles cknetet leur banlieue. Les Protestants se hâtèrent d'en profiter; mais :las Nantais s'opposèrent à l'exécution de cette loi, qu'ils regardaient comme dangereuse pour la sûreté de leur yille, quoique leurs adversaires fassent désarmés. Dans la crainte d'une surprise de la part des Bérétiques, la ville prit un arrêté pour contraindre tous les habitants, les prêtres et les magistrats, à monter la garde ; il fut défendu , ]^me de mort, de quitter les postes. Des prêts furent faits par le dergé; une contribution fut imposée sur chaque clocher; l'argenterie des églises exposées au pillage , fut apportée en ville ; la commuaaaté des bourgeois fit un emprunt de six mille livres pour payer une oonpagDÎe de cent cavaliers et deux compagnies de fantassins; de Cortei barrières furent placées dans les faubourgs ; les habitants et les aubergistes reçurent ordre de s'approvisionner de vivres ; tous les Calvinistes, et tous ceux que l'on supposait bien disposés en leur Civeary furent chassés avec menace d'être pendus, s'ils rentraient à Nantes; les bateliers reçurent l'ordre de s'arrêter il Richebourg et à la Fosse. De son côté, le clergé surveillait la circulation des livres, et t*qpposait à l'introduction d'ouvrages contraires au catholicisme, excitant ses nombreux partisans au courage par des prédications , des prières, et des processions. — Des mesures aussi sévères, des précautions aussi grandes eussent fait quelque impression sur les Calviaistes, sMls n'avaient eu des partisans dans les classes riches, et la oonnaissance exacte des forces de leurs adversaires. Leurs prêches continnèrent donc, même dans l'intérieur de la ville. Le 23 novembre ils s*ass imblèrent publiquement chez un pharmacien, nommé Pineau ;
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les hommes les plas éclairés de Nantes , an président , m wêuêk d deux auditeurs de la Cour des complet faisaient partie de eelle léenioD. Le sénéchal youlut la dissoudre , mais ceux qui la fonaaieM sj refusèrent; le ministre qui faisait le prêche, résista et piichi k sénéchal lui-même, lui reprochant de 8*opposer ^ la prédicattadeli parole de Dieu. Cependant, au dehors, le peuple» déToaé an dsme, et indigné que Ton eût tant d*égards pour des mécréaalB, qu ils appartenaient à l'aristocratie , faisait entendre des il fut contenu par ceux-là mêmes qni eussent fait pendre les bres de la réunion , s'ils n'avaient appartenu par leor nai leur savoir à la partie influente de la société, tant il est Trai dans les affaires politiques, les hommes appellent sonrent crbM les petits ce qu'ils blâment à peine chez les grands.
La partie était trop vivement engagée entre les Galyinislss si hi Catholiques pour se terminer ainsi. Bientôt les Protestants piujettical eu eUet de former une seconde rénnion publique, et de s^eoipanr ài Tune des églises du catholicisme. Trois cents yagabonds, sans doute par eux , entrèrent , la veille de cette assemblée , murs. Les autorités se trouvèrent alors dans le plus grand n'osant sévir contre des gens de distinction» qni formaient la Uteda parti adverse, et n'osant refuser au peuple une satisfactioB qw hi lois commandaient : elles prirent donc des biais et firent de levr pour éviter une collision. Les étrangers, à la solde des furent renvoyés, et la ville fut mise en bon étatde défense. les Calvinistes, enhardis par la faiblesse de leurs adTersaires, i blaicnt de toutes parts à Guerande, au Croisic, k Blain, k la fiemard, ù Chateaubriand, à Montaign, à Beauvoir, k Ponk^à rheconl. Les nobles les plus influents du pays protégeaient les cations et les rassemblements armés ; notre ville, entoaiée d*ai d'ennemis, se trouvait ainsi dans le plus grand danger, 1 bataille de Dreux, si funeste aux Hérétiques , vint lui permettre it respirer. Les Calvinistes établirent, il est vrai, dens n elles: l'un à Barbin, Tautre au Marchix; mais M. de MartigHS, homme politique, les fit fermer sans bruit.
4lbert-de-Morlaix , prétend le contraire. « L'an 1563,dit-41 son ouvrage , les Huguenots , sons l'assurance de Tédict de jaurier lequel l'exercice libre de leur fausse religion leur estoit toléré , rent bien s'assembler et tenir leur sabath et sacrilèges
qu'ils appellent le presche, au faubourg de Nantes, nommé le Marcheh 9 et en yu pressoir vn peu au delà des moulins de Barbin , et 5 la Gascherie , de quoy Monsieur do Martigues ayant esté adverti, il les en clussa et brAla leur grange. 9 Cette version, tout à fait dans Tcsprit d^Albert-^e-Morlaix , nous parait fausse ; cet écrivain doit être cru entièrement, lorsqu'il raconte les préjugés, les croyances populaires et les traditions de la Bretagne , ou lorsqu'il exprime les passions de son époque , mais il dénature souvent les faits , soit par inintelligence , soit par passion politique.
Von aurait tort de croire que , pendant ces guerres religieuses , noire ville n'ait été préoccupée que du calvinisme: des faits nombreux proBvent au contraire qu'à cette époque d'exaltation , comme dans tontes celles qui lui correspondent , la vie sociale se développa largement sous toutes ses faces au sein de notre cité.
En 1562, le bureau de ville arrête, sur les conclusions du procureur des bourgeois, et sans s'inquiéter en aucune façon de l'approbation épiscopale , que les curés devront résider et prêcher sous peine de saisie de leurs bénéfices. La même année , les paroissiens de Saint- Nicolas, se faisant justice , chassèrent leur curé et le remplacè^rent par un ancien vicaire, sans que le clergé , qui avait alors besoin de 8*a]^nyer sur le peuple, fît aucune réclamation contre ce retour à l^andenne démocratie catholique. En 1564^ les bourgeois, toujours préoccupés de leurs intérêts matériels , obtinrent du roi , qui était alofs dans la nécessité de les ménager, des lettres-patentes pour inorganisation de leur mairie contre laquelle protestaient beaucoup dUntéréts opposés ou rivaux. — La première assemblée des élections monicipales eut lieu aux Cordeliers, le 28 novembre 1562, sous la présidence de Michel Defforts, conseiller au parlement. GeofTroy Drouel, sieur de l'Angle, fut élu maire ; Yves Rocas de la Chalonnière fot nommé sous-maire; Jean Le Loup du Breil fut nommé sous. maire. Les échevins furent Robert Pillays de Lessongère ; Jean Picaut de ta Mossetière ; Antoine de Mirande ; Michel Loriot ; Etienne de la Berthelotière ; François Salmon ; René-Martin de la Thomazière ; Antoine Gravoil de Saint-Michel. — Guillaume Gato, procureur des iKiorgeois et syndic de la ville, fut remplacé par Julien Daulfy; GaillaameLe Bret fut nommé greffier.
Ces élections furent publiées à son de trompe le 30 novembre; i| fèt réglé que la réélection des échevins se ferait tous les ans , et
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celle do Maire , tons les trois ans. — Le 4 déeeinkfv do h annéft, la mairie fit connaître les attributions qae lai eoaHrait IWdonnance du roi ; elle était chargée de la police : « Aveoqoe toat êtéd » de justice et juridiction d*icelle , et ce <ini en despend ; éb paià^ » mesures, fours, moulins; et des abns qnî s'y oominettflBtt # • » tous mestiers ; et de la pnniche et correction d'ïceax» par » prinson, si mestier est; et si elle échet pins prendre, te » les juges royaux à qui la cognaissance en dépendra; el peVMf » leur est permis de s'assembler lors et en lienli que boB lev ■» » blera ; et pourront commeslre et instituer les oflteiera de hÊtà » ville, iceux priver et destituer, ainsi qu'ils le TentMit,el tlya » appel, ressortira immédiatement en la court do parleiiieBt;leMI » par manière de provision jusques antrement en soit oïdfwé, wmt » coiii mandement faict à tous les snbjets dudit seîgnenr (roi) j » sur peine d'Ôlrc pugnis comme infractenrs de ses édits el » nances, d*amcnde arbitraire. Faict à ISanteSyCtc. Michel » seigueur duBreil. »
Les bourgeois obtinrent encore dn roi, la même année, d'un Consulat , ou Tribunal de Commerce ; anx premières Mathieu Vivien , Guillaume Poulain eè Charles Chrétien fuient mes par les trois ordres réunis. — La yille se tronyait aloit obérée ; l'ensemble de sa dette s^élevait k S4,700 liTres 14 deniers ; le pavage du Port-Maillard , exécuté Tannée préoédenlSb ^ la construction en pierres dn pont de Pirmil^n'ayaient que fort contribué à l'augmentation de cette dette, dont la guerre était la source.
£n 15(>5, la mairie entra en exercice. L'une de ses premières nances défendit aux charretiers d'aller boire au cabaret et d^ aux cartes ou aux dés: ce dont ceux-ci ne doTsient pas être satisfaits. La même ordonnance fixait ainsi la dimension des longueur quatre pieds, diamètre au fond deux pieds, diamèlieai centre deux pieds et demi ; elle taxait aussi le suif à deux sous rii deniers, et la chandelle à deux sous dix deniers la liTre.
Cette année Ton s'occupa du pont de Pirmil , dont les restes arshil été entraînés par les eaux l'année précédente; et Ton fit anooudeéa Marligues et au roi deux réceptions très-brillantes : les rases en nr* meil, uUerts au comte de Martigues, coûtèrent il la Tille 514 tirrasS sous 8 deniers ; M."*« de Martigues reçut, en même temps, desdiagéis
Xyi.o SIÈCLE. 233
et denx livres de soie d'Espagne. Quant an roi , la rille avait envoyé aa-devantde lai ane galère magnifique, que le prince donna sans façon à Ton de ses courtisans , bien qu'elle ne lui eût pas été offerte par les habitants. Charles, avant son entrée solennelle, alla diner maison des Tourelles , chez un riche négociant , nommé Rhuys , ob il reçut les salatations et sans doute aussi les compliments classiques de TUniversite en grand costume. A sou entrée, le Maire lui offrit les clefs, et an dais de velours bleu doublé de toile d'or et d'argent, semé de fleurs de Ijs et d'écussons aux armes de France. Ce présent, bien inutile , mais consacré par les mœurs , coûtait à la ville 94 écus au soleil. La Reine arriva bientôt après , et les dépenses recommencèrent. La rille fit sabler toutes les rues qu'elle devait parcourir; quatorze haqaenées de Bretagne, et plusieurs tonneaux d'excellent vin, furent offerts à leurs majestés. Le Roi permit à la ville de s'imposer pour payer les frais de son entrée et de celle du seigneur de Martignes , qui s'élevaient modestement à la somme de 10,497 livres , non compris 200 livres qu'elle donna pour dédommagement à M. de Sanzay, afin de rentrer en possession de sa galère et des meubles d'emprunt qui se trouvaient dessus. Cependant , malgré ces dépenses, l'on s'occupa d'établir une fontaine publique; malhemrensement , le projet du fontainier n'était pas bien conçu , et l'on dat Tabandonner après une tentative inutile et dispendieuse. L'aquedac de cette fontaine a été retrouvé, en 1829, sur la place Saint- SimiUen.
En 1566, nous voyons s'affermir l'autorité municipale. Le Roi confirma la mairie dans ses droits, malgré de nombreuses réclamations, et lai permit d'acheter une maison pour servir d'Hdtel - de -Ville ; la même année, M. de Martigues fit défendre aux Calvinistes de tenir d'antres écoles publiques que celles autorisées par lesédits, de réciter publiquement des Psaumes et d'augmenter l'éclat de leurs cérémonies.
Philippe-du-Bec succéda aussi en 1666 à l'évoque Antoine-du- Grequi. L'entrée du nouveau prélat se fit avec pompe, mais sans luxe; aussi vint-il à pied jusqu'à la cathédrale. Mais ce qu'il y ent de plus remarquable dans son installation , ce fut son discours sur les devoirs des pasteurs , dans lequel cet évéque , qui avait fait partie du Concile de Trente , donna de l'église une définition toute autre , comme le fait observer Travers , que celle qui est acceptée et usitée aujourd'hui , reconnaissant que les prêtres doivent participer à son
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et fraternité sur la terre. Les assiégés , aprfes une ▼igoureme tance , profitèrent de la nnit poar se sauver an château de Carheîl.
En 1558, la communauté des bourgeois prêta an roi dix nilHert de sal]>étrc, et fondit, avec du bronze appartenant an châteaa» 19 nommés les douze apôtres ; son arsenal était toujours dans V iVlaison-de-Y illo , sur la place du BoulTay, ob se tint bientôt le qui précédemment avait lieu sur la place du Change. — Les ponli do Pirmil et de la Saulsaye (do la Poissonnerie), qni n^étaient eacoR qu'en bois, furent emportés pendant Thiver. L'année sairante, le parlement se plaignit d'être mal logé , voulant se faire bitir an palais an frais des bourgeois, et le roi leur demanda 3500liTres,qaMl8 soMènaL
Quelques détails de mœurs ou de statistique qni se rapporleat ï la période que nous venons de parcourir , présentent de l'tatML
Le bourreau, en 1558, fut autorisée s'emparer despoucesai qu'il trouverait sans maître dans les rues.
En 1557, la ville ne comptait que 2300 hommes capaUes et porter les armes , ce qui suppose une population de 23 mille habitants au moins, et 46 mille au plus. La même année, fat liaoé le plan du Marchix.
En 1556, le quartier de veau valait de 5 il 8 sons, ceioi de mngtos 6 sous. — Le synode de la même année défendit anx paieala it mettre leurs petits enfants il coucher avec eux, et anx prêtras d'avoir dans leurs maisons des femmes suspectes ; il preserÎTaît a de favoriser rétablissement d'écoles pour l'enfance; tontes étaient convenables et prouvent en faveur de l'organisation d tique du clergé,dont les conciles diocésains étaient alors le derBÎer
En 1553 , la ville avait k ses gages un procnreor, un contrôleur des huissiers, un concierge , on trompette; les paux bourgeois , le gouverneur du ch&teau , le connétable « le chai, TAlloué, le lieutenant et le prévôt, formaient ses les délibérations se faisaient de vive voix , sans qa*oa en les procès-verbaux.
L'on apprend d'un compte de Saint-IS'Icolas » de 1545 à 1546, le grand autel était drapé comme les lits du XVL* siècle , qall avait ciel , vergettes et rideaux; item (disent les comptes de fabriqoe), aal payé pour les fers qui portent les rideaux 83 livres de fer , à 3 sav: item pour 24 aunes de toile de Qnintin , pour faire an ciel aar k grand aultier, 6 livres 16 sons; item pour 24 aunes de firangea
ledit ciel , 6 liyres 2 sons 6 deniers; item pour 8 annes de toile ponr faire le fond dadit ciel , à 4 sous Tanne (celle des rideaux était de 5 tons 9 deniers). De plus anciens comptes, ceux, par exemple, de la fin do siècle précédent , nous prouvent que les rideaux étaient quelquefois de couleur ; on les retrouve dans ces comptes sous le nom de conrlines , et sous celui beaucoup plus significatif et plus gracieux de késdoulx; on lit dans l'un deulx trésdonlx de linge fung où il y a um eroei perse et en rouge garny de frange et de fil d*or.
Un acte capitulaire de Saint-INicolas du 31 juillet 1545 , fixa le dergé à 12 prêtres pour le service do cette paroisse , parmi lesquels 2 aacrittes, le curé et son vicaire. Le môme acte fixa aussi leur salaire , d*a]Hrè8 lequel un enterrement où le corps était porté par les prêtres aTec procession , vigiles des morts à neuf leçons , messe à diacre et aons-diacre , ne coûtait que 18 sous 14 deniers; ce qui donnait ^ chaque prêtre pour droit de présence un sou 4 deniers. L*honoraire de la messe était de 2 sous 6 deniers, et les trentains de messes diantées se payaient 16 livres. Travers s'étonne > à tort, de la modicité de ces prix , qui nous semblent tout-à-fait en rapport avec le grand nombre des prêtres et la valeur des choses de première nécessité. — Les prêtres étant nombreux , les messes devaient se payer nn peu moins cher ; d'un autre cêté, nous devons songer qu'en 1545, avec une livre 9 Ton achetait dix fois plus de blé qu'aujourd'hui avec un franc. Mais c*est qu'alors, dit l'abbé Travers dans une exaltation très-piqoante de jansénisme, la vie des prêtres était plus frugale, leur habillement plus modeste ; ils se passaient de tabac , de thé , de café , de calottes de maroquin , de perruques poudrées et de larges oeintures de soie.
événements qui se sont succédé à nantes, depuis 1560
jusqu'en 1600.
Deix faits : l'un, le protestantisme, appartenant il la vie générale des natioDs; l'autre, l'érection à Nantes d'une mairie, vont dominer tout notre récit pendant la période de quarante années que nous allons dérouler; de telle sorte , qu'à chaque instant, l'on pourra reconnaître , en j prenant garde , l'influence qu'ils ont exercée sur les événements accomplis dans notre cité.
En 1560 , les habitants de Nantes furent autorisés par François II li
226 XVI.« SIÈGLB.
choisir eux-mêmes un maire et des écheTÎns; k cette époqw, oè raatorilë gouvernementale était si avare de conceaeion* ettfcn h bourgeoisie, nous la voyons cependant accorder & notre Tille se élection direcle; sans doute, dans cette persuasion qne lei haUlaib d'une grande cité sauront mieux choisir leors magistrats qae àm minisires ou des courtisans éloignés de cent iienes, et sollicités em mi divers par de nombreuses intrigues. L'université, les deav chapUws, la Chambre des Comptes , le présidial et le goavemeur s% 21 Tordonnance de François II; elle ne reçut son exécation «{«e années ]dus tard. L'Université , composée de rotoriers ëlerèi p« la science, et les chapitres auxquels la religion chrétienne il Tobligation d'approuver une inslitution tonte paternelle , m\ alors à leur mission , tant il est vrai que les parvenus iont les plus durs et les moins favorables pour ceux dont ils ont qaitléhs rangs.
Le protestantisme, dont les principaux membres regardaient Rutai comme une ville qu'il leur importait de posséder , dès lors ik remuer fortement les esprits dans Toaest de la Fi La Kenaudie, zélé calviniste, profita des embarras occasionnés p« la réunion des Etats dans notre cité pour y donner rendes-Tons an plus hardis de ses coreligionnaires, et méditer avec eux cette conjnration d*Amboise , que son indiscrétion fit échouer. — Plnsiem princes du sang avaient accepté avec empressement une réforae ^ les débarrassait de Rome , dont les usurpations teroporellea et ilafluence mettaient fréquemment en question la puissance des granéi, et leur exemple encourageait singulièrement les propagatenrs éeli révolution religieuse ; aussi , malgré l'insuccès de la oonjnraliSB iFAmboise , les calvinistes se montrèrent-ils pleins de lèle II répante leurs doctriues. L'auberge du Chapeau-Houge, leMarchix, laGâcharis, un pressoir, situé près de rOaiuidi , au-delà des moulins de tels étaient leurs principaux points de réunion. Le peuple, qui prenait guère la réforme, parce qu'il n'a va it pour 8*éclairer ni les Méiéb t|ui faisaient agir les grands seigneurs, ni cette richesse indnsirielli qui lui eût permis d'avoir du loisir et de se livrer anx dû métaphysiques , se porta , dans sa colère , contre les noyalenrs k lieux de réunion , et les livra aux flammes. Le snffiragant de Ki Cilles-de-Gand, évéque deRouenne, et l'archidiacre, soi avaient été les instigateurs de cet incendie. Le sacriste, deux
et le sous-diacre avaient dirigé le moayemeiit populaire; ils furent mèflie arrêtés et mis en prison , mais Tautorité les en fit sortir avant que leur affaire eût été instruite. Les calvinistes, à leur tour, outragés dans leur croyance ou blessés dans leurs intérêts, car ces deux mobiles se montrent toujours dans tontes les guerres civiles ou religieuses , entrèrent à Nantes au nombre de trois cents , pénétrèrent en plein jour à cbeval dans la cathédrale , et chassèrent tes fidèles qui assistaient à un sermon ; ils cherchèrent ensuite à excuser leur coudaite en disant que le peuple leur avait jeté des pierres ; mais ce coup était trop hardi pour un parti naissant, auquel il importait de ne faire preuve d'audace qu'après avoir organisé ses forces. Le clergé inquiet prêcha aussitôt la croisade contre les réformateurs, et se fit peuple pour mieux résister à ceux qui cherchaient k prendre racine dans nos contrées par une alliance avec Taristocratie de naissance. La force ne pouvant plus être employée , les calvinistes recoururent à la prédication. Deux libraires, nommés Baratz et Florent -Girard Tinrent , dans ce but , de Genève avec une nombreuse collection de livres; le grand vicaire en fut instruit et s'en empara, sans que le parlement voulût autoriser leurs propriétaires à en réclamer juridiqnement la restitution.
La censure serait une fonction bien digne , si elle consistait en nne magistrature morale accordée à la vertu éclairée par l'élection directe des citoyens. Si le censeur , ne faisant jamais appel qu'aux lumières , et à la probité des pères de famille , ne remplissait d'autre siasion que de lire pour eux, et par suite de les diriger dans le choix des lectures destinées à leurs femmes et à leurs enfants ; mais on ra considérée jusqu'ici comme un moyen de terreur, et tous les partis religieux ou politiques en ont fait l'abus le plus scandaleux. C'est à ce point de vue qu'il faut considérer l'acte du grand vicaire de Nantes , acte habile sans aucun doute , quoique peu moral en soi , la force n'étant ni un droit , ni une preuve.
Le parlement de Bretagne devait se tenir alternativement à Rennes et à Nantes ; nos bourgeois , très-soucieux de leurs intérêts matériob , firent tout leur possible pour obtenir la possession entière de celte institution ; leurs efforts furent inutiles , et ils perdirent tout, en voulant trop gagner. — Une magnifique cérémonie , qui eut lieu Il Nantes en 1562, préoccupa vivement la population, et fit ainsi diversion pour quelque temps aux inquiétudes que semaient dans les
228 XVI.« 8IÈGLB.
esprits les haines religieuses. Phîlippe-dn-Bec, alors érèqoe de vint baptiser dans nos murs la fille du gouyemeor SébatUen de bourg , yicomte de Martigue et de Marie de Betncaire.
« Ce fut le seizième juillet 1562 ; elle estoitasgée de six
» eut pour parrain très-haut et très-puissant prince Antoine de
» bon , roy de ISauarrc , et pour marreines très-haattes et
M sautes princesses Marie Stuard , reine doiiairîère de France et
» priétairc d'Escosse ; et Marguerite de France , fille do roi Henij fl.
» Les députez de ces princes et princesses furent loges en dÎMB
» logis de la ville de iXantes superbement ornes , tout ainsi fw ■
» les princes y eussent esté, comme aussi ceux des seignevs tSih
» tampes et de Martigues. La grande salle da bal estoit seaée d»
» escus des armes desdits seigneurs ? marchant à régliae catbédiih,
» «rvu costé de la riie alloient cent des principaax habitants de h
» ville, portans chacun vue torche de cire blanche aliniée-, et de
» Taulre costé cent gentils-hommes, les gens d*arnies et
» et tonte la compagnie de monseigneur d'Estampes , et h
» de monseigneur de Martigues , chacun la torche de cire jai
» mains. Ils csloient suiuis d'un chariot rempli de nymphes,
» et musiciens , qui fesoient vue harmonieuse mélodie de toix U
» d'instruments : Au haut de ce chariot estoit escrit en letties i*ir»
» Tessera miUtis ChnsUuni, et de chaque costé trois sentencss de
9 Tescrilure toutes rapportées au sainct baptesme. Après
» riot marchoit rUniuersité et la Justice, chaque corps
» costé de rue, suiuis de six trompettes quy precedoient le
» de Bretagne , vestu de sa cotte d'armes semée d'hermines. Los
)) ciers de la cérémonie suiuoient tons la teste nuë , sçaooir h
» gncur du Gué de ffsie , portant la seruiette ; le seignenr de
» Symortj l'eau ; le seigneur de Kermavan , le bassin ; le seignenr de
» Bazoges, le cresmeau; le seigneur de Goulaines^ le cierge , et h
*) seigneur d\/crn/c portoit la fille, ayant pour ayde h sa droite h
» seigneur de Sevigne, et h sa gauche le seigneur de Tivomt or Iw, d
» derrière marrlioit le seigneur de Chasteau-IYeuf^ qni portoit II
» queue d'vn riche drap d or, greslé de pierreries, dont Mile
» estoit couuerte ; les députez des princes et princesses
» et grand nombre de dames et damoiselles; toutes les raCs par oi
') passa cette compagnie estoient tendues de tapisseries , et depnb
n le logis du seigneur d'Estampes iusques en l'Eglise Sainct-Pime, ht
Xyi.« SIÈCLE. 229
» rues estoient bordées des quatre compagnies de gens de pied es- » tnngers , et sept compagnies des gens de pied de la garde ordi- » naire de la ville ; l'Eglise deSainct-Pierre estoit richement tapissée, 9 et au milieu de la nef fut dressé vn pauillon de riche estoffe , sous » lequel la fille fut baptisée par ce prélat , et nommée Marie. Les » grosses cloches ayant donné le signal de Taccomplissement de la • eeremonie , le seigneur de Sanzay , gouuerneur et capitaine des » Tille et chasteau de Nantes, fit lascher toute Fartillerie, tant du » château que de la ville, et le sermon fait parle Théologal de Nantes, » la compagnie s'en retourna au logis du seigneur de Martigues en » mesme ordre. » (Albert-de-Morlaix.)
Par son édit de janvier, Catherine de Médicis permit aux Calvinistes Texercice public de leur culte et la prédication , excepté dans les villes cloies et leur banlieue. Les Protestants se hâtèrent d'en profiter ; mais lea Nantais s'opposèrent à l'exécution de cette loi, qu'ils regardaient comme dangereuse pour la sûreté de leur ville, quoique leurs adversaires fussent désarmés. Dans la crainte d'une surprise de la part des Hérétiques , la ville prit un arrêté pour contraindre tous les habitants , même les prêtres et les magistrats, à monter la garde ; il fut défendu , SDUS peine de mort, de quitter les postes. Des prêts furent faits par le clergé; une contribution fut imposée sur chaque clocher; l'argenterie des églises exposées au pillage , fut apportée en ville ; la communauté des bourgeois fit un emprunt de six mille livres pour payer une Gcmpagnie de cent cavaliers et deux compagnies de fantassins; de finies barrières furent placées dans les faubourgs ; les habitants et les aubergistes reçurent ordre de s'approvisionner de vivres ; tous les Galflnistes, et tous ceux que l'on supposait bien disposés en leur faveor, furent chassés avec menace d'être pendus, s'ils rentraient à Nantes ; les bateliers reçurent l'ordre de s'arrêter à Richebourg et à la Fosse. De son côté, le clergé surveillait la circulation des livres, et s*opposait à l'introduction d'ouvrages contraires au catholicisme , exdtant ses nombreux partisans au courage par des prédications , des prières, et des processions. — Des mesures aussi sévères, des précautions aussi grandes eussent fait quelque impression sur les Calvinistes, s'ils n'avaient eu des partisans dans les classes riches, et la connaissance exacte des forces de leurs adversaires. Leurs prêches continuèrent donc, même dans l'intérieur de la ville. Le 23 novembre ils s'assimblèrent publiquement chez un pharmacien, nommé Pineau ;
230 XVI.« SIÈGLB.
les hommes les plas éclairés de IN'sntes , nn président , m Mailiv 0 deax auditeurs de la Cour des comptes faisaient partie de ealle wéê- Dion. Le sénéchal voulut la dissoudre , mais cent qai la forsalent s> refusèrent; le ministre qui faisait le prêche, résista et yiMn k sénéchal lui-même, lui reprochant de s'opposer à la prédication de h parole de Dieu. Cependant, au dehors, le peuple, déTooé an cisme , et indienne t|ue Ton eût tant d*égards ponr des mécréaals, qu'ils appartcuaient à Taristocratie , faisait entendre des il fut contenu par ceux-là mêmes qui eussent fait pendre les bres de la réunion , s'ils n'avaient appartenu par leur nai leur savoir h la partie influente de la société, tant il est dans les affaires politiques, les hommes appellent sonrent les petits ce quMIs blâment à peine chez les grands.
La partie était trop vivement engagée entre les CalTinîsles et hi Catholiques pour se terminer ainsi. Bient()t les Protestants pnjjelèisal en eil'et de former une seconde réunion publîqae, et de s^empm it Tune des églises du catholicisme. Trois cents vagabonds, soMJsyfa saus doute par eux , entrèrent , la veille de cette assemblée, dans asi murs. Les autorités se trouvèrent alors dans le pins grand eaibami, n'usant sévir contre des gens de distinction^ qui formaient la ifilade parti adverse, et n'osant refuser au peuple nne satisfaction fw hs lois commandaient : elles prirent donc des biais et firent de pour éviter une collision. Les étrangers, à la solde des furent renvoyés, et la ville fut mise en bon état de défense. les Calvinistes, enhardis par la faiblesse de leurs adversaires, s*i blnient de toutes parts à Guerande, au Croisic, à Blain, k la Bernard, h (Chateaubriand, à ^lontaign, à Beauvoir, h Ponie,è rhecoul. Les nobles les plus influents du pays protégeaient les cations et les rassemblements armés ; notre ville, entourée d*ni d'ennemis, se trouvait ainsi dans le plus grand danger, lors^ns h bataille de Dreux , si funeste aux Hérétiques , vint lai puiaaiilie it respirer. Les Calvinistes établirent, il est vrai, deux u ches: Tun 2i Barbin, Tautre au Marchix; mais M. de Martigaes, homme politique, les Gt fermer sans bruit.
Albert-de-Morlaix , prétend le contraire. « L^an 1563, dit-il son ouvrage» les Huguenots, sous Tassurance de Pédictdejannier, lequel Texercice libre de leur fausse religion leur estoit toMvé, rent bien s'assembler et tenir leur sabath et sacrilèges
qu'ils appellent le presche, an faubonrg de Nantes, nommé le Marclieix , et en vn pressoir vn peu an delà des moulins de Barbin , et à la Gaschêrie , de qnoy Monsieur de Martigues ayant esté adverti, il les en duisa et brAla leur grange. » Cette version, tout à fait dans Tesprit d^Albert-de-Morlaix , nous parait fausse ; cet écrivain doit être cru entièieiiient, lorsqu'il raconte les préjugés, les croyances populaires et les traditions de la Bretagne , ou lorsqu'il exprime les passions de son époque, mais il dénature souvent les faits, soit par inintelligence, soit par passion politique.
Vim aurait tort de croire que, pendant ces guerres religieuses, notre ville n'ait été préoccupée que du calvinisme: des faits nombreux prouvent au contraire qu'à cette époque d'exaltation , comme dans tontes celles qui lui correspondent , la vie sociale se développa largement sous toutes ses faces au sein de notre cité.
En 1562 , le bureau de ville arrôto , sur les conclusions du procureur des bourgeois, et sans s'inquiéter en aucune façon de l'approbation épiscopale , que les curés devront résider et précber sous peine de saisie do leurs bénéfices. La même année, les paroissiens de Saint- Nicolas, se faisant justice , chassèrent leur curé et le remplacèrent par un ancien vicaire, sans que le clergé , qui avait alors besoin de s*appnyer sur le peuple, fit aucune réclamation contre ce retour à l'ancienne démocratie catholique. En 1564, les bourgeois, toujours préoccupés de leurs intérêts matériels , obtinrent du roi , qui était alœrs dans la nécessité de les ménager, des lettres-patentes pour Inorganisation de leur mairie contre laquelle protestaient beaucoup dUntéréts opposés ou rivaux. — La première assemblée des élections municipales eut lieu aux Gordeliers, le 28 novembre 1562, sous la présidence de Michel Dcfforts, conseiller au parlement. Geoffroy Dronet, sieur de l'Angle, fut élu maire; Yves Rocas de la Ghalonnière fut nommé sous-maire; Jean Le Loup du Breil fut nommé sous. maire. Les échevins furent Robert Pillays de Lessongère ; Jean Picaut de la Mossetière ; Antoine de Mirande ; Michel Loriot ; Etienne de la Berthelotière ; François Salmon; René-Martin de la Thomazière; Antoine Gravoil de Saint-Michel. — Guillaume Gato, procureur des bourgeois et syndic de la ville, fut remplacé par Julien Daulfy; Gnillanme Le Bret fut nommé greffier.
Ces élections furent publiées à son de trompe le 30 novembre ; ii fat réglé que la réélection des échevins se ferait tous les ans , et
232 XVI.« SIÈGUB.
celle da Maire , tons les trois ans. — Le 4 déoemlirB de la
année, la mairie fit connaître les attributions qoe loi ccmIKfail fai^
donnance du roi ; elle était chargée de la police : « ATeoqne UmI dratal
9 de justice et juridiction d'icelle , et ce qni en despend ; de
1» mesures , fours , moulins ; et des abus qui a'j ooamieUeBt, et
» tous mesticrs ; et de la puniche et correction d*iceax^ par
» prinson, si mcstier est; et si elle échet pins prendre, ae
» les juges royaux à qui la cognaissance en dépendra; eC
» leur est permis de s*assembler tors et en lienlx qne bon
» Liera; et pourront ci)mmestre et instituer les oflteien de
n ville, iceux priver et destituer, ainsi qu'ils le Temnitt el aHya
» appel, ressortira immédiatement en la court do paTleiiieBl;la
» par manière de provision jusqùcs autrement en soit or
» commandement faict ù tous les snbjets dudit seigneur (roi) jr
» sur peine d'être pugnis comme infractenrs de lea édita et
» nanccs, d'amende arbitraire. Faict à liantes, etc. Micliel
» seigneur du Breil. »
Les bourgeois obtinrent encore do roi, la même année, d'un Consulat, ou Tribunal de Commerce; aux premièrea Malliieu Vivien, Guillaume Poulain ei Charles Chrétien fnrmt mes par les trois ordres réunis. — La ville se tronrait alois obérée ; Tensembie de sa dette s'élevait h S4,700 lirrea 14 deniers; le pavage du Port-Maillard, exécuté Tannée préoédanlB^M la construction en pierres du pont de Pirmil, n'avaient qne fart contribué à l'augmentation de cette dette, dont la guerre était la source.
En 1565, la mairie entra en exercice. L'one de lea premièraa nances défendit aux charretiers d'aller boire an cabaret et d^ aux cartes ou aux dés: ce dont ceux-ci ne devaient paa êlie satisfaits. La même ordonnance fixait ainsi la dimenaion dea longueur quatre pieds, diamètre au fond denx pieda, diaBètra centre deux pieds et demi ; elle taxait aussi le soif k denz deniers , et la chandelle à deux sous dix deniers la livre.
Cette année Ton s'occupa du pont de Pirmil , dont lea reata été entraînés par les eaux l'année précédente ; et l'on fit m Marligues et au roi deux réceptions très-brillantes : lea vaaa meil , offerts an comte de Martigues, coûtèrent h la ville 514 HnesS sous 8 deniers; M. ine de Martigues reçut, en mémetempay
et deax livres de soie d'Espagne. Quant au roi , la yille avait envoyé ao-devantde loi une galère magnifique, que le prince donna sans façon k Tan de ses courtisans , bien qu'elle ne lui eût pas été offerte par les habitants. Charles, avant son entrée solennelle, alla dîner maison des Tourelles , chez un riche négociant , nommé Rhuys , où il reçut les lalotations et sans doute aussi les compliments classiques de TUniversité en grand costume. A sou entrée, le Maire lui offrit les clefs, et un dais de velours bleu doublé de toile d'or et d'argent, semé de fleurs de lys et d'écussons aux armes de France. Ce présent, bien inutile, mais consacré par les mœurs , coûtait à la ville 94 écus au soleil. La Reine arriva bientôt après , et les dépenses recommencèrent. La ville fit sabler toutes les rues qu'elle devait parcourir; quatorze haqaenées de Bretagne, et plusieurs tonneaux d excellent vin, furent ofierts à leurs majestés. Le Roi permit ii la ville de s'imposer pour payer les frais de son entrée et de celle du seigneur deMartigues, qai s*élevaient modestement à la somme de 10,497 livres , non compris 200 livres qu'elle donna pour dédommagement à M. de Sanzay, afin de rentrer en possession de sa galère et des meubles d*empmnt qui se trouvaient dessus. Cependant , malgré ces dépenses, l'on s'occupa d'établir une fontaine publique; malhenreosement , le projet du fontainier n'était pas bien conçu , et l'on dat Tabandonner après une tentative inutile et dispendieuse. L'aquednc de cette fontaine a été retrouvé, en 1829, sur la place Saint- Similien.
En 1566, nous voyons s'affermir l'autorité municipale. Le Roi confirma la mairie dans ses droits, malgré de nombreuses réclamations, et Ini permit d'acheter une maison pour servir d'Hdtel- de -Ville; la mémeannée,M. de Martigues fit défendre aux Calvinistes de tenir d'autres écoles publiques que celles autorisées par lesédits, de réciter publiquement des Psaumes et d'augmenter l'éclat de leurs cérémonies.
Philippe-du-Bec succéda aussi en 1666 à l'évéque Antoine-dn- Greqoi. L'entrée du nouveau prélat se fit avec pompe , mais sans laxe; aussi vint-il à pied jusqu'à la cathédrale. Mais ce qu'il y eut de plus remarquable dans son installation , ce fut son discours sur les devoirs des pasteurs , dans lequel cet évoque , qui avait fait partie dn Concile de Trente , donna de l'église une définition toute autre , comme le fait observer Travers, que celle qui est acceptée et usitée aajoard^hni , reconnaissant que les prêtres doivent participer à son
2)4 Xyi.« SlfeCLB.
gouYcrncraentyCt quils tiennent lenrpoaroir do Saint-E^ril cl <1*un homme, quelle que soit sa puissance sur la terre.
^'ous croyons devoir signaler cette doctrine comme étart à prÈs celle qui était professée par le christianisme des premien lorsque son organisation était encore tont^à-fait démocntifie; i est d^autant plus remarquable, eu 1566, que Philippe-da-Bec infailliblement été censuré comme peu orthodoxe qnelqi plus tard ; mais à cette époque de dirisions religienseSy où les avaient besoin d'être fortement appuyés par leurs prèCieSy eàhi prêtres eux-mêmes ne pouvaient se soutenir que par le comomi èi peuple, il élait nécessaire et politique, pour maintenir le cal de revenir en quelque chose à la démocratie chrétienne di temps.
Dans Tannée suivante , la ville obtint de bitûr deaz moulins à ma. La mairie remplissait alors les fonctions de nos jages-de-^izadnek Les maires et échevins, disent nos annales, connaissaient, entre pannaik des salaires d'ouvriers, de domestiques, des ouvrages , des des meuniers ; des moutures , et ils jugeaient sans frais comme pel et sur Feiposé des parties. L'Université n'avait pas encoie dans les cérémonies. Philippe-du-Bec décida qu'elle marcherait! diatement après le clergé, c'est-à-dire qu'elle aurait le pas snri et la noblesse. La crainte des Huguenots porta la ville il levée de cent arquebusiers. Les gens d'église reçurent ordre les portes en personne pendant le jour ; ils devaient être ralevéi II nuit par des hommes de leur choix et bien connus.
En i5(>8, les protestants, que la défaite de Saint- Denis n^avail point découragés , prirent les armes et manifestèrent hanlemant h volonté de conquérir leur indépendance religieuse. Bientôt ils gèrent Chartres , et la terreur se répandit dans tonte la M. de Bouille , intendant-général de la province , vint k Nantes 120 chevaux , et prit des mesures énergiques pour assurer le la ville.
Deux pièces d'artillerie sont placées, par son ordre, snr lapsrte Saint-Pierre ; chaque habitant est obligé de se mnnir d*i pour porter de la terre au fort du Port-Conminnean. Les Port-Maillard et du Port-Gommuneau sont murées. Les difi chés sont transportés sur les mottes de Saint-Pierre , de Saint-Hlicahi et à la Saulzaye ; il est prescrit aux habitants de Kantea de se
Xyi.« SIÈCLE. 285
pourvoir de vivres poar trois mois, et à ceax des campagnes d'amener dans nos mors toutes leurs provisions ; la réparation et Texhaussement des fortifications do Saint-Nicolas sont arrêtés par ordre de H. de Martigues ; il est défendu de laisser entrer à Nantes aucun calviniste armé , à reiccption des gentilshommes auxquels il permet la dague et Tépée. 100 arquebusiers viennent renforcer la garnison , et bientôt ils sont suivis de 20 autres pour la garde du pont de Pirmil. lit ville 9 de son côté , fait préparer des chaînes pour barrer les mes , TÎsiter les casemates et les souterrains de Thôtel Briord , des rues des Carmes, de Saint-Nicolas, Sauvetout, Saint-Laurent et Saint- Pierre ; établir des barrières derrière les portes , et visiter les balles des colporteurs, ainsi que les hôtelleries et maisons suspectes. — En cas d*incendie pendant le jour, les portes seront fermées; en cas de fea pendant la nuit, les habitants devwnt se porter aux murailles; lea Jacobins , les Cordeliers , les Carmes et 10 hommes par chacune des sept compagnies seront chargés de l'éteindre ; en cas d*alarme, chacun doit s'armer et se rendre à son poste ; chaque maison doit établir une cuve d'eau à sa porte; de dix maisons en dix maisons, une lanterne doit éclairer la rue pendant la nuit. Les médecins, chirurgiens ou prêtres ont seul le droit de sortir après le coavre-feu. Les habitants des faubourgs sont tenus de faire le goet chez eux , le capitaine des bouriers doit diriger toutes les immondices sur la tour du Port-Communeau et les autres fortifications. L'hôtel Bizard est transformé en arsenal et consacré aux réunions des diverses assemblées de ville.
Ces mesures vigoureuses , et qui sentent Tétat de siège , préservèrent la ville. La plupart furent rigoureusement exécutées, le clergé loi-même monta jour et nuit la garde , et les chanoines , occupés du service des portes , furent payés , comme s'ils avaient rempli leurs fonctions habituelles.
L'esprit d'émancipation qui inspirait la bourgeoisie , continua de se manifester malgré la guerre civile. L'année précédente, le sénéchal de Nantes avait confirmé l'exemption du firanc-fief pour les terres nobles que les bourgeois de Nantes possédaient en Anjou. En 1568, la ville décida que le roi n'aurait plus la nomination des trois administrateurs des hospices j dont elle se réserva de partager le choix avec le présidial et le clergé. — Un messager pour Paris , aux gages de 60 livres, fut institué peu de temps après ; les lettres particulières devaient lui être
236 XVI.< SIÈGU.
payées. Pie Y établît , la même année , TalternatiTe daas le pour une durée de cinq années.
Depuis près d*nn siècle , le nombre des lé^nx dîminanU ment. L'hôpital Saint-Lazarre , qui leur était affecté» aetnarafiie en 1569 , et ses revenus purent être réunis à ceux do fsnnA Mpftal; I 110 paraît pas que depuis cette époque la lèpre ait été (Vantes.
Le mauvais état de leurs affaires , et la paii qui i oirit la de Moncontour , empêchèrent les Huguenots de rien tenter dn (le IVantes en 1569 et 1570. Cependant il ne faat pas fussent anéantis ; loin de là, 18 églises calvinistes, dans le cèse de IVantes , représentaient leur puissance et leor progrta. nombre de seigneurs châtelains, à la tête desquels se tronfiit b fciiiillc des Rohan , leur donnaient appui dans Tespoir où Ib étabsl fie recouvrer , par la réforme , leur ancienne prépondérance « en frisant quelques concessions aux progrès de la raison pnbiiqne et ■ diminuant le pouvoir royal pour restaurer celui des seignem B^ (laux ((ne Louis XI avait détruit.
En 1571 , Philippe-du-Bec fit un voyage à Paris pour denuaadar h suppression de l'exercice public du calvinisme dans son diecbs; iiinis il en fut pour ses frais de route. Sous prétexte de protégar h ville 9 M. de Bouille et le comte de Sanzay lui donnèrent à un };rand nombre de soldats dont elle parvint cependant k rasser , grâce à Tinfluence dont jouissait à la oonr son gouTi l)aron de Retz. La ferme des octrois produisait alors 16 nrilb par an.
Ce chiffre est bien peu de chose auprès du chiflre actnel ; la ville était bien moins peuplée, et renfermait un grand d'habitants peu aisés , qui buvaient leur vin dans les fiittbonfgk — L'achèvement du puits de la place Saint*Pierre et la mronilMntliaa t^n pierre du pont du Gué-aux-Chèvres datent de cette année. Ihe ordonnance du même temps réglait les prix de diverses denrées, ssv peine d'amendes considérables aux tavernien qui ne s*j serateni pas «onformés ; nous en extrayons les passages suivants :
« Il est défendu de vendre les meilleurs et pins excellents
> d'Anjou , de Court, de Groys et Gascogne plus haut prix qne 9
> 10 deniers le pot, mesure nantaise; et les moindres vins crus et Soulaiges ci-dessus , 2 sous le pot.
XM.« SIÈCLE. 237
)» Aussi est fait commandement auxdits taverniers d'avoir des me- » sores de 3, 4 et 5 mesures au pot , et tons autres yaisseaux nteU ^ lonés à Tntellon de la ville ; de laisser descendre ceux qni von- » droot YÎn en leurs caves et celliers pour voir tirer leurs vins.
» Aussi leur est fait défense de non avoir en leurs tavernes du « pain h bailler à ceux qui voudront boire qui ne soit bon et du » poids de 16 onces.
m lUm leur est fait prohibition et défense de non bailler à boire , m en leurs tavernes, à personne de quelque condition qu'ils soient, m aux jours de dimanche et autres fêtes pendant le service divin... »
Dans une autre police de la môme année , nous trouvons le maxifmmm suivant pour les auberges :
« L'homme de cheval servi à vins d'amonts et autres bons vins , à » chapons , lapereaux , perdrix et autres gibiers selon le temps , bœuf , » rooaton , veau et lard , et son cheval à cinq mesures d'avoine, pour • an jour, 24 sous. — Son valet, 6 sous. — Un valet avec deux » naitres , 3 sous. — Item avec quatre chevaux , gratis. — La dinée » d'an homme de cheval, pour lui et son cheval, 10 sous. — » L'homme de pied, pour tout le jour, 14 sous. — Sur le tout un » morceau de pain et un coup à boire au matin , avec un fagot à » dinar et un à souper par homme. »
En comparant ces prix avec ceux du jour, c'est-à-dire, en les mul- Uplîant par 3 1|2 , nous trouvons qu'ils correspondent passablement Si ceux que l'on paie aujourd'hui dans nos auberges de second ordre.
Midiel Le Loup-Dubreil était maire , Bonaventnre de Gomplade , Jean-Pani Mahé de Equermère , Pierre Belly de la Grée , Aimé Adam deSartifnme, Jean Quantin, Gilles de Launay , Bernard Dumontj , nicolas Fiot et Guillaume Le Bret , étaient échevins , lorsque le duc de fliontpensier écrivit à la ville pour faire massacrer les calvinistes. Ces braves gens, qui voulaient bien combattre la réforme, mais nullement s'associer à un acte d'infâme cruauté , s'y refusèrent. — La lettre du duc de Montpensier mérite d'être conservée comme l'un des documents les plus curieux et les plus honorables de l'histoire de notre ville , puisqu'elle rappelle une modération et une fermeté pendant la terreur religieuse qui, malheureusement, ne fut point imitée plus tard pendant la terreur politique de 93.
ft Messieurs , après tant de grâces dont chacun scalt que le Roy Monseigneur a usé envers l'amiral i lui aiant par trois diverses fois
pardoné les coDjarations et ports d'armes qu'il anrolt faits cobIr Sa iMajesté , il a esté si mcschant qae de faire nne nooTelle ealieprinse de taer hier ou aajoard*hui tant Sa dite Majesté que la Ilojae sa niëre, M.^' ses frères et toas les seigneurs catholiques estant ft leur suite, oii vous pouvez bien penser que je n'estois oUjé. Dieu, qui a tousjours à l'heure du besoing fait paroistre qu^il les siens , et combien la cause que nous sonstenons pour iieur est saincto et juste , a vouUu et permis que cette tion a esté dcscouverte , et a si bien inspiré le cœur de uostie Isy , ((ue , sur le champ , il auroit déterminé de faire exécuter coutre es malheureux et ceux de sa dite conspiration ce mesme exploid. Es quoy il a esté si fidèlement et promptement serYi et obéi 9 qus le dit jour d'hier au matin , le dit amiral fut, avec dix on douae des phi signalés des siens > tué co son logis et jette snr le paré, et fuloelle exécution suivie contre tous les principaux de ce parti qui se puni trouver en cette ville , dont il y a si grand nombre de motts, qae je ne vous le svaurois mander ; bien vous assnrerai-je que les priaripaux chefs ont esté les premiers depesrhez^ et ne s^en est que psi ou point eschappé , si co n*est le conte de Montgommeri quieslsil logé aux forsbourgs Saint-Germain-des-Prez. Par U rinteutiou de Sa Majesté est assez cognnë pour le traitement qui se doit fSiiie Huguenots des autres villes , et aussi le moyen par lequel s pouvons espérer de voir par cy après quelque assuré repos ea pauvre église catholique ; ce que nous ne pouvons négliger dé uer autaut que nous pourrons après une telle déclaratiou que le Rv a faite de la dévotion qu il a envers icelle ; en qnoy je supplie Seigneur de voulloir si bien assister et faire continuer qu*il en estre perpétuellement loué, et qu'il vons doine, Messieurs, saintes et dignes grâces. A Paris ce 26.« jourd'aoust 1573. bien bon ami , Louis de Bourbon. »
En consultant nos annales, nous trouvons qu'en 1572 le Ut des pieds du Jeudi-Saint se pratiquait encore sons le portail de h cathédrale. C'étaient > à cette époque , le maire et les échoTins qsi en étaient chargés. La ville donnait ensuite à diner aux djoristci * et elle consentit à payer 8 livres 10 sous chaque fois que le dlwr n^aarait pas lieu.
Lo devoir de méage , ou droit de denx sons par muid de Ué* sel ou vin 9 passant sous les ponts , fut affermé , à cette époque , à raison de 27,225 livres par an ; ce qni suppose uu mouTeuNUt de
372,250 maids ou environ 600,000 tonneaux , dont le sel formait sans doute la majeure partie. Ce mouvement , beaucoup plus considérable que celui qui a lieu aujourd'hui , serait inexplicable , si nous ne tenions compte du rôle commercial que remplissait alors notre ville qui approvisionnait Paris et le centre de la France dont elle receraU en échange les produits agricoles.
Les massacres de la Saint-Barthelemy avaient produit d'abord une terreur profonde parmi les calvinistes ; mais la soif de la vengeance succéda promptement à la peur et s*unit au besoin d^assurer sa conservation personnelle pour armer chacun des huguenots contre le roi. La guerre recommença donc. Le duc d* Anjou ayant assiégé la Rochelle , les Anglais et Montgomméri s'occupèrent de ravitailler cette place; n'y pouvant réussir, ils s'emparèrent de Belle-Ile. Le maire et Duplessis Gnerri reçurent aussitôt l'ordre d'armer des na- TÎres et de les envoyer à la flotte française. Belle-Ile ayant été évacué , cet armement , qui consistait en trois petits navires , fut consacré à la garde des côtes. IVantcs eut , en outre , à fournir pour 9577 livres de munitions. Cependant elle s'occupa de fonder , dans le local de TAsuerie qu'elle avait payé 1900 liv. deux ans auparavant , un hospice des pestiférés pour lequel Charles IX accorda 5000 livres à prendre sur les octrois.
Les commencements du règne de Henri lU , qui succéda à son frère Charles IX , furent signalés par le retour des hostilités. La ville aassitôt se mit en état de siège , et se soumit à toutes les rigueurs de cette position. Une garnison bourgeoise entra au cLàteau que commandait le comte de Sanzay. Sa moralité n'était pas très-grande , et les habitants l'avaient eu suspicion. Des corsaires de la Rochelle entrèrent en Loire , et le baron de La Garde , commandant des galères du roi , auquel le négociant Rhuys avait prêté six mille livres à la demande de la ville , ravagea nos environs au lieu de combattre l'ennemi. Le prix du sel augmenta, par suite, énormément, et s'éleva jusqu'à 3 livres 10 sous le quartaud. — Un arrêté de l'année 1775 , pris par le conseil du roi , enleva au maire la présidence des assemblées de ville pour la confier an sénéchal ou à son alloué. C'était un acte de plus contre les habitants qui avaient eu tant à sonffirir du comte de Sanzay et des autres officiers du roi ; mais , à cette époque , la bourgeoisie n'était comptée pour quelque chose que lorsqu'il fallait combattre l'aristocratie la plus élevée , ou payer , soit les frais de guerre , soit les folies des rois et des grands.
240 XYI.« SIÈGES.
LA LIGUB ▲ HAHTBS.
Les guerres de la ligae que nous allons aroir à raconter, qui concerne notre yille , naquirent du fanatisme rellgieaz et 4s l'ambition des Guises , qui surent l*exploiter arec une grande dans le but d'amoindrir à leur profit raatorité royale ; car il vrai que les grands seigneurs huguenots et ligaenrs i lieaucoup moins de leur sainte religion , dont les uns et lea avaient sans cesse le nom , soit à la bonche f soit sons la pli de leurs propres intérêts. — Les huguenots a? aient été lea à chercher, dans la guerre religieuse , un moyen de reloTer la noir féodal abaissé par la couronne de France, presque ai de la maison bourgeoise; mais ils eurent des imitateurs panri iss seigneurs catholiques , et nous aurons occasion de montrer, récit , comment Emmanuel de Lorraine , duc de Heroœnr , qni vait avoir quelques prétentions an duché de Bretagne , dn chsf ds sa femme, entra dans la ligue et s'associa anx rnes dn Mayenne dans le but de s'emparer, à la faveur de la gnem d'une province assez facile à conserver , si l'amour de la n'y avait pas été déjà plus fortement enraciné qu*il ne le C'est donc d'un mouvement fédéraliste tont-à-fait féodal et chique , mais appuyé par les passions religieuses, que nous faire le récit, et nous pouvons signaler j dès maintenant , calait tant que les questions sociales se transforment aussi elles et ainsi , do siècle en siècle vers le mieux , par des progrès
La lutte du morcellement contre Tunlté française se au début de notre histoire comme Tnn des faits lea pina portants; nous la retrouvons plus tard faisant la base de la tique de nos ducs de Bretagne ; elle entre pour beaucoup daaa ht guerres de Montfort et de Gharles-de-Blois , et semble se tansinsr par le mariage de la duchesse Anne ; mais elle reparait sur la inèa \VL« siècle, et se personnifie dans le duc de Hercœur , pour ^^ teindre an moins momentanément avec lui , et se manifester de nauveau après la révolution de 89, non plus au sein de la noblesse, dans un milieu tout-à-fait bourgeois , et infiniment plus Ainsi , dans la réunion fédérale de Pontivy , où fut signé , en 17N, l'acte d'une ligue politique et révolutionnaire y et plus tard au
Xyi.« SIÈCLE. 241
des clabs girondins on fédéralistes de Nantes , de Rennes , de Vannes , de Pontiyy , de Qniniper , et des autres villes de la proyince.
Cette digression nous a semblé nécessaire ponr faire comprendre la liaison des faits généraux qui concernent la France avec les faits particuliers qui ne touchent que la Bretagne » et plus spécialeBent encore la ville de Nantes. Nous engageons le lecteur à s*en liieii pénétrer , c'est le seul moyen de se rendre compte des roétaiBOfpluMes que semble subir une question qui s'est présentée ringl Cms la môme , mais en empruntant , à chaque époque , les formes qoe nécessitaient les modifications subies par la société dans ses nOMorSy son langage, ses habitudes et ses institutions.
En 1576 , la guerre contre les huguenots est encore à Nantes une simple question de religion. Si la ville porte à cent hommes le chiffre de diacnne de ses six compagnies bourgeoises , et s'occupe de faire oooler rSrdre dans les douves Saint-Nicolas , en coupant le rocher sv leqael sont bâties les piles du pont de Sauvetout , c'est uniquement dans l'intérêt de sa propre défense. Cependant elle entre avec «rdeor dans la sainte union qui ne semblait autre chose aux bourgeois de la communauté qu'une sorte d'assurance mutuelle contre le calrinisme ; mais , dès Tannée suivante , les événements commencent à se dessiner plus nettement. L'édit de Poitiers , par lequel le roi tnitait assez favorablement les huguenots, fut fortement désappronvé dans notre ville. L'université refusa de s'y soumettre, et le procmenr-syndic s'y opposa d'office.
Bientôt après le duc de Mercœur , ligueur ardent par intérêt , et beaa-frère du roi, reçut de la communauté des bourgeois un repas eplendide. Quant aux mesures prises alors pour augmenter la garnison , nous ne devons pas en conclure qu'elles indiquaient des craintes bien vives, puisque dans le même temps les habitants du Hardiix obtenaient de combler les douves de leurs fortifications. L*année suivante , les choses restèrent dans le statu quo ; seulement le comte de Sanzay , qui , depuis long-temps , rançonnait les habitants et commettait des exactions et des concussions de toute espèce, fut appelé à la cour pour rendre compte de sa conduite. La mairie, pour s'en débarrasser, lui accorda 150 écns d'or.
En 1580, la guerre recommence, et la ville se met activement sur la défensive. Des exprès sont envoyés au roi et au gouverneur de Nantes ; les suspects sont chassés des murs ; à chaque porte Ton
242 XTI.« SiftCLB.
établit an registre sar leqael Ton Inscrit le domicile des
chaque habitant est tenade s^approTisionner pour six mois; htll-
Iclicrs reçoivent Tordre de faire connattre tout les jonn, as
du château^ les noms de leurs voyageurs; une nooreila
bourgeoise est créée ; les barrières sont relevées et garfécs « d ta
place à Pont-Rousseau un prévôt de nuréchaossée avec
cavaliers. Sur la proposition de révêque^ le boresn de Tille
un conseil de notables composé de trois eoclésiastiqaes,
bres de la chambre des comptes , trois antres de la justice »
de la mairie , dans le but d*éclairer son administratim wmt iss ■
sures quMI aurait Si prendre. — Montaiga venait de toniier ealn 1
mains des Huguenots; M. de la Hunandaie» lientenant gêmÊÊé
Bretagne , en prit occasion de renchérir encore snr it
sûreté prises dans notre ville; mais ses ordres, d*mie
sive, n'inspirèrent aucune confiance » et tandis qoMlsV
soin de ses intérêts , Nantes Taccnsa , près dn roi « de
rentrée des calvinistes et de taxer les paroisses an-delfe
dans le but d'entretenir une horde de pillards qni rari
campagnes , au Heu de les protéger contre les hogoeBOts.
une seconde réclamation fut adressée à la coor par les
Nantes; ils se plaignaient que Ton eût donné , pour
comte de Sanzay» MM. du Gambout et de Gaasion, qui ■
daient pas entre eux.
En 1581 , beaucoup de gens armés ponr piller plntM combattre » infestaient les environs de Nantes. M. DefonlaiBe* tenant en Bretagne, reçut ordre de les chitler; nais il le loisir , car ces rassemblements de gens sans aven se dl d'eux-mêmes. Ce fut peu de temps après que le due de frère de la reine , qui ambitionnait un commandement , AU gouverneur de la Bretagne en remplacement dn doc de malgré la survivance accordée au prince de Dombes v fils «re dernier. Le duc n'arriva dans nos murs que le 30 nai de suivante; il descendit à l'hAtel de Briord qne la ville avatt At meubler pour le recevoir. Ce prince méditait, dès-Ion, recB^ation de la Bretagne entière. Lié de parenté avec les fiaisv, il connaissait leurs projets , et devait naturellement cherdier II sa part dans le démembrement d'une monarchie qoi , chaqai perdait de son pouvoir; ses actes en sont la preuve. AxriTé II
Xyi.« SIÈCLE. 243
le 30 mai y il ne fit son entrée solennelle que le l.«' septembre^ afin de laisser travailler plus long-temps aux préparatiCs de sa réception. le clergé de la ville » les deux chapitres et l'université, marchèrent en grande pompe au-devant de lui à la porte de Saint-IVicoIas , et le reconduisirent à la cathédrale , précédé de la milice bourgeoise ; 849 liTTet de poudre furent brûlées à cette occasion. Jamais , disaient les anciens de la ville, ne duo de Bretagne, ne roy de France^ ne fui omH reçu dans Nantei.
Ce prince , que les écrivains du temps représentent comme infatigable, soit à pied, soit à cheval, comme grand capitaine, et plus grand politique encore, sut habilement tirer parti de son entrée pour imposer au peuple par une grande pompe, et tout ce qui pouvait mettre en relief ses avantages personnels. Ce n'était point par coquetterie qu'il cherchait à faire ressortir sa taille liante et bien prise, et la blancheur de son teint qui contrastait avec 008 cheveux noirs. S'il se posait de manière à laisser voir son grand front , ses yeux largement fendus et pleins d'expression ; si sa barbe et ses cheveux étaient soigneusement arrangés , selon le goût du temps t c'était beaucoup moins pour faire des conquêtes parmi les femmes des bourgeois et de la noblesse , chose si facile à un grand seigneur de son rang qui daignait être aimable auprès d'elles , que pour inspirer^ à son sujet, cette prévention favorable qui commande la confiance et permet ensuite d'utiliser, dans un but politique , des qualités physiques dont les masses tiennent toujours compte à ceuv qui les gouvernent.
Le duc de Mercœur possédait par ailleurs toutes les qualités morales qui peuvent donner de l'influence à un chef : sa volonté impérieuse ne pouvait souffrir de contradictions; mais il savait an besoin tourner adroitement une question , pour arriver au bnt« Supérieur à son entourage , il comprenait très-bien qu'avec les hommes médiocres il faut souvent supporter des bavardages inutiles et ne point paraître tenir à son opinion , lorsque l'on veut la faire adopter. Ses formes élégantes et polies savaient toujours adoucir ce qu'il pouvait y avoir de trop absolu dans ses ordres ; très-sobre , de mœurs pures , il joignait encore à ces qualités éminentes une grande instruction : les historiens du temps disent de lui qu'il parlait assez facilement l'allemand, l'espagnol , l'italien et le latin, et qu'il possédait des connaissances étendues en mathématiques. Gomment s'étonner, après cela , qu'il ait eu l'ambition de devenir duc de Bretagne?
XVL« SIÈCLE. 245
aagogie religieuse. Les succès du roi de Nararre et la perte de la bataille de Goutras, achevèrent de lui persuader qu'il devait, pour léoMÎrt 8*unir étroitement aux classes inférieures; aussi ne quitta-t-il Ilantet qa*après avoir beaucoup fait pour la ligue.
Le dessein du roi de Navarre , en venant au secours de Montaigu , ii*éUit pas seulement de faire lever le siège de cette ville, mais encove de s'emparer d'une partie de la Bretagne, et surtout des «aboachures de la Loire et de la Vilaine ; il espérait, en faisant une deaœnte Si Saint-Nazaire, surprendre Guerande , petite ville très-bien fortUiéet dans laquelle il avait des intelligences ; maître de ce poste, il eût creusé deux tranchées profondes , dont les terres lui eussent aerri à se fortifier. L'une de ces tranchées devait être au IVord et partnr du sillon de Bretagne ; l'autre , destinée à prolonger l'étier de Méan, se serait réunie, en angle, à la première. Ces travaux devaient OMttre à l'abri d'un coup de main Saint -Nazaire et le Groisic, fcmettie la libre exploitation à son profit des marais salants , et ser- Tir encore à inquiéter le duc de Mercœur assez vivement pour lui faire lierdie toute envie de tenter de nouvelles incursions dans le Poitou.
Pour mieux cacher son but , Henri IV entreprit le siège de Glisson, en attendant les navires de la Rochelle qui lui étaient nécessaires pour le transporter sur la rive droite de la Loire ; le château , bien pourra de munitions de toute espèce , opposa une très-vive résistance. Le roi de Navarre s'avançant alors vers la mer , vint attaquer Macliecoul , où ses armes ne furent pas plus heureuses ; se repliant sor Beauvoir , il en fit le siège en règle. Le château de cette petite ▼Ole était flanqué de quatre grosses tours ; ses fossés , de 80 pieds de large, recevaient deux fois le jour les eanx de la mer, et le duc de Hercœur en avait confié la garde à Yilleserein , vaillant capitaine; au bon) de trois semaines de siège, les navires de la Rochelle étant arrivés en vue de Beauvoir, une nouvelle artillerie se trouvant en batterie contre les murailles , il fallut capituler. Henri lY fit à Yilleserein les conditions les plus honorables, et confia la garde du cbâtean à Kergrois ; mais ses projets sur la Bretagne et les marais salants ne purent recevoir leur exécution ; d'une part , les navires de la Rochelle avaient beaucoup tardé ; de l'autre, le duc deNevers venait de passer la Loire à la tète de l'armée royale; enfin , l'assemblée générale des protestants à la Rochelle était sur le point d'avoir lieu, et lui-même en avait fixé la date afin d'7 assister;
246 Xyi.« SIÈCLE.
aassi prit-il le parti do se retirer. Pendant que les tranpet dini ée Navarre se troaraient à nne journée de marche de IVaates, Mba ville fut constamment livrée aux pins Tires inquiétiidet ; ladKde Mercœur en profita pour obtenir des bonrgeoii nn prtt éb 9M écus. Les mesures habituelles dans nn état de siège alors comme une nécessité , sur la proposition dn de la commune ; et, dans le mois de novembre, les choses ea h ce point , qu'il fut prescrit à chaque habitant d^SToir «■ pour travailler aux fortifications de Saint-Léonard.
Pendant ce temps, les Guises ne discontinuaient pas de Toxécution de leurs projets; la journée des barricades arail sa capitale au roi , qui dut s*estimer heureux d^aroir pn s\ Nantes , en cette circonstance , fit nne adresse an wonn rassurer de finviolable attachement de la viile à êom bientôt Henri III étant entré en arrangement arec le doc de ligue , déjà toute puissante, fit d'immenses progrès dans la
Le 12 juillet 1588, un chanoine, nommé Ghristi , cinquante à soixante habitants , vint au bureau de la pour rengager à entrer dans la sainte union , destinée II les ennemis du catholicisme. Le bureau , pmdent coni d'habitude les bourgeois livrés au commerce, répondit qa*il beaucoup la sainte union , mais qu'il désirait cependant l'évéque , les lieutenants du château , le sénéchal et les pins citoyens. Ceux-ci furent d'avis à leur tour de consulter le ncur de Bretagne ; c'était ce que désirait le dnc de SIi profita de l'inquiétude générale que cause tonjonis sure pour obtenir 10 mille livres, ou l'équivalent en 28 juillet , le procureur syndic convoqua nne assemblée des pour délibérer sur le projet du chanoine Christi; elle eirt lienleVsltt très-nombreuse , bien que les curés , Messieurs de la Aaaiw, dn finances et quelques autres, n'eussent pas jugé convenable d*7 L'évéque prit le premier la parole , et cita en faTenr de la union l'édit donné le même mois à Rouen , par Sa Majesté, lequel le roi en adoptait les principes. Le maire , aussitôt , lecture préalable de cet édit ainsi que des lettres écrites tants de Nantes , pour les engager à députer aux états de la qui devaient ouvrir le 20 août, et aux états de Bloîs indiqués le 15 septembre. —Cette lecture achevée, rassemblée adhén
Xyi.« SIÈCLE. 247
bllqiieiiieiit et Si haute roix à I*acte d^nnioii; le serment ne fut ftAlé qne le 14 août suivant. Il est Si remarquer qu'il ne le fut ffÊb par. 60 à 80 personnes , dont 7 anciens maires , 5 anciens échefiM et 6 capitaines ; qu'aucun des membres du bureau , du haut dflVgét de la chambre des comptes et du présidial n'est indiqué y ayant adhéré. Un TeDeum et des feux de joie servirent cemt à signaler une joie qui pouvait être générale dans le peuple , qui ne Tétait pas dans la partie aristocratique des habitants.
àfttbê la prise de Beauvoir, le duc de Mercœur, sous prétexte de viriller à la sûreté publique, avait introduit à Nantes le régiment de 8«iil-Pol , malgré les représentations du négociant d'Harouis , alors paire de la ville. Bientôt il proposa au bureau de la commune de fgmiir de l'argent pour solder le régiment de Jarzai , troupe indisdlfliiiée et très-pillarde , qui désolait le pays d'outre Loire , mais il ftll refusé ; quelques jours après , Gassion , commandant du château , jeatnda à la commune trois cents écus pour solder deux compagnies qni menaçaient de passer à l'ennemi ; nouveau refus de la part de la pairie f qui fut enfin contrainte de payer mille livres pour contribuer auLfirais de la guerre.
Les dépenses dont elle était surchargée ne l'empêchèrent, point de n^arer à ses frais les fortifications et d'acheter des munitions.
Le chiteau de Montaigu , propriété de la dame de la Trimouille , arait été livré par elle aux calvinistes , soit qu'elle tînt secrètement fonr la religion réformée , soit plutôt qu'elle eût cru convenable d'en accorder la possession au parti qu'elle regardait comme le moins déTaatateur. De cette position , les troupes calvinistes faisaient chaque jovr des excursions dans les communes voisines. Elles venaient même qwl^efois jusqu'aux portes de Nantes ; aussi notre ville avait-elle à COTir qu'on les en délogeât. Le duc de Mercœur en fit donc le siège , eoBJointement avec le duc de Nevers. La ville, pour reconnaître ce aerrice, leur fit porter par dix députés des vins exquis et des confitures foar la somme de 200 écus d'or. A deux reprises différentes , elle arait fourni aux assiégeants cinquante mille rations de pain ; mais les Huguenots tenaient bon , et le duc de Nevers jura qu'à moins de vingt aille nouvelles rations son armée ne pourrait continuer le siège ; Ifaiites se hâta de les fournir. La commune était loin d'en avoir fini avec les généraux ligueurs; le 8 décembre 158d, elle dut encore leur livrer 100 mille rations de pain de douze onces chacune. La place
248 XVI.« SlftCLB.
fut prise , et les impôts extraordinaires amtinnèrBBt à penr wm b
Nantais. Trois cent mille rations de pain leur forent
la promesse d'enlerer aux calvinistes plofiemn poiati
avoisinaient Montaign. Les rations furent fonmies ;
pour Nantes , les ligueurs échonèrent sur pinsieim potats, «Ihi
lition du château de Montaign fut laissée à la dinrge de h
qui y dépensa deux mille écus, sans compter la poudra 0I In
La mort du duc de Guise et celle du cardinal ainsieat < au roi son autorité , mais ce prince ne sut pat en tirer parti. capitale réroltée, méconnut son ponToir, et son exemple par les principales villes de France dans lesquelles dontaaitlai union. Le duc de Mercœur profita de cette situation essayer de se rendre indépendant dans son gouTemeiBent tagne. Nantes était la ville dont il avait le plus k oœnr de m\ la population lui était dévouée , à Texception de la mairie 9 bureau était franchement royaliste et trop habilement dirigé laisser tromper.
Le 14 janvier 1589, le prince de Loiraine fit prapaaar I la commune de réparer et de fortifier Nantes; rennami ifl^ tait plus aux portes, et les bourgeois répondirent qnlla oux-mémes les réparations peu Si pen, et saîrant les leur communauté. — Battu snr ce point , le doc demanda sur les habitants qui se disaient exempts de garde , propoaMt di remployer h solder leurs remplaçants. Le bureau de Tille, que cet argent pourrait servir à d'autres usages, refusa Le 11 février, le duc feignit des craintes, dénonça un projet personne et demanda un conseil particulier composé de zélés , disant qu'il y avait désunion parmi les citoyens. La répondit que jamais Funion n'avait été plus grande, mais put refuser le conseil , c*cût été se faire accuser de tomber dans le piège que Merccenr lui tendait; elle mit d*ailienn conditions à rétablissement de ce conseil, spécifiant qu*il au moins quinze membres à chaque délibération, et que les affaires célères , annulant ainsi sa concession par diflicile à remplir, celle de trouver quinze membres pour une accidentelle , et surtout quinze membres prêts k prendre une
Le !23 février, le duc voulut changer la garnison de Glisson, fait disait-il, était mal avec les gens du duc d'Avaugour, seignam es
XTI.« SIÈCLE. 249
lieu, espérant oa s'emparer de Nantes an moyen de cette garnison, si elle Tenait dans notre ville , on réilnire Si merci la mairie , si elle arait rimprndence d'envoyer ses hommes à Glisson ; mais cette non- ▼dle rose n*eut pas plos de succès auprès des administrateurs de la oonmnney qui crurent suffisant d'écrire à M. d'Ayauçour et de le prier d'aviser aux besoins pressants. Fatigué de cette lutte , qni lui faiiiit perdre un temps précieux , le duc de Mercœur quitta liantes , binant à son épouse le soin de s'emparer de la ville. Cette jeune famille, non moins habile que son mari, prit des mesures hardies. Ce fiit d^abord de faire enlever l'artillerie des galères du roi qni se troaTalentdansIe port, et saisir le chevalier de Pierre Vive qni la commandait en l'absence de M. de Belle-Ille. Diverses autres arrestations faites aussi par les troupes aux ordres du duc, eussent dû éclairer les kaUtants sur les projets du prince de Lorraine , et cependant Nantes consentit à recevoir des troupes dans les faubourgs et à les payer au moyen d'nn emprunt sur les habitants les plus aisés. Cet arrêté , si contraire aux actes antérieurs de la mairie , n'obtint point Tapprobatîon du maire d'Harouis , aussi donna-t-il sa démission , qui no fut pas acceptée , le bureau ne pouvant se passer d'un homme si capable et si déToné an bien public.
Quelques habitants , fidèles à leurs serments , essayèrent alors de ■^opposer aux empiétements de la duchesse ; ils prirent les armes et barricadèrent les rues ; mais la Sainte-Union dominait et remuait à son gré les masses , aussi leur tentative n'eut-elle d^autre résultat que de prouver leur impuissance. Maîtresse de Nantes, la duchesse gagna Gassion , gouverneur du château ; c'était une créature de sa bmille, dont la conscience ne fut point difficile Si vaincre. Ce résultat dbtenu,la terreur fut mise à l'ordre du jour. Bientôt d'Harouis, ce respectable bourgeois , qui avait osé faire barrière h la fortune du duc de Mercœur et rester fidèle h la foi jurée , fut conduit en prison. Miron l'y accompagna. C'était l'un des receveurs-généraux de la province ; on le disait issu d'un médecin des ducs de Bretagne , et il avait cru devoir rester fidèle à ceux dont sa famille avait reçu de nombreux bienfaits. Quatre-vingts des plus notables habitants de Nantes ne lardèrent pas à les suivre: d'autres s'échappèrent pour éviter un pareil sort. La duchesse eut soin de destituer tout ce qui n'était pas aveuglement dévoué h sa cause. Un nouveau bureau remplaça l'ancienne mairie, et, pour payer sa bienvenue,
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il vota lâchement IBOO écus d*or à prendre inr hait kabUails absents , somme énorme destinée Si Madame de Heroœar , qw m il a oatro autoriser à faire des qaêtes dans les qnartien» pour aux l>e8oins de ses dépenses secrètes , dépenses toajoon dérables pour ceux dont le pouvoir s*appnie snr la TiolenoetiaBn d'emprunter sa force à l'affection publigoe.
Enflammés de leurs succès , les ligueurs contînaèrent sures terroristes. Un arrêté de la mairie décida que Kintet de commercer avec les villes qui ne faisaient point partie éè b Sainte-Union. Les marchands de ces villes, qui se tioaTai dans nos murs , furent expulsés le jour même. Qaelqnes plus sages ou plus habiles , firent révoquer cet absurde airèlé; la proscription fut bientôt rétablie.
Dans le but de s'emparer de Rennes , le duc de Mercœur fil le premier président du parlement , qui revenait en la Loire, avec sa femme et son gendre, violence qui ne loi rien. La duchesse, pendant ce temps, augmentait les fortificaHonsde Nantes et la garnison. Elle se procurait des munitions de gnemelde bouche, et faisait mille avances aux gentilshommes da oonléf ftm les entraîner dans son parti. Jeune, belle, pleine de gricssd d'esprit, cette femme distinguée ne négligeait aacane des permises à son sexe , pour arriver au but qa*elle se proposait. le roi perdit-il tout le comté nantais, à Texception da pays de de Glisson , de Guerande et du Groisic.
Les hostilités étaient trop avancées pour qu'on en restât là. Le ISanl 1589, le parlement révoque tous les privilèges de Nantes 9 iécif le duc de Mercœur et ses adhérents rebelles an roi. Henri III, di son côté , ordonne la translation à Rennes de Thôtel des BOMMieB, celle de la chambre des comptes , du présidial et de raniieiiilé, d'abord h Ghâteaubriant, puis il Guerande , puis an Groisic; mm k présidial seul obéit. — A la suite de ces faits survinrent les hoslilîtés à main armée. Le duc de 31ercceur s'empara de Ghiteaahriaal, puis du château du Goût, dans lequel il laissa 12 hommes de ganîson , sous les ordres du curé de Gordemais. Le dievalier dn fieil s'était sauvé à son approche ; en se retirant dn côté de Beanes» il s'empara de Blain , oh il sut se maintenir assez long-temps. — Le jour de la Fête-Dieu , la ville reçut un courrier qni loi anaançait que le duc de Mercœur avait rencontré le duc de Soissons , proche
XTI.« SIÈCLE. 251
fiaient du roi, et qa'il Tayait vaincn. Le duc lai-méine, le comte des Yertns et le marquis de Noirmontier se troaraient an nombre des fiifonniers. Cette nouvelle enflamma le zèle des ligueurs. Un nouveau serment de fidélité à la Sainte-Union fut exigé de tous les habitants ; ceux qui refusèrent de le prêter furent chassés de la ville , et Ton confisqua leurs biens : trop heureux ceux qui purent sortir sains et saufs de nos murs. Le duc profita de cet enthousiasme pour faire à Nantes un emprunt de 20 mille écus. On convint qu*il serait Tolontaire , mais que les royalistes riches seraient contraints par la ^ison et autres moyens coercitifs d*en fournir leur cote-part. De nomlireuses vexations suivirent cette délibération , et beaucoup d'habitants notables abandonnèrent une ville où Ton ne pouvait plus Tivie en sûreté. Le duc de Mercœur , voulant poursuivre ses projets sur la Bretagne , fit le siège de Vitré » pendant que M. de 6ue- ^priant attaquait Blain. Ces deux entreprises échouèrent , au grand Ifppret des Nantais , qui avaient fourni en pure perte à M. de 6uehîriant la somme de 10 mille écus.
Cependant la ligue était vivement pressée par les Ibrces réunies des rois de France et de Navarre. Henri III , qui avait failli venir attaquer la Bretagne , et qui eût probablement, sans le conseil du roi de Navarre , perdu son royaume pour reconquérir une province , était à la veille do rétablir sa fortune , lorsqu'il fut assassiné par le moine Jacques Clément, de Tordre des Jacobins. La nouvelle de cet événement produisit à Paris une joie extraordinaire. Les prédicateors firent en chaire Téloge du saint martyre ( le ja^bin Clément) , et placèrent son imft§b sur les autels. La duchesse de Hontpensier^ qui avait contribué à fanatiser ce moine , témoigna sa joie en embrassant le porteur do la nouvelle de la mort du roi , et Mayenne écrivit bientôt aux habitants de Nantes la lettre qui suit , monument curieux des opinions et de la politique de cette époque.
« Messieurs, Dieu nous faict ordinairement paroistre ses mer- » veilles lorsque Ton pense les affaires plus déplourées , affîn que » noos connoissions que nostre protection vient de sa bonté, et » que nostre espérance ne doibt point estre attachée au service des » hommes, encore qu'il s'en serve en Texécution de ses sainctes vo- » lentes. Je ne veulx point répéter les œuvres miraculeuses durant » tous les troubles qui ont estez suscitez en ce royaume depuis » l'introduction des hérésies. Ayant sa justice divine monstre en-
252 XTI.« SIÈCLE.
» coro plas ouyertcineiit les effecto en la façon de la BorldaBOitR
» ennemi , lequel s'estoit da tout bandé à la mine de noatra niacle
» religion et de tons les gens de bien qui en ont entreprit h M-
» feuse. Car à Tinstant qu'il se vantoit de faire saccager
» très-catholique , et que desja il aYoit Caict le partaige de
» cantons , Dieu a permis qn*ung simple religienx , ponn
» zèle , nous en ayt délivrez et garantii da péril anqoel il
n nous avoir réduitz. Or, Messieurs, c*est à Toaa d*en
» à Dieu qui est nostre libérateur, et nous esrertner pi
» mais pour maintenir son sainct service et à n*y rien
>» Rendant certain tesmoignage par nos actions et
» c'est la seule fin à laquelle nous mirons , et je ne fais point de
» qu'il ne nous soit propice et favorable. Vous suppliant de
» que j'y emploieray de ma part tout ce qui sera
» me recommandant en cest endroict bien afiectaei
» bonnes grâces; priant Dieu vous donner, Messieurs, et
» longue vie.
» De Paris , ce unzième aoust 1589. Vostre affectionné
9 Ghâbus db LouAin. »
.4ussit0t que la mort du roi fut connue, Meroœnr enroya II le sénéchal de Fougères , pour en porter la nooTelle ; nais la lement le fit arrêter et pendre presque immédiatement. Gelte tique cruelle et prudente fut suivie de représailles. Le di cœur, qui cependant était généreux, fit pendre à son tour» aar h place du BouiTay , un juge de Laval , ^tk avait en le conraga da fe «léclarer rebelle et traître au roi. Notre ville , que la mort de Ban et celle du juge de Laval avaient mise en joie, manifesta aon lentement par un vote de 5600 écns. Le chapitre et le qui dirigeaient l'opinion , accordèrent 2000 livres pour frais de la guerre , et chantèrent un 7> Demn k la cathédrale.
Loin de se soumettre au nouveau roi , le duc de Meroorar sV plus activement que jamais d'augmenter sa puissance. il arrivait au duché de Bretagne ; vaincu , sa position lui «robtenir de meilleures conditions : aussi convoqaa-t-il II Nantes k parlement ; mais la majeure partie de ce corps prêta smtal à Henri IV.
Les ligueurs de notre ville , excités par le gonremenr de
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derinrent d'une intolérance insupportable. C'étaient dans lenr sein des épurations continuelles , et bientôt TéTêque Philippe-du-Bec fut furoé de quitter son palais et de se retirer à Tours ; car il n'était plus à Il hauteur de l'opinion. Cependant des partis royalistes ne cessaient d'inquiéter la Tille. Les mesures de l'état de siège furent reprises de nouveau > et , rers la fin de l'année , un impôt de 1666 écus d'or fbt engé des habitants.
En 1590, les mêmes mesures de sûreté publique furent conti* nuées : des moulins à bras et|à cheraux furent construits dans l'intérieur de la ville. L'un d'eux , établi dans la me de Verdun , lui a laisié f depuis cette époque , le nom de rue du Moulin.
Le duc de Mercœur, voulant contrebalancer l'influence du parlenent de Rennes , resté fidèle à Henri IV , avait établi à Nantes un noavean parlement, qui ne reconnaissait pour roi de France que le cardinal de Bourbon , désigné par les ligueurs sous le nom de Charles X. A peine le parlement de Rennes en eût-il connaissance , qu'il lustndtit le procès des membres qui le composaient, confisqua leurs binas et les fit pendre en effigie. — De son côté , le présidial, transporté à Guerande , décréta de prise de corps les maires et échevins qoi soutenaient la ligue. — Le parlement de Nantes, à son tour, QM de représailles, et fit exécuter en effigie , sur la place du Bouffay , eonnne fauteurs du roi de Navarre , les membres du parlement de Rennei.
Le duc de Mercœur était extrêmement hsbilo à tirer parti même dei circonstances les plus défavorables. Le bruit d'un siège prochain ■*étant répandu, il obtint de la ville nne nouvelle compagnie de 20 cuirassiers et 30 arquebusiers ; à Toccasion du renouvellement du serment de fidélité à la Sainte-Union , il sut tirer du clergé 400 écus pour solder* cette compagnie nouvelle. Le fort Saint-Léonard s'étant écronlé , il fit consacrer à sa reconstruction 400 antres écus destinés an Papegaut. La ville se trouvait alors ouverte de ce côté , ce qui loi territ de prétexte pour doubler la compagnie qu'il venait de former.
Quelques combats eurent lieu, à cette époque, dans les environs de notre ville. Le seigneur de Goulaine attaqua le château de Vue et 8*en rendit niaitrc; de son côté, le prince de Dombes enleva Ghiteaubriant aux ligueurs , auxquels le courage commençait à manquer , lorsqu'ils 'apprirent que le siège de Paris était levé , et que 4500 espagnols venaient de débarquer à Saint-Nazaire.
Tannée sairante, les Etats de TUnion se tinrent fe Ifnln; m j rédigea nn cahier d'ordonnances en 78 articles , oonoemut h irilgion, la justice et les gens de guerre. — On arrêta de àamÊmÊmï Rome rétablissement à Vannes d*ane commission qui df^eannii en certaines matières ecclésiastiques , de s*adresser à roBtU il Tours. Des bureaux de perception pour les deniers pnblicsdn Mêêêê furent établis à Ancenis , Ingrande , le Groisic et GhAteanIviBBl ^ venait de retomber au pouToir de la ligue. Le même cnpa de juger Tévêque Philippe du Bec; ce prélat fnt dédavél et déchu de ses bénéfices ; le chapitre reçut ordre de dt pape de lui donner un successeur. — Pendant la prooédnre* du Bec envoya des pièces justificatives, que ses juges firent le bourreau. — Tous les seigneurs et gentilshommes de prendre les armes contre les ennemis de la Sainte-Union. Mars-de-la-Jaille ayant refusé d*obéir à cette injonction» le ce bourg fut assiégé et pris ; la ville demanda , mais en Tain, lition. Les châteaux de Saiut-Mars-de-Coutais et de la bèrent aussi au pouvoir des ligueurs : ce dernier fat rasé plus tard. Celui de Blain» dont la garnison inquiétait ville, fut assiégé par le duc de Mercœur. Le cheTaiier dn le commandait, fut fait prisonnier avec tout son monde; reux gentilhomme fut incarcéré an chltean de Nantes ; plusieurs autres chefs furent envoyés sur les galères dn qualité de forçats; mais ils parvinrent à s*emparer de et à s'échapper.
Le pape Grégoire avait envoyé en France nn nonvean le fameux Landriano , prélat milanais , non moins attacM à qu*à la ligne. Les bulles dont il était porteur « prescriraient] d'abandonner Henri IV ; les ecclésiastiques fidèles an frtM menacés d'excommunication et de privation de bénéfices. Le la publia solennellement à liantes dans la Cathédrale. — Le de Tours brûla cette bulle , mais celui de Nantes brûla Vi et fit faire une procession expiatoire à cet e occasion. — fait observer qu'en ce temps les processions étaient en gmdl Le feu prenait au clocher de la Cathédrale et n'en krûlail partie; procession en action de grâces. Le firoid était liganmif procession pour demander au ciel de le fanre cesser. Le dne àt Mercœur partait pour une expédition, prooessi<» ponr altirar h
bénédiction dÎTine sur ses armes. II formait quelque entreprise , pro* Gestion pour sa réussite. Il obtenait un succès, procession. Les kngaenots menaçaient la ville, procession. Le péril était-il grand, alors h procession se faisait en chemise et avec des torches. — Une bataille qui eut lieu le 23 mai 1592, entre Tarmée du duc de Meroœor et celle de Henri lY, commandée par les princes de Sombes et de Conti , qui assiégeaient Craon , fut une occasion nouvelle de cérémonies religieuses. Dans cette circonstance , le duc de Mercœur remporta sur ses adversaires un avantage signalé : deu cornettes, vingt-quatre enseignes, beaucoup de prisonniers et ODie pièces de canon furent le fruit de cette victoire. Les drapeaux teent attachés aux voûtes de la cathédrale , et le duc de Mercœur fit bâtir mie chapelle dédiée à IVotre-Dame-des-Victoires, dans Téglise de Saint-Yincent, sa paroisse. — La terreur religieuse était alors à son comble. Les ligueurs avaient défendu d*acheter les biens des royalistes ■am antorisation spéciale du duc de Mercœur, toutes leurs propriétés ayant été confisquées au profit de la Sainte-Union; mais les persécutions étaient beaucoup moins cruelles à Nantes que dans les campagnes, et aartont dans la Basse-Bretagne. On se contentait dans notre ville d^enlever leurs propriétés aux partisans de Henri IV et de les jeter en priaon comme fauteurs du roi de Navarre, tandis que, dans le reste de la province et surtout dans la Gomouaille bretonne , il se commettait jcNimellement des atrocités qui surpassent tout ce que T imagination pomrrait inventer. Dieu merci, ces horreurs ne sont point de notre anjet, nous n'aurons à raconter ni les incendies de villages entiers, ni le viol des femmes et des filles , ni le pillage des gros bourgs et dea petites villes, ni le massacre de 1500 paysans en un seul jour; car lea malheurs de 93 et les horreurs dont Nantes fut le théâtre à cette époque , ne sont rien auprès de ce qui avait lieu dans le département actuel du Finistère à la fin du XYI.^ siècle.
Pea de temps après la victoire du duc de Mercœur, sa femme mit an monde deux jumeaux. Leur baptême eut lieu le même jour et sana aucune pompe. Ces enfants de prince entrèrent au sein de Téglise catholique comme des enfants de vilains ; bien plus , la duchesse leur choisit pour parrains et marraines, des gens de la classe la plus pauvre, qu'elle fit habiller proprement, et dont elle assura Tavenir par une pension , mettant ainsi de la politique jusque
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dans les actes qui semblent le plas étrangers am alhim mais cette manière d'agir lai donnait lor le people influence , et personne à Nantes , à cette époque » ii*eût oeé lil tÊm k moindre opposition.
Le duc do Mayenne avait convoqué les états gëBéraoz de h à Paris. Nantes y fut représenté par plasieniB dépnUBt lesquels le fougueux théologal GhristI , Tun des terramtea da wm temps ; celui-là même qui , quatre années auparaTant , arait la mairie do Nantes , d'adhérer au pacte de la Sainte-Ui Henri lY abjura le calvinisme , et cet acte habile miaa les parti opposé. Le duc de Mercœur en fut sortent TÎTemeat ainsi que les négociants devantes, qui faisaient » à la ligue et do la terreur religieuse, les plus belles affiiirea avec Cependant le duc résolut de tenir bon , et, sons prétexte dai rUniversité de Nantes , il obtint des États de Bretagne 90 qu'il employa aux fortifications. — Bientôt eurent liea Ai entre lui et sa sœur la reine Louise , envoyée à Anoenîa loat l>our traiter de la paix. Le duc éleva trop haut ses préteatioasy ell {{ociations traînèrent en longueur; elles furent reprises à de là , par Philippe-du-Bec , envoyé du roi , et Gharles-de-] alors évêque de Saint-Malo, qu'assistait le président da de Nantes, nommé Delaunay. Malgré ces ouvertures , les continuaient toujours. Le duc de Mercœnr faisait fortifier la pendant que les troupes de Henri lY lui enlevaient ques-uncs de ses places. Les pourparlers oontini à cette époque, Henri IV, moins occupé par aillems, sur la Bretagne, à la t6te d'une armée trop puissante ponr Mercœur pût concevoir l'espérance de lui résister. Bient^lt In se mit dans les rangs de la ligue; car les trattresiont nombreux dans un parti dont l'impuissance est bien coBstatéa; le duc de Mercœur se trouva-t-il en apparence dai très-fAcheuse ; mais il était homme de ressooroes, et députés adressaient au roi les excuses les pins plates sor la tenue par la ville de Nantes et le gouverneur de Bratagne , la de Lorraine s'adressait à la maîtresse de Henri lY et Ini marier sa fille au bâtard du roi. Ces deux enfants étaient ibrt la fille du duc de Mercœur avait six ans ; César» dnc de Vi
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uttorel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrée , en avait quatre. Cette alliance illustre séduisit la maîtresse du roi , et le duc de Mercœur obtiot son pardon à des conditions aussi favorables pour lui qu'onéreases pour les malheureux sur lesquels il avait déjà fait peser tout le poids d*nne guerre civile suscitée par son ambition. Le roi , par un édity lui accorda 231 mille écus de gratification, cent cinquante mille lirres de pension , quarante-cinq mille écus à prendre sur les impôts de It province de Bretagne , la permission de prélever un impOt de cinq mille écus sur les habitants du duché de Penthièvre ; tous les blet en magasin et 150 mille écus pour dédommager ses lieutenants ; il lai conservait en outre sa charge de capitaine de cent hommes d*annes et de cinquante hommes soldés. Ce fut à ces conditions , si imurdes pour le pays , que le duc de Mercœur quitta des fonctions qoi devaient appartenir à son gendre et ne point sortir de sa famille. Cet exemple nous montre combien il est dangereux pour les peuples de vlTre sons un gouvernement absolu. Les princes sont trop disposés comme tous les hommes, à dépenser sans réflexion, à distribuer selon leur lion plaisir Targent qui leur est venu sans peine , pour qu'on leur accorde avec confiance un pouvoir dont une vertu extraordinaire peat seule les empêcher d'abuser. Henri IV est , certes , Tun des meillemn rois qu'ait eus la France : cependant, la Bretagne et la ville de TIaiites ont bien d'antres reproches à lui faire, que celui d'avoir disposé de leurs biens en faveur d'un grand seigneur dont l'excessive aiabition leur avait été si funeste.
Le roi devait venir h liantes, et la ville s'occupa de le recevoir. Un impôt de 17 mille écus fut voté pour cet objet , et les plus aisés des habitants furent contraints d'en faire l'avance; douze mille écus étaient destinés aux frais d'entrée, deux mille aux hospices, et trois mille an paiement de la garnison que le duc de Mercœur devait dissoudre.
Les grands seigneurs ne tenaient pas alors beaucoup à acquitter leurs dettes. Le duc de Mercœur trouva plus commode de garder pour lui la solde de la garnison de Nantes, que de la payer avant de la licencier. Il s'y prit d'une manière fort adroite pour commettre ce Tol; ayant réuni la majeure partie de son monde sur la place des Lices, comme pour passer une revue , il donna des éperons à son cheval , rentra en ville et fit fermer les portes. Trop faible pour attaquer IVantes, le corps passé en revue sur les Lices (aujourd'hui les Cours) se débanda et se dédommagea, sans aucun doute, parle pillage des
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campagnes voisines , dn manque de foi dont le doc de HmmmiétÊ rendu coupable il son éf;ard, et dn tort pécuniaire qo*il Inaniti Cinq ou six cents hommes restaient encore an châtean, aussi les licencier sans bourse délier; mais instniîts j^ le tort de leurs camarades, ils protest(irent haatement , et le doc delrnav fut oblif;é de leur compter leur arriéré de solde. Albert-de-Morlaix raconte ainsi ces dirers événemenfs: « L*an 1598, le roy Henrt IV, voyant qu*il ne restoitplaiiinèh ligue que la Bretagne, et quelques fortes places circoaaoMMi, ■ résolut de la mettre en son obéissance, et & cette fin fit auaniM régiments et troupes do gens pie-d pour yenir assiéger latte A, séjour ordinaire du seigneur duc de Mercœur, lequel ee tt|Mi soustenir le siège , et fit retrancher la motte de SainctpKem, d nvictuailla le chasteau et la ville: mais ayant assemblé la Bakei de ville pour sçauoir la volonté des habitants, la proposition bàbttti prié de se retirer, afin que plus librement le peuple peut suffrages. Il ne fut plus tOst sorti du conseil , qne tons et vnanimement conclurent 5 la paix , se déclarans sobjelB el «uiteurs de sa maiesté, et envoyèrent leurs députés, seigneur duc de ne se plus opiniastrer à ce party ; qu'il ntj point d'apparence de soustenir seuls tonte la pnissauee éi HT recogneuë par toutes les autres prouincei et Tilles du nji c'estoit s'exposer h In juste indignation do prince, et propre ruine de fond en comble. Le duc fut bien cstonné résolution, car il auoit toute autre intention, mais il en fallal] par lii. Il déi>oscha sa femme vers le roj \ Angen, poor dira !■ inajosté , que le duc son mary , avec toute la Bretafçne , et loae ces ((ui s'avoiioient de lui, se reduisoient sons robéissanœ desaHi^Hif- La difficulté estoit de faire vuider les gens de guerre dn chailBiB tf de la ville, et empescher qu'ils ne fissent quelque désesparade à h sortie : pour y obuier , le duc fit vne feinte et courir le brait fal vouloit soutenir le siège , et partant reconnoistre son BMmda, il commandement h toutes les compagnies de se trouuer en la |rfi nommée des Trois-Pendns, pour y faire monstre et toncber ieurf^ya: s(ms cette amorce il les tira hors de la ville, mais ayant esté avati par vn des chefs de ces compagnies de se retirer, parce qnlbanaieil nrresté de se saisir de sa personne , et en faire présent an rsj t cK piller la ville pour se récompenser, il se retira vers la porta
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Pierre, faisant contenance de renger les escadrons, et estant sur la Hotte picqna bride analée vers la ville , commandant de n*y laisser entrer personne qne ceux quMl nommeroit. Les soldats se voyans frustres de leur attente se débandèrent et rompirent. Or, ccnx qni ettoient an chastean, au nombre de 5 on 600, craignans qu*on ne lenr en fit antant, se réuoltèrent et se firent vn chef; mais le seigneur de Haroœor (qui estoit logé à TEnesché) y entra par vue petite porte à pont-levis , qui donnoit en TEspron qui est près la tour des Menriers , ■or la muraille de la ville , et les trouuant tons en armes en la grande place de cbastean, les reprit de lenr réuolte, et promit vne bourse de 500 escus à celuy qui luy nommeroit Tautheur de la sédition : cette parole les offença , disans qu'ils n*admettoient pas ces menasses pour paye , quMls aimoient mieux s'enseuelir dans les ruines , que HMnqse d'argent deuenir voleurs de grands chemins et proye des pnoosts: à cela le duc repondit qu'il les vouloit payer, ce qui fut bit, et ainsi sortirent du chasteau et de la ville ; et peu après le duc de Mercœur, sniui de sa cauallerie, alla trouver le roy à Angers, où fut lUt le traité le dixième mars, par lequel la fille unique dudit seigneur due, fat accordée à César Monsieur de Yendosme , fils naturel du roy et de madame Gabriôlle d'Estrée, duchesse de Beaufort, auquel demeura le gouuernement de Bretagne. En6n , le roy descendit H Nanlei, et y fut reçeu en grande resioiiissance, et receut Tordre de la lartière d'Angleterre en Téglise cathédrale de Sainct-Pierre. »
Henri lY ayant appris que 12 mille écus étaient destinés à fêter aon entrée, fit écrire aux habitants de Nantes qu'il les dispensait du cérémonial , pourvu qu'ils employassent les 12 mille écus an paiement de les gardes. La ville avait déjà fait des dépenses et voulut discuter sor la somme; elle oUrit huit mille écus, puis dix mille, et finit par payer la somme entière , sur laquelle cependant le roi permit de distraire les frais de son logement. Parmi les dépenses faites par les boorgeois de Nantes à cette occasion > nous remarquons celles qni avaient pour but d'orner des couleurs du prince , incarnat blanc et reri , les quatone compagnies de la garde nationale ; des enseignes de tafietas garnies d'écussons et de chiffres, lesquelles coûtèrent quatre centa écus, et deux livres treize sous et dos présents de vins. Madame , toer du roi et la GahrieUe d*Estrée (c'est ainsi qne l'on pariait alors) , devaient accompagner le roi ; on leur avait destiné à chacune vingt
livres de soie plate de toutes couleurs y cent llrres de ooaitaKi di prix de 252 écus y compris les boites, six paires de gants lakrii de () écus la paire. L*on avait en outre acheté pour MadaaM an lari de noix confites, et pour la Gabrielle six amariens^ qni, avec cage 9 revenaient à 17 écus.
La prise de possession de la ville fut faite par Albeit-de-G<Mdit< de Retz, ancien gouverneur des ville et rhâtean de Hantes , lilit au château cinquante hommes et dix goujats, etreçot ensafaèli maison commune > le serment des habitants. Un Te Deu solennités. Le chapitre ligueur avait eu soin de changer dV l>onr rester en place dans cette circonstance, et ses gei fait descendre de la voûte de Saint-Pierre, les drapeaux enlevéi huguenots par le duc do 3Iercœur.
Le lundi , 13 avril 1598 , Henri TV fit son entrée , après avi h Chasseil, aujourd'hui Chassais, avec Philippe-dn-Bec , o prélat, que son chapitre, égaré par les passions politiques, avait ééclaré infâme quelques années auparavant. A six heures du soîr, \twà passait à cheval sous la porte Saint-Pierre , précédé et suivi foule nombreuse ; il se rendait au château dont la vue lui exclamation si connue à INantes: yenUre Saint-Gris^ êbê dÊseêéê htyne néUnenl pas de peliU compagnons.
Le lendemain, Henri lY , escorté de ses gardes, se raudil à il cathédrale. Les deux chapitres, en habits de cérémonîep le rentrée de Téglise. Agenouillé sur un coussin de velours, le roi la croix que lui présentait Tévéque de Saint-Malo , alors àllaules,tf promit de conserver et de défendre les libertés de Téglise ; puis U «nfei sous la nef, où il entendit un Te Deum chanté alternatif musique et les orgues. — Il monta ensuite au Chœur, où il s'antta dant que Tun de ses chapelains disait la messe.
Pendant son séjour à IVantes , Henri IV , auqael on i fuser une habileté remarquable et bien supérieure à celle de la de nos rois, s'occupa presque exclusivement d'affaires; il les privilèges de IVantes , y appela la Chambre des Comptes qui, i neuf ans, se trouvait 5 Reunes, et déclara cette première dtéi fie lu Bretagne y oubliant, comme cela se fait d'habitude en paraiDei constance, au mépris de toute justice , les services rendus à parles habitants de Rennes, pour récompenserdes sujets dont il avait sa au contraire beaucoup à se plaindre , mais que la politique
▼ait déménager.— En échange de ses prévenances , le chapitre de Hantes, qui avait à faire oublier un si grand nombre d*actes de violence, fil MMiner la grosse cloche pour annoncer la naissance d'un bâtard du loi, le chevalier de Vendôme, depuis grand prieur de France, dont la GahriêUe d'Estrée venait d'accoucher. Des prières publiques succédèrent au son de la grosse cloche. Jamais M."* de Martigues ni la dachease de Hercœur , elle-même , n'avaient reçu du chapitre un homnage aussi éclatant. Henri lY , qui savait à quoi s'en tenir sur les cpiniont du haut clergé de Nantes, et qui ne pouvait en exiger que des appavences de respect et de dévouement , fut sans doute très-satisfait.
Le nombre des échevins avait été porté à 10 , Henri IV le réduisit à 69 al it modifier profondément le système municipal de la ville. — Nantes jouissait du privilège de nommer son maire. Le roi décida qu'à TaTenir , au 1." mai de chaque année, la ville présenterait trois candidats pour la place de maire, et six pour les deux places d'éche vins, se léaarrant le droit de choisir. Les mêmes formes furent prescrites pcmr les nominations du procureur-syndic et des officiers de la milice iMwrgeoise.
Avant de partir pour Rennes , Henri lY fit reconnaître le duc de Vendôme , alors âgé de quatre ans , gouverneur de Bretagne , et l'on vil , ce qui n'avait rien d'étrange h cette époque , ce jeune enfant , qoi ent beaucoup mieux aimé , sans doute , jouer au sabot dans la oomrda château , ou prendre ses ébats sur la Motte Saint-Pierre, préaider en qualité de gouverneur de la province, une réunion du bureau de ville , auquel on notifia les élections à faire et le nombre des candidats à présenter.
Le 80 avril , le roi signa le fameux édit , connu sous le nom A^Êdit deNoiUês^ par lequel les Calvinistes obtinrent le libre exercice de leur culte dans les lieux désignés par les ordonnances antérieures , le droit aux charges et emplois civils et militaires , des juges mipartie catholiques , mi-partie calvinistes , la liberté d'avoir des ministres dans leurs châteaux et la confirmation de tontes les concessions qui leur avaient été faites.
Gel édit ne fut enregistré que l'année suivante. Le Président de TImhi, le Chancelier de J^avarre, Ghanmier calviniste d'une haute capacité , le Président Jeannin et M. de Scombery passent pour ravoir rédigé. Louis XIV lerévoqua malheureusement en 1685, comme nous le verrons en son lieu.
Le lendemain de la signatore de Tédit de Hautes , M. é^Ettmgt fat installé maire avec la pins grande pompe : cet hoBonMe ne reçut en cette circonstance que ce qui lai était dft ; ton et son habileté pratique avaient rendu les plos grands aerrieei I h ville ; il avait , en outre, expié dans la prison, où FaTsit Ut jM« M."*c de Mercœur , son dévouement à la canse de ses ooBcilegr
Quelques jours après, le roi permit Si la rille de peroeToir, par le passé , pendant neuf années les octrois ordinaires « à h lion qu elle en emploierait une partie à TaclièTenient des de la ville neuve. Remarquons ce fait , il est instructif: à celle de bon plaisir, non-seulement les citoyens sont passibles à mais encore le gouvernement peut Si son gré leur enlcTer la de Toctroi pour l'employer à tonte antre chose qa*an bien-Me éih cité.
Henri IV quitta Nantes le 6 mai , laissant an chAtean GabrieUadl^ tréc , moins peut-être par soin de sa santé qne pour aYoir à une personne dévouée h ses intérêts et qni s^occnpAt de Tcxécution de ses ordres. Sous ce rapport, sa maîtresse m point ses espérances. Le roi avait Thabitude de changer les dans toutes les villes que les ligueurs avaient occupées; et la de Bcaufort s'empressa de changer ceux de Mantes, malgré les représentations du maire d'Harouys , qui semblait destiné à Topposition sous tous les gouvernements. Cette mesure Art snMs es la réduction des appointements des officiers de Yille ; les d'architecte , de fifre , de clerc-du-gnet , de tambonr, primés. Les corps-de-garde furent affermés an profit de la tIIs, hs barricades et les portes furent abattues et vendues , les tnadUesd fossés furent comblés. ^ Ainsi se termina la guerre de la Ligaa.