COSTUMES
Noos ne croyons pas utile , après tont ce qni précède , de passer terne les modes. A partir de François !.«' , la Bretagne adopte entitoeaient les modes françaises , et Nantes n*a rien sons ce rapport qui la distingue des antres grandes cités dn royaume. Le peuple seul Gonserre en grande partie son costume et ses coutumes.
ÉCHIYÀINS DU XYI.« SIÈCLE.
An AV1.« siècle , liantes a compté parmi ses habitants quelques personnages remarquables dont nous allons rappeler les œuvres.
La duchesse Anne a laissé plusieurs mémoires que Ton dit bien écrits ; nous ne les connaissons pas , et les lettres de cette princesse que nous ayons vues , étaient Tœuvre de ses secrétaires.
Hichel Columb , sculpteur , a fait à liantes le tombeau de François n 9 11 statue en marbre ou en albâtre de Tévéque Gueguen ; on lui attribue les arabesques de la chapelle de la Collégiale qui existe encorey et quelques autres travaux entièrement perdus. — Qu'avait-ii fait auparavant pour mériter la confiance de la reine Anne et pour être chargé d'un aussi grand travail que le tombeau de François II, nous rignorons.
Jacques Tioles, fourrier de la compagnie de Monsieur Latrimouiile» M composé plusieurs satires ou coq-h-râne, des chansons, des vers en Thonneur des dames dn Mans , où ses œuvres ont pam en 1568 , dMK Uiérome Olivier.
Kerre Biré , sieur de la Bouciuière , avocat du roi , a publié à Nantes, en 1580, sous le titre de Gazette (TÂletin le martyre , son Épimarie, on relation 'contenant Torigine^ Tantiqnité, la noblesse de Tancienne Armoriqne , et principalement des villes de Nantes et de Rennes ; cet ouvrage est curieux et savant.
GnÎHaume Mary a publié un volume de commentaires sur le droit dril.
Olivier Gonin, de Paimbœuf , a laissé un livre sur les ruses employées au jeu.
Pierre Boistuaux, écrivain très-fécond, a publié des ouvrages assez nuls sur divers sujets. Voici les titres de quelques-uns : Traduction de la Cité \de Dieu de Saint- Augustin. — Traité des pierre*
Xyn.« SIÈCLE. 289
DIX-SBPTIÈMB SIÈCLE.
FIN DU EÈGirB DB HSITEI IV.
Miàm 1600» le doc de Montbazon rint à Nantes; on lai fit une réceplim Ivillante » et la ville fit compter > nuds sans Hrer à conséquence , cnt écos à son maître d^hôtel pour ses menas frais. Les boargeois , en ftdsaiit cette libéralité , croyaient bien qa*elle n*en nécessiterait point d*avtie8; ils ignoraient qae les abas s'introduisent facilement comme iè|^ à la favenr d*an précédent , et que » plus tard , il devient imposliMe de les déraciner. Bientôt ils en acquirent la preuve. M. deMonthaioii les invita à fournir aux frais des obsèques de M. de Lussan , mort m château, ce quUls accordèrent de nouveau, croyant ne compronellie en aucune façon leur avenir et celui de la ville par un acte éfM Us ne comprenaient pas toute la portée. Le même duc de Montbtiim, sollicité quelque temps après, par la ville, de faire ouvrir la porte de Sauvetout , fermée depuis long-temps , ne voulut accorder cette demande qu'à la condition qu'elle en paierait les frais. Jean Brlgnet entreprit cet ouvrage pour quatre cent quatre-vingts écus.
Nantes s'était montré trop facile envers un grand seigneur , pour que le roi ne cherchât pas à son tour h profiter de ses excellentes dispositloBS. Par une lettre du 27 juillet , il demanda 8,000 écus pour les frais desonmariage. La ville, très-obérée, fit une réponse évasive, et promit de suivre l'exemple des autres villes , auxquelles Henri lY adresserait pareille demande. Le roi fit bientôt de nouvelles instances. La ville était pauvre , Henri lY venait encore (et cela sans avoir consulté ses représentants) de la dépouiller de ses titres de créancier sur le duc de Mercœur , qui devait à la commune des sommes considérables. — Les instances du prince donnèrent lieu à une réunion générale du conseil de la commune , dans laquelle le procureur-syndic exposa la situation financière de la Cité. « Nous devons , dit-il , plus de 80 mille écus. Des sommes considérables nous étaient dues par le duc de Mercœur , qui^^iminuaient beaucoup cette dette. Notre seigneur le roi a
du Sanitat. La promesse de la sarrivance dans le cas oh raumônier Tiendrait à décéder , fat eocore stipulée parmi les conditions.
n fat plas difficile, dit Travers, de trouver an chirurgien. Le dernier reçu demandait ceut écus de gages par mois. La ville, qui tronvait ce prix trop considérable, entra en arrangement avec Pierre Sylvestre ; elle lui donna son logement dans la rue de la Boucherie , près la porte de Sauvetout , 50 écus d*or pour se meubler, 50 écus par mois^ payables d'avance, et la promesse de 80 écus de gratification aussitôt que l'épidémie aurait cessé. Pierre Sjlyestre s'obligea , de son côté , à placer au Sanitat un garçon ckkurgien pour faire les pansements^ à visiter souvent lui-même les mabdes, h soigner les pestiférés de la ville et des faubourgs, de Pirmil et de Saint-Donatien , qui réclameraient et paieraient ses soins. — Il devait porter, pour être plus facilement reconnu dans les mes f une baguette blanche.
Dans une autre réunion, le bureau de ville décida de louer le manoir de la Touche, pour y mettre les pestiférés , et il accorda h leor médecin la clef de Tune des tours de Sauvetout, pour y prendre Pair à son aise. Mais la tâche était pénible, et le malheureux maître en chirurgie fut atteint de la maladie régnante et succomba. L'embarras du bureau fut alors extrême, la maladie sévissait aTec violence, et nul maître en chirurgie ne voulait soigner les malades , quelque prix que Ton mît à ses services. Un compagnon ou garçon chirurgien gagnant maUrise eut seul le courage de se dé- Toner au service des malades : 40 écus par mois , 20 écus pour son ameublement , et la maîtrise à la cessation de l'épidémie , telles forent les conditions auxquelles il consentit à se charger de cette tâche aussi périlleuse que pénible.
Dans une troisième réunion , le bureau de ville s'occupa encore presque exclusivement de l'épidémie. Par ses ordres , on cadenassa les maisons qui renfermaient des malades ; il fut prescrit d'y passer par les fenêtres tout ce dont leurs habitants pourraient avoir besoin. Les mêmes mesures furent prises aussi pour toutes les maisons dans lesquelles il y avait eu des malades. Les convalescents devaient passer dix à douze jours à la maison de la Touche , arant de pouvoir rentrer dans le droit commun et jouir de leur liberté individuelle : ce devait être à leurs frais, s'ils en avaient les moyens , et aux frais de la ville , s'ils étaient pauvres. Les
^ raiferme des miasmes dangereux. Les soins de propreté , les BOMures hygiéniques et les moyens propres à distraire les imagi- ■■Iknia faibles, préserveront cent fois mieux une rille du typhus, êe la peste ou du choléra , que les cordons sanitaires et les lazanii. Chaque jour cette opinion, que les faits historiques confirment, acqsiert de nouveaux partisans parmi les hommes les plus éclairés , ai Ueatôt les médecins des lazarets , et les autres employés de établissements seront les seuls à soutenir une doctrine vieillie , laquelle reposent les abus dont ils profitent.
Les ordonnances du bureau de ville de Nantes, en 1602, loin de Cftlmer les inquiétudes des habitants, contribuèrent à les augmenter. jàflès avoir cherché partout un médecin pour les pestiférés, il avait flrils 16 contenter d*un simple garçon gagnant maîtrise, et bientôt le Gonaeil eut à s^occuper des secours spirituels qui manquaient aux nulides. Beaucoup de pestiférés étaient morts sans avoir reçu les Mcrements, malgré les promesses du grand-vicaire^ qui avait dû déclarer aux recteurs que s*ils manquaient à leurs devoirs, les chefs de la dté ne manqueraient pas aux leurs ; aussi , le procureur-syndic fut-il prévenu dfadvertir et (fadmonetter lesdits recteurs et de leur notifier qm sHls refusaient de donner aux malades les secours spirituels de leur ministère, leur temporel serait saisi et leur droit de neume confisqué pour fournir aux frais d'un prêtre à gages chargé de les remplacer.
Un calviniste, nommé Geslin, mourut vers la fin de Tannée; son enterrement donna lieu à des scènes démagogiques, que Tautorité fut obligée de réprimer. Le roi Tapprit, et parut satisfait de voir que Ton eftt fait bonne justice des coupables.
Vers le même temps , la ferme des devoirs fut afiermée pour trois ans, an prix de 124,200 livres.
Quelques autres faits des années 1602 et 1603 doivent être cités , non qu'ils se rattachent à Thistoire de liantes, mais parce quUls caractéffUent les habitudes de l'époque.
Les habitants de Machecoul , voyant avec regret que Ton eût laissé tomber en désuétude les lois contre les blasphémateurs, s'engagèrent, entre eux, à souffleter tons ceux qu'ils entendraient jurer.
En 1603 , la Ville fit dire un service solennel pour le repos de Tâme de M."» de Montbazon , épouse de M. Hercule de Rohan, duc de Montbaion, gouverneur de IVantes. Ce service coûta 463 livres; savoir, au
XVn.« SIÈCLE. 295
llTTes à cet illastre pèlerin, qui eût bien mieui fait, comme il Tobserve •Teç raison , de rester veiller lui-même à la garde du troupeau qni lui était confié. — Des Portugais en grand nombre s'établissaient alors à Hantes» et la ville ne se montra pas aussi hospitalière envers ces MNiveaux habitants qu'envers le prélat d'Arménie ; Ton craignait que oaa étrangers , chassés de leur pays par les Espagnols, ne se livrassent as commerce et n'entrassent en concurrence avec les marchands qui ae trouvaient en relation avec l'Espagne et le Portugal. Parmi ces étrangers il y avait quelques Juifs , et les motifs religieux furent mis en avant pour masquer la cause qui faisait agir la bourgeoisie nantaise. Le duc de Montbazon , le sénéchal , le bureau de ville et l'avocatgénéral du parlement , se laissèrent circonvenir ; mais le roi , plus désireux de favoriser l'industrie et de pratiquer une politique noble et gtméreuse que de se faire l'instrument de l'égoîsme , déclara positi- Tement qu'il prenait les Portugais fugitifs sous sa protection, et leur pennit de rester à Nantes tant qu'ils voudraient , faisant cette fois du deqpotiame au profit de la civilisation.
En 1604, le roi adressa an duc de Montbazon une lettre dans laquelle il annonçait la conclusion prochaine d'un traité avec l'Espagne, et permettait aux négociants de se livrer immédiatement au commerce des blés.
En 1605 , la peste reparut, et avec elle recommencèrent les précautions habituelles contre les épidémies. Le bureau , à cette occasion , donna ordre aux pères des pauvres de choisir un prêtre pour le Sanitat. Travers fait remarquer qu'il ne fut soumis , ni h l'approbation de révêque ni à celle du grand vicaire , ni même à celle du curé de Saint-riicolas dont le Sanitat dépendait ; mais si l'on songe que le grand vicaire et le curé de Saint- Nicolas n'étaient autres que les anciens chanoines Decourant et Ghristi , les deux terroristes les plus violents de Nantes à l'époque de la ligue, et les plus hostiles à la partie ridie et influente de la population , l'on concevra que le bureau ait pu facilement leur refuser une déférence que commandaient cependant leurs fonctions.
Le chapitre jouissait , à cette époque , d'une grande influence ; une délibération du bureau de ville prouve que la mairie lui demanda de suspendre le jubilé dans le diocèse , et par conséquent d'annuler le mandement qui l'avait annoncé. Cette demande était basée sur la crainte bien fondée de voir les maladies épidémiques s'aggraver sous
296 XYIL* SltECXB.
rinfluence de nombreuses aggloméntioiii d'hommes
Beaucoup d'Irlandais» croyant qnUls pourraient t'Mablirà comme l'avaient fait les Portugais , cherchèrent à cette fuge dans nos murs ; ils étaient pauvres et incapableft éB pays aucun service par leur industrie: aussi la rille lea sans que le roi s'en mêlât en aucune façon, peiit<-étre il rien; car il était reçu à cette époque de payer les soUiciteen que Ton mettait en œuvre auprès du prince , les grands ^jaet, plupart > rhabitude d'escompter les faveurs royales.
La ferme des devoirs anciens et des nouveaux fat portée à 61,000, puis à cent mille livres, plus 300 livres d*épingles payer les ornements d'église de la chapelle de la Tille.
Ce fut dans la même année que le pont de la Casserie s*écnBh«tf que Ton construisit la Mairie actuelle , d'après les d tecte Héli Remigereau.
En 1607 , le froid fut si violent, que les voitures les plas purent traverser la Loire sur les glaces. — La rille , cette des présents considérables au duc de Hontbaxon , etdépenm pour lui prouver combien elle était reconnaissante de Ts] avait trouvé en lui auprès du prince. Une chanasëe à ronstruction d'un chemin destiné à conduire de la Motte au Port-Gommuneau , nous rappellent encore cette mdme
En 1608, le bureau , après quelques difficultés, reconnut grand- voyer de Bretagne. Il craignait avec raison que T solliciter l'approbation du grand-voyer, n'entraînât des la réparation des chemins.
Henri lY venait d'établir un impOt de 3 deniers par Um sur les marchandises qui entraient dans le port, on qui en Quelques habitants le trouvèrent injuste , et refusèrent dl mettre ; ils traduisirent les fermiers de l'impôt devant le — Le bureau eut peur et prit une délibération contralra à mais le roi était déjà informé de cette opposition. Par da 17 juin , il êta à la ville les octrois qui formaient le la Mairie, puis il donna ordre au maire de se rendre à la le champ. Le Maire s'empressa de justifier son administratient ^^ ville rentra dans la jouissance de ses octrois, mats le prâaidiai vërement blâmé. Un arrêt du Conseil d'État cassa la ^rooédmi défendit d en faire de semblables à l'avenir; le même arrêt M
«Doore de réanir les notables de Nantes , enjoignant aax habitants de n^ecter les droits de lenr mairie , de lai obéir et de l'honorer.
Les dettes de la rille ne lempèchèrent point, en 1608, de dépenser IfiOO à deai mille livres pour fêter le dac de Vendôme , gouyemeur de Bretagne, lors de son entrée à IHanles. — Les officiers manicipanx iMNilèient à cheval ponr aller au-devant du jeune prince.
Ce fut la même année que Ton bâtit le moulin Grognard , qui a beau- ODnp oontribué i la formation de ille-Feydeau, alors la Saulsaye.
twrmi les anciens usages encore subsistant à cette époque , nous iigMlerons la redevance de Tabbé de Pomic, qui devait un pain et un pot de vin à toutes les femmes du lieu qui venaient relever de couches «réflEliM.
L*éTdque , en 1609 , refuse un canonicat de la Collégiale à un ecdéfiastiqne qui ne savait point traduire ces deux mots latins : IVobU onaUibui, et qui ne se rappelait plus, qu*au parfait, te verbe latin parco fMpeperci et non parci. Travers , avec son rigorisme habituel , se de- «Vide si le prélat avait raison de punir ainsi cette crasse ignorance , 9 lonqa*nn chanoine de la Collégiale n*a besoin que de savoir lire et 9 dianter. »
Le bureau fitrétablir sir la Motte Saint-Pierre la plantation d*ormes, l'ancienne ayant péri faute de soins.
Bans la même année , le duc de Montbazon revint à Nantes. La ville loi rendit les honneurs accoutumés , et dépensa, pour cet objet , 1655 liTrea tournois.
ÉyÉHlMBirrS qui se EATTACHENT a l'histoire générale de FRANCE.
Henri lY périt en 1610 : un misérable assassin mit lin à Texistence de ce prince habile. L'histoire pourra contester sa bonté proverbiale , mail elle rendra justice à ses grandes qualités et surtout à son intelligence pratique. Sa mort inquiéta vivement les protestants de nos contrées, et ce n'était pas sans raison. L'édit de Nantes leur accordait le lifaie exercice de leur culte dans les lieux où il avait été autorisé en 1596 et 1597 ; il permettait aux gentilshommes d'avoir des ministres dans leurs chiteaux , et leur accordait des chambres mi-partie catholiques et prolestantes ; il assurait enfin la tranquillité de leur existence
et un bien-être qui allait être mis en question.
298 XTII.* 8IÈGLB.
Nantes, qui depuis long-temps se troiiTait étranger aux historiques de Tépoqae , deviendra bientôt le théâtre de taHei mÊÊh tines. Nous devons donc séparer en deax sa biographie. Toaice fâ concerne la cité Nantaise sera mis à part sons la forme d* noQS dirons auparavant , en peu de mots , lea faits qoi chent à Thistoiro générale du pays et de la ciTiliaatioa.
Par redit do Nantes , une volonté forte avait pacifié la mais les haines religieuses avaient survécu. — Le clergé pouvait-il , à cette époque , voir d*un œil indifférent qne des «fu'il regardait comme réprouvés , que tes véritables culte vinssent lui disputer son influence et s^efforçasseat de de pair avec lui? La religion n'était-elle pas en danger, taat pernicieuses doctrines de Luther et de Calvin ne seraient (Tite« ainsi que leurs sectateurs? N^était-il pas nécessaire » de tout hou catholique du temps , que Tédit de Nantes fât 4vec un pareil état des esprits , la paix ne pouvait durer Le parti le plus nombreux et le plus puissant désirait ▼! guerre ; elle était donc imminente. D'un autre cAté , las voyaient avec envie la toute-puissance du sonverain; ils n* pas si étrangers à l'histoire , qu'ils ne sussent fort bien , an tradition, qu'autrefois c'étaient les grands vassanx qai loi au chef de l'état. Le désir d'une oligarchie puissante , d*i de fédéralisme féodal , dirigeait instinctivement lents actes ; ainsi deux causes , Tune religieuse , Fautre qne, devaient nécessairement produire des troubles, qui point attendre.
Dès 1811, c'est-ù-dire un an à peine après la mort de la ville fut avertie que les ennemis de TËtat avaient formé le de s'emparer de ([uelques places, et des précautions la suite de cet avis.
Deux années plus tard, les catholiques formèrent pi ci at ions pour soutenir leur croyance. Les calvinistes niaient sence réelle de IN'otre Seigneur dans l'Eucbaristie. Ce fat, catholiques, un motif d'établir aussi ostensiblement qne croyance sur ce point; aussi multiplièrent-ils les fondatianst hi saluts, les expositions et les processions du Saint-Sacrement; wê confrérie s'établit à Saint-Nicolas, et plusieurs paroissiens pour leur part à la masse, 3200 livres.
XYII.* SIÈCLE. 299
En 1614, lorsque le prince de Condé et quelques antres mécontents s'étaient retirés do la cour, le duc de Vendôme en ayait fait auUnt; il tenait garnison à Ancenis, d'où il menaçait la rille de Nantes , qui reçut en cette circonstance les lettres les plus flatteuses de la reine-mère , du duc de Montbazon , et du roi lui - même. Si la mairie avait profité du moment pour demander quelques concesaiont de la part du roi , elles eussent été accordées immédiatement ai sans aucune observation. Les bourgeois de JVantes se conduisirent tiès-loyalement en cette circonstance ; ils ne demandèrent point le fviz de la foi jurée , et prirent toutes les précautions qu'on leur -lecommaudait. — La même année , les États de Bretagne demandèrent et obtinrent du roi la démolition des châteaux de Guerande , de TcHiffiou et de Saint-Mars-la-Jaille. — Ajoutons que Louis XIII crut deTOir écrire à la ville de Nantes pour lui annoncer sa majorité.
Le 31 juillet et le 4 août 1615 , les Nantais reçurent des lettres
do roi , qui les engageait à redoubler de surveillance et à se défier
•do prince de Coudé , des ducs de Longueville et de Mayenne, du
oomte de Saint-Pol , du maréchal de Bouillon et du duc de Vendôme.
L*année suivante, les alarmes deviennent plus sérieuses. Le duc de Vendôme se trouvait h Ancenis avec dos troupes. M. de Soubise occupait le Pèlerin. Tous deux rançonnaient les paroisses voisines, préloTaient des droits sur les marchandises qui montaient et descendaient la Loire. La ville , attaquée dans son commerce , résolut d'agir activement ; mais bientôt le traité de Loudun mit fin à ses inquiétudes. Bn 1631 , le prince de Soubise , prince de la maison de Rohan et chef dn parti calviniste , prit les armes contre le roi. Quelques succès encooragèrent ses partisans, et l'année suivante quelqnes-nns de ses soldats s'avancèrent jusqu'aux portes de Nantes , où ils firent des prisonniers. La ville écrivit au roi , qui jugea convenable de venir eu personne pour terminer cette guerre. Le lendemain de son arrivée, Lonis Xm alla coucher à Vieillevigne , où l'attendaient sept à huit mille hommes de pied et six cents chevaux avec lesquels il se dirigea sar rile-de-Ré , d'où il chassa le prince de Soubise. Les calvinistes perdirent dans cette affaire quinze cents hommes, et sept cents des leurs furent faits prisonniers. Les débris de leur armée se retirèrent à la fiochelle. Leurs prisonniers furent dirigés sur Nantes et mis anx fers.La ville en acheta pour 367 liv. 10 sous. Elle fit murer les portes et les fenêtres du Sanitat, où se trouvaient ces prisonniers. De
doubles grilles et de fortes serrures serrirent à eompMler ces
sures de précaution. François LhuHliery préTôt gënéni ée h
tablio de France , fut chargé du jugement de
on condamna treize à être pendus^et les autres aux galères. La
fut exécutée le jour même. Monseigneur l^évèqDe assista à
plice , dans le but de les convertir k la religion calholiqae.
rapporte qu'il réussit auprès de cinq d'entre eoz.
entassés au Sanitat. Les chagrins , la mauTSise nooirtlan ^
nombre , beaucoup trop considérable pour ooe prison si
casionn^rent une maladie grave (probablement one fièvre
qui en lit périr beaucoup. La mairie , inquiète , écriTit an
être débarrassée do ces prisonniers. Le prince accorda
à tous ceux qui voudraient renoncer an calvhiisnie. Les pins
naUes comprirent qu'il vallait mieux faire une abjuration
et subir la loi du plus fort , que de passer aux galères le resta dal
vie. On leur donna la liberté; la ville fournit en outre à
d'eux, h titre d'aumône, un quart d*écu , et la mairie les H
six par six , avec défense de revenir ou de séjonraer dans h
bourgs. Les autres, que le roi avait offerts aux Vénitiens pem
navires, furent transportés à Gouëron sur les galères de fClil; fe
étaient cent vingt. Les souffrances physiques et morales ne ka
pas vaincus. Ils subirent leur jugement avec le courage
une conviction profonde.
Le traité de Montpellier mit fin , pour quelque temps, à civile ; mais , en 1525 , les huguenots prirent les armes » et mil do nouveau sur la défensive. Le bureau acheta deux do mèches , des balles et quatre mousquets pour oom] mousquets qu'il devait avoir. Les habitants montèrent la et personne ne fut excepté. Trois fauconnaux furent placée i vaisseaux flamands pour protéger la rade de Gouëron. Lee de Bouguenais , de Saint- Jean , de Gouëron et du reçurent la défense de laisser passer personne; mais la fois , on fut quitte pour la peur.
G'cst ainsi que , dans les premières années du règne de les grands seigneurs mécontents et les protestants guerres civiles auxquelles le cardinal de Richeliea mil fin phant des uns et des autres. Ge ministre était trop hakib Oter aux réformés les privilèges accordés par Tédit de Nantes,
Xyil.« SIÈCLE. 101
il Tonlat qne leur confirmation fût concédée comme nne grâce , ce qui leur enleyaitlenr caractère ; et , par snite, supposait la possibilité d*iine révocation. Le cardinal se flattait d^ailleurs de ramener les protestants an catholicisme par la persuasion. Il regardait comme plos politique de diviser le parti protestant et de le ruiner par d'habllet manœuvres , qne de le pousser au désespoir par des mesures Tlolentes. H fut plus sévère peut-ôtre à Tégard des grands seigneurs. La duc de Vendôme , soupçonné d'avoir fait partie du complot dans lequel avait trempé son frère , fut arrêté et conduit au château d*Amboise. Le 8 juillet 1626, le comte Henri de Talleyrand , sieur de CkalaiSy maître de la garde-robe du roi , fut arrêté comme coupable de haute trahison. Il n'avait point conspiré contre le roi , mais il était entré , avec le duc d'Anjou » dans un complot qui avait pour but d'assassiner le cardinal de Richelieu , et de débarrasser ainsi le prince dn mariage que le cardinal voulait lui faire contracter avec M.»' de Hontpensler. Le duc d'Anjou était extrêmement faible. Une fois séparé de ses conseillers , il accepta sans peine d'épouser une jolie femme , la plus riche héritière du royaume , et d'abandonner à la ▼engeance du cardinal des amis qui s'étaient dévoués pour lui. Les dnchés d'Orléans et de Chartres , six cent soixante mille livres de pensions furent le prix de cette lâche conduite. A peine les noces dn prince étaient terminées que le procès du comte de Ghalais commença. Le duc d'Anjou, alors duc d'Orléans, chargea lui-même ton ancien ami , et raconta tout ce qu'il savait de ses projets en présence dn roi , de la reine-mère , du cardinal , du garde-des-sceaux, du marquis d'Eifiat et du sieur de Beauclerc , qui signèrent avec Ini ta déclaration. Le comte de Ghalais fit lui-même des aveux qui ache- Tarent de le perdre.
La commission judiciaire le condamna à avoir la tête tranchée sur la place du Bouffai. Le jugement portait en outre que son corps, divisé en quatre quartiers , serait attaché à des poteaux et exposé aux principales avenues de IVantes , que sa postérité perdrait sa noblesse , que ses maisons seraient rasées , qu'il subirait la question pour révéler le nom de ses complices, et que sa tête, portée au bout d*ane pique , serait placée sur la porte de Sauvetout.
En lisant aujourd'hui de sang-froid la teneur d'un semblable jugement , si barbare et si cruel jusque dans les moindres détails , on s*explique aisément comment les masses ont pu , dans leur colère ,
XYII." SIÈCLE.
commettre les horreurs qui ont signalé la terreur iclifciiMH