‹ Histoire de Nantes (volume 2)Chapitre 36 sur 64 · BÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

BÈGNE DE LOUIS XIV

l^ouis XUl mourut en 1643 , et son fils Louis XIV écririt au la ville, qui sVmpressa d'envoyer une députatîon le féliciter. Les il(> cette députaliim montèrent à 2,3127 livres; le sénécbal livres par jour, et les autres députés 9 livres. — « :i ce sujet (iuymar , que vos promenades sont coûteuses aaps^k N.'iun*z-vous jamais ménager sa bourse?..» — Cette boatade de sa iiittisme a son cOlé plaisant; mais Tobservation de Goywi londée.

Cell(* année, le pain de fleur de froment valait deax lO demi la livre , celui de méleil un sou et demi, celai de seigki i|iialre deniers. La communauté de ville emprunta 18 mille dont elle avait besoin h cause de la disette, et elle acheta desl Danlzick qu'elle revendit au prix coûtant; le froment valait al ot 14 livres le setier; ce qui prouve que l'argent valait à œttetf au moins trois fois plus qu'aujourd'hui.

Le roi , en 1014 , permit aux nobles et aux gens de robe déco cer sans dérober. — 11 autorisa, la même année, la transbt l'hospice sur File Glorielte : le terrain fut exhaussé; on eom :uicien canal creusé , dit-on, par l'évCquo Félix, et les travan :Hljugés. Mathurin BussonnitTe se chargea de la maçonnerie, I de (î livres la toise de 6 pieds: Jean Dorsemaine convint de

pour U charpente , et René Rousseau de la conTertore, à raison

i 15 lifres 15 sons la toise de 12 pieds carrés.

Le nombre des candidats aux places de Maire et d'Échevins était

restreint. Sous prétexte d'ajouter aux droits des électeurs, mais,

féalitéy pour faciliter Tactiondu pouvoir, M. de la Meilleraie arrêta

les listes seraient triples ; que celles des maires se composeraient

de sept officiers du présidial ou procureurs, Tautre de sept membres

3a Chambre des Comptes, et la troisième , de sept marchands ; que

listes pour l'échevinage porteraient chacune 14 noms de candidat<$

dans les trois ordres ci-dessus;

néme année , le roi confirma les privilèges de Nantes , et coule privilège d'annoblir aux places d'auditeur à la Cour des vos*

i^veine d* Angleterre passa par Nantes pour aller aux eaux de i; la ville lui fit une réception magnifique, qui coûta 2,401)

le année Ton institua, dans la chapelle de Miséricorde, une qni sV pratiquait encore avant la révolution , depuis l'Asjosqu^à la Pentecôte, dans la vue d'honorer les onze jours que avait passés au désert après Tascension de son fils. Malherbe entreprit, en 1645, la construction du portail de le-Ville, qni ne fut achevé qu'en 164B. — L'année suivante , ■atorisa la formation à Nantes d'une société de commerce et de 1, à laquelle il accorda un privilège de vingt années ; le nomactionnaires était illimité, et les commerçants étrangers y admis, '^mode du mois de mai de la môme année défendit aux parents, rpctee d'excommunication , de mettre leurs enfants à coucher henx, lorsqu'ils étaient âgés de plus d'un an.

années plus tard le commerce faisait construire , près la cha- 'Saint*- Julien, une Bourse, qni coûta 8,300 livres. tfi^âS avril de la môme année, une troupe de comédiens obtint itîon de s'établir au jeu de paume et d'y donner des représen- ; elle était dirigée par Molière lui-môme, qui dressa son théAnr des trétanx.

>j C!e jea de paume existait encore il y a quelques mois , et notre collaboratemr s'était empressé de le dessiner avant qu'il disparût > dans la craintede laisser échapper ce souvenir précieux de l'un des plus grands

Iiommcs que la France ait produits. — Molière ne fot pas •Nantes; très-suivi d'abord, il eut à subir la concarrence d'un Vi^nitien nommé Scgalla, qui montrait des marionnellei.

Un synode de 1649 défendit aux prôtres de porter aa cJBetitw b corps des laïques. La Mairie institua huit porteurs pour les

On projetait depuis long-temps de réunir tous les pao^rcs maison commune , et le Sanitat fut affecté provisoirement k eet

En 1G51 les eaux couvrirent la place du Bouffa j et montèml j» «lu'au cluvur de Téglise des Carmes. Le pont Rousseao fnt m hm (le service par celte crue extraordinaire. Le pont de la SanlH||f ë deux arches de celui de la Madeleine furent emportés. — Le entra celte année en jouissance de la Bourse. — Les Oratori leur église , qui sert aujourd'hui de magasin à fourrages. -- la s'occupa très-activement cette année de ce qui concernait le non islUfi tnl. — L'évéque voulut rentrer dans son ancien droit de police ivli ■■ vassaux du fief des Kegaires, mais le bon temps était passé. diclius éprouvèrent aussi un échec en cherchant à rentrer en (le la cure de Sainte Croix , qui leur avait appartenu antieims.

1<n incident assez curieux signala cette année TouYertnie des Le duc de Vend<>nie , rentré en France, vint à Nantes et 8*i la présidence. Les ducs de la Trimonille et de Rohan 8*x o] Le maréchal de la Meilleraie, pour éviter à ce conflit des sniles ses, peut-être aussi par jalousie contre le duc de Rohan, fit des soldats autour des Jacobins oCi se tenaient les Etats et les rues voisines. — La duchesse de Rohan s'en plaignit vi maréchal. Celui-ci ne répondit pas convenablement , etla d répli(iua en le frappant è la figure avec sa pantoufle. Le vivement irrité, fil signifier à la duchesse de Rohan, qn* de la noblesse avait reconduite en triomphe aux Cordelien,^^ eût îi quitter iXantes sur le champ , ou qu'il ferait tûrer le demeure. — La duchesse se plaignit au parlement, qui posé h lui d(muer gain de cause; mais la Cour lui fut défaToraMi,<t pour cette année , le roi défendit aux trois ducs de paraîtra au IttL

C'était Tusage , dans le temps, de porter aux processions de ^ cierges appelés torches ; chaque coq)oration avait la sienne t d h ville en possédait une pour laquelle la commune payait année TiO livres. Cette torche ne pouvant plus servir, le en commanda une nouvelle en bois, ornée de dorures, de

et de scalpturesy qui en élevèrent le prix à 600 livres (au 1800 fir. y valeur actuelle.) — Le froment valait alors 9 à 10 livres le setier.

»r 'Les lieras des pauvres s'étaient permis d'enfermer à Thospice, MM autorisation , un homme et une femme de mauvaise vie ; mais I^JB^B prévôt, ayant été informé de cet abus de pouvoir, s'y iMMporta et fit forcer les portes que Ton refusait d'ouvrir.

'ottvertore de la place des Jacobins date de 1653; il n'y avait en Bretagne aucune chaire de théologie. Sur la demande du du collège de l'Oratoire , il en fut établi une dans son col- Le bureau accorda 200 livres pour cet objet. 30 janvier de cette année , messieurs du corps de ville allèrent ijprocession à Saint-Sébastien. Le déjeûner et le dîner qu'ils firent occasion coulèrent 300 livres à la commune (900 fr. , valeur Ile.) C'est ainsi que , sous le masque de la dévotion , un abus acandaleux que celui des cadeaux de vin , prenait date , et develègle dans la vie de la cité, [/évoque de Nantes , alors à Paris , fut du nombre de ceux qui imnèrent les cinq propositions de Jansénius. L'abbé Travers , rapportant ce fait> laisse supposer que les fameuses propositions trouvent point dans le livre condamné , et il ajoute crûment I» Monseigneur de Beauveau n'était pas assez instruit pour juger, .oonnaissance de cause > du livre de Jansénius, et qu'il ne l'avait lu.

^Ilae proposition faite à la ville pour payer les pères de l'Oratoire pi prix plus élevé, signale un fait assez curieux sur l'abaissement de IH.TlIeiir de l'argent. De 1625 à 1654, toutes les denrées avaient MpMntéy disait-on, de moitié. (INos recherches disent un tiers.)

LHndustrie commençait è prospérer à Nantes. La brasserie et la Ipjbirication des eaux-de-vie occupaient 200 chaudières ; et , consé- IpeHiment , près de 800 personnes ; mais on se plaignit au bureau de rflle que ces usines incommodaient, et qu'elles faisaient renchérir les ximlNistibles. Le bureau , composé de gens de loi , de propriétaires Senriens et de demi-lettrés, prit un arrêté en vertu duquel il fut léfendn de fabriquer de la bière dans le diocèse de Nantes, et des ïnùc-de-vie dans la ville et les faubourgs. Cet arrêté, tout-à-fait Djnste , puisqu'il proscrivait complètement l'industrie la moins langereuse , nous prouve , par sa teneur , qu'il y avait des proprié-

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taircs de vinnnobles parmi ceux qui participèrent k sa rUi C'est ainsi 9 da reste, que sous le règne da grand foi fiid était protégée.

La ville , en 1655 , publia la première ordonnance ooneni maisons qui menacent ruine.

La môme année fut posée la première pierre dn eoildga I Clément.

Des comédiens obtinrent, en 1656, la permission de joeerlll à charge de se comporter honnestement et modetlememi p mw /m fions ne dire paroies suies et dissolues ; ils devaient de plv pi|V contribution pour les pauvres. — Ce fait semblerait pronfcrfc de moralité des comédiens à celte époque. — Nods ne ftëm pas qu'ils soient très-moraux aujourd'hui; mais plnsiem ttw romprenncut Timporlance de leur mission.

La m6mo année, le bureau, pour aider les pauTies de M les chargea de tout ce qui concernait les enterrements : les |ri (Haieut payés 120 sous ; les porteurs , 8 ; les tendeurs de deri les enfants portaient les torches sans salaire. — Ânjourd*M hi fants seuls vont encore aux enterrements; mais les ho^icesicfii une rétribution. IVous devons ajouter que cette oontOBe oMb beaucoup 2i entretenir, chez ces enfants, les vices et l'anovii siveté, qui les conduisent plus tard sur les bancs de la Goerd*!!

Le bail de Toctroi de 5 sous par pipe de vin passant soeshi] était alors de 61)00 livres , ce qui correspond à S7»600 |ipi 55,1200 barriques. — La ville continuait à faire de folles dépCM cicri:ies , en bougies et surtout en vins.

En 16511, le bureau, voulant accorder anx oratorient lemonopi rinstruction, les jacobins furent obligés de fermer lenrs classes manités, de philosophie et de théologie.

Lu brasseur, plus avisé que ses confrères, obtint, la BièBei de rétablir son usine et de faire seul de la bière, à la cfea donner 3000 livres par an.

Les glaces arrêtées en rivière depuis Noël 1659, ne laissii fleuve libre qu'au mois de mai 1660.

La première taxe sur la viande de carême date de 1661. Ui boucher avait alors Tautorisation de vendre de la viande pc rctte partie de Tannée. Ce monopole temporaire était

lication aa profit des pauvres : '2 sons la Hyre, tel était le prix de 1661. Moins élevé proportionnellement qne celui des blés , ce prix laisie à supposer qu'alors le peuple pouvait échanger ses salaires plus bcilemeut qu'adjonrd*hui contre une nourriture confortable.

Nos annales rapportent encore à la môme année quelques autres Brits qui méritent d'être cités.

> La construction de la tour du Bou£fay fut commencée , elle revint , fois bâtie, è 2,150 livres.

Le firoment valait alors 16 livres 10 sous le setier, le seigle 11 li- 10 sous.

' Les Etats s'ouvrirent è Nantes le 21 août , et le bureau de ville fit , h œlte occasion , une dépense en vins qui s'éleva à 1,802 livres. ' Louis XIY vint à Nantes le l.«' septembre; il arriva vers une heure fle Taprès-midi. On ne l'attendait que le soir, parce qu'il devait (fllner I Glermont: il fut cependant très-bien reçu. François de Beau- %iniersy comte de Saint- Aignan > qui se trouvait à la suite du roi, fit M ce sujet quelques vers que Guymar nous a conservés; les voici :

Maints carosses formaient à Mauves un petit cours ,

Pour des courriers mouillés bien consolant concours.

Dans ce brillant état quittant nos rossinantes

Et n'en pia£fantpas moins nous entrâmes dans Nantes,

Où des grands et petits l'on vit avec plaisir

A l'aspect d'un grand roi contenter le désir.

Tout y parut joyeux; plusieurs disertes langues

Excédèrent le roi par leurs doctes harangues ;

L'illustre maréchal nous y reçut au mieux ,

Tout y flatta le goût , tout satisfit les yeux.

Le roi vit des remparts tirer dans la prairie

Deux cents pièces au moins de belle artillerie.

En divers lieux de là chacun se partagea ,

Puis magnifiquement au château l'on mangea.

Après le dîner, les autorités furent admises à faire leur cour au roi. H. Poulain de la Vincendièie , maire de Nantes , harangua sa majesté unjienouàterre, et lui présenta quatre clefs d'argent doré, aux armes de Fnnceet de Bretagne, qui avaient coûté 672 livres, y compris le bassin dans lequel elles se trouvaient. Louis XIV, 6tant son chapeau, répondit au maire que les clefs de la ville étaient en trop bonnes mains pour qu'il les acceptât. ^^

Les autres autorités do IVantes fureut admises après Ti uicipnle h se présenter devant le roi. S. M. était prince do Gondé , du duc d'£ughein , de MM. de Benfortt Lotelller, de Lomelic^ de Lyonne et de Gaenegaud ; pour but Tarreslation de Fouqnet , accusé de dilapîdaties plots contre Tétat. L'abbé de Coislin accompagnait LoniB lilé d'aumt^nier. Il paya an curé de Sainle-Radegonde li chaque nuit que le roi avait passée au cliàleaa.

Les blés étaient rares dans TÂnjou , et le roi permit à b !;crs de tirer de Brelaj^ne 600 tonneaux de seigle. fait, il nous montre il combien de difficultés la circolatioB fliiits de première nécessité était soumise à cette é|NM[M. «'ipau\ de INantes, craignant quelque émeute dans la blés venaient à y passer en simple transit, décidèrent de bateau armé sur la Haute- Loire, afin de s^opposer an navires qui n'auraient pas tenu planche à IS'antes. Lonis instruit et lit appeler le maire à la cour. Celui-ci, (lu prince , prétexta une maladie. — Travers prétend se retira ù tiuzai, pendant que le corps-de-ville et le I nient li un enterrement simulé.

Les pures Jésuites, Louis-de-Goulaine etlSlcolas d sentèreut une requête au nom du roi , pour s'établir k bureau eût voulu la rejeter , mais cette requête était de Louis \1V , et ils craignirent de se compromettre.

Les blés étaient chers en 1661, ils augmentèrent eiicoi# (*t la position des autorités devint difficile ; car elles t>n prendre , vu les entraves de toute espèce qni 8*< circnlntion des grains; des maladies épidémiqnes qui les classes pauvres , furent la suite de la mauvaise le peuple faisait usage.

L'année suivante > la ville vota ceut livres pour être priv anv meilleurs élèves du collège Saint-Clément.

La tour du HoulTay fut terminée , la cloche de I par René Landouillet, pesait 16,53t2 liries. Le mardAsI i récliale de la Meilleraie, furent ses parrain et mirrai—, t'Iurbe coûta 550 livres de façon , la balustrade en fcÉ pesant ll,70:>, coûta 2,837 livres, et fut payée car la sous 6 deniers la livre; la plomberie, la dorure et la

it à 4,500 livres. Les inoayeraents de Thorloge avec ses poids «^élevèrent qu'à 1900 livres, le marteau de Thorloge coûta 60 , la charpente 1420. — Les gages de Thorloger furent fixés à 9ft Hvres par an.

«i/IiM présents de vins aux Etats , étaient devenus tellement rnii qu'un arrêt du conseil du roi défendit aux receveurs et comdes villes de Bretagne d'en faire dorénavent, sous peine JlVMn privés de leurs deniers d'octroi.

X^fLet Etats se tinrent à Nantes cette année, Golbert j assista en ^Ipialiié de commissaire du roi , Claude de Sesmaisons de la Sausifllire f présida les premières séances.

■^•Ihie police de 1664 taxait à 5 sous 6 deniers le pot (deux bouteilles) mi Tfai nantais , h 13 sons celui d'Anjou , à 16 sous celui de Graves , m 90 sons le vin étranger , à 35 sous la couchée d'un voyageur avec son ^IlleTal. Le pain blanc superfin à 2 sous la livre , celui de méteil à 13 iJhiBiera , celui de seigle à 9 deniers.

«ij La pédie de la morue et la pêche de la baleine occupaient, dès cette J^ioqae , un assez grand nombre des navires de la place ; mais les JkMflhh contrariaient notre commerce de toutes lenrs forces ; ils ^nspêchaient depuis long-temps nos baleiniers de cuire à terre , jnrarçant contre eux des violences , quand la crainte ne suffisait pas ; i^0Bi Ainsi qu'ils préludaient à ce despotisme maritime que les victoires db leur célèbre amiral Hawke parvinrent à consolider. Cependant Collattait de toutes ses forces pour soutenir le commerce du pays, son désir de former une compagnie des Indes orientales , il fit à la ville de Nantes par le roi lui-même. Cette démarche décida ^mlqoes négociants de Nantes è en faire partie.

L^aniiée suivante la ville obtint une chambre de direction . composée ■4e sii membres dont cinq choisis dans le commerce de Nantes, et un iixièaie résidant .1 Paris. Les six premiers directeurs furent Jean Lory , Antoine François, François Valleton, député à la première assemblée, Etienne Bureau, Etienne Grillaud et André Boussineau; Mathnrin ▼erser, notaire, fut nommé secrétaire; Jacques Valleton fut chargé de la caisse; Guillaume Nidelet, de la tenue des livres.

£n 1665 , le fils du duc de la Meilleraie prit le commandement de la Tille et du château. Cet habile administrateur, qui garda trop peu de temps la direction des affaires de Nantes , fit une foule de réformes

qu'i recommandent son souvenir; entré en ville modesteneit, ii^ prima do suite et les frais de réception solennelle el les frais tmt^ blemcnt pour sa maison. Ces derniers mootsient à 1200 lifiOblill'eudit aai écoliers^ aux laquais, aux pages , aux compagMMiJalh voir de porter des armes dont ils faisaient chaque jonr m mmm usa^e. 11 ordonna aux soldats de la garnison de sortir doréaatal ■§ armes , de ne point parcourir la ville par bandes , de se ratiw ■ i:luUeau a vaut 8 heures du soir en été , et en hiver avant 6 hBBMLl aholit uu grand nombre de dépenses inntiles, telles qne le et réduisit la plupart des autres. 11 restreignit dans lem particuliers qui avaient obtenu des concessions d^emplaceoMiIsftiiif ot prescrivit à la commune de faire chaque mois une ralMMfe 2,400 livres jusqu'à liquidation complète de sa dette, quis^étafiil 3i),000 livres.

M. Sébastien Rosmadcc , marquis de Molac , qui soccMa ft E de la Meilleraio, fit aussi une entrée très-modeste à Nantes :Hid^ rhargo d'artillerie signala seule son arrivée , qui eut Ben b 6 avril 1666.

La ville , cette année , dépensa beanconp pour des sernoi »• lenncls en Tlionueur d'Anne d'Autriche, mère du roi.

Les marchands ne se réunissaient pas à la bourse : la polka kv enjoignit de s y trouver depuis onze heures du matin jvn*! IB heure après midi , sous peine de 20 livres d*amcnde.

Le fait suivant uous montre tout le danger des gonveniBi* de bon plaisir. Le marquis de Beauveaa, frère de révêfnè >antes el sou héritier, voyait avec peine que ce digne généreuv et bienfaisant; puissant en coar, il le fit dëd digue , et priver , comme tel , de Tadministration temporelle de évêrhé; puis il sollicita et obtint contre son frère ane hUnà cachet , qui le confinait en son prieuré de Grammont» prts de Ti^ Le gouverneur de ISantes, le bureau de ville, le chapitre il k clergé sullicitèreut en vain son élargissement.

L'uuiversité u avait point encore à IS'anles de chaire de dnil:« I6r»fi elle obtiut de la ville un local temporaire chex les

M. de la Meilleraie avait refusé les :2000 lir. rotés ameublemeut. M. de Molac eu demanda 3000 à la rille, ses meubles que pour son logement. Le bureau réduisît fHtftV-

le à une renie annuelle de 2000 livres. C'est ainsi que les llùiiies qui sont au pouvoir transforment bientôt en usage , et , suite en droit y des différences qui sont tont-à-fait exception-

Milles dans le principe.

rj.ls roi y qui s'était fait donner Tétat de situation des comniu- Jpiirtés, rendit un arrêté qui leur défendait de faire aucune dé- . JIÉttM» soit en vins, soit en dîners ou déjeuners, comme elles en r-||jlhdent Thabitude. Il ne leur fut plus permis de dépasser 30 livres ' jpMV les feux de joie , d'envoyer plus de deux députés aux Etats , ' Màe dépenser plus de 5000 livres pour l'entretien du pavé. Cette .ptnrniriiii défense n'était pas raisonnable. Celle concernant les dé- |Mié8 était beaucoup plus fondée. C'était une habitude è cette ;;iiftoqae , de choisir pour député , non pas un censitaire , mais le ^jpliis digne et le plus capable de remplir le mandat qui lui était .fpbnfié. Il était donc convenable que celui qui abandonnait ses af- ' rUres pour s'occuper de celles de la ville , fût indemnisé ; mais il , jttait abusif que des hommes influents se fissent adjoindre à une llépntation, comme cela se voyait fréquemment, dans l'unique but de Toyager aux frais de la ville et dans la compagnie de ses véritables mandataires.

Les Biscayens s'étaient emparés de plusieurs navires appartenant ' an port de ]\antes. La ville adressa , en 1667 , une plainte à Colbert, infendant de la marine. Ce fut cette môme année que le bureau décida A^oAit à l'avenir une épée à tous les maires et de donner 300 livres pour flaire peindre les maires qui auraient rempli leurs fonctions deux années de suite.

Depuis long-temps les places de maire , d'échevins , de syndics et de greffier de la ville annoblissaient à Nantes ceux qui les possédaient. Le conseil d'état restreignit, en 1669, ce privilège, à la charge de maire exercée pendant trois années consécutives. — Ce fut à cette époque que le jeu de la Soûle qui existe encore en Basse-Bretagne , dans l'arrondissement de Pontivy , fut proscrit du diocèse de Nantes par l'évoque, qui le défendit sous peine d'excommunication. Ce jeu consistait à enlever au milieu d'une foule , souvent très-considérable , one boule de cuir lancée par le seigneur , ou par son représentant , et à la loger (c'est le mot usité dans la Basse-Bretagne) soit dans une ferme , soit dans une auberge. Celui qui logeait la soûle était bien vu

318 XVII.t SIÈCLE.

Iiommcs que la France ait produits. — Molière ne fotpas kenTMià .Nantes; trl*s-suivi d'abord, il eut 6 subir la concurrence redofltaUr d'un Vi^nitien nommé Segalla, qui montrait des marionnetteft.

Un synode de IfUO défendit aux prêtres de porter an cimetière lo rorps des laï(|nes. La Mairie institua huit porteurs pour les remplacer.

On projetait depuis long-temps de réunir tous les pauvres daM wm maison commune , et le Sanitat fut affecté provisoirement à cet «mir

En iG5i les eaux couvrirent la place du Bouffay et montèrent j»qu*au cliirur de Téglise des Carmes. Le pont Rousseau fat mb hm (le service par celte crue extraordinaire. Le pont de la Sanisaje cl deux arches de celui de la Madeleine furent emportés. — Le cominuii entra cette année en jouissance de la Bourse. — Les Oratoriens hStÎRil leur église , qui sert aujourdliui de ma$;asin à fourrages. ^ La vBe s'occupa très-activement cette année de ce qui concernait le noaTeikôfitnl. - ' L*évéqne voulut rentrer dans son ancien droit de polira vassaux du fief des Repaires, mais le bon temps était passé. dictius éprouvèrent aussi un échec en cherchant à rentrer en de la cure de Sainte Croix , qui leur avait appartenu autrefois.

Vn incident assez curieux signala cette année rouverture des Le duc de VendAnie, rentré en Franco, vint à Nantes et s>i la présidence. Les ducs de la Trimouillo et de Rohau s^ opposèiwL Le maréchal de la Meilleraie, pour éviter à ce conflit des suites ilchenses , peut-être aussi par jalousie contre le duc de Rohan , fit piaes des soldats autour des Jacobins oh se tenaient les Etats et les rues voisines. — La duchesse de Rohan s'en plaignît maréchal. Celui-ci ne répondit pas ctmvcnablement , et la duchesse !■ répli({ua en le frappant à la figure avec sa pantoufle. Le maiécftilf vivement irrité, fit signifier à la duchesse de Rohan, qn*nne part» de la noblesse avait reconduite en triomphe aux Cordeliers, qu*flli eût t^ quitter INantes sur le champ , ou qu*il ferait tirer le canon sv n demeure. — La duchesse se plaignit au parlement, qui paraissait disposé U lui donner gain de cause; mais la Cour lui fut défaroraiihvClff pour cette année , le roi défendit aux trois ducs de paraître aux BUIk

(rétait Tusage , dans le temps, de porter aux processions de pw cierges appelés torches ; chaque cor])oration avait la sienne , el la ville en possédait une pour laquelle la commune pajait année i)i\ li\res. Cette torche ne pouvant plus serrir, le en commanda une nouvelle en bois, ornée de dorures, de

Unres et de scalptares, qui en élerèrent le prix à 600 livres (au OM^BS 1800 fr. , valeur actuelle.) — Le froment valait alors 9 à 10 livres le seller.

Les pères des pauvres s^étaient permis d'enfermer à Thospice , sans autorisation, un homme et une femme de mauvaise vie; mais

10 juge prévôt , ayant été informé de cet abus de pouvoir , s'y tniisporta et fit forcer les portes que Ton refusait d'ouvrir.

X*oaverture de la place des Jacobins date de 1653 ; il n'y avait r. àÈon en Bretagne aucune chaire de théologie. Sur la demande du |: wcéfet du collège de l'Oratoire , il en fut établi une dans son col- I t^P^- I^ bureau accorda 200 livres pour cet objet.

^ Xte 20 janvier de cette année , messieurs du corps de ville allèrent «jppi procession à Saint-Sébastien. Le déjeûner et le dîner qu'ils firent

11 cette occasion coûtèrent 300 livres à la commune (900 fr. , valeur actuelle.) C'est ainsi que , sous le masque de la dévotion , un abus mm scandaleux que celui des cadeaux de vin , prenait date , et devenait règle dans la vie de la cité.

L*évéque de Nantes , alors à Paris , fut du nombre de ceux qui eoadamnèrent les cinq propositions de Jansénius. L'abbé Travers , pa rapportant ce fait^ laisse supposer que les fameuses propositions M 16 trouvent point dans le livre condamné , et il ajoute crûment qoe Monseigneur de Beauveau n'était pas assez instruit pour Juger, ea connaissance de cause > du livre de Jansénius, et qu'il ne l'avait jamais lu.

Une proposition faite à la ville pour payer les pères de l'Oratoire on prix plus élevé , signale un fait assez curieux sur l'abaissement de la Taleur de l'argent. De 1625 à 1654, toutes les denrées avaient augmenté, disait-on, de moitié. (Nos recherches disent un tiers.)

L'industrie commençait à prospérer à Nantes. La brasserie et la fabrication des eaux-de-vie occupaient 200 chaudières ; et , conséqaemment , près de 800 personnes ; mais on se plaignit au bureau de Tille que ces usines incommodaient, et qu'elles faisaient renchérir les combustibles. Le bureau , composé de gens de loi , de propriétaires terriens et de demi-lettrés, prit un arrêté en vertu duquel il fut défendu de fabriquer de la bière dans le diocèse de Nantes , et des eaux-de-vie dans la ville et les faubourgs. Cet arrêté, tout-à-fait injuste , puisqu'il proscrivait complètement l'industrie la moins dangereuse , nous prouve , par sa teneur , qu'il y avait des proprié-

Clément.

Des comédiens obtinrent, en 1656, U permission de jooer k à charge de se comporter honnestement et nunieMiememi , j«u fk fions ne dire paroles sales et dissolues ; ils devaient de pins p^ contribution pour les pauvres. — Ce bit semblerait proufsr i de moralité des comédiens à cette époqae. — Ifons ne pitt pas qu'ils soient très-moraux aujourd'hui; mais plnsienis Ai comprennent l'importance do leur mission.

La môme année , le bureau , pour aider les panvies dn Si les chargea de tout ce qui concernait les enterrements : les | étaient payés 120 sous; les porteurs, 8; les tendenndedsi lus enfants portaient les torches sans salaire. — Anjoord'kni 1 i'ants seuls vont encore aux enterrements; mais les ho^ioBSiat une rétribution. IVous devons ajouter qne cette oontnBe csi beaucoup à entretenir, chez ces enfants, les vices et l'anonri sivcté, qui les conduisent plus tard sur les bancs de la Conr d*J

Le bail de Toctroi de 5 sous par pipe de vin passant sons ta était alors de 6900 livres, ce qui correspond & 2^.600 |i| 50,1200 barriques. — La ville continuait à faire de folles d^a cierges , en bou(;ies et surtout en vins.

En lOriO, le bureau, voulant accorder aux oratorlens lemoMi rinstruction , les jacobins furent obligés de fermer lenn manités , de philosophie et de théologie.

Un brasseur, plus avisé que ses confrères, obtint, la de rétablir son usine et de faire seul de la bière, è b chl donner 3000 livres par an.

Les glaces arrêtées en rivière depuis Noèl 1659, ne UsÉè fleuve libre qu'au mois de mai 1660.

La première taxe sur la viande de carême date de 16fii. I

dieation au profit des pauvres : 2 sous la livre , tel était le prix de 1661. Moins élevé proportionnellement que celui des blés , ce prix lifsie à supposer qu'alors le peuple pouvait échanger ses salaires plus fadlement qu'adjourd'hui contre une nourriture confortable.

Hos annales rapportent encore à la même année quelques autres bUi qui méritent d'être cités.

Là construction de la tour du Bouffay fut commencée , elle revint , fols bâtie, 5 2,150 livres.

Le froment valait alors 16 livres 10 sous le setier, le seigle 11 li- 10 sons.

Les Etats s'ouvrirent à Nantes le 21 aoAt , et le bureau de ville fit , k cette occasion, une dépense en vins qui s'éleva à 1,802 livres.

Lonis XIY vint à Nantes le 1.^^ septembre; il arriva vers une heure de Taprès-midi. On ne l'attendait que le soir, parce qu'il devait fttner à Glermont : il fut cependant très-bien reçu. François de BeauirillierSy comte de Saint-Aignan , qui se trouvait à la suite dn roi, fit il ce sujet quelques vers que Guymar nous a conservés; les voici :

Maints caresses formaient à Mauves un petit cours ,

Pour des courriers mouillés bien consolant concours.

Dans ce brillant état quittant nos rossinantes

Et n'en piaffant pas moins nous entrâmes dans Nantes ,

Oii des grands et petits l'on vit avec plaisir

A l'aspect d'un grand roi contenter le désir.

Tout y parut joyeux ; plusieurs disertes langues

Excédèrent le roi par leurs doctes harangues ;

LMllustre maréchal nous y reçut au mieux ,

Tout y flatta le goût , tout satisfit les yeux.

Le roi vit des remparts tirer dans la prairie

Deux cents pièces au moins de belle artillerie.

En divers lieux de là chacun se partagea ,

Puis magnifiquement au château l'on mangea.

Après le dîner, les autorités furent admises à faire leur cour au roi. M. Poulain de la Y incenditee , maire de Nantes , harangua sa majesté un genou à terre, et lui présenta quatre clefs d'argent doré, aux armes de Fnnceet de Bretagne, qui avaient coûté 672 livres, y compris le bassin dans lequel elles se trouvaient. Louis XIY, étant son chapeau, répondit an maire que les clefs de la ville étaient en trop bonnes mains pour qu'il les acceptât. ^^

lilé «l'aatnAnier. 11 paya au curé tJfl Sainte-Rado^urfs 3f iliaque Duit <|ae le roi avait passive au cliït«au.

Les blés étaîcnl rares ilaos l'Anjou , et le roi permit 1 W gcrs de tirer <le Bretagne tilX) lonucaux <le seigle. ItiOl fait, il nou» montre à combieudedifficulli^s la doits de premilsre uëcessilé était soumise fi celle époqtn. 1 G^ax de KaDles, craignaDl ([uelitue émeulu ilans la tA blés Te u aie ut à y passer en simple Irausit, décidèrent de bateau armé sur la Haute- Loire, afin de s'opposer in i uavires qui n'auraient pas tenu phucbe i Manies. Loni»] instruit ut fit appeler le maire ii la cour. Celui-i <lu prince, prétexta une maladie. ^ Trarers prâleod ■il' retira à Buzai , pendant que le corps-de-ville et le (aient ^ un eulerrement simulé.

Les pères jésuites , Louis-de-tioulaine et IVicuIas d'Uu semèrent une requête au nom du roi, pour s'élaM'ir k Itureau eftt voulu la rejeter, mais celte requâlv iStail fà de Louis XIV , et ils craijjuireut de se compromelire.

Les blés étaient cbers eu 166t, ilsaugmcnlërent eacsa >^t la posiliou des autorités devint diOlcilc ; e*T elles u : •^n prendre, vu les entraves de tonlo espace qui s*(iç|Mi rirculation des grains; des maladies épidiimiqae& qaî les classes pauvres, furent la suite de la mauvaise dobi k' peuple faisait usage.

L'année suivante , la ville vota cent livres pour £lre db ]iri!t aux meilleurs élèves du collège Sainl-Clémenl.

La tour du Bouffay tut terminée , la doclie de 1*1 ]>ar RenéLandouillot, pesait 16,53*J liwH. Le marMwl réchale de la Meîlleraie, furent ses parrain et «lecfae etiAla âWlivrea dtt ùeon

XVIl.e SIÈCLE. 323

Vtannt à 4,500 livres. Les moHveraents de Thorloge arec ses poids

Vélerèrent qu'à 1900 livres, le marteaa de Thorloge coûta 60

, la charpente W20, — Les gages de Thorloger forent fixés à

Unes par an.

ë ,hm i^résents do vins aux Etats , étaient devenas tellement rni-

IMK f qu'un arrêt du conseil du roi défendit aux receveurs et com-

iWmMtés des villes de Bretagne d'en faire dorénavent, sons peine

fftee privés de leurs deniers d'octroi.

> Xet Etats se tinrent à Nantes cette année, Golbert y assista en r ipudité de commissaire du roi , Claude de Sesmaisons de la SansilHère 9 présida les premières séances.

^^'Vnt police de 1664 taxait à 5 sous 6 deniers le pot (deux bouteilles)

> mm Tin nantais , h 13 sons celui d'Anjou ,516 sous celui de Graves ,

i 30 sous le vin étranger , à 35 sous la couchée d'un voyageur avec son

tftoTsl. Le pain blanc superfin à 2 sous la livre , celui de méteil à 13

^émien , celui de seigle à 9 deniers.

: C i La pèche de la morue et la pêche de la baleine occupaient, dès cette

é|M>qae, un assez grand nombre des navires de la place; mais les

Jbii|;l«is contrariaient notre commerce de toutes leurs forces ; ils

■• Mipéchaient depuis long-temps nos baleiniers do cuire à terre ,

■7 iUDfarçant contre eux des violences , quand la crainte ne suffisait pas ;

^TmI ainsi qu'ils préludaient à ce despotisme maritime que les victoires

I da leor célèbre amiral Hawke parvinrent à consolider. Cependant Col-

t MêH inttait de toutes ses forces pour soutenir le commerce du pays.

Aant son désir de former une compagnie des Indes orientales , il fit

jèbriie à la ville de IVantesparleroi lui-même. Cette démarche décida

^piriques négociants de Nantes à en faire partie.

L^année suivante la ville obtint une chambre de direction . composée de tii membres dont cinq choisis dans le commerce de Nantes, et un •bjène résidant h Paris. Les six premiers directeurs furent Jean Lory , Antoine François, François Valleton, dépnté à la première assemblée, Etienne Bureau, Etienne Grilla ud et André Boussineau; Mathnrin ▼erger, notaire, fut nommé secrétaire ; Jacques Valleton fut chargé de la caisse; Guillaume f^idelet , de la tenue des livres.

En 1665 , le fils du duc de la Meilleraie prit le commandement de la rUle et du château. Cet habile administrateur, qui garda trop peu dé temps la direction des affaires de Nantes , fit ane fonle de réformes

XYII.* SIÈCLE. 325

Mttide à une rente annuelle de 2000 livres. C'est ainsi que les iMMunes qui sont au pouvoir transforment bientôt en usage , et , ftr suite en droit , des d«iférences qui sont tout-à-fait exception- Belles dans le principe.

Le roi, qui s'était fait donner Tétat de situation des commuéàwMs, rendit un arrêté qui leur défendait de faire aucune déj^ense, soit en vins, soit en dîners ou déjeuners, comme elles en diraient Thabitude. Il ne leur fut plus permis de dépasser 30 livres pour les feux de joie , d'envoyer plus de deux députés aux Etats , elde dépenser plus de 5000 livres pour l'entretien du pavé. Cette dernière défense n'était pas raisonnable. Celle concernant les dépotés était beaucoup plus fondée. C'était une habitude à cette époque , de choisir pour député , non pas un censitaire , mais le plus digne et le plus capable de remplir le mandat qui lui était confié. Il était donc convenable que celui qui abandonnait ses affaires pour s'occuper de celles de la ville , fût indemnisé ; mais il était abusif que des hommes influents se fissent adjoindre à une dépntation , comme- cela se voyait fréquemment , dans l'unique but de voyager aux frais de la ville et dans la compagnie de ses véritables mandataires.

Les Biscayens s'étaient emparés de plusieurs navires appartenant ao port de liantes. La ville adressa , en 1667 , une plainte à Colbert, intendant de la marine. Ce fut cette môme année que le bureau décida d*offirir à l'avenir une épée à tous les maires et de donner 300 livres pour faire peindre les maires qui auraient rempli leurs fonctions deux années de suite.

Depuis long-temps les places de maire , d'échevins , de syndics et de greffier de la ville annoblissaient à Nantes ceux qui les possédaient. Le conseil d'état restreignit , en 1669 , ce privilège , à la charge de maire exercée pendant trois années consécutives. — Ce fut à cette époque que le jeu de la SouIe qui existe encore en Basse-Bretagne , dans l'arrondissement de Ponlivy , fut proscrit du diocèse de liantes par l'évoque, qui le défendit sous peine d'excommunication. Ce jeu consistait à enlever au milieu d'une foule , souvent très-considérable , une boule de cuir lancée par le seigneur , ou par son représentant , et à la loger (c'est le mot usité dans la Basse- Bretagne) soit dans une ferme, soit dans une auberge. Celui qui logeait la soûle était bien vu

Iioniincs qac la France ait produits. — Molière ne fat pas henreiià iNantes; très-suivi d'abord, il eut âi subir la concorrence redoaUUr d'un Vi^nitien nommé Sef;alla , qui montrait des marionnettes.

Vn synode de ir)49 défendit aux prêtres de porter au cimetièie I» corps des laïques. La Mairie institua buit porteurs pour les remplaor.

On projetait depuis long-temps de réunirions les paa%'res di maison commune , et le Sanitat fut affecté provisoirement à cet

En lG5i les eaux couvrirent la place du Bouffay et montèrent j»- «lu'au cbivur de Téglise des Carmes. Le pont Rousseaa fat mb kan de service par celte crue extraordinaire. Le pont de la Saahaje cl deux arches de celui de la Madeleine furent emportés. — Le ooananr entra cette année en jouissance de la Bourse. — Les Oratoriens bltinal leur é{;lise, qui sert aujourd'hui de magasin à fourrages. — La têê s'occupa très-activement cette année de ce qui concernait le noaTelhApitnl. — L'évéque voulut rentrer dans son ancien droit de police vassaux du fief des Kegaircs, mais le bon temps était passé. diclius éprouvèrent aussi un échec en cherchant à rentrer en de la cure de Sainte Croix , qui leur avait appartenu aotrefois.

Vn incident assez curieux signala cette année Fonvertnre des Le duc de Vendôme , rentré en France , vint à Nantes et s^em] la présidence. Les ducs de la Trimonille et de Rohan s*y o] Le maréchal de la Mei liera ie, pour éviter à ce conflit des saites ses , peut-être aussi par jalousie contre le duc de Rohan , fit des soldats autour des Jacobins où se tenaient les Etats et les rues voisines. — La duchesse de Rohan s'en plaignit vlTeient m maréchal. Celui-ci ne répondit pas convenablement , et la dncheasela rép1i({ua en le frappant à la figure avec sa pantoufle. Le maréchrii vivement irrité, fit signifier à la duchesse de Rohan, qa^ane paiil de la noblesse avait reconduite en triomphe aux Cordeliers, qa'flll eût U quitter JNantes sur le champ , ou qu'il ferait tirer le canon demeure. - La duchesse se plaignit au parlement, qui paraissait posé h lui donner gain de cause; mais la Cour lui fut défaToralife,cl« pour cette année, le roi défendit aux trois ducs de paraître au Blilk

C*était Tusage , dans le temps, de porter aux processions de 9* cierges appelés torches ; chaque cor])oration avait la sienne i aK la ville en possédait une pour laquelle la commune pajait année 5t) livres. Cette torche ne pouvant plus servir, le eu commanda une nouvelle en bois, ornée de dorures, de peia-

tores et de scalptares, qui en élevèrent le prix à 600 livres (au moins 1800 fr. , yalenr actaelle.) — Le firoment valait alors 9 à 10 livres le setier.

Les pères des pauvres s^étaient permis d^enfermer à Thospice , sans autorisation , un homme et une femme de mauvaise vie ; mais le juge prévôt, ayant été informé de cet abus de pouvoir, s'y transporta et fit forcer les portes que Ton refusait d'ouvrir.

L'ouverture de la place des Jacobins date de 1653 ; il n'y avait alors en Bretagne aucune chaire de théologie. Sur la demande du pKéfet du collège de l'Oratoire , il en fut établi une dans son collège. Le burean accorda 200 livres pour cet objet. ^ Le 20 janvier de cette année , messieurs du corps de ville allèrent an procession à Saint-Sébastien. Le déjeûner et le dîner qu'ils firent ii cette occasion coûtèrent 300 livres à la commune (900 fr. , valeur actuelle.) C'est ainsi que , sous le masque de la dévotion , un abus aussi scandaleux que celui des cadeaux de vin , prenait date , et deve- ^ait règle dans la vie de la cité.

L*évéque de Nantes , alors à Paris , fut du nombre de ceux qui CO&damnèrent les cinq propositions de Jansénius. L'abbé Travers, ^11 rapportant ce fait> laisse supposer que les fameuses propositions me se trouvent point dans le livre condamné , et il ajoute crûment qoe Monseigneur de Beauveau n'était pas assez instruit pour juger, ea connaissance de cause ^ du livre de Jansénius, et qu'il ne l'avait jamais lu.

Une proposition faite à la ville pour payer les pères de l'Oratoire on prix plus élevé , signale un fait assez curieux sur l'abaissement de la Tsleur de l'argent. De 1625 à 1654, toutes les denrées avaient augmenté, disait-on , de moitié. (Nos recherches disent un tiers.)

LMndustrie commençait à prospérer à Nantes. La brasserie et la fabrication des eaux-de-vie occupaient 200 chaudières ; et , conséqaemment , près de 800 personnes ; mais on se plaignit au bureau de TÎUe que ces usines incommodaient, et qu'elles faisaient renchérir les combustibles. Le bureau , composé de gens de loi , de propriétaires terriens et de demi-lettrés, prit un arrêté en vertu duquel il fut défendu de fabriquer de la bière dans le diocèse de Nantes , et des eaitx-de-vie dans la ville et les faubourgs. Cet arrêté, tout-à-fait injuste , puisqu'il proscrivait complètement l'industrie la moins dangereuse , nous prouve , par sa teneur , qu'il y avait des proprié-

3iO XVII.o SIÈCLE.

laires de vif^nobles parmi ceux qui participèrent k sa féàèrtk C'est ainsi, du reste, que sous le règne da grand roi TiadMl était protéjçée.

La ville , en 1655 , publia la première ordonnance ooncanni inaisuns qui menacent ruine.

La m^nic année fut posée la première pierre du oollége Sa Clément.

Des comédiens obtinrent, en 1656, la permission de jouer ft !!■ à chanje de se comporter honnestement et modestement , eaus fmn lions nv dire paroles sales et dissolues ; ils devaient de plus pSJW I rontribuliou pour les pauvres. — Ce fait semblerait pronrer da | de moralité des comédiens à cette époque. — Nons ne pirélené |)as qu'ils soient triïs-moraux aujtmrd'hui ; mais plusieurs da M comprennent l'importance de leur mission.

La même année, le bureau, pour aider les paavres da Si les chargea de tout ce qui concernait les enterrements : les étaient pavés 120 sous; les porteurs, 8; les tendeurs de deafl, les enfants portaient les torches sans salaire. — Anjonrd*hai les i l'ants seuls vont encore aux enterrements ; mais les hospices nm* rétribution. ]Nous devons ajouter que cette coutume beaucoup 2t (Mitretenir, chez ces enfants, les vices et l'aoïour dsH siveté, qui les conduisent plus tard sur les bancs de la Conr d^lflia

Le bail de Toctroi de 5 sous par pipe de vin passant soos les pa était alors de 61)00 livres, ce qui correspond à 27,600 pîpsi < 55,200 barriques. — La ville continuait à faire de folles dépeamt cierges , en honnies et surtout en vins.

En l()51l, \vi bureau, voulant accorder aux oratoriens le rinstruction , les jacobins furent obli(;é$ de fermer leurs uianités, de philosophie et de théologie.

In hrasseur, plus avisé que ses confrères, obtint, la de rétablir son usine et de faire seul de la bière, & la càar|ià diuiner 3000 livres par an.

Les places arrêtées en rivière depuis Noël 1659, ne laisiftnrtl fleuve libre qu'au mois de mai 1660.

La première taxe sur la viande de cardme date de 1661. Ua wi houciier avait alors Tautorisation de vendre de la viande cette partie de Tannée. Ce monopole temporaire était

dication au profit des pauvres : 2 sous la livre , tel était le prix de 1661. Moins élevé proportionnellement que celui des blés , ce prix laisie à supposer qu'alors le peuple pouvait échanger ses salaires plus Sudlement qu'aujourd'hui contre une nourriture confortable.

Ifos annales rapportent encore à la même année quelques autres fiilB qui méritent d'être cités.

La construction de la tour du Bouffay fut commencée , elle revint , fois bâtie, 5 2,150 livres.

Le froment valait alors 16 livres 10 sous le setier, le seigle 11 li- 10 sons.

LesEtats s'ouvrirent à Nantes le 21 aoAt , et le bureau de ville fit , il €8tte occasion, une dépense en vins qui s'éleva à 1,802 livres.

Louis XIY vint à Nantes le l.«^ septembre; il arriva vers une heure de l'après-midi. On ne l'attendait que le soir, parce qu'il devait dfaier à Glennont: il fut cependant très-bien reçu. François de Beauailiers y comte de Saint- Aignan , qui se trouvait à la suite du roi, fit il ce sujet quelques vers que Guymar nous a conservés; les voici :

Maints caresses formaient à Mauves un petit cours ,

Pour des courriers mouillés bien consolant concours.

Dans ce brillant état quittant nos rossinantes

Et n'en piaffant pas moins nous entrâmes dans Nantes,

Oii des grands et petits l'on vil avec plaisir

A l'aspect d'un grand roi contenter le désir.

Tout Y parut joyeux ; plusieurs disertes langues

Excédèrent le roi par leurs doctes harangues ;

L'illustre maréchal nous y reçut au mieux ,

Tout y flatta le goût , tout satisfit les yeux.

Le roi vit des remparts tirer dans la prairie

Deux cents pièces au moins de belle artillerie.

En divers lieux de là chacun se partagea ,

Puis magnifiquement au château l'on mangea.

Ailles le dîner, les autorités furent admises à faire leur cour au roi. H. Poulain de la Vincendiiffe , maire de Nantes , harangua sa majesté umgenouàterre, et lui présenta quatre clefs d'argent doré, aux armes de Fnnceet de Bretagne, qui avaient coûté 672 livres, y compris le bassin dans lequel elles se trouvaient. Louis XIY, étant son chapeau, répondit au mafare que les clefs de la ville étaient en trop bonnes mains pour qu'il les acceptât. ^^

vtaneDt à 4,500 livres. Les inoHvements de Thorloge avec ses poids ■0 Vélevèrent qu'à 1900 livres, le marteaa de Thorloge coûta 60 •mt , la charpente 1420. — Les gages de Thorloger furent fixés b W- livres par an.

" .Les présents de vins aax Etats , étaient devenos tellement rai- » qu'an arrêt da conseil da roi défendit aux receveurs et comités des villes de Bretagne d'en faire dorénavent, sous peine dTéira privés de leurs deniers d'octroi.

. Im Etats se tinrent à Nantes cette année , Golbert y assista en ipuUté de commissaire du roi , Glande de Sesmaisons de la Sausi- ■tore, présida les premières séances.

'Une police de 1664 taxait à 5 sons 6 deniers le pot (deux bouteilles) ÛB rm nantais , h 13 sons celui d'Anjou , h 16 sous celui de Graves , à 20 sons le vin étranger , à 35 sous la couchée d'un voyageur avec son nheval. Le pain blanc superflu à 2 sons la livre , celui de méteil à 13 ^tooiers , celui de seigle à 9 deniers.

La pèche de la morue et la pèche de la baleine occupaient, dès cette époque, un assez grand nombre des navires de la place; mais les Ângbis contrariaient notre commerce de tontes leurs forces ; ils empêchaient depuis long-temps nos baleiniers de cuire à terre , jNCOrçant contre eux des violences , quand la crainte ne suffisait pas ; c'est ainsi qu'ils préludaient à ce despotisme maritime que les victoires de leur célèbre amiral Hawke parvinrent à consolider. Gependant Gol- .Innrl luttait de tontes ses forces pour soutenir le commerce du pays. BiBt son désir de former une compagnie des Indes orientales , il fit «totre à la ville de Nantes par le roi lui-même. Gette démarche décida ^elqoes négociants de Nantes à en faire partie.

L^année suivante la ville obtint une chambre de direction, composée de sii membres dont cinq choisis dans le commerce de Nantes, et un sixième résidant h Paris. Les six premiers directeurs furent Jean Lory , Antoine François, François Valleton, député à la première assemblée, Etienne Bureau , Etienne Grillaud et André Boussineau ; Mathnrin Yergier, notaire, fut nommé secrétaire; Jacques Valleton fut chargé de la caisse; Guillaume Nidelet, de la tenue des livres.

En 1665 , le ûls du duc de la Meilleraie prit le commandement de la Tille et du château. Get habile administrateur , qui garda trop peu de temps la direction des affaires de Nantes , fit une foule de réformes

XYII.« SIÈCLE. 825

aiâiide à une renie annuelle de 2000 liyres. C'est ainsi qne les hommes qui sont an pouvoir transforment bientôt en usage , et , par suite en droit , des différences qui sont tout-à-fait exceptionnelles dans le principe.

Le roi, qui s'était fait donner Tétat de situation des commuùutés, rendit un arrêté qui leur défendait de faire aucune dépense y soit en vins , soit en dîners on déjeuners , comme elles en atiient Thabitude. Il ne leur fut plus permis de dépasser 30 livres pomr les feux de joie , d'envoyer plus de deux députés aux Etats , el de dépenser plus de 5000 livres pour Tentretien du pavé. Cette dernière défense n'était pas raisonnable. Celle concernant les dépotés était beaucoup plus fondée. C'était une habitude à cette époque , de choisir pour député , non pas un censitaire , mais le plus digne et le plus capable de remplir le mandat qui lui était confié. Il était donc convenable que celui qui abandonnait ses affaires pour s'occuper de celles de la ville , fût indemnisé ; mais il était abusif que des hommes influents se fissent adjoindre à une dépntation , comme* cela se voyait fréquemment , dans l'unique but de voyager aux frais de la ville et dans la compagnie de ses véritables mandataires.

Les Biscayens s'étaient emparés de plusieurs navires appartenant an port de Nantes. La ville adressa , en 1G67 , une plainte à Colbert, intendant de la marine. Ce fut cette môme année que le bureau décida d^offirir à l'avenir une épée à tons les maires et de donner 300 livres pour faire peindre les maires qui auraient rempli leurs fonctions deux années de suite.

Depuis long-temps les places de maire , d'échevins , de syndics et de greffier de la ville annoblissaient à Nantes ceux qui les possédaient. Le conseil d'état restreignit, en 16G9, ce privilège, à la charge de maire exercée pendant trois années consécutives. — Ce fut à cette époque que le jeu de la Soûle qui existe encore en Basse-Bretagne , dans l'arrondissement de Pontivy , fut proscrit du diocèse de Nantes par l'évoque, qui le défendit sous peine d'excommunication. Ce jeu consistait à enlever au milieu d'une foule , souvent très-considérable , une boule de cuir lancée par le seigneur , on par son représentant , et k la loger (c'est le mot usité dans la Basse- Bretagne) soit dans une ferme , soit dans une auberge. Celui qui logeait la sonle était bien vu

lioinmcs que la France ait prodails. — Molière ne fat pat heamik ■Nantes; très-suivi d'abord, il eut à subir la concnrrence radoitakir d'un Vi^nitien nommé Scgalla, qui montrait des marionnettes.

L-n synode de 1649 défendit aux prêtres de porter an cinelîèn hi

corps des laïques. La Mairie institua huit porteurs pour les leapUc».

On projetait depuis long-temps de réunir tons les pauvres daas mt

,1 maison commune , et le Sanitat fut afifoclé provisoirement à cet

En 1651 les eaux couvrirent la place du Boufiaj et montèrent ji i qu*au chœur de Té^lise des Carmes. Le pont Rousseau fnt

de service par cette crue extraordinaire. Le pont de la Sanh^jstf deux arches de celui de la Madeleine furent emportés. — Le oonuMm - j I entra cette année en jouissance de la Bourse. — Les Oratoriens klthiil

< leur église , qui sert aujourd'hui de magasin à fourrages. — La vil

s'occupa très-activement cette année de ce qui concernait le non?eiy|l I tnl. — L'évêque voulut rentrer dans son ancien droit de polke svte

vassaux du fief des Kegaires, mais le bon temps était passé. dictius éprouvèrent aussi un échec en cherchant à rentrer en de la cure de Sainte Croix , qui leur avait appartenu autrefois.

IM Un incident assez curieux siguala cotte année TouTerture

Le duc de Vendôme , rentré en France , vint à Nantes et sV

, la présidence. Les ducs de la Trimouille et de Hohan sV

Le maréchal de la Meilleraie, pour éviter h ce conflit des suites ses, peut-être aussi par jalousie contre le duc de Rohan, fit

i I des soldats autour des Jacobins ofi se tenaient les Etats et

les rues voisines. — La duchesse de Rohan s*en plaignit yv maréchal. Celui-ci ne répondit pas convenablement, et la di répli(|ua en le frappant à la figure avec sa pantoufle. Le vivement irrité, fit signifier à la duchesse de Rohau, qn*i de la noblesse avait reconduite en triomphe aux Cordelieis, friA e()t 2) quitter IVantes sur le champ , ou qu*il ferait tirer le canon aVB demeure. — La duchesse se plaignit an parlement, qui paraiasallAl' |)osé h lui donner gain de cause; mais la Cour lui fut déraToraUSiA pour cette année, le roi défendit aux trois ducs de paraître auxiblk (^'était Tusage , dans le temps, de porter aux processions de p* cierges appelés torches ; chaque coq)oration avait la sienne , il h ville en possédait une pour laquelle la commune payait année 50 livres. Cette torche ne pouvant plus serra, le en commanda une nouvelle en bois, ornée de dorures, de

Xyil.« SIÈCLE. 319

Unes et de scalptares , qui en élerèrent le prix à 600 livres (au ■Mrtns 1800 fir. , valeur actaelle.) — Le froment valait alors 9 à 10 livres le setier.

Lm pères des pauvres s'étaient permis d'enfermer à Thospice , MHS autorisation , an homme et une femme de mauvaise vie ; mais le joue prévôt, ayant été informé de cet abus de pouvoir, s'y bramporta et fit forcer les portes que Ton refusait d'ouvrir.

L'ouverture de la place des Jacobins date de 1653; il n'y avait don en Bretagne aucune chaire de théologie. Sur la demande du pcéfet du collège de l'Oratoire , il en fut établi une dans son colf/0^» Le bureau accorda 200 livres pour cet objet.

Le 20 janvier de cette année , messieurs du corps de ville allèrent ■B procession à Saint-Sébastien. Le déjeûner et le dîner qu'ils firent I cette occasion coûtèrent 300 livres à la commune (900 fr. , valeur feUttoelle.) C'est ainsi que , sous le masque de la dévotion , un abus Mwi scandaleux que celui des cadeaux de vin , prenait date , et devenit règle dans la vie de la cité.

L*év6que de Nantes , alors à Paris , fut du nombre de ceux qui MMlamnèrent les cinq propositions de Jansénius. L'abbé Travers , M fipportant ce fait^ laisse supposer que les fameuses propositions Wfff M trouvent point dans le livre condamné , et il ajoute crûment ipe Honieigneur de Beauveau n'était pas assez instruit pour juger, l^. connaissance de cause^ du livre de Jansénius, et qu'il ne l'avait ffimàiê lu.

Viie proposition faite à la ville pour payer les pères de l'Oratoire m prix plus élevé, signale un fait assez curieux sur l'abaissement de bTileor de l'argent. De 1625 à 1654, toutes les denrées avaient mgnentéy disait-on, de moitié. (Nos recherches disent un tiers.)

L^industrie commençait à prospérer à Nantes. La brasserie et la Eahrication des eaux-de-vie occupaient 200 chaudières ; et , conséipemment , près de 800 personnes ; mais on se plaignit au bureau de tille que ces usines incommodaient, et qu'elles faisaient renchérir les pombiistibles. Le bureau , composé de gens de loi , de propriétaires terriens et de demi-lettrés, prit un arrêté en vertu duquel il fut dtfentdu de fabriquer de la bière dans le diocèse de Nantes , et des eaû-de-vie dans la ville et les faubourgs. Cet arrêté, tout-à-fait injuste , puisqu'il proscrivait complètement l'industrie la moins iangerense , nous prouve , par sa teneur , qu'il y avait des proprié-

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Des comédiens obtinrent, en 16S6, li ] innoB 4e joaer t

1 charge de te comporter Aoniiefl et éetU^Èemt^ amu fk

/iont ne dire paroiet iaiei et dUtolmeM .- ■»

ironiribotion pour les paarres. — Ce fait

de moralité des comédiens k cette époque. — ?

pas qu'ils soient três-moranx anjoard*kiii:

«omprennent l'importance de leur mission.

Ld rn^me année, le bnrean, ponr aider les pa lf'> cliar{^ea de tnol ce qui concernait les i*tai<.'nt pavés 20 sous: les porteurs, 8: les teod li^s enfants portaient les torches sans salaire. — lauts sf.'uls vont encore aux enterrements: mab les ijijf rétribution. >'ous devons ajouter que cette beaucoup à entretenir, chez ces enfants, les rices el V\ siveté, qui les conduisent plus tard sur les bancs de la

Le bail de l'octroi de 5 sons par pipe de Tin passant était alors de fVJOO livres, ce qui correspond à 27,600 fif ^ht,:ii}i) barriques. — La ville continuait à faire de folles rif'ri^es , en bou^'ies et surtout en vins.

Kn in.yj, ht bureau, voulant accorder aux oralorieiis le l'instruction, les jacobins furent obligés de fermer lemn inanités, de philosophie et de théologie.

In brasseur, plus avisé que ses confrères, obtint , la rie rétablir son usine et de faire seul de la bière, à la chB| donuer 30iJU livres par an.

Les places arrêtées en rivière depuis Roël 1659» m Uarin fleuve libre qu'au mois de mai 1660.

La première taxe sur la viande de carême date de 16SI. Ui

dication aa profit des pauvres : 2 soas la livre , tel était le prix de 1661. Moins élevé proportionnellement que celai des blés , ce prix laisse à supposer qa'alors le peuple pouvait échanger ses salaires plus fiidlement qu'aujourd'hui contre une nourriture confortable.

Nos annales rapportent encore à la môme année quelques autres faits qui méritent d'être cités.

La construction de la tour du Bouffay fut commencée , elle revint , fois bâtie, à 2,150 livres.

Le froment valait alors 16 livres 10 sous le setier, le seigle 11 H- 10 soos.

Les Etats s'ouvrirent à Nantes le 21 août , et le bureau de ville fit , k cette occasion , une dépense en vins qui s'éleva à 1,802 livres.

Louis XIY vint à Nantes le 1 .<' septembre ; il arriva vers une heure de l'après-midi. On ne l'attendait que le soir, parce qu'il devait dlser k Glermont: il fut cependant très-bien reçu. François de Beau- ▼iUierSy comte de Saint- Aignan , qui se trouvait à la suite du roi, fit h ce sujet quelques vers que Guymar nous a conservés; les voici :

Maints carosses formaient à Mauves un petit cours ,

Pour des courriers mouillés bien consolant concours.

Dans ce brillant état quittant nos rossinantes

Et n'en piaffant pas moins nous entrâmes dans Nantes ,

Où des grands et petits Ton vit avec plaisir

À l'aspect d'un grand roi contenter le désir.

Tout y parut joyeux ; plusieurs disertes langues

Excédèrent le roi par leurs doctes harangues ;

LMIlustre maréchal nous y reçut au mieux ,

Tout y flatta le goût , tout satisfit les yeux.

Le roi vit des remparts tirer dans la prairie

Deux cents pièces au moins de belle artillerie.

En divers lieux de là chacun se partagea ,

Puis magnifiquement au château l'on mangea.

Après le dîner, les autorités furent admises à faire leur cour au roi. H. Poulain de la Y inceodièie , maire de Nantes , harangua sa majesté mtgenou à terre, et lui présenta quatre clefs d'argent doré, aux armes de Franceet de Bretagne, qui avaient coûté 672 livres, y compris le bassin dans lequel elles se trouvaient. Louis XIV, ôtant son chapeau, répondit au maure que les clefs de la ville étaient en trop bonnes mains pour qu'il les acceptât. ^^

pdjd du (;uic uo i3aiutc-niiuc)twiiiiB «aiq rhaquenuil que le roi avait passée an cht laa.

Les blés éUicnt rares daus l'Anjou , et le roi iiermll « h tl gers (le tirer de Brolagne 600 lonii— ax de Bei|-l<>. I Tait, il DODs montre à comltien de difficaltéi U circnlatiaail diiils de première nécessité était souBiiie k cette époque. U cipaux de Nantes , craignant qnelqae émenta dans la *llfe^ blés venaient â y passer en simple transit, décidèrent dt|l bateau armé sur la llauto-Loire, afin de l'i^poser aa H navires qui n'auraient pas tenu planche k Naolus. iooitSt instruit et lit appeler le maire à la cour. Celni-c ilu prince , prétexta nne maladie. — Travers prétend n SI- relira â Uuzai, pendant que le corps-de-wUf et le (iri laieut à un outerremeut simulé.

Les pères jésuites , Louis-de-Goa laine et IVirula» dllaafl sentërent nue requête au nom du roi , pour s'élaltllr 1 ] bureau eût voulu la rejeter, mais cette req^uâte ùlail Ml ■le Louis XIV , et ils craignirent de se compromettre.

Les blés étaient cUers en 1661 , ils augmeutismil «m l't la position des autorités devint difficile; rar elles ne^ <-n pi-endre , vu les entraves de tonte espbci! qui s'o{ i-ircul.ition des grains; des maladies épidémiigoc» qsi < les classes pauvres, furent la suite de la mauvaise i le iieuplc faisait usage.

L'année suivante, la ville vola cent lÎTrei pour étred prix aux meilleurs élèves du collège Saint-Cli'meot.

La tour du Douffay fut terminée , la '4otlio de 1 pur René Landonillel , pesait 16,532 1 ulx maréctbal 4 védiale de la Meillcraie, furent ses ] in et msmbielt. cloche coAla 550 livres de façon , la bal itrade en I

▼furent à 4,500 livres. Les inouvements de Thorloge avec ses poids ■e s*élevèreDt qu'à 1900 livres , le marteau de Thorloge coûta 60 Knei , la charpente 14:20. — Les gages de Thorloger furent fixés à 90 livres par an.

.Les présents de vins aux Etats , étaient devenus tellement rui- II 9 qu'un arrêt du conseil du roi défendit aux receveurs et commwités des villes de Bretagne d'en faire dorénavent, sons peine 4*éiV6 privés de leurs deniers d'octroi.

Les Etats se tinrent à Nantes cette année , Golbert y assista en spiâliléde commissaire du roi, Claude do Sesmaisons de la Sansi- Blère, présida les premières séances.

Ihie police de 1664 taxait h 5 sous 6 deniers le pot (deux bouteilles) ée TÎn nantais , h 13 sons celui d'Anjou , h 16 sous celui de Graves , à 20 sons le vin étranger , à 35 sous la couchée d'un voyageur avec son lAeval. Le pain blanc superfin à 2 sous la livre , celui de méteil à 13 dhoiers , celui de seigle à 9 deniers.

La pèche de la morue et la pèche de la baleine occupaient, dès cette ë]K>qne, un assez grand nombre des navires de la place; mais les Anglais contrariaient notre commerce de toutes leurs forces ; ils empêchaient depuis long-temps nos baleiniers de cuire à terre , exerçant contre eux des violences , quand la crainte ne suffisait pas ; c*est ainsi qu'ils préludaient à ce despotisme maritime que les victoires de lenr célèbre amiral Hawke parvinrent à consolider. Cependant Colibert luttait de toutes ses forces pour soutenir le commerce du pays. Dans son désir de former une compagnie des Indes orientales , il fit •écrire à la ville de Nantes par le roi lui-même. Cette démarche décida qoelqoes négociants de Nantes à en faire partie.

L'année suivante la ville obtint une chambre de direction, composée de six membres dont cinq choisis dans le commerce de Nantes, et un sixième résidant h Paris. Les six premiers directeurs furent Jean Lory , Antoine François, François Valleton, député à la première assemblée, Etienne Bureau , Etienne Grillaud et André Boussineau ; Mathnrin Verger, notaire, fut nommé secrétaire; Jacques Valleton fut chargé de la Glisse; Guillaume Nidelet, de la tenue des livres.

En 1665 , le fils du duc de la Meilleraie prit le commandement de la Tille et dn château. Cet habile administrateur, qui garda trop peu de temps la direction des affaires de Nantes , fit nne foule de réformes

([ui recommandent son souvenir ; entré en ville modesleaeBt, li

prima de suite et les frais de réception solennelle et les frm ti

blement pour sa maison. Ces derniers montaient à 1200 livm.léé-

IcDiiit aux écoliers^ aux laquais, aux pages, aux

> oir de porter des armes dont ils faisaient chaque joor

usa^e. Il ordonna au\ soldats de la garnison de sortir

iiriiifs , de ne point parcourir la ville par bandes , de se

t'hiUeau avant 8 heures du soir en été , et en hiver avant 6

abolit uu ^rand nombre de dépenses inutiles, telles qoe le

i:t réduisit la plupart des autres. 11 restreignit dans leon liailHln

particuliers qui avaient obtenu des concessions d^empiaeeMcaU à vk,

i»t prescrivit à la commune de faire chaque mois une nisaHdi

2,4U0 livres jusqu'à liquidation complète de sa dette, qui l'fluriH

30,0<H)li\res.

31. Sébastien Rosmadec, marquis de Nolac, qni snœMa àE lie la Meilleraie , fil aussi une entrée très-modeste à Nantes : im4écharge d'artillerie signala seule son arrivée , qoi ent Ben h B avril 1()G6.

La ville , cette année , dépensa beaucoup ponr des services »lennels en Tlionueur dMnne d'Autriche, mère dn roi.

Les marchands ne se réunissaient pas h la bonrse : la noBn hn (?ujoi^nit de s'y trouver depuis onze heures dn matin jiaqn'à Bi heure après midi , sous peine de !2U livres d'amende.

Le fait suivant nous montre tout le danger des gonvernsBiM lie bon plaisir. Le marquis de Beauveau, frère de révêqns * .\autes et son héritier, voyait avec peine que ce digne piÂat II généreux et bienfaisant; puissant en cour, il le fit dëdav |i^ di^ue, et priver, comme tel, de Tadminislration temporelle de us évéclié: puis il sollicita et obtint contre son fr*ère nne ieCIn il cachet , qui le confinait en son prieuré de Grammont , pite de Tea& Le (gouverneur de JNantes, le bureau de ville, le chapim et h riergé sollicitèrent en vain son élargissement.

L'université n'avait point encore à IS'antes de chaire de drail:«i MWW) elle obtint de la ville un local temporaire chex les

M. de la Meilleraie avait refusé les 2000 liv. votés ameublement. M. de Molac en demanda 3000 à la Tille» tant ses meubles que pour son logement. Le bureau réduisit celle

XYII.« SIÈCLE. 325

Mande à une renie annuelle de 2000 lÎTres. C'est ainsi que les iMMunes qui sont au pouvoir transforment bientôt en usage , et , par snite en droit , des d«5férences qui sont tout-à-fait exception- Belles dans le principe.

Le roi, qui s'était fait donner Tétat de situation des comniuaaiités, rendit un arrêté qui leur défendait de faire aucune dépense y soit en vins , soit en dîners ou déjeuners , comme elles en aTtient Thabitude. Il ne leur fat plus permis de dépasser 30 livres pour les feux de joie , d'envoyer plus de deux députés aux Etats , et de dépenser plus de 5000 livres pour Tentretien du pavé. Cette dernière défense n'était pas raisonnable. Celle concernant les dépotés était beaucoup plus fondée. C'était une habitude à cette ^^oqne , de choisir pour député , non pas un censitaire , mais le plus digne et le plus capable de remplir le mandat qni lui était C(mfié. Il était donc convenable que celui qui abandonnait ses affaires pour s'occuper de celles de la ville , fût indemnisé ; mais il était abusif que des hommes influents se fissent adjoindre à une députation , comme* cela se voyait fréquemment , dans l'unique but de voyager aux frais de la ville et dans la compagnie de ses véritables mandataires.

Les Biscayens s'étaient emparés de plusieurs navires appartenant an port de ?<antes. La ville adressa , en 1G67 , une plainte à Colbert, intendant de la marine. Ce fut cette môme année que le bureau décida d^offirir à l'avenir une épée à tous les maires et de donner 300 livres pour faire peindre les maires qui auraient rempli leurs fonctions deux années de snite.

Depuis long-temps les places de maire , d'échevins , de syndics et de greffier de la ville annoblissaient à Nantes ceux qui les possédaient. Le conseil d'état restreignit, en 16G9, ce privilège, à la charge de maire exercée pendant trois années consécutives. — Ce fut à cette époque que le jeu de la Soûle qni existe encore en Basse-Bretagne , dans l'arrondissement de Pontivy , fut proscrit du diocèse de Nantes par l'évoque , qui le défendit sons peine d'excommunication. Ce jeu consistait à enlever au milieu d'une foule , souvent très-considérable , une boule de cuir lancée par le seigneur , ou par son représentant , et à la loger (c'est le mot usité dans la Basse-Bretagne) soit dans une ferme 9 soit dans une auberge. Celui qui logeait la soûle était bien vu

32G VVII.« SIÈCLE.

aux assemblées de toutes les jeunes filles , et les aatres continuer leur jeu qu'en la rachetant , c'est-à-dire en pajast à tous reux qui pouvaient entrer dans la ferme oa dans l*a

L*év6t|uc , M. de Ponthus , projeta en 1670 de dessécher las de Barbin ; mais ce projet n'eut point de suite. Rien ne serait aujourd'liui plus facile , si Ton voulait abaisser la clianssée de Yédmif et peul-6tre (|ue Ton pourrait ainsi concilier les intérêts de la tion et ceux do Tagriculture» qui ont été complètement les derniers travaux faits à IN'antes sur la rivière d'Erdre.

Une partie du Château avait été incendiée , elle fut roUlio I h niônie époque.

Le IH août de celte année, la ville, très-obérée, se tira par (le la fâcheuse position où Tarait placée une prodigalité — Trop puissante pour traiter avec ses créanciers sur le pisi II Tégalité , et pour en venir à un concordat, elle décida et avec Tautorisation du Conseil d'Etat, qu'elle rembourserait t tout, ceux des préteurs qui feraient remise du tiers de lenr et qu'elle cesserait de payer l'intérêt des sommes qn*elle arail i\ ronstitut. C*élait, en d'autres termes, donner66 p. » « âi Ce remède énerj^ique et peu moral ne soulagea qoe momenl l'administration.

Le pont de In Poissonnerie, démoli en 1755, pour faire pi actuel , datait de 1670.

L'évOque publia , Tannée suivante , un livre intitulé ia Chrétien , qui fut imprimé par Pierre Querro. La dernière cet ouvrage a été supprimée depuis par le soccessenr de M. de comme renfermant des principes contraires aux droits de VéfÊt Gallicane.

Les jésuites, \i force d'intri(;ues , arrivaient Si leur but, Tévêque et le bureau de ville; établis à Nantes depuis pea , trouvaient assez riches déjà pour acheter Thôtel de Briord.

L'on construisait alors le haut de Téglise actuelle de Sai le portail , un peu plus récent, ne fut commencé que 14 ansplHlMi

Par contrat du 5 février i67*J , la ville donna k perpétuité toriensle coUé^^e Saint-Clément, à la charge d'y enseigner les tés, la philosophie, la théologie, et de ne prendre qoe 340 Hfns A pension. Elle se réservait le droit de surveillance, et conUnnftft

payerpoor lesprofessears la somme de 2300 liv. ; mais elle déclara dans acte qne les oratoriens ne pourraient aliéner , vendre ni céder tout partie de leur collège , et qu'il reviendrait à la ville , si leur congrégation venait à quitter Nantes. — Le résultat de cette cession , et de nombreux legs faits aux oratoriens , fut de leur permettre de donner ptciqne gratuitement à Nantes une instruction très-soignée à tous les jemiesgens qui avaient le désir d en profiter. — Nous neregrettons pas lavr corporation: mais nous sommes contrariés vivement de voir qu'aujourd'hui rinstruction soit proportionnellement bien plus coûteuse qa'aoXYII.* siècle; et, conséquemment, à laportéed*un trop petit nombre.

Un prêtre missionnaire du diocèse, René Lévéqne, fonda en 1672, k Sftint-Glément , la communauté de ce nom : c'était , comme le dit trèft-bien M. Meuret , en corrigeant Terreur de Gnymar , un séminaire destiné aux missionnaires. A la même époque il créait , dans rintérieor de la ville , la communauté des Pénitentes. D'après un usage dn temps, la ville fournissait alors à la Fête-Dieu des gants , des rubans et des bouquets aux maires , échevins, officiers et juges-consuls.

Plusieurs faits curieux rappellent Tannée 1673. Une émeute violente signala l'établissement de l'impôt sur le timbre et du monopole pour la vente du tabac. Les femmes elles-mêmes s'en mêlèrent, deux d'entre elles y jouèrent le principal rdle; Tune , épouse d'un menuisier nommé Yallone , signalée à M. de Molac comme ayant poussé le peuple à la sédition , venait d'être arrêtée et conduite au cbâteau , lorsque rëvèqoecrut de son devoir d'essayer, par sa présence, ^ ramener an calme des esprits trop irrités , pour ne pas résister à la force année. Cette démarche si honorable , faillit devenir funeste au prélat. Une autre femme, l'épouse dnn confiseur, le fit arrêter par les mutins , qui l'emprisonnèrent dans la chapelle Saint-Yves. La position de M. de Molac devint alors très-difficile ; sommé de livrer immédiatement la femme Yallone , s'il ne voulait pas que Ton usât de représailles vis-à-vis de Tévêque , et sachant bien que les femmes exaltées auxquelles il avait affaire n'entendraient pas raison , il ne savait s'il devait tenter de vive force la délivrance du prélat , avec le petit nombre de troupes dont il disposait , ou s'il convenait mieux de relâcher une femme violente , mais au fond peu coupable , et par suite d'éviter à M. de Ponthus de mauvais traitements : réflexion faîte, il adopta ce dernier parti. Cette mesure prudente évita TefTu-

:ho8 XVn.« 8IÈCLB.

sion du sang , et permit de fermer les yeax sur ce qai s*ëfail la coar, qui ne comprenait pas cette oondoite si Mge, il eût préféré une répression énergique et impitoyable , le lement ; il fut môme suspendu dans son gooYemement » et temporairement par M. de Lavardin.

Le synode de cette année publia plusieurs sages réglenseeti, .'1 côté do mesures convenables, il s'en glissa une qai montie l'esprit conservateur a de puissance , surtout en ce qui habitudes. Il ne sera point permis aux ecclésiastiques, statut dont nous parlons , de porter peimqae , âi aient obtenu la permission du pape ou de Tévâqae.

Une police du temps taxe ainsi diverses denrées :

Le bon bœuf > le mouton et le veau. 2 sous 1;2 la lir. O^c

Le lard 4 1;2 flgSB

Les gros chapons lardés 12 — Xft

Les petits chapons lardés 9 — i^

Deux poulets 8 — 9

Une perdrix 13 —

Un levraut 10 — 9

Un lapin , un canard , une bécasse. 8 —

La chandelle 4 1/2 — Q^

Le bon beurre 5 1/2 — 1,16

L'on voit, par x;clle police, que les perdrix coûtaient phi proportionnellement que les autres gibiers; si les blesse TfindiÎBnfihn à peu près moitié moins qu'aujourd'hui , les antres denrées environ trois fois 1/2 moins cher que maintenant; d*ob il que 1000 livres de revenu à cette époque représentent an la nourriture 2750 francs valeur actuelle.

On forma, en 1674, des compagnies de milice bourgeoise dealiitol défendre les côtes menacées par les flottes ennemies.

En 16K0 , un affreux incendie brûla grand nombre de les rues de la Gasserie, de la Glavurerie et du Bois-T<wtn.

La ville perdit, en 1682, le droit de deux sons par mnid de kU» et sel , remontant le fleuve. Un nouvel incendie brûla 29 la rue de la Glavurerie et les ruelles adjacentes.

Le jardin du Papegaut fut donné par la ville, en 1685, caîres , qui en ont toujours joui depuis cette époque. — L*i

saiTtnte le roi d'Angleterre , Jacques II , passa par Nantes , poor se rendre k Brest; il fnt reça avec grande pompe; la milice bourgeoise était sons les armes, et Tartillerie annonça son arrifée.

La monnaie de Nantes ne travaillait plus depuis long-temps; elle fnt occupée en 1690 à la refonte des espèces. — Uërection à Nantes d*iu siège d'amirauté , la création d'officiers des eaux et forêts , Tinstitntioa d'une charge de secrétaire greffier-héréditaire de la commu- ■milé 9 datent de la même année.

Es 1693 , le gouvernement , très-obéré , créa , pour se procurer de Targenty un grand nombre de charges vénales. M. Proust acheta, gitce à l'appui de puissants personnages, celle de maire, que la fille racheta de sa yeuve , à l'époque de sa mort.

En 1694 , les sceura de Sainte-Catherine s'établirent au Manoir de la Touche , où elles ont été remplacées par des prêtres irlandais.

La Tille n'avait pas encore d*éclairage; ses premières lanternes datent de 1695, elles étaient au nombre de 150, et beaucoup moins Uen disposées que nos réverbères actuels. — On n'y brûlait que de la diandelle ; pendant plusieurs années, l'éclairage ne se fit que pendant lea trois mois d'hiver.

En 1699 , l'ancien séminaire fut démoli et reconstruit sur un nouveau plan, par les soins de M. Gouprîe de Lessongère, archidiacre de la Mée.

STATISTIQUE DE NANTES A LA FIN DU XVII. « SIÈCLE ET AU COMHENCEMENT DU XTIII.»

Nous voici à cette époque de crise religieuse et politique , si diversement jugée aujourd'hui par les partis que la France renferme.

La féodalité existe encore , mais elle s'use continuellement contre Teaprit d'indépendance et d'égalité de la nation. Les lois vieillies ne conviennent plus à la génération qu'elles enchaînent : ce sont des fors rongés de rouille. De son côté , une philosophie critique et impuissante à produire , mais forte , mais unie malgré les nombreuses bannières de ses chefs , se précipite tête baissée sur le catholicisme , et s'évertue à le renverser sans savoir , du reste , comment elle remplacera cet antique lien des hommes et des peuples ; elle se jette d^abordà la remorque de Luther, qu'elle abandonne bientôt pour se placer sur le terrain des Voltaire , des d'Alembert , des Rousseau ,

^car-

Xyn.« SIÈCLE. 981

dakage des mes , des comités de Gominerce et la cessation des ma- Iftdiea épidémiques. En jageant les faits sans passion, on troare que chacon d*eax est la conséquence directe du précédent.

COmfBRCB.

km commencement da XYIII.* siècle, Nantes se trouvait déjà dans «ne situation très-prospère , comme on en pourra juger par Taperçu •BiTant.

Le principal commerce se faisait avec les îles de TAmérique , où IVm expédiait annuellement 50 navires de 80 à 300 tonneaux ; saroir : 35 a 30 à la Martinique , 8 ou 10 li la Guadeloupe , 1 ou 2 à Cayenne , 1 ou 3 à la Tortue , 8 ou 10 à Saint-Domingue. Les cargaiaona pour le voyage étaient du bœuf salé d'Irlande en tonneau de 300 livres , des toiles pour le ménage , pour emballage et pour nhabiUement des nègres, des moulins à sucre, des chaudières^ etc. Qoolqoes navires passaient à Madère , oti ils prenaient des vins ; d^anlrea partaient avec un chargement de sel pour aller au Cap-Yert à la pèche des Tortues , qu'ils revendaient dans les colonies pour la Boerriture des nègres. Les retours se faisaient en denrées coloniales dont nue grande partie était reprise i Nantes par des navires hollaBdais pour le nord de l'Europe , excepté les sucres bruts qu'il était défenda d'exporter.

Le commerce de Terre-Neuve et du Grand-Banc occupait 30 navires fiaisant chacun deux voyages ; ils partaient avec du sel et leurs provisions. Quelques retours se faisaient par l'Espagne et le Portugal, où ils se débarrassaient d'une partie de leurs cargaisons pour prendre les denrées du pays. Outre les navires Nantais, 60 bâtiments de la Bochelle et d'Oieron apportaient dans notre port le produit de leur pêche : toute cette morue remontait la Loire , pour se débiter à Paris, dans le Lyonnais et l'Auvergne.

n existait à cette époque , entre notre place et la côte nord de l*Eapagne , des relations fort étendues , suites d'un traité demi-religieux , renouvelé par Charles YIU , sous le nom de conlractation ; il j avait môme une société établie entre Nantes et Biibao. Plus anciennement , elle avait eu des navires à elle ; mais alors cet usage n'existait plus , seulement les commerçants nantais avaient encore voix délibérative à Biibao et vice versa.

U2 VnU* SIÈCLB.

Le commerce du Poitagal éUit pea de paiement sur taitanes ^oyençalea. Tou les Soédois , les Daoois , les Polonau » BMWthom aussi leurs produits contre les nôtres. Mais Nantes des commissionnaires de lems nations, un droit de 50 sous par tonneau : aoaaî une grsnds pulie ds merce se faisait, comme je Fai dit 9 sm traient en franchise. En résumé , le mouTenient dn i'ours et le ^srand cabotage s'élevait » année Wfim tonneaux.

Le commerce des denrées dn pays ooniistait t.»aux-de-vie , toiles, blés et bestiani. Dans la hsie de marais salants de neuf villages rendaient » année eonasaBS, charges de sel de 6720 livres on 33,600 tonnennx. Le rai liv. la charge , et le surplus de ce qui n'était pan CMmi k se vendait aux peuples du Nord an prix de 60 à 70 Ut. de Guerande et du Croisic foumissaîent enTiroB SAJOM ce sel n'allait point dans les greniers dn roi , oa le province ou k l'étranger , une partie remontait Is Loiie. Il Nantes, année commune, 7000 pipes d'ean-de-Tie 100 liv., et 8000 tonneaux de vin qui se dirii^enieBl (lu Nord. Nantes était encore Tentrepôt d*nne rires de Bretagne que les Hollandais venaient y fois , elle fournissait aux ports de la Gorogne et de SC crains du Morbihan , qui exportait chaque année 6000 l'ronienl vi 9000 de seigle, aux prix moyens de 90 Kr. ment , et 60 pour le dernier de ces grains.

Parmi les usines du comté se trouvaient one breuses distilleries d*cau-de-vie , trois forges dont les consommés sur les lieux et ne suflkaient pas, pnisqv*on beaucoup de fer du nord de TEspagne, des papeteries «{ni |M)ur Bilbao, des fabriques de toiles qui occepsient métiers tant à Nantes que dans les environs , et sortonl ft

Le commerce avec les ports français , était cipalement avec Bordeaux qui importait chei nous quantité de vin de Graves. L'approvisionnement dn port sr faisait dans la Bretagne et TAnjou , qni en fonmissaient ment 5 à 6 millions de livres. La sergerie» la tannerie. In

nerie , la brasserie , prospéraient et prenaient de l'accroissement. Lort de la pêche de la sardine, Nantes recevait pour sa part, plutieiirs centaines de tonneaux , quelques-unes de nos barques prenaient part à la pêche du hareng, enfin la pêche en rivière de Talose, du saamon et de la lamproie , faisait vivre encore an assez grand nombre d'habitants.

Le comté Nantais contenait plusip.urs mines connues de charbon de terre ; mais la seule dont les houilles fassent estimées , celle de riort , appartenait au duc d'Uzès , et il n'était pas permis d'en extraire. Quant à l'agriculture , elle ne sera encouragée que 50 ans plus tard.

C'est une question controversée que celle de l'existence au moyenâge, d'une époque religieuse et d'une époque féodale, distinctes Tiine de Tautre. L'Histoire devantes semble prouver que, chez nous, la noblesse et le clergé ont marché de front.

Ce n'étaient point de petits seigneurs , même au temporel , que tes évéqnes de notre ville. Ils jouissaient de la forêt de Sautroo , du bob de Chassais , dix communes leur payaient la dîme en nature t et plusieurs par abonnement. Dans leur fief des Reguaires, ils rendaient la justice et nommaient les notaires et les sergents ; à la Foire Nantaise , qui durait quinze jours , chaque année , sur le Marchix , et pendant laquelle les marchands ne pouvaient étaler ailleurs , ils partageaient avec le roi le droit de perçue. Sur toutes les denrées qui entraient en ville et passaient sur les Hauts-Pavés et autres terrains de leur domaine , ils recevaient encore nne rétribution : la douzaine de moutons payait 8 deniers, la charretée de grains, 6 ; celle de poches, 12 ; les mules , 5 , etc. Mais le plus beau des droits de Monseigneur, c'était le banc du vin. Pendant 15 jours , personne à Nantes ne pouvait vendre du vin sans sa permission ; et son traitant savait la faire payer. Ce privilège rapportait par ferme , 6^300 livres tournois en 1674. En 1639 , le spirituel et le temporel de l'évêché réunis , étaient affermés 18,000 livres : admettant que le fermier gagnât moitié , le revenu brut était de 36 mille livres , et correspondait à un revenu actuel d'environ 100 mille francs.

A côté des évêques , seigneurs temporels et spirituels , vivaient en paix à l'ombre de l'autel , les curés et les vicaires des 13 paroisses de Nantes , Saint-Jean , Saint-Laurent , Sainte-Croix , Saint-Vincent ,

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