‹ Histoire de Nantes (volume 2)Chapitre 40 sur 64 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

néreuse et noble ait troavé grâce auprès de Dien. Mon ai

(XBur sont avec luy , mon père , et ce sera la denûère aoit fi

me donnera de l'attache à Dieu.

» Vanité trompeuse du siècle de fer, je ne veux pins iiyiwi ffk l'éternité bienheureuse , pour y voir mon Dien et mon chv Ila> louet! Quel spectacle, mon cher père, d'une femme qni n*afMi^ coro vingt-quatre ans ! La voir perdre son cher éponx aimé passion qui tenait de Tidolàtrie^ de le voir périr innocent d*a imputée et dépérir d'une main sy criminelle et %y barban; ilnt laisser quatre pauvres petits enfants , dont Tainé a cinq aai. Iêêè l'état pitoyable où je me suis réduite moy-m6me! Henreate,Uhi! s'il ne m'a\oit jamais connue! Encore une foît , mon cher fèn^qm vous en a-t-il dit ? »

On lit dans une autre lettre de Madame de Thalonet: « Je ne vous désapprouve pas , mon cher père , d^avoir coi les dernières volontés de mon cher époux Thalonet à M. de la mais quant «'i la confiscation , je n'en vois pas. Le teni hian da ■■ cher époux Thalonet était la vertu , et nulle Yiolence n*a draM iê luy ester, car il jouit à présent, à ce que je me persuade, drc que Ton luy puisse ravir, du souverain bien qn^il encore, mon père, supposé que Ton m^ostftt le pen de bien qa^i n'a laissé , croyez-vous que je n'auray pas assez de conrage poa mandier de quoy décharger sa conscience , pinstost qne de la engagée? Je n'aurois jamais pensé qu*une extrême panTieté Mb comble de mon malheur , et si mon cher Thalonet eut vonla mes premiers avis , nous eussions éprouvé ailleurs , toujours été assez heureux n'étant pas séparés. Enfin, bm père , soyez persuadé que ce qu'il doit sera payé , et qne je gneray ny soings uy travaux pour le repos de son ime. »

Que Ton rapproche maintenant ce qui concerne les quatre du complot de Bretagne , des précautions prises pour ei sympathie populaire de se prononcer en leur faveur et dea employés à leur égard , on aura la mesure de la justice de et Ton reconnaîtra que la Cour, en les frappant, avait but d'imposer silence aux protestations de tonte nature qne faisaient naître chez les honnêtes gens des diverses clasMS de la s^ ciété française.

MAIRIE HELLIBB.

Gérard Mellier , trésorier de France et général des finances de Bretagne, fut élu maire et installé le l.«' juillet 1720. C'était un homme d'affaires dans tonte l'acception du mot , et son administration a laissé dans cette ville des souvenirs qui ne s'effaceront jamais. Lié avec les savants^ les artistes et les industriels de son époque , il savait les employer les uns et les autres suivant leur spécialité pour contribner au bien-être de la ville, dont il se trouvait le premier magistrat.

Au début de sa carrière , Gérard Mellier fit arrêter que l'on aplanirait la Motte Saint-Pierre , et qu'elle serait entourée de murailles, dépense utile qui ne coûta que 4,000 livres , et donna à la ville mie promenade dont elle avait besoin. Les premières plantations de cette colline dataient de plus d'un siècle , mais les baies qui l'entoufilent ne la protégeaient pas suffisamment. Six années plus tard des jflantations nouvelles lui firent cbanger son nom contre celui de Cours jEiaint-Pierre.

Bientôt un sienr Ballet , obtint de verser 70 mille francs dans la

«ahie municipale , pour construire une bourse nouvelle. La ville lui prolongeant en échange de nenf années son bail des octrois, c'était tber aussi bon parti que possible d'un monopolo consacré par l'usage.

LepontdePirmil était coupé, le maire insista auprès du conseil d'état 9 et deux arrêts autorisèrent liantes à faire reconstruire quatre pilet et trois arches , qui coûtèrent 125,000 fr.

Un arrêté de la ville, en date du 7 novembre , décida que la commone achèterait les prairies au Duc et de la Madelaine , dont l' acquisition devait êlresi favorable à son développement régulier. Malheureusement cette décision n'a pas eu de suite , son exécution eût rendu Nantes l'une des plus belles villes d'Europe , et aujourd'hui k 118 années de distance , l'avenir de la cité est étroitement lié avec l'emploi qu'elle fera des plaines d'allnvions qui bordent ses p<vt8 de la Haute et de la Basse Loire.

Quelques habitants , plus industrieux et plus habiles que la masse de leurs concitoyens, proposent des plans plus avantageux,encore à la ▼Ole qu'aux intérêts privés dont ils sont les représentants; mais leurs efforts semblent devoir échouer contre l'inertie des uns et la basse

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envie des autres. Ces derniers n'ont ancane objection à faire coilR les innovations proposées; mais ils les combatlenl, parce qi*elki peuvent ajouter à la fortnne d*antmi , sans augmenter la lenr.

Un maire est toujours coupable, lorsque Taction da pouToiriemil tyranniquedans la cité dont il est le premier citoyen ; son devoircst ie donner sa démission, s'il ne peut obtenir justice pour cenxqoer centrale a lésés dans leurs intérêts ou dans la jouissance de mais , en échange , on lui doit des remerciments chaque fols qee Faitorité supérieure vient à réparer ses torts, ou à reconnaître ses Sa responsabilité, qui est très-grande , est proportionnelle ans qu'il peut rendre et à la reconnaissance qu'il peut mériter. CefalMV la mairie Mellier que les docteurs exclus de l'IIulYersité ponrbitie doctrines furent réintégrés dans leurs fonctions. Ce digne wagiilnl avait l'esprit trop élevé pour ne pas honorer Tindépendanee àm hommes do science au lieu de chercher à lenr imposer 1 du gouvernement. Cet acte , tout-à-fait en dehors des intérêts riels de Nantes , nous montre M. Mellier sons un nonrean jonr.

Une des tours de la Poissonnerie servait d^asile aux yagakonli d

aux pauvres; dans cette espèce de minihi, où la misère pennil

trouver repos et sécurité, où les sergents se gardaient bien deckmtte

à remplir leurs fonctions, tous les malheureux abandonnés de las^

ciété vivaient fraternellement ensemble, soos la direction i*i

nistrateurs bénévoles qui seuls pouvaient j pénétrer sans

parce que seuls ils avaient eu le courage de s'occuper de iens

franccs , pour les adoucir , et de mériter lenr reconnaissance

dévouement. M. Mellier , désireux d'améliorer cet état de

de supprimer ce reste du moyen-âge, fil décider par le

ville, que les administrateurs de la tour de la Poissonnerie»

vraient mille francs par an , à la charge toutefois de faire

les rues de ]>antes par leurs administrés.

Les échevius de IVantes n'assistaient pas très-exactei séances de rilAtel-de-Ville. M. Mellier, pour stimaler leur lUevIi admettre l'usage des jetons de présence. Ceux des absents confisqués au profit de leurs collègues. La même année fut le quai du Port-Lorido.

L'usage de faire peindre les Maires de Nantes et de pi portraits à l'Hôtel-de-Y ille , tombait en désuétude, Von j reni on 17:21', et le roi rendit h ce sujet une ordonnance dans laquelle i

approuvait ce rctoarà rancien ordre de choses « trouvant convenable, disent les considérants « que les citoyens de ladite ville puissent décorer leur salle d'assemblée des images desdits maires , pour retracer^ par une tradition de reconnaissance, les noms^ les qualités et les louables actions do ceux desdits maires qui , par leur activité et par leurs soins , auront rendu leur ministère recommandable h la postérité , et pour que les uns ni les autres ne soient pas exclus des honneurs qu^on a décernés à leurs prédécesseurs. »

n est à regretter que cette collection de portraits, aussi curieuse sous le rapport de Fart qu'au point de vue archéologique, ait été détruite en 93.

Nantes contenait un nombre immense de maisons de bois , et les incendies étaient alors bien plus redoutables qu'aujourd'hui ; aussi la Mairie s'occupa-t-ello de l'achat de nouvelles pompes. Un arrêt du conseil d'état du 1 3 janvier,lui permit de mettre en loterie 20 mille livres eld^en prélever cinq mille pour les pompes qu'elle voulait avoir : une retenue du quart devant être faite sur les lots gagnants. — IHons ne saurions approuver, nous l'avons déjà dit, ce système de loterie. Mais si Ton tient compte de l'époque et des circonstances , l'on devient plus indulgent , et l'on reconnaît que M. Mellier eût difficilement pu mieux faire. — La création d'un corps de pompiers et la réforme des règlements sur les incendies étaient le complément nécessaire des mesures déjà prises. M. Mellier s'en occupa, et bientôt la ville posséda quarante pompiers , et des règlements sévères pour tout ce qui concernait les mesures à prendre contre le feu. Les habitants furent chargés de se surveiller les uns les autres ; chacun d'eux devait avoir deux seaux pleins d'eau pendant la nuit , sous peine d'amende , et mettre une lumière à sa fenêtre, s'il entendait crier au feu. Les architectes , maçons, charpentiers, couvreurs et ramoneurs , devaient se porter sur le lien de l'incendie pour se mettre à la disposition des autorités. Dix hommes de la milice bourgeoise devaient s'y porter aussi pour maintenir l'ordre , et grand nombre de propriétaires furent tenus de se pourvoir, chacun à leurs frais > d'un seau de cuir bien confectionné.

Le 17 octobre 1726, la Mairie fit acheter une nouvelle pompe en Hollande ; elle coûta , tonte garnie , 976 livres 6 sous ; son tuyau était long de cent vingt pieds.

Beaucoup d'autres améliorations matérielles signalèrent la même

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année: les places da Port-an-Vin et dn Pilori fuent alignées il bâties; la halle dn Bonffay , incendiée en 1718 , fat rebitie THôtel de la Monnaie fut agrandi ; les pnits de Samt-Piem il des Changes, bonchés depuis long-temps, forent curés et liTiét ■■ L'on décida de réparer celai de Saint-Léonard , ce qui fat Ut années plus tard. La ville obtint dn domaine» Jmw la mrfsw— ef* nuellede dix livres^ le terrain vagne de la Saolsajre. Le nnmtèb la ville était alors de cent quatre mille livres, somne qall art Sficile d'apprécier exactement, mais dont la valeur repréaealeXI à HOO mille francs. C'est ainsi qn'avec de faibles administrateur savait cependant produire beaooonp.

L'année suivante , le roi augmenta le nombre des ji ce qui était encore une amélioration.

En 17^3 , la première compagnie de la Fosse fat priTilégiée, ai capitaine devint lieutenant-colonel de la milice boargeoise avec k droit do remplacer le maire, en cas d'absence, dans ses foacUpai 11 colonel de la milice urbaine , qui se composait alors de pagnies. — L'époque dont nous faisons rhistoire noas pouvoir très-ombrageux , et cependant nos villes joaissaioBl sans inconvénient, de libertés qu'elles ont perdues depoie.

De nombreux embellissements nous rappelleat encoTB Tt 1723. Le pont de bois de Sauvetout fut remplacé par le pierre qui existe aujourd'hui ; nu pont de bois fat jeté pour faciliter la circulation entre la vieille ville et le rivière d'Erdre fut rétrécie et curée depuis le moalin des ([u'à son embouchure; les pêcheries des Ponts furent détmites nant une indemnité de 4512 livres accordée à leors ville fut autorisée à construire le quai de Chéaine, et 34 priétaires furent autorisés à démolir le moalin Grognard, et à trnire à leurs frais, sur la grève de la Saulsaye, les qaais, les et les principales maisons de cette île , qui , depuis , a pris b d'Ile-Feydean.

Le grand nombre de constructions nouvelles achoTées , cécs ou projetées, ne répondait pas encore aux désirs de 1 partout où ce maire habile apercevait une amélioratioD il s'empressait aussitôt de faciliter aux citoyens les mojWÊm de Fsbtenir ; aussi une nouvelle Bourse fut-elle commencée en ITSf.Ialbçade du quai de Tllôpital , depuis le pont de la Belle-Graii imtA

la maison Lanrencin appartient h la même année. Les plans antérienn à cette ëpoqae nons montrent , dans cette partie de la ville , un bras de Loire beancoup plas large qae celni qni passe anjourd'hui d evant THôtel-Dien. Une {çrève dangereuse ponr la navigation régnait sur nne grande étendue : cinq propriétaires oflrtrent de resserrer la rivière et de construire un quai nouveau , ce qni ftt'liscepté. Les autres faits qui concernent Tannée 1724 sont en général trop insignifiants pour trouver place ici. Cependant quelques-uns peignent lea mœurs et méritent à ce titre d*être cités. Jusqu*alors les mardunds en détail avaient été regardés comme aptes à devenir éche- ▼ins; cette année , on les raya de la liste , et rien ne prouve que ces braves gens , plus soucieux de leur fortune que de leur honneur , aient songé le moins du monde à réclamer. Les étudiants s'étaient emparés des Cours Saint-Pierre et Saint-André ; tantôt ils y frappaient les promeneurs avec leurs porte-feuilles , tantôt ils s'y battaient avec les laquais et les gens de livrée de la noblesse. Le juge prévôt leur défendit de s'attrouper et de porter des armes, sous les l^nes prescrites par les règlements contre les écoliers et les valets. Les pères de famille, maîtres d*école et pédagogues ^ ainsi que les maîtres qui se faisaient suivre à pied , en chaise on en voiture par leurs gens, furent rendus civilement responsables de Texécution de eette ordonnance ; mais les peines corporelles infligées la première fois n'étant pas suffisantes, il fut défendu aux écoliers et aux valets de former des rassemblements et de marcher plus de deux ou trois ensemble , sous peine , pour ces derniers, du fouet, du carcan et des galères; car c'est ainsi qu'à cette époque l'on comprenait l'égalité devant la loi.

Hieliel Le Cochais, comédien du roi, était venu h Nantes avec nne troupe pour exploiter la province. Nous trouvons le passage suivant dans l'ordonnance du juge-prévôt qui le concerne : « Il leur est permis de représenter la comédie , au lieu de leur éta- » blissement , pourvu qu'ils ne s'écartent point de la bienséance et » des bonnes Inœurs , à la charge de donner aux écoliers du droit , » douze billets francs du parterre , chaque jour de représentation^ non » compris celui de l'écolier qui aura soin des billets , parce que lesdits » écoliers observeront une conduite régulière pendant les représen- » tations. A cette fin, défenses leur sont faites d'y faire aucuns » troubles , et d'y entrer armés d'épées , de cannes ou bâtons , sur » tes peines portées , etc. » 47

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Une autre ordonnance nous montre que Toa taxait d*hôte : le repas du maître coûtait 25 sous , et celui dn Talet moins ; te pain blanc yalait alors 29 deniers la livre , celai de 20 deniers; la viande de première qualité était taxée k 5 de qualité inférieure à quatre. M. Meuret a reprodnit daes nalet denz antres fragments de police que nous dcTona lui ils n'exigent point de commentaires , les toîcI :

« H est défendu à tous artisanal gens d& méUer et » d^ aller jouer ni se débaucher de leur îranM ieijomrs omormUm ; » enjoint de se tenir en leurs boutiques ^ et d'y Ummiier pmmr fmHÊUéê » public . — Les charretiers, croeheleurs^ manœuvrien , » deniers et autres de pareille condition , risquaient ia » pour la première fois, et le fouet j^m la seconde, s*ila a*i » de surfaire leur travail , ou de boire diantre vin que celui

M. Mellier fut continué comme Maire en 17215. La née , M. de Sanzai fit à Nantes son entrée épiacopale» arrivée , ce prélat visita les curés pour les engager k ae .1 la bulle Unigenitus et à ne point se rendre appelante de au futur concile ; mais tous montrèrent la plos honoriMe

M. Mellier continuant son système d*amélioralîona , fit en 1725, la construction de nouvelles maisons en hoia; ordonnance prescrivit de voûter les caves, et défendit d*j trappes pour y descendre.

L'établissement des pauvres et des vagabonds ayant ter à la tour de la Poissonnerie, les mille francs qni leer rordés pour le balayage de la ville furent donnés an Sanitalt * d'entretenir la propreté des rues.

M. Mellier eût voulu établir une promenade pnbliqne snr la de la Madeleine ; les propriétaires s*y opposèrent. Lea de nie Feydeau obtinrent, à cette époque, nn arr^t dn les autorisait à joindre leur île à la place do Port-an-Vin, pont de Pierre. — La même année, les officiers de la pilioa' geoise obtinrent le droit d'assister aux assembléea ^Kéniaalih ville ; liberté qui a été supprimée depuis avec nn bon nonhrod

La nouvelle Mairie fut installée en 1726. Le Bol , voniant ser les services de M. Mellier, lui envoya Tordre de Siînl Iiimiîîéi Mont-Carmel, avec une médaille d'or représentant d'nn c6l4 de lautre , la Reine. Le bureau de ville fit grarer celle

ainsi qa'ane partie de la lettre d'envoi da ministre, snr mie Une de bronze qai fat placée à THOtel-de-Ville sar le manteaa de la cheminée de la grande salle. La cérémonie d*installation fat très-brilhnte : les Oratoriens, jalont d'y figurer, y lurent de méchants vers composés par an de leurs élèves, en Thonneur de M. Mellier.

Les spéculations indostrielles occupaient beaucoup les esprits. Une lodété se forma pour entreprendre le canal de liantes à Saint-Malo par Rennes, qui forme aujourd'hui Tune des portions du canal de Bretagne.

A partir de cette année, la direction des hospices, qui ne comptait qae trois membres, se composa de sept administrateurs, à savoir: de révdqne, des trois députés nommés par le Chapitre , le Présidial et la Mafarie , puis de trois bourgeois.

L*OB ne parvenait à FHermitage qu*en faisant de longs détours; im tenrain marécageux séparait cette partie de Nantes de la Fosse. La inremière pierre du quai de Chézine fut posée le 21 août^ avec une grande pompe.

Lêi Apothicaires s*occapaient beaucoup de leur Jardin-des-Plantes; H. Mellier, voulant montrerpnbliquement combien il attachait dUraportanee à cet établissement, déci'U que le bureau de ville irait le visiter. MM. Le Fè vre des Féronières et Duplessis Richard , docteurs-médecins, moDlrèrent au bureau de ville les plantes nouvelles, pendant que Tanden syndic des apoMtcotVM^ M. Lafiton, achevait la préparation de la fprandethériaque réformée. — Le Jardin-des-Plantes était alors en relation avec celui de Paris: M. de Jussieu recevait de Nantes un grand nombre de plantes exotiques , et renvoyait on échange à notre ville les grainesdont elle avait besoin ; ajoutons qu'un arrêté duRoi , dont nous devons faire honneur h M. Mellier, prescrivait h tous les capitaines de navires de rapporter de leurs voyages des graines de plantes exotiques et de les déposer au Jardin-des-Apothicairea.

L'enlèvement des boues et des autres immondices était , en 1727, on grand embarras pour la ville, qui fut obligée, par suite de la négligence des fermiers , de résilier le bail qu'elle avait passé pour la réporgation.

Ce fut la môme année qne M. Mellier institua l'Académie de Musique. Deux cents amateurs formèrent cette association , qui se réunissait dans la salle de la Bourse; peut-être eût-elle duré long-temps, mais

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le liea de réanion se trouvait placé an-deMos de la Aapelh ; y forent donnés, etréfêqueappoya la plainte da curé de Sniat-IGcahi, qui demandait qne ces assemblées profanes et hrajaBlea m IhmI plus loin d*nn lien consacré an cnlte. L'Acadéarie, obiîséededébfB; ne survécut que fort peu de temps à ce déplaoemest inalile.

L'on s'était imaginé h la cour qne le tombeau de la renfermait un trésor : M. Mellier reçut ordre de le faiie on n*y trouva qne trois cercueils de plomb et ao cofee de matière avec des inscriptions.

En 1728 , le jardin de THôtel de Ville fut planté d*aprèa b fke àe iM. Gabriel « contrôleur des bâtiments et jardins du roi. Un marché fut établi à Nantes le lundi. Il fut prescrit, de faire voûter en pierre toutes les caves des maisons qnî dans la ville ou les faubourgs. La verrerie de la Foase fiift Les réparations du pont de Pirmil forent adjugées k H. pour 190,500 liv., et M. Mellier, qui dirigeait si babileasenl hs municipales, fut continué dans ses fonctions. La rilie, k lui offrit une épée , en témoignage de la reoonnaiss

M. Mellier avait projeté de dessécher les Marais de 1 supprimant Tancienne chaussée de Barbin. Cette rivitoa été navigable>puisqo*il existait un barrage an-dessMS dn muneau. L'abaissement du niveau de Tean eftt permis de et de livrer à Tagricultured^immenses terrains, qnifornwt marécageuses ; la salubrité publique y eAt gagné, inondées sont une source de fièvres intermittentes pour les l'ouvoisins. Peut-être cette henrense pepaée efttp-elle étÊ exécution , si le cahier des charges n^avait contenu , preneurs , des clauses trop rigoureuses.

La ferme des octrois de liantes fut adjugée le 1.*' pour douze ans , à un nommé Grosset, moyennant 104 iiO mille livres de pot de vin.

M. Mellier mourut cette année , emportant avec Ini les l'estime de ses concitoyens. Quoique trésorier général de il n'avait point de fortune. Une pension de mille lirres, \eruement loi avait accordée sur les octrois de Nantes, Il le faire vivre ; ses talents , son habileté comme adminialnissri d son désintéressement , peuvent être invoqués oonune pienfe

XYIIL* SIÈCLE. tî'è

qui soatiennent qae la fortune ne crée pas Tindépendance , et qne le maire d'nne grande cité peut être choisi parmi les citoyens qni poMèdent nn reyenn médiocre.

k peine H. Mellier était-il mort, qne déjà Tadministration, devenne flMlle et flexible laissait persécuter de dignes prêtres, sous prétexte qa*ils étaient jansénistes; plusieurs curés furent chassés, d*autres furent emprisonnés ; des Sulpiciens furent chargés de remplacer les lécalcitrants du séminaire et de la communauté de Saint-Clément.

Bu 1732, Tévêque publia nn nouveau tarif des droits dus aux piéires et aux fabriques de la Yilie et des faubourgs. L'année suivante, MNM prétexte d'embellissement, les chanoines de la Cathédrale firent eonblerane crypte qui se trouvait au haut du chœui. Les tombeaux des éTêqaes Henry le Barbu et Pierre Duchaffaud furent rasés par ces ▼•Bdale8> qui n'avaientpointpour excuse, comme les révolutionnaires 4e 93» leur défaut d'instruction. Le même sort fût arrivé an tombeau ëe Jean V que les manœuvres avaient ouvert et pillé , si le substitut

fncnreur-général n'y avait mis opposition. Le chapitre vendit, payer les travaux , un Saint- Jean d'argent, des mitres précieuses Muées par les anciens évêques , et que tout leur faisait un devoir de ceaterver; une Vierge et un crucifix d'argent, enfin des bijoux de pvfx»

Lm frères de la doctrine chrétienne s'établissent à Nantes.

Les ventes de la Compagnie des Indes s'étaient faites jusqu'alors à HaDlea; elles furent transférées à Lorieut à cette époque, quoique cette dernière ville n offrît, sous ce rapport, que peu de ressources.

Uae déclaration du roi du !.«' octobre 1735 fit transférer à Rennes r£oole de Droit.

La halle de la grande boucherie et l'église Saint-Léonard furent incendiées h la même époque.

Be 1737, on démolit la porte Saint- Jacques.

L*aimée suivante , la Retraite-des-Femmes fut fondée dans la rue Seint-Léonard , et le duc de Brancas fut nommé gouverneur de Nantes.

En 1740 , nos commerçants , qui jusqu'alors n avaient consommé qne des chanvres du pays , commencèrent à en faire venir du Nord ;

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des prohibitions absurdes . élablies rar let nôtres par Vi Bretagne , donnèrent de racti?ité à ce commerce. La mè commuDauté des écoles fot instituée; hait ans aaparaTaat ha ignorantins s'étaient établis dans notre ville , ob ils reodaieet à services. C'est aussi de la môme époque que date Finatîtattea concours pour les places de curés. Jusque-là , pendaot une partie de Tannée , le Saint-Siège avait joui da prÎTilége do aux places vacantes; en 1740, il se désista de cet arantafavaliaNi de France autorisa le nouveau mode de remplacement cour de Rome. Sa mise à exécution fut fortement reco: évéques.

Le pont de la Gasserie s'écroula on 1741 ; vingtp-cinq ft sonnes périrent victimes de cet accident. Ce pont, con ceux de cette époque , avait des maisons des deux cdtéa. Aaa sont mieux aujourd'hui que ceux que bâtissaient nos danl, les constructions latérales avaient de f^nds avantagaa, an as qu'elles préservaient de la pluie et surtout dn vent. Sana menk aB ponts du moyen-âge^ nous pourrions, sous le dooble rappoatdnlMil du comfortable faire bien mieux que ce qui existe.

Les fonds commençaient dès-lors à être abondanta ; le dans lequel étaient tombées les spéculations financièraa » peu de succès de celles de Law , les fit refluer vers les aussi beaucoup de rues furent élargies vers oette époqœ; nombre de maisons nouvelles vinrent remplacer celles qai ruine, surtout dans les rues des Chapeliers, de la JniTerie» Haute et la Basse-Grande-Rue, aux Changes, aox enTÎrana série et dans les rues des Carmes, de Verdun, dn Chiiaanvéi Chapeau-Rouge , de Gorges et de la Fosse.

En 1743, le quai Brancas et le qnai Flesselles furent la Contrescarpe, et la Porte-Neuve située à rentrée dn Havchiit démolies.

En 1745, la ville fit des réjouissances minensea en T victoires de Flandres , et le quai de la Poterne fut élargi. lei Charles Edouard , fils du prétendant an trdne d*Anglelem , à Nantes, la même année, à l'hôtel de la Haîson-Bonga: ■ recommandé à un armateur Irlandais, H. Walah, qni M vaisseau de 66 et une frégate.

En 1746, les Anglais attaquèrent la ville de Lorient: 500 hommes de BOtre milice bourgeoise volèrent 5 son secours. La même année, M. Pierre Manclcrc de la Muzanchère fut nommé évéque , à la place de H. de Sanzai , décédé.

En 1748, un étalon de la mesure des draps, soieries, toiles, etc., fut déposé à PHôtel-de-Ville; sa longueur était de 3 pieds 7 pouces 10 lignes 5;6. Guymar fait observer que cette mesure correspond exactement 21 quatre pieds romains ; ce qui indiquerait Torigine de notre aune. L'année suivante , des expériences de boulangerie firent adopter un règlement de police qui prescrivait et prévoyait les variations corrélatives des blés et du pain.

En 1751 , la maison du bénéfice des Saulners^ devenue depuis rhôtel du Cheval-Blanc, fut donnée à THôtel-Dien , moyennant nne minime redevance.

La ville avait perdu. Tannée précédente, un de ses citoyens les plus respectables, IHicolas Travers, prêtre, vicaire de Saint-Saturnin, auquel noos sommes redevables de Thistoirc des évoques de Nantes et de plusieurs antres écrits.

En 1752, révêque céda à la ville les moulins de Barbin; la même année, il fut nommé un commissaire de police pour surveiller les étrangers. En 1753, les juges-consuls furent portés sur le budget de la ville, pour une somme de 5,000 liv., et la bibliothèque des Oratoriens devint publique. Les charges les plus importantes étaient alors vénales. Le duc d'Aiguillon acheta pour six cents livres, celle do lieotenant-général de Bretagne : le vendeur était le duc de Chanlnes.

En 1754 , la ville acheta la charge de substitut du procureur-syndic, pour la somme de 3804 livres, profitant ainsi d*nn abns ponr ajouter h ses privilèges. L'année suivante , les tours de la Prévoté et lea fortifications du Port-Maillard furent démolies.

L'année 1757 nous a laissé le souvenir de la fondation di$ la Société d'Agriculture de Bretagne , qui a produit un si grand bien dans tonte la province. Ses mémoires , publiés en deux volumes , forment on ouvrage très-intéressant à consulter. On y trouve des idées avancées pour l'époque, sur le fermage, la culture des terres > le commerce des grains et plusieurs points importants d'économie agricole et politique. Ces mémoires méritent d'être placés à côté des annales de Rovilie. Écrits dans un temps où de grossières erreurs dominaient même les gens instruits , ils font justice de ces erreurs. Cette

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Société d^Agricalture s'occupa tassi des aatras pouvait hâter. Elle fit fonder ^ Nantes une école de encore aujourd'hui , et que le duc d* Aiguillon La première pensée de cette Société d^Agricaltnre Montaudouin de la Touche , négociant de Nantes. Cet morçant avait présenté aux États un mémoire dont lei furent adoptées. Paris et les autres grandes rillea de rope n'avaient pas encore d'institutions semUaUee ; pressèrent de suivre l'exemple de la Bretagne.

C'est à la môme époque, et sous Tinfluenoe de la que Tingénicur Magin étudiait les travaux à faire ponr Loire entre Nantes et Paimbœuf. Noua savons amei qn*il de présenter les projets d une digue destinée à aervir d*alii an jÊâ de Piriac. La pêche des harangs avait donné 200 naiUn Vtfwm néfice aux pécheurs de la côte dans l'année 1737 j et 1 telligents avaient à cœur d'encourager cette industrie.

En 1757 y Ton commença le pont de la Poiaaonneaie ; Beiamife marquise de Becdelièvre et M. le duc d'Aiguillon en pooènAt hlV mière pierre. — M. Gacault fut chargé de lever le plan de h «■•« k fort du Port-Gommuneau fut démoli. -^

L'année suivante , M. Louis Langevin établit k Naniee la manufacture d'indiennes que nous ayons eue : rent leur placement à la côte d'Afrique. — Une aocSété d'approvisionner do nègres nos colonies, mais n'ayant suffisants , les commerçants de Nantes firent ce trafic en lui payant 15 et 20 pour 100 de dédommagement; combien ce commerce était lucratif. . . -A ,

En 1760, M. B.... , marchand , fonda le premier que nous ayons eu : on y trouvait , dit M. Bmn , i Fosse (dans son almanach de 1765, almanack Sont dans un bon esprit de civilisation) , des livret m t9ui ouvrages périodiques , gazettes , etc. , tout y est imu t bibtiothecaire ^ et en sûreté par un comeiergê gm h§ê ment ; il en coûte à chaque associé un louis par on. — La M. Geinerai acheva les promenades de la Hotte Motte Saint-André , qui furent nommées Cours dea Etala.

En 1761 , la ville acheta la charge de procnreoMiyndiCy 28 mille livres.

L^année saivanto, elle fit construire , sur les plans de M. Ceineray , Técole de chirurgie , rue Saint-Léonard , oh se trouve aujourd'hui le Muséum. Ce fut cette même année que le Parlement de Paris chassa les jésuites; celui de Bretagne suivit l'exemple du Parlement de Paris; et, par suite, l'école d'Hydrographie qu'ils avaient établie à Nantes se trouva supprimée ; mais un nommé De Lyon fut chargé d*enseigner cette science et de remplacer les révérends pères.

En 1763 , fut commencée la Chambre des Comptes, maintenant le palais de la Préfecture. Les plans de cet édifice remarquable sont encore de M. Ceineray qui en surveilla l'exécution. Le dessin que nous en donnons a été copié par M. Hawkesur une gravure de cette époque. En 1764 , la mairie , jalouse de suivre l'impulsion donnée par M. Mellier , souscrivit un emprunt de 300 mille livres , pour continuer les embellissements. La même année , sans être aussi prospère qu'il le devint ensuite , le commerce de Nantes se présenta cependant sous nn meilleur aspect qu'aujourd'hui.

Le tableau suivant fora connaître le mouvement du port pour le long-cours et le grand cabotage.

^ ombre île* biiviri'«. loiinage.

Navires partis pour la côte de Guinée 29 6,660 tx.

Poor les iles d'Amérique 234 53,820

Navires étrangers employés au commerce d'importation et d'exportation 575 62,324

Total 838 122,804 Ix.

Le mouvement du port , pour le petit cabotage , se trouve dans le tableau ci-dessous :

IS ombra des da vires. Tonn»|;r.

Navires de cabotage étranger 113 16,168 tx.

Cabotage français 483 19,574

Total 596 35,742 tx.

En 1665, il fut exporté 17,000 tonneaux de blé, pour l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre et le INord; et, dans le courant de 1666, il fut expédié à la c6te de Guinée 108 navires pouvant prendre .'i bord 37430 esclaves du prix de 1000 livres , et même au-delà , terme moyen , ce qui représentait une valeur de plus de 37 millions»

A cette époque, la confrérie commerciale, connue sous le nom de Gontractation 9 n'existait plus depuis 36 ans. INotre ville possédait

Xyin.« SIÈCLE. 379

Nantes , à cette époque , poar examiner les travaux hydrauliques de ringénieur Magin ; on commençait dès-lors à sentir la nécessité de tendre la navigation plus facile de liantes à Paimbœuf, où, depuis 60 ans, les navires étaient obligés de se décharger sur des gabares, tandis qu'ils remontaient auparavant jusqu'à Gouëron sans alléger.

En 1771, notre ville posséda des fiacres pour la première fois. En 1773, la communauté du bon pasteur fut confirmée. Le roi accorda aussi ji la ville les altérissemenls faits et à faire au-dessus et audessous des ponts , et le droit d'emprunter 500,000 liv. rembour- .tables en 7 ans , par voie de loterie , afin de rétablir le pont Rousseau, détruit par Tinondalion de 1770. En 1774, Ton ouvrit la route de Rennes , et Ton construisit la chaussée de Barbin , d'après les plans de M. Geineray.

Le comte d'Artois , depuis Charles X , vint à liantes en 1777 ; un mannscrit de cette époque raconte ainsi la réception qui lui fui faite:

« Monseigneur le comte d'Artois arriva le vendredi , entre cinq et m m heures du soir; l'on était allé au-devant de lui jusqu'aux Trois- » Houlins, sur la route de Vannes , à-peu-près à une lieue de Plantes. » A droite et à gauche , sur la route , se trouvait un petit cam]» » formé de cinquante tentes, et très-abondamment pourvu de ra- « firaichissements de toute espèce.

» Nos Messieurs du commerce et d'autres avaient formé deux corps: » L'un de cent et quelques hommes , tous habillés de vert , ave<' » galons d'or , parements et collets cramoisis, panache blanc au cham peau. C'était la livrée de ses gardes, livrée jolie, plaisant aux • dames; mais c'était une livrée , et Messieurs du commerce eussent « pa se montrer autrement qu'en valets. L'autre compagnie se com- » posait de cinquante cavaliers en uniforme de cuirassiers. Le pre- 9 mier corps avait pour chef M. Drouin, armateur de cette ville ; j» le second , M. Giraud, propriétaire , qui se trouvait en sous ordre.

» Ces deux compagnies attendirent le prince à leur camp ; une » batterie annonça son arrivée. Après le compliment d'usage adressé » par M. Drouin , auquel le comte d'Artois répondit avec courtoisie , » le cortège se mit en marche avec tout l'ordre possible , malgré la » multitude de peuple et la quantité d'équipages qui barraient le » chemin ; il fut ainsi escorté jusqu'au château , au son d'une musique n guerrière et au bruit des canons que l'on avait placés de distance » en distance, depuis le camp jusqu'à la ville.

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