BACO
Le courrier qui apportait cette lettre du dépetéBeoOyétaity chargé d*une seconde lettre manuscrite du ministre de Tîn trois corps se rassemblent; et, après aroir pris lecture de le ils en ordonnent le dépdt au secrétariat, la transcriptioa et pression ; les conseils du département et du district soat puis on lève la séance pour se rendre k la procession de la F<
Les grands événements révolutionnaires s'annonçeieot par des mouvements plus graves : quelques émeatee mr troublé jusqu'alors dans la Loire-Inférieure et le quillité du régime constitutionnel. Le !.<' juillet, six ceets armés se réunirent au district des Sables, dans le diAteaa Lezardière. Les gardes nationales des villes voisines les attaquer, lorsqu'une flotte de S6 voiles ennemies pareti un exprès partit alors pour Nantes et vint j demander 360 {gardes nationaux se mirent en route k 10 heures de dragons les suivirent le lendemain. — Les rebelles, l'arrivée de ce renfort et de plusieurs autres,. pnrfltèrant pour évacuer le château, qui fut pris et brftié; la flotte la haute-mer sans avoir pu opérer son débarqnement. Ainsi se cette tentative, qui révélait aux Vendéens le secret de possibilité d'une insunrection.
Au mois d'août eurent lien les élections: il 7 est dhriiien les électeurs de liantes et ceux de la campagne; Mif Keuoiston, Marie Mourain, Papin, Français, Dnfirexon, Laanai, forent nommés pour la 2.c législature. Ces
loin de tranquilliser le parti royaliste; aussi ne cessait-il de conspirer contre un ordre de chose qu'il acceptait par force. Le 5 septembre , les cartes de confiance donnèrent naissance à une émeute assez violente , préparée depuis long-temps par les ennemis de la révolution; déjà Ton avait désarmé grand nombre de gardes nationaux dans la rue du Moulin et dans les petites rues voisines de la mairie , lorsqu'un détachement assailli trop vivement à coups de pierre et serré de très-près , fit feu sur la multitude ; il n'y «ut heureusement qu'un seul homme de tué. Le maire et son conseil décidèrent alors d'arborer le drapeau rouge et de le promener dans toute la ville y ce qui fut exécuté sur-le-champ; toutes les troupes parcoururent les divers quartiers et Testèrent cinq heures sous les armes. MM. les municipaux donnèrent lecture de la loi martiale dans les principaux carrefours et même dans les faubourgs.
L'installation des prêtres assermentés ayant donné naissance 'à de nouveaux troubles , surtout dans les communes de Bouguenais et de Gouëron, la force armée s'y porta vivement, comprima les contrerévolutionnaires et ramena des prisonniers, dont l'évèque Minée obtint encore la grâce.
Le 14 septembre, le ministre de l'intérieur écrivait aux autorités de la ville de Nantes:
<c Le Roi, Messieurs, a annoncé hier à l'Assemblée Nationale qu'il acceptait la Constitution ; Sa Blajesté vient de consacrer solennellement cette acceptation dans le sein de l'Assemblée Nationale, au milieu des applaudissements et de l'allégresse universelle. Je m'empresse, Messieurs, de vous apprendre ce grand événement, qui doit être l'époque du retour de l'ordre et de la paix. J'ai l'honneur de vous envoyer plusieurs exemplaires de la lettre du Roi. Je n'ai pas besoin de vous recommander de loi donner toute la publicité possible. Votre patriotisme, votre amour pour le Roi, votre zèle pour la chose publique , vous guideront assez dans cette mémorable circonstance.
« Le Ministre de f Intérieur : signé Delessabt. »
La lettre du Roi fut aussitôt imprimée et publiée. Le 25, la proclamation de la Constitution fut annoncée le matin par une salve de 26 coups de canon. A trois heures après midi^ le maire et les officiers municipaux se rendirent au département pour y prendre la bannière nationale ; tous les corps administratifs sortirent ensemble et parcou-
4^8 xyni.« siftcu.
rarent U yille ; ils étaient précédés d*ini trompetta , el de deat détachements, Ton d*inranterie,raiitrB de caraktiB ayoîT proclamé la constitution dans tons les cairefoon , ih m sor les Cours, où se trony aient la prde nationale et les composant la garnison. M. le maire s'étant placé ao bande la proclama la Constitution et fit nn discours; H. Minée ea un autre , et la cérémonie se termina par une salve de 21 canon . Le soir , an Pilori , les bourgeois allumèrent distribuèrent, à leurs frais, aux pauvres, du pain, de la cidre. ISous avons retrouvé les discours prononeés en eetle tance par MN. Kervégan et Minée ; ils ne contiennent rien de mHhIv et nous nous abstiendrons de les reproduire. Cependant on Ht, dasb discours de M. Kervégan , ces paroles significatives : « PaidonaaMéi » bonne foi , Citoyens ; oublions pour jamais les malhauis » avons éprouvés , croyons que notre Roi nooi aime. »
Les nouvelles élections eussent porté de nonvean Daniel h la mairie; mais il refusa, en exprimant ses motib dans extrêmement modeste que les patriotes dn dnb le pins retournèrent en en modifiant toutes les phrases , de qu'elles devinrent , chacune , Téloge le pins complet de tration.
Le 30 novembre eut lieu Tinstallation de la nonTolle croyons devoir citer les noms de ceux qui acceptèrent d ment de crise , les pénibles fonctions d*administratenn. Ci Giraud , maire ; Bridon , Carié , Vilmain , Kironard , Bourcart , F. Mellinet père , Bougon , Bonnart, prMre ; Donfflaal, nicipaux. Lepot , Rosier, Barre, Gantin , Yallot , Dobrée « prôtre ; F. Hardy , Trioche , Athenas , G. Sanlecqne , La Lefobvre , curé de Saint-rCicolas ; Goullin , Gandin » Lambert , Bruncau , Dehergue aine , Dehergae jeune , notables. Dorvo , procureur de la commune.
Le reste de Tannée n'ofirit rien de remarqoable. La déiaaes M rirritation se glissaient chaque jour davantage dans les eaprUs: ques prêtres réfractaires agitaient le département , et les leurs prenaient des arrêtés sévères pour déjouer hors nées. La rigueur est un mauvais moyen , quand il s*agitd*< des convictions ; les prêtres devenaient des martjrs , et les lions du pouvoir leur créaient ^ juste titre de
Budgets.
IHons possédons les badgets do Plantes , poar les années 1790 et 1791 ; ils sont intéressants à consalter , sons plusieurs rapports ; et nous en placerons un extrait sons les yent de nos lecteurs.
Lorsque vint notre première révolution , la ville s'était déjii affiranchie de plusieurs sinécures à sa charge , qui absorbaient un revenu de 25,180 livres; en 1790, elle supprima de nouveau grand nombre d'articles, parmi lesquels se trouvaient les suivantt:
A M. de Brancas , indemnité de logement, 2000 liv. ;
An même pour les portes , 1200 liv. ;
Au Lieutenant du Roi , 2000 ;
Au8nbdélégué,1200;
Au secrétaire do l'intendant, 1000;
Pour installation des maires et échevins , 800 ;
A rimprimeur, 60;
Jetons de la mairie , 1600 ;
A 3 couvents pour aumônes, 310.
Le total des économies , faites cette année-là , sur les traitements , fut de 28,511 liv.
Le bourreau recevait à cette époque le logement et 1200 liv ; les tambours, 1280 liv.; les gardes de villes, 3600. Le commerce avait un député à Paris, qui était payé 3000 liv. ; la police ne coûtait que 3000 liv. ; les trois architectes de la ville recevaient 4350 liv. ; on accordait au maire, 700 liv. pour un secréUire; 240 liv. au 4 huissiers de police ; 200 à Thorloger ; 4250 aux oratoriens , pour le collège; 800 au bibliothécaire; 1000 an professeur dliydrographie.
On peut résumer ainsi le l.er budget publié par la mairie de Nantes:
BÉPBKSBS.
Honoraires et gages 61,660 li?.
Pensions viagères 5,079
66,739 liv.
Rentes dues à des ecclésiastiques. . . . 13,842 liv. 3 s. 2 d.
Rentes dues à des laies ig 548 13 4
Rentes dues au domaine national. . . 3,793 10 4
«,184 liv. 6 s. lOd.
le rapportear estimait à 3 millions et demi les ressources actuelles ou prochaines do la ville. Il semble > an premier abords en voyant ce chiffre élevé, que la situation de la mairie était très-prospère; mais si Ton songe aux dépenses imprévues telles que celles que causa Tapprovisionnement qu'il fallut faire pour prévenir la disette , et qui ne sont pas portées dans le compte ci-dessus ^ Ton jugera tout autrement sa position.
Le budget de 1792 montre que les embarras s'étaient accrus rapidement. La dette de tonte nature était de 4 millions 692,529 liv. 14 sons 6 deniers , et Tactif de 3 millions 668,434 liv. 1 sou 8 deniers , d'où Ton voit que la dette excédait Tactif de 1 million 24,095 liv. 12 sous 10 deniers. On voit aussi > par ce budget , que la garde nationale ne coûtait alors que 20 mille liv. ; que la salle de spectacle , donnée aujourd'hui gratuitement par la ville , était affermée les années précédentes 17,000 livres , et ne produisait plus , depuis 1790 , que 10 mille liv. ; que la Halle-au-Blé donnait 6000 liv. de revenu.
On peut établir , ainsi qu'il suit , le résumé de ce budget, pour les comptes apurés de 1791.
DÉPENSES
Traitements^ appointements et gages. . 49,595 liv. 7 s. 8 d.
Rentes et pensions viagères 6,248 5 »
Rentes perpétuelles 29,996 15 9
Intérêt d'emprunts et indemnités. . . 30,331 16 10
Remboursement de capitaux. 143,294 15 6
Dépenses ordinaires annuelles. . . . 116,394 9 6
Dépenses extraordinaires variables. 223,299 19 6
Dépenses diverses extraordinaires. . . 402,777 1 7
Total de la dépense 1,001,938 liv. 11 s. 4 d.
Total de la recette 989,496 14 8
D'où il suit que la dépense avait excédé la recette en 1791 , de 12,441 liv. 16 s. 8 d.
C'est avec une situation financière aussi déplorable, que notre ville eut à lutter contre les crises les plus violentes.
432 Xym.« 8IÈGUS. «
« Amis et concitoyens , écriTsit de Para, en j«iTieri799, aa^ » dent révointionnaire , anx clnbistes de Nantes : Pai à TOVi » la nonvelle la plus insignifiante et la plos grare , noavelh » santé, nonvelle extraordinaire , nonyelle dÎTertiesMite , » sériease, comme dirait l'aristocrate Sévignéy si elle était » ce monde.
» Le maire de Paris , le digne citoyen Petion , a refasé da » la Beine le compliment de noaToUe année. La goerie est à » da joor ; nettoyez les fusils^ affiles les sabres , et préparas à » des défenseurs qni sachent la préserver ao-dehoxs ooatre il » gers, an-dedans contre les satellites de raristocratie.
» Défiez*yoas surtout de la trahison; carnoos n^ea av^ » subi dans Tannée qni vient de s'écouler; noos aTon » le Roi qui refuse son veto aux lois les pins jnstes, et » secret contre la France. Oui , la conspiration de Louis XVI » grante; les preuves matérielles manquent;- les praaves » abondent au contraire, et nous nous attendons sa » à voir des écrits de sa main qui puissent servir de pitees » ques. Bailly et Lafayette sont aussi des tnltres; ils eai » tout un peuple qui n'avait commis d'autre crime que dV » confiant qu'eux. Je suis loin de croire qnUls soient ft la » la Cour ; mais on trahit souvent sa casse par désir de » rôle, par vanité , par niaiserie, par envie de plaira as M craies.
» Amis et concitoyens , nous avons voté Tannée déniera i » imposition pour les biens des émigrés; voilH Is Inmi » avons voté la suppression de tous les ordres de cheTsIerie et dsl » insigne contraire aux idées d'égalité qui doivent être Is » hommes libres; nous avons déclaré traîtres H la patrie tons » grés qui ne seraient pas rentrés en France an premier JsnfivIlA » mesure juste, à laquelle le roi a opposé son veto; nom » aussi demandé le séquestre des biens des prinoes qni sont à » ger : qui oserait bltmer de pareils actes? Ah! mes shers » l'affranchissement d'un grand peuple est nn enfantement » qui ne se fait pas en un instant; mais avec du courage et de h » sistance , nous triompherons , et la postérité nons
XVIIL* SIÈCLE. 4SS
» d*ayoir en des cœurs de fer et d'avoir été inflexibles dans la défense 9 de la cause publique. Mais , je vous le répète , préparez vos armes, » agitez les clubs , que le ferment révolutionnaire anime tons les es- » prits> que les hommes qui ont du cœur prêchent partout les saines » doctrines du patriotisme , et qu'à leur voix un enthousiasme géné- » rem s'empare de la jeunesse ; parlez aux femmes , et qu'elles aussi » mettent tout en œuvre pour sauver la patrie.
« Je vous l'ai dit, je vous le redis encore: la conspiration est fla- » grante ; ne savons-nous pas que le comte d'Artois s'est trouvé à » Pilnitz avec l'empereur, le roi de Prusse et l'électeur de Saxe? Le » comte de Provence , dans son insolent manifeste , ne promet-il pas » è son frère de faire envahir la France par les rois de l'Europe n coalisés? Les agents de la cour n'agissent-ils pas publiquement » contre la révolution, et parce que le Roi a juré le 14 septembre , » an sein de l'Assemblée JVationale de maintenir la Constitution, » nous serions assez stupides pour croire à sa parole , que tout vient » démentir?
« Non, Citoyens, point de confiance dans les paroles royales. La » Constitution ne peut être maintenue que par nous, sauvée que par » nous. Et bientôt de nouveaux faits, des conciliabules de rois, d'évê- » ques et d'émigrés vous montreront les desseins secrets de nos
» ennemis et de Louis XVI
9 La confiscation des biens des ennemis de la patrie, et des » mesures énergiques contre les prêtres réfractaires sont devenues 1» nécessaires , disait, en la terminant, lauteur de cette lettre. »
Ce fut sous l'influence de ces opinions qui dominaient à Nantes dans les clubs, excepté cependant au club de la Halle, que s'onvrit Tannée 1792. Les femmes, extrêmes en tout, s'occupaient fortement alors de politique ; elles étaient très-ardentes à blâmer La Fayette et ses partisans , à dénoncer le Roi comme traître an pays , à demander des persécutions contre les émigrés et leurs familles , à réclamer des mesures violentes contre les prêtres réfractaires. A peine arrivées , les lettres intimes des députés étaient copiées par elles et colportées dans les lieux publics , pour y réchauffer le patriotisme ; elles fabriquaient aussi des drapeaux aux couleurs nationales. L'un d'eux fut donné en grande pompe au 1.*' bataillon de la Loire-Inférieure; la bénédiction s'en fit avec solennité sur la place de la Liberté (place Louis XYI) , en
XVni.* SIÈCLE. '435
Le 22 ayrîl , nouvelle iaaagaration da bonnet ronge ; mais , cette fois, à l'Hôtel-de-Ville. Les trois corps administratifs sortirent à 11 heures de la mairie, le bonnet phrygien snr la tête, entourés des officiers de la garde nationale; après avoir traversé quelques rues , ils se fendirent aux Jacobins, où les attendait nn diner. Avant de sortir de table , ils portèrent de nombreux toasts , qui étaient tous dictés par les circonstances; ils se rendirent ensuite an Château, où le bonnet ronge fut placé sur le bastion Mercœun Du chftteau , ils allèrent au ^^tacle , où Ton donnait deux pièces : ie Barbier de SéviUe et la FamUle Patriote; dans cette dernière , Tacteur en vogue chanta plusieurs couplets de circonstance.
Pénétrons maintenant au sein des clubs; c'est là que nous trou- Terons presque tous les hommes dont nous aurons à parler, et que 00ns achèverons d'étudier Tesprit de Tépoqne.
An club de la Halle, Antoine Peccot , que nous avons déjà signalé comme le plus spirituel et le plus sceptique de tous les habitants de riantes ; Yillenave , Tancicn secrétaire de BaiHj , qui donnait trop souvent, comme une règle, Topinion de cet homme célèbre: orateur froid à la tribune , il gesticulait beaucoup et s'efforçait ainsi de «nppléer à la verve qui lui manquait; Martin Duradier , qui prenait fréquemment la parole pour débiter des lieux communs ; Planchy , négociant ; Athenas , l'un des hommes les plus probes et les plus laborieux de la cité ; Phelippe-Tronjoly , depuis président du tribunal révolutionnaire ; il écrivait mal , mais sa mémoire était fidèle ; il avait toujours un grand nombre de faits à citer qui formaient , dans ses discours , des parenthèses souvent piquantes , et parfois des longueurs ; très-mobile et très-impressionnable , il était par suite trèsjournalier dans ses improvisations dont quelques-nnes obtinrent beaucoup de succès ; Baco, maire de Nantes eu 93. — Bongon , DouiK lard , et la plupart des administrateurs , faisaient aussi partie de ce €lub, qui avait succédé en quelque sorte à celui des Amis de la Constitution. L'on n'y venait pas seulement pour s'occuper des affaires du pays ; mais encore par ton , par mode , et pour entendre les beaax parleurs de la ville.
Il y avait dans les clubs populaires , des ouvriers , des chefs d'ateliers , et quelques jeunes gens , les uns étudiants en droit on en médecine , les autres attachés au commerce ; puis des ambitieux cherchant à se faire un parti pour arriver aux affaires.
Od voyait > dans ces réunions , Cbampenois , lionnaire ardent, mais de conviction sincère; snres et des violences , lionime patient ni Ubfl bliques comme dans son atelier : Pilon , cord dont la religion an drapeau tricolore n'a jani respectable , a l'âge de 80 ans , tonrne aujoui^ gner sa vie, et cependant il a géré tes affaires dans l'administration , il en esl sorti pauvrç api zèle et de capacité. Sa vieille ceinture muni^ Iqî ; il veut qu'elle lui serve de linceul. FoucJ taient de la foule parleurs qualités physiques; braves parmi les braves de celte époque. Fouc tueuT , dur à son corps comme le disaient ses ci ces soldats sans pitié , dont la raSle beauté fait A masses, et dont l'énergie demande ï être gaïj telligence supérieure. O'SnlIivan se souciait ] cheveux qu'admiraient les femmes, et de ceU relevait son costume milllaire. Sa bravoare loi ferme qu'fi son tempérament; son idée Gxe 4 toutes ses forces i l'atrranchissemeDt du peuple royauté ; natarellement doux et calme, il avaifî moments d'exaltation violente dans lesquels it lui. Gnillemé et j>lenris se faisaient remarqtu par les mêmes qnalités que Foucaud. Renard , |> excitait le rire par ses plaisanteries; il était fo l'employaient et de ses camarades, Gonllin , Cl bachelier n'avaient d'autre opinion que celle dei
Aaclabde la Halle, on tenait beaucoup royauté était détestée , mais respectée. Dans li fond emportait la forme. Ici les frëres de Lod nemis avoués de lu nation , qui devait employi les pnnir. Louis XVI était l'ennemi secret de H des (guerres étrangères, l'appui naturel des réfraclaîres. Au club de la Halle, les liaisons sidérations de toute espèce éloignaient U ta lentes. Aux clubs populaires, Vito disait hintoni barrasser la France, par la victoire, de ses enneni la terreur, de ses ennemis intérieurs. Or
bolition de la royautés la confiscation , la prison, la déportation et la mort. L'on ne se dissimulait pas l'étendue du péril , et Ton n'hésitait pas à penser qu'il n'y avait aucun autre moyen de sauver la patrie et la civilisation. Ainsi les associations populaires et les associations bourgeoises différaient déjà de manière de voir.
Le dimanche^ 6 mai , la guerre contre le roi de Bohême et de Hongrie fut proclamée. Cet événement devint l'occasion d'une manifestation de l'opinion publique. Le maire , les officiers municipaux et toutes les autorités se réunirent h deux heures sur les Cours ; la garnison ayant formé le bataillon carré , la guerre fut annoncée à hante voix. Après quelques discours conformes aux circonstances , les autorités commencèrent à parcourir toute la ville , s'arrétant dans les carrefours pour annoncer la guerre à la population qui se pressait en foule autour du cortège. Le soir , dans les clubs , la déclaration de guerre , déjà connue depuis quelques jours , devint le sujet des discussions. Au club de la Halle, la nouvelle acceptée avec joie ne fit point une sensation profonde. Dans les clubs populaires, ce fut antre chose ; l'on sentait mieux la gravité d'une guerre extérieure , et l'instinct des masses leur fit pressentir de suite les mesures révolutionnaires de 93. Il ne s'agit plus , disait-on , dans ces réunions de parler , mais d'agir. Les Rois attaquent la nation , il faut que la nation sache les écraser ou mourir. A l'énergique brièveté des discours , à la hardiesse des propositions , les trembleurs et quelques membres des administrations , qui cherchaient leur avancement dans la fréquentation des patriotes les plus ardents , comprirent qu'il était temps de se retirer pour n'avoir pas à partager la responsabilité des actes qui devaient avoir lien.
Le 5 juin, quelques troupes se portèrent sur Montoir pour comprimer une émeute. Elles ramenèrent quatorze paysans et un ecclésiastique , qui fut pris une cocarde blanche et un sifflet attachés an chapeau : c'était le chef de la révolte. Deux des paysans avaient assassin^ln dragon de Nantes. Tous furent conduits et renfermés an Château.
Plusieurs bataillons de volontaires traversèrent successivement la ville , où ils furent reçus fraternellement. Celui du Morbihan s'y trouvait le 1.^^ juillet , on le pria d'assister au service funèbre de Henri Simoneau , maire d'Ëlampes ; car chaque événement heureux ou malheureux était toujours une occasion d'échauffer les esprits.
XyiII.e SIÈCLE. 4S9
momeiit où les cérémonies du calte perdant do leur influence, il pourrait déchoir de sa position , saisit a?ec empressement cette occasion, pour prononcer un discours propre à le maintenir en popularité.
Le 2 septembre eurent lieu les élections: MM. Meaule, Lefevre, Chaillon, Yillers, F. Mellinet père, Fouché , Coustard et Jarry furent nommés membres de la Convention.
Le 9 novembre , le premier mariage civil se fit en grande pompe : le sieur Dorvo , procureur de la commune , se présenta à la municipalité pour épouser , par-devant le maire et ses concitoyens^ M."' Kirouard , fille de M. Kirouard , officier municipal. M. Giraud , le maire, voulant entourer cette cérémonie de tout ce qui pouvait lui donner de l'importance , avait réuni les sommités de la ville ; les corps administratifs , Messieurs du génie , les principanx membres des divers clubs s'y trouvaient présents. M. Giraud prononça nu discours très-remarquable. Les égards dus à la jeune mariée retinrent seuls les applaudissements; mais, la cérémonie terminée, les représentants des clubs en demandèrent Timpression. « Monsieur le maire, lui dit Tun d'eux , vous avez été prêtre autant et plus que ne le sera M. Soulatre , qui va donner aux mariés la bénédiction nuptiale, et cependant il était impossible de mieux faire sentir Timportance des décrets du G avril et du 22 juin. »
rious ne trouvons , depuis le 9 septembre jusqu'à la fin de l'année , aucun autre fait qui mérite d'ôtre rapporté. Aussitôt la République proclamée , Nantes s'empressa de reconnaître le nouveau gouvernement et d'adresser une lettre de félicitations à la Gon\ ention Nationale. Cet événement donna un nouveau pouvoir aux clubs; mais Tadministration municipale mit une telle vigueur dans ses actes et ane telle fermeté dans sa conduite , qu'elle sut conserver sa popularité sans se laisser déborder. À la fin de l'année , les élections portèrent au département Bonnet, Chiron , Caviezel , Perchais , Gérard, Dinot, Belnard, Breger, Marie, Chauvet, Morvan, Baimbaud,Bobinean et Halgan : tons étaient connus pour des partisans dévoués du nouvel ordre de choses.
Les élections municipales donnèrent le résultat suivant : Baco , maire; Le Cadre, Godebert , Gandin, de la Haie, Hardy , Peccot père , Morel , Colas , Tourghouillet , Prévost , Darbefenille , Brière , Barre , Henry Vannennen , Bellot , Douillard , officiers municipaux ; Dorvo , procureur de la commune. — Les notables furent Delaville,
XyiII.» SIÈCLE. 441
Les clabs qui s'étaient vivement préoccapés dn procès de Loois XVI, ne tardèrent pas à s'occuper de son jugement; au club de la Halle, Ton était contrarié , mais aucune voix n'osa s'élever pour blâmer la condamnation. Au club des Jacobins, dont Villenave était alors président, une adresse fut rédigée pour la Convention. Cette adresse approuvait la mort de Louis XVI , mais elle engageait les représentants du peuple , Jacobins et Girondins , âi s*occuper un peu moins de leurs haines individuelles, un peu plus des affaires dn pays.
Ainsi, soit crainte, soit influence do Paris, les Jacobins et les Girondins de IXantes s'accordèrent à trouver la mort de Louis XVI, juste , nécessaire et politique ; un ou deux hommes osèrent, seuls, au club des Carmes, professer une opinion contraire. L'on dit que l'un des plus ardents démocrates de cette réunion ^ Minihy ou Paul Métayer, nous ne savons lequel, soutint hardiment cette thèse, qu'il n'aurait pas voté la mort: — Parce qu'il était ennemi de la peine de mort; — parce que Louis XVI, en entretenant des relations coupables avec l'étranger, n'avait fait que suivre les impulsions de sa nature et de son éducation. — Il ajoutait : que la République se fût montrée aussi grande et plus forte en contraignant sou ex -roi, le fils des Capet, à rivre dans son sein comme simple citoyen. — Il blâmait aussi la formation de la Convention en tribunal exceptionnel, n'approuvant, dans tous les discours qui avaient été prononcés dans cette circonstance , que quelques passages du discours de Robespierre aîné, qui ne voulait aucun acte, aucune discussion pouvant mellre en question Texisténce légale de la République. Ce membre dn club fut traité de fou, de rêveur; moins patriote, il fut devenu suspect. C'est ainsi qu'à toutes les époques, nous avons vu condamner ceux qui blâmaient les violences judiciaires , les tribunaux exci*ptionnels et l'assimilation des délits d'opinion aux actes qui blessent la morale. Aujourd'hui encore, après quarante années d'efforts, nous ne pouvons obtenir l'abolition de la peine capitale, et ceux qui la réclament, passent pour des utopistes, malgré les leçons du passé.
Baco , maire de INanles , lors du supplice do Louis XVI , ne s'en laissa point imposer par le calme de la ville. Le 23 , il faisait publier une dépêche ainsi conçue :
« Supplice de Louis XF'I , dit Capet ^ dernier roi de France.
» Le 21 janvier 1793 , an II de la République française, le tyran
oait à MiDdin,que dos détachements opéraient sar la rive droite, et qae, dans Tintérieurde la ville, régnait la plas grande activité.
Le 24 mars , un détachement de la gardi) nationale fut envoyé ù Paimbœuf ; il se réunit à la garnison qui faisait de fréquentes sorties, et qui avait plusieurs fois batlu les Vendéens.
Le 30, une colonne se porta sur la route de Glisson: elle rencontra les insurgés; le combat fut long et sanglante les royalistes se défendirent avec un courage admirable: cependant, ils furent vaincus, et cinq pièces de canon ^ qui composaient leur artillerie» tombèrent aui mains des Nantais.
Pendant tout le mois d'avril , de nouvelles sorties furent faites sur toutes les routes, et de nombreux détachements renforcèrent les postes de Kort, Vue, Savenay, et Saint- Jean-de-Boiseau. Le 19, le Port- Saint-Père fut enlevé de vive force après un combat très-long, dans lequel les Vendéens opposèrent une opiniâtre résistance. Les IVantais se portèrent ensuite sur Machccoul, qui subit le même sort; plusieurs pièces de canon tombèrent entre leurs mains. Ils trouvèrent , dans cette ville, les cadavres de 500 prisonniers républicains égorgés par les royalistes , et furent assez heureux pour délivrer un grand nombre d'autres prisonniers qui devaient le lendemain subir le môme sort. Les colonnes nantaises, poursuivant leurs succès, marchèrent sur Legé, Bourgneuf, Pornic, Challans, dont elles s'emparèrent, ainsi que de IVoirmoutier : elles rentrèrent ensuite dans leurs foyers aux acclamations de leurs concitoyens.
Pendant que l'expédition du général Beysser parcourait la partie de la Vendée qui avoisine la rive gauche de la Loire > les IVantais reçurent de leurs concitoyens quelques lettres qui expliquent^ sans les excuser, les horribles représailles qui auront lieu à Nantes dans quelques mois; on en jugera par l'extrait suivant:
tt En entrant dans l'un de ces bourgs (Pornic ou Challans) , nos » camarades aperçurent de loin quelque chose de cloué sur un n portail , qui ressemblait à une immense chauve-souris : en s'appro- » chant, ils reconnurent que c'était un homme, ses vêtements dé- » chirés et les nombreuses blessures dont il était couvert attestaient » avec quelle cruauté les brigands l'avaient assassiné. Il était cloué au » portail, les bras en croix. Le malheureux respirait encore; c'était » un grenadier, un brave militaire , dont la dernière parole a prouvé » la vertu. Il est mort dans les sentiments les plus civiques , en disant
La division continoait à régner dans la ville. Le club de St. -Vincent et le cinb de la Halle se partageaient les habitants. Autour de IVantes, les villes de Rennes, Brest, Qaimper, Lorient> Pontivj , où se troavaient les chefs de la fédération > se prononçaient pour la Gironde etnelni demandaient, poar la faire triompher, que de savoir opposer qoelque énergie à ses adversaires. Les Vendéens, de leur côté, encouragés par quelques succès et le défaut d'union des patriotes, poursuivaient la guerre avec ardeur. Ainsi , Nantes se trouvait abandonné à ses propres forces ; une sortie fut faite sur la route de Clisson , que les insurgés avaient interceptée : Tinhabileté de Beysser la rendit inutile ; la colonne républicaine fut coupée par les royalistes. La légion Nantaise et le bataillon des Gôtes-du-Nord firent des prodiges , et parvinrent à effectuer leur retraite ; plusieurs républicains moururent de soif et de faim ; d'autres , en plus grand nombre , tombèrent sous le feu des ennemis. Ce fut dans cette circonstance que Goislier , chef de la légion Nantaise, perdit la vie. Beysser Payant serré mourant dans ses bras : Ce nesl rien , lui dit Goislier; je meurs pour la république; sauve tes canons / Et, quelques instants après, il fut déchiré par les soldats du parti opposé.
Les Vendéens étaient maîtres des campagnes voisines ; ils avaient pris successivement Saumur , Angers, Ingrandes, Doué, Ghollet , Mortagne , Montaigu, Machecoul , Ancenîs. Ils possédaient des armes, des canons , des munitions de toute espèce , et bientôt ils sommèrent notre ville d'ouvrir ses portes. Leur sommation prescrivait aux Nantais d'arborer de suite le drapeau blanc, de livrer leurs armes, leurs munitions , leurs drapeaux et les caisses publiques , conditions auxquelles les militaires pourraient sortir avec leurs sacs , et les officiers avec leurs épées , après avoir prêté serment de fidélité à Louis XVII ; ils demandaient encore que les députés de la Gonvention , Merlin et Gillet y qoi se trouvaient alors dans nos murs , leur fussent donnés comme otages , ainsi que d'autres citoyens à leur choix ; faute de quoi, la ville serait livrée à une exécution militaire > et les soldats passés au fil de l'épée. Pour toute réponse, les autorités firent arrêter les porteurs de la dépêche et mettre la ville en état de siège.
En un instant , les postes sont doublés. Les entrées sont barricadées et protégées par des pièces d'artillerie ; des batteries sont établies à Gigand , à la Hantière , à la Piperie ; des bateaux armés protègent le fleuve en ce dernier point. Une antre batterie est
favorables à la défense. Canclaux , de son côté , prévoyant que le camp de Saint-Georges serait débordé , et que , vu l'insuffisance des fortifications, il ne pourrait se défendre; sentant d'ailleurs qu'il était bon de concentrer les troupes dans la ville , afin de pouvoir ofirir , sur chaque point, des forces plus imposantes, ordonna la retraite. Pendant que l'avant-garde repoussait l'ennemi , les équipages et le parc d'artillerie rentrèrent en ville dans le plus grand ordre; les troupes suivirent de près. A 11 heures du soir, tout se trouvait en place , et chaque bataillon était à son poste.
Le lendemain (jour de la St.-Pierre, nom sous lequel cette défense est célèbre dans nos annales), à deux heures du matin , une canonnade assez vive, du côté de Pont-Rousseau , annonce l'attaque. Aussitôt la générale est battue dans Tintérieur de la ville: en un instant, les 15 bataillons de la garde nationale sont sur pied et rendus à leurs postes. A 4 heures du malin, le bataillon des vétérans, entièrement composé de vieillards, se montre sous les armes. « Citoyens, leur dit Paimparay qui v> les commande , ce jour va couvrir les gantais d'une gloire ou <fune » honte éternelle : persuadés de leur courage et de leur énergie, jurofin » tous de ne point parler de capitulation , et de mourir plutôt que de » nous rendre, » Ëttous s'écrient: nous le jurons ; vive la République! Cependant la canonnade devient plus vive ; les femmes , renfermées dans leurs maisons , préparent de la charpie ; les vétérans font des patrouilles ; ils veillent à ce que les boulangers travaillent , ils dissipent les rassemblements , et font fermer les cabarets et les cafés.
L'attaque de Pont-Rousseau ne pouvait être , et n'était en effet qu'une diversion de Gharette , qui avait pour but d'attirer sur ce point les forces des républicains. Les Vendéens se portèrent aux Sorinières, comme Beysser l'avait prévu , avec 3 canons et 2 pierriers , tandis que deux autres colonnes , après avoir quitté les camps des Glions et de la Groix-Moriceau, se déployèrent sur le poste de Saint- Jacques , avec plusieurs pièces. Le combat fut vif : l'artillerie des Vendéens était servie avec activité , mais celle des Républicains avec plus de sang-froid : aussi conservèrent-ils toutes leurs positions. Vers six heures du matin, l'attaque commença sur les routes de Paris , de Rennes et de Vannes. Sur celle de Rennes , une colonne d'environ 14 mille hommes , au dire des Républicains, et soutenue d'une grosse artillerie , s'avança jusqu'à demi-portée de canon : elle plaça ses batteries sur une éminence , au milieu du grand chemin. Un corps nom-
achève la roate 2i pied et se rend à Thospice , où il crie en entrant vive la République ! Un canonnier parisien était malade : aussitôt qu'il apprend rapproche des Vendéens , il se transporte à Pont-Roussean ; dn premier coup, il leur démonte une pièce ; du second, il brise une roue de la charrette sur laquelle on Pavait replacée , lorsqn^il reçoit nn biscaien qui lui coupe le petit intestin; alors il s'entoure le ventre d'un mouchoir, et revient à pied à Fhospice, heureux^ diUl\ f d'avoir fait son devoir! Un garde national avait en les denx mains coupées et la figure brûlée par l'explosion d'un caisson : il était horriblement défiguré ; lorsqu'on fut parvenu h lui ouvrir la bouche , son premier cri fut vive la République/ Les brigands sont^ls battus ? — Au moment où Ton apprit la retraite de l'armée royaliste , ce fut dans tout l'hospice une joie inexprimable , à laquelle plusieurs blessés succombèrent. INous n'oublierons pas , non plus , le trait admirable d'un garde national , le prêtre Gambart , qui , voyant nn père de famille trop exposé, le prit par le bras, en lui disant : Retvre-toi , c'est à moi d affronter le plus grand danger, et fut tué aussitôt en prenant sa place. Tel était , on le voit, Pesprit de cette grande époque, où vivre c'était aimer vivement , hair de même, et priser plus que l'existence le salut de la patrie.
Les Vendéens qui vinrent assiéger notre ville ne comptaient qu'un petit nombre de bataillons organisés. Parmi eux se trouvaient beaucoup de déserteurs et de réfractaires , une grande partie de la légion germanique , des contrebandiers , des gardes-chasse , les anciens employés des fermes et des échappés du bagne et des prisons. Les soldats se promettaient le pillage ; les nobles et les prêtres voyaient pins loin : ils comprenaient que liantes était une position militaire excellente , qui leur permettrait de s'unir aux insurgés de la %«tagne ; ils y voyaient un arsenal , la libre navigation de la Loire , la facilité de recevoir sans opposition des secours de toute espèce de TAngleterre , et la presque certitude de posséder , avant peu , les 9 on 10 départements qui forment l'ouest de la France. Sans doute , sMIs avaient réussi , la République eût été perdue ; la prise de Nantes lenr eût donné de nouvelles forces et de puissants moyens d'organisation.
D'après les récits des Vendéens , leurs forces , dans l'attaque de Nantes , se divisaient ainsi : Gathelineau et D'Elbée commandaient 12 mille hommes. Ce furent eux qui attaquèrent le bourg de Nort ;
450 XVni.* SIÈCLE.
D'Auticharap et Fleariot / avec 4,000 Vendéeiis, suiTsient hnMie (le Paris ; Lîrot-la-Patouillère occupait la Croix-Moricean avec M mille hommes et 12 pièces de canon, et Charette campait au de Ragon et aax Glions.
Quelques jours avant Tattaque de Nantes , on générât aTail
posé aux représentants Merlin et Gillet d'abandonner cette vile;
mais les clubs s'étaient opposés à cette détermination. Lea ckebdi
bataillon qui fit une si belle défense à Nort, passent poor afoir éK
très-violents dans cette circonstance k Tégard des représentinls. Hs
avant Taltaque, le m6me général proposa, de nouTean, réTacnUaa.
Ce fut alors que Guillemé, Tnn des jacobins les pins hnTesethi
plus exaltés, suivi de trois de ses camarades, se présenta an
des Conventionnels : les chevaux étaient à la Toitnre ; il d
de les dételer ; trouvant que les choses n'allaient pas aaseï vHa, i
coupe les harnais et monte ensuite chez les dictateurs. Loin di ic
laisser intimider par leur présence , il tire ses pistolets p et
qu'il vient de son propre mouvement, an nom des comités
laires qui ne le désavoueront pas , pour s*opposer à ce qn*Hs
donnent la ville, (c F'olre place est ici^ leor dit-il; roaw
» rez, ou vous mourrez avec nous, » Les représentants étaieatirti-
mécontents; mais ils comprirent qne Gnillemé et ses trob
rades étaient , en réalité, les représentants de Topinicm
ils cédèrent donc , et s^entendirent avec les autorités
pour les mesures à prendre.
Le danger passé , les IXantais s'occupèrent de nonrean des qui existaient au sein de la Convention. Liés d'amitié arec hs dins, les anciens meneurs du club de la Halle résolurent de leur parti ; ils étaient alors tout puissants : Baco , leur chef* aralHl preuve d'une rare énergie dans la défense de la Tille , et n'eût osé lutter ouvertement contre eux.
A Paris , les Girondins et les Jacobins étaient séparés par ■■ les premiers voulaient la révolution sans terreur, et croyaieut s'arrêter, une fois la bourgeoisie an pouvoir. Les Jacobins, traire, voulaient une révolution radicale, comme le proure la ration des droits de l'homme, rédigée par Robespierre» et la leur paraissait le seul moyen de résister aux attaques extérisass d intérieures dirigées contre la République. En province, la question n'était pas aussi nette; li Ifaaies, pv
Bxemple, les amis des Girondins qai dirigeaient alors elle club de la Halleetmènie leclob Vincent, étaient Montagnards parleurs doctrines, «t Girondins par leurs liaisons ; jamais ils ne se fussent insurgés contre la Convention , si les Lanjuinais, les Sottin et les autres députés dans lesquels ils avaient confiance ne leur avaient formellement écrit que les Montagnards voulaient rétablir la royauté* et s'ils n'avaient insinué que Pbilippe d'Orléans était l'homme sur lequel ils avaient jeté les yeux pour remplacer Louis XVL
Un comité central s'étaii formé à Rennes pour diriger les mouvements insurrectionnels de la Bretagne ; les départements du Finistère, des Gôtes-du-Nord , du Morbihan et de l'Ille-et-Vilaine y envoyèrent leurs députés. Ruinet fut élu président , Demars * vice-président ; Lucas, Legraverend, Guépin aine et Sourdrille furent chargés du secrétariat. Les Girondins de Nantes se hâtèrent d'entrer en rapport avec une réunion , dont les chefs étaient leurs amis ; alors seulement s^agltèrent lesçrandes questions qui avaient divisé les Conventionnels ; mais, si les Bretons s'insurgeaient contre la Convention , s'ils proposaient de lui donner une garde armée, s'ils voulaient transporter à Bourges le centre du gouvernement, c'était dans l'unique but d'assurer rindépendance du pays par l'indépendance de son assemblée sou* veraine ; il n'est pas un de leurs écrits où ils ne protestent de leur dévouement à la République une et indivisible , où ils ne demandent que l'on fasse tous les sacrifices pour conserver au pays les doctrines d'égalité , de liberté et de fraternité qui pouvaient seules assurer son avenir.
Le général Caudaux et les députés s'étant décidés à diriger des troupes sur Ancenis : quelques jours après l'attaque de Nantes , ce poste fut emporté, et les communications rétablies entre notre ville et Angers. Ce fut alors que les membres des clubs et les autorités constituées , décidèrent de ne pas recevoir dans nos murs les Représentants du peuple près l'armée de l'Ouest , et les agents du conseil exécutif. Ils publièrent des bulletins, qui furent remplis de proclamations et de protestations des députés fugitifs , d'extraits de délibérations et de mesures prises par les sections d'Aix , de Marseille et de Bordeaux ; ils déclarèrent aussi que les forces auxiliaires qui défendaient la commune de Nantes , seraient retirées, si elles n'entraient dans la confédération du Calvados et de la Gironde. Pendant quelques jours, les anciens chefs du club de la Halle l'emportèrent. Sottin l'aîné et
arec Tactede rétractation signé de Phelippe Tronjoly et de la plupart des fonctionnaires. Ils étaient chargés , en outre , de les inviter à rétablir h Nantes le qdartier-général. Bientôt on apprit que la Constitution républicaine était arrivée. Une grande foule se porta au département; des débats violents s'élevèrent entre les administrateurs et le peuple. Le président leva la séance , et rassemblée fut dissoute ; mais lét Mns-culottes revinrent à la charge, et le soir du même jour, interrompant tonte discussion dans rassemblée des autorités constituées, ils réclamèrent la lecture de Tacte constitutionnel et du rapport qui le précédait , ce qui leur fut accordé.
Il n*était plus question à Nantes que de la Constitution, dont on parlait bien diversement. Les uns relevaient jusqu'aux nues, les autres roulaient la refuser , mais ils n'osaient exprimer publiquement leur opinion. Baco, plus courageux, fit imprimer une affiche ayant pour titre : Avis (t un républicain à ses concitoyens. Il y engageait les Nantais 9i n*accepter la nouvelle Constitution que provisoirement, à nommer de nouveaux députés , chargés de la réviser; à faire partir pour Paris des troupes , afin de les soustraire à l'oppression ; mais cette affiche fat déchirée , et le vote des sections vint prouver aux partisans delà Gironde que la Montagne l'avait emporté , et qu'elle pouvait compter lar l'appui des masses.
Lorsque les autorités eurent fait leur soumission à la Convention , les représentants Gillet , Buel et Philippeaux vinrent à Nantes. Le maire Baco fut destitué de ses fonctions et remplacé par Jean-Louis Renard , peintre en bâtiments , membre de la Société populaire. Les fonctionnaires du département. Bougon, Clavier, Athenas, etc., forent destitués quelque temps après, et remplacés aussi par des memhes influents de la sociétéYincent-la-Montagne; mais les représentants se bornèrent à ces actes bien naturels qui étaient la conséquence directe des événements. Quelques fonctionnaires , suspects de fédéralisme , forent même conservés , et l'on ferma les yeux sur ce qui s'était pasaé.
Goollinjoua un grand rôle dans cette affaire; lié avec Philippeaux , Il profita de cette circonstance pour écarter du club Vincent un grand nombre de patriotes très-ardents, mais trop fermes pour se laisser diriger par lui. Ne pouvant détruire leur autorité, car ils appartenaient h la nuance victorieuse , il les relégua 2i la Mairie , bien sûr que son influence à la Société populaire s'en accroîtrait: ce qui eut lieu.
Voici la liste des administratean et dee oonseillen nwmirifti fB remplacèreot les fédéralistes.
Renard , maire ; - - Garrean ; — PacqaeUn aine ; — Josllam; - Pion ; -— Champenois ; — La Marie ; — François atné ; — Wirtiwi — Peylet; — Bigot; — Guignard; — Le Maître; — Frowl |ln:
— 6. "«Gallon ûls; — Maillé; — Barré, doreur; — Gotscaed, carcar de la commune; — Barre, ministre, snbttîtiit da de la comroane; — Dnfo; — ArcliamlMtaU; — Penoty ; —
— Saffré ; — Benjard fils ; — Testé; — Doîxi; — GhaoTel Desclos aîné ; — Terrien ; — Roger ; — Tlieailier ; — Ernest ; — Bouyer ; — Guilley ; — Clary ; — Challois ; — gnard ; — Petit; — Ruel; — Oron; — Madiot; — Rejw; — Marchaix ; — Bonamy aîné ; — Gontremoolin îenne ; — Fafé ; — Gonllin ; — Coaprie aîné; — D*Heron; — Rîedy.
Le 8 octobre 1793, Carrier arrira dans notre Tille. Ctùikm homme jeune , ardent, ignorant , présomptnenz , cnpaleas plaisirs, lâche dans ses yiolences, trop étroit poor aiToir m et trop peu politique pour comprendre ie danger dee inutiles.
IVan tes possédait une commission militaire, on coBBité naire, organisé par Philippeaux, et composé de font ee qaTil j plus exalté et de moins consciencieux dans la aocidté Montagne. Il lui manquait un tribunal réfolationnaive , qoi de complément à ces deux institutions. Carrier, anaeitAt eo s'occupa de Torganiser; puis il se présenta aacinb YinroBf ,eÉMii buta par un discours entremêlé de jurements qaMl prononça le aaln I la main. Il existait, dans ce club , un comité de rarTeillenoe: conserva ; mais, trouvant que les exécutions n'allaient pae que Ton n'emprisonnait pas assez de suspects, il fitorgeniaer,] lin, l'un des meneurs du comité révolutionnaire , une les membres avaient droit de faire d'eux-mêmes des d'emprisonner. Pendant qu'on procédait à la nomination sans-culottes qui devaient la composer, Gonllin , à chatine était proclamé , disait à ses collègues : ConnoMMs-vetta quun qui soit plus scélérat que celui^? Le serment qn^'on prêter fut le suivant : «Je jure que Marat tant aTili, calomnié |vk » parti feuillantin , par les crapauds du marais » par h
» volatioDnaires en qd mot, ne vécut que pour le peuple, et quMl » mourut victime de son dévouement pour ce même peuple ; je jure » que les principes révolutionnaires quMl osa professer, et dans ses » écrits et à la tribune , furent, sont et seront toujours les miens. Je » jore que les sociétés populaires sont les vraies colonnes de la li- » berté et de Tégalîté. Jejnrede dénoncer etde poursuivre même> de » tous mes moyens , les calomniateurs de ces sociétés bienfaisantes ; » je jore mort aux royalistes , aux fanatiques , aux muscadins , aux » fenillantins, aux modérés de quelque couleur, de quelque masque » qn*ils se revêtent ; je jure de ne reconnaître pour parents y pour » frères , pour amis, que les seuls vrais patriotes , que les défenseurs » ardents de la République. » Lorsque cette compagnie eut été réunie , et qu'on lui eut lu ses réglelnents , tous les membres se levèrent spontanément > et demandèrent que le nom de révolutionnaire qui lui était donné fût changé en celui de JUarat. Le comité applaudit à cette idée , et , jaloux de rendre hommage à la mémoire d'un homme si aimé des masses , et dont le nom ne se prononçait qu'avec respect dans les clubs , il arrêta qu'à l'avenir elle porterait ie nom glorieux de (Àmi du peuple. Bientôt commencèrent ses fonctions, et, grâce au zèle avec lequel elle les remplit, quatre cents citoyens de Nantes furent enfermés dans les prisons , sans forme de procès ; cependant , il se glissa dans cette compagnie , mais en petit nombre , des commerçants et des employés des administrations que l'on disait fort honnêtes gens : la plupart étaient de ces trembleurs auxquels la peur peut arracher des crimes, et qui sacrifient tout pour éviter un danger.
A la suite des noral^euses arrestations faites par la compagnie Uarat , le comité révolutionnaire , assailli de solliciteors qui demandaient l'élargissement de leurs parents et de leurs amis , ne trouva rien de mieux > pour s'en débarrasser, que de faire afficher une proclamation dans laquelle il annonçait qu'il serait sourd à toutes les demandes , qu'il en regarderait les auteurs comme suspects , et qu'il faudrait les signatures de huit de ses membres pour qu'un prisonnier fût élargi. Le plus souvent , les misérables qui faisaient les perquisitions domiciliaires , ne mettaient les scellés qu'après avoir vidé les meubles des effets précieux qu'ils renfermaient ; leurs scellés n'étaient d'ailleurs apposés qu'avec le pouce ou une pièce de monnaie; dès-lors il leur était facile de visiter à loisir ce qu'ils
» de la réanion du 27 brumaire , je te l'adresse; il est digne du pur » patriotisme qui anime un vrai sans-culotte. »
Compte rendu de la séance du 27 brumaire an H de ia République.
« Il fallait à la société F'incent- la-Montagne un local digne de ses « réunions, et qui pût contenir tons ses membres. Le citoyen Carrier , » Représentant du peuple , s'est empressé de proposer Téglise Sainte- » Croix : aussitôt un message a été adressé aux citoyens du district , » aujourd'hui purgé par les soins des Représentants Méaule et Phi- » Uppeaux y des nommés Bougon , Athenas , Clarier et autres sus- » pects de fédéralisme et d'attachement à la Gironde. L'heure ve- » nue , le cortège est parti de la Commune. Les membres du dis- » trict , les municipaux et les autres autorités s'étaient réunis yis-à- » vis la ci-devant église Saint-Vincent , aujourd'hui Société patrio- » tique et populaire. Les membres de cette réunion et tout ce qu'il » y a dans notre cité de purs Montagnards, prennent rang dans le » cortège que guide le représentant Carrier. Les insignes de la repu- 9 blique précèdent la marche , et chacun se fait honneur de les por- » ter; la musique fait entendre des airs républicains^ et chacun se 9 sent animé du plus vif enthousiasme et du plus pur civisme. L'on » arrive à la ci-devant église Sainte-Croix; alors le citoyen Carrier » monte dans cette chaire si souvent profanée par les paroles im- 9 pures et fallacieuses du sacerdoce et des prêtres. Citoyens Mon » tagnards, s'écrie-t-il avec l'accent de cette noble passion pour la » vertu dont il est animé , cette journée servirait encore, s'il en était » besoin, à dissiper les brouillards fétides du despotisme des prêtres » et des rois. Mais la morale est vengée, et le peuple philosophe » se rit des jongleries des uns , des ci-devant usurpations des autres. 9 Citoyens , le trône des tyrans n'est plus , et les assemblées pa- » triotiques remplacent ce troupeau d'imbécilles que conduisait- la » calotte. Ici de vifs applaudissements viennent interrompre le Re* » présentant du peuple. Carrier continue ensuite en développant les » erreurs , les superstitions , les crimes anciens et nouveaux des » prêtres et du sacerdoce , puis il termine ainsi. Est-ce vous , sans- » culottes ? IÊa^Ï'CQ vous, Montagnards ^ qui avez allumé le feu de la » guerre civile.^ Est-ce vous qui avez couvert la Vendée de ca- » davres ? Est-ce vous qui avez insinué à de malheureux imbus de » préjugés, de poignarder leur patrie? Le sang coule, mais il doit
Carrier, après avoir fait organiser la compagnie Marat , établit en principe que les dépouilles des prisonniers appartiendraient à ceux qni les auraient arrêtés ; de là nne suite de rois dont le plus considérable eut lieu dans la maison des frères Thoinnet , deux des plus riches négociants de IVantes. Pendant que ces jeunes patriotes , tout dévoués à la République, après avoir donné 300,000 francs à la ville pour acheter du blé, combattaient comme volontaires dans la Vendée, les scellés furent apposés chez eux , c'est-à-dire qu^on pilla leur caisse ; argent, billets , tout fut pris ; incarcérés à leur retour comme suspects , ils sont morts dans les prisons. (1)
Bientôt Carrier ne ménagea plus rien , et , s'étant présenté au club le sabre à la main , suivant sa coutume > il y fit un discours affreux , qui fat le prélude des actes qui suivirent: « Citoyens, disait-il, dans un véritable accès de monomanie homicide , il ne faut plus d'accapareurs,
de négociants, de fédéralistes, de modérés, il faut leur f la tète à
bas. » Telle était son exorde. Les membres de la Société témoignèrent leur indignation par un profond silence : furieux alors de ne pas obtenir les applaudissements habituels , Carrier abattit les chandelles à coups de sabre , et fit évacuer la salle dont il ferma les portes; ainsi se termina cette séance , qui fut bientôt répétée par GouUin. Qaelques-unes des paroles de ce dernier méritent d'être conservées. Les voici : Citoyens , prenez garde de recevoir parmi vous des modérés , de faux patriotes ; il ne nous faut que des hommes qui aient le courage de boire un verre de sang humain!...
Les membres du Comité révolutionnaire ne pouvaient oublier la journée du 5 juillet , les actes des Girondins et les marques de mépris qu'ils en avaient reçues ; quelques-uns d'ailleurs convoitaient leur fortune : aussi profitèrent-ils de leur puissance pour se venger. Dans les premiers jours de frimaire , parut une liste de 132 accusés, sur laquelle figuraient les citoyens de Nantes les plus recommandables : c'étaient Dorvo , ancien procureur de la Commune ; Antoine Peccot, coupable d'avoir lancé contre le comité quelques mots piquants qui avaient fait fortune ; Villenave » bien connu cependant pour ses opinions démocratiques ; Martin , dit Duradier ; les deux Sottin , Varsavaux, Pellerin , ex-constituant ; Fonmier^ ingénieur ;
(1) Cette seule famille a perdu dix-sept de ses membres.
XyUl.« SIÈCLE. 461
Comité araient résolu de les faire conduire de Nantes à Angers pan des Américains, auxquels ils eussent dit que leurs prisonniers faisaient la traite , afin de les indisposer contre eux. Les mêmes avaient tossi songé à leur adjoindre un détenu » qni eût fourni prétexte » en s'éradant » pour les faire exécuter comme conspirateurs pris en flagrant délit. Mais ces projets échouèrent par la probité et la fermeté de Toffîcier auquel ils furent confiés. Leur royage fut long ; par suite , leur jugement n'eut lieu qu'après la chute de Robespierre: peut-être durent-ils à cette circonstance d'être tous acquittés » car plusieurs d'entre eux n'étaient rien moins que patriotes.
Carrier ne devait pas rester en arrière de ses agents. Des prêtres avaient refusé de prêter serment » il s'en servit pour tenter un essai qui eut les plus funestes conséquences. Sons prétexte de les déporter , Lambertye» l'exécuteur de sescruautés, fit préparer une galiote. On j emmena de nuit ces malheureux après les avoir entièrement dépouillés, puis on les noya. Deux d'entre eux avaient échappé comme par miracle , ils furent repris ; et, cette fois , la mort ne trompa point leurs bourreaux. Trois jours après , Carrier donnait un dîner splendîde sur le navire qui avait servi à cette noyade. On y porta la santé des victimes , et le Représentant du peuple y lut une lettre adressée k la Convention , qui se terminait ainsi. « Une malheureute caUulropke » a précipité ces prêtres dans ta Loire : on dirait qu'une certaine fatalité » les accompagne , ainsi que tes nobles ^jusqu^ au tombeau, n A quelques jours de là , Carrier, voulant user de son nouveau moyen de destruction 9 et pensant qu'il était à propos de le justifier par quelque prétexte (car alors il lui fallait encore l'apparence d'un motif pour faire périr un citoyen), imagina une conspiration des prisons. Ses agents trou- Tèrent cet expédient fort heureux , et résolurent d'en profiter. Il fut donc décidé que l'un des concierges viendrait se plaindre de l'arrogance des prisonniers et les accuser (ils mouraient alors de faim) , de se jeter à la figure les uns des autres le rix qu'on leur donnait pour leur nourriture , pendant que les patriotes n'avaient pas suffisamment à manger. Il fut décidé aussi que l'on battrait la générale , que les sant-culottes se rendraient à leurs postes, et que l'on ferait contribuer, par de fortes amendes, tous les aristocrates qui seraient restés chez enx. Le 22 au matin , la générale fut battue dans toute la ville , pendant que les canons braqués sur les places semblaient annoncer quelque grand danger. Carrier reçut une Garde-d'Honneur^ et sa ruse»
XVH1.° SIÈCLE.
toute grossière qu'elle était, servit cependanU patriotes du club Vincent , qui furent dupt depuis , par les divers gauvenLenicnts qui se ^ patrie. Le suir, on fil un grand nombre d'il exécutions eoreut lieu , et des coups de canon i sur les prisonniers. On ignore le nombre des v née, mais il est très-bien prouvé, quoi qu'oi ent ni 800 ni mâmo COO personnes de tii^ contemporains, prétendent qu'il n'j eut qi Le lendemain (une déposition reporte au IC fiii l'on mit en délibération de savoir si l'on mass prisonniers; la discussion fut vive, et n'eut ai dant Lambertye envoya au ciseleur Doivin, al< et commandant temporaire de Hantes, l'ordre Celui-ci répondit couragensemenl qn'il était t les ennemis de la France , et non pour assass: Il se rendit aussitôt chez fioullin, auquel il I les plus vives remontrances. Désespéré, il reni de pistolets , décidé â se briller la cervelle, pi arrêter , c'est-à-dire guillotiner. Le soir , il se ment et rendit compte de sa conduite. Le d^ sidence de Minée, venait de décider que leaa pas fusillés; mais on craignait dans l'assembUi ne fût trop tardive. On y reçut doue fioivinj joie et d'altendrissement." 1
Carrier et ses agents ne pouvaient renoncdM nui! du 24 au 2.^ frimaire, deux membres de IX portèrent dos cordes au Bouffay , en demaod 153 prisonniers pour les transférer a Belle-] d'ordre, et le concierge les refusa ainsi que I pagnons, qui se présentèrent quelque temps a tÈrent au Comité, et revinrent avec des instn avait en tout dans la prison que 129 détenan acquittés, devaient sortir prompteraeut. Plmi renfermés pour de légères fautes : après lem tous d'emporler avec eut leurs effets et lem lia les mains. Du Bouffay, Goullin, qui préi les fit conduire a la Sécherie, où ils farent
après avoir été dépouillés de tout ce qoMls possédaient. Quand cette exécution fat connue, la terreur qui régnait dans toute la rille s*accrut encore. Carrier, d'ailleurs, ne ménageant plus rien, envoya an président du tribunal Tordre de faire exécuter , sans jugement , on assez grand nombre de détenus ; Phelippe Tronjoly s'y refusa ; mai&ses collègues accédèrent à cette demande. D'un autre côté, Foaqaet et Lambertye reçurent , du Représentant du peuple , les pouToirs les plus étendus : ils pouvaient entrer à l'Entrepôt, y prendre des prisonniers , requérir des bateaux et des bateliers , se faire appuyer par la force armée; c'est-à-dire exécuter les noyades sans aucun jugement préalable. Le président de la Commission militaire s*étant trouvé dans cette prison , au moment où ils réclamaient des détenus, force leur fut d'exhiber leur laisser-passer. Cependant, malgré la signature de Carrier, le président, qui était un vieillard timide, mais probe, s'opposa fortement à ce que le concierge laissât sortir qui que ce fût. Carrier, en ayant été instruit, le fit venir chez lui, et du plus loin qu'il l'aperçut : « C'est donc toi, jeanf,.,,.^ lui dit-il , qui oses me résister ; apprends que je te ferai guillotiner , si cela l'arrivé une autre fois, » Ce malheureux vieillard fut tellement épouvanté, car, avec Carrier, l'effet suivait de près la menace, qu'il en tomba malade, et dans son délire il s'écriait : Pauvre ville! ah! seélcrat! ak! coquin de Carrier!
Nous ne passerons pas en revue toutes les horreurs dont ?(antes fot témoin , jusqu'au jour du départ de cet homme sanguinaire ; elles sont consignées au procès des membres du Comité révolutionnaire. On y voit que des acteurs de cet horrible drame portaient à 2500 le nombre des femmes et des enfants qui avaient péri dans la Loire, à 4000 celui des hommes, à 7500 celui des Vendéens, ou prétendus tels, fusillés à Gigant. Ces chiffres cependant sont exagérés : ainsi 3500 personnes, au plus, ont péri dans les noyades. Mais qu'importe le nombre à la moralité du fait ! Des prisonniers étaient faits dans la guerre de la Vendée ; aussitôt amenés à Nantes, sans jugement préalable , fusillés ; d'autres rebelles , ayant confiance dans les promesses de la République , venaient se rendre , faisaient leur soumission , et proposaient de retourner chercher un grand nombre des leurs : fusillés ; des prisonniers paraissaient avoir sur eux des objets de prix , c'étaient des ennemis de la République : fusillés. Ce n*était pas seulement à Gigant , dans les carrières situées sur les
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bords de la Chésine , que Ton eiécaUit les de la terreur , beaacoap ont trouvé la mort à restrénilé de bourg; un assez grand nombre » sur la place da dépaiteaeel, ei on les a massacrés à coups de sabre et à coups de beiomiette ; la guillotine était en permanence , et chaqae jour elle peuple le plus horrible de tous les tableaux. Dénoncé par le mier misérable venu. Ton pouvait être emprisonné, pnlt l'Entrepôt; là. Ton mourait du typhus qui régnait elon prison y ou Ton succombait sous le plomb meurtrier, on Ton nait sa carrière dans la Loire : c*était ce que Carrier appelait un bain , boire à la tasse des calotins , etc. Les prisonniers envoyait aux fusillades étaient conduits entre deux haies de au nombre de 30, 40, 60 > et quelquefois davantage ; on les aux bords de la fosse , pour avoir plus tôt fait ; un rnniomont de signal à la fusillade , qui ne cessait que quand tans bés. Malheur à celui qu'avaient respecté les balles; car on Pi à coups de baïonnette!
Les cadavres étaient ensuite dépouillés et jetés ves profondes, qu'ils ont servi à combler. Pendant mois , 3 à 400 hommes furent fréquemment employés à la les recouvrir do terre et de chaux vive. Souvent anjonri^lnl en ouvriers viennent boire le dimanche et se délasser de li sur leurs tombes verdoyantes , et les enfants y folâtrent jeux ; car rien n'indique où ils reposent. Ainsi Thomnie marche dans le monde entouré de graves souvenirs , aniqnsis lai fait aucune attention. Les noyades avaient lien le pli qu'il faisait nuit; on les pratiquait au-dessous de Nantes. ont été faites avec des bâtiments dont on bouchait tontes les tures ; des charpentiers , qui se tenaient k c6té dans des tions , en ouvraient les flancs , et s'éloignaient ensuite. sonnes ont ainsi péri dans une seule nuit sur deux narires. On slnl aussi servi d'un bateau à soupape , moyen qui avait sur le l'avantage de l'économie. Deux ou trois noyeors , asaes laissaient fréquemment échapper quelques-uns de cens qn*ib saient à la mort; mais la majorité s'acquittait de ses fonctions tonte la férocité que Carrier pouvait désirer dans des Ils inventèrent les mariages républicains , supplice qni joigesit I h barbarie 'immoralité la plus dégoûtante. Ces mariages se
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en prenant deux personnes de sexe différent ; le pins sonvent c'étaient un jeune homme et une vieille femme, on bien un vieillard et nne jeune fille; on les liait Tun à Tautre, par-dessous les aisselles, après les avoir dépouillés ; quelques-uns de ces malheureux ont été laissés une demi-heure dans cette position , on les jetait ensuite dans Il Loire , oti des assomroeurs placés dans des bateaux achevaient de noyer ceux qui, dans leurs efforts, étaient parvenus à briser lenrs liens. Deux fois , lorsque des membres du comité révolutionnaire et de la compagnie Marat se portèrent à TEntrepôt pour j chercher des détenus, il leur arriva de saisir les premiers quMls rencontraient, qu'ils fussent ou non sur la liste: marche , b ! telle fut,
avec des coups de sabre , la seule réponse qu'ils aient daigné faire à leurs observations. Un jour, des prisonniers furent onbliés dans une galiote pendant 48 heures; ils étaient dans la cale, et Ton avait eu la précaution de fermer toutes les issues. Lorsque le pont (ut ouvert, on en trouva 60 asphyxiés ; l'un des agents de Carrier , nommé Robin , fit enlever et jeter à la Loire leurs cadavres par d'antres malheureux fraîchement sortis de l'Entrepôt; cette opération terminée , il fit dépouiller entièrement tous les détenus qni se trouvaient sur le navire , sans aucun égard d'âge ni de sexe : c'était en plein jour ; mais ce spectacle , aussi triste qu'obscène , changea bientôt, et l'on me vit plus qu'un navire sur lequel des forcenés riaient et chantaient , pendant qu'autour d'eux , sur le fleuve , lenrs victimes luttaient çà et là contre les flots , disputant à la mort , dans l'agonie de souffrances aflreuses , quelques derniers moments d'existence!...
Non content des noyades , Carrier se faisait souvent amener les plus intéressantes des prisonnières qu'il renvoyait ensuite à l'Entrepôt, quand elles avaient servi à ses plaisirs. Trois Nantaises eurent le malheur de lui plaire; il les fit venir successivement , et leur promit la vie en échange du déshonneur ; mais de son lit elles allèrent à la guillotine. Ses amis prirent exemple sur lui. Lavanx et Robin, tous les deux jeunes , et livrés sans frein à l'effervescence de passions fougueuses , ne craignirent pas d'aller publiquement «nr les navires où se trouvaient les femmes destinées à la Loire, prendre celles qui leur convenaient et de les faire jeter ensuite dans le llenve, les nues , sans doute , parce qu'ils les avaient trouvées trop faciles ; les autres, parce qu'elles ne l'étaient pas assez. GonlliD> homme de
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jeté an si vif intérêt snr ses derniers instants. Le second est digne des temps antiques: Une mère et ses cinq filles, jeanes et belles, se furésentent à Téchafand : elles n*aTaient subi aucun jugement ; autour d'elles se presse une foule muette d'inquiétude et d*eflroi; mais la place est prise , il faut attendre et faire queue une demibeure à ce drame horrible. Cependant la mère soutenait ses filles de ses conseils et de son courage ; bientôt elles se prirent à chanter en chœur des cantiques. Un hymne religieux sur cette place rouge de sang ! Un hymne chanté par des femmes, ou plutôt par des anges ,
comme on les rêve à 20 ans ! Le penpie s^émeut. Aux accents
des jeunes vierges , il a rctrouré , dans son cœur, un reste de pitié. La religion de ses pères, cette religion qui consacra par des pompes imposantes ses premiers pas dans la vie , et qui n^est plus pour lui qu'un souvenir , Tentoure de ses prestiges. Le bourreau , lui-même , succombe à son attendrissement. Cependant il exéciite les ordres qa*il a reçus : deux jours après, il était mort d'horreur et de regret.
A l'anarchie d'un despotisme sanguinaire, se joignaient, comme con^»lément> pendant le séjour à Nantes de Carrier, la disette et une épidémie violente. La disette fut la source du maximum , qui ruina un grand nombre de maisons dont le crédit était basé sur une probité scrupuleuse. Les assignats perdaient chaque jour de leur valeur réelle ; cependant la loi ordonnait de les recevoir au taux de leur valeur nominale ; de plus , il était enjoint à tout négociant d'inscrire sur sa porte la liste des denrées qu'il avait en magasin. Alors se présentaient comme acquéreurs , ceux qui jouissaient de quelque crédit auprès du Comité révolutionnaire, et les hommes qui criaient si fort au club : à bas les accapareurs! accaparaient les premiers, en forçant les détenteurs à vendre au prix fixé par le tarif et à recevoir leur paiement en assignats. Les uns ensuite expédiaient au dehors leurs marchandises et les dirigeaient sur les autres ports de la République ou de ses alliés. Les autres avaient, soit à IVantes, soit dans les environs, des magasins, qu'ils remplissaient, et dont ils tiraient au fur et à mesure de leurs besoins : tous s'efforçaient de revendre en espèces monétaires ce qu'ils n'avaient soldé qu'avec un papier discrédité. On voit même, par une déposition de M. Mosneron, insérée au procès de Carrier, que l'un d'eux, nommé Mouquet, s'emparait des marchandises de tout le monde , et se les appropriait sans
boarsc délier , en exigeant an certificat de civisme de ceox qii la en réclamaient le prix. Plusieurs dea grandes forUnies de ^hIb doivent malheareusement leur origine & des rois de oette espèce:
paisse leur emploi faire oublier leur source !
3Ialgré les noyades et les exécutions, les prisons restaient pleîacs. De Tentassemcnt des détenus et de la malpropreté de leors mIIh, naquit une épidémie qui fit de grands ravages , sartoot k l'EnticpIt: plusieurs centaines d*enfantsy périrent dans l*espace de quelques joai Les malades que Ton en extrayait, sentaient tons , an rapport de E Laënnec et de plusieurs autres médecins , i^odenr de cadavre , kid point 4[u'on souiïrait de les approcher , et quMls commaniquaicat h maladie dans les lieux oQ ils séjournaient quelque temps. 24 hoBMi» qui avaient passé la nuit au corps-de-garde de cette prison, en faicil tous attaqués, et la plupart succombèrent. Vers la fin de janvier 1791, Ton comptait à Thospice grand nombre de lits qoi avaient wtçm ressivcment 50 moribonds. Les matelas étalent imprégnés de odeur putride, et la mortalité s^élevait de 30 à 40 chaqne jov» i TEntrcpOt seulement. La fièvre typhoïde, dont il est ici qatiliw s'annonçait par une faiblesse extraordinaire, les traits élaieal ér suite altérés, et la figure prenait une expression cadavéreuse. Cébà une affection de toutes les muqueuses , fréquemment acconpagafe de symptômes cérébraux. L'emploi de la saignée et des limosain acides obtint seul quelques succès ; cependant , il Tant ajooter qm * les autres méthodes de traitement ne guérissaient pas, les malafa qui avaient été saignés succombaient presque tous au moBwal ei Ton espérait leur convalescence, qui était toujours lon};uc, quand elle avait lieu. Userait difficile de dire an juste (le personnes sont mortes de cette maladie, véritable e^lpoitoM^ ment miasmatique ; maison peut avancer sans crainte d>xaj quVlle a moissonné plus de cinq mille individus.
Pendant que la terreur et tous les fléaux réunis régnaient notre ville. Carrier adressait aux généraux qui commandaieat la A endée, les ordres les plus sanguinaires : sa barbarie rail partout la guerre civile et des haines qui ne demandaient qu*à te câliner et qu'il s'éteindre , surtout depuis la défaite de Savenaj, ^ avait entièrement découragé les insurgés. // ootts e$i oré^mmé^ éàh vait-il au général Haxo, (t incendier toutes [Se» muiteni éet nédÉif
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if Ml mastacrer tout les habitants et d'en enlever toutes ies subsistances. Chargé de fournir de livres l'armée de TOoest et la ville de Nantes, il ne prenait aucune mesure convenable, et s'oubliait complètement au milieu de ses orgies et de ses listes de proscriptions. Un commis de Tadministration militaire se présente un jour chez lui pour demander des souliers dont un bataillon tout entier avait un pressant besoin, m...., va te faire f..,..,je n^ai pas le temps ^ telle fut sa réponse ; il ne se montra guère plus poli envers le Maire : celui-ci étant venu lui faire des observations au sujet de l'approvisionnement, le premier b , dit Carrier, qui me parle de subsis-
tances i je lui faisf..,.. la tête à bas.
Les plus chauds patriotes , les Jacobins même les plus fanatiques, à Texception de quelques membres du Comité révolutionnaire , désiraient tous le rappel du Représentant du peuple ; mais la peur les dominait à tel point qu'ils n'osaient en écrire ni à la Convention , ni au Comité de Salut public. Heureusement , vers la fin de janvier , un jeune homme , alors ami et secrétaire de Robespierre , auquel il était donné de commencer à cette époque une nouvelle carrière et de racheter quelques erreurs par d'utiles services , Jullien , de Paris , passa dans nos murs ; on lui peignit vivement le malheur de notre ville , il vit toute la crainte qu'inspirait Carrier , écrivit de suite à Robespierre , promit de solliciter vivement le rappel du Représentant du peuple, et partit. Le l.<' février. Carrier avait quitté Nantes sur l'ordre du Comité de Salut public. Il était temps : l'épidémie de l'Entrepôt faisait chii|he jour de nouveaux progrès. Il avait fallu , par mesure de salubrité , défendre la pèche en rivière dans certaines limites. Le fleuve roulait à la mer des cadavres dont un grand nombre , après s'être arrêtés dans les roseaux et les herbages, achevaient de s'y putréfier; des oiseaux de proie inaccoutumés volaient en troupes nombreuses et couvraient les rives de la Loire. Le flot et le jusant poussaient çà et là des corps morts sur les digues et sur les rochers. Les navires , en jetant leurs ancres , trouvaient des cadavres de noyés. Ce n'était plus l'aspect de laFriince , on eut dit le Gange, où les Indiens déposent ceux qui ont vécu!
Serait-il vrai que Carrier n'avait d'antre but , en faisant périr des milliers de détenus que de diminuer le nombre des consommateurs? Serait-il vrai , comme il l'a prétendu dans une conversation , que le
des prisonniers entraient à Nantes , c'était seulement avec une escorte considérable qu'on pouvait les conduire en prison: sans cela ils eussent été massacrés; chacun, en les injuriant» se rappelait qu'il avait perdu dans les guerres de la Vendée, un fils, un frère, un ami. Lors dos premières noyades, Carrier ne fut point généralement blâmé: autant de brigands de moins / dis2i\eni \es gardes nationaux. Mais lorsque Fouquet et Lambcrtje , Goullin , Lavaux et Robin eurent fait égorger des femmes et des enfants , les républicaines les plus ardentes , celles qui poursuivaient habituellement les prisonniers de leurs cris à mort les brigands I à la Loire les assassitts J fvaceni les premières à s'apitoyer sur le sort des victimes. Les hommes sont bien plus méchants en paroles que dans leurs actes : la vue des atrocités de Carrier modifia l'opinion , et ceux qui avaient désiré le plus ardemment que les prisons fussent purgées ne tardèrent pas à faire une demi-opposition; la mairie et les administrations protestèrent par quelques-uns de leurs membres; le municipal Piton, non content de sauver en secret plusieurs suspects , prit publiquement sous le bras une femme que l'on conduisait à la Loire , et l'emmena malgré les noyeurs; Fonbonne en fit autant pour déjeunes enfants; l'un et l'autre s'expliquèrent hautement sur les motifs de leur conduite; cependant les paroles suivantes prononcées à la mairie et conservées dans les notes de Saveneau, son secrétaire, nous expliquent pourquoi la terreur fut si lente à cesser. L'on parlait d'arrêter l'effusion du sang : // s'agit bien en ce moment, répondit un municipal, du sort des brigands , sauvons le pays d" abord , et plus tard, je serai le premier à proposer des mesures dHndulgence et de conciliation. Sauvons le pays (f abord j telle était en effet la pensée de tous ceux qui se trouvaient mêlés aux affaires publiques.
La lutte qui survint entre Carrier et la municipalité de Nantes; lutte qui se termina par la destitution de Champenois , sert à corroborer ce qui précède. La gravité des faits nous a imposé l'obligation de citer en entier, dans une note, le registre de la mairie (1). Le compte-
Ci) 13 pluviôse an 1. — Président Renard, maire i — François 'aine , Lamarie , Mailiier, Robinot-Bertrand > Jonlain, Pezlet, Gaignard, Garrean , Bigot > officiers municipaux f — Savenean , secrétaire i — Coiqaandfils, agent national; — Gban?et , Ârchambaud , Terrjn , Madiot^ Gantier , Ernest, notables.
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Extrait du campte-^rendu de la Société Populaire et de la Commune de
Nantes,
.« NoDS paraissons aujourd'hui devant la Convention nationale et le Peuple français ; nous leur soumettons notre conduite avec confiance , afin que Terreur soit détruite et la perfidie déjouée.
ma conduire , en ver ta de leurs ordres. Magisirat do people , je connais le respect et la soumission dus aux pouvoirs qui ont été délégués par la Gonventîoa , et je donnai de suite lexemple de Tobéissance qoe tout Bépnblicain leur dojl : le comi^audant de la garde me fit placer comme un criminel , au milieu de ses fusiliers , et ce fut dans cet état que je traversai tonte la ville , depuis le Change jusqu^au Bourg-Fumé , distant d'un grand quart de lieue, et à la vue de tout le peuple.
Arrivé à la maison qu'occupe le Représentant , je dis an portier de le faire avertir de mon arrivée. Après un quart-d*benre d'attente , je fus conduit devant Carrier, qui me dit en m'aperce vaut : Eh bien! Monsieur Champenois, Monsieur l' histrion municipal $ c est donc vous et votre municipalité qui vous permettez de décacheter les lettres qui me sont adressées?
«( Carrier , ai-je répondu , je ne puis croire qu*anean des membres de la » municipalité se soit permis un acte semblable \ quant à moi , je n'en ai nulle w connaissance. »>
Pourquoi , reprit Carrier , hier, dans la tribune de la Société , avezvous jeté de la défaveur sur ma personne et avili la Représentation nationale , et cherché^ par là , à me faire perdre le respect qui m'est dû comme Représentant? — « J'ai parlé le langage d'an homme libre , celai de n la vérité : voyant qu'il est très-difficile de t'approcber et que l'intérêt de la «• République en soufirait , parce que nous avions à te donner des renseignen ments de la dernière urgence sur la guerre désastreuse de la Vendée , je » demandai à la Société si tu avais répondu à la lettre qu'elle t'avait écrite , n et enfin si tu avais calmé nos jnstes inquiétudes sur la situation de nos ar- M mées dans la Vendée. J'appris que ton secrétaire avait répondu ; mais que »> nous étions sans espérance de pouvoir te parler. Etonné de cela, je pro- » posai de t'écrire de nouveau pour t'engager à nous répondre comme frère n et en vrai Jacobin. J'i^ontai , avec ma franchise ordinaire , qne si tn ne ré- M pondais pas, nous ne pourrions plus te regarder comme an de nos mem- » bres. N
Je demandai alors à Carrier le nom de celui oa de ceui qni osaient calomnier près de lui un patriote tel que moi , qui, loin d*avoir en rintention
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» Qae , réfléchissant snr Texposé vrai de notre conduite irrépro» chable, cenx qaî nous liront, s*écrient : Est-ce là cette Commune qa*on nons peignait comme nne terre de rébellion? Snr qnoi sont fondés et Fopprobre et la proscription qn*on appelait snr le peuple
eniiron on qaart-d*heore. Je lui demandai alors ce qa*il Toolait faire de moi. Il répoodit qo*il lui était douloureux de punir un homme qu'on lui annonçait comme patriote , mais qu'il fallait être prudent. — « Carrier , répliquai-je , je M te dirai toujours la Térité , et sois persuadé que jamais je ne démériterai de » la patrie^ et qu'aucun être ne peut m^avoir à sa solde. »
Carrier termina en me disant: <« Au moins soyez plus prudent, f » et
il me dit de me retirer. Il était alors enfiron dix heures et demie du matin , et je sortis de chez le Représentant en homme libre comme je serai toujours.
Le citoyen Champenois entendu , TAgent national a concln à ce que le conseil prit en grande considération les faits qui Tiennent d'être détaillés ; que chaque membre 8*expliqoât snr Tinterceptien et décachètemeot des lettres adressées au Représentant , et qu'on prit tous les moyens pour détromper Carrier sur le compte de la municipalité , et lui faire enfin oorrir les yenx snr les individus qui Ini font de faux rapports.
Le Conseil général délibérant sur le tout , considérant que l'ordre signé du Représentant du peuple, Carrier, désigne le citoyen Champenois par sa qualité d officier municipal , que cet ordre n'a pu être motivé que sur un délit relatif à ses fonctions; considérant que «ette présomption snr ce que les reproches faits au citoyen Champenois portent snr nne inculpation à la municipalité de s'être permis d'avoir intercepté et décacheté des lettres qui Ini étaient adressées ;
Considérant que les reproches faits par le Représentant du peuple an citoyen Champenois, relativement aux motions qu'il l'accuse d'avoir faites à la tribune de la So<iiété de Vincent-la-llfontagne , sont étrangers an Conseil général , puisque c'est comme membre de ladite société que le citoyen Champenois est inculpé ;
Considérant que tout en rendant justice aux travaux rérolotionnaires du Représentant du peuple , Carrier, le Conseil a eu plusieurs fois à gémir de le ? oir entouré d'individus qui « sous le masque du patriotisme , ont égaré sa religion, ce qui a provoqué , de sa part , des actes qui oùt atténué le respect et la considération que les administrés doivent à leurs magistrats , puisqu'ils ont pu faire croire aux citoyens de cette commune que leurs magistrats n'avaient pas sa confiance $
Considérant que , par suite de ces rapports, le Représentant du penple , Carrier , a ^ à différentes fois , mandé le corps municipal, soit en corps , soit par commissions, snr des objets qui sont tonjoors tombés à fanx ;
et juste témoignage... Alors dos vœax seront remplis; nos calomniateurs seront forcés au silence et condamnés au mépris; nous aurons conservé Testime des hommes vertueux , la seule qui nous soit chère ; nous aurons prouvé que nous avons toujours bien mérité de la patrie, en concourant au salut de tous, au bonheur de nos concitoyens , à la gloire immortelle de notre République.
9 Tous les Français se rappellent que les ci-devant Bretons levèrent en 1788 , le bouclier du peuple contre ses oppresseurs.
« Les citoyens de liantes , lassés du despotisme sacerdotal et nobiliaire, s'assemblèrent à la Maison commune, réclamèrent une égale représentation aux États de la province et une égale répartition des impôts. Les États assemblés , les deux Ordres privilégiés refusant de souscrire aux justes demandes du Peuple , le troisième se retira , et notre commune députa douze de ses membres vers le tyran. Ces courageux citoyens firent entendre à Versailles leurs justes réclamations
» La Bastille tomba; et, dans Tinsurrection universelle et terrible qui suivit sa chute, nous nous montrâmes dignes de la liberté, aux yeux mômes de ceux qui , semblables à l'architecte habile qui sonde le terrain sur lequel il veut bâtir ^ calculaient les mouvements du peuple , et pesoient les vertus de la Nation tout entière.
» Les Nantais ne quittèrent plus les armes. La force militaire fut organisée. Douze compagnies de Volontaires , dont une de Cavalerie, se formèrent et s exercèrent à la manœuvre. Dès le 26 juillet, Tuniforme national couvrait nos guerriers , et Ton vit flotter dans nos mors le drapeau tricolore avec Femblôme que la République a, depuis, adopté (un faisceau d*armes avec la devise, notre union faii notre force),
» En même temps, nous parcourions les campagnes, arrêtant différents nobles, et désarmant leurs châteaux.
» La noblesse et le clergé furent écrasés. Le peuple de Nantes applaudit à leur destruction , se réunit en Sociétés populaires qui propagèrent Tesprit public , et s'affilièrent à celle des Jacobins de Paris. On se rappelle les temps malheureux où un tyran parjure et des ministres pervers trahissaient le Souverain, et appelaient sur les Sociétés populaires le ridicule et Tinfamie. Les Sam-culottes de gantes firent toujours cause commune avec tes Républicains, et se uiontrèrent, dans toutes les circonstances critiques, avec le courage et la dignité qui conviennent àThomme libre
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la joie des patriotes.... Mais de grands dangers menaçaient la Patrie. Le féroce Autrichien^ enhardi et secondé par des traîtres , sooillait notre territoire de sa présence et de ses crimes ; il dévastait les plaines de la Champagne...» La jeunesse de Nantes s'arme et rôle am frontières du flord.
» Nous fournîmes dans cette année mémorable beaucoup d'autres compagnies franches , armées et équipées aux frais de la Commune.
» La Conrention nationale s'occupait du jugement du tyran ; les Smu^ulottes de Nantes demandèrent sa mort, comme ils avaient désiré sa chute. Cette pétition fut mentionnée dans les papiers publics.
» Cependant les royalistes s'agitaient toujours dans la Vendée, et troublaient l'ordre public. Les Nantais furent plusieurs fois obligés de ae porter à Machecoul , à Châlans , à Ch&tillon et autres lieux ; plusieurs fois ils y ramenèrent la paix , et se saisirent de scélérats qui tourmentaient en tout sens les trop crédules habitants des campagnes , pour les porter ù la révolte.
» Arrôtons-nous ici quelques instants : Nous voici parvenus à l'époque où la guerre civile, connue sous le nom de la P^endée , éclata dans sa force , et se continua pour le malheur de notre Commune et de la République. Nous ne répondrons pas à l'inculpation qui nous a été faite d'avoir alimenté cette guerre infâme. Ceux qui ont suivi nos opinions et partagé nos périls , ont déjà repoussé loin d'eux l'idée que cette accusation aussi atroce que ridicule pût être fondée. Si nous continuons le récit analytique de notre conduite politique et militaire depuis le moment où la révolte éclata dans toute sa fureur jusqu'à nos jours , c'est bien moins pour fermer à jamais la bouche à nos calomniateurs , que pour prouver aux amis de la liberté, que le patriotisme et la valeur d«s Nantais, dans les divers combats que les brigands nous ont livrés, n'ont pas peu contribué au salut de la République. »
Id la Société populaire rend compte des événements de la Vendée.
« Tandis que , loin de nos murs , nous versions notre sang pour le maintien de nos droits et de la liberté , des traîtres coalisés avec les meneurs du comité central de nos autorités constituées , travaillaient sourdement à notre perte , et vendaient la patrie. Alors Rrissot et ses complices ourdissaient le vaste complot qui depuis a pensé perdre la
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Comité de Salot public avait approuTé et eonmaBdé wm on recensement des hommes et des sabustaacea ? Oa btai fail-l croire, avec le peuple de notre cité, qn*il roalait n^prlflMT Pi génération et la remplacer par one noavelle, tonte compoiée de sans-cnlottes ; on encore qu'il agissait nniqaemeat soat TialMMidB sa haine contre les aristocrates ? Tontes ces opinioBi ■*«pfoiMt Ai certain nombre de preuves , tontes sont TnisemUaliles 9 et; pourrait-on les admettre , mais rénnies et se prêtant «b pui , comme Texplication des événements qui te womt Nantes du 8 octobre au 1.*^ février. Un fait reiiittrqiiahle«cfM< parmi les hommes que Carrier trouva si dodles à eiécster èm sures fiscales et sanguinaires, plusieurs sont devenns, défais, avides, aussi dévots, aussi exaltés dans un autre parti qsllB Jacobins ardents , lorsqu'ils se déclaraient les seola Ifenteii de soutenir dignement Marat et les solides principee.
Nous sommes étonnés aujourd'hui , en lisant notre kisloiie , di qu'il y ait eu si peu d'opposition aux mesures vioteatee de mais, reportons-nous à l'époque^etnons oomprendroBs nienlaaMnements. A la frontière , la défection de Dumonriee , la Custines, la désorganisation de l'armée delà Hoeelle; ft les troubles occasionnés par les décrets sor les prêtree et lea par la levée des trois cent mille hommes et llnsanectiaa di h Vendée. Voilà la situation terrible dans laquelle le troiiTait la blique , lorsque les tribunaux révolutionnaires et le public furent organisé! pour répondre aux erigenœe da
Tant que Nantes eut Baco pour main» aacaae souilla ses murs, aucune représaille ne fat aatoriaée ; laa ai^ sacres de Machecoul, ne donnèrent lieu, daas notia Hhi I aucun désordre; sous la mairie Renard les dioeee duagnl, h Comité révolutionnaire , débarrassé des hommea qal lai obstacle , et que Goullin avait eu l'adresse de relégoar à la se trouvant tout puissant, ses cheb dictèrent la loi. Yioloaii, pillards « ils se vengent, par des massacres de priaoaaieieydaa! vaises nouvelles de la Vendée; à chaque Tlctoiie d< sang coule en expiation. Les premières exécatioaa ea très-populaires , et la garde nationale elle-même lea reprochera peut-être cet aveu , mais nous deTioas le faire, l'histoire a surtout pour but l'étude de la momUté
XVin.» SIÈCLE. 471
des prisonniers entraient à Nantes, c'était seulement avec une escorte considérable qu*on pouvait les conduire en prison: sans cela ils eussent été massacrés ; chacun, en les injuriant, se rappelait qu'il avait perdu dans les guerres de la Vendée , un fils , un frère , un ami. Lors des premières noyades, Carrier ne fut point généralement blâmé: autant de brigands de moins / à\ssi\eni \es gardes nationaux. Mais lorsque Fouquet et Lambertye , Goullin , Lavanx et Robin eurent fait égorger des femmes et des enfants , les républicaines les plus ardentes , celles qui poursuivaient habituellement les prisonniers de leurs cris à mort les brigands! à la Loire ies (usassins! furent les premières à s'apitoyer sur le sort des victimes. Les hommes sont bien plus méchants en paroles que dans leurs actes : la vue des atrocités de Carrier modifia Topinion , et ceux qui avaient désiré le plus ardemment que les prisons fussent purgées ne tardèrent pas à faire une demi-opposition; la mairie et les administrations protestèrent par quelques-uns de leurs membres; le municipal Piton, non content de sauver en secret plusieurs suspects , prit publiquement sous le bras une femme que Ton conduisait à la Loire , et Temmena malgré les noyeurs; Fonbonne en fit autant pour déjeunes enfants; l'un et Tautre s'expliquèrent hautement sur les motifs de leur conduite; cependant les paroles suivantes prononcées à la mairie et conservées dans les notes de Saveneau^ son secrétaire, nous expliquent pourquoi la terreur fut si lente à cesser. L'on parlait d'arrêter l'effusion du sang : // s^agit bien en ce moment , répondit un municipal , du sort des brigands , sauvons le pays d'abord y et plus tardy je serai le premier à proposer des mesures d'indulgence et de conciliation. Sauvons le pays d'abord y telle était en effet la pensée de tons ceux qui se trouvaient mêlés aux affaires publiques.
La lutte qui survint entre Carrier et la municipalité de Nantes; lutte qui se termina par la destitution de Champenois , sert ù corroborer ce qui précède. La gravité des faits nous a imposé l'obligation de citer en entier, dans une note, le registre de la mairie (1). Le compte-
(1) 13 pluviôse an*l, — Président Renard, maire i — François aine , Lamarie , Maillier, Bobinot-Bertrand ^ Jonlain, Pezlet, Gaîgnard, Garrean, Bigot/ officiers municipaux j — Savenean , secrétaire $ — Goiqnaodfils, agent national; — Gbanvet , Archambaud , Terryn , Madiot , Gantier , Ernest, notables.
en
XnW.' SIÈCLE.
rendu de la Société Popalaire ut de la col Convention nationale , conlîrme encore notre qni suivent, nous permettront enfin d'émetW faits de 93, nn jugcmenl impartial, mais qai tf JQstilîé, si nous arions anticipé sur les évéaei
L'Agent national a dit : Citoyens magistrats et pA tmit ce matin , vers les dii beores, qu'un de i peaoi», oflicier monicipal, arait élé arrêté chez loi «t condoit par la Tille an milieu de quatre fusitiers , au Buurg-Fumé , on loge aujourd'hui le BepréiM
Citujens magistrats, le cilojea Cbimpenuis , qnfl chement à l'unité et A l'indivisibilité de la Bépubfif et qui a Sié l'upinlDD des Bepréseatants Pbelippeaa l'ont choisi pour être l'un de Toscollègnes , a sans dot délit , et s'il n'est pas coupalile , ainsi que j'ai lien A en ce moment an milieu de vous , la calomnie s'e«t A Ini. Cependant, comme un magistrat du peuple idÊ et qu'il ne doit pas rester sous le coup du moindre ment requérir et je requiers , au nom de la loi , qn^ tifs qui ont provoqué contre lui nn ordre aosû rigou condoir.- par la force armée devant le Bepréseutai l'avoir entendu , de prendre telles cooclnsions que J
A l'instant, Je citojeo Champenois a dit ;
Citoyens, frères, amis et collègues, voici l'ordl environ vers tes 8 lieores, delà parlda Bepréseol je dépose cet ordre.
Lecture en a été faite j il est conçu en ces lenii
Cl Le premier officier commandant la force p< II Représentant du peuple , le nommé Champenoî*! » municipal à Nantes , j demeurant carrefour da Cli
" Nantes , le 13 pluvidse de l'an 1.' de l'ère Bépa " Signé , le BepréMn
Cet ordre me fut remis par plusieurs eitojeas am commode , et ayant à me rendre vers les neuf bear«i en qoalité de député de la Société de Viaceot-la-l ma parole de m'y rendre , et qu'ils pouvaient se i
XYm.« SIÈCLE. 471
Extrait du campte-^rendu de la Société Popuiaire et de la Commune de
Nantes,
^« NoDS paraissons anjoard'hui devant la Convention nationale et le Peuple français ; nous lear soumettons notre conduite avec confiance , afin que Terreur soit détruite et la perfidie déjouée.
me conduire , en vertu de leurs ordres. Magistrat do peuple , je connais le respect et la soumission dus aux pouvoirs qui ont été délégués par la Gonventioa , et je donnai de suite l'exemple de Tobéissance qoe tout Bépublicain leur doil : le comi^audant de la garde me fit placer comme un criminel , au milieu de ses fusiliers , et ce fut dans cet état que je traversai toute la ville , depuis le Change jusqu'au Bourg-Fumé , distant d*on grand quart de lieue, et à la vue de tout le peuple.
Arrivé à la maison qu'occupe le Représentant , je dis au portier de le faire avertir de mon arrivée. Après un quart-d'beure d'attente , je fus conduit devant Carrier, qui me dit en m apercevant: Eh bien! Monsieur Champenois, Monsieur V histrion municipal i c est donc vous et votre municipaiité gui vous permettez de décacheter les lettres qui me sont adressées?
M Carrier , ai-je répondu , je ne puis croire qu'anenn des membres de la » municipalité se soit permis un acte semblable ; quant à moi , je n'en ai nulle » connaissance. »
Pourquoi ^ reprit Carrier, hier, dans la tribune de la Société , avezvous jeté de la défaveur sur ma personne et avili la Représentation nationale , et cherché^ par là , à me faire perdre le respect qui m'est dû comme Représentant? — « J'ai parlé le langage d'on homme libre , celui de n la vérité : voyant qu'il est très-difficile de t'approcber et que l'intérêt de la n République en souffrait , parce que nous avions à te donner des renseigne- I» ments de la dernière urgence sur la guerre désastreuse de la Vendée , je » demandai à la Société si tu avais répondu à la lettre qu'elle t'avait écrite , » et enfin si tu avais calmé nos justes inquiétudes sur la situation de nos ar- *• mées dans la Vendée. J'appris qoe ton secrétaire avait répondu ; mais que n nous étions sans espérance de pouvoir te parler. Etonné de cela , je prow posai de t'écrire de nouveau pour t'engager à nous répondre comme frère » et en vrai Jacobin. J'i^outai , avec ma franchise ordinaire , que si tn ne ré- » pondais pas , nous ne pourrions pins te regarder comme un de nos mem- » bres. »
Je demandai alors à Carrier le nom de celui on de ceni qni osaient calomnier près de lui un patriote tel que moi , qui, loin d*avoir en Tintention
474 XVlIl.o SIÈCLE.
» Proclamer ï U face Ao la IXatioa tout iuvariablcs, déclarer ce que nous avons fait pour la chose publique , éclairer nos frères abl noscaloniutatetirs; tel est notre bot, toi est aA
d'avilir an RepTéseaUat moatagoard, lésai IodJouii courage et ce feu républicaîa qui m'aDimeat contre aérés. Je lui observai qu'il était moa accuialeor , et coupable , les tribuaaoi me jugeraîeat.
Carrier en colère , me réplique eu jurant : !ffaix , prélenetu que je devois vous rendre compte dà vide et de ma correspondance avec les générai •• j'ai dit que les brigaods deiaieut être détruits , A'I •• oDus eu avais donnée publiqoemcDt ^ que , dans cetU i> onD fête triomphale. J'ai dit que la maladie t'empÉct I) généraui qoi paraissaient rouloir prolonger cette gttc i> intérêts ; que nous avions des dé Duacia lions coutre e ■• Iroire nos frères les Jacobins de Paria et la Codvi '< blicaios dire toule la vérilé. i>
Les renseignements que j'ai eut sont sers, et h ont donnés sont dignes de foi. — •■ Ils sont les " puiiqu'iU en oui Imposé dans tous leurs rapports. » — h
■•6 de contre-rëvolulionnaires pages par Pill^.
» à me dénoncer et demandet un autre Représentai •' Je suis l'eDDemi juré de Pill. Les patriol» qott >i révolutioDuaires sont ceux qui ool forcé les téàb 1 lUoatagoe, eo aSicbaut, eu lisaal au peuple let 1 ■• moQtïgaarde , dans uo temps où les poïgaardi i ■■ tètes. IVous u'atous polal demaudri loo rappel, la^ " faite de demander un autre Représentant pour t'aîdefl » Il eiiste encore do ces bommes mécbaols et pervt '• te trompent : tuu secrétaire Bonneval ea est un. Si •• .-ivoir refusé ta porte , en ne voataut laisser entrai » membres de la dépntation de Vincent- la- Non ta);na ■I vallon , sa réponse fut: » Eh bien ! fussiei-Vùtii\ •> sortis du diable ou de tenfer, vous ne lui parte, ■• mêmes ne l'approchent pas.
M nous avions une autre dénoaciation à le faire par ■• Haio , général de brigade. •■ Carrier se calcaa , et nous cuLraïues eu conversalioa,
XVin.* SIÈGLB. 475
» Qae , réfléchissant sar l*expasé vrai de notre conduite irrépro» chable, ceax qui nous liront, s*écrient : Est-ce là cette Commune qa*on nous peignait comme une terre de rébellion? Sur quoi sont fondés et Topprobre et la proscription qu*on appelait sur le peuple
eniinm od qaart-d'beare. Je lui demandai alors ce qa*il roolaii faire de moi. Il répondit qnll loi était donlonrenx de pnnir on homme qn'on lai annonçait comme patriote , maisqall fallait être prndent. — « Carrier , répliqaai-je , je M te dirai toojoura la Tenté , et sois persuadé qoe jamais je ne démériterai de » la patrie^ et qu'aucun être ne peut m*aroir à sa solde. »
Carrier termina en me disant: « An moins sojez plus prudent, f n et
il me dit de me retirer. Il était alors enfiron dix heures et demie du matin , et je sortis de chez le Représentant en homme libre comme je serai toujours .
Le citoyen Champenois entendu , TAgent national a concln à ce que le eonseil prit en grande considération les faits qui Tiennent d*étre détaillés ; que chaque membre 8*eKpUqaât sur Tinterception et décachètement des lettres adressées an Représentant , et qu'on prit tous les moyens pour détromper Carrier sur le compte de la municipalité , et lui faire enfin ourrir les yeox sur les individus qui lui font de faux rapports.
Le Conseil général délibérant sur le tout , considérant que Tordre signé du Représentant du peuple, Carrier, désigne le citoyen Champenois par sa qualité d officier municipal , que cet ordre n'a pu être motivé que sur un délit relatif à ses fonctions; considérant qoe ^ette présomption sur ce que les reproches faits au citoyen Champenois portent sur une incnipation à la municipalité de s'être permis d'avoir intercepté et décacheté des lettres qui loi étaient adressées ;
Considérant que les reproches faits par le Représentant do peuple an citoyen Champenois, relativement aux motions qu'il 1 accuse d'avoir faîtes à la tribune de la Société de yincent-la-M ontagne , sont étrangers an Conseil général , puisque c'est comme membre de ladite société que le citoyen Champenois est inculpé ;
Considérant que tout en rendant justice aux travaux révolutionnaires du Représentant du peuple , Carrier, le Conseil a eu plusieurs fois à gémir de le voir entouré d'individus qui « sous le masque du patriotisme , ont égaré sa religion, ce qui a provoqué , de sa part, des actes qui eût atténué le respect et la considération que les administrés doivent à leurs magistrats, puisqu'ils ont pu faire croire aux citoyens de cette commune que lenrs magistrats n'avaient pas sa confiance ;
Considérant que , par suite de ces rapports, le Représentant du penple , Carrier , a , à différentes fois , mandé le corps municipal, soit en eorps , soit par commissions, sor des objets qni sont toujours tombés à faux ;
476 XVUI.« SIÈGLB.
de Nantes ? Il a soatena la dignité da nom firançais « obéi m Mi de la Patrie et couvert de dons son autel 1 il a rené moa ubi; la cause commune!
» IN'ous avons le droit d'attendre des vrais Républicains cet
Considérant que , 8*il existe de ces hommes qui cherchenS à fiance que Carrier doit à des magistrats qm ont fait laors preavas de eanisme , ce ne peut être que dans rintentioa perfide de laîia Jsuir hi fédéralistes , modérés et royalistes , d'one dirisioa entre les BépehinÎH, rt que ces hommes dangereux doivent être éloignés et rédnlta à l'îi de nuire ;
Considérant que Tacte d'autorité exercé contre on magistrat dn nonce à tous ses concitoyens qn'il est présumé coopabla d*nn délit les intérêts de la République ;
Considérant, d'ailleurs, qne le citoyen Champenois a toejooia sentiments et les opinions d*nn vrai Sans-colotte et d*nn ardent pour l'unité et Tindivisibilité de la Répnbliqoe |
A lEBÈTÉ BT ABBÊTB , que lo citoyeo Représentant da peuple, invité, i.o de s'expliquer sur le reproche fait an citoyen que la Municipalité s'est permis de décacheter et mène d*ii lettres , aûu qu'elle se blanchisse de cette incnipatioo, toote Csni *J.<> de faire conuailre les indifidns qoi se permettent de loi frite aussi contraires it la vérité , que nuisibles à ranîon qai doit Beprésentant républicain et des magistrats Sans-calottes, afin qoe sll ssl des calomniateurs , ils soient poursuivis selon les lois ; a.« de dédanr membres du Corps municipal et du Conseil-général n*oiit point iiance et qu'ils la méritent; déclaration absolnmeot nécessvre , jouir du respect et de la considération qne la loi «"»pftie à lei
Abrêtb , en outre , que le citoyen Champenois n'a jamais perda et qu'il la possède tout entière.
ArrIte , finalement , qu'expédition du présent sera adr du peuple Carrier.
Le J f) du même mois , Carrier répondit i cette déUbératioe suivant :
CaBBIBR, BBPBÉSEMTAHT DU PlUPUI FBAHf^S , nÈS L^ÂMUÉm W» C
destitue le nommé Chaxpbhois de ses fonctions d*oflieier-BMMcipnl à I »• lui défend d'en exercer les fonctions dès ce moment.
» StffnéCàMmam. • Le Conseil enregistra cet ordre , et en envoya eipéditioa à
commentaires.
et juste témoignage... Alors dos vœux seront remplis; nos calomniateurs seront forcés au silence et condamnés au mépris; nous aurons conserré Testime des hommes vertueux « la seule qui nous soit chère ; nous aurons prouvé que nous avons toujours bien mérité de la patrie, en concourant au salut de tous , au bonheur de nos concitoyens , ù la gloire immortelle de notre République.
9 Tous les Français se rappellent que les ci-devant Bretons levèrent en 1788, le bouclier du peuple contre ses oppresseurs.
» Les citoyens de liantes , lassés du despotisme sacerdotal et nobiliaire, s'assemblèrent à la Maison commune, réclamèrent une égale représentation aux États de la province et une égale répartition des impôts. Les États assemblés , les deux Ordres privilégiés refusant de souscrire aux justes demandes du Peuple , le troisième se retira , et notre commune députa douze de ses membres vers le tyran. Ces courageux citoyens firent entendre à Versailles leurs justes réclamations
» La Bastille tomba; et, dans Tinsurrection universelle et terrible qui suivit sa chute, nous nous montrâmes dignes de la liberté, aux yeux mômes de ceux qui , semblables à Tarchitecte habile qui sonde le terrain sur lequel il veut bâtir > calculaient les mouvements du peuple , et pesoient les vertus de la Nation tout entière.
» Les INantais ne quittèrent plus les armes. La force militaire fut organisée. Douze compagnies de Volontaires , dont une de Cavalerie, se formèrent et s'exercèrent à la manœuvre. Dès le 26 juillet, Tnniforme national couvrait nos guerriers , et Ton vit flotter dans nos murs le drapeau tricolore avec Temblôme que la République a, depuis, adopté (un faisceau d'armes avec la devise, notre union fait noire force).
» En même temps, nous parcourions les campagnes, arrêtant différents nobles, et désarmant leurs châteaux. •»
» La noblesse et le clergé furent écrasés. Le peuple de liantes applaudit à leur destruction , se réunit en Sociétés populaires qui propagèrent Tesprit public , et s'affilièrent à celle des Jacobins de Paris. On se rappelle les temps malheureux où un tyran parjure et des ministres pervers trahissaient le Souverain , et appelaient sur les Sociétés populaires le ridicule et Tinfamie. Les SaM-cutottês de iVanles firent toujours cause commune avec les Républicains, et se montrèrent, dans toutes les circonstances critiques, avec le courage et la dignité qui conviennent à Thomme libre
la joie des patriotes.... Mais de grands dangers menaçaient la Patrie. Le féroce Antrichien^ enhardi et secondé par des traîtres , sooillait notre territoire de sa présence et de ses crimes; il dévastait les plaines de la Champagne.... La jeunesse de Nantes 8*arme et rôle aux frontières dn Nord.
» Nons fournîmes dans cette année mémorable beaucoup d'antres compagnies franches , armées et équipées aux frais de la Commune.
» La Convention nationale s'occupait du jugement du tyran ; les SmU'^ulottes de Nantes demandèrent sa mort, comme ils avaient désiré sa chute. Cette pétition fut mentionnée dans les papiers publics.
» Cependant les royalistes s'agitaient toujours dans la Vendée, et troublaient Tordre public. Les Nantais furent plusieurs fois obligés de se porter à Machecoul , à Chàlans , à Chàtillon et autres lieux ; plusieurs fois ils y ramenèrent la paix , et se saisirent de scélérats qui tourmentaient en tout sens les trop crédules habitants des campagnes y pour les porter à la révolte.
» Arrêtons-nous ici quelques instants : Nous voici parvenus à l'époque où la guerre civile > connue sous le nom de la P^endée y éclata dans sa force , et se continua pour le malheur de notre Commune et de la République. Nous ne répondrons pas à l'inculpation qui nous a été faite d'avoir alimenté cette guerre infâme. Ceux qui ont suivi nos opinions et partagé nos périls , ont déjà repoussé loin d'eux l'idée que cette accusation aussi atroce que ridicule pût être fondée. Si nous continuons le récit analytique de notre conduite politique et militaire depuis le moment où la révolte éclata dans toute sa fureur jusqu'à nos jours , c'est bien moins pour fermer à jamais la bouche à nos calomniateurs , que pour prouver aux amis de la liberté , que le patriotisme et la valeur dis Nantais , dans les divers combats que les brigands nous ont livrés > n'ont pas peu contribué an salut de la République. »
Ici la Société populaire rend compte des événements de la Vendée.
« Tandis que , loin de nos murs , nous versions notre sang pour le maintien de nos droits et de la liberté , des traîtres coalisés avec les meneurs du comité central de nos autorités constituées , travaillaient sourdement à notre perte , et vendaient la patrie. Alors Brissot et ses complices ourdissaient le vaste complot qui depuis a pensé perdre la
XVIIÏ.e SIÈCLE. 481
plus dangereuse. Au bruit du tocsin les habitants des campagnes accouraient de toutes parts grossir le nombre des rebelles. L'incendie gagnait de proche en proche et menaçait de tout consumer. La prise de notre Commune devenait fatale à la République, en facilitant rinvasion de la Bretagne et de la INormandie. Les brigands le sentirent et dirigèrent contre notre place tous leurs moyens et leur fureur. Le peuple de Nantes, réduit presque à ses propres forces, accablé de fatigues , cerné de toutes parts par les légions nombreuses de brigands devenus redoutables par leurs victoires et leur férocité , déchiré dans son sein par des traîtres , sans nouvelles certaines delà Convention nationale et du peuple de Paris ; placé entre le Calvados , rille-et-Vilaine et le Morbihan, fédéralisés par leurs administrateurs ; abreuvé de calomnies décourageantes qu'il ne mérita jamais, semblait devoir succomber.... Mais notre cœur battait pour la patrie, et la République l'emporta
» Les administrateurs des départements , en révolte contre la Convention nationale, secouaient alors les torches de la guerre civile. L'arrestation des trente-deux membres de la Convention nationale était peinte sous les couleurs les plus noires. La dissolution de l'État , la perte de la liberté, en devaient être la suite. La Convention nationale disaient-ils , n'est plus libre. Joignons-nous il ceux qni marchent ii Paris pour la délivrer de l'oppression dans laquelle une poignée de scélérats la font gémir. Les bulletins du Comité central de nos corps administratifs, répétaient les mêmes calomnies , et ne contenaient plus que les adresses et les extraits de délibérations des administrations fédéralisées. Paris était peint comme le repaire du crime , et du crime triomphant. Les meneurs de la Société de la Halle , unis à ceux du Comité central , échos des partisans de la Gironde , allaient partout prêchant la même doctrine , à la tribune et dans les places publiques ; ils trouvaient une opposition insurmontable dans les républicains de la Société de Saint-Vincent et le véritable peuple de liantes. Les dissensions eussent sans doute été bientôt portées ii leur comble , si les opérations militaires n'eussent fait une puissante diversion aux affaires politiques.... L'ennemi fusillait nos avant-postes , et attaquait nos faubourgs. INous étions toujours sous les armes, et continuellement occupés à repousser les insultes des brigands , qui ne nous laissaient pas un instant respirer, et menaçaient notre Gom^
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procès- verbaax , et leur comparaison avec ceax des assemblées ordinaires. Beancoup de bons citoyens gardaient néanmoins plusieurs postes hors de nos murs ; ils acceptèrent la Constitution sous les armes. Il y eut illumination générale en signe de Tallégresse publique, et la très-grande majorité des Nantais prouva, dans ces jours de réunion et de bonheur , qu'elle n'était pour rien dans les projets liberticides que Ton se plaisait à lui prêter. On convoqua de nouveau les sections, et Ton nomma le nombre des commissaires, prescrit parla loi, pour porter à Paris le vœu du peuple.
n Ce fut dans ces assemblées que les meneurs des autorités constituées firent voter le rappel de Beysser , proGtant ainsi, avec habileté, de Tenthousiasme du peuple, et du calme qui le suit^ pour servir leurs projets désastreux.
» Ils saisirent Tinstant où les Républicains se réjouissaient dans leur famille , pour proposer cette demande ; ils parvinrent à la faire adopter, en envoyant des députés astucieux dans les sections presque désertes.
« Ce fut à cette époque que des administrateurs de notre département furent mandés à Paris; que le Maire se fit nommer par le conseil de la Commune , pour aller donner à la Convention des renseignements exigés par un décret. Rendu à Paris, il rédigea chez lui hi pétition qu'il eut Taudace de lire à la barre du Sénats pétition qu'il présenta calomnieusemcnt comme le vœu des sections. La Convention se convainquit elle-même de l'innocence de nos concitoyens par l'examen de cette adresse , qui n'était revêtue d'aucune de leurs signatures.
« C'est ainsi que des administrateurs pervers , exprimant toujours, au nom du peuple de liantes , des sentiments qu'il ne partagea jamais, couvraient notre Commune d'un injuste opprobre. C'est ainsi qu'en identifiant leur cause avec la nôtre , ils nous associaient à leur infamie , et nous faisaient partager leurs périls.
» Nous ne nous arrêterons pas plus long^temps sur ces particularités. Nous avons suffisamment prouvé que les citoyens de Nantes ne furent jamais complices des attentats de leurs administrateurs et dés fauteurs du fédéralisme. Nous ne craignons pas d'être confondus dans l'opinion du juste avec quelques hommes qui ont souillé notre Commune de leurs intrigues et de leur rébellion. Ces ambitieux ont brillé un instant à la surface do la multitude , mais d'un éclat pas-
chariots, tout nianqaait,et chaque homme était obligé de se pourvoir (le vivres pour le temps de Texpédition.
» Cependant , le mouvement révolutionnaire s'était organisé dans notre département, suivant le nouveau mode prescrit par le gouvernement. Les trois corps administratifs avaient été destitués, et les fédéralistes et accapareurs incarcérés. De nouveaux administrateurs ayant été choisis parmi les patriotes les plus prononcés , parmi ceux qui avaient détourné sur eux Testime de leurs concitoyens par leurs vertus éprouvées , le rouage politique , débarrassé de ses entraves , marcha d'un pas rapide et sûr.
» Les patriotes respiraient... On dirigea contre eux la terreur, qui ne doit peser que sur les royalistes et les contre-révolutionnaires. Les républicains de la Société populaire réclamèrent auprès du comité de Salut public, et prouvèrent, parleur conduite circonspecte et prudente, qu'ils savaient immoler à Tintérèt public leurs ressentiments particuliers. Ils obtinrent ce qu'ils avaient attendu de la justice de ce comité, chargé du poids des destinées du peuple français.
» Un complot se découvre; deux scélérats (1) qui machinaient notre destruction , sont arrêtés et jetés dans les cachots... L'instruction de leur procès a dévoilé des horreurs. Ils ont expié leurs crimes sur l'échafaud. Leçon terrible pour tous ceux qui prostituent le pouvoir dont ils sont investis pour faire le bonheur de leurs concitoyens , à servir , au mépris des lois sacrées de la patrie et de l'humanité , leur ambition insatiable et leur lubricité!
1) Il nous reste à dire un mot de nos dons patriotiques. Nous remplissons cette tâche pénible pour les cœurs généreux, bien moins pour faire réfléchir sur nous le moindre des rayons dont brille le désintéressement, la plus belle des vertus, que pour prouver aux ennemis de la République et à nos calomniateurs, que tous les citoyens français ne mettent jamais dans la balance politique leur intérêt particulier en contre-poids de l'intérêt sacré de la Patrie.
» Les rigueurs de l'hiver de 1788, et la cessation des travaux, aggravaient les misères de la classe indigente. Les bons citoyens ouvrirent une souscription dont le produit , qui monta à plus de 500,000 livres , fut versé dans le sein de familles infortunées.
» INotre département et ceux qui l'avoisinent, manquaient de
(I) Fouqnet et Lambert je.
lions et yendaes dans les autres départements, à un prix double et souvent triple. La perte supportée par les citoyens de notre Commune est très-considérable.
» IVous avons envoyé à Paris, en argenterie et lingots, 41,469 marcs ; dont 2100 et quelques marcs par la Commune, et 5000 par le département; en numéraire, 17,588 liv. en or et bijoux, 20 marcs 6 onces > etc.
» IVous avons fourni , pour Tarmée, 11,700 paires de souliers; et, pour les hospices, plus de 30,000 chemises, 7000 paires dedraps, plus de 4000 matelas , 4000 couvertures. INous ne parlons pas de Timmense quantité de linge pour le service de plus de 8000 malades, ni des secours en tout genre accordés à nos frères blessés. Les dons pécuniaires seuls sont montés à plus de 60 mille livres. La Société populaire vient d'ouvrir une souscription pour la levée de cavaliers jacobins , et déjà dix-huit sont armés et équipés, douze, aux frais des bons citoyens; et, six, à ceux des citoyennes.
» IVous offrons de construire et d'armer une firégate de 44 canons. Dans le cas oQ nous ne pourrions pas disposer des matériaux nécessaires à sa construction , tout étant en réquisition dans notre Commune, nous verserons le produit de la souscription dans le trésor national; c'est ainsi que nous prétendons nous venger de nos ennemis qui sont ceux de la patrie, en répondant par de nouveaux dons à de nouvelles calomnies. Les lâches! ils nous traitent d'égoïstes, d'accapareurs! — Eh! qu'y a-t-il de commun entre ces hommes et nous, entre le vice et la probité, entre le crime et la vertu? — Tout le peuple de Nantes a porté sur l'autel de la patrie le denier du pauvre.
» Les esprits superficiels jugent des citoyens d*nne commune par les intrigants qui les entourent > et des mœurs et des vertus de nombreux habitants d'une grande cité , par les sottises de quelques imbécilles qui choquent leur vanité. — Ils déclament, dans un délire qui n'est pas patriotique, quelques accusations irréfléchies contre
l'esprit public de tel département Le sage rejette avec indignation
l'homme vicieux , tend une main fraternelle au vrai républicain , et la vérité, brillante de ses feux immortels, paraît sans voile et sans effroi.... On nous a appelés des traîtres à la patrie.... Leur sang coule, sous le glaive de la justice, sur nos places publiques. Nous dévouons leur tête à Téchafaud, et leur mémoire à l'infamie.
» L'erreur ou la perfidie cherche à établir des points de compa-
XYIII.» SIÈCLE. 489
I» Coin me de faibles météores les hommes brillent an instant et s*éteignent dans une nuit éternelle. — Les empires tombent en ruines et les nations s'effacent... L'opinion reste et survit aux générations qu'elle a vues naître.
» IVous voulons tous être honorés dans t opinion publique, et mourir sans ignominie comme nous avons vécu sans reproche. — IVous voulons tous partager les destinées de gloire et de bonheur auxquelles la patrie appelle ses enfants.
» Représentants du peuple ! Républicains de la France entière ! vous avez entendu nos serments et nos vœux... nous avons dit.
» Peylet, président; Fobget, Paul Métbyer fils, Leminihv. secrétaires ; Houdet , secrétaire-perpétuel. »
Quelques erreurs matérielles se trouvent dans la pièce qui précède: ces erreurs ayant été commises à dessein , nous devons les signaler ainsi que plusieurs omissions.
Les hommes qui, en 1788 , protestèrent courageusement à Rennes et à ISantes contre les privilèges abusifs de la noblesse et du clergé étaient les mômes que nous retrouvons plus tard à la tête du mouvement fédéraliste. Or, si les députés Girondins de la Convention s'allièrent à Wimpfen et à Puisaye, ceux-ci restèrent constamment fidèles aux opinions démocratiques.
Plus loin, la Société établit une distinction entre les Sans-culottes et les Républicains. C'est qu'en effet, Baco, Bougon, Athénas, Clavier, Beaufranchet, Villenave, Peccot, Sottin, Leminihy, Méteyer, étaient républicains, tandis que la plupart des autres membres du petit club des Carmes et de la Société Viucent-la-Montagne étaient sansculottes , ce qui nous permet de dire que les premiers étaient le parti gouvernemental. Ils l'ont prouvé, du reste, en gouvernant sans violence , en alliant ensemble la fermeté et la modération.
Les paragraphes qui concernent les Girondins et leur expulsion de la Convention sont injustes. Méteyer et Leminihy , nous en avons eu la preuve, partageaient complètement, en mai 1793, la manière de voir de Villenave et de Baco. Ils ont manqué de courage, en signant un compte-rendu qui les accusait. Minée , d'abord évéque , dont les premiers actes furent si honorables, a commis la même lâcheté. Mais pouvait-on s'attendre à autre chose de la part d'un prêtre qui avait fait abjuration au club Sainte-Croix ?
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La Société YiDceot , dans le récit de la défense de Nantes, ne pas jastice à Baco , alors maire de la Tille ; elle onUie qne potés de la Convention , Gillet et Merlin « Tonlaient finir devaal k péril. Elle no fait aucune allusion à une accusation aussi pave violente portée après le siège par le maire Baco , contra conventionnels. Toute cette partie du com^te-rendn est injnrts cl fort incomplète.
Appelé à expliquer sa conduite devant la ConTontion , Baco paria m nom de la mairie, sans y avoir été autorisé , et dépassa leshonesie son droit ; mais nous devons ajouter que le monyement insaiiecHi^ nei en faveur des Girondins avait été général dans TOnest, fas pissieurs députés en mission , parmi lesquels Cavaignac, avalât Topinion du pays ; il existe encore des pièces signées , qal qu'ils avaient vu aussi eux avec peine les événements daStariffCt qu'ils avaient partagé, dans le principe y Topinion de Baoo.
Dans ces derniers temps , une école qui a poor cheCs Boches et a voulu systématiser tous les événements de la révolntion; faits viennent démentir les doctrines auxquelles on Toulrail In subordonner; parmi les membres du Comité fédéraliste de plusieurs étaient catholiques très-sincères; les antres, ou indifférents ; à ]\antes , il y avait au club de la Halle et les autorités qui prirent parti en faveur des Girondins, des listes et des matérialistes; c'était la même cbose an club Ti même après les épurations.
Maintenant , sans prétendre infirmer en aucune façon le j de Tbistoire, sur la nature des services rendus à Paris par le nisme, nous croyons pouvoir affirmer que, dans nos contiésipki hommes qui prirent parti pour les Girondins, et qui les nus plus fortement , si les Girondins ne 8*étaient suicidés ea aux royalistes, comprenaient en général beaucoup miens les et la direction qu'il convenait de leur donner » qne les patriolas, fi eurent la direction des mairies et des clubs y après la débite ési iltfralistcs; quelques-uns de ces derniers montrèrent une ini supérieure, et firentpreuve de lapins grande capacité ; mais la au sortir des clubs, oii leurs extases de sans-cnlottisme les fait remarquer, n'apportèrent aux administratlous que de vides de sens qu'ils prononçaient à tout propos. Ajoutons qn^
parmi les hommes qui prirent parti pour les Girondins, s'il n'y avait pas de sans-culottes, il y avait en échange plusieurs radicaux trèsprononcés , c'est-à-dire plusieurs citoyens professant et soutenant de toutes leurs forces cette maxime : Que les institutions doivent tontes contribuer au bien-être physique et moral de la sociétés nullement an bonheur exclusif d'un petit nombre d'élus.
L'examen le plus impartial nons a prouvé que les mairies Giraud etBaco avaient pris à Nantes toutes les mesures de salut public nécessaires dans les circonstances oti elles se trouvaient , et s'il est vrai , comme nous le croyons , que plusieurs députés Girondins aient pensé à revenir sur la division départementale de la France, ii fuir devant rinvasion, s'il est vrai qu'ils aient douté du patriotisme du pays, qu'ils aient eu l'immense tort de manifester ce doute > et surtout celui de vouloir la Révolution au profit de la classe bourgeoise , nous pouvons cependant affirmer que ceux qui , dans l'Ouest , prirent parti pour Vergniaud, Barbaroux^ Louvet etienrsamis, étaient les révolutionnaires les plus purs, les plus radicaux et les plus dévoués. Ils appartenaient tons à la classe bourgeoise ; mais ils en formaient l'élite. Long-temps les Sociétés populaires et la Société Vincent elle-même s'honorèrent de les avoir pour présidents. La plupart, républicains dévoués, ontcontinué à professer lenrs opinions sous l'Empire. Aux Gent-Jours , quelques-uns d'entre eux présidaient encore les réunions des fédérés bretons; pendant et depuis la Restauration, ils n'ont jamais dévié de leur ligne de conduite.
L'esprit de système veut que Robespierre et Saint-Just, soient des monstres on des demi-dieux. Le bon sens fera justice de ces prétentions, en montrant en eux des doctrinaires républicains^ qni n'ont pas fait plus pour le salut de la patrie que Camille Desmouiins, et tant d'autres si injustement sacrifiés.
Autant qu'il nous a été possible , nons avons ménagé les noms pro* près dans le récit des événements de la Terreur ; nons eussions pu en faire figurer un plus grand nombre , mais la première place appartenait de droit à ceux qui ont rempli les premiers rôles. Partout d'ailleurs ce sont quelques têtes qui mènent les affaires , et c'est toujours les chefs qu'il faut rendre responsables de la conduite de leurs subalternes. D'un autre côté , à quoi servirait-il de nommer toutes les machines qui ont été les moyens de terreur de Carrier? Prenons dans les faits qu'on vient de lire ce qui s'y trouve , une grande leçon,
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et ao demandons jamais an fils quelles furent les opinioiit de im père. Je dirai pins, c*est à regret que je me sais va forcé de Mm Lavaux et Robin; car, tous les deux , ardents et pleins de connue. avaient donné des preuves éclatantes de patriotisme «Tant d*êlR devenus les complaisants de Carrier : nés a^ec cette énergie Bonle ((ui fait les hommes supérieurs, ils usèrent leor actirité daai 4a scènes de débauche , et succombèrent h la facilité toajoim si dsa- ^ereuse, pour des jeunes gens * de satisfaire leurs désirs Hceadeei.
Au mois de février 1794, l'Entrepôt fnt évacué , et la cootapoi arrêtée dans ses pro{;rès, gr&ce au zèle d*an jeune chimpei. nommé Darbefcnille. Déjà , les rues voisines étaient contagioaaées. lorsqu'il s'adressa au maire , le peintre Renard » pour loi faire 4a représentations sur les dangers que courait la ville de IVsntes. ia prière, il les réitéra au club Vincent, en présence da Comité réfolutionnaire , qui les prit en considération et le nomma cbef d'ise commission de salubrité. M. Hectot , pharmacien de riIdtel-Difs. en faisait partie; il fut spécialement chargé d^exécnter les presaî^ lions de M. Darbefeuillc pour la désinfection de TEnlrepôt « niim périlleuse qui pensa lui coûter la vie , et qui demandait de sa pat un grand courage. Dans toutes les salles où Ton entrait, rodcarb plus infecte se faisait sentir : çù et \h Ton voyait des cadarrei violacés, les uns étcndns ù terre, les autres tombés dans les baiflei: une mère récemment accouchée et son enfant qui n^en était fa encore séparé, furent trouvés avec d'autres victimes, couverts d^Hf couche entière de vermine et h demi-pntréfiés sons des plaacbei qui servaient de lit. La paille sur laquelle avaient reposé taal de prisonniers, était ponrrie, et Pair entièrement vicié par leséosnations putrides que produisaient ces divers foyers d'infectioB. ■• llectot employa largement les fumigations de Guyton de MorvflSidécouverte alors récente d'une science qni , depuis , a fait d*ia progrès: il fit laver les salies, ouvrir toutes les croisées , et la villr fui délivrée du péril qui la menaçait. M. Darbefeoille s'sc^ cupa aussi de faire recouvrir de chaux et de terre plusieurs oeataiMi de ca<lavres restés sans sépulture dans les carrières de Gipal. et compléta ainsi les mesures sanitaires que réclamaient les circonslnnces.
>iotre ville avait souffert de la disette pendant toute Tannée ITH: mais elle fut bien plus considérable on 94. Les habitants sevireal
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rédaits à ane demi-livre de pain par homme. Tel était l'enlhoasiasme qoi régnait encore, que personne ne mnnnnra. Lorsque yintrépoque de la moisson, de nombreux détachements furent envoyés dans les campagnes pour s'assurer des subsistances. Atrophié par la guerre maritime , le commerce ne se releva point. La chute do Robespierre, les procès des 132 IS'antais, des membres du Comité révolutionnaire et de Carrier, occupèrent vivement Tattention publique pendant la seconde moitié de Tannée. Du reste, il ne fut créé aucune institution importante > ni commencé aucun monument public. Il semblait que, fatigué par la succession rapide des événements de 93 , chacun se sentit le besoin de prendre du repos.
ARBESTAT105 DU COMITÉ BÉVOLUTIOIfNÀiRE.
Ce fut le 7 thermidor que les membres du Comité Révolutionnaire furent arrêtés et conduits à Paris. Ces malheureux , qui tant de fois avaient tourmenté leurs concitoyens, furent traités comme ils avaient traité les autres, avec la plus grande inhumanité. On les conduisit il Paris enchaînés , un collier de fer au col. Voici leurs noms :
Goullin , Chaux, Bachelier, TÉvéque, Pérochaux, Grandmaison, IVaud , Boloniel , Gallon , Pinard , Bataille , Durassier , Jolly , Minguet, Chevalier, Barras, Proust aîné. Petit jeune , Guillet, Gautier. Les femmes Gallon, TÉvôque, Grandmaison, Bachelier et Joly furent aussi arrêtées.
Le procès du Comité révolutionnaire eut lieu après le 9 thermidor. La réaction contre les terroristes était alors très-grande , aussi les accusés furent-ils jugés avec partialité. Les crimes de quelques-uns , les fautes de tous, n'étaient cependant pas un motif pour être injuste ù leur égard. Bûchez et Roux , préoccupés par des idées préconçues , ont voulu voir, dans les noyeurs de JVantes, des matérialistes que le spiritualistc Robespierre destinait à Téchafaud , en expiation des atrocités qu'ils avaient commises ; mais les faits ne s'accordent point avec cette manière d'envisager la question. Lorsque la Convention eut décrété TÊtre Suprême et l'immortalité de l'âme, les idées religieuses se trouvant de mode , l'on entendit souvent au club Sainte- Croix , Carrier , Goullin , Chaux et d'autres , accuser leurs adversaires d'athéisme. ïVous remarquerons aussi , qu'après le 9 thermidor,
Bachelier, président du Comité, avait rempli les fonctions de no« taire dans le fief de Tévêque; il fit emprisonner plusieurs de ses collègues. C'était un type de finesses et de ruses comme on en trouve fréquemment chez les gens de loi. Parfois , il jouait le compatissant , lorsque des détenus demandaient leur mise en liberté. Sûr de leur innocence, il devait, disait-il, s'occuper de leur demande, et leur faire rendre justice; mais, à peine les avait-il quittés, qu*il tenait un tout autre langage. Cet homme vit encore, ses dernières années ont été abreuvées d'amertume ; personne , dans le quartier qu'il habite , ne veut lui parler; il vit seul, lisant des psaumes et récitant des prières depuis le matin jusqu'au soir ; ses papiers ont disparu , ils lui ont été enlevés > dit-on.
Nous n'avons rien à dire des autres membres du Comité révolutionnaire: c'étaient des hommes peu capables, comme Boloniel^ Minguet, Joly , Durassier, ou des âmes féroces comme Grandmaison.