‹ Histoire de NantesChapitre 15 sur 47 · XVI.* SliCLB. 21 f · texte numérisé non relu

XVI.* SliCLB. 21 f

Desqnealx mounurent deax , et deux filles resta ,

Quand le benoist SauTeinr de ce monde m'oasta ,

Qai fut mil cinq cens treise, en janrier le nenfriesme,

FTayant encore attaint mon an trente-septiesme.

Dont Françoys et Bretons recourent perte egalle ,

Car ma main à tons deux fut toujours libéralle ,

Et à eux et à tous fut cordialle tant

Qnonqnes homme de moy ne party mal content ,

Ainsi de mon douaire et duché jossoye,

Parqnoy Mens à plante je leur eslargissoye ;

Si les prie et requiers de Caire à Dieu prière

Qu*il mecte ma pouvre ame en céleste lumière.

Amen.

Ita communaaté des bourgeois voulut , en reconnaissance de la conduite que la reine Anne avait tenue à Tégard des IVantais» payer tous les frais de cette cérémonie, qui s'élevèrent à 794 livres 6 sous 3 deniers.

L'année de la mort de la duchesse Anne , la ville fit bâtir le pont d'Erdre, situé vis-à-vis Sainte-Catherine* L'année suivante, Louis XH fit commencer les bâtiments de la Chambre des Comptes; François L'% qui lui succéda en 1515, réclama, deux ans plus tard, une autorisation de la communauté des bourgeois pour le mariage de sa fille avec le roi d'Espagne.

A cette époque , la Loire était barrée par des pêcheries et des chaussées qui nuisaient beaucoup à la navigation. Le roi en autorisa la destruction, mais il en existe encore des vestiges dans le bras de la Madeleine, entre la prairie de l'HOtel-Dieu et la prairie.au Duc. — Nous devons rapporter, à la même date, le quai de la Fosse, qui ne fut achevé que beaucoup plus tard , et la maçonne du puits du Pilori > que Ton a transportée , depuis , sur la place du Bouffay. Cette maçonne , indignement mutilée en 1721 , sous prétexte d'élargissement , avait dans son pourtour cinq figures d'animaux fort bien sculptés, l'ouverture du puits était assez élevée, et l'on y arrivait par des degrés en granit.

Nous trouvons, de 1518 à 1532, époque de la réunion définitive de la Bretagne à la France, outre les faits historiques, quelques détails sur les mœurs locales et la situation de Nantes.

Un emprunt contracté par la ville, qui ofirait cependant, comme

de France n'en arait reçus. — Anne était morte le lundi; son corps fut laissé dans la chambre jnsqn'an samedi snirant , au milieu de religieux qui priaient Dieu pour son àme. Le samedi elle fut transportée dans la grande salle du château , que décorait une riche tapisserie d*or et de soie, représentant la prise de Jérusalem par Titus. Le corps de la reine fut mis sur un lit fort élevé , dont la conyerture de drap d*or descendait jusqu'à terre. — Le lundi suivant, 16 janvier , le corps fut placé dans un cercueil. Après de nombreuses cérémonies , dans les* quelles figurait toujours une peinture de la reine , le cortège qui devait la conduire h Saint-Denis , se mit en route. Dans toutes les villes qui se rencontrèrent sur son passage , les restes de réponse de Louis Xn furent reçus processionnellement. A Téglise de Saint-Sauveor , à Blois , la bière fut mise sous une chapelle ardente , ornée de cinq clochers de bougies et de croix recroisetées. L*oraison funèbre de la princesse fut faite par Pamy , confesseur du roi, qui lui donna trentesept épithétes vertueuses pour les trente-sept années qu'elle avait vécu. Au sortir de Téglise , la marche fut réglée ; on remarquait dans le convoi 400 torches aux armes de la reine , et 50 aux armes de la ville. A Paris , les cérémonies funèbres furent accompagnées d'une nouvelle oraison de Pamy , qui compara , dans son discours , la ville de Paris à un chœur de musique à quatre parties: Téglise, la justice, Tuniversité et le peuple , et conclut , en disant que dans chacune de ces parties, la douleur seule se faisait entendre. Dans le cours de cet éloge, il félicita la reine d'avoir agi peu charitablement à l'égard des Jui& , en provoquant leur expulsion. Le même Pamy fit une troisième oraison funèbre à Saint-Denis , mais beaucoup plus longue ; il débuta par la généalogie de la reine, qu'il n'avait pu faire à Blois faute de temps. Après avoir fait remonter son origine jusqu'à Bmtns de Troie , il continua par des fables aussi ridicules.

Avant de mourir, la reine Anne avait demandé que son cœur fût déposé à Nantes , dans le tombeau de son père : le roi l'envoya à Nantes dans une boîte d'or qui fut d'abord déposée aux Chartreux , puis transportée aux Carmes avec la plus grande pompe. Partout sur le passage du cortège , les rues étaient tendues de blanc , les fenêtres de chaque maison étaient éclairées par deux cierges aux armes de la princesse; un crieur, vêtu de velours noir et portant quatre écnssons sur sa robe , ouvrait la marche. Il sonnait à chaque carrefour les deux sonnettes qu'il avait à la main » criant à hante voix : Dites vos

patenoêUres à Dieu» e'eit pour fâme de tréê-chréUenne royne la duchesse noiire soubuetxtine dame naturelle et maitresse , de laquelle on porte le eœur aux Carmes, Cent hommes le saîraient ; leurs robes et leurs chaperons étaient noirs ; ils portaient à la main des torches du poids de deux livres. Le conroi Tenait ensuite: noblesse, magistrature, clergé séculier et régulier, tout ce qui jouissait de quelque pririlége , put en faire partie. Philippe-de-Montauban , chancelier de Bretagne , portait le cœur de la reine. Il marchait sous un poêle de drap d*or que portaient le vice-chancelier , Tabbé de Quimperlé^ les sénéchaux de Rennes et de Nantes. La chapelle ardente dans laquelle le cœur fut déposé , était magnifique. Les Nantais avaient voulu faire mieux qu'à Saint-Denis et qu'à Paris même , où Ton avait allumé près de 4000 cierges; ils ne réussirent cependant à remporter que par le nombre des lumières.

Le vase d'or qui renfermait le cœur de la reine Anne , avait la forme d'un cœur surmonté d'une couronne, et entouré d'une cordelière. — Sur la couronne on lisait :

CUEUB DB VEBTUS OBIiTÉ DI6NBHENT COUBONITÉ.

Sur les deux faces du cœur en or , sont gravées les deux inscriptions suivantes :

B5 CE PETIT VAISSBAV DE FIN OB PVB ET MUNOB BBPOSE UHG PLUS GBAlfD CVBTB QTE ONCQUE DAMB EUT AU HVimE AHHE FVT LE NOM D'ELLE EN FBAIÎCE BEVX FOIS BOIBE DVGHESSE DBS BBETOBS BOTALE ET SOVTEBAnrE

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