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ce qaUl préley&t sur eux aacan impôt ; quant aa pape , ils protestèrent contre son injonction, et en appelèrent de son ordre an Saint- Père , mieai informé.
En 1530 9 on célébrait encore dans la cathédrale la fête des Innocents. Le chapitre fit mSme des fonds pour cette ridicule et sotte cérémonie , dans laquelle les chanoines et les enfants de chœur changeaient réciproquement de place et de fonctions^ L*année suirante , François I.«t emprunta de notre yille 2500 écns d*or au soleil , pour radieter ses fils quMl ayait laissés en Espagne , comme otages. L*histoire ne dit pas qu'il les ait rendus. Il nomma, en 1532, à Térèché de Nantes , sans élection du chapitre. C'était une violation des libertés du temps; mais , après aroir forcé les bourses, il était naturel qu'il fît bon marché d'un droit d'aussi peu de râleur à ses yeux que celui de la participation de quelques prêtres au choix de leur éréque. Il avait, d'ailleurs, reçu l'autorisation du pape avant d'en agir ainsi. Ce fut la même année , à son passage à Nantes , oii on lui fit une réception magnifique, qu'il réunit la Bretagne à la France, par un édit enre« gistré , d'abord à Paris , puis ensuite au conseil de la province. Ces deux derniers faits sont trop importants ponr ne pas fixer notre attention. La nomination directe an siège de Nantes par ordonnance du roi , c'est-à-dire la suppression de l'élection du chapitre, qui n'existait plus que pour la forme , constitue selon nous , le point de départ dans nos contrées de la troisième phase du catholicisme. — La société chrétienne, dans son origine, était une démocratie aussi complète que possible. Le peuple alors nommait les curés et les évéques. Le synode on concile diocésain, formé des prêtres du diocèse, était supérieur à l'évêque , comme le concile général l'était aux primats ou patriarches, parmi lesquels celui de Rome n'était d'abord que l'égal des patriarches d'Alexandrie, d'Antiocheet de Jérusalem.
La seconde phase du catholicisme eut lieu , lorsque les papes , s'emparant d'une autorité presque absolue , enlevèrent au peuple le droit d'élection , et se posèrent comme autorité supérieure à toute autre. La troisième , lorsqu'ils commencèrent à faire des concessions à l'autorité temporelle, lorsqu'ils furent obligés à leur tour de fléchir devant Césœr. La Bretagne , placée en dejiors du grand mouvement politique, reçut promptement les doctrines chrétiennes , mais resta toujours en arrière du reste de TEurope; aussi posséda-t-elle plus long-temps ses libertés religieuses que toute autre contrée. Les protestations de
rérèque de Bol et le droit électoral, sî long-temps conservé parles paroissiens, pois ensuite par les chapitres, malgré les nombreux empiétements da pape , en sont la meilleure preuTe.
La réunîoi' de la Bretagne à la France fut très-habilement ménagée par François I/'; Torgueil breton, redoutable encore malgré les habitudes acquises et une paix de Tîeille date avec la France , n*eut point permis an roi de s'emparer du pays sans tirer Tépée , s*il n* j avait été convié en quelque sorte par la majorité des états. Travailler les dépotés des dififérents ordres , pousser les plus complaisants à solliciter eux-mêmes une réunion définitive des deux pays et se faire adresser une requête à ce sujet , telle fut la conduite du roi. Cependant il j eut quelques opposants parmi lesquels Bosech et Jean Moteii de Nantes. Il était bon d*appuyer cette importante négociation de sa personne ; aussi François l." vintnil en Bretagne pendant que les états étaient réunis. La reine Eléonore, sa seconde femme, fit alors à Nantes une entrée magnifique. Cette princesse était sous un dais que portaient quatre bourgeois superbement habillés; trois troupes de jeunes gens la précédaient , Tune ayant sa livrée , Tautre la livrée du Dauphin ; la troisième, la livrée de la ville ; des théâtres étaient élevés dans cinq endroits sur le passage de la reine; on y joua des feintes ou mystères de la composition de Dubochet, procureur du roi à Poitiers. Cette entrée coûta cher aux bons bourgeois de Nantes; mais étaient habitués j disent nos chroniques, de payer souvent et beaucoup; ils payèrent donc d'abord pour deux galiotes k chambres vitrées, envoyées au-devant de la reine , puis pour trois haquenées achetées en Basse-Bretagne, puis pour deux lévriers du même pays, puis encore pour deux bassins d'argent, dont Tun portait une lamproie, puis enfin pour les frais de réception.
Nantes était une ville trop importante par son commerce et sa grande influence sur le reste de la Bretagne, pour que le roi n'eût pas pour elle de grands égards; il revint dans ses murs en 1532. Ce fut à cette époque qu'il enleva au clergé, et notamment à Tévéque, an chapitre» aux chanoines et bénéficiers titulaires, l'administration des hospices pour cause de concussion. Des bourgeois, au choix de son conseil, furent appelés à remplacer Tandenne administration. L'hôpital de Toussaint , qui avait nourri plus de 1600 pauvres dans Tannée, fut seul excepté, et resta sons la direction de la qui Tadministrait.
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Beaoconp des gens do roi avaient contracté dans les gnerres dltalie nne maladie alors inconnue et nommée mal de Naples, da nom de la yille où elle avait sévi avec le pins de violence lors de son début; c'était la syphilis, que les nns attribnent sans preuves anx relations des européens avec rAmérique, et que d'autres regardent comme noe dégénérescence de la lèpre et des nombreuses affections cutanées qui si long-temps ont tourmenté nos pères pendant et depuis les croisades. Le passage à Nantes de François I.«' et de sa suite , entraîna la communication de ce mal qui se manifestait alors avec des symptômes très-effrayants et fort rares aujourd'hui. Les magistrats, épouvantés par les aspects hideux de ses diverses formes , le traitèrent comme les épidémies; une maison fut louée par eux pour y déposer les vénériens ; elle se nommait ou fut nommée TAsnerie, mais cette mesure était impuissante. Les maladies contagieuses et la syphilis continuèrent leurs ravages : aussi les magistrats, en vinrent-ils à décréter, comme nous Tavons dit , la peine de mort contre tout malade qui se promènerait en public. Une seconde ordonnance, pins sage, et qui eut dû ne jamais tomber en désuétude, défendit aux bouchers de tuer leur bétail avant qu'il eût été visité par des commissaires. La sollicitude des administrateurs de la ville était peut-dtro alors peu éclairée , mais elle veillait attentivement au bien-être et aux intérêts des habitants.
L'hiver ayant été rude , la misère était grande , les gens d'armes postés dans les faubourgs pillaient souvent dans la ville; aussi l'entrée des murs leur fut-elle interdite , des archers furent môme préposés exprès pour y veiller.
Les Quinze-Vingts de Paris avaient obtenu permission de quêter à Nantes, à la condition d'employer le produit de leur quête en achat de marchandises utiles à leur maison. Les quêteurs se préparaient h partir avec leur argent, sans remplir leur engagement, lorsque les ma^strats les firent arrêter. Leurs deniers , c'était de toute justice , furent saisis et confisqués.
L'année 1534, dans laquelle ces événements se passèrent , nous rappelle aussi que la recette de Nantes s'élevait à cinq mille cinq cents livres, d'après l'estimation qui en fut faite alors, et que le projet de dessécher le lac de Grand-Lieu fut vivement agité ; malheureusement}, les tentatives faites dans ce but, les années suivantes, ne produisirent aucun résultat. * '^ / '
Le conseil et la chancellerie de Bretagne, d'après nn édit de 1531 , devaient siéger six mois à Rennes , six mois à liantes. Ces déplace* ments leur déplaisaient, aussi restèrent^ils à Rennes. La ville s'en plaignit, et obtint gain de cause; pour adoucir les plus influents du conseil, elle arrêta qu'elle ferait présent au premier et an second président de deux pipes de vin d'Anjou, et de quatre poinçons de vin d'Orléans. — Le roi, qui tenait beaucoup à former des arbalétriers, augmenta la même année (1535) , les droits du roi du Papegault ; son ordonnance nous montre qu'il accordait le même privilège à celui qui aurait abattu le Papegault d'un coup d'arquebuse : cette arme , qui pesait alors plus de trente livres , était très-rare à Nantes. La ville en avait fait fondre douze en 1533, et la ndlice bourgeoise, qu! ne portait que la pique et l'épée, répugnait à s'en servir.
évéhbhbhts subvbnus db 1534 a 1560.
Jusqu'en 1560, époque à laquelle notre ville reçut une organisation municipale tout à fait complète , nous ne trouverons guère à signaler que des faits individuels , sans liaison les uns avec les autres et ne présentant , dans leur ensemble , aucune signification ; nous les enregistrerons donc simplement par ordre de date:
Le roi avait exigé, en 1535, la moitié du rerenn du clergé; il taxa la ville de Nantes, en 1537, à 4,000 livres, et lui demanda, en outre , 8,000 livres de don gratuit ; mais il ne reçut que 4,500 livres , dont il voulut bien se contenter. Le service du guet , nous pouvons presque dire de la garde nationale, n'avait plus lieu alors; pour cinq sous par mois ( aujourd'hui 5 francs environ ), chacun pouvait s'en exempter: c'était un abus, et le roi le réforma en exigeant le service personnel ; il enjoignit aussi à la ville de recevoir convenablement la reine de Navarre; en conséquence, les bourgeois firent équiper ) Barbin deux gabares pour aller prendre cette princesse à la Gacherie, chez le vicomte de Rohan, son beau-frère. Son entrée eut lieu par la porte de Saint-Pierre, où elle refusa le dais d'usage. L'Hûtel de Briord, alors l'un des plus beaux de Nantes, fut celui auquel on la conduisit. Après nn court séjour , occupé à visiter la Fosse et les navires , la reine repartit sur une galère, qui la transporta jusqu*à Ingrande.
En 1538, le roi donna ordre à la ville, déjà obérée par les dépenses
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qa'elle faisait pour nourrir les paavres pendant nne disette extrôme, de lai donner 4,800 livres ponr payer des troupes. Il y ayait impossibilité manifeste d'acquitter un pareil impôt, anssî un député lui fut-il envoyé pour lui exposer la misère de Nantes. Le roi venait de partir ponr Nice ; mais heureusement le gouverneur de Bretagne prit sur lui de remplacer cet impôt par 3,000 livres de salpêtre , qui loi furent fournies.
Des travaux considérables avaient mis la grande salle des Cordelîers et ThOtel Monfort> alors hôtel de la Suze, en état de recevoir le conseil de Bretagne et son président; cependant ils restaient à Rennes, et la ville fut forcée de les signifier d*obéir aux ordres du roi.
La suppression de leurs privilèges pour les clercs mariés, et la soppression des excommunications pour dettes, nous rappellent les états qui se tinrent à Nantes en 1539, année dans laquelle fut fait un plan de la ville dans le but de Tenclpre complètement et de fortifier les ponts. Bfathieu de Gouy , qui fit ce plan , reçut dix écus sols, ou 450 sous. Michel Dinois en eut 40 pour avoir écrit sur ce plan les noms des lieux.
Bu 1541 , la fréquence des épidémies fit songer à consacrer un hospice spécial aux pestiférés , car c^est ainsi que Ton appelait alors tous les malades atteints d*affections contagieuses on prétendues telles , qu*ils eussent la peste , le choléra , le typhus ou toute autre affection grave. Cet hospice fut bUti par souscription et placé près de S.t*-Gatherine. La Chambre des Comptes donna 26 écus sous ; la confrérie de la Véronique 75 Kvres ; celle de Saint-Jean-de-rHopital 35 livres ; celle de la Passion 25 livres ; celle de Sainte-Catherine 10 livres , et Tévèque 16 pieds d'arbres. Des aumônes abondantes fournirent le surplus. La même année , Louis d'Acigné fit une magnifiqne entrée dans notre ville.
Un édit de juillet 1544 établit à Nantes une maitrfse des eaux et forêts ressortissante par appel à ia grands maîtrise de Vannes et de ce trikunal au portement. Les avantages accordés an roi du Papegault avaient conduit un grand nombre de prêtres à s'enrôler parmi les chevaliers de l'arbalète ; une ordonnance de l'année précédente avait réprimé ce scandale: elle fut confirmée par le dauphin, qui ne retrancha rien aux immunités dont jouissait le roi du tir.
En 1545, la ville acheta pour 2,227 livres (environ 44,540 fr.) de grains et de foves pour soulager la misère des pauvres. L'année
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suÎTaiitey le roi fit abaisser la chaussée de Barlmi, qoi hA ramenée à son ancienne éléyation. Deox ans plostard» le clergé chassé de radministration des hospices par François !.«'> panrint k j rentrer, mais pour on tiers des membres seolement. La même année, Jean Dono accorda à Thôpital 50 livres de rentes, k condition d'y recevoir pour leurs couches les femmes et les filles nécessiteuses.
Marie Stuart, alors Sigée de six k sept ans, devait passer k liantes. Le gouverneur de Bretagne écrivit k son sujet au sénéchal de Mantes la lettre suivante , dont le contenu lut ponctuellement exécuté :
« M. le sénéchal > je croy que vous avez de ceste heure, entendu » la venue de la petite rojme d'Ecosse, en France, qui doit descen- « dre à Brest , et i ce que m'a mandé le roy, elle passera par Nantes , » et tout le grand chemin du dict Brest, où le dict seigneur rent » qu'elle soit honorablement receue avec entrée et poisle par les villes » où elle passera et petits présents et fruicts, vins et aultres nouveaut- « tés , de quoy je vous ai bien voulu de bonne heure advertir, afin que » vous donniez ordre de la faire recevoir en la dicte ville, au plus o grand honneur qu'il sera possible. Ce que m*attens qne vous saurez » si bien conduire avec le grant cueur que je connais en cenlx de » la dicte ville, qu'elle emportera le bruict au-dessus de tontes les » antres, mais il ne faut oublier de faire dresser quelques petites n entreprinses, comme sur la rivière, près le chasteau, où la dicte » dame logera , et à son arrivée , tant par les mariniers que enfants de » ceste ville , ainsi que trop mieulx saurez adviser , afin de lui donner n du piai«r, et qu'on puisse sçavoir k la cour, combien les Ifantoisont n voulu préférer tons les aultres , et de ce qu'on ad visera de faire, » vous m'en advertirez pour vous en mander mon opinion ; surtout n vous ferez entendre aux gentilshommes de l'évesché de la renue d'y » celle dame , à ce que chacun se délibère de s'y trouver pour faire « son debvoir et lui porter honneur , ainsi qu'il plait an roy qu'il soit j» fait, comme plus an long, j'ai commandé k ce porteur de vous dire, 9 de quoy je vous prie de croyre, et sur ce je prieray Dieu, Uon- » sieur le sénéchal , vous donner ce que désirez.
» Des Ëssars, ce XY.* jour d'aoust 1548.
« Yostre bon ami , Jbhait-db-Biibtaignb. )»
En 1449 , la ville fit construire le quai du Port-Maillard ; les marchands d'Orléans , qui sollicitaient cette amélioration , y contribuèrent pour 2000 livres.