XVI.« 8IÈGLB
▼ait de ménager.— En échange de ses piéTenances » le diapitre de Nantes, qui avait à faire oublier on si grand nombre d^actes de violence, fit sonner la grosse cloche poor annoncer la naissance d'an bâtard du roi , le chevalier de Yenddme , depuis grand prieur de France , dont la Gabrietie d'Estrée venait d'accoucher. Des prières publiques succédèrent an son de la grosse cloche. Jamais M."' de Hartignes ni la duchesse de Mercœur , elleHOdénie , n'avaient reçu du chapitre un hommage aussi éclatant. Henri IV , qui savait k quoi s'en tenir sur les opinions du haut clergé de Nantes, et qui ne pouvait en exiger que des apparences de respect et de dévouement , fut sans doute très^satisfait.
Le nombre des échevins avait été porté à 10 , Henri lY le réduisit à 6, et fit modifier profondément le système municipal de la ville.— If antes jouissait du privilège de nommer son maire. Le roi décida qu'à l'avenir, au !.<' mai de chaque année, la ville présenterait trois can> didats pour la place de maire, et six pour les deux places d'échevins, se réservant le droit de choisir. Les mêmes formes furent prescrites pour les nominations du procureur-syndic et des officiers de la milice bourgeoise.
Avant de partir pour Rennes , Henri lY fit reconnaître le duc de Vendôme , alors âgé de quatre ans , gouverneur de Bretagne , et l'on vit , ce qui n'avait rien d'étrange à cette époque , ce jeune enfant , qui eut beaucoup mieux aimé , sans doute , jouer au sabot dans la cour du château , on prendre ses ébats sur la Motte Saint-Pierre , présider en qualité de gouverneur de la province, une réunion du bureau de Tille , auquel on notifia les élections à faire et le nombre des candidats à présenter.
Le 30 avril , le roi signa le fameux édit , connu sous le nom d'Édit de lYaniet , par lequel les Calvinistes obtinrent le libre exercice de leur culte dans les lieux désignés par les ordonnances antérieures , le droit aux charges et emplois civils et militaires , des juges mipartie catholiques , mi-partie calvinistes , la liberté d'avoir des ministres dans leurs châteaux et la confirmation de tontes les concessions qui leur avaient été faites.
Cet édit ne fut enregistré que l'année suivante. Le Président de Thon> le Chancelier de Navarre, Chaumier calviniste d'une haute capacité , le Président Jeannin et H. de Scombery passent pour l'avoir rédigé. Louis XIV lerévoqna malheureusement en 1685, comme nous ie verrons en son Heu.
262 XVI.* SIÈCLB.
Le lendemain de la signatore de Tédit de ISantes , M. d'Haronys fal installé maire avec la pins grande pompe: cet honorable citoyen ne reçut en cette circonstance que ce qui Ini était dû ; son courage civil et son habileté pratique avaient rendu les plus grands senrices h la ville ; il avait , en outre , expié dans la prison , où Tavait fait jeter M."« de Mercœur , son dévouement k la cause de ses concitoyens.
Quelques jours après, le roi permit ^ la ville de percevoir, comme par le passé , pendant neuf années les octrois ordinaires , ^ la condition qu'elle en emploierait une partie k Tachèvement des fortifications de la Villeneuve. Remarquons ce fait , il est instructif: à cette époque de bon plaisir, non-seulement les citoyens sont passibles d'impOts , mais encore le gouvernement peut à son gré leur enlever le produit de Toctroi pour l'employer à toute autre chose qu*an bien-être de la cité.
Henri IV quitU Nantes le 6 mai, laissant an château Gabrielled*Estrée , moins peut-être par soin de sa santé que pour avoir h Nantes une personne dévouée à ses intérêts et qui s'occupât de veiller à Texécution de ses ordres. Sous ce rapport, sa maîtresse ne trompa point ses espérances. Le roi avait l'habitude de changer les portiers dans toutes les villes que les ligueurs avaient occupées ; et la duchesse de Beaufort s'empressa de changer ceux de Nantes , malgré les vives représentations du maire d'Harouys, qui semblait destiné à faire de l'opposition sous tous les gouvernements. Cette mesure fut suivie de la réduction des appointements des officiers de ville ; les emplois d'architecte , de fifre , de derc-du-^net , de tambour, furent supprimés. Les corps-de-garde furent affermés au profit de la ville , les barricades et les portes furent abattues et vendues , les tranchées et fossés furent comblés. — Ainsi se termina la guerre de la Ligne.
FAITS nrms bbfuis 1576 jvsqu'bh 1600.
Les faits qui vont suivre sont souvent sans liaison , aussi les rapporterons-nous successivement sous leur ordre de date.
En 1578 , la ville possédait trois maisons de ville : l'une an Boufay , c'était la plus spacieuse ; elle existe et porte le n.« 2 ; une seconde , à Sainte-Catherine ; et la troisième, aux Changes. La ville les aliéna pour acheter la maison Bizard , on Derval , dans la me de Verdun , qu'elle paya 4,423 écus d'or et 1/3 d'écu , plus nn cens de
dnq sous à la seigneurie des Derrallières , dont elle a releré josqa*en 1730. La rille on fit changer les bâtiments pour constraire THôtel-de-Ville. La môme année , la commune acheta la charge de connétable de la milice bourgeoise. Les maires Tont possédée depuis sons le titre de colonel. C'est ainsi que la Ténalité des places , qui n'était qu'un .abus réroltant , servit à augmenter les droits de la cité. Malheureusement, cette liberté acquise à beaux deniers comptants ne nous est pas restée. Les révolutions de 89 et de 93 ont tout nivelé , et les gouvernements qui se sont succédé depuis , j compris celui de Juillet 1830 , se sont montrés plus disposés à restreindre qu'à étendre les droits des citoyens.
Les travaux du pont de Pirmil n'étaient pas encore achevés , cependant la ville songeait à bâtir en pierres toute la ligne depuis la rue actuelle de la Poissonnerie jusqu'à l'autre côté de la Loire. Pierre Heudes , ringénieur chargé de la direction de ces travaux , ne recevait que cinq cents livres par an.
En 1580, le clergé fut exempté du serricedu guet, excepté dans le cas de péril imminent. L'on s'occupait alors activement de la reconstruction des ponts. Le maire posa la première pierre du pont de la Madeleine. Ailleurs , on battait des pilotis ou estaffes avec des moutons de bronze du poids de sept cents livres ; on employait cette matière de préférence , attendu qu'elle ne coûtait que deux sous la livre.
Ce fut aussi dans cette même année que l'on trouva dans les douves de Saint-Pierre , l'une des inscriptions qui se voient aujourd'hui à l'Hôtel-de-Ville , et dont nous avons donné la copie.
Il était d'usage d'offirir un déjeûner ù la Maison-de-Ville à tons les nouveaux Hmres , lors de leur installation. Celui qui fut offert à M. de Brenezai coûta 46 sous et demi. Les déjeuners gras servis par le bnvetîer les jours de réunion du bureau de ville , ne coûtaient pas alors 20 sons , et le digne abbé Travers n'oublie pas de faire remarquer que de son temps l'on ne déjeûnait pas à si petits frais à la Maison commune. Yoid , au surplus , le détail du déjeûner de M. de
Brenezai , il est curieux à connaître.
Prix acta^l.
Deux cents d'huitres 6 sous » den.»». . 30 sous.
Quatre plats de beurre frais .... 7 j» 6 » 40 » Deux douzaines de fouaces 12 » » » 24 »
1 reporter 25 » 6 » 94
264 XYI.* SIÈCLE.
Report 25 soos 6 den.'* 94 sons.
Trois douzaines d'œnfs mollets. . . 9 » » % »
Deux domaines de harengs blancs . 12 » » 36 »
46 sons 6 den.". 166 sons.
Le vin n'était point porté en compte. Un semblable déjeftner était , certes, très-firngal , cependant il coûterait encore anjonrd*hni plus de 8 fr. 30 c.
Ce détail nous pronye qn'en 1580, Targent valait environ quatre fois pins qn'à notre époque.
L*onTerture du Livre doré date aussi de 1580. L*on appelait ainsi un registre assez curieux, destiné h satisfaire la vanité des maires et des échevins, dont on y inscrivait les noms en mettant leurs armes en regard. La décision municipale qui fit créer ce livre, arrêta , en outre, que Ton ferait graver les armes de tous les maires depuis Tinstitution de la Mairie, pour les joindre an Livre doré; 93 a brAlé ce curieux . monument élevé à leur amour-propre par des bourgeois ennoblis , et c'est Tune des pertes que Ton doit le moins regretter.
Un déjeûner de 1581, donné an sieur Gomplade de Livemière, coûta beaucoup plus que celui de Tannée précédente ; la ville n^en fut pas quitte ^ moins de 17 écus d'or 1/3 et 12 sons 8 deniers , ce qui faisait environ 52 livres 12 sons 8 deniers , ou à peu prfes 210 fr. 50 c. de notre monnaie. A dater de cette année , le bureau de police se. composa du juge prévôt, du maire et des échevins.
L'on supprima Tnsage de faire descendre an jour de la Pentecôte , des voûtes de la cathédrale, un pigeon blanc, de jeter du jubé dans le duenr, des étonpes oiflammées, et de tirer dans Tégiise des coups de fusil, bien que le pigeon rappelât la descente du Saint- Esprit , M que les étonpes enflammées fassent destinées h figurer les langues de feu.
Pour la première fois, cette année , l'Université amsentit à ce que des hommes mariés occupassent les fonctions de recteur.
On construisait alors des galères et d'autres navires sur le Portan-Vin; mais cet emplacement se trouvant tn^ resserré , les chantiers furent reportés sur Tantre rive, dans rOe-^oriette, ainsi nommée , d'un rieux chàtean ducal que François II avait donné à l'un de ses ofiBciers, à la charge de lui fournir, tous les ans, un épervier
Xyi.« SIÈCLE. 265
do chasse. La place da Port-au-Yin fut alors grandement accrue du cdté do la rirîère , son quai fut refait , et Ton y établit une cale.
IVons devons faire remarquer qn*li cette époque , TUniversité avait rinspection des livres de théologie , tandis que les évéques n'apposaient leur approbation que sur les almanachs , ce qui prouve le grand crédit dont la science jouissait au sein du clergé. Cependant les professeurs étaient pauvres, et leurs cours se faisaient sans luxe.
En 1579, les fenêtres du collège Saint-Clément n'avaient que des carreaux de toile, comme le montre une plainte déposée au bureau de la mairie par le procureur du roi , qui poursuivait le principal et les régents , parce qu'ils exigeaient des élèves une indemnité pour la chandelle , les bancs et la toile des fenêtres. Le principal représenta que pareille chose avait lieu à Paris, et l'affaire n'eut pas de suite.
n y a loin de là , sans doute, aux commodités dont nous entourons aujourd'hui les jeunes élèves , et nous devons nous en féliciter; mais nous regrettons, pour la science, ce respect dont elle était entourée : celte auréole qu'elle possédait autrefois , et que nous n'accordons aujourd'hui qu'à la richesse.
L'usage du calendrier grégorien , l'autorisation de construire la cale du Bouffay, le rétablissement du Collège Saint- Jean, datent de 1582.
L'année suivante , la ville étant désolée par la peste , la communauté des bourgeois prescrivit à tous les gens sans aveu de sortir de liantes dans les vingt-quatre heures , sons peine du fouet. Elle chassa ans» les pauvres de la campagne , dont la misère et la mal- ^opreté contribuaient à entretenir la contagion. Le règlement du bureau de police prescrivait aux habitants de tenir les mes propres vis-à»vis leurs maisons > punissant d'une amende d'un éca, payable immédiatement au profit du Sanitat, tous ceux qui laisseraient, devant leur domicile, des eaux croupies ou des im* mondioes. Les propriétaires furent avertis de faire réparer leurs latrines , s'ils en avaient ; d'en faire construire , s'ils n'en avaient pas ; de faire nettoyer et dessécher les caves et autres lieux malpropres; de purifier leurs maisons avec de l'encens, ce qui neutralisait l'odeur des germes putrides sans les détruire ; d'allumer trois fois la semaine , dans les carrefours , des feux publics pour lesquels chacun fournirait son fagot de bois sec. Les gouverneurs des pauvres eurent
mission de faire désinfecter les maisons des pestiférés par des hommes accoutrés de baugrtm , croisé de deux croix blanches , fune devant , et Contre derrière , et portant chacun une verge blanche. Cette opération devait avoir lieu de nuit, il était défendu à ceux qui en étaient chargés de converser avec les antres ; nn médecin et nn chirurgien furent nommés pour visiter et secourir les malades. Les panvres attaqués de la maladie épidémique, furent déposés au Sanitat» et Ton décida que tous les malades qui voudraient se faire traiter à domicile, seraient enfermés sous clef. Dès que la maladie se déclarait quelque part, ou devait en prévenir le dizainier du quartier, qui faisait sou rapport au commissaire ; il était défendu aux convalescents de se présenter en public , sous peine de cent écus d^amende on du fouet. Les médecins et chirurgiens, les domestiques du Sanitat, devaient porter gaules blanches et petites sonnettes au bout d'icelles , et de loing semondrer toutes personnes de se retirer sous peine de pugnitien corporelle.
Ce règlement mit fin à la contagion ; les magistrats et les chirurgiens se conduisirent comme le devoir leur en imposait Tobligation ; mais les médecins manquèrent à leurs fonctions , et le bureau ne trouva pas un seul docteur pour faire le service au Sanitat ; ceux auxquels il s'adressa demandèrent des prix exorbitants.
Les registres du temps montrent que Ton avait Thabitude, dans le diocèse , de donner à Tenfant que Ton baptisait deux parrains , si c'était nn garçon ; deux marraines , si c'était une fille.
Nous n'avons à signaler, pour la fin de cette année , parmi les améliorations matérielles , que la construction d*une cale au Port- Maillard et la réparation de la Halle-au-Blé. Le granit employé dans ces deux circonstances avait été pris dans la carrière de Miséri.
Un compte de cette année établit le fer ouvré à 9 sous fa livre.
Une antre note du temps nous prouve qu'à cette époque les commerçants du bord de la Loire et ceux qui faisaient usage du fleuve comme moyen de transport , se réunissaient à Orléans de temps à antre , pour discuter sur leurs intérêts communs. Cette institution , qui] n'avait besoin que d'être régularisée pour produire les meilleurs résultats, s'est malheureusement anéantie, sans que l'on y ait pris garde : quelque jour peut-être des industriels intelligents parviendront à la rétablir.
En 1586 , le prix des grains fut très-élevé. Les foins et les légumes
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manquèrent en même temps qtie les blés; et, pour comble de misère, les grandes eaux emportèrent plusieurs arches du pont de Pirmil.
Le collège Salnt-Gléroeut , qui se trourait dans un état prospère, ajouta, cette année , un régent de rhétorique et un régent de philosophie à ceux qu*il possédait déjà.
L'on voyait alors k Nantes un homme sans bras , Téritable phénomtoe, qui écrivait, lavait un verre, ôtait son chapeau, jouait aux quilles , aux cartes , aux dés , chargeait et tirait un pistolet , le tout avec ses pieds.
Le bureau de ville avait prêté 20 milliers de bronze au chapitre , il en demanda la restitution en 1587. Le chapitre répondit que le bronte avait servi h faire une cloche , qu'il était bénit , et ne pou* Yait plus être rendu. Le présidial trouva cette raison suffisante , et déiioata le. bureau de ville, qui persistait à réclamer ce qui lui était dû.
L'année suivante, 1588, la ville fit l'acquisition de la bibliothèque de l'archidiacre de Mantes^ nommé Le Gallo, laquelle avait été léguée à l'hospice par ce vénérable prêtre.
L'année 1589 nous rappelle le peu de protection accordée , au XyL« siècle , à l'industrie. Jean Ferra , qui avait obtenu l'année précédente l'autorisation d'établir à Nantes une verrerie , fut expulsé de la ville , sous prétexte qu'il faisait renchérir les combustibles. Plos tard , il obtint par grftce de continuer ; mais on lui imposa la singulière obligation de ne point acheter de bois. Le verre valait alors 4 sous 6 deniers le pied carré.
En 1592, le cimetière de la cathédrale occupait la place Saint- Pierre, et n'était entouré que d'une haie.
La construction du couvent des Minimes et le premier établissement des Capucins à Nantes, datent de 1593. Cependant , les révérends pères s'y trouvaient depuis plusieurs années ; car ils firent , en 1591 , une procession qui eut lieu à dix heures du soir, et dans laquelle tous les assistants se trouvaient en chemise (tu alhù) , nupieds et la torche à la main. — Nos chroniques ne nous disent point que les femmes et les filles se soient dispensées d'assister à cette scandaleuse cérémonie.
Vers le même temps, le bureau de ville eut à délibérer sur le refus du chirurgien du Sanitat de continuer son service au prix de 60 livres par an. Il fut décidé , en présence de plusieurs médecins
et chirurgiens, que l'on aurait an Sanitat un garçon on apprenti chirurgien , lequel serait reçu maître au bout de quatre on cinq années. Mais cette décision n*ent point de résultat , et la ville consentit à 40 livres d^augmentation» Le même jour, deux médecins furent admis à faire gratuitement au Sanitat le service des malades , Texemption de la milice bourgeoise fut la seule indemnité qu'on leur concédât.
Un règlement curieux signala Tannée 1594; il avait été rédigé par Tun des présidents du parlement, aidé d'un conseiller de la cour, et réglait tout ce qui concernait la police de la ville et du Comté Nantais. Après les considérants d'usage et les peines afflictives contre ceux qui juraient ou blasphémaient dans les cabarets et les tavernes; après les défenses de vendre à boire et à manger les fêtes et dimanches, pendant l'heure des offices; après la proscription accoutumée des jeux de hasard, tels que les dés, les cartes, etc., qui n'étaient point permis au bas people, mais seulement aux nobles et aux riches bourgeois, venait un règlement des prix de main-d'œuvre auquel les ouvriers étaient obligés de se soumettre, sons peine d'amende et de punition corporelle en cas de récidive. — Cette police parquait aussi les ouvriers de tous les états dans leur profession , sans qu'il leur fût permis d'en sortir ; malheur à celui qui avait choisi un état incompatible avec ses goûts ou sa santé; malheur à celui pour lequel ses parents avaient pu faire un choix semblable; sondé à sa profession , comme le galérien à son boulet, il devait fonctionner ainsi tonte la vie dans les souffrances physiques et morales qui en étaient la suite.
Quant aux salaires, ils étaient pins élevés qu'aujourd'hui: les maçons et charpentiers recevaient 10 sons par jour, et cette somme leur permettait d'acheter plus de vivres ou d'objets de première nécessité que nos maçons n'en peuvent acheter aujourd'hui avec leur salaire de 40 sous ; les manœuvres recevaient 8 sous pour une journée. Une course de voiture à deux chevaux, depuis le port jusqu'au milieu de la ville , se payait 2 ou 3 sous.
À l'auberge, il en coûtait 45 sous par jour pour un homme et un cheval ; à ce prix , le voyageur devait être parfaitement servi tant en mets de choix qu'en vins étrangers, et son cheval devait recevoir cinq mesures d'avoine. La dinde seule coûtait 18 sous; la sottpée et ia couchée réunies revenaient à 27 sous. Si le voyageur avait un domestique, c'était pour lui un surcroît de dépense de 7 sous 6 deniers par jour, dont 3 sous pour la dtnée , 3 sous et 6 deniers pour la soupée et la cou-
ehée. Le piéton à table d*hdte payait 30 sons par jour dans les meilleurs hôtels: 13 sons pour iadinée, 17 pour ia soupée et la couchée.
Ces faits sont intéressants et s*appaient les nus les antres ; d*une part, les oarriers étaient payés un peu plus cher qu'aujourd'hui ; de l'antre, le séjour dans les hôtelleries était aussi proportionnellement plus coûteux, surtont lorsque l'on tenait à être bien servi.
Nous Tojons encore, dans cette police, que les bouchers et boulangers devaient être approvisionnés pour trois mois. Ces derniers devaient toujours avoir en grenier au moins 30 setiers de farine froment et seigle. Moins sages que nos pères, nous avons conservé le privilège de la boulangerie qui se trouve monopolisée par quelques industriels, et nous avons laissé tomber en désuétude Tapprovisionnement , qui était la chose la plus importante. — Les bouchers étaient teous de ne vendre que de bonne viande sous peine du fouette pour la première fois y et pour la seconde d'être pendus, étranglez. Des peines très-séTères menaçaient aussi , à cette époque, tous les boulangers qui se seraient permis soit de vendre ù faux poids, soit d^ livrer de mauvais pain. C'est ainsi que le moyen-àge, qui avait le tort immense de diviser la population par castes et par catégories , savait du moins assurer au peuple le peu de bien-être matériel auquel il pouvait prétendre. Nous aurons aussi occasion de remarquer que , dans les grandes solennités, le peuple pouvait, comme les autres classes , prendre sa part de soleil et de vanité en jouant son rôle dans les cérémonies publiques, ce qui était un allégement à sa misère; l'homme ayant besoin pour vivre de quelque autre chose encore que du pain qui peut alimenter son corps.
Tons les objets susceptibles d'être taxés furent soumis au maximum dans l'ordonnance de 1594 ; ainsi , les souliers de maroquin de Flandre on d'Espagne à deux semelles, de 9^ 10, 11 et 12 points, ne devaient pas se vendre plus de 32 sous ; les souliers à trois semelles et les souliers liégés étaient taxés à 40 sous ; la paire de mules et la paire d'escarpins se vendaient 48 sous ; les souliers de veau à deux semelles n'allaient qu'à 24 sous ; les bottes de vache grasse de deux pieds et demi de hauteur, et à trois semelles, étaient tarifées à deux écus. L'ordonnance enjoignait aux cordonniers de faire chaussure de cuir loyal , marchand , bien accotutré et couroyé.
Comparant ces prix aux prix actuels, nous remarquerons que la chaussure élégante était proportionnellement bien plus chère que
l'autre , qui valait à peu près ]e môme prix qu'aajoord'liaiy en tenant compte toutefois de la décroissance de la valeur de l'argent.
Peu après la publication de ce règlement , la Mairie se réunit pour le compléter. Elle renouvela, dans cette circonstance, Tordonnance de 1581 qui défendait aux artisans de boire des vins étrangers et de manger du gibier ; prohibition humiliante et vexatoire , qui n'était propre qu'à exciter des haines violentes entre les diverses classes d'habitants de la ville de INantes.
En 1595 , le feu prit au clocher de la cathédrale , qu'il détruisit en partie.
Le puits de la rue de la Poulaillerie fut adjugé et commencé , sa construction devait coûter 45 écus.
Celui de la place Saint-Pierre fut nettoyé. Son eau était si corrompue que le nettoyage n'eut lieu que la nuit , dans la crainte d'infecter les rues par lesquelles l'eau devait s'écouler ; les habitants de ces rues étaient prévenus de tenir des cuves d'eau devant leurs portes et d'en verser dans le ruisseau pour favoriser l'écoulement des eaux du puits.
Cette année fut extrêmement malheureuse sous tons les rapports; des inondations et des froids rigoureux ajoutèrent encore aux misères causées par la guerre civile.
Les maçons et manœuvres taxés l'année précédente , présentèrent une requête qui fut écoutée. Le bureau de ville augmenta les journées de 2 sous depuis la mi-avril jusqu'à la mi-octobre. Le chapitre ne donnait alors à son maître de psallette que 20 livres de gages , environ 120 francs par an ; mais sans doute le casnel devait ofirir compensation. Le moulin de sa juridiction , situé près de Saint- Clément, était loué 12 livres , et l'entretien de la couveiture de sa vaste église lui coûtait par abonnement 10 livres par an.
Une vieille coutume des siècles précédents s'était conservée pour les serments; un arrêt du parlement du 28 juillet 1595 presorit à un citoyen de prêter serment sur la Sainte Eucharistie , exposée à cet effet sur le grand autel de la cathédrale.
Les maisons étaient presque tontes en bois et séparées par des terrasses , aussi les incendies étaient-ils fréquents et redoutables. La ville acheta , pour les mieux combattre, des seaux de cnir , 12 crochets et 6 barponsen fer, qu'elle fit marquer à ses armes.
L'année suivante , les pluies furent très-abondantes et de très^lon-
goe dorée. Les mousoiis en souffrirent; la misère et les maladies qu'elle engendra vinrent augmenter les souffrances du peuple.
L'élargissement du quai de la Poterne et rachëvement du Port- Maillard datent de cette époque.
En 1597, la cherté des blés fut très-grande, le froment valut jusqu'à 22 livres le setier , ce qui ferait aujourd'hui de 88 à 110 livres au lieu de 30 francs , qui est notre prix moyen. Six à sept mille pauvres recevaient des aumônes en dehors de la ville , qui n'avait guère plus de 40 à 50 mille habitants, et beaucoup d'autres, à l'intérieur, étaient occupés à des travaux de terrassement. Bientôt le Sanitat n'eut plus de lits vides , et les médecins reçurent ordre de se réunir pour aviser aux moyens de diminuer la contagion. — Chasser sur le champ les vagabonds , changer et brûler la vieille paille des lits de l'hôpital , tenir lesraes propres, faire des feux dans la ville, défendre d'exposer en vente du pain chaud et des fruits verts , prohiber la circulation des porcs > voilà les mesures qu'ils proposèrent: la ville les adopta sur le champ ; mais que pouvaient d'aussi misérables palliatifs contre un mal dont on n'attaquait pas la source et qui tenait évidemment, comme les maux qui affligent encore de nos Jours les classes inférieures, à la mauvaise organisation sociale?
Au mois de mai , le chapitre , qui avait sarlout à cœur le triomphe de la Sainte-Union , décida de faire des processions semblables à celles de Paris , où l'on voyait à 10 heures du soir les femmes , les jennes filles , leurs servantes et des jeunes f^ens courir en chemise d'église en église à la lueur de torches , à la suite de prêtres et de moines pareillement en chemise. Cette indécente cérémonie eut lieu , dit l'abbé Travers, les 10 , 11 et 12 octobre. Tous ceux qui en faisaient partie avaient les pieds nus , un cracifix dans une main , une torche allumée dans l'autre ; ils marchaient ainsi chantant les sept psaumes de la pénitence , et formant une procession bien en dehors de nos mœurs, de nos croyances et de nos habitudes du XIX.« siècle.
Le 31 décembre 1598 , Nantes et une partie du comté furent ravagés par un ouragan qui aplanit les marais salants de Guerande , de Bourgneuf , et renversa grand nombre d'édifices et de clochers. Le prêt usuraire était alors usuel , et le clergé lui-même ne faisait aucun scrupule de prêter à gros intérêts : il est juste , en effet , de louer ses capitaux d'après les risques qu'ils peuvent courir.
272 XVI.e SIÈCLE.
Qaelqaes-nnes des troopes du dac de Mercœor se tronraient encore dans les environs de Pïantes qu'elles rançonnaient à discrétion. La ville , voulant se rendre favorable le baron Salignac « qui les commandait , lui envoya à Conëron trois douzaines de bouteilles de bon vin d'Orléans , six jambons et deux douzaines de langues de bceuf , avec prière de faire observer plus de discipline à ses soldats.
Travers rapporte qu'à cette époque la ville avait une pêcherie entre le pont d'Erdre et les moulins des Halles. Le même auteur dit aussi que Ton projeta , la même année , d'établir à la chaussée de Yertou un pont et une écluse, dont on s'occupe enfin maintenant.
Ce fut, dans cette même année, que Philippe-dn-Bec et son neveà» auquel il voulait concéder son évêché , traitèrent avec Gharles-de- Bourgnenf, évêque de Saint- Malo. Philippe-du-Bec , dit Travers, était digne d'un meilleur temps; rempli d'érudition, linguiste distingué , bon , bienfaisant , prêt k rendre service , il oubliait facilement les injures , comme il l'a prouvé plusieurs fois dans sa conduite à l'égard du chapitre, qui lui avait manqué si indignement dans diverses circonstances. On ne lui donnera jamais , ajoute l'auteur de l'Histoire des Evêqnes de liantes , tous les éloges qu'il mérite pour avoir exposé son repos , ses biens , sa vie même , plutôt que de manquer à ses serments. Cependant, à la page suivante , Travers l'attaque rudement pour son traité simoniaqne avec Gharles-de-Bourgnenf.
L'occupation du siège épiscopal de Nantes , par Gharles-de-Bonrgneuf et les contestations entre la ville et Henri IV , sont les deux faits les plus importants de la dernière année du XVL* siècle.
Le chapitre , qui se trouvait en puissance , fit payer la bien venue au nouvel évêque , il lui fallut donner :
Pour sa réception , 100 livres de monnaie de Bretagne, valant 120 livres tournois.
Pour la mitre et le bâton , 40 écus d'or.
A la fabrique, 20 livres de monnaie.
Aux chantres , 8 livres de monnaie.
Aux enfants de chœur , 10 livres.
Au secrétaire des distributions du chœur et du pain du chapitre , 1 livre.
Au secrétaire du chapitre , 2 écus d'or.
Aux bedeaux , 2 écus d'or.
Aux musiciens , 2 écus d'or.
Xyi.« SIÈCLE. 273
An sacriste , 2 écas d'or.
Aux chanoines alors dans la ville , 8 pots de vin, moitié d'Orléans , moitié d'Anjon.
Le chapitre , dit Tabbé Trarers , appelait ces exactions y les meunes redevances de la réception de Tévéque, elles s'élevaient alors , le vin non compris , à 101 écos d'or.
A son arrivée » Gharles-de-Bonrgneaf visita le chapitre , dont tons les membres reçurent soit des avis , soit des réprimandes ; il défendit aox chanoines logés de louer leurs maisons aux laïques , sans en avoir prévenu le chapitre.
Lors de son passage à Nantes , le roi avait décidé qu'il lui serait présenté ane liste triple des candidats aux places de maire et d'échevins. Pendant que Ton s'occupait de la former , il écrivit aux habitants pour leur ordonner d'y inscrire Gabriel Hux de la Bouchetierre , trésorier des Etats de Bretagne , qui avait été emprisonné treize mois par ordre de la duchesse de Mercœur, comme attaché à la cause royale. Henri lY fut obéi, mais son recommandé n'eut pas une seule voix. La ville lui envoya une députation pour lui faire connaître le résultat des élections , et pour loi faire d'humbles représentations sur l'atteinte portée à ses pririléges ; Henri lY , beaucoup plus préoccupé de ses intérêts que de ceux des habitants de Nantes , oublia , chose malheureusement si commane en pareil cas , et les droits des habitants de Nantes et la parole royale qu'il leur avait donnée de les maintenir. Une lettre nouvelle signifia de sa part au bureau de la communauté des bourgeois , d'élire le sieur Hux , et quelques jours après il le nomma maire , sans attendre le résultat des élections. Les Nantais furent Indignés, et à bon droit. Cependant Henri lY aimait réellement le peuple , mais il est si facile h un prince qui peut exécuter tontes ses volontés , de faire des fautes et de mériter souvent un blâme sévère!...
Dans le môme mois , Henri TV ordonna que les maires et échevlns sortants , resteraient en place jusqu'à l'installation de leurs successeurs. Il refusa à la ville l'autorisation de cesser les travaux du Marchix , et lui permit de détruire les barrages de la Madeleine , de Yertais et de Pirmil qui , forçant les eaux à s'épancher du côté de Nantes , nuisaient à la solidité des ponts , et rendaient les inondations plus fréquentes et plus considérables.
274 XVI.« SIÈGLK.
Avant de passer outre > nous devons analyser les travaux et la direction du XYI.' siècle, comme nous Tavons fait pour le XV'. Nous serons plus brefs, parce qu'il y a moins à dire, et parce que les plus belles œuvres d'art de cette époque appartiennent au commencement du siècle , ce qui les rapproche des œuvres du XY.«
XOIIUMEKTS Bl} XVI.« SIÈCtB.
PSàLLBTTB.
Le Tombeau des Carmes n'est point la seule œuvre remarquable du XVL' siècle que Nantes ait conservée , la ville possède encore l'ancien évêché, aujourd'hui laPsallette^ l'hôtel des Sœurs de Saint- Vincent-de-Paule , le Château , dont quelques portions furent construites ou restaurées par le duc de Mercœur; les mines de la Collégiale , l'église des Minimes et quelques autres débris moins importants.
La Psallette se trouve au fond de la cour Saint - Laurent , où son aspect tout pittoresque étonne et surprend agréablement les yeux ; la porte d'entrée n'est pas sans mérite ; une guirlande de feuilles de vignes dessine les contours de son ogive, an-dessus de laquelle se trouvaient deux écussons aux armes de France et de Bretagne, dont on voit encore les restes mutilés. Le style de celte porte appartient évidemment à la fin du XV.* siècle ou au commencement du XVI*. Dans le même massif de maçonnerie , à une assez grande élévation , l'on voit d'autres ornements sculptés aussi avec cons* cience; à droite, une porte dans le style de la renaissance, surmontée d'une fenêtre , au-dessus de laquelle on remarque l'ogive flamboyante, ou si l'on veut à feuilles de chicorée, de la cathédrale de Saint- Pierre et des autres monuments qui appartiennent, soit à la fin du Xy.<, soit au commencement du XYI^e siècle.
A l'intérieur se trouve un escalier de pierres, dont toutes les marches sont d'un seul bloc de granit. C'est une hélice à pente douce, la plus remarquable en son genre parmi toutes celles que Nantes possède. L'on y remarque, en outre, une cheminée très-élégante, ornée de sculptures, qui doit ôtre aussi ancienne que la façade; cette cheminée est couverte d'hermines ; au milieu du manteau se voit une niche ^ dans le goût du XY/ siècle. Tout le reste est dans le style de la renaissance.
Xyi.« SIÈCUS. 275
Noos ayons cra devoir donner deux dessins de cette construction coriease. Tan représente la façade avec sa petite toorelle , sa maison de bois superposée à la construction de pierre» et la verdure qui masque Tune de ses fenêtres et s'élève ensuite presque jusqu^au premier étage ; Tautre dessin représente Tescalier du même édifice. M. Hawke a choisi le lieu où il s'élargit pour fournir à l'entrée des chambres ; on j remarque deux niches, dont Tune est beaucoup plus grande que Tautre, et un ornement en feuilles de chou, placé dans Tangle des murs. Les niches sont surmontées d'un dais de très-bon style.
HAISOir DBS SCBUBS DE SÀUrT-YUrCBHT-BS-PÂUUB.
L'hôtel occupé aujourd'hui par les Sœurs de Saînt-Vincent-de- Panle, est plus récent que la Psallette ; il rappelle cependant un édifice de la fin du Xy.« siècle , que Ton voit en Angleterre ; c'est la vieille chapelle de l'église du Christ à Oxford. La cour de cet hôtel étant très-étroite , l'artiste n'a pu se placer pour le dessiner dans le lieu le plus convenable. Sa porte principale est surmontée d'une ogive à finial et à crochets flamboyants imitant les feuilles de chou et de chicorée; ses fenêtres, qui sont toutes d'un dessin différent , font oublier par leur grâce leur défaut de symétrie. Des sculptures bizarres ou grotesques les décorent ; nous avons cru qu'elles méritaient une planche âipart, et M. Hawke les ayant reproduites avec une grande fidélité, tout commentaire à leur égard nous semble superflu. Les hommes préoccupés des symboles, pourraient seuls en chercher dans ces dessins, qui sont plus étranges que corrects. Nous eussions désiré qu'une troisième gravure servît à montrer le pignon de cet hôtel , c'est-à-dire la partie qui donne sur la rue , ejt nous regrettons de nous être trouvés bornés pjar le nombre dans le choix de nos dessins.
châtbàu.
Le Châteaa , dans tonte sa partie , qui date du XVI.* siècle , porte à l'extérieur la double croix de Lorraine , et rappelle le duc de Hercœnr. Nous avons placé au-dessous de la vue de la chapelle un autre dessin qui représente un bastion construit tout entier pendant les gaerres de la ligue ; c'est la partie la plus pittoresque et la plos intéressante de cette époque.
C0I.LÉ6IAXB.
Nos Annales rapportent qu'en 1506 , à Tépoqne où le sculpteur Columb se trouvait à Nantes , Ton traTaîIlait à la Collégiale , à Taile du chœur qui était du côté de Tépitre ; Tautre aile ayant été bâtie sous le duc François II, pour accomplir la volonté de Pierre H, qui en avait eu le dessein. Nos Annales disent aussi que les chapelles de cette' église étaient du même temps, excepté celles de Saint- Thomas et Saint - Philippe , qui dataient de 1514 et 1534 ; nous sommes donc portés à croire que celle dont nous avons placé le dessin au-dessus de Téglise des Gordeliers, appartient à Fépoque à laquelle Columb se trouvait à Nantes. — Cette chapelle, dans le style de la renaissance , est d'une ornementation très-riche et trèsélégante. Les arabesques qui la décorent intérieurement , méritent de fixer Tattention ; cependant le portail d'entrée , quoique vieux et rongé par le temps , nous a paru plus remarquable. Nous avons cru convenable d'ajouter à la vue générale de cette chapelle, une autre planche contenant six dessins, dont trois pris à l'intérieur et trois à l'extérieur; celui qui forme un carré long et dans lequel on voit deux Zéphyrs , le petit médaillon et le chapiteau surmontant une colonne cannelée en spirale sur laquelle on voit des cygnes, sont choisis à l'intérieur comme ce qu'il y a de mieux. Les trois autres appartiennent à la partie extérieure de la chapelle. Le chapiteau sur lequel on voit au milieu un bonhomme coifië d'un bonnet , et des deux côtés , deux femmes nues , caressant des oiseaux , se trouve au-dessus de l'échoppe d'un cordonnier, et ne peut être bien vu qu'à l'aide d'une lorgnette ou d'une longue-vue. Les arabesques de l'extérieur de la porte , sont dignes de Columb , dont elles rappellent la manière ; elles peuvent être comparées à ce qu'il y a de mieux en ce genre dans le tombeau des Carmes. Quoi de plus gracieux , par exemple , que les deux têtes de colombes qui s'allongent pour becqueter dans une corbelHe!