‹ Histoire de NantesChapitre 24 sur 47 · XVIII.* SliGLB · texte numérisé non relu

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panoi les lioinmes qui prirent parti pour les Girondins , s'il n> araît pas de sans-cnlottes, il j sTait en échange plosienrs radicaux trèsprononcés, c'est-à-dire plosîears citoyens professant et soutenant de lootes leurs forces cette maxime : Que les institutions doivent toutes contribuer an bien-être physique et moral de la sociétés nullement an bonheur exclusif d'un petit nombre d'élus.

L'examen le plus impartial nous a- prouvé que les mairies Giraud et Baco avaient pris à Nautes toutes les mesures de salut public né* cessaires dans les circonstances où elles se trouvaient , et s'il est vrai , comme nous le croyons, que plusieurs députés Girondins aient pensé à revenir sur la division départementale de la France, à fuir devant l'invasion, s'il est vrai qu'ils aient douté du patriotisme du pays, qu'ils aient eu l'immense tort de manifester ce doute > et surtout celui de vouloir la Révolution au profit de la classe bourgeoise , nous pouvons cependant aflkmer que ceux qui , dans l'Ouest , prirent parti pour Vergniaud, Barbaroux^ Louvet et leurs amis, étaient les révolutionnaires les pins purs, les plus radicaux et les plus dévoués. Ils appartenaient tous à la classe bourgeoise; mais ils en formaient l'élite. Long-temps les Sociétés populaires et la Société Vincent elle-même s'honorèrent de les avoir pour présidents. La plupart , républicains dévoués, ontcontinué à professer leurs opinions sous l'Empire. Aux Cent-Jours , quelques-uns d'entre eux présidaient encore les réunions des fédérés bretons; pendant et depuis la Restauration, ils n'ont jamais dévié de leur ligne de conduite.

L'esprit de système vent que Robespierre et Saint- Jost, soient des monstres ou des demi-dieux. Le bon sens fera justice de ces prétentions, en montrant en eux des doetrifiaires républicains ^ qui n'ont pas fait plus pour le salut de la patrie que Camille Desrooulins , et tant d'autres si injustement sacrifiés.

Autant qu'il nous a été possible , nous avons ménagé les noms propres dans le récit des événements de la Terreur ; nous eussions pu en Caire figurer un plus grand nombre , mais 1h première place appartenait de droit à ceux qui ont rempli les premiers rôles. Partout d'ailleurs ce sont quelques têtes qui mènent les affaires , et c'est toujours les chefs qu'il faut rendre responsables de la conduite de leurs subalternes. D'un autre cêté , à quoi servirait-il de nommer tontes lesiuachines qui ont été les moyens de terreur de Carrier? Prenons dans les faits.qu'on vient de lire ce qui s'y trouve , une grande leçon,

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et ne demandoDS jamais an fils quelles forent les opinions de son père. Je dirai pins , c'est à regret que je me sais yu forcé de flétrir Layaox et Robin ; car , tous les deux « ardents et pleins de courage , avaient donné des preuves éclatantes de patriotisme avant d*étre devenus les complaisants de Carrier : nés avec cette énergie morale qui fait les hommes supérieurs, ils usèrent leur activité dans des scènes de débauche, et succombèrent à la facilité toujours si dangereuse > pour des jeunes gens« de satisfaire leurs désirs licencieoi.

Au mois de février 1794 , FEntrepôt fut évacué , et la contagion arrêtée dans ses progrès, grâce au zèle d'un jeune chirurgien, nommé Darbefeuille. Déjà , les rues voisines étaient contagionnées, lorsqu'il s'adressa au maire , le peintre Renard , pour lui faire des représentations sur les dangers que courait la ville de Nantes. A sa prière, il les réitéra au club Vincent, en présence du Comité révolutionnaire , qui les prit en considération et le nomma chef d'one commission de salubrité. M. Hectot , pharmacien de l'Hôtel-DIou , en faisait partie ; il fat spécialement chargé d'exécuter les prescriptions de M. Darbefeaille pour la désinfection de l'Entrepôt , mission périlleuse qui pensa lui coûter la vie , et qui demandait de sa part un grand courage. Dans toutes les salles où l'on entrait , l'odeur la plus infecte se faisait sentir : çà et là l'on voyait des cadavres violacés, les uns étendus à terre, les autres tombés dans les bailles; une mère récemment accouchée et son enfant qui n'en était pas encore séparé, furent trouvés avec d'autres victimes, couverts d'une coache entière de vermine et à demi-putréfiés sons des planches qui servaient de lit. La paille sur laquelle avaient reposé tant de prisonniers, était poarrie , et l'air entièrement vicié par les émanations putrides que produisaient ces divers foyers d'infection. M. Hectot employa largement les fumigations de Guyton de Morveau, découverte alors récente d'une science qui , depuis , a fait d'immenses progrès; il fit laver les salles, ouvrir toutes les croisées, et bientôt la ville fut délivrée du péril qui la menaçait. M. Darbefeuille s'occupa aussi de faire recouvrir de chaux et de terre plusieurs centaines de cadavres restés sans sépulture dans les carrières de Gigant, et compléta ainsi les mesures sanitaires que réclamaient les circonstances.

' Notre ville avait souffert de la disette pendant toute l'année 1793; mais elle fut bien plus considérable en 94. Les habitants se virent

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rédoite à ime demUltvre de pain par homme. Tel était Tenlhoasiasme qui régnait encore , qne personne ne mnrmara. Lorsque Tint Tépoqne de la moisson 9 de nombreux détachements forent envoyés dans les campagnes ponr s'assurer des subsistances. Atrophié par la guerre maritime , le commerce ne se releva point. La chute de Robespierre, les procès des 132 Plantais » des membres du Comité révolutionnaire et de Carrier , occupèrent virement Tattention publique pendant la seconde moitié de Tannée. Du reste , il ne fut créé aucune institution importante > ni commencé aucun monument public. Il semblait que» fatigué par la succession rapide des événements de 93 , chacun se sentit le besoin de prendre du repos.

A&BSSTàTION du comité RÉVOLUTIOlIlfÀIRE.

Ce fut le 7 thermidor que les membres du Comité Révolutionnaire furent arrêtés et conduits à Paris. Ces malheureux , qui tant de fois avaient tourmenté leurs concitoyens, furent traités comme ils avaient traité les antres , avec la plus grande inhumanité. On les conduisit à Paris enchaînés , un collier de fer au col. Voici leurs noms :

Goullin y Chaux , Bachelier, TÉvéque, Pérochaux , Grandmaison^ Naud , Boloniel , Gallon , Pinard , Bataille , Durassier , Jolly , Minguet, Chevalier, Barras, Proust aine, Petit jeune, Guillet, Gautier. Les femmes Gallon, TÉvôque, Grandmaison, Bachelier et Joly furent aussi arrêtées.

Le procès du Comité révolutionnaire eut lien après le 9 thermidor. La réaction contre les terroristes était alors très-grande , aussi les accusés furent-ils jugés avec partialité. Les crimes de quelques-uns , les fautes de tons, n'étaient cependant pas un motif ponr être injuste 5 leur égard. Bûchez et Roux , préoccupés par des idées préconçues , ont voulu voir ,. dans tes noyeurs de Nantes , des matérialistes que le spiritualiste Robespierre destinait à Téchafand , en expiation des atrocités qu'ils avaient commises ; mais les faits ne s'accordent point avec cette manière d'envisager la question. Lorsque la Convention eut décrété l'Être Suprême et l'immortalité de l'âme , les idées religieuses se trouvant de mode, l'on entendit souvent an club Sainte^ Croix, Carrier, Goullin, Chaux et d'autres» accuser leurs adversaires d'athéisme. Nous remarquerons aussi , qu'après le 9 thermidor,

k cette époqae oh Robespierre était coupable, soÎTanl ses de toos les maox da pays ; Marat , au contraire , était encore extrêmement populaire. Chaux , écrirant h ses concitoyens , du fond de sa prison , leur disait : O vous , vertueux paUiûtês qui avez toujours soutenu Marat et les solides ^principes!

Les hommes qui ont fic;uré dans les érénements de la Terreur ont laissé des sourenirs odieux , et cependant il en était de bien plut coupables encore ; rVaud , Boloniel , et bien d'autres , n^ont été qne des instruments ; ceux qui les faisaient agir » ceux qui profitalmt du maximum pour ruiner les commerçants, ceux qui étaient beaucoup plus occupés de leurs spéculations sur les biens nationaux que du salut du pays , roilà les plus criminels des hommes de 93. Après aroir fait guillotiner des innocents sur leurs dénonciations, par des fanatiques impitoyables , ils restaient derrière le rideau pour partager leurs dépouilles.

Nous regrettons que les lois actuelles ne nous permettent pas de publier les faits que nos recherches nous ont mis à même d'apprendre ; car notre désir eût été de ne pas plus ménager les Tirauts que les morts.

Les membres du Comité révolutionnaire ont joué un rôle assex important pour que nous consacrions quelques lignes destinées à les faire connaître:

Goullin, ancien colon de Saint-Domingue, connu ayant 89 par ses talons ronges, ses plumets, sa longue et innocente rapière, son libertinage , qui loi arait mérité le titre de roué , était un homme spirituel , mais d'un courage douteux. Lors de l'attaque de Nantes, il s'était trouvé indisposé. Depuis, il avait pris, comme nous Tarons tu, une part fort active à la Terreur. C'était lui qui avait adressé à Phelippe Tronjoly ces paroles si remarquables: Président , avec votre air sévère, vous avez Pâme trop timorée ; ist-ce qu'il faut des preuves pour faire passer certaines personnes au rasoir national? On leur fait mettre la tête à la fenêtre sur f étiquette du sac. Son influence était grande sur ses collègues qu'il méprisait^ et dont il était redouté.

Chaux , ancien négociant , avait fait deux faillites ; on lui a reproché d'avoir mis en prison ses créanciers, et d'avoir imposé à beaucoup de citoyens des taxes arbitraires. Il s'emportait facilement; du reste, sa colère était peu dangereuse: il ne fut cruel que par lâcheté et par envie de jouer un rôle.

Bàcheliw, président du Comité, arait rempli les fonctions de notaire dans le fief de TéTèque; il fit emprisonner plosienrs de ses collègues. C'était nn type de finesses et de roses comme on en troore firéqoemment chez les gens de loi. Parfois, il jouait le compatissant, lorsque des détenus demandaient leor mise en liberté. Sûr de leur innocence, il devait, disait-il, s'occuper de leur demande , et leur faire rendre justice; mais, à peine lesayait-il qoittés, qu'il tenait un tout autre langage. Cet homme rit encore , ses dernières années ont été abreuTées d'amertume; personne , dans le quartier qu'il habite, ne Teut lui parler; il vit seul, lisant des psaumes et récitant des prières depuis le matin jusqu'au soir ; ses papiers ont disparu , ils lui ont éf é enlerés^ dit-^n.

IVous n'avons rien à dire des antres membres du Comité révolutionnaire: c*étaient des hommes peu capables , comme Boloniel> Minguet, Joly , Durassier, ou des âmes féroces comme Grandmaison.

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