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de Rocbe-Serrière. Je tous remercie, an nom de la Patrie, da service important qne yona renez de Ini rendre. Camarades, tandis qne Yons obtenez ici des snccès, de grands malhenrssont tombés snr les armées dn nord. Le génie de l^Emperenr et les pins savantes combinaisons, n^ontpn résister à nn oonconrsde circonstances qne la prudence bnmaine ne ponvait prévoir. Ces désastres nous affligent, mais ne nous abattent pas; la canse sainte de la patrie et de la liberté ne saurait succomber. Soyez toujours disciplinés, tranquilles et confiants , nous ne cesserons jamais de marcher ensemble dans le chemin du devoir et de Thonnenr. »
Le même jonr , Lamarqne écrivait an général Charpentier , qui commandait ta iS.« division militaire, qne M. de Sapinean, général en chef des armées royalistes , venait de ratifier la pacification de la Vendée.
Noos avons passé rapidement sur les événements si pressés des cent jours , vu qne la plupart ne concernent quMndirectement notre ôté. Ce n^est point d'ailleurs an milieu des commotions politiques, si ennemies des transactions de toute nature , qn*nne ville de com» flieroe peut se développer; mais voici venir une autre époque qu'il importe d'étudier av^c soin pour en préciser les phases et les infinences.
BBUXIÈHB SBSTÀU1UTI0N.
La Restauratien s'avance une seconde fois sur notre sol , portant à la main le rameau d'olivier. Aussitôt tous les hommes qui avaient besoin de la paix pour produire , se pressent autour d'elle , et lui promettent leur dévouement en échange d'institutions dont ils attendent protection pour leur travail. Bientôt notre ville compte uu grand nombre de royalistes , surtout dans les rangs dn commerce. Mais les anciens républicains de 89 , mais les fédérés de 1815 , qui rêvaient un avenir plus glorieux et plus libre , et qui redoutaient avec raison la persécution ; mais les militaires et les bonapartistes , frappés dans leur religion politique et dans leur amour-propre de français , se tinrent à l'écart et formèrent un noyau de mécontents. Quant an peuple , il n'entendait rien, pas pins cette fois que la première, au nouveau gouvernement. Trop peu métaphysicien pour comprendre quelque chose d'aussi abstrait que l'ordre constitution-
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nel 9 il rêvait ao drapeau Incolore , soas leqoel il avait yainca dans toute rEurope » et ne supportait qn^avec peine les outrages faits à soii culte de vieux soldat.
Le 18 août, commencèrent les nouvelles élections: MOf. Richard, docteur-médecin ; Barbier , ancien négociant ; Du Gambout de Coislin, Humbert de Sesmaisons^Peymsset et de Barante, furent nom* mes par la Loire-Inférieure.
Le 10 septembre, Tavant-garde d'un corps prussien arriva dans notre ville. Pendant 14 jours , Nantes et les environs eurent à loger 10,000 hommes. On doit rendre à ces étrangers cette justice qu'ils se conduisirent de manière à n'occasionner aucune plainte. Il ne pouvait suffire au pouvoir qui renaissait , d'avoir remplacé , dans notre ville , le préfet des cent jours, par M. de Brosses , et le maire, M. Bertrand Geslin , par M. Dnfou ; il Ini fallait encore des hommes dont la main de fer sût comprimer les élans. Aussi, le 5 novembre, le gouvernement envoya-t-tl anx nantais le vicomte de Gardaiilac avec mission d'Imposer silence aux vaincus. Il n'est pas inutile de remarquer qu'à cette époque de proscriptions dans l'Ouest et de massacres dans le Midi , c'étaient les doctrinaires -qui gouvernaient la France. MM. Talleyrand , Barbé-Marbois , Pasquier , De Gazes , Becquej , Royer-Gollard , Bertin-Devanx , Guizot, Louis , Laisné , Beugnot et leurs amis , occupaient le conseil-d'état , les ministères et toutes les avenues du pouvoir. Par suite , ils sont comptables des violences de tonte espèce qu'ils ont ou commandées ou laissé commettre pour établir et Caire triompher leur système de monarchie à l'anglaise. Quant au vicomte de Gardaiilac, il fut bientôt entouré à Nantes de tous ceux de son opinion qui sentaient le besoin d'une terreur pour imposer au parti déjà puissant des libéraux , et de ces gens qui , sous tous les régimes , trafiquent de délations et de provocations , comme pour prouver qu'il est nécessaire que tout le monde vive. Autour de lui, l'on vit rôder encore de ces hommes de lettres sans caractère qui ont des homélies et des vers louangeurs pour le plus fort quel qu'il soit. Le Gommissaire extraordinaire comprit parfaitement sa mission. G'était moins du sang qu'une terreur morale qu'il lui fallait , et elle eut lieu. Son effet ne fut que momentané : en vain pour comprimer les mécontents l'on usa de mesures exceptionnelles ; la persécution ne fit que séparer davantage les deux camps. D'un côté» les hoimnes de l'anden régime qui n*a-
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raient rten oubKé ni rien appris; de Tantre , les bonapartistes > les réiwblîcains , la bourgeoisie attaquée dans ses conquêtes de 89 , et quelques gentilshommes qni comprenaient la France.
Le jeodi> 9 novembre , eot lien Tinstallation du vicomte de Cardaillac. Hnit jours après , les militaires licenciés , non domiciliés dans notre ville , reçurent la défense d'y séjourner plus de 48 heures; une ordonnance prescrivit aux fédérés et aux volontaires du corps franc , connus sons le nom de chasseurs vendéens , de se présenter chex leors commissaires de police et d'y donner leur adresse ; successivement il en parut d'autres concernant la police des lieux publics et celle des armes. Ce livre n'est point destiné à rappeler les indignes vexations subies par les patriotes en 1815, mais nous devons rmidre cette justice à Gardaillac, que, tout exagéré qu'il était dans ses opinions, il a su mettre h la porte de chez lui des misérables et notamment un rimailleur , qui voulaient encore étendre davantage le cercle des persécutions. Sa correspondance renferme la couifirmaftion de quelques faits intéressants ; elle montre bien clairement, par exemple , que les uJtra n'étaient point contents de Louis XYIII^ ils auraient vonln l'ancien régime dans toute sa pureté, et le roi professait , avec les doctrinaires , que , par suite des modifications snrvenues dans la classe moyenne, il était nécessaire qu'on lui accordât quelques droits politiques , attendu que c'était le seul moyen de constituer une monarchie dans notre patrie.
Des proscriptions et des persécutions naquit le Carbonarisme , il s'étendit rapidemeitf sur toute la France comme un vaste réseau ; mais jamais institution ne fut plus divisée de but et d'intentions. Le journalisme lui soufflait la vie.
La rédaction des fenilles périodiques, à cette époque, était bien facile; car il suffisait , pour obtenir un grand succès, de répéter tous les jours, à mois couverts, plus de Bourbons^ plus de Jésuites. Un seul fait, celui delà légitimité, servait de point central à tontes les discussions ; mais il y avait péril à parler , et dans notre ville la prison s'ouvrit plusienra fois pour recevoir le gérant de fJmi de la Ckarte , M. Victor Muigin # qui a fait preuve de courage civil et payé de sa personne pendant ces années de discussions orageuses et de persécutions.
Les mécontents, lorsqu'ils se trouvaient réunis , ne parlaient que de renverser le trône constitutionnel ; ils se divisaient ensuite sur
les moyens de le remplacer, aassi ne poavait-il rien sortir de cette anarchie organisée, qni avait pénétré jusque dans les collèges, olk les fils des patriotes s*entretenaient fréquemment de conspirations.
On peat diviser les carbonaris , en quatre classes , les uns les fondateurs étaient des radicaux roulant la réforme des privilèges héréditaires aussi complète qne possible, et professant ces maximes : « à chacun selon sa capacité ; à chaque capacité selon ses œuvres. Toutes les institutions doivent avoir pour but Tamélioration physique, mo* raie et intellectuelle de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre , » maximes adoptées, depuis, par Técole Saint-Simonienne. Basard, Laurent et leurs amis appartenaient à cette fraction qni n*avalt point encore de représentant en Bretagne ; placés derrière Lafayette , ils voulaient se servir de son immense popularité pour le triomphe d'opinions nettes et bien auUrement mûries qne celles du Tieux général.
D'autres, comme MM. Louis de Saint- Aignan et Dubois, de Rennes, qui , depuis, s>st acquis une réputation si justement méritée par la rédaction de Tancien Giobe^ étaient moins radicaux, mais plus pratiques ; leurs nombreuses relations en Bretagne leur donnaient une grande influence dans cette province , où Ton savait les apprécier. Peut-être cependant se préoccupaient-ils un peu trop du renversa ment des Bourbons sans songer au gouvernement qni devrait succéder à la branche aînée. Le surplus des conspirateurs se composait d'anciens républicains et de bonapartistes ; les premiers , partout où ils se trouvaient en contact avec les radicaux , faisaient bientôt canae commune avec enx ; quant aux bonapartistes , la plupart n'étaient qne des sabrenis ou des tapageurs d'estaminets. Il ne pouvait y avoir d'ordre et d'accord dans une pareille association ; aussi n'y eut-il jamais ni direction , ni unité , ni prévision dans le carbonarisme.
Lorsque le malheureux Berton traversa la Bretagne, de Brest à Nantes, pour diriger la tentative de Saumur, son entreprise était un aujet de conversation , même dans les cafés. Personne n'ignore le résultat de cette expédition, dans laquelle il manqua de prudence et de fermeté. Beaucoup de Nantais se trouvèrent compromis à la suite de cette échanffonrée ; MM. Heureux, Gossin, Fouré, Dupnis, contumaces, furent condamnés à mort; H. Hosneron*Dupin jeune et ses eo-accusés furent acquittés.
£)e jugement fut suiyi de scènes violentes : sur la place du Bonflay,
quelques personnes forent maltraitées par des soldats, alors en garnison à Plantes. Dans cette circonstance, le colonel Bapatel acquit des droits à Testime de ses compatriotes en refusant de les faire charger par son régiment , quoiqu'il en eût reçu Tordre du général Despinois. Le lendemain^ V Ami de ta Charte raconta ce qui s'était passé. Le général Despinois , se croyant insulté , poursuivit le rédacteur en chef derant les tribunaux , qui le condamnèrent à 1000 fr. d'amende et deux mois de prison. Ainsi se termina cette affaire.
Un second essai de carbonarisme fut tenté , en 1827, par des jeunes gens qui appartenaient à l'École du Prot/uctoiif. A la suite d'un banquet provincial , quelques étudiants de la Bretagne résolurent de recommencer les conspirations; cette fois, du moins, arec plus d'unité que la première. Ils s'organisèrent en sections de sept membres, et bientôt ils comptèrent dans leurs rangs plus de mille affiliés. L'un d'eux, alors , fut député dans notre prorince ; mais il cessa toutes relations avec ses co-associés , en apprenant la mort de Manuel, le seul des hommes influents du parti dans lequel il eût une entière confiance. Le programme , donné à ces jeanes gens par ceux qui les poussaient , était de la dernière nullité; mais les leçons passées leur ayaient profité, aussi rédigèrent-ils eux-mêmes la charte nouvelle pour laquelle ils consentaient à courir les plus grands dangers. Nous ne reproduirons point ce manifeste , qui n'était qu'un résumé des doctrines de la Montagne, écrit sous l'influence des théories développées dans le Producteur, par Bazard et ses collaborateurs ; nous nous abstiendrons aussi de redire les scènes plaisantes qui se passèrent entre quelques* uns de ces jeunes gens et des députés influents, dont l'un chercha h les faire dévier du républicanisme pur qu'ils professaient , pour qu'ils conspirassent au profit de la branche cadette ; ces faits ne se rattachent qu'indirectement à l'histoire de notre ville , qui resta presque entièrement étrangère âi cette seconde conspiration.
Redire ici les autres événements politiques de la Restauration , ce serait raconter ce que tout le monde sait et ce que l'on voyait partout ailleurs : des élections faussées par la faiblesse d'un grand nombre de citoyens et la servilité des agents du pouvoir, la presse enchaînée par des juges timides ou passionnés, une police souvent brutale , et de malheureux patriotes victimes de leur dévouement.
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ÉY^msnNTS DITBBS DE 1815 À 1830.
Quelque temps après le retour des Bonrboos, la Mairie prit nn arrêté contre les personnes, d'opinion opposée an pouvoir, qui déchireraient les affiches. Le 27 juillet , elle fit fermer le café Grandcean comme lieu de rassemblements séditieux. Dans les premiers jours de novembre , MH. De Milsan , De Combes et plusieurs antres obtinrent rautorisation de fonder une nouvelle chambre sous le nom de Chambre des Amis du Roi, Le 14 , M. Debaj forma une école de dessin dans notre ville. En décembre^ Tinspection des approvisionnements des boulangers fît reconnaître que plusieurs n'étaient pas en règle. Un arrêté de la Mairie les suspendit; la mesure était sévère « mais juste et prudente.