‹ Histoire de NantesChapitre 30 sur 47 · XIX.« SIÈGU · texte numérisé non relu

XIX.« SIÈGU

Ils firent, du reste, preare de bon sens, en ne cherchant point à imposer à la majorité des opinions qni étaient celles d*une minorité fort pen nombreuse ; il leur était d*aillenrs assez difficile d^agir arec ensemble , car ils se connaissaient à peine ; la Révolution de juillet , ayant été dans notre ville le produit d'une explosion spontanée et nullement rœuvre de quelques conspirateurs. Mais il ne faut pas en conclure , comme on s'est plu à le répéter souvent depuis cette époque , que les démocrates n'avaient alors aucune idée gouvernementale. Sans entrer dans l'historique des faits contemporains, nous devons à la vérité de publier une page vieille de bientôt huit années, qui résume les vœux du parti qui se mit en juillet, dans notre ville, à la tfite du mouvement révolutionnaire, la voici :

« 89 avait affranchi la classe moyenne : 1830 devait aSranchir les » prolétaires. Accorder le droit électoral non plus à la fortune, mais » uniquement à la capacité ; supprimer les impôts sur le sel et sur » les boissons au moyen de la caisse d'amortissement ; relever le » crédit public > le commerce et l'industrie, en consacrant 10 ou 20 » millions de rente à encourager de grands travaux publics , et sur* 9 tout la construction d'un vaste système de chemins de fer , qui » lierait toutes nos grandes villes et augmenterait énormément la 9 valeur du fonds social de la France ; introduire le bon marché 9 dans le gouvernement; poser en principe la nécessité d'examens » sévères et spéciaux pour toutes les places de finances , d'adminis- » tration et de diplomatie ; couvrir notre patrie d'écoles de tonte » espèce ; remplacer les receveurs-généraux par des banques d'esn compte et de commandite destinées à faire baisser « au profit du » petit commerce et de la petite industrie , le taux de l'escompte , » c'est-à-dire le loyer des instruments de travail , et à créditer les » ouvriers laborieux , économes et éclairés ; employer l'armée à des 9 travaux d'utilité générale , en faisant en sorte que chaque soldat » revienne chez lui plus moraU plus robuste, sachant lire, écrire, » compter, capable d'exercer une profession, et possédant un petit » pécule; proclamer hautement qu'au lieu de punir il faut réfor- » mer, et, par suite, supprimer la peine de mort et changer le » système pénitentiaire ; ne pas contraindre, par une loi absurde sur » les céréales , l'immense majorité des Français à payer h 64 mille » grands propriétaires , qui possèdent les deux tiers de la France , » un énorme impôt ; réformer le système hypothécaire et les antres

» lois qui pressarent l'indastrie aa profit de la propriété foncière ; » créer dans les provinces de grands centres de science , de com- » merce et d'industrie , et détruire les abns de la centralisation qui » nous régit , en accordant à chaque localité le droit de régler ses 3> intérêts particuliers ; briser les chaînes qui entrarent la prospérité » commerciale et manufacturière ; enfin , propager les baux à long » terme et les banques agricoles : Toilà les principales améliorations » que nous avons droit d'attendre du nouveau gouvernement. »

De ces améliorations, toutes si justes et si raisonnables, quelques-unes sont devenues impossibles ; d'antres , en bien petit nombre 9 sont timidement essayées : mais la vie des peuples est plus longue que celle des hommes ! Les jours de notre existence ne sont que des instants comparés à ceux des nations , et le désir égoïste de la jouissance immédiate ne doit jamais être le but de ceux qui combattent pour le bien-être de l'humanité.

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