‹ Histoire de NantesChapitre 4 sur 47 · V.« SlACLB · texte numérisé non relu

V.« SlACLB

On doit conciure de ce qui précède que TorgaAisation féodale ne fut point une innoration, mais bien la continuation, ou, siTon vent, la transformation lente de ce qui existait sous la domination romaine. Aussi, comme nous Tayons dit, la situation des classes inférieures ne fut-elle point immédiatement améliorée. Loin de là , les colons déchu» rent m6me momentanément de la position sociale qu'ils occupaient; car, sons la loi romaine, ils ne devaient au propriétaire qu'une rente fixe, et Tétat les protégeait contre ses violences, tandis qu'ils trouvé* rent dans le seigneur féodal le pouvoir et le propriétaire foncier réunis, ce qui les rendit taillables et corvéables à merci. Partout, d'ailleiirs, oti les barbares jurent la place des anciens maîtres, ils se montrèrent plus empressés de restreindre que d'augmenter les droits de la race exploitée. Cependant, la défaite des Romains ou Païens fut très-utile, en donnant -un grand pouvoir à des prêtres sortis souvent des rangs les plus infimes de la société, dont la parole de liberté, de charité et d'égalité, retmitissait chaque jour plus forte et plus puissante. La religion du Christ devait émanciper le monde; l'invasion des peuples barbares fut un accident qui remua et laboura le sol dans lequel elle devait fructifier.

Gonan Mériadec monrut à l'âge de soixante-cinq ans, dans l'année 421 de notre ère, après avoir habilement dirigé pendant trente» huit ans les affaires de la Petite-Bretagne , dont Nantes était devenu la capitale. Inquiété au commencement de son règne par les Goths, illenr enlève le pays de Retz. Plus tard, il s'occupe d'administration intérieure, trace les limites du diocèse et fait battre momiaie (1). A la mort de Maxime , il profite habilement des embarras de l'empire romain pour se constituer dans une indépendance complète. De 415 à 420 , il fait reconnaître et ratifier cette indépendance par Exuperantius, préfet du Prétoire dans les Gaules. Ce prince a été enterré dans l'église de Saint-Pol-de-Léon , en Basse-Bretagne.

Fonrnier fait remonter an règne de Gonan la fondation des églises^ de Saint-- Julien et de Saint-André; l'abbé Travers prétend aussi que ce fut vers la même époque, que les Saxons s'établirent an

(1) Ce un est eontroverié $ plarieors aateara , parmi lesquels nous citeroos Vabbé Travers , regardent les pièces qni porteat le nom de Gooaa comme appartenant à Gonan II.

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Groisic: ces deux opinions sont probables; mais elles ne sont pas suffisamment appnyëes.

Il était impossible que les peuples dirers , qui habitaient les Gaules reçussent en bonne intelligence. Le désir si naturel d'avoir le meilleur lot dans le partage de la conquête, devait nécessairement armer les unes contre les autres , ces races tout à fait différentes par leurs habitudes et leur langage. Aussi les invasions ennemies sont - elles le fait le plus important du siècle qui suivit la mort de Mériadec.

En 434 , Wallia , roi des Goths Aquitains , étant parvenu h se former un parti dans la ville de Nantes , Salomon, petit-fils de Gonan qui régnait alors , fut massacré par ses sujets ; ce qui permit au prince d'Aquitaine de ravager la Petite-Bretagne. — Les deux fils de Salomon, que d'autres nomment aussi Guitol ou Guitric, étant trop jeunes pour combattre , se retirèrent chez leur oncle Grallon ou Gradlen , dans le comté de Gomouailles. Gelui-ci prit en main le commandement des Bretons, attaqua les Aquitains et les vainquit. — En 438, la Bretagne dut à sa valeur d'être tout à fait purgée des ennemis qui l'avaient opprimée; mais bientôt les Aquitains furent remplacés par les Romains, qui firent le siège de Nantes en 489, .sous la conduite de Littorius, lieutenant d'Aétius. Grallon, vaincu, se vit contraint d'abandonner sa capitale et de rentrer à Quim* per. Il reprit bientôt l'offensive ; aidé par un grand nombre de ftretons insulaires, qui s'établirent ensuite à Guerande et sur les confins des Yannetais , par les Bagaudes et par l'alliance des Fnmcs , il r^oussa les Romains et pénétra même jusqu'à Tours.

Grallon mourut en 445 , dans l'année où Saint-Germain et Saiyit^ Loup achevèrent de chasser les Romains des pays occupés par la ligue armoricaine, n fut enterré dans l'abbaye de Landevenec, qu'il avait fondée. L'on rapporte à son règne l'introduction en Bretagne des premiers ordres monastiques, l'inhumation de l'évêque Didier, dans l'église de Saint-André et la fondation de l'église de Saint- Vincent.

Audren , fils aine de Salomon ou Guitric , succéda à son oncle. Ce fut ce prince , dont le firère devint roi de la Grande-Bretagne , où l'avaient appelé les habitants du pays. Son règne ne nous rap^ pelle aucun souvenir important; mais, en consultant pour cette époque nos anciens chroniqueurs, nous voyons figurer dans leurs

récits les bsgandes et la ligae anDoricaine, qa*il est conrenable de faire conaaitre , pour mettre cette histoire en rapport avec les oa« vra^s qui ont parlé des premiers temps de la monarchie française.

Le mot Amoriqœ (ar mor) rent dire la mer. Les anciens entendaient par rArmoriqae, l'ancienne province de Bretagne qae la mer bai^e de trois o6tés ; et , par les Armoriqnes , cette province et les antres provinces dn nord de la France qni en sont voisines et qpii se lignèrent tontes ensemble contre les Romains pour conquérir leur indépendance.

Le nom de bagande vient du Celtique Bagad et signifie rénnion; il s^'applique surtout aux assemblées db toubbbs bt populaibbs d'hommes des classes inférieures , et servit h désigner dans le principe les masse» de colons qne la cnpidité des propriétaires romains ou gallo-romains souleva contre leur domination. La bagandie fut one jacquerie véritable, son bot était Taffrancfaissement des cnlti valeurs et la possession libre par les laboureurs des terres qu'ils cultivaient. — Quoique non concertée , la révolte des colons gaulois fut générale , parce que partout les abus étaient les mêmes. — Armés à la h Jite , sans che£s , sans discipline , les bagaudes furent facilement vaincus en masse; mais leur pensée d'émancipation survécut à leur déùdte. Le glaive de Maximien et des autres chefs , qui défirent les bagaudes , ne tua point l'idée qui les avait soulevés , et beaucoup d'entre eux parvinrent à s'affranchir et à s'élever au rang de propriétaires. — Leur révolte fut de longue durée : plus de cinquante ans après leur premier soulèvement l'on voit des partis de bagaudes s'mûr le plus souvent aux barbares pour combattre les Romains et partager avec les vainqueurs une partie des privilèges de la conqnôte.

En 477 , les Saxons établis dans les iles de la Loire , serraient de fort près la ville de Nantes , dont ils ruinaient le commerce ; Ensèbe , qui avait usurpé le gouvernement du duché , au détriment de Budic , frère d'Âudren , se trouvant trop faible pour les combattre , appela à son secours les Romains et les Francs, mais il fallut trois années de luttes pour les forcer à se retirer au Groisic , où se trouvait leur principal établissement. C'étaient des hommes hardis , très-vigoureux et tout à fait propres à la guerre , comme on peut encore juger aujourd'hui par ceux de leurs descendants qui habitent le Groisic , le Pouliguen, le bourg de Batz et les lieux circon voisins , où l'on trouve one race moitié Bretonne, moitié Saxonne, produite probablement

par Fanion des Saxons avec les femmes du pajs , où Ton trouve aussi un Breton corrompu et un costume national fort remarquable.

Onze ans plus tard , les Saxons , sous la conduite de leur chef Marchil Ghillon , assiégèrent Nantes, et ravagèrent de nouveau ses enrirons.

Mais Budic, qui avait pris h la mort d'Eusèbe, le gouvernement de la Petite-Bretagne, vint au secours de la ville, et les contraignit de se retirer. Grégoire de Tours attribue la délivrance des Nantais il une intervention divine , manifestée par une apparition miraculeuse de fantômes vêtus de blanc. Nos chroniques rapportent, en effet, que deux processions sorties de nuit , Tune de Saint-Donatien, Tautre de Saint-Similien, se rencontrèrent, prièrent ensemble, et se retirèrent ensuite dans les églises d*oit elles étaient sorties ; elles ajoutent que ces deux processions, qui effirayèrent beaucoup les soldats de Marcbil , n'avaient osé sortir de jour , par suite de la crainte que les Saxons leur inspiraient , et que Marchil , après avoir levé le siège, se fit baptiser. Quelque naturel qu'il soit d'attribuer la délivrance de Nantes aux secours de Budic, nous devons cependant accorder quelque chose à la tradition populaire ; il swait peu philosophique de nier que les deux processions dont parlent nos chroniques, aient pu avoir qnelque influence sur les Saxons , et que leur chef lui*méme ait demandé le baptême, soit par peur, soit par conviction, soit encore par spéculation politique , comme les chefs Normands Tout si souvent fait.

L'on doit rapporier à cette époque et aux années qui suivirent, la construction des églises de Saint-Glément, Saint-Saturnin et de Saint- Cyr. La seconde, située vis-ài-vis Sainte-Croix, existait encore k l'époque de la révolution. La dernière, placée sur la motte Saint- André , a été détruite par Pierre Mauclerc, au commencement du Xin.« siècle, et reconstruite depuis sur un autre emplacement, sous Fin vocation de Saint- Léonard. Nous ne savons rien de précis sur l'architecture de ces monuments religieux.

Vers l'an 509 les Frisons , ayant fait ^npoisonner Budic , se répandirent dans une grande partie de la province. Les enfants de ce prince cherchèrent un refuge dans la Grande-Bretagne, où l'on prétend qu'Hoël, qui était l'ainé, fut fait roi du pays de Galles; ce qui n'est guère supposable, puisqu'il rerint au bout de quatre ans avec des secours fournis par son parent , le roi Arthur, si célèbre dans les romans de chevalerie , et un grand nombre de guerriers bretons qui l'avaient suivi dans la Cambrie.

Aussitôt débarqué, ce prince attaqua avec vigueur ses ennemis. La défaite des Frisons, que commandait un chef nommé Corsold, lui ourrit la route de Nantes, où il fit une entrée triomphale; mais, à peine de retour dans la capitale de la Petite-Bretagne, il s'empressa de combattre les Saxons du Groisic , qu'il parvint à chasser des lieux dont ils s'étaient emparés. — Son fils Jean, auquel il confia le commandement d^une partie de ses troupes, remporta sur eux de si grands avantages , quHls furent contraints de rentrer au Croisic : un tiers de soa d'or fut frappé à Nantes en l'honneur des victoires du fils d^Hoël ; d'un côté de ce sou , une tôte sans diadème , et pour légende Nàm5stis ; de l'autre , une sorte de trophée traversé d'un pieu qui supporte le bonnet de la liberté, et pour légende Johàhnis. Le trophée se trouve entre un soleil et une croix, qui semblent une allusion à ces paroles : in hoc signo vinces , adressées au grand Constantin.

Pendant qu'Hoël gouvernait l'Armorique , Evheremus occupait le siège épiscopal de Nantes. Ce prélat se fit remarquer par une piété et une charité tout à fait évangéliques.

On attribue à Evheremus, d'après Fortunat, Térection de la première cathédrale de Nantes ; mais on ne sait au juste , s'il la fit entièrement bâtir à neuf, ou s'il se contenta de réparer et d'augmenter un ancien temple païen.

Sous l'épiscopat de cet évêque , les lois romaines étaient encore en vigueur. L*abbé Travers fait observer à ce sujet qu'un créancier pouvait réduire en esclavage un débiteur insolvable , môme lorsqu'il était prêtre , et il cite une preuve à l'appui de cette assertion. Aussi la promulgation des lois d^'Hoël , qui eut lieu à cette époque , dut-elle être acceptée avec reconnaissance par le clergé.

Le duc Hoël mourut en 545 , laissant cinq fils qui se divisèrent ses états. Le comté de Nantes devint le partage de Canao, qui fit périr trois de ses frères pour s'emparer de leurs domaines. Judicaêl , fib de Jean , qui avait commandé l'armée d'Hoël dans la guerre contre les Saxons , craignant pour lui la fin tragique de son père , se retira à la cour du roi de France, Childebert. Quant \ Macliau, le plus jeune des cinq frères , il eût subi à son tour le sort de ses aines , sMl n'avait eu en sa faveur la puissante intercession de l'é- Têqne Félix , successeur d'Evheremus. Devenu maître de la plus grande partie de la Bretagne , peut-être même de toute cette pro-

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rince, Ganao épousa la fille da duc d'Aquitaine. Les noces se firent à Nantes avec beaucoup de pompe et de dignité , disent nos historiens ; mais nous n'en avons point les détails.

ÉPISCOPA.T BB FÉLIX. — SBS TBA.YAUX HrDBAULIQUBS. — PRE- MIÈRE CATHÉDBALE. — ÉYÉNEXENTS DE LA. FIN BU TI.« SIÈCLE.

JLj'épiscopat de Félix est Tune des époques les plus glorieuses de l'histoire de notre ville. Nantes , avant ce saint prêtre, n'était point situé sur la Loire même , mais bien au confluent de l'Erdre et du Seîl : on n'j voyait ni cathédrale pour recevoir le peuple entier aux grands jours de fêtes , ni moulins pour préparer sa nourriture. Notre cité se composait probablement de maisons groupées autour des diverses églises et des principaux monuments.

Félix ouvrit un canal entre les prairies de Mauves et de la Madeleine , que l'on appelait alors prairies de la Hanne et de l'Hienne , et qui, avant cette ouverture, n'en formaient qu'une seule. Il établit à l'entrée, des pêcheries et des moulins à eau. Par suite de ces travaux, dont la destruction n'a eu lieu qu'au XII.' siècle, la Loire entra dans le lit du Seîl et de l'Erdre , qui se réunissaient alors près du lieu oti se trouve aujourd'hui le pont de la Poissonnerie. Si l'on en croit Travers , de nouveaux barrages avec moulins furent établis par Félix, l'un à Barbin, un second au Port-Gommuneau, un troisième sur l'emplacement actuel de l'écluse , et un quatrième au pont de la Poissonnerie. Mais nous ne saurions accepter ce fait sans admettre que le dernier de ces barrages fut placé avant la jonction de l'Erdre et de la Loire; et cependant, même avec cette modification, nous ne comprenons pas comment Félix avait pu trouver, de Barbin à l'entrée du canal qui porte son nom, des variations de niveau assez grandes pour permettre la construction de cinq chaussées et d'un pareil nombre de moulins.

Dans une pièce de vers, adressée à Félix lui-même, Fortunat donne de grands éloges à ces travaux de l'évêque de Nantes. En voici la traduction :

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« Les œarres nonrelles reiniK>rteiit sur les anciennes , et les récits 9 des poètes sont effacés par les faits dont noos sommes témoins. Si 9 Homère arait ru barrer des fleuves , il en eût fait le sajet de son » agréable ouvrage . Tons y liraient le nom de Félix, personne celui » d^Acbille , et la gloire dn poète y gagnerait; car c'est rotre génie , » Félix, qui, leur donnant un meilleur cours, force les fleuves h » couler dans un nouveau lit, et refoule Teau de manière à la forcer » de suivre une route nouvelle. — Ici , vous creusez une vallée et » vous placez une montagne sur un lieu abaissé. Par un changement » de rôles , Tune s*élève , Vautre s'abaisse : Tune prend la forme de » Tautre : la montagne s*élève dans la vallée, et la vallée s*élèveen » montagne. — Où fuyait une onde rapide , vous avez apporté des ]> obstacles 9i sa course. Aussi les chariots roulent oti Ton voyait les » proues des navires. Tous élevez des collines et détournez le cours » des eaux qui pour vous sont dociles. Sur remplacement d'une » rivière, un fleuve rapide arrive pour lui mêler ses ondes. Mais, » tout-âi-coup , une colline s'élève et change sa route. — Les eaux « qui, dans le principe, arrosaient inutilement la terre, travaillent » maintenant à la nourriture dn peuple , et lui donnent même une a» seconde nourriture renfermée dans leur sein. — 0 Félix! que vous » devez être habile à diriger la mobilité des hommes, vous qui avez » su soumettre à vos lois des torrents rapides ! Qu'une vie sainte et » sans tache soit toujours le partage de celui dont le commandement » a changé le cours des eaux! »

Nous ne chercherons pas, quoiqu'ils en aient besoin, à traduire une seconde fois , en langage vulgaire , les vers de Fortunat ; car nous n'y trouverions pas grand'chose. Habitué sans doute à une vie toute paisible dans la société de l'aimable Sainte-Radegonde , le chantre chrétien du VI.« siècle s'est émerveillé de travaux qui n'avaient rien d'extraordinaire , et les a vus en masse , sans qu'il lui fût possible de les analyser. Que voulait-il d'ailleurs autre chose qu'un sujet sur lequel il pût , selon son habitude , faire des jeux de mots adressés à Félix, jeux de mots que la sainte de Poitiers pouvait trouver tiès-spirituels , mais qui ne seraient plus goûtés aujourd'hui,

Evheremus avait bâti une cathédrale ; Félix l'acheva et la consacra en grande pompe. Celte Eglise avait deux ailes ou portiques , aux côtés de la nef un lambris orné de peintures , un toit couvert en étain; des fenêtres en grand nombre y laissaient passer la lumière , et « de

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son milieu , s'élerait fort haut pour Tépoque , une tour carrée terminée par une sorte de dôme. De ses trois autels splendides » ornés de marbre précieux , Tun y celui de Taile droite , était consacré à Saint-Hilaire et Saint-Martin ; le second » celui de Taile gauche, à Saint- Féréol , martyr de Vienne , tandis que le maîtreautel était sous Tinvocation de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Pendant la nuit, des lampes y versaient leur clarté , comme pour enseigner au peuple que si le Dieu des chrétiens yeille sans cesse sur la population de notre globe , ses créatures , à leur tour , doirent faire en sorte que , de son temple, s^élèrent toujours vers lui des prières humbles et ferventes.

Fortunat se connaissait mieux en églises qu'en travaux hydrauliques ; aussi la description qu'il nous donne de la première cathédrale de Nantes est-elle compréhensible , malgré les antithèses qui viennent obscurcir le sens de ses vers , malgré les redites et les chevilles sans nombre dont sa poésie fourmille. Cependant il reste encore , au sujet de ce monument , un grand nombre de points intéressants dont on cherche vainement Texpiication dans les passages qui vont suivre et qui malheureusement n'ajoutent rien à la description que nous venons de donner de la cathédrale.

Un premier chapitre en vers intitulé : Jd Felicem episcopum (de de^ dicadone ecciesiœ tua se termine ainsi :

Cieru» ecce ekorit rsê&nat pleb* indé ehorauk*

QuUque tuum votum qua valet arts canit. Tarda foere Ubi quda fU mora semper amanii

Ru êubUmù enim tarda ,* sed ampia v&nit. IVuite Dandm laudes inter tua ekuiica eanta

Ettnmtatis opem machina Mua sonet Âdde medullata in tempHs holooausta sacerdoi

Quo diutuma mices hottia pura Deo.

Ce passage est très -curieux , mais obscur: on y voit cependant qu*à cette époque les chants en chœur de la multitude se faisaient entendre dans l'Eglise de Nantes , que cette église était très-remarquable ; mais il est difficile de bien interpréter ce vers :

Et trimtatis opem machina trina Monet ,

signifie-i-il qu'une triple musique célébrait dans la cathédrale les louanges de la Trinité , ou que trois cloches annonçaient les céré-

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