‹ Histoire de NantesChapitre 5 sur 47 · VI.« SIËGUS. 2t · texte numérisé non relu

VI.« SIËGUS. 2t

monies religieuses ? Nous ne savons , et soumettons nos doutes à nos lecteurs.

A la suite de ce chapitre, nous trouvons le suivant, dans les oeavres de Fortunat :

IN HONOHBM EORUM QUOBUM IBI BELIQUIiE C0NTI5ENTIJH.

Siderei montée âpedosa cacumina sian

A HAano gemini flore cornante cedri, Cœiorum port4B lati duo lumina tnundi;

Ore tonat Pauhisfulgurat arce Petnu Inier apostoUcae radianti luce coronas

Doctior hic monitu ceUior ilie grudu.

Per hune corda hominum reserantur et aslra per iilum

Quos doeet iste stylo sutcipit iUe Polo. Pandit itor cœli tnc dogmate, clavibus aller

Est via cm Paulwjanua fide Petrus, Hic petra firma maneng ille arclUtecttu habetur.

Surget in his templum quo placet ara Deo Uno fonte pares medicata fluenta rigantes

Restinguunt avidam dulce liguore sitim.

Fortia bella gérons guisgms cupit astra tenere Rex dédit hos proceres militù esse duces, Gallia plaude biùens mittit tibi Rotna salutem

Fulgor apostoHcus visitât allobrogas.

A fade hostili duo propugnacula prœsunt

Quos fidei turres urbs caput orbis habet. Hi radiant oculi predoso in corpare Christi

Lumine gui proprio cœtera membra regunt. Munere felicis CœU cape Gallia fruges

Pontifids que tui vota beata cole Cujus castus amor dédit hanc in amoresupemo

EcclesûB nuptœ dote perenne domum, Vertiee sublimi patet aulœ forma triformis

Nomine apostolico sancUficata Deo.

Quantum inter sanctos meritum super eminet illis

Celsius h(Bc tantum culmina culmen habet. In médium turriius apex super ardua tendit

Quaàratuim que levons orista rotundat opus.

M Yî.* SIÈCLE.

jdUius ui siupeoiorce ascendante per areui

Inilar montû agens œdis acumen habel.

ilHc expositos fucU animantiius artus

Fwere picùuras arte reflante putes Sol vagus ut dederit per stannea tecta colarem ^

Lactea lux reiiUt eum ruborinde feril, ire redire vides radio crispante figuras

jétque lacunar agit quod maris unda sotet. Pulgorem astrorum meditantur tecta métallo ,

Et splendore suo culmina sydus habent.

Idtna coronato guettes radiaverit ortu

Aller ab œde sacra surgit ad astra jubar^ Sinocte inspiciat hanc pretereundo viator

Et terram stellas credet habere suas; Tota capit radios patuUs occulata fenestris

Et quod ndreris hic forts intus habes, Tempore quo redeunt tenebrœ ndhi dicere fas sit

Mundus habet noctem detinet aula diem Dextera pars templi meritis prœfulget hilari

Compare Martino consociante gradum Gallia sic proprios dum fundit ubique palronos

Quos hic terra régit lumina mundus habet. jéUera fereoli par est qui vulnere ferri

Munere martyri gemma superba nitet, Obtulit hœc FœUx ut sit magis ipse sacerdos

ChrisU tuum templum qui tibi templa dédit.

Les rers qu'on vient de lire nous montrent quelle était , au VI.' siècle , la décrépitude de la littérature latine : une traduction n'eut servi qu'à en montrer tous les défauts ; aussi , nous nous sommes abstenus d'en donner la version française.

Albert de Morlaix , que nous citerons souvent dans cet ouvrage , donne de la cathédrale de Nantes la description suivante :

tt Ce vaisseau estoit si superbe en sa structure, et si riche

en ornements et parures , qu'il ne s'en trouuoit point de pareil en toute la France. Tous les parois en dedans estoient revêtus d'images et peintures très-riches faites à la Mosaïque ; la voûte toute asurée , semée de grosses étoilles d'or , representoit le Firmament , tout le bastiment estoit couuert de fin estain de Gomoûaille insulaire , si

clair, qu^aux rayons du soleil ou de la lune il sembloil à Targent.

Sur la croisée s'éleaoit ane tour pyramidale, pareille h deoi autres qui

estoient de part et d'autre du portail et principale entrée, en ces trois

tours y auoit grand nombre de cloches, grosses et menues, les tables

àe% autels arec leurs colonnes, chapitaux et autres parures, estoient

de marbre poli , de diverses couleurs , ayant deuant elles leurs

couronnes et phioles d'or , les arcades et voûtes estoient enrichies h

la romaine , de belles figures , pestries de stuc et de piastre , le tout

doré d*or ducat, icelles supportées de gros et hauts pilliers de marbre.

Au milieu du temple estoit posée une grande colonne de marbre ,

laquelle supportoit un crucifix d'or massif , dont la ceinture estoit d'un

riche drap tout greslé et battu de pierreries d'vn prix inestimable , et

auHlessus pendoit une grosse chaisne d'argent tenant à, la route. Un

peu plus bas y auoit une autre colonne de marbre sur laquelle estoit une

grosse escarboucle , laquelle (selon le naturel de cette pierre) rendoit

une clarté admirable la nuit. Le pavé qui estoit de marbre, apportoit

un merveilleux contentement à la veuë , pour l'agréable variété des

couleurs dont il estoit parsemé. Les calices, croix, piscines, orceux ,

chandeliers , et tous les autres vaisseaux députez au seruice du S.

Lieu, estoient d'or ou d'argent, les chasubles, chappes et autres ome-

mens estoient des plus précieuses estoffes qui se pouuoient tronuer. »

Cette description n'est certainement pas exacte , et nous ne citerons jamais Albert de Morlaix à titre d'historien judicieux ; mais on lui doit cette justice, qu'il a rassemblé dans son ouvrage toutes les traditions de son époque , en homme crédule et de bonne foi , qui accepte sans discussion les opinions des siècles passés. Sous ce rapport, sa description de la cathédrale de riantes mérite d'être étudiée ; car il fut un temps où nos aïeux croyaient du temple chrétien de cette ville tout ce que le père Albert raconte avec une si louable naiveté.

L'on s'accorde à penser que la dédicace de l'église de Nantes et de ses trois autels eut lieu le 30 septembre 560 , quoique Travers la reporte à Tannée 559 , c'est-à-dire avant la mort de Clotaire I«^ Les évêques de la métropole assistèrent à cette brillante cérémonie, qui fut faite par Saint-Euphrane , de Tours, assisté de Félix de Nantes; Ticture, de Rennes; Domitien, d'Angers; Domnole, du Mans, et Hicliau , de Yannes.

De quelle manière faut-il juger l'évêque Félix? Sera-t-il pour nous

Fun de ces génies qni apparaissent de loin en loin , comme des jalons placés à distance sur la route de Thumanité ? Faisait-il anomalie arec son siècle , par des pensées de paix et de civilisation ? on bien n*y avait-il dans la tète de ce prêtre , qne les idées des grands de son époqne , que de Thabileté mise en jeu par Tespoir du produit abondant de ses moulins? ]V*était-ce enfin qu'un spéculateur de talent sachant faire suer les serfs pour la plus grande prospérité des castes privilégiées? De ces deux opinions , la première est la plus probable. Le catholicisme , au VL* siècle , était encore trop profondément chrétien , trop rapproché de son origine , et ses ministres vivaient trop souvent en apOtres , au milieu des païens , pour que les travaux de Félix ne fussent pas étroitement liés au système d'un clergé qui prétendait à la domination universelle , par de grands services rendus aux peuples, et dont tons les actes avaient un but social. Nous savons , d'ailleurs, que Félix montra le plus grand talent comme homme politique , et qu'il parvint à convertir à sa foi les Saxons du Groisic. Ce fut sous l'épiscopat de cet évoque que les rois de France s'emparèrent , pour la première fois, du comté nantais. Ganao s'étant ligné avec Ghramne , fils de Glotaire , qui venait de se révolter contre son père, fut attaqué par le roi des Francs, dont l'armée rencontra l'armée bretonne près de Ghâteauneuf et la défit. Ganao fut tué dans le combat, d'un coup de javelot lancé, dit-on, par son neveu Jndual. Ghramne s'enfuit, mais prêt à s'embarquer, il revint sur ses pas pour sauver sa femme et ses enfants. Enfermé avec eux par les soldats de Glotaire , ce prince barbare fit mettre le feu à la cabane dans laquelle se trouvaient son fils , sa bru et ses petits-enfants , puis il marcha sur Nantes , dont les portes lui furent ouvertes. Glotaire , usant ai son profit de la victoire , réunit le comté de Nantes à son domaine et en donna le gouvernement à Félix.

Depuis cette époque jusqu'à la fin du siècle , la ville de Nantes ne lut témoin que d'un petit nombre de faits importants : nous allons passer en revue les principaux.

En 577, Guerech , fils de Macliau , qui avait cumulé pendant quelque temps les fonctions de comte et d'évêque de Vannes , vint ravager les terres de l'évêché de Nantes , y fit les vendanges, et ramena avec lui un grand nombre de captifs.

L'évêque Félix mourut en 583 , attaqué d'une maladie épidémique qui régnait à Nantes.

Page 1