X.« 8IÈGLR
Noos ne saurions expliquer le snmom de Barbe-Torte ; qnant an nom d'Alain lui-même , il est tout à fait breton , et signifie autre payn peut-être fot-il donné an fils da comte de Poher comme il Payait été à d'autres , pour indiquer qu'il avait passé son enfance ailleurs que dans sa patrie.
Après 23 années d'un règne calme et glorieux » Alain , dit Barbe- Torte y mourut , laissant un fils en bas âge. Sa yeure , dans l'année même de son deuil , épousa le comte d'Anjou. Celui-ci , pour étendre sa domination, fit périr dans un bain le fils de sa femme; mais n'ajant pas fourni de secours aux babitants pour repousser les Normands dans un moment de danger, les IVantais appelèrent à les commander Hoêl , fils natui^^l de Barbe-Torte , qui Ait bientôt reconnu pour duc de Bretagne. En 981 , ce prince fut assassiné par un enyoyé de Conan , comte de Bennes , qui oonyoitait le comté Nantais et le titre de duc. Dans le même temps, les babitants et le clergé de Nantes élurent pour évêque le second fils naturel d'Alain-Barbe- Torte , nommé Guerech. Ce prince , qui était laïque , préféra succéder il son frère, tout en conseryant l'administration spirituelle de l'éyêché qu'il confia à un homme à gages.
On lui attribue la seconde reconstruction de la cathédrale* Le Baud , dans son histoire , dit positivement quil j employa pendant sept années les revenus de l'évêché , et Travers ajoute qu'il la fit rebâtir dès ses fondements.
Si , traversant le chœur de la cathédrale actuelle , Ton entre dans une petite cour appelée cour Saint-Jean , Ton remarque une construction très-ancienne , qui pourrait bien n'être autre chose qu'un reste de l'église de Saint-Félix , reconstruite en partie et restaurée par Guerech ; car il est difficile d'admettre que sept années du revenu de l'évêché fussent suffisantes au X.' siècle pour bâtir une cathédrale. Les murs de cette construction sont en moyen appareil. L'édifice a deux étages qui se correspondent entièrement. L'étage inférieur est en contrebas di^ sol , l'étage supérieur sert de passage pour aller de l'évêché â la cathédrale. — A l'intérieur, comme on peut le remarquer dans la vue que nous donnons ici, cette construction offire des fenêtres géminées. Les pierres des voûtes de ces fenêtres , sont régulièrement taillées , et présentent toutes une égale épaisseur; de telle sorte que la surface de la voûte forme une portion de cercle. La colonne , placée entre les deux fenêtres , varie de forme ; ici , elle
est torse ; là , elle se compose de quatre colonnettes accolées et réunies. Si nous entrons dans cet édifice , nous ne trouvons rien à noter dans Tétage inférieur, si ce n*est qne les colonnes sontd*nne extrême simplicité et que le plein cintre règne partout. A Tétage supérieur comme au-dessous, on trouve des voûtes massives. Les colonnes sont surmontées de chapiteaux en forme de pyramide tronquée. Ces chapiteaux sont ornés dans le style des premiers siècles chrétiens. Beaucoup d'antiquaires pensent que ces ornements appartiennent à Téglise de Saint-Félix ; mais si Ton songe qn*en Bretagne la population s'est toujours montrée peu facile aux innovations , Ton reste convaincu que la décoration intérieure de ce transcept appartient à l'époque de Gnerech, c*est-à-dire à la fin du X.« siècle. Quelques figures , dans le style symbolique , aujourd'hui presque entièrement effacées , que Ton devine autant qu'on les voit , et une niche placée au-dessus d'un autel , voilà les preuves de notre opinion. Pïous n'osons en dire autant du chœur actuel , peut-être a-t-il été reconslruit ou restauré parGuerech, sur l'emplacement du chœur de l'ancienne cathédrale , peut-être aussi appartient-il à une époque postérieure , soit , par exemple, au XI.« siècle; mais ses colonnes, qui seules pouvaient permettre de résoudre cette question, ont été déshonorées par d*absurdes mutilations. — La partie inférieure a été coupée, sans doute, pour élargir le chœur, et les ornements symboliques, dont presque personne dans les deux derniers siècles ne comprenait la valeur, disparurent aussitôt pour faire place à cette écrasante uniformité du style des architectes du XYII.e et du Xyin.« siècle , et pour ne pas détourner les regards qu'attiraient sur les restes des colonnes byzantines des écussons superbement burlesques et ridicules.
En 982, Gonan, qui convoitait toujours le duché de Bretagne et le comté Nantais , déclara la guerre à Guerech ; mais il fut blessé et vaincu dans les landes de Gonquereuil, près Guemené ; débarrassé de son ennemi , Guerech s'occupa de régler les limites du comté Nantais , qui restèrent les mêmes que sous Alain Barbe -Torte , puis il se rendit à la cour du roi de France. A son retour , il fut arrêté par Geoffroy Grisegonelle , comte d'Anjou , qui le contraignit à lui faire hommage du comté de Nantes et de la moitié de la Bretagne , qne Foulques , mari de la veuve d'Alain Barbe-Torte avait possédée , en qualité de tuteur du fils d'Alain.
Le château d'Ancenis , qui existe encore , fut bâti pendant Tab-
sence de Gaerech , pur la comtesse Arembnrge , son épouse. Geoffiroy, eomte d'Anjou , Toulut le détraire en 987, mais il périt sous ses murs. L'année suivante » Gonan , comte de Rennes, ayant appris que Gnerech était malade, gagna son médecin, qui le saigna avec une lancette empoisonnée. €e misérable était abbé de Redon, et se nommait Heroîc. Le malheureux duc , pressé d*opter entre une mort certaine et l'amputation du bras, ne put se résoudre à se laisser opérer; il laissait un fils nommé Alain , qui lui succéda. A sa mort, le peuple et le clergé réunis, procédèrent à Télection d*un nouvel évéque, et choisirent Judicaël , neveu de Guerech. La Bretagne , à cette époque , par suite de rindépendance spirituelle dont elle était redevable à Nominoë , ne reconnaissait plus la suzeraineté de Tarchevéque de Tours , mais bien celle de Tarchevéque de Dol , qui était en quelque sorte le primat Breton , aussi les élections du clergé se faisaient-elles de la manière la plus profitable aux intérêts du pays.
A la mort d'Alain , qui eut lieu en 990 , Gonan renouvela ses prétentions au comté Nantais ; plus heureux cette fois , il s'empara de Nantes , et y bâtit une forteresse destinée à tenir la ville en respect ; elle était située an confluent de la Loire et de TErdre , qui coulait alors sur l'emplacement actuel de la rue de la Poissonnerie. C'était un château de forme quadrilatère , dont chaque angle se terminait par une tour. On y a fait depuis de nombreux changements; mais Tune des tours se voit encore à l'entrée de la rue de la Poissonnerie , malgré les échoppes et les maisons de bois qui ont grimpé le long de ses murs. Bientôt le tout disparaîtra , sans doute , pour faire place à des édifices d'un autre genre , aussi nous avons cru convenable de conserver ce souvenir de la civilisation et de Thistoire de nos pères, tel qu'il existe, entouré des antiques constructions auxquelles il prête son généreux abri , avant que les fils émancipés des Goliberts affiranchis par Barbe- Torte ne Talent balayée , cette royale demeure , du sol qu'elle occupe, pour y bâtir un édifice plus digne d'eux.
Gonan ne devait pas jouir long-temps de la possession de Nantes , attaqué en 992 , dans les landes de Gonquereuil , par le comte d'Anjou Foulques Nerra , ce prince perdit la vie dans le combat; Judicaël lui succéda; mais Foulques, vu sa grande jeunesse, lui donna pour tuteur Aimeric, de Thouars , qui prit , par suite , d'après l'usage du temps, le titre de comte de Nantes. Pendant ces contestations à main armée , Renaud , dit Thuringius ,
OITZIÈMS SIÈCLE.
Av commencement da XI.">« siècle» le comte força Tévêque Henré, qui lai semblait trop favorable aux intérêts du comte de Rennes à se retirera Blois. Ce prélat, en quittant Nantes, laissa au chapitre une partie de la mense.
A sa mort, Gautier II lui succéda. C'était un gentilhomme du diocèse de Rennes qui avait été marié et qui peut-être Tétait encore ; car Tusage le permettait à cette époque. Lié par son origine aux intérêts de Rennes , ce prélat servit la cause du fils de Gonan. — Judicaël ayant d'abord été vaincu, puis ensuite assassiné par le comte de Rennes , Gautier profita de la jeunesse de son fils Budic pour augmenter son temporel et se rendre en quelque sorte indépendant. D'abord il fit bAtir un château fort sur la terrasse de la cathédrale. Plus tard , devenu plus hardi , il en construisit un antre sur l'emplacement occupé depuis par l'ancienne monnaie , puis il arma la noblesse et le peuple contre le comte. Ce fut alors dans la ville un pillage continuel : tantôt les gens de l'évêque , tantôt ceux de Budic , tantôt les soldats du comte de Rennes rançonnaient à merci les habitants. Serré de près, Budic fit hommage comme vassal au comte d'Anjou pour obtenir son appui. Dans le même temps le comte de Rennes mourut. Ces événements et la lassitude d'une guerre sans résultats amenèrent le duc et l'évêque à faire la paix. — Celui-ci en profita pour aller à Jérusalem ; car c'était alors une
bâtit , à cinq lieues de Nantes , un. château auquel sa position fit donner le nom de Chantoceau , Guerech s'y était opposé, dans la i
crainte qu'il ne vint à tomber au pouvoir des comtes d'Anjou ou I
de Poitiers. — Sous le gouvernement d'Aimeric, on trouva au Bouffay >
une tête enfermée dans une cassette. Quelques renseignements ayant ^
porté à croire que c'était le chef de Saint-Paul-de-Léon , Robert , i
abbé de Saumur , la fit éprouver selon les usages du temps. Placée i
trois fois sous un feu de paille de lin , puis trois fois ensuite sous i
un feu de sarment , elle fut , dit-on , retirée intacte , et par suite , ajoute l'abbé Travers , jugée véritable et sainte relique.
croyaDGe générale , dit l*abbé Travers , que la visite des lieux saints lavait toas les crimes.
Pendant son absence , Bndic rasa nn fort qne Gantier avait construit près da Bonffay ; mais , an retour de Tévéque , la guerre recommença, les hostilités furent suivies d^une excommunication, lancée par Gantier contre son adversaire. G^est la première dont il soit question dans nos annales; jusque-là , notre clergé s'était borné à chanter publiquement dans les églises des prières de vengeance contre ses ennemis.
L'excommunication , par les cérémonies qui raccompagnaient et la publicité qui lui était donnée , avait nn caractère particulier propre Il en faire une arme politique extrêmement puissante.
Les fidèles étant réunis dans Téglise qui retentissait du son funèbre des cloches , et qui se trouvait à peine éclahrée , le prêtre montait à Fautel. Profitant alors avec habileté de ce recueillement et de cette espèce de teirenr religieuse qu'inspiraient h des imaginations cré> dnles et pieuses les influences dont il les avait entourées, il livrait à la roalédîction publique le nom de Texcoraraunié , lançait sur lui Tanathème , et le dégradait comme chrétien, — Ses subordonnés, ses amis , ses proches, tous étaient déliés envers lui ; car il n'était plus nn frère en Jésus-Christ , mais nn ennemi du culte , un homme frappé de réprobation par ceux qne tons regardaient alors comme les représentants de Dien sur la terre , par ceux qui disaient avoir puissance de lier et de délier; pnis, comme pour ajouter à cette imposante déclaration de mort religieuse , le prêtre jetait lui-même à terre tout ce qu'il y avait de plus sacré aux yeux des fidèles , la croix et le livre des évangiles. A Tissue de cette scène dramatique et si imposante , il inscrivait le nom de l'excommunié sur deux tables dont Tune restait attachée à l'autel , tandis qu'il devait porter l'autre avec lui dans tons les synodes.
Cette digression était nécessaire pour faire comprendre tout ce qne l'excommunication avait de dangereux pour Budic. Quoique le pins fort, il accorda la paix à son adversaire et même une paix trèsonéreuse pour lui , puisquMl abandonna à l'évêque le droit d'avoir nne juridiction indépendante de la sienne.
En 10S4, les paysans du comté Nantais se révoltèrent contre leurs SMgnenrs; fatigués sans doute de leurs exigences, ils en massacre^ rent une partie et brûlèrent plusieurs châteaux, Mais le temps de leur émancipation n'était pas eneore ftrrivéi la violence ne pouvait
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leur donner qne des succès passagers ; car , s'ils connaissaient ce dont ils ne roulaient plus, nul d'entre eux n'était assez révolutionnaire pour comprendre ce qu'il eût fallu mettre à la place de l'ordre de choses contre lequel ils protestaient à main -armée; aussi ne trouvèrent-ils point de chef, aussi leur Jacquerie fut-elle de courte durée ; nos historiens nous donnent bien peu de détails sur cette révolte , qui ne fut pas un fait isolé comme le prouve V Histoire de France, Le Baud la raconte ainsi :
« Les rustiques s'eslevant contre leurs seigneurs, s'assemblèrent » innumerable multitude et occirent aucuns des nobles dont ils brft- » lèrent les chasteaux et les maisons deffensables; à l'encontredesqueb » aussi s'assemblèrent les nobles qui se joignirent anec le duc Alain » et assaillirent les compagnies desdits rustiques , lesquels ils décon- » firent, persécutèrent et detranchèrent ; car ils étaient venus en » bataille sans duc et sans conseil. »
L'île d'Aindre (aujourd'hui Basse-Indre) , possédait en 1026 un château fort où furent célébrées les noces d'Alain-Gaignard, comte de Quimper, et de Judith, fille légitime du comte Judicaël, dont Budic n'était qu'un bâtard. Ce mariage , qui donna naissance à Hoêl , comte de Quimper et de liantes; à Qniriac ouGuerech et Bénédicte successivement évéques de Nantes , fut la source d'une longue guerre , qui ne se termina qu'en 1054.
L'on rapporte à la même année la reconstruction de Saint-Gyr et la fondation de la chapelle de Miséricorde. A cette dernière se lie une tradition qui mérite d'être conservée. Une vaste forêt s'étendait depuis le château de Sesmaisons (route de Vannes) jusqu'à Sautron et Saint-Herblain. Là, un dragon d'une force extraordinaire dévorait les passants et faisait des excursions jusque dans le voisinage de Nantes. Trois chevaliers, dont les noms sont oubliés, l'attaquèrent. L'un d'eux fut dévoré par le monstre, mais les deux autres parvinrent à le tuer. Le dragon fut apporté à Nantes en triomphe et processionnellement. L'évêque en fit détacher la mâchoire inférieure, qui fut placée dans une boite d'argent et déposée dans le trésor de la cathédrale, où l'on dit qu'on la voyait encore en 1773. Ce fut, rapporte la tradition populaire , en mémoire de cet événement dont nos historiens et Le Baud lui-même qui aimait tant le merveilleux , ne parlent pas , que fut élevée la chapelle de Miséricorde. Le combat des trois chevaliers était peint sur les vitraux avec cette inscription :
Vn roi dessus mi blanc chenal Tire de Tare pour faire mal , Vu antre snr nn chenal ronx Tire Tépée font en conrronx»
L'antre snr nn chenal noir Vit la mort et Tinfemal manoir.
Qnelqnes rieillards se rappellent encore (1837) ayoir vn dans la cathédrale , nne statne en pierre , représentant le dragon de Miséricorde, tné par Tnn des cheraliers qnt en triomphèrent; mais pent-élre se sont-ils mépris snr le snjet de cette scnlpture. Il est assez probable qu'elle personnifiait, ainsi que la légende symbolique de la chapelle de Miséricorde , le triomphe dn bien snr le mal. Les mythes pris an sanctuaire se ressemblent dans toutes les religions , et sont faciles à comprendre ; mais ils se défigurent et se matérialisent en sortant de Tabsyde pour se répandre dans les masses. Ce sont les eaux pures du ciel qui se chargent en coulant dans nos mes de tontes leurs ordures, et s'avancent ainsi vers les fleuves méconnaissables et dénaturées.
A la mort de l'évêque Gantier, qui eut lieu en 1041, son fils Bndic voulut Ini succéder. Le comte de Mantes s'y opposa; mais des présents le rendirent plus facile, ainsi que ses conseillers. Ce fut cette nomination épiscopale que le concile de Rheims annula en 1049 , pour cause de simonie. Le Pape crut l'année suivante pouvoir nommer de son autorité privée an siège de Nantes , qui était vacant , par suite de la déposition de Bndic , un moine cardinal , du nom d'Airard. Cette conduite de sa part était d'autant plus extraordinaire qu'elle était en contradiction avec la décision du concile de Hheims , qui avait condamné sons peine d'anathème toute promotion d'évéques sans élection du clergé et dn peuple ; mais bientôt une réclamation fiit adressée an Saint-Père par ceux dont il avait méconnu les droits. Cette réclamation était écrite au nom du peuple, du comte et du dergé. Ce fait prouve qu'à cette époque , le peuple commençait à jouir de quelques prérogatives, puisqu'on daignait, dans nne lettre an Pape, Caire mention de son opinion. Il prouve anssi que, grâce au christianisme , l'esprit d'égalité et de fraternité vivait toujours au sein de la société.
Beancoi^ de laïques , profitant de l'anarchie de l'époque, s'étaient emparés de dîmes et anties droits, appartenant à des églises. L'évêque
Airard voulut réformer cet abus et faire exécuter la décision du concile de Rheims, qui ordonnait la restitution; mais, comme Tobserve judicieusement Tabbé Travers, il viola toutes les règles de Téqnité en faisant faire ces restitutions aux moines , an lieu de les faire profiter aux églises de paroisses sur lesquelles ces biens avaient été usurpés. Cette conduite de Tévéque ajouta encore à son impopularitt^, non qu'on lui fit un crime du mauvais emploi des restitutions , mais parce que Ton ne voulait pas en entendre parler. Aussi fut-il chassé de Nantes et remplacé par Guerech, fils d'Alain Gaignard.
Parmi les faits qui signalèrent en Bretagne la fin du siècle , bien peu concernent l'histoire de notre ville. Les plus importants furent la vente des droits ecclésiastiques faite par Tévéque à Tabbé de Redon en 1060, la réunion des États à JVantes en 1087, la protection accordée à la cathédrale par Je Pape en 1096 ; enfin les prédications des Croisades et le départ des premiers croisés.
A mesure que les faits deviennent plus nombreux , il devient aussi plus facile d'en faire ressortir la signification et la valeur historique. Ce serait peu d'avoir raconté les événements du XI.« siècle dans notre ville , si nous ne mettions en regard les déductions qui en ressortent, si nous ne les interrogions successivement pour dire ensuite dans une rapide analyse la situation respective des diverses classes de la société, les tendances de l'époque et les souvenirs artistiques qu'elle a pu nous laisser.
La noblesse , le clergé et le peuple formaient au XI.«^ siècle , dans la Bretagne et le comté Nantais , les trois grandes classes de la société.
La noblesse se divisait en trois ordres : le duc et les comtes formaient le premier; le second, se composait des vicomtes et des seigneurs, qui, depuis, ont pris le titre de hauts barons, car il n'existait alors que deux ou trois barons dans toute la Bretagne; dans le troisième ordre se trouvaient les chevaliers, les écnyers et tous les officiers chargés de rendre la justice ou de veiller k la sûreté des villes , tels que vùmret , voyer», préteun et prévôts. La noblesse n'avait pas encore d'armoiries, elles ne furent instituées que lors des croisades , c'est-à-dire à la fin du siècle ou au commencement du Xn.*; mais il existait des sceaux depuis le IX.' siècle: celui de Tévéque Quiriaque contenait les bustes de Saint-Pierre et de Saint»Paul avec 3on nom et $a qualité, — Dans le principe, ces sceaux ne furent pas