‹ Histoire de Napoléon BonaparteChapitre 14 sur 24 · AUSTERLITZ · texte numérisé non relu

AUSTERLITZ

successivement les combats de Merbach et de Lawbach , s'empare de Lintz , passe la Frann , écrase l'ennemi sons les murs d'Ebersberg : on voudrait en vain suivre ses opérations , dont la promptitude égale la multiplicité ; chaque jour est signalé par un combat , et chaque combat est une victoire. Tout le Tyrol est conquis sur les Allemands le 9 novembre. Le 1 1 , l'avant-garde des Busses est battue; le 13, l'armée française entre dans Vienne; le 15 , elle est à Presbourg , le 19 , à Brùnn et dans toute la Moravie. Ce jour - là , montrant à ses généraux les grandes plaines d' Austerlitz , qui s'étendaient sous leurs regards , Napoléon leur avait dit : « Étudiez ce champ de bataille; dans huit jours nous y verrons l'ennemi. •

Cependant les Autrichiens et les Busses , bien supérieurs en nombre aux soldats de Napoléon , occupaient des retranchements formidables , qu'il eût été inhabile d'attaquer de front; l'empereur, par une adroite manœuvre, feintde se replier vers le nord ; ses ennemis se hâtent de lui couper la retraite ; mais c'était là que Napoléon les attendait. Déjà l'empereur de Russie , plein de confiance dans le succès de la bataille qui se préparait , lui avait envoyé un de ses. aides -de -camp comme pour éviter l'effusion du sang au prix de conditions pacifiques ; ces étranges stipulations imposaient à la France la nécessité - de renoncer à sesconquètesdu Bhin et de l'Italie. Accepter une pareille honte, c'eût été pour Napoléon s'avouer vaincu avant la bataille , et il n'avait pas accoutumé ses ennemis à des actes de pusillanimité ; cependant il feint de dissimuler et répond à l'envoyé d'Alexandre avec une modestie qui trompe l'aide-de-camp et lui fait croire à la prochaine défaite de l'armée française. Ce jeune homme s'empresse de rapporter à son maître des espérances que

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l'événement doit tromper. La veille de la bataille, pendant que les Busses tournent imprudemment les positions de l'armée française , comme pour prévenir toute évasion de sa part , Napoléon dicte une proclamation qui promet d'avance la victoire à ses troupes. Le soir étant venu , par une froide nuit d'hiver, il visite les bivouacs de son armée ; mais les soldats allument des fanaux de paille sur son passage , et leurs acclamations annoncent de loin à l'ennemi la confiance qu'ils ont dans leur courage et dans le génie de leur capitaine. Enfin , le 1 1 frimaire an xiv (2 décembre 1805), le soleil perce d'épais nuages et éclaire les trois armées rangées en bataille. « Soldats, dit Napoléon en passant devant le front de bandière de plusieurs régiments, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre, » et le combat s'engage sur toute la ligne aux cris de : « Vive l'empereur ! » Les maréchaux Soult , Lannes, Davout exécutent à la tète de leurs soldats intrépides les manœuvres que Napoléon a prescrites , et qui doivent assurer la victoire. Après deux heures d'une résistance opiniâtre, Kutusoff et les Busses sont chassés des hauteurs de Pratzen et abandonnent la formidable artillerie qui en défendait les approches. L'armée française occupe le centre et la gauche de l'ennemi ; partout le succès répond à son courage; l'aile droite désarmées coalisées est prisonnière ou détruite ; vainement la cavalerie de la garde impériale russe se dévoue-t-elle pour un dernier effort et disperse-t-elle deux de nos bataillons les plus braves de l'armée; la cavalerie de la garde impériale française , sous la conduite de Bapp, se précipite sur elle avec l'impétuosité d'un torrent : en un moment, canons , artillerie, étendards, tout tonibe en notre pouvoir , et Bapp , sur son cheval couvert de blessures , tout

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