‹ Histoire de Napoléon BonaparteChapitre 15 sur 24 · AUSTERLITZ · texte numérisé non relu

AUSTERLITZ

sanglant , le sabre brisé, vient annoncer à Napoléon que l'ennemi est partout en fuite. Ce fut pour l'armée austro-russe une retraite plus meurtrière encore que la bataille ; ses malheureuses troupes s' éloignaient en désordre, sur un terrain couvert de cadavres, entre des ravins où l'artillerie française les écrasait ; leur destruction s'accomplissait sans qu'il fût en leur pouvoir de la retarder d'une heure : drapeaux , bagages , artillerie , elles abandonnaient tout aux soldats de Napoléon, et pour comble d'horreur, quinze mille Busses , fuyant sur un lac glacé (le lac de Ménitz), rompaient la glace sous leur poids et disparaissaient engloutis sous les eaux. Pendant toute la nuit on entendit leurs gémissements, sans qu'il fût possible de les secourir. La grande bataille d'Austerlitz avait dignement signalé le premier anniversaire du couronnement de Napoléon. Deux jours après, l'empereur d'Allemagne vint le saluer dans l'humble tente que le vainqueur occupait depuis deux mois. Napoléon consentit à lui accorder la paix , et l'empereur de Russie fut trop heureux d'obtenir uq armistice et de se retirer dans ses États avec les débris de ses troupes.

On ajustement reproché à Napoléon cette courtoisie intempestive qui épargnait le plus formidable de ses rivaux. Sans cette générosité irréfléchie, la France eût pu imposera l'empereur de Russie, à Austerlitz, une paix qu'il fallut plus tard acheter par de douloureux sacrifices. Le lendemain de la victoire , Napoléon rendit plusieurs décrets solennels , qui témoignaient de sa reconnaissance pour la grande-armée ; entre autres dispositions, il adopta les enfants des soldats qui avaient péri, ordonna qu'ils seraient élevés et établis à ses frais , et leur permit de joindre à leur nom celui de Napoléon.

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