PRÉFACE. I
aigles , il a , par le délire de ses entreprises, livré Paris aux insultes de toutes les races étrangères; s'il a rétabli Tordre , il n'a su remplacer l'anarchie des piques que par la tyrannie de la force matérielle; s'il a rendu à la France une grandeur inespérée , il s'est payé avec usure de ce bienfait en sacrifiant à l'idole de son orgueil plusieurs millions de victimes humaines. A quelle mesure apprécierons-nous donc ces bienfaits et ces désastres ? Et , si nous en trouvions une pour le passé, qui nous révélerait ce que les choses opérées par Napoléon doivent produire, pour les siècles futurs, de fruits heureux ou amers?
La connaissance entière de la vérité sur ce point nous est donc, pour longtemps encore, interdite; cependant c'est par des travaux commencés et poursuivis , dans le double recueillement de la réflexion et du doute historique, qu'on peut, dès aujourd'hui , préparer et avancer la solution de ce problème. Ce sera, nous osons l'espérer, le mérite de l'esquisse que nous offrons au public. En la traçant, nous nous sommes efforcé de nous mettre à l'abri de toute admiration inintelligente, de toute condamnation portée par avance. Français, nous n'avons foulu dissimuler aucun des faits qui ont enorgueilli