‹ Histoire de Napoléon BonaparteChapitre 7 sur 24 · TREIZE VENDÉMIAIRE · texte numérisé non relu

TREIZE VENDÉMIAIRE

Tinville, l'accusateur public, portait à la guillotine les vaincus de la tribune et de la rue , les innocents et les coupables , les soldats et les chefs. La république , comme Saturne , et selon la prophétie de Vergniaud , dévorait ses propres enfants.

Lorsque Robespierre et ses* complices eurent péri à la suite du 9 thermidor, la Convention Nationale mit à profit le calme que les victoires de nos armées avaient fait à la France, et travailla à une nouvelle constitution, dite de Tan in , dans laquelle se trouvaient résumés, comme théorie légale , tous les principes révolutionnaires qui restaient encore debout sur le sol. Pour se soustraire à la réaction monarchique qui la menaçait de toutes parts, cette assemblée, à la veille de léguer ses pouvoirs législatifs aux Conseils des Anciens et des Cinq Cents, imagina d'ordonner que les deux tiers de ces conseils seraient, dès le premier jour , composés de membres sortants de lu Convention. Cette mesure souleva dans Paris une agitation universelle ; quarante-trois sections de cette grande capitale refusèrent de se soumettre aux décrets de la Convention , et s'insurgèrent contre cette assemblée. Ce fut le signal d'une nouvelle guerre civile. En quelques jours les royalistes se trouvèrent armés et disposés à renouveler contre le gouvernement républicain les scènes du 10 août et du 31 mai. Leur année improvisée , mais pleine d'ardeur et d'enthousiasme , s'élevait à quarante mille hommes. La Convention pouvait à peine compter sur cinq mille défenseurs. La cause de cette assemblée fut encore compromise par la faiblesse du général Menou , chargé du commandement de Paris. Cet officier , au mépris de ses ordres, parlementa avec les insurgés de la section Lepelletier, et , par cette concession, donna aux royalistes

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