IV
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» vœu de vingt- quatre mîllîoDS de français ; fat » un litre ; vous ri^en avez pas. Qu'êtes-vous dans » la constitution ? Vous n'êtes rien. C'est dans le li trône qu'est la constitution; tout est dans le
» trône On a mêlé l'ironie aux reproches.
» Suîs-je fait pour être humilié? Dans quatre mois » j^aurai la paix, et les ennemis seront chassés ou » je serai mort Vous appartient-il de délibérer 9> sur de si graves intérêts ? La nature m^a doué yf d*un courage fort ; il peut résister à tout ; je 3> suis au-dessus de vos misérables déclan^ations. » J'avais besoin de consolations , et vous m'avez
» déshonoré Mais non , mes victoires écra-
» sent vos crlaillcries. Sous trois ou quatre mois
x> nous aurons la paix et vous tous repentirez de
» votre mauvaise conduite. Je suis de ces gens
» qui triomphent ou qui meurent. Itetournez dans
» vos départemens ; je ferai quelque jour impri-
» mer le rapport de vos commissaires, et il sera
» jugé ce qu'il est. S'il paraît dans vos départe-
j> mens , je le ferai imprimer dans le Moniteur
» avec des notes ; je ferai nommer les députés
» des deux séries qui manquent , et je réunirai le
» corps législatif. Les habitans de l'Alsace et de
» la Franche- Comté ont un meilleur esprit que
» vous ; ils mè demandent des armes , je leur en
» ferai donner ; je leur envoie un de mes aîdes-
» de -camp pour les conduire en partisans , etc. ^
VINGT- cinquième; 29 1
Le sénat avait été loin de montrer la même fermeté que le corps législatif. Dans Padresse qu'il avait présentée , le 3i décembre précédent, il n'avait parlé que de ses vœux pour fci paix , et dé sa confiance en Buonaparte» qui, dans sa réponse, annonça clairement l'invasion du Béarn, de l'Alsace, de là Franche-Comté et du Brabant. « J'appelle , » drt-il , les français au secours des français ! J'apï) pelle les français de Paris , de la Bretagne , de » la Norinan.die , de la Champagne , de la Bour- » gôgne et des autres départemens , au secours » de leurs frères ! Les abandonnerons-nous dans » leurs malheurs ? Paix et délivrance de notre » territoire , doit être nôtre cri de ralliement. » Les français se sont toujours montrés prêts à voler à la ^défense de leur patrie; mais Buonaparte avait sacrifié en cent combats , soutenus pour satisfaire une ambition qui ne connaissait point de bornes , tous ceux qui auraient pu opposer la force de leurs bras,aux progrès des armées étrangères*. Leurs corps , ensevelis dans les plaines des quatre parties du monde, ne pouvaient plus se ranimer ; et le ciel avait décidé , dans sa sagesse , que la France serait conquise, pour la punir d'âavoir reconnu les lois d'un usurpateur, ou plutôt p.our l'y soustraire et mettre un terme à ses malheurs et à ceux de l'humanité.
Avant de partir pour sa funeste campagne de
aga LIVRE
Russie y BtK)iiftpaf te avait oFgisaiîsé les gardes na« tioiiales de Fraitce ^4 Texception de celle de £am. Il craignait d^armer les nombreux habitans de cette capitale , où sa conduite avait toujours ëtë mieux appréciée qoedsHns le restedela France. Mais , prêt à la quitter , sans y laisser la plus faible garnison, il rendit 9 le,8 janvier i8i4, un décret qui détermina la mi^ en activité de la garde nationale palisîenne , dont 3 se déclara chef suprême. A peine /les officiers en furent^ls nommés, qu'il les réunit an palais des Tin}eries(le 23 ). Il parut auj[nilieu d'eux , tenant par la main sa femme et son fils ; et il dit qo^il alliât se inettre à la tète de son armëe, et qu'il espérait , avec l'aide de Dieu et la valeur de ses troupes, repousser l'ennemi au-delà desfroa* tières. Jetant ensuite sur Marie-Louise , qui tenait son fils entré ses bras , un regard qui paraissait exprimer l'attendrissement , il ajouta qu'il confiait à sa fidèle ville de Paris les objets de ses affections les plus cbères{i). Cette ^scèn^, qui n'était qu'une mauvaise parodie de la séance mémorable où l'aïeule de Marie-Louise ^ où l'auguste Marie^Thérèse , menacée d'être dépouillée de son héritage paternel y présenta son fils à la diète de Hongrie \
(i) On assure qu'il déclara aussi que si l'ennemi entrait dans Paris , ce ne serait qu'après avoir marché surson cadavre».
VINGT-CIKQUiiME, sgS
cette scène , disons-nous , fit cependant quelque impression sur ceux qui en furent témoins. Mais , sîl faut en croire 'différentes relalion$ ,.elle -avait été étudiée et répétée avec -un «cteiir célèbre , qui avait indiqué les attitudes^ les^èsteô et jusqu'aux inflexions de la voix , 'particularités desquelles il nous semble qu'on ;peat douter. Ce 'manque de setiâibilité , qu'à sifuste titre on reprochait i Buomaparte» n'était pas de Tapathie. Fortement menacé de voir s^écrouler cette puissance, à lacquisition de hqueQe il avait tout sacrifié , il devait éprouver u»e profonde lémcnion ; et Ton sait combien une vive doulcur.prêtede vérité et de fonce ;àrélocution.
Buonâparte avait, en un point e^sentieU fléchi 60US le joug de la nécessité ; il avait adressé, le n novembre , à^Ferdinand VII , i:oujoul*s pritson* iHerauchâteau de Yalençay, la lettre suivante :
« Mon cousin ,.
» L-é£att de mcm empire et ma p5)litique m'en- ^ gagaiftii temiinôrsans retour les affaires d^s- * 'pagne. X'AngtetciTe y excite l'anarchie et le ^ jacobinisme ; elle cherche à renvenser le -trône ^ ^t la noblesse , «pour :f établir une république. ^ -i^ ne. peux., saxvsâtre ^u, pensera Tanéan- ^ tissement d'une nation qui m'intéresse et par ^ son voisinage et par nos intérêts comm^uns con^
» cernant le commerce des mers. Je souhaite ré-
» tablir les relations de bon voisinage et d'amitié
» qui ont si long-tems existé entre la France et
» TEspagnc. Je désire ne laisser aucun prétexte
» à l'ambition de TAnglcterre. M. le comte de
» La Forest se présentera à votre altesse royale
)> sous un nom supposé. Elle peut croire à tout
» ce qu'il lui dira , ainsi qu'à Festime et à l'àtta-
» chement que j'ai voués à votre altesse royale. »
Ferdinand refusa d'abord de traiter , sans avoir
consulté la régence d'Espagne. Il demanda d'en
entendre une députation qui pût l'instruire de
l'état du royaume , et indiquer le remède aux
' maux, qu'il pouvait éprouver. « Si , dit-il , dans
» sa réponse à Buonaparté , la position de l'em-
. » pire et la politique de V. M. la portent à rejeter
» ces conditions j je resterai j comme par le passé,
» à Yalençây où je suis depuis cinq ans et demi,
» et j'y mourrai si Dieu le veut. ». '
11 paraît que Buonaparté ne jugea pas à propos d'accéder à la demande ; mais le duc de San-Carlos, principal conseiller de Ferdinand., eut ordre de se rendre près de ce prince , dont on l'avait éloigné , et il fut arrêté que lui et M. le comte de La Forest rédigeraient un traité qui. ne serait ratifié parle roi, que lorsqu'il aurait été communiqHe à la régence. L'acte fut conclu; le ii déceraire 18 1 3. Ferdinand VIL y était enfin qualifié
TINGT-CINQUIÏME. 5^5
de majesté catholique , et Buonaparte reconnaissait Tintégrité de TEspagne telle qu elle existait avant la guerre. Ferdinand s'engageait à faire évacuer par les anglais le territoire espagnol , et nommément Mahon et Ceuta, et à maintenir Tinté^^ grité de ce même territoire , stipulation ^ue Ton considère comme ayant eu pour objet de brouiller . TËspagne et TAngleterre. Les deux gpuyernemens devaient maintenir Tindépendance de leurs droits, tels qu'ils avaient été stipulés dans le traité . d'Utrecht (i) , et tels que les deux nations les avaierit maintenus jusqu'en 1772. Ferdin^ï^d VU prit aussi rengagement de faire payer annuellement au roi son père , une somme de trente milliqn^ de iréaux, et de huit millions à la reine sa mère , après le décès de Charles IV. Enfin, jusqu'à ce qu'un traité de commerce eut été conclu entre les deux puissances , les relations devaient être rétablies.sur
(i) M. SchœU fait la remarque qae l'Espagne n'avait riea stipulé relativement au droit maritime , par le traité d'Utrecht (auquel Buonaparte se rattachait depuis quelque tems comme pour prouver que son système n^était pas une înno- . vation ) , 6t que les stipulations qu^il renferme ont été impo« sées à. la France par la Grande-Bretagne. Cs même. auteur ajoute que Tarticle prouvait que Buonaparte n^avait pas encore renoncé au système continental. (Histoire abrégée dejL traités de Paix , tom. X , pag. 3a8^.
agf6 •UVlifE
le pied oh elles étaient avatit la guerre de 1792- Le duc de ÎSa'ïl-Cârlos partît pour rfepagne,te ï I décembre , et il arriva à Ârahjuez , le 4 janvier suivant. La régence refusa d'apprôuverle traité , I*. parce que les cdrtès extraordinaires avaiieiit l*etidu , le 1*^. jàihvîeï- i8i i , tfn décret portant qu*il n'y aurait , avet là iFrâncie , ni trêve , ni négociation, ni traité /tant que le roi ne jouirait pas d*une entière liberté , et 2^ à cause de rengagement contracté par un traité conclu , le 1 4 janvier 1809, et en vertu duquel TEspagne rie deVaît faire la paîi avec la Finance , que dû consentement de la Crahde-Brétagrie.
lié dtic de Sàn-Gairlos porta cette résolution à Valençary. Biîônâparte , dont la position devenait plus critique de jour en jour, avait fait 'déclarer au rôi 6t aiix ihfans qu'ails pouvaient retourner en E^piaigAe sâris se 'soumettre à aucune condition. Ib reçurent leurs passeports, le 7 mars, et se mirent, en route le i3 de ce même mois. Ils arrivèrent , le 22 , à Figuières. Mais TËspagne n^était plus telle qu'ils Tavaient laissée , et il ne devait pas s^écouler un grand nombre d^années avant qulls retombassent dans u«e captivité plus dure que Celle dont ils venaient de sortir.
Les revers de Buônàparte n^avaîeht encore apporté aucun cbangement au sort du souverain pontife, au commencement de Tannée i8i4*On
mt e^SS2tit â assa^illir Sa Saîoteté de demandes et de propositions qui fee rcproduisaiciit sous toutes les 'for<nes , mais qui ne pouvaient ébranler sa constiittce/Geu^c qui furent chargés specîàtement de celte mission , étaterit le carAnal Maury, Vé- Vêqtre â'ËNrréux , M. BourUer , et révêque de •Pîaisiamce, M. Pattôtde Beaumont/Les importunités de te ^errtîer préJatfdreût telJcs , que Pie VH 'ordohna d;e lui déclaff er> lorsqa*il se^présenteràit , qu*il eut à iViettre ses ^iem&ndes pzr écrit. M. de Béattmbtit vint te lendemain , cft , sur hi signiBcation de Tordre qui le concernait, il écrivit au Sairit-Pèi<e pour lui àhnoiicêr qu'il était chargé de )ui faire dés prdpositiôhs de la part du gou- Vernemeril, L'empereur , ajoutait-il , consentait à rendre âû chef de rÉgîtse une pat^tie <le ^es états , à ccmdîtîéh quUl lui céderait te n^éte. Pie VU fit entrer l^cWvbyé tet lui St : « Lcte domaines de' •» Sàînt-Pîérre'he1sofit pas ma propriété. Ils ap- ^ partienhëht à l'Église , ^tjel^e puis consentira » aucune cession. Au reste , dites à vôtre empe- » reur qtie si , poto mes «péëkés , je ne dois pas » iTeiitrer à 'Rome, mon èuc<!es^ur y entrera » triomphant , 'malgré tous les efforts du gou-* » VêrBemeiit français. -^ L*empereur a la meil- » leufe volonté » dit Tév^que de -Plaisance. — » Je me ïie beaucoup plus aux princes alliés qu'à » lui , » répondit Fie VII. •--- Oserais -t je de^
lagS^ LIVRE
y> mander à votre Sainteté . Ftîxplicâtion de ses » detnicres paroles ? -r II ne me convient pas » de vous la donner , ni à vous de l'entendre, p » -^Pour preuve des bonnes intentions de Pera- * pereur , j'ai ordre de vous annoncer , de sa » part, que votre Sainteté ya retourner à Rome. — i Ce sera donc avec tous mes cardinaux ? — « Non , très-saint père , cela n'est pas possible ; » Tempereur le désirerait ; mais les circonstances » s'y opposent. — Eh bien ! si votre empereur » veut me ir^iter en simple religieux^ je n'oublie » pas que je le suis , et je n'ai besoin que d'une » voiture poÉr me conduire. Tout ce que je de* » mande c'est d'être à Rome pour m'y acqiaitter » de mes devoirs. — Sa majesté sait ce qu'elle doit » au chef de l'Église : elle n'e méconnaît pas votre » dignité , et elle veut vous donner: une escorte j» honorable ; un colonel doit vous accompa^er* » —Ce colonel , du moins , ne sera pas dans ma » voiture. » A ces mots le pape CQngedia 1^1. de Beaumont.
A peine ce prélàtYut-il sorti , que le colonel se présenta et dit au saint-père que tout était prêt pour son départ : c'était un samedi. Pie VU déclara qu'il ne partirait que le lendemain , après avoir célébré là messe. Le colonel insista peu ; mais il resta dans l'appartement et il ne fut permis a personne de parler au pape en particulier. Cet
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état de contrainte, n^qmpécha p^s 3a Sainteté de convoquer tous les cardinaux qui , au nombre de dix-sept , étaijent à Fontainebleau. }Arrivé,s. prè^s du saint-père 9 ils se jetçrent à ses pieds f^ pleurant. Le souYisraîn pontife leur dit : « Prêt à, me » séparer de you^ , j^ai irpis chqses .à vous, prcs- » crire : la première , de ne point porter la dé- » coration que vous avez reçue du gouvernement » français ; la seconde, de n^accepter de lui ni » traitement ni pension ; la troisième , de n*assis- » ter à aucune fête , aucun repas où ses agens )} pourraient vous inviter, n
Le lendemain , 28 janvier , à onze heures du matin. Sa Sainteté partit (1), et elle arriva le jour même à Orléans , sous le nom de Tévéque d'Imola. Bientôt aprè^^ 4e^€ardinaux qui étaient à Fontainebleau , furent conduits par des gendarmes en divers lieux. D'Orléans, le saint-père fut conduit à Toulouse , à Montpellier , à Nîmes , à Aix, à Nice et à Savone, où il arriva le 19 février, et séjourna jusqu^au 19 mars. Ce jour il
(i) Selon M. de Las Cases, Mémorial de Sainte-Htlhne , tome It, page 22, in-ri^ , Buonaparle prétendait n'avoir pas donné l'ordre de transférer le pape en France. Pourquoi donc l'y a-t-il retenu près de cinq ans dans une dure captivité ? '
eontmua son royage , et parvena , le s3 , â Fiorenzuolla, son escorte le renorit aux troupes atotritrhieniies. Le 2i6 mai suÎTant, Sa Sainteté reatra dans Rome aux vives acclamations de la fook accourue de toutes parts pour contempla ses traits -et recerdir sa bénédiction.
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