IV. af
parte furîcux , fit jager , par une commission militaire , deux d'entr'eux, le marquis de Vidrange et le chevalier de GouauU. Ils furent condamnés à moTt ; mais le premier était contumace. Le chevalier de Gouault montra le plus grand courage à ses derniers momens. Il ne voulut point qu^on lui Landât les yeux ; il donna lui-même le signal de faire feu , et il reçut le coup fatal en criant : Vive le roi î vive Louis XVIII ! L'exécution eut lieu à onze heures du soir ; et le corps demeura exposé sur la place toute la journée du lendemain. Un décret impérial rendu en même tems portait peine de mort contre tout français qui prendrait les décorations de Tancien régime ou accompagnerait les armées alliées dans Tinvasion du territoire français.
Napoléon ayant quitté Troyes pour marcher, avec sa garde et le corps de Victor , au secours de Marmont et de Mortier, qui étaient sur la Marne, le roi de Prusse qui , dès l'origine avait blâmé la retraite , obtint du prince Schwartzenberg qu*il la suspendît. En conséquence, "Wrède et Witgenstein attaquèrent , à Bar-sur- Aube , le :i6 février , Oudinot et Macdonald , qui avaient vingt mille hommes. Après un combat opiniâtre , où ils perdirent deux mille hommes , sans compter huit cents prisonniers , les deux maréchaux se retirèrent à Magny et Vandœuyre. Le i mars,
Oudînot fut attaqaé de nouveau et forcé de continuer sa retraite jusqu'à Troyes , que les français évacuèrent le lendemain , y laissant neuf cents blessés et ayant perdu trois mille hommes. Schwartzenberg établit de nouveau son quartiergénéral dans cette ville.
L'armée de Silésie se trouvait à Mçry, où elle avait été appelée pour une grande bataille qu'on s'était proposé de livrer. Schwartzenberg s' étant , au contraire , décidé à faire retraite , Biiicher et son état-major résolurent de se porter promptement vers la Marne, de pas$er cette rivière et de se réunir aux corps de Bulow et de .Winzingerode pour combattre Buonaparte ou marcher vers Paris. La prompte et vigoureuse exécution de ce plan ^ décida le résultat de la campagne.
BlUcher passa FAube^ le 24, et se dirigea vers Sézanne , où se trouvait Marmont avec dix mille hoinmes. Ce dernier se retira à la Ferté- Gaucher; et, le 27 , il fît, à la Ferté-sous- Jouarre , sa joncr tion avec Mortier. Sacken et Langcron ayant reçu Tordre de matcher contre Meaux , les deux mar réchaux se hâtèrent de passer la Marne , et de se porter au secours de cette ville. Blucher , instruit que Buonaparte marchait contre lui , voulut opé^ rer sa jonction avec Winzingerode et Bulow. Le ' premier , venu de Namur , s^etait emparé, le 14
février, de Soîssons. L'autre , parti de Bruxelles; était arrivé, le 26, à Laon, et le général Thumen, qui faisait partie de son corps , avait pris , le 27, par capitulation 9 la place importante de La-Fère, où Ton trouva un arsenal complet , et ou Ton fit un butin évalué à plus de vingt millrons &e francsv Le feld-maréchal arriva, le 2 mars , h Oulchy-le- Châieau (i)* ï' fit , le lendemain , sa pnction avec les deux généraux , et ses forces se montèrent alors à plus de cent mille hommes , avec Lesqujel^ îl prît position derrière FAisne.
Buonaparte se proposait de tourner Taile gjaache de Tarmée de Silésie , pour lui couper la cômmunibation avec la grande armée combinée, lilui importait , pour l'exécution de ce desseiq, d^étre maître de Reim^. Le 5 mars ^ a|j. matin , le général Cprbineaq surprit cette ville où se trouvait le prince Ga^rin, avec une faille garnison. Les habitaiis « instruiits de Tapprocbe des français t s^assurèreat ^s portes de la ville , et les rusè^ furent faits prisonniers. Le m^me jour » Mar-' VBKmt ti Mortier dirigèrent , i^ais s^ns succès, plttâiein*^ attaques contre Soissoos. Buonaparte , qui , avec ses forces prii^cipales , s'était porté sur
(ï) San arrière -garde avait été 'aliâ<jué« Vivement i» La Ferlé-Milon.
VINGT-SIXIÈME. 3:i5
Béry-aU'fiac/ y fit attaquer, par Nansouty, une brigade russe du corps de Winzingerode, qui fut culbulée. Il passa TAisne ; et Blucher , qui était posté entre cette rivière et la Lette, résolut de lui livrer bataille pour rempccher de gagner Timportante position de Laon. Mais avant qu^il eût pu le Eure tourner par les corps de VTinzingerode et de Kletst , Buonaparte , avec sa garde , commandée par Ney et Victor , et avec la cavalerie aux ordres de Grouohy et de Nansouty , attaqua , le 7 mars , les cùtjps russes de Woronzoff et de Sacken ♦ postés sur les hauteurs de Craone et sur la rive droite Je la Lette. Ces corps ne pouvant être soutenus ^r le restede Tarmée de Silésie , parce que Win- «ingerodc^tKleist avaient éprouvé des difficultés imprévues , furent forcés d*î se retirer sur Laon , ^ès avoir perdu quatre mille hommes. La garnison de Soissons les joignit dans cette retraite.
Le 8 y toute l'armée de Silésie , forte de cent dix mille hommes , se porta sur les hauteurs de Laon. Buonaparte n'avait pas plus de quatre-vingt mille hommes. Cependant il livra bataille le 9. Il attaqua d'abord l'aile droite des allies qui avait une position formidable ; mais sa principale attaque fut dirigée contré la, gauche. La prise du village d'Âthies,>par le .prince Guillaume de Prusse, décida raetion qui fut des plus sanglantes. Le corps de Marmopt > et la cavalerie d'Arrigfai , for-
mant Taîle droite , souffrirent considérablement. L'aile gauche se retira en ordre de Laon à Chîvy. Le lendemain , elle renouvella le combat ; mais ce fut uniquement pour masquer la retraite et sauver les débris du corps de Marmont.
Le comte de Saint Priest j qui commandait le huitième corps ^d'infanterie russe, se trouvait à Châlons. Ayant reçu des renfortsi , il fit , le 7 mars , ime tentative infructueuse pour reprendre Reims. Il la renouvella , le 1 2 , avec succès. Le lendemain , Buonaparte se mit en marche pour lui enlever sa conquête. Il y eut , près de Reims , un combat très-vif, où les russes et les prussiens furent repoussés et dans lequel le comte de Saint-Priest fut mortellement blessé. Les alliés en se retirant traversèrent Reims où ils laissèrent deux réginiens russes » auxquels une capitulation permit de reoindre leur corps d armée.
Les négociations, selon l'usage, marchaient de front avec les opérations militaires. Il se tenait , depuis le 3 février ^ à Châtillon-sur-Seine , un congrès où les plénipotentiaires des puissances alliées demandèrent que la France rentrât dans ses anciennes limites, et que la Hpllande , TAUemagne , ritalie et l'Espagne fussent soustraites à son influence. Buonaparte , pour gagner du tepis, offrit de conclure un armistice par lequel il remettrait immédiatement les places fortes situées dans
\INGT-SIXIEME. 327
les pays quMl céderait ; mais les alliés, à qui une suspension d'armes présentait beaucoup d'inconvéniens , insistèrent pour qu'on signât , sur-lechamp y des préliminaires de paix. Loin d'y tonsentir, N^apoléon , qui venait alors de remporter d'assez grands avantages ( à Champ-Aubert et à Montmirail ) , éleva ses prétentions ; et bientôt on fat convaincu qu'il était impossible de compter sur sa bonne foi. Les alliés désignèrent, le lo mars , ^nime le ^terme des négociations , si un projet de paix qu'ils avaient communiqué et qui était rédigé d'après les bases qui viennent d'être indiquées (i), n'était pas adopté , ou si , du moins , le plénipcittentiaire français n'avait pas présenté un contre-projet analogue. Cet espace de tems . écoulé , M. de Caulain court ne produisit que des pièces dont la discussion n'eût fait que prolonger la négociation. Un nouveau délai de cinq jours lui fut accordé. Enfin , le i5 mars , il reniit un con-
(i) On rapporte que lorsque ce projet fut remis à Bu'ona^ parte , il s'icri^ : « Les alliés oublient donc que je suis plus * près de Yienne qu'ils ne le sont de Paris !» Il esr probable que loin de vouloir renoncer à U ligne du Rhin , il se flattait encore de recouvrer , au moyen de quelque action décisive et des nombreuses places fortes qu^il tenait toujours hors des limites de l'ancienne France , le grand empire avec le- Suelil s'était pour ainsi dire identifié.
tre-projet , par lequel Bupnaparte demandait : I**. la rive gauche du Rhîtt ; 2**. k royaume dltalie , y compris Venise , pour Êjgène de Beauharnais , ses héritiers et successeurs ; et 3*. des éta- Llissemèns pour ses frères Joseph , Jérôme , et pour son neveu Louis , qui perdaient les couronnes d'Espagne et de V^^estphalie , et le grand duché de Berg. Il renonçait à la Hollande» mais eix conservant -Nimègue et la ligne du Wahal , ainsi/ que les Pays-Bas et TEscaut. ||
'C'était à Tinstant où Buonapartè venait de perdre la bataille de Laôn , qu'il faisait ces propositions. Il les considérait cependant (iomtne exorbitantes , et il se flattait que quelques chances heureuses lui permettraient de les modifier ou même de les révoquer. Cette assertion est prouvée par une lettre que M. Maret écrivit , le 19 mars, à, M, de Caulaincourl (i) , lettre (J^ue lés alliés în-
(i) M. de Caulaincourt fit les plus grands efforts pour %'aincre la résistance de Èuonaparte. Vainement Tinfornia-t-il que le .prince de Metternich lui avait envoyé un agent , chargé de se plaindre d^une lettre remplie de récria minationset de propositions captieuses, que Napoléon avait écrite à l'empereur François , qui avait tout tenté pour que les choses n'en vinssent pas à la dernière extrémité. Bùonaparte persista dans ses prétentions qui , si elles semblaient peu conformes à Tétat apparent de ses affaires, Tétaient)
tércejpptèré^t et >qui est déposée à la chancellerie d'état de Vtentie. m li'empereur désire^ y étaît-il dit , ^âe Vous ne preniez attcan engagement positifau sujet de totrt ce qui concen^ie la remise dea forteresse* d' Anvens , de Mayence et d'Alexandrie , û vous êtes obligé de consentir à leur cession , son ânteh^ion étant même , dans le cas où il aarait ratifié le traité , de se régler sur les. circonstahces militaires ; attendez :jusqu'au dernier
moment Èb un<mot , sa majesté désire se
trouver , ajp^rès le traité, encore à même de pouvoir tirer parti des circonstances jusqu-au dernier moîïicnL »
Les Gôtiris alliées 'n'avaient pas ehcore connaissance de cette lettre lorsquelles firent rompre les conférences de Ghâtillon , ce qui eut lieu le 19.
^ En isignant'un traité sur 4es bases du contre^
totiCéfois, À b situation poli tique où il sfe trouvait. Un Souverain légitiitie , qui essuyé des revers, peut faire les plus •grands sacrifices ; mais il n'en est pas de même d'un homme qui ne doit la puissance qu'à ses succès. Buonaparte ne pouvait, li] légalement, ni honorablement, signer un traité par lequel il aurait consenti à la perte de provinces possédées par' la France, lorsque les rênes du gouvernement avaient été ttxûitts entre ses mains. ï^ 'avait-il donc remporté tant de victoires quel peur arriver k ce résultat honteux, mais hon* teux pour lai seul , puisqu'il en é^ait la cause ?
33o IIVRK
» projet français , dirent-elles dans une déclara* » tion qu'elles publièrent à ce sujet , elles eussent » déposé leurs armés entré ïes mains de rennemî » commun ; elles eussent trompé Fattente de leur» » peuples et la confiance de leurs alliés. >^
Tandis qu'elles négociaient avec Buonaparte; le;5 quatre grandes puissances , c'est-à-dire , TAutriche , la Grande-Bretagne , la^Prusse et la Russie , resserrèrent, par un traité d'alliance offensive et défensive , conclu à Chaumont , le i". mars, les nœuds qui les unissaient. Chacune d'elles s'engagea à tenir constanmient sur pied, contre l'ennemi commun , cent cinquante mille hommes. La Grande - Bretagne devait payer , pour le service de l'année i8i4 , cinq millions de livres sterling , à répartir également entre les trois autres puissances , et elle se réserva de fournir son contingent en troupes étrangères à sa solde , bu de donner annuellement une somme qui serait déterminée d'après le taux de vingt livres sterling par chaque fantassin , et de trente par chaque cavalier. La durée de l'alliance était étendue à vingt ans. \
Reprenions présentement le fil des opérations militaires.
Nous avons laissé le prince de Schwartxenberg entre l'Yonne et la Seine. Trop faible pour agir offensivement , l'armée française > qui lui était op-
VlNGt-SlXlÈME. 33 1
posée , se trouvait sur la droite de cette dernière rivière , depuis Provins jusqu^à Montereau. Le général Alix , qui commandait la i8*. division militaire , ayant publié , le 6 mars , une instruction pour la levëe en masse des provinces situées sur les derrières de larmée combinée , le général en chef de celle-ci, ordonna, le lo, des nuesures sévères contre les individus qui seraient pris \es^ armes à 1^ main , et contre les communes où Ton aurait sonne le tocsin.
Instruit de ce qui s'était passé jusqu'au-7 mars ,' à Tarmée de Silésie , ScWarizenberg , qui avait fait reposer la sienne près de quinze jours , se mit en marche vers Paris , mouvement qui avait pour objet de porter Bûonaparte à se retirer vers ce point , au lieu de tomber sur l'aile droite de la grande armée , avant qu'elle fût en force à Arcissur-Aube ; mais la nouvelle de la bataille de Laon , qu'il reçut le t4 roars au sdir , détermina le feld-maréchal à reprendre Toffensive.
Bûonaparte, arrivé le 1 1 mars à Soissons, donna l'ordre à Mortier et à Marmont d'observer Tarinée de Silésie. Lui-même , à la tête de trente à quarante mille hommes divisés en quatre colon- "^s, se mit en marche, le 12. La prèmiàre colonne alla , par Fismes et Reims , à Châlons , d'où ^Ue se dirigea vers Vitry. Les trois autres coton- ^^s passèrent la Marne à Epernay , à Château-
33 a ' civftB
Thierry tl à la Ferté-sous-Jouarre. Baonaparte arriva, le 19, à Plancy. Il se flattait de surprendre le flanc droit des aUiés, de percer la ligne de TÂube , de couper les corps postés sur la Seine | et de forcer ainsi la grande armée ^ évacuer la Champagne. Schwarizenbt^rg , craignant que la colonne de Vitry ne se portât à Çar-sur-Aube, Voulut d^abord se retirer sur cette ville ; mm les forces principales de l^armée française ayant passé l'Aube à Plancy le 19 , pour se porter à Mérjr-sur- Seine , le feld-maréchal changea d'avis et résolut de livrer bataille , à la tète de quatre-vingt-dix mille hommes qu'il avait réunis. Kaction commença , le 20 mars , à midi , et dura jusqu'à nûtouit sans être décisive. Le lendemain , les deux armées se préparèrent à renouveller le combat. Le sort de l'Europe ne tenait , dit-on , qu'à un oheveu , lorsque le mauvais g^nie de Buonaparte lui suggéra le dessein de marcher par Vitry vers Saint-Bizier, et de là sur la ligne de communica- ^tion de la grande armée , ^'attirer à lui lesgar* nisons des places fortes de la Lorraine et de l'Alsace , de soutenir la levée en masse des babitans de ces deux provinces, et de transporter le the'âtre de la guerre en Allemagne. A peine a-^t-il conçu ce dessein qu'il l'exécute çn plein midi , à la face dçs alliés , laissant seulement en arrière le corps d'armée d'Oudinot et la cavalerie de Sébastiam
vingt-sixAmb. 335
pour se maintenir à Arcis et protéger sa marche. Cette arrière-garde rejoignit , dans la nuit du 22 au 23 mars « le gros de Tarmée française , qui anÎTa ce dernier jour à Saint-Dizier, et le 24 1 pa-r Vassy à Doulerant. Chemin faisant elle se grossit par la réunion des insurgens de la Lorraine et de la Franche*Comté. Buonapatte enleva les convois et les courriers des alliés , et leur coupa la communication avec la ligne du Rhin. Tout paraissait alors favoriser son dessein , et déjà il était échoué. ÏJne lettre (i) interceptée en instruisit , le 33 mars, les alliés. Il se tint aussitôt , à Pougy , en présence de Fempereur de Russie et du roi de I^russe , un conseil de guerre où il fut décidé qiji^oa marcherait sur Châlons et qu'après que les dieux armées de Bohême et de Sîlésie auraient fait lear jonction , on opérerait sur les derrières de Tarmée française. On fit connaître cette résolution à T^mperear d'Autriche , qui se trouvait à Bar*sur-Aiihe. Le mouvement de Buonap^rte exposant ce piîiiiÇ^, " ^^ rendît promptement à Dijon , par Bar-sur- ^meetChâtilion.
BlScher s'étant assuré^ la 18 mars, que Bftfui^*
(0 CeUe Icitrè était adressée au maréchal Macdonalci , parle maréchal Berthier, qui rinformail de la maiche et ies ^^«seinideBuonaparte.
parte s'otaît porté contre la gr^ande armée , pass; TAisne , et , le ],endemain , Winzingerode occupe Reims de nouveau. Marmont et Mortier quittèrent , dans la nuit du 20 y la position de Fismes , et se retirèrent sur Château-Thierry, où , le22, ils passèrent la Marne. Le 23 , York et Kleîst arrivèrent dans celte ville ; et WoronzofFà Châlons; Bulow investit Soissons.
Les deux armées de Bohême et de Silésie s'étant mises en communication , l'empereur de Russie , le roi de Prusse , le prince de Schwarlzenberg et le comte Barclay de ToUy y arrêtèrent , dans un conseil de guerre , tenu en plein air sur la grande route près de Vatry , que le3 armées réunies se porteraient à marches, fprcéjes sur Paris , tandis que "WinzingCDode , à la tête.4j.'un corps de cavalerie de huit mille hommes ^ av,ec environ cinquante pièces d'artillerie volante , suivrait Buonaparte, qui serait persuadé de ja sorte que toute l'armée combinée s'approchait.
Lorsque les alliés prirent cette résolution,.. leur retraite , en cas de revers, était assurée, du côté de la Suisse , par la redditioii de L|^on. "Wellington faisait des progrès dans le midi , et Bordeaux venait de s'illustrer à jamais en proclamant le souverain •légitime. Les alliés savaient de plus y par des rapports exacts et sûrs qui venaient de leu
VINGT-SIXlÊME. 335
parvenir, qu'ils trouveraient dans Paris iin parti puissant qui se déclarerait contre Buonaparte , lorsqu^OD verrait qu'ils Fabandonnaient à son sort (i).
Meau^ fut indique comme point de réunion des deux armées , qui devaient y arriver le 28.
Les corps de Marmont et de Mortier avaient reçu de Buonaparte l 'ordre de le suivre le plutôl; qu'il se pourrait. Arrivés à Etoges et Vertus , ils avaient appris que les alliés occupaient Châlons. Us se portèrent alors vers Vatry. En même tems arrivèrent par Montmirail , les généraux Pacthod et Âmey , qui escortaient , avec six mille hommes, un convoi considérable de munitions de guerre et de bouche pour Buonaparte. L'armée de SchwarUenberg attaqua , le aS , près de Soudé-Sainte-Croix et de Sommesous, les deux maréchaux, les battit et les ; contraignit à faire retraite sur Linthés , par la Fère Champenoise. Pacthod et Amey furent forcés de se rendre prisonniers dans cette dernière ville à une division de l'armée de Silésie. Cette double affairé coûta aux
(') M. Schoell , Histoire abrégée des Traités de paix , ^om, X^ pag. 419. — Il s'était formé quelques comités royalistes , au sujet desquels on peut consulter la Campagne d$ *^4 > par M. de Beauchamp,
336 LIVBE
français cinq milte hommes tues , dix milie prisonniers f quatre-vingts canons et beaucoup de munitions de guerre et de bouche. Les deux monàr(|ues qui se trouvèrent au milieu de la piiélëe coururent le risque de tomber entre les ms^ias des français, événement qui , très-prohablea^ent raturait miâ fin à la guerre et sauvé B^pnapa^e^
Le 26 , les quartiers-généraux de SchM^arlzenberg et de BlUcher furent établis à TreSajuxet à la Ferté- Gaucher ; le 27 , à Coulommijers et à la Ferté-sous-Jouarre ; le 28, Sckwartzenberg ne pouvant gagner, Meaux , demeura avec les deux monarques à Quîncy. Blûcher occupa Meaux ; et il y eut une affaire assez chaude à Clayc et à Ville- Parisîs. Le 29, le quartier-général des monarques et de Sçhwart^enberg fut à Œchy, et celui de Bliichçr à Villepinte. l^es corps de MarmqBt et de Mortier arrivèrent le soir par Nangis à Paris. Le premier ne comptait plus que deux miHe quatre cents hommes de pied et huit cents chevaux. On les renforça par les débris d'une foule d« bataillons y et il fut alors porté à sept miHe quatre cents hom^mes d^iniaQlerie et mille de cavalerie. Ces deux corps occupèrent les hauteurs de Belleville et de Montmartre (i).
(i) Buonaparte , avant de partir de Paris , avait ordonaé
Vingt-sixième; 337
Le même jour 2g , Marie-Louise et soto fils quittèrent Paris , prenant la route de Tours (i) ; et Joseph Buon aparté publia la proclamation soivante , par laquelle il croyait abuser Iqs habitacs de la capitale , et ne fit que se couvrir 4e ridicolCi
« Jaû roi Joseph , lieutenant^général de Vémptreur , commandant en chef de la garde niatio^ nak , auœ citoyens de Paris*
Citoyens de Paris ! ?
Une colotine ennemie s^est portée sur Meaux. ( Une colonne perdue , disaient les jourmfcox ). Elles^àvance par la route d^ Allemagne ; mais l^empereur la suit de près à la tête d'une armée yîclorieuse. Le <3onseil de régence a pourvu à la sûreté
de cmirrar kn i)arrières par de^ tambours en charpente, jpereés de crénevciket d^embràsures , de façon à pouvoir diriger quid^es feuic de tnousqueterie et d^artillerie sur. les priaeipiJas avenues. LVxécution de eet ordre n^avait aucune* ment nasauré les fMiHsîens, qui se hâtèrent de mettre 4. couvert levrs effets les plus précieux.
(1) Les -wiê sont partages sur ce qui détermina I9 retraite de Marie -^lioaise* On prétend que le conseil de régence avait pris nne première décision portant que cette princesse ^t flOQ fiis ne t^éloigneraient pas de la capitale , mais que U. Cambac^ès ^ diaprés Favis de M. Je f alleyrand , fît revé< IV. Z2
de l'impératrice et du roi de Aome. Je reste avec vous- Armons-nous pour défendre cette ville, ses monumens , ses richesses , nos femmes, nos enfans , tout ce qui nous est cher. Que cette vaste cité devienne un pcamp pour quelques instans et ique Tennemi trouve sa honte sous ses murs , qu'il espère franchir en triomphe. L'empereur marche à notre secours. Secondons-le par une courte et vive résistance et conservons Thonneur français. »
Arrivé sous les naurs de Paris, le, prince de Schwartzenberg adressa aussi aux parisiens une proclamation propre à encourager ceux d^ entre
nir %\\x celte délibération. On ajoute même que Marie-Louise s^était proposé de se présenter , à ia tête du corps municipal , devant les souverains alliés, pour en obtenir des condilioAS favorables à la cause de son époux , et qu'elle en fut légalement empêchée par les homme$ qi|i entretenaient des intelligences avec eux. M^is une telle démarche n'eût été aucunement dans les convenances, à moins que ^oonaparte, lui-même , ne Peut autorisée, ce qull était peu disposé ï faire, sHi est vrai qu'il ait envoyé Tordre du départ deMarie* ' juouise et de son 6ls , et qu'il Tait accomffagnë de cette observation : « J'aimerais inieux les savoir au fond de la Seine, t» que de les voir conduits i Vienne en triomphe ; » observation qui est parfaitement dans le caractère de celui à qui elle est attribuée, et que, toutefois, noi^ soignmés bin de garantir , n'ayant rien d'autheutique sur c^ point.'
eux qui désiraient le rétablissement an souverain légitime. •
« Depuis vingt ^aps TEurope est inondée clf sang et de larinç3 », <îi)P?it le généralissime , les tentatives faîtes pour çieU(^ un terme à tant df malheurs ont été inutijejs, pprce qu^il existe dans le "pouvoir même. du gpuvernejnent qui vou$ pp*prime , un. obstack insurmontable à la ça^x. * ;:
» Les souverains aUi|e's cherchient de bonne fpi une autorité, salutaire .en. France.,, qui puisse cir mentec l'union de to^tes^esaalionç et de to^sles gouvernemensiayec plie.. C'est à la. ville de Paria qu'il appartient , Jans les cLççon^ances ^çtuelles^, d'accélérer l2^ paix du mçnde, S09 .^œu çst atJrçndu avec l'intcrét que doit iaspirçie.up 8^im7ne|[fôe tqjsultat Ç[u'el|e.se pronpqçe ct4?Çje-Wonïent,Fa^^ mce cjui es^ deva^nt ses murs deviei^^ 1^ s^t^iii^ieiri dp ses décisions. - ... . :• ^., : :* .* . f* ^^ r ^
, » Parisiens ! vous connaissiez ^^^situatlpo: ^âp votrQ patrie ||la conduite (Jlf^Bipirdffiix ^ Ipccup^^^ tien amicale de Lyon, tes maux attirés sup> ;;^a France et les dis^ç^çitioiis, ^f JpiifJ^ie V^^ toyens, :Vous trouvpre? dsiiis^iÇl^s ^^^mpjies le. tero^ àe la guerre étçaijgerp ,ef ^v^^la^^disaordfî civ%. Vous ne pourrjez.le'trpqvjeYaillws*;^;^ .»?, ;♦
Par malheur^ cette^ pièce i^e,putjêtre.assf3& répandue pour einpêçl^e.r qu'ui|.trop<gran<i nombrje de citoyens ne s'sir^nasçept <JansjÇ:dessem.de. teij*
34© LlVu«
l«r une résistance que ne pouvait douironner le succès. Sur les vingt-sept ou vipgt-huit mille horoïncâ (jtt'il ftit possible tJe mettre en hâtaîlle pour défendre la capitale , ôrt en compta environ huit tnille de la garde nationale. Les troupes françaises prirent position, ïe 29. La droite occupa les hauteur* dé Mesnll - Montant > de Éeîleviilè , et la butte Saint--Ghantnottt, et elle s^appuya contre Vîncennes. Le tetitre épiait âù canal dé PÔurcq , ^i^ahten iarrîère lé ihaAiêlôn de Montmartre , <Jui , Vil avait été tronvètiâblemcnt fortifié , eût rendu «ette ptjsîticfti 4brmidabie. La gauche s^ étendait dé MfHiittnarrre â NëoBly.
L'artïBèriè rfffcictéé kla a^ïenÈe de Tèn ceinte Ae tohsîSlaît qu'en" q\iaff!aih^è pièc 4, et vingt
de 8^ , înd^étfdàfnYÏiènt de douzre pièces dé 4 et t^àtrc de 8, fortnant ûYie rësefvé sur fcliacune des rives ée la Seine. Trois cents élèves de VËcole '^ol^thtrtqute^etcjtliatté quatre-vingts canon-
Mfei*, T?rb^ !1iflW^dè!é îtivâfedes , JEàiSàîènt fe ser-
Vice;
^^ Le 2fb ^mètsik^^ heures An mà-
ïîh , \è^ ta^tiràrirs aÏT^ sommeil les ha-
îiteitis Ae 'Paris ',\dbtitufi ^ànd nbml>rè ne s'étaieiit pas afttêifi^tii à té ri^eïl. La garde nationale , •^qumqn'irrit^e du ftépart dé Màrie-tibuïise el de îcdtiide.|iltiiîetit^s tnelribr^s dû gôùWrhetoent, qui '^^^sdent eiUpfres^ de méttt'e aussi ^ëùrs pèrson-
VINGT- SIXliME. 341
nés et leqrs richesses à couvert , se rendit k sea postes avec célcrité. Nombre de çompfigni^ fcH rent postées hora des barrières; i^ais les générauK eureal la sagesse de i^e l«s placer qu'^osoeonde ligue (0-
Ce fut contre Taile droite des français que ren** pemi dirigea Tattaque la plus vive« La défensç fut opmîÂtre ; mais il fallut céder à I^ supériorité du nombre ; et les positions que cette aile occufiait furent abandopnées dans le cours d^ la matinée.
L'attac^ue du centre avait été cQklfié^ au feld^^ matéchal Blûcher, qui, ayant reçu les ordref fort tard, ne se mit en mouvement qu'à 092^0 ))eures et qu^après avoir chargé le comte de longeron de prendre ou bloquer Saint-D^nis , de déloger d'AuberviUiers le$ troupes françaises qui occupvent ce village , et enfin dç se porter par Glichy $qr Montmartre* Blucher surmonta tous les obsta* clés. Il marchait vers les barrières , lorsque des parlementaires , envoyés park corps municipal., annoncèrent , aux avant-postes des alliés , qu^ )a ville demandait à capituler, y empereur Ales^an- 4re et Iç roi 4^ Prusse n'attt^ndaient que ce signal pour arrêter Teffusiap du $ang. On CP©vint donc
(0 La garde nationale fournît cependant be«^Mcpup ^e ro^» lontaires qui ùctai le service i^ tii^ail leurs.
facilement d'une suspension d'armes , durant laquelle on réglerait les articles de )a capitulation. Alor^les deux monarques, transportés d'une joie vive et pure, se jetèrent dans les bras" l'un de l'autre , en s*écriant : « La cause de Thumanité est y^gagnée ! » ^ ^
' Cependant, TVf. de Langeron , qui n'ctait pas encore instruit de l'armistice , attaquait Montmartre. Son infanterie fut repoussëe plusieurs fois. A la fin , elle escalada les hauteurs au pas de charge, culbuta quelques compagnies de' ligne soutenues par des gardes nationaux , et prit sept pièces de canon. Il n'y en avait pas davantage .-pour défendre ce poste important. « Quand les » armées ennemies seraient campées sur les hâu- » teurs de Montmartre , pas un village des pro- » yinces réunies constitutionnellement à l'empire ^> ne serait cédév, » avait dit Napoléon , un an auparavant, jour pour jour; et ce fut sur ces mêmes hauteurs que se termina la bataille qui anéantit sa puissance !
L'aile gauche des français fut à peine attaquée ; on ne tira que deux ou trois coups de canoA contre les postes qu'elle occupait. '
La perte des alliés fut de septà huit mille hommes , et celle des français de trois à quatre mille; parmi lesquels on compta cinq cents hommes delà garde nationale , perte d^autant plus sensible qu'il
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y avait, Jans ce nombre, des pères dç famille. Quant an lieutenant-général de Napoléon, on sait qu'il ne fut pas trouvé parmi les morts ni les blessés. ~ Malgré la promesse qu'il avait faite de rester à son poste , il s'était retiré vers les onze heures du matîn(i) ; mais , du moins , il avait autorisé les généraux à traiter delà capitulation , qui ne fut signée que le 3i , à deux heures, après minuit. Il fut stipulé que les corps des maréchaux ducs de Trévise et de Raguse , évacueraient la ville de Paris à sept heures du matin ; que les hostilités ne pourraient recommencer que deux jours après l'évacuation; que tous les arsenaux, ateliers, établissemens et magasins militaires resteraient dans Tétat où ils se trouvaient au moment de la signature dé Tacte ; que la garde nationale serait totalement séparée des troupes de ligne , quelle serait conservée, désarmée ou licenciée, selon les dispositions des puissances alliées ; et que les corps de la gendarmerie municipale partageraient entière-
(1) On fit , au sujet de cette retraite et de la proclama-: lion que nous avons rapportée, l'épi gramme suiv^ntç : Le roi Joseph , pâle et blême , Pour nous sauver reste avec nous ; Croyez, s'il ne nous sauve tous, ^u'il se sauvera bien lui-méine.
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mtfnt le sort de la garde nationale. Enfin , la ?3le de Paris fut recommandée à kt gënérosité des hautes puissances altiées.
Nous n*entrepren^rons pas de retracer, dans son ensemble , la situation morale de la capitale^ dans la jourtiée du 3o mars : du mouvement et cîette sorte d agitation que produit Tinquiétude , tels en furent les princip'aux traits. Pour exciter le peuple à une défense opiniâtre et irréfléchie , la police avait fait afficher et distribuer un placard dont le titre était : Nous hisserons-nous piHêr? JNous laisserons-nous brûkr ? De bons citoyens prirent sur eux d^arréter la distribution de cet écrit incendiaire. Des misérables parcouraient tous les quartiers , annonçant que Fennemi était repoussé à plusd^une lieue; que Buonaparte arrivait à la tête de qualre-vingt mille hommes; et Cpït le roi de Prusse, ayant été fait prisonnier, entrait à Fheure même dans Paris. Ce dernier mensonge servit uniquement à faire connaître que les deux monarques alliés étaient à la tête des troupes qui attaquaient la capitale.
Lorsque le bruit de Fartillerie et de la mousqueterie eut cessé , et qu^on eut vu rentrer les troupes en silence , les moins clairvoyans purent juger du résultat de la journée. Cette ville qui » depuis tant oe siècles, n'avait pas vu d'armée ennemie pénétrer dans son enceinte , ne devait donc
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piÈ tarder ^ recevoir les guerriers de ces peuples auiquels BiMMiaparte , dans s» foreur, arait prcrdiguë l'iaîare ^ et qu'il arait traites de barbares du Nord. Sortes sept heures du soir , toutes les mai-; sons se fermèrent h^rmétiqueflient ; plus de lumières que celles qm servent à ëclaîrer les rues î' où l^on ne rencontrait que quelques citoyens effirayës, qui se demandaient les uns aux autres ce qui allait arriver. Enfin , Paris offrait alors le même aspect de désolation et dVffiroi que le fOur ràie plus épouvantable des crimes y fut commis, Le 3 1 au nsatia , on vit continuer la fuite des 2^ens du gouvernement, qui se retiraient vers Blûis, où la régente s^était établie. Mats, entre boit et neuf heures , un autre spectacle vint éton- Ber les uns et coiksoler les^ autres. Au miKeu de groupes fermés sur les boulevards du nord , des homnfies dévoués à la légitimité , firent lecture , i haute voix , 4^ proelamaiion» du Aoi , de MûNSiEun^ et des alliés. EUes furent d^abord ecoatées en silence ; bientât de neavélks lectures fureqt suivies du cri de pti^e h Roi t poussé par ua petit nombre de personnes , puié par un plus grand , et à la fin par la foule elle-même. Alors les royalistes se Faiaisseot. Précédés de drapeaux blancs faits à \k hâte , mais ornés du véritable écu de Ffanoe » il parcourent les boulevards , les rue» «t les. places adjacentes , £aifant retentir Pair do
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Ijgurs acclamations , auxquelles, de toutes parts;, les femmes répondent avec enthousiasme. Le' tyran qui leur enlevait les objets de leurs plus chères afîections , était abattu , et tout faisait présumer qu'il ne se relèverait jamab.
Ce fut au milieu de cette ivresse que Fempe* reur dç Russie et le roi de Prusse firent leur entrée 4an$ Paris. Â leur aspect, les transports redoublent , chacun cherche à contempler de plus près les libérateurs de TEurope , devenus , comme par miracle , les libérateurs de la Fraace. L'expression de la joie publique n'est interrompue que pour maudire celui qui a fait des français abusés les instrumens de son ambition ^t de ses fureurs. On en' demande la déchéance , ou plutôt mn la prononce réellement , en confondant les cris de Vive Alexandre ! Vive Frédéric-Guillaume! Vive Louis XVIH! Vivent les Bourbons! Des souverains légitimes ne pouvaient repousser un pareil vœu, un vœu dont Taccomplissement devait concilier les intérêts de TEurope entière. . • Les monarques' alliés , lorsqu'ils eurent passé en revue la nombreuse et superbe armée entre ^les rangs de laquelle ils avaient traversé Paris, se transportèrent chez M. de Talleyrand, prince de Bénévent , dont Tempereur Alexandre avait désigné rhôtel pour son logement. C'était Tindice des communications afitérieures^, qui sont la ma*
tièrc de félicitations de la part des amis de la légitimité , et d'amers reproche de la part des satellites de Baonaparte. Il se tint à Tinstant même un conseil composé des deux souverains , du prince \ de 3chwartzenbcrg, de MM. de Nesselrode,, do Pozzo di Borgo pt du prince de Lichtenstcin , et auquel assistèrent aussi M. le prince de Bénévent, le duc de Dalberg et le baron Louis (i)* L'empereur de Russie posa ces trois questions :
1*. Faire la paix avec Napoléon en prenant toutes ses sûretés contre lui ; .
2\ Placer la couronne sur la tête du fils de Napoléon , en conférant la régence à Marie- Louise ;
'à\ Rappeler les princes de la maison de Bour- . bon.
M, de Talleyrand fit sentir sans peine les înconvéniens des deux premières propositions et dé* ïïiontra de même que la troisième seule était admissible. L^empereur Alexandre ayant demandé
(0 L'abbé de Pradt a imprimé qu'il assista à ce conseil ; <îl il a dit que ce fut d'après ses avis que fut rédigée la fameuse déciaration de l'empereur de Russie ; mais il prétend que ce conseil s'assembla à trois teures , et le manuscrit dé 'â déclaralioa était dans lç& mains de l'imprimeur à une heure , après avoir été présenté à beaucoup d'autres qui avaient refusé de l'imprimer. L'imprimerie impériale était fermée. Cette dfclar^itîori fut afEché* dans Paris le même jour.
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quels moyens il serait passible d^emplôycr pour jpafveiatir à un si heureux résultat , M. de Tallcy-» rand répondit qti^on aurait recours aux autoiiiés constituées et même au sénat , sur lequel , âit*ilf on potuvait compter. Lorsque toutes les dbjec^ lions furent levées,, objections qui notaient fbnf dées que sur le peu de connaissance que les étrangers avaient des véritables sentimens de la nalkm françabe» qui n^a ^mais donné aucone sorte dV dhésion aux actes de proscription contare T^uguste famille de ses rois , Fempereur Alexandre signa la déclaration suivante, qui fut bientÀt rendue publique dans Paris.
« Les souverains alliés accueillent le voead^ï* » lution française. Ils déclarent que si les condi- 3» tions de la paix devaient renfermer de plus for* » tes garanties » lorsqu^il s^agisaait d'enchaîner » raimbition de Buonaparte , elles doivent être )• plus favorables , lorsque par un retour vers un 1 gouvernemelit sage, la France elle même offrira n Tassurance de ce repos.
» Les souverains alliés proclament en consé- » quence ;
» Qu'ils no traiteront plus avec Napoléon Buo- » naparte , ni avec aucun membre de sa famille ;
» Qu'ils respectent l'intégrité de l'ancienne » France , telle qu'elle a existé sous ses rois léto gitimes ; its pewent même faire plus^ p9^
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» ^^Us professent tœtfours le principe que pour » le bonheur de VEuropâ , ti faut que la France » s^it grantlê H forte; (t).
» Qu'ils reconnaîtront et gatrantirent la cons^ » titotion que la nation française se donnera^ IIj)
# tayjient par conséquent le sénat à cb£sig<iier un » gouvernement provisoke ^ qui puû»e poonroîr > au besoins de radmimstration et préparer 4a » constitution qui conviendra au peuple français.
n Les intentions que je viens d'exprimer me
• sont communes avec toutesles puissances alliées. « Paiisi le 3i «ars^ à (rob iieûrets >àprè^laidi.
» Signé KhtXKStMi,. nt
Le lendemain ^ M. le prince de Béo^vent se rendit au sénat qui , sur-lè^dbaitip p institua un {(mvieméHient provisoire y ^romposé de ce ^die prince, de Tafebé de Montesquieu, du général Beurhôilvitte , du comte de Jaucourt et du duc de iDalberg. L^assemblée^ qui était peu nom- I)reu$e (z) , dit-on , n'osa pas ce jour aller pins
(i) Ce fatTthrùtir^édf Aietandre lûi-mditie qui ajouta la *tïxièïnfe parïîc dfe la |Atrasc, eti Usant Tépreuvc , au monient <âè éené înéteôrïibVé ]pitrc)e allait être ïùise sous presse.
(a) lly-eul fleâ^ îséaiiCés , Tuftê té Ynatîn tt IVulre le soir, ^te Aenfièv^ , où To^ tonifimia ce qui s^étaît fait dans la pt'emièrfe, fût l'oitfposëe de -plo) âe soixante inetnbres, et ceux qui étaiùi^t retetius chez eux pour càuJse de maladie, s'empressèrent d'emtéjfcr^ëilr adhésion.
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loin ; et il fallut qpe le conseil ^énétaX dp dépar tement de la Seine lui donnât Fexeiïiple. Cecon* seil , dans une proclamation en date du i"". avril» déclara qu'il renonçait formellement à toute obéissance envers Napoléon Buonaparte , et qu'il exprimait le vœu le plus' ardent pour que; Ife gbove^ nement monarchiipi^ fntTétab^ dans la personne de Louis XVIII et de ses successeurs légitimes (i).
(i) Le vœu du. conseil général fut précédé d'une éloquente j Philippiqué , dont r^ous cirojons devoir rapporter ce passage: H Habitâns de. Parts ^ vos magistrats* i^âraient tra>rresenvers | vous et la patrie, sj , par de viles cçnsidérations personnelles, ils com (trimaient plus long-tems la voix de leur conscience; | «Heïeur crie que vous devéztous les maûxquri Vous accablent à un.seulboniQie. C'est ktiiqtii ; ciiaqâie innée , ^rlaconsçriptkkn , décime no9 (amtUes; cVst liti.^ui , aftyiiieu de quatre Wnis millions quç la l^rance payait sou5 nos- jbons et anciens rois pour être libre, nous a surchargés d<^ plm.de quinze cents millions d'impôts , auxquels il menaçait d'ajouter mcrife ;* c'est lui qui^noùs a fermé les mers des deux mondes; 'Fest à lui que noiià devons 'fa h^ne de'too^Ues peuples sans -l'avoir, méritée. .Qu«-aotts payl^ t on de sea - vtetotres passées.? Quel bien nous, o*i^TîÇlles fait cf;s ^ne3t^SîyiclpKes?/>a haine, des peuples, les larmes des fangiille^ ,. 1;(^. célil^at forcé de nos celles ,. la fui ne d^ toutes le? fortunes! Ce. font elles qïii amènent .aujourd'huii ju^ques dans jips ipurs, toujours ^ restés vierge*, sous la pa^r;^elle ada> raidira tien de A^sr^^'^» les étrangers, .dont lagénireusje jprotectiqa.noOsçoininAO^<^ la reconnaissance^ lorsqu'il nous. eût. éjLé fi.^doux (!<? Icufot* fjir une alliance dcsint^fcasçe , .etc. « etc^..» .,
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Le 2 avril , la déchéance de Buonaparte fut pro-^ loncée par le sénat , diaprés les motifs les plus )ropres à ne pas mettre trop en contradiction avec lui-^méme, ce corps qui avait tant de ifois secondé la tyrannie de Thomme qu^il aUait ren* V erser du trône. Toutefois cei ne fut que le 3 , qu'on adopta la rédaction définitive de cet acte, qui était ainsi conçu : . ,
« Le séhat conservateur, cojisidérant qofi dans une monarchie V.onstitutionnelle , le monarque n'existe qu'en vertu de la constitution ou du pacte . social ; . . •>
» Que Napoléon Buonaparte , pendant qt|e]gc^ tems, d'un gouvernement ferme et prudent , ay^tt donné à la nation des sujets de compter, pour Vavenîr , sur ^es actes de sagesse et'dé justice , , mais qu'ensuite il a déchiré le pact;e qui Toipissait au peuple français , notamment e& levant éesHk" pots, en établissant des taxes autrement qu'en vertu de la loi (i), contre la teneur express^ du serment qu'il avait pr^té à son avènement aju trône.....; ;* , , , ^, .,,,.,„
» Qu'il a commis cet ^|^n^al;l.aux droite du peuple^ lor^ l^éoie qp'il venait d'ajourner, saiis nécessité, le corps législatif , et de faire siippri-
(0 Vbyeipage 171 du présent VôîÙDtieV