LIV»F
mer , comme criminel , un rapport 4e ce c^ôfps , auquel il contestait son titre et sa part à la Teprésentatian nationale ;
» Qu'il a entrepris une stiite de guerres en violation â» Tariide 5o des constittitions du â2 frimaire an Vllf » qui Veut que la déclaration de ^iierre soîl proposée ^ discutée , décrétée et promulguée comme les lois ;
)» Qu^il a inconstitutîonnellement rendu plusieurs décrets portant peiaç de mort , nommément les deuxidécrets du 5 mars dernier^ tendahsà faire considérer comme nationale , une ffuerre qui n'a- '^Hàit lieu qtté dans Fintérèt de son ambition demesurée (i);
^tj Ces d^xd^kr^ tarent "irendus au quartier-général Je
'■"'•' fremierlyécrei.
Kapolébn ^ considérant que les géoérauv ennemis ont ài- ' éxt'é qu^ls fuisitieraient tous les 'paysans qui prendcalent les armes , décrite : ^ '
.. f^« MètisëétemenI X'otâ lès âtoyëns français sont autorisés
,ki courir iMTc armés ^ mius re^fe^ fatre sonner k tocsin aos-
sitôt qu'ils entesdrfot he idâm À^-t/fm troti^ei ilipprecher
dVûxf de se rassembler , de fouiller les bois , de couper les
"ponts , o^inlercëptérles routes et de tomber sur les flancs et
les derrières de Tcnaeizii. . * . . ■
^> TJu^lI a violé lès lois constïtutiotînelles paf ^cs décrets sur les prisons d'état ;^
» QuMl a anéanti la responsabilité des ministres , confondu tous les J^oùvoîrs et détruit Tindé»pendance des corps judiciaires >
» Considérant que la liberté de la presse, établie et consacrée comme IHin des droits de la ïialion , A été constamment soumise à la censure arbitraire de sa police » et qu'en même tems il s'est toujours servi de la presse ponr Vemplir la France et l'Europe de faits controuvés , de maximes fausses, de doctrines favorables au despo-^
a®. Tout Citoyen français ptis par l'ennemi et qui serait tais à mort , sera sur- le-chamç vengé par la mort en repré*- Milles d'trn prisonnier ennemi*
iyeuxième Décréta
Napoléon, considérant que les peuples des ville» et dei tampagnes , indignés des horreurs que commettent sur euxles ennemi^ et spécialement les russes et les cosaques , cou-* r^ntaùx armes par un juste sentiment de Phonneur national , pour arrêter les partis de l'ennemi , lui enlever ses convois et lui faire le plus de mal possible, en ont été détournes par le inaire et par d^autres magistrats , décrète :
i^ Tous les maires, fonctionnaires publics où faiabitanft ^ol , au lieu d'exciter l'élan patriotique du peuple , le refroi-* ^lissent en dissuadant les citoyens d'une légitime défense , seront considérés comme trattres et punis comme tèlsw IV. ' ai
3^4 LivàE .
ti§me , et cL'pul^rag^s çpqtçe Içs goi^vcrnemens
étrangers ; •
» Que d€J3 actes, et rapports entendus par le sénat oi>t subi des altérations dans la publication qui en a été faite ;
» Considérant qu'au lieu de régner dans la seule Tue de l'intérêt , du bonheur et de la gloire du peuple français, aux termes de son serment, Na- ' poléon a mis le comble aux malheurs de la patrie par son refus de traiter à' des conditions que Tîniérét national obligeait d'accepter et qui ne compromettaient pas l'honneur français ;
» Par Pabus qu'il a fait de tous les moyens qu'on hit a confiés en hommes et en aident ;
» Par rabandoa des blessés sans, panseaiens , sans.^eçpurây» sans su})$i;st^iices.(() ;
I» Par différentes mesures dant l^suites étaient là ruine des villes ., la dépopulation des campagnes , la famine et les maladies çontagieusi^ ;
(i) L'ouvrage întiiulé Sépulcres de la grande armée , e^c, reniferme à ce sujet des détails qui font frémir. I^a refaite de Leipzick , dit Flsiutenr de cet écrit, fut une déroute aussi désastreuse que celle de Moscou. A Erfurt^ lieu de passage^ îl existait sept hôpitaux qui ,• au bout de vingt-quatre heures, iQftnquaienjt de toiiti On exposa leur déplorabie- situât ian à Biion^pairte lpr&q^;iMr^v6r^ c^Ue ville:: « Jedoane 6000 fr. » pa^ jour f^xxr xns^ cassel^te, n dit,-il, Qt il partit 9^ galop» Bientôt la cas^çUe. .arrive, \^ixxm. il njj. ayjait ppifit; d'ordre à
» Considérant que , par toutes ces causes , le gouvernement impérial , établi par le sénatus*con-
produire , et elle passa outre. Rien n'était prêt à Mayence pour recevoir la foule immense des palades el des blessés-, dont un ^rand nombre n'avaient pas été pansés depuis Leipzlck. Quinze mille d'entr'eux furent soignés chez les bourgeois , les hôpitaux , l«s églises , les lycées et tes magasins étant iosuffisàns. Bientôt une affreuse épidémie se répandit dans la ville et attaqua les citoyens comme les militaires. Le préfet lui m^me y succomba. Dû 7 au 20 novembre, il mourut par jour jusqu'à cinq cent.s personnes , dont un huitième de bourgeois. On trouvait dans chaque carrefour àes corps inanimés que les habitans voisins y avaient déposés et qui souvent y restaient trois et quatre jours ét'cndus sur le pavé. Une si prodigieuse quantité de cadavres était entassée ( et non inhumée), dans les cimetières, qu'elle excédait la hauteur des murs d'enûeinte. Tous les fossoyeurs périrent et le Rhin devint alors te tombeau commun. La contagion s'étendit àr plusieurs dépariemens de l'est , lorsque pour diminuer l'encombrement de^ Mayence , on y eut fait des convois de malades et de" blessés ,. et le transport était affreux pour ces infortunés.
L'auteur de l'ouvrage où nous puisons ces particularités , rapporte aussi qu'après la bataille de Lutzen , on vit plus de soixante voitures de la maison de Bûonaparte traverser, ventre à terre , le champ de bataille et écraser les blessés , fran-^ Çais et autres. Cet exemple épouvantable^ poursuit-il, avait ^té donné par Napoléon lui-même, à son enti^ée dans la /ille d'Eylau, dont les rues étaient jonchées de morts et de mourans, qui furent broyés sous les roues de sa voiture. Les cours du château étaient également remplies de cadavres et
3H6 MVïiE
stJÎlc du ii8 floiéalan XII , a cessé d^exîsler, et que le vœu manifeste de tous les français appelle un ordr'e de choses , dont le premier résultat soit le rétablissement de la paix générale, et qui soit aussi Tépoque d'aune réconciliation solennelle entre tous les états de la grande famille européenne ;
» Le sénat déclare et décrète ce qui suit :
» Art. T'. Napoléon Buonaparte est déchu du trône et le droit d'hérédité établi dans sa famille est aboli.
» Art. IL Le peuple français et l'armée sont déliés du serment de fidélité envers Napoléon Buonaparte. »
Environ quatre-vingts membres du corps législatif se trouvaient à Paris. Ils se rassemblèrent, sur la proposition du gouvernement provisoire , le 3 avril , et ils adhérèrent , au nom de leur corps , à l'acte de déchéance porté contre l'homme qui l'avait si récemment outragé.
Le sénat , après avoir rendu son décret , fut présenté à l'audience de l'empereur de Russie , qui témoigna combien la conduite de Buona-
de blessés : m Otezdonc ce spectacle de devant mes yeux, » se cofitenla de dire Buonaparte, en mettant pied à terre.
Arrêtons-nous ici , et demandons si celui à qui Thymanité reproche tant d'insensibilité ou plutôt de cruauté, est digne des éloges qu'un trop grand nombre d'écrivains ne rougissent pas de lui prodiguer aujourd'hui f
VINGT-SÏXIÈME. 35;
parle , à son égard , Pavait profondément blesse. « Un homtne qui se disait mon allié est vena » dans mes états en injuste aggresseur, dit -il; » c'est à lui que jai fait la guerre et non à la » France. » Lç magnanime Alexandre ajouta qu'en considération de ce que le sénat venait de faire , il rendait tous les prisonniers français qui étaient en Russie.
Ce fut le 25 mars que , par le rapport de quelques prisonniers , Buonaparte eut le premier avis de la jonction des deux armées de Bohême et dé Silésie et de leur marche vers Paris. 11 ne put (l*abord y croire , et il ne fut complètement désabusé qu'après avoir livi^ , près de St.-Dizier, un combat à ATVinaingerode , qui fut fort maltraité. Ayant enfin ouvert les yeux. Napoléon voulut manœuvrer surfer derrières des deux afmées ennemies, par une dès deux routes qui , de Châtions , conduisent à Paris. Il fallait préalablement emporter Vitry , ou les* alliés avaient garnison ; mais un tel coup de main fut jugé trop- hasardeux. On lint conseil , et d'après Favis de Berthier et de Ney , Buonaparte , qui avait songé un moment a se jeter avec toute son armée dans les Vosges, résolut de se porter vers Paris par Troyes. Le 29,» à la tête de la cavalerie de sa garde ,, il était en marche vers Vandœuvres, lorsqu'il reçut une dépêche de Joseph, qui lui annonçait l arrivée à
• 358 LÏVBE
Meaax^ des armées combinées* A^usaitdtîl ienroîe aux maréchaux Mortier et Marmotnt , son aidede-camp , le général Déjean » paur leur recommander de prévenir» p» tou^ fes moyens qui seraient en leur puissance (t) , 1 occupation de la capitale et pouv qu'ils fissent savoir au princei de bchwartzenberg qu'il venait d'adresser à l'empereur d'Autriche des propositions qui étaient de nature à être acceptées. Le généralissime répondit au parlementaire qui lui fut envoyé , que son souverain tenait à la coalition par des lietis indissolubles , qui ne lui permettaient pas de traiter se* parvément de là paix.
Arrivé à Troyes , le ipéme jour 29 , Buônaparte tr^ça la marche de son armée t de Êaçon qu'elle put parvenir, le 2 avril, sous les murs de Paris. Suivi seulement de Berthier et de Caulaincourt, il se porta de sa personne , le 3o, en toute hâte , vers cette capitale , par la route.de Fontainebleau. A l'instant où il atteignait le relais de poste , dit U eour de France , le général Belliard y arrivait, ramenant ât Paris la cavalerie qu'il commandait.
(t) Buônaparte oubliait tout ce qu^en 1809 il avait dit, lui-même, dans ses bulletins, sur l'inconvenance et la cruauté qu'il y~ avait de défendre des ca{»itale^ ; et cependant Vienne , qu'il avait désignée dans ces mêmes linUe tins, était munie d'un rempart et de quelque^ autres fortilkktiQoi.
Ce fut lui qui instruisit Napotëoh dé là Ixitaille livrée sôiis les muts dé cett^e \iile , de ia capitulatioïi d^s dé4]t inarëcbaat, et du départ de Marie-LoQist?^ Baonapai^té «i^en vùalail pas moinift marcher \^ts Paris. Cependant s yaincu par lèk représentation^ réitérées de ses consettlers , il rie* tourna verë Fontainebleau , âprèd ^y(Ât ordôhwé que toutes lés troupes prisSebt position sur TEssoné. Ett mémo tems i il envoya vet^ rempereuir Alexandre , M. de CâulaiiK^oun s (jài arriva trop tard (i). Buotiaparté pa^a à^m Vm^titt les jour« nées du i^'. bt 4û à avril; mais, le 3, instruits des évètiettkefis de Paris , les marécjhâux ^ui se trouT2^nt à f'ontainebleau se présentèrent devant Napoléon ; et Ney , portant la -^role , lé pressa de renoncer au trôi^c en ftiveur de son fils. Cette proposition qui i déjà » avait été rejetée par les
(i) M. de CaulàÎQCûurt arriva i taris dan& la matinée cta 3i mars , ao nioidèai où tes mooarqires alliés y enlraaioià U tétje de leurs troupes. Il fit de vains efforts pour être reçu par Tempercur Alexandrf , et n'y parvînt que le soir du même jour vers sept heures, lorsque ta déclaration de ce prince venait d'être publiée. Il lui annonça qU'it avait des |>ouv5irs de Napoléon , pour souscrire k toutes lés condition^. « C'est > trop tard, lui répondit l'empereur de ttusste, en lui mon- » trant la déclaration imprimée | Toilà un engagement qua * je viens de prendre ».