LI VUE
» parler de libelles publiés contre les gouverne*
» mens étrangers ; il oublie qu^ils furent rédigés
)» dans son sein. Si lông-tems que la fortune s'est
)» montrée fidèle à leur souverain , ces hommes
» sont restés fidèles , et nulle plainte n'a été en-
» tendue sur les abus du pouvoir. Si Tempereur
» avait méprisé les hommes , . comme dn le lui a
» reproché » alors le monde reconnaîtrait aajour-
» d'hui qu^il a eu des raisons qui motivaient son
» mépris. Il tenait «a dignité de Dieu et de là na-^.
» tion ; eux seuls pouvaient Pen priver: il Ta tou*
» jours considérée comme un £airdeau ; et lorsqu'il
» l'accepta, ce fut dans là conviction que lai seul
» était à même de le porter dignement. Son bon*
» heur paraissait être sa destination. Aujourd'hui,
3» que la fortune s'est décidée contre lui y la volonté
» de la nation seule pourrait le persuader de rester
» plus long-tems sur le trône. S'il se doit consi-
» dérer comme le seul obstacle à la paix , il fait
» voloRtiers ce dernier sacrifice à la France : il a en
» conséquence envoyé le prince de la Moskowaet
» les ducs de Vicence et de Tarente à Paris ^ pour
» entamer des négociations. L'armée peut être
» certaine que son honneur ne sera jamais en
» contradiction avec le bonheur de la France. *
Les envoyés de Buonaparte s'empressèrent de
^'acquitter de leur mission. Ils obtinrent , le 5
avril , une audience dé l'empereur Alexandre que ,
«eloTi tapg les ra[>)M>rls , ils trouvèrent «ssez favorablement disposa « ma» qui , cepefidaiït , résolut de consulter ses aliîés. Il se tint, Id nuit suivante « qa'on a appelée la nuit politique, «n conseil dont firent partie !ed membres du gouvernement provisoire et où Ton discuta de nouveau la déclaration du 3i mars ^ c^est à-dire , où Ton remit en question le sort de l'Europe , te sort de la France , k sort de la légitimité , et même aussi le sort des souverains qui délibérèrent siir ce point. Les motifs qui militaient en farenr dé la restauration on de la régence , furent discutés tîontradictoirement. Le général Beurnonvîlleetle génfeVal Dessoles soutinrent arec force les prenàiers ; et , à la fin , l'empereur Alexandre» rendu à lùinnême, déclara au nom des qionarques alliés'^ qu^ls n'abandonneraient pas à la vengeantie de Napoléon ou des siens , de braves guerriers et tfttit de magistrats et de citoyens vertueux et fidèles , qui avaient mis leur confiance dans la déclaration que ces thèmes souverains avaient faite à la fa<?e de runivérs.
Les plénipotentiaires de Biionaparte sVtant re-« présentés, le lendemain ; devant Tempereur de Russie , reproduisirent l'argument qui avait presque triomphé la veille et qui était fondé sur un pre'tendu vœu de Tarmée. Alexandre leur déclara qu^il ne restait à Napoléon d'autre parti à prendre que d'abdiquer purement et simplement. Toute-