‹ Histoire de Napoléon BuonaparteChapitre 21 sur 38 · IE · texte numérisé non relu

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cite, qii^il (?lait dans rinlention de-conclore ti l^ist 2)vec la Grande-Bretagne, et il négocia avec Ifii cour de Vienne son accession à la coalition, f^a coar de Londres ne parut pas mettre beaucoup 4 importance à Fouverture faite au lord Bentinck; mais rAutriche se proposant de recomposer la Lombardie « ne rejeta pas une proposition qui tendait à doubler ses forces en Italie. Tandis qu on négociait , Murât mit ses troupes en mouvement, j sans déclarer contre qui elles devaient agir. La première colonne entra dans Rome , le 2 décembre 18 13. Une seconde et une troisième la suivirent de près ^ et la quatrième se porta vers Ancône par les Abruz^ses* Béunies elles formaient une armée de trente-quatre mille hommes.

Le traité fat conduite 11 janvier 18 j 4* ^^ deux parties contractèrent uhe alliance ayant pour o^hjet la poursuite de la guerre alors allumée en Kurope. L'Autriche garantit à Murât et à ses héritiers et successeurs la souveraineté pleine ei entière de tout ce qu'il possédait en Italie et promit d'employer ses bons offices pour faire accéder ses alliés à cette garantie. Cette puissance derait tenir en campagne cent cinquante mille hommes dont soixante mille en Italie y et Murât devait en fournir trente mille. Par divers articles secrcls^ TAutriche prit l'engagement d'dbtenir en faveur de Joachim iin^aclc dç renonciation formelle da

roî de Sicile, auTOyaame de Nàples, de lui faire conduis la paix arec le gouvernement Britannique et de lui procurer une bonne frontière militaire (1). Par contre , Murât renonça à toute prétention au royaume de Sicile ; et il admit le principe qu'une indemhitë convenable devait être accordée à Ferdinand. Quelques stipulations, que nous croyons superflu de rapporter, furent encore ajoutées à ce traité , qui ne fut ratifié que le 4 mars , par Tempereur d'Autriche.

Le 16 jaiivier, le général napolitain Macdonald demanda au général Barboù, qui commandait la cinquième division militaire d'Italie , de lui remettre la citadelle d'Ancône, proposition qui fut rejetée. Le 19, M. de la Vaugoyon fit à Rome tine proclamation où il annonçait qu'il prenait possession au nom de Murât, de» dépaftemens de Rome et du Trasimène. Le général MioUis se relira dans le château Saint-Ange qui fut bloqué le lendemain ; et le général Salcette se jeta dans Civitta-Vccchia. Le 3i , les napolitains entrèrent àFlbrcrtcé, ou madame Baccîochi, sœur deBuonapartfe tenait sa cour ; elle se retira à Lucquc^. La plupart des troupes françaises qui se trouvaient

(i) Murât dct^aît'obtetiJr une partie dès ëlàts de l'Eglisfi , iW€c une'pn{lii)àtidn de cpiâtre. f;ent mille âmes.

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en Toscane , se concentrèrent alors à Livoiime; Celles qui ëtaient à Pise firent mine de résister; znais Fouché, qui était à Lucques et à qui Buonaparte dans sa détresse avait jusqu^à un certain point rendu sa confiance , arrêta les hostilités , en déclarant qu'il était autorisé à traiter de l'évacuation de la Toscane. En effet , il fut conclu , le 24 février, une convention en vertu de laquelle les forts du grand duché , le château Saint- Ange et Civitta-Vecchîa furent remis aux troupes napolitaines. Cette convention notait pas de nature à inspirer de la confiance aux alliés qui plus tard se convainquirent que Murât avait agi dans l'intérêt de Buonaparte, à qui cependant, le i5 février , il avait déclaré la guerre.

Il y eut » le 2 mars , entre les autrichiens et les français , aux portes de Parme, un comhat où ces derniers eurent Tavantage. Ils entrèrent de vive force dans cette ville, et ils y firent plus de deux mille prisonniers. L^armée austro-napolitaine se retira sur Modène.

Une flotte anglaise embarqua a Palerme neuf mille hommes de troupes britanniques ou à la solde de r Angleterre, qui prirent terre, le 9 mars, à Livoumei Des siciliens, incorporés dans ces troupes, répandirent une proclamation, par laquelle le prince royal de Sicile revendiquait les droits des Bourbons sur le royaume de I^aples» Lord

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3cntinck , qui commandait Tarmée anglaise , se endit à Reggio ^ où se trouvait Mui at , et demanda ]ue la Toscane fût évacuée à Tinstant par les roupes napolitaines. Cette deniànde et la proclanation indisposèrent Joachim ; mais ses alarmes urent calmées par une note où le gouvernement mtannique approuvait en son entier le traité du [I janvier. Murât eut ensuite à Rovère une coniérence avec le maréchal de Bellegarde , conférence à laquelle assista M. de Balasc.hefF, qui renaît d'arriver, porteur d'une lettre que l'empereur Alexandre avait adressée à Joachim, pour lui offrir son alliance. Il fut arrêté que le lord Bentinck évacuerait la Toscane et marcherait contre Gènes , que Murât forcerait Eugène Beauharnais à évacuer la Lombardie , et que le général autrichien coopérerait au même objet. Gênes capitula, le 21 avril ; la garnison sortit avec armes et bagages et se rendit à Vérone,

Murât, commença , le i3 avril, à exécuter la partie du plan d'opéjrations dont il s'était chargé. Ses troupes passèrent leTaro et prirent de vive force Borgo-San-Donino. Les français se retirèrent ^ Plaisance. Les 14 et 1 5, on se battit sous les «lurs de cette ville ; mais les hostilités cessèrent par suite d'une convention qui fut signée le 16. ^•le portait qu'il y aurait armistice entre les troupes françaises d'une part, et les troupes autri-

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chiennes, napolitaines et anglaises, deTautre, et que les premières quitteraient Tllalie. Eugène adressa, le 17, aux soldats français, une proclamation où il leur dit : « Vous allez reprendre le chemin de vos foyers ; il m'eût été bien doux de pouvoir vous y ramener.,.. ; mais il est d'autres devoirs qui m'ordonnent de me séparer de vous. Un peuple, bon, généreux, fidèle, à des droits sur le reste de mon existence que je lui ai consacrée depuis dix ans. » Il paraît , d'après ce passage , que le vice-roi s'était flatté d'obtenir pour lui-même la couronne dltalie. De plus, M. de Melzi adressa , le 17, au sénat du royaume, un message, par lequel il l'engageait à demander aux puissances alliées qu'elles maintinssent cet état et qu'elles lui donnassent Eugène pour roi. Le sénat accorda la première partie de la proposition , mais non la seconde. Il s'éleva , le 20 , à Milan , un timiulte populaire , dans lequel le ministre des finances , M. de Prina, fut massacré. Le peuple força ensuite le sénat à rapporter son décret et à convoquer les collèges électoraux qui , le 23 , proclamèrent l'indépendance du royaume d'Italie et une constitution représentative avec une royauté héréditaire. Ce même jour, Eugène , qui s'était retiré à Mantoue, y conclut une convention par laquelle toutes les places qui n'étaient pas encore occupées par les troupes des alliés , devaient être

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remises aux autrichiens. Lç 26, il adressa au peuple tlu royaume «dltalie une autre proclamation , oa il annonça le changement qui venait de s^ opérer, €t qu'il termina ainsi : « De nouveaux ai^rangemens politiques m'obligent à m 'éloigner de vous et ren^ dent incertain Taccomplissement d'un vœu qu'il me fut bien possible de laisser échapper une fois , quand vous l'aviez vous-même manifesté mille. » Eugène partit le lendemain pour Munich.

Le sort du Piémont fut décidé à la même épo« que. Il y eut à Turin , le 20 avril , une telle agitation , que Le prince Borghèse , qui était gouver* neur général des départemens situés au-delà des Alpes, et commandait en chef Tarmée de réserve d'Italie j fut forcé de s'éloigner. Ses plénipoten* tiaires signèrent , le 27 , une convention d'aprèj ^uelle les troupes françaises durent évacuer le Piémont,

Le i*"'. mai, Murât prit l'engagement de remet* Ire la Toscane à son souverain légitime. Nous avons déjà^dit que , le 24 de ce mois , le pape rentra dans Rouie,

Le déport de Buonaparte , pour l'île qu'on avait €u rimprud^nce de4ui céder , avait été fixé au 18 avril. Sous prétexte de faire venir de Paris divers objets doiit il prétendit avoir besoin , ou plutôt dans l'espoir que quelque événement favorable pourrait le dispenser d'exécuter le traité qu'il avait

souscrit, il différa jusqu^au 20. Ce jour, il manda le général autrichien Koller , l'un des quatre commissaires qui devaient raccompagner , et il lui tint un discours où , selon sa coutume , il respecta peu la vérité.

tt J'ai réfléchi sur ce qui me reste à faire , dit-il; » je me suis décidé à ne pas partir. Les alliés ne t» sont pas fidèles aux engagemens qu*ils ont pris » avec moi ; je puis donc aussi révoquer mon ab- » dication. Plus de mille adresses me sont parve- » nues cette nuit : l'on m'y conjure de reprendre » les rênes du gouvernement. Je n'avais renoncé » à tous mes droits que pour épargner à la France » les horreurs d'une guerre civile, n'ayant jamais » eu d'autre but que sa gloire et son bonheur ; » mais connaissant aujourd'hui le mécontente- » ment qu'inspirent les mesures prises par le nouji veau gouvernement , voyant de quelle manière » on remplit les promesses qui mont été faites,

> je puis expliquer maintenant à me^ gardiens ; » les mt)lifs qui me font révoquer mon abdica- » tion , et je verrai comment on ni'arrachera du » cœur de mes vieux soldats. Il est vrai que le » nombre de troupes sur lequel je pourrai comp- » ter n'excédera guère trente mille hommes ; 1» mais il me sera facile de le porter en peu de

> jours jusqu'à cent cinquante mille, nt^e général pria Buonaparte de lui dire en quoi les alliés

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ayaiènt manqué au traité. — « En ce que Ton em-^ » pèche l'impératrice de m^accompagner jusqu^à » Saint-Tropez , comme on en était convenu. » Le général lui répondit que c'était cette princesse elle-même qui avait résolu de ne pas le suivre.— « Eh bien , je resterai fidèle à mes* promesses ; » mais si j^ai de nouvelles raisons de me plaindre, » je me verrai dégagé de tout ce que j'ai promis. »

Buonaparte descendit , à midi , dans la cour du château » où sa garde était rangée en ligne ; il fut aussitôt entouré des officiers et soldats , et il leur fit ses adieux par un discours qui n'était que trop propre à produire une forte impression sur eux.

«( Officiers, sous-officiers et soldats de la vieille > garde , je vous fais mes adieux.

» Depuis vingt ans que je vous commande , je » suis content de vous et je vous ai toujours trou- » véç sur le chemin de la gloire.

)» Les puissances alliées ont armé toute TEu- » rope contre moi : une partie de l'armée a trahi » ses devoirs , et la France a cédé à des intérêts » particuliers.

» Avec vous et les braves qui me sont restés » fidèles , j'aurais pu entretenir la guerre civile » pendant trois ans ; 'mais la ï^rance eût été mal- )> heureuse 9 ce qui aurait été contraire au but que ^ je m^étais proposé. Je devais donc sacrifier mon

» intérêt personnel à soh bonheur :.c^ est ce que

» j'ai fait.

» Soyez 'fidèles au nouveau souverain que la » France s'est choisi ; n'abandonnez point cette » chère patrie trop long-tems malheureuse ; ne » plaignez point mon sort , je serai toujours heuj» reux quand je saurai que vous Têtes. J'aurais » pu mourir 9 rien ne m'était plus facile : mais » non , je suivrai toujours le chemin de Thon- ^ neur; j'écrirai ce que nous avons fait»

» Je ne puis vous embrasser tous ; mais je vais » embrasser votre chef. Venez , général; ( II em- » brasse le général Petit ). Qu'on apporte l'aigle. » ( Et en l'embrassant , il dit ) : Cher aigle , que » ces baisers retentissent dans le cœur de tous les » braves.

» Adieu 4 mes enfàns ! adieu mes braves ! cn- » tourez-moi encore une fois. »

Après avoir donné sa main a baiser aux officiers qui se pressaient autour de lui , Buonaparte monta en voilure. Il était accompagné des généraux Bertrand et Drouot, et suivi de quelques officiers de sa maison. Les quatre commissaires qui devaient le surveiller » étaient , pour l'Autriche ; le général KollQr'(i), de qui noos venon$ de parler; pour la

^0 11 9vait poujr adjoint le mijor de Ckiw»-ftt^rtine«»

Russie, le général SchouwalofF; pour!' Angleterre, le colonel Campbell ; pour la Prusse , le comte de Waidbourg Truchsessy qui a donné au public un récit de ce voyage dans lequel la haine que les habitans des provinces méridionales de France avaient conçue contre Napaléon Texposa plus d'une fois ^ de grands dangers (i). Il arriva , le 27 ,

(i) Des détachemens de sa garde accompagnèrent £uonaparte jasqu^à Villeneuve-sur- Allier ; mais ensuite il ne trouva plus que des autrichiens et des cosaque». I^ 24'avril, il rencontra , près de Valence , le maréchal Augereau. lU descendirent Tun et Tautré de voiture. Buonaparte ôta son chapeau et tendit les bras au maréchal qui Tembrassa , sans le saluer. » Où vas-tu ? dit Napoléon , tu vas à la cour. » Augereau répondît quMl^llaît à Lyon. Ils marchèrent près <l'uQ quart d'heure ensemble , et Buonaparte fit au maréchal <les reproches sur ^sa conduite envers lui. « Ta proclamation » est bien béte, lui dit -il; pourquoi ces injures contre » moi "^f il fallait dire tout simplement : le vœu de la na- » tien s'est déclaré en faveur d'un nouveau souverain ; le » devoir de l'armée et de s'y conformer. Vive le roi ! Vive , ^ Louis XVlll ! » Augereau se mit aussi à tutoyer Buonaparte et lui fit d'amers reproches sur son ambition* Ce dis-

* « Soldats ! disait Augereau , le sënat , interprète de la volonté nationale , lassé du joug t}rannîque de Napoléon , a prononcé y le a àvril^

M déchéance et celle de sa famille. , . Soldats ! tous êtes déliés de

vos scrmens •; vous Tètes par la nation en qui réside la souveraineté ; ' vous l*étes encore , s'il était nécessaire , par l*abdîcatîon même d'uai ^omme qui , après avoir immolé des millions de victimes à sa craalla «nbition , R*a pas su mourir en soldat y etc. , etc. >»

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