LIVIDE
Le Portugal reçut en 1809 une forte organi^ sation militaire. Un décret rendu par le prince régent, le ii décembre 1808» avait ordonné à tous les portugais , de quinze i soixante ans', de prendre les armes. Vingt-quatre rcgimens de cett^ i!ation furent mis à la solde de l'Angleterre ; son année fut portée à quarante mille hommes , et 6ir Arihur Wellesley fut nommé feld-maréchal de toutes les forces portugaises , ayant sous lui le feld-maréchal Béresford,
£n Espagne , rAndalou$ie étant toujours en la puissance des insurgens, Victor fut chargé de soumettre cette province. Ce maréchal remporta» le :28 mars , à Medelin , une victoire décisive sur Cuesta.
Blake, qui était à la tête des armées d'Aragon el de Valence /tenta vainement de reprendre Saragosse. Les 16 et 1 8 juin , il livra bataille à Sachet^ près de Belchite. Il voulut renouveler le combat, le troisième jour ; mais son armée , saisie tout ï coup d'une terreur panique , se débanda.
Après la défaite de Medelin , larmée de Cuesta
prenait le nom de Nie jlas l^^ Cependant Buonaparte lui a coDiCrvé le C jramandement , ce qui a fait dire qu'il n^ava|U agi que U^accord avec le chef di gouvernement fran^^i^
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Rit promptcment portée à trcnle^-huit mille hommes ; et elle se mit en contact avec celle de sir Anbur "Wellesky, qui s^élevaità soixante mille oombattans , anglais , espagnols et portugais. Sir Arthur faisant mine de marcher contre Madrid». Joseph Buonaparte, ayant sous lui les maréchaux- Jourdan et Victor,. alla à sa rencontre. Une bataille sanglante fut livrée, les 27 et 28 juillet, près de Talavera*de-la-Reyna. Les français firent retraite après avoir perdu dix mille hommes et vingt canons. La perte des anglais &1I de plus de six mille hommes. Sir Arthur fut , en mémoire de cette action qui lui a fait le plus grand honneur , créé vicomte Wellington de Talavera. Cest sous le premier de ces noms que nous te désignerons désormais. Sa victoire , toutefois, ne fut «pas Assez décisive pour qu'elle eût de grands résultats ; et le manque de vivres, ainsi que Tapproche des corps de Soult , de Ney et de Mortiier , qui venaient du Nord , le fot*cèrent à * se reliréi* sur Badajoz.
Tandis que Wellington marchait contre Madrid j Veilegas , qui commandait Farmée de la Manche , s^approchait de cette capitale par un ^tre chemin. Il n*en étâft plus qu a la distance de quatre lieues, lorsqu'il apprit la retraite des anglais». 11 effectua la sienne ,. Je la août; mais il
s uvBk
fut atteint à Almanazîr, où son armée £bt mise
en déroute.
€uesta, de la conduite de <)ui Wellington avail^ été fort mécontent « ayant donné sa démission , la. junte <:entrale de Séville le remplaça par Arie->saga, à qui elle ordonna de marcher de la Sierra* Morena vers Madrid. Son armée; qu'on prétend avoir été force de cinquanten^inq mille hommes^ avec quatre*?ingts pièces de canon , fat défaite près d'Occana, le i8 novembre; par le maréchal Mortier, qui n^avait que vingt-quatre raille hommes « mais dont rartilkrie était pat:faitQment aervip.
Dans le nord delà péninsule , Gironne , ce bou* levard de la Catalogne^ fiit investie par les français, le a4 juin 9 et se rendit le lô décembre suivant*
Buonaparte , de retour dans la capitale , voulut faire jouir les parisiens du spectacle de sa puissance et de la dépendance où il tenait les rois qu^il avait faits. Ils furent mandés à sa cour, et^ le 3 décembre , ils assistèrent au Te Deum qui fut chanté poUr ses victoires et pour Tanniversaire de son couronnement. Le lendemain , il les ras* sembla de nouveau dans une fête que la ville de Paris lui donna , et où , seul , il parut couvert. Il était vêtu a Tanclenne mode espagnole , et un énorme panache de plumes blanches ombrageait son chapeau. Les deux rois de Saxe et de Wurr
tembei!g(i}, placés à côté de lui , étaient en unifonne, et eur^t constamment la tête découverte. Assortir d« la métropole , le triomphateur «^était rendu au corps législatif pour en faire Ton* Terture* « Depuis rptre dernière session , arait-il '» dit aux députés , j*ai soumis T Arragon et la Cas- » tilk, et chassé de Madrid le gouyernement fal-
> lacieux formé par T Angleterre. Je marchais sur
> Cadix et Lisbûnae , lorsque j^ai dû revemr sur » mes pas , et planter mes aigles sur les rem- » parts de Tienne. Trois mob ont vu naître et » terminer cette quatrième guerre punique. ...
p. Le génie de la France a conduit Tarmée^n-
> {^aise ; file a terminé ses destins dans les marais
» pestilentiels de File de Waicheren • ..
» Peuple français ! tout ce qui voudra s'opposer » à vous, sera vaincu et soumis. Votre grandeur » s'accroîtra de toute la haine de vos ennemis. * Vous avez devant vous de longues années de » gloire et de prospérité à parcourir. Vous avas » la força et Ténergie de rHercule des anciens. » JVi réuni la Toscane à Tempire; ses peuples » ta sont dignes par la douceur de lem: carac* » tère , par rattachement que nous ont tonjouiv » montré leurs ancêtres , et par les services qails
(0 Le roi de Bai^èr^ n'était pas f heor« arrivé à Pari»'
«O HVRE
» ont rendus à la civilisation européenne». ....
» La Hollande, placée entre P Angleterre et la » France /en est également froissée ; cep^dant » elle est le débouché des principales aetèhes » de mon empire ; des change mens deviendront » nécessaires ; la sûreté de mes frontières , et- »> Fintérét bien entendu <les deux pays, les exi^- >• gent impérieusement.
' » Mon allié , Temperear de Russie , a réuni à 3» son vaste empire la Finlande , la Moldavie , la » Walachie , et un district de la Gallîcie. Je ne »* suis jaloux de rien de ce qui peut arriver de » bien â cetempire. Mes sentimens pour son illus- »• tre souverain sont d'accord avec ma politique.
» Lorsque je me .montrerai au-delà des Pyrér » nées , le léopard épouvanté cherchera TOcéan v pour éviter la honte , la défaite et ta mort. Le ^> triomphe de mes armes sera le triomphe da » génie du bien sur celui du mal , de la modéraj» tion, de Tordre , de la morale , sur la guerre j» civile , l'anarchie et les passions malfaisan* » tes. , »
Si les recueils les plus authentiques ne renfeiv. maient pas ce discours , la postérité pourrait le considérer comme une .fiction propre à carac* ' tcrîser Tinsolence , la présomption et Torgueîl en délire. Cependant nous y avons entendu applaudir; et , pour en fournir la preuve, nous citerons
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un passage de la réponse qu'y fit le corps législatif, par Torgane de M. de Fontanes , son président : « Toat ce qui s'attache à vous s agrandit ( allusion délicate ou non aux avantages que les illustres hôtes de Napoléon avaient retirés de leur alliance avec lui. ) « Tout ce^qui cherche une in- » fluence étrangère est menacé d^une chute pro* » chaiue. Il faut obéir à votre ascendant : c'esl * à la fois le conseil de rhcrd&me et de la po- >» lilique ». Napoléon, saisissant cette occasion pour préparer le public à un acte qu'il limitait <iepuis quelque tems, dit à la députation : « Pour « conduire la France dans la situation où elle se « trouve , j'ai surmonté bien des obstacles. Moi >i et ma famille , nous saurons toujours sacrifier >> nos plus chères afifections aux intérêts et au » bien-être de cette grande nation
» Je désire vivre trente ans encore , afin de » pouvoir trente ans servir mes sujets , consoli* » der ce grand empire » et voir toutes les pros^ » parités qae j'ai conçues , embellir cette chère » France*.
Quel était donc le sacrifice <}ue ïiapoléon devait consommer ? Devait « il descendre d^un trône usurpé ^ et rentrer dans Tobscurité d'où, pour le repos du genre humain , jamais il n^aurait dû, sortir ? Non , sans doute : ce n'était pas corablé des £iyeux:| de la^ fortune , que Buona--
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parte devak abdiquer. Ce grand sacrifice qu^il allait iaire , c'était la répudiation dWe femme plus âgée que lui , mais à laquelle il devait principalement son élévation. Ce grand sacrifice, c'était Talliance qu'il allait contracter ayec une jeune princesse , qui s'immolait au désir d'épargner de nouveaux malheurs à son auguste maison et à des peuples fidèles.
Le "iS décembre , Pfapoléon , après avoir rassemblé auprès d^ lui tons ks membres de sa famille ^les grands dignitaires et les ministres , adressa la parole à M. Cambacérès , et dft : <f B^ton cousin, le prince archi-chancelier, }e vous » ai expédié une lettre close en date de ce jour , j^ pour vous ordonner de vous rendre dans mon » cabinet , afin de vous fiûre connaître la résolu- » tion que moi et llmpératrice , ma très-chère ^ épouise , avons prise. La politique de ma mow Barchie , l'intérêt et le besoin de mes peuples , » qtn ont constamment guidé toutes mes actions, » veulent qu^après tnoi j^ laisse à des enfans , 3» héritiers de mon amour pour mes peuples , ce » tr^ne où la Providence m'a placé. Cependant « ^ depuis plofâeurs années j'ai perdu l'espérance » d'avoir des enfans de mon mariage avec ma » bien-aimée épouse , l'impératrice Joséphine ; ^ c'est ce qui me porte à sacrifier les plus d^ouces » affections de mon cœur» à 0'écouter que le
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• biea de l'État , et à rouloir la dissolution de » notre mariage.
» Panrenu à Tâge de quarante ans , je puis » concevoir Tespérance de vivre assez pour éle- » ver dans mon esprit et dans ma pensée les en-
• fans qu'il plaira à la Providence de me donner. . » Dieu sait combien une pareille iiésolution a B coûté à mon cœur; mab il n'est aucun sacri-
» fiçe qui soît au-dessus dé mon courage , lors- » qu'il m^est démontré qu'il est utile au bien de
• la France.
» J*ai le besoin d'ajouter que , loin d'avoir ja-
• mais «u à me plaindre , je n'ai au contraire » qu^à me louer de l'attachement et de la tenn dresse de ma bien*aimée épouse ; die a émit belli quinze ans de ma vie : le souvenir en res- » tera toujours gravé dans mon cœur. Elle a été » couronnée de m^ main , je vtxxx qu'elle, con*- » serve le titre et le rang d'impératrice ; mais 1» surtout qM'elle> ne doute jan^ns de mes sen- 9 tiqienSy et qu^elle me tienne toujours pour son » meilleur et son plus cheif ami. ^
Napoléon apnt cessé de parler , Joséphine prononça ^ d u|ie vçi^ altérée et les yeux mouil«lé^ de larmes, va discoumpeu long, qui n'était qu'une répétition de celui de son ingrat et infi-
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affections l€S plus chères ^ furent ensuite prononcés par M. Regnault, par lé vice -roi et par M. Cambacérès. JLe projet fiit renvorc, pour la forme , à une commisaîon qui eut ordre de faire son rapport, séance tenante* M. de Lacepèée* qui en fut chargé , parut bientôt à la tribune ; et, selon la coutume établie , >l paraphrasa ks paroles de Napoléon , puis il proposa d'adopter le projet présenté par les ministres* En conséquence , on décréta que le mariage / qui avait uni l^apoléon et Joséphine, était dissous ; que Joséphine conserverait les titre et rang d'impératricereine couronnée ; que son douaure était fixé à une rente amiuelle de deux millions de francs , paya-> ble par le trésor de FÉtat , et. que toutes les dispo* étions qui pourraient être fuies en sa faveur ^ p^â* Buonaparte , sur les fonds de la liste civile , seraient obligatoires pour ses succQisseurs (i). Afin de couronner Tœavre , des adresses furent votées, Pune à rémpereur et loutre à l'impératrice. Le sénat , avec sa bassesse accoutumée , disait dans la première : « Lit puissance la plus étendue , la ]<( ^oire la plus éclatante , l'admiration de la posm térité la plus reculée , ne pourront payer, sire ,
(i) Napoléon ajoulii uns renie annuelle d'un sûlUon il celle que portail te sénatus- consul te.
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» le sacrifice de vos affections, les plus chères ; » rcternel amour du peuple français et le j^en- » timent profond de tout ce que vous failes pour » lui, pourront seuls consoler Je tœur.dc voire » ma}esté. »
Le lien civil étant rompu par Taulorité souveraine , il restait à dissoudre le lien spirituel. En conséquence, Tarchi- chancelier , après en avoir reçu Tautorisation de Napoléon et de Joséphine , présenta requête au tribunal diocésain de Toflicialité de Paris, qui, tout aussi complaisant que le sénat, déclara la nullité du mariage, sentence qui fut confirmée par Tofficialité métropolitaine , sans que fun et lautre tribunal fissent connaître les motifs de leur jugement. On annonça seulement qu'on s'était conformé aux décrets des conciles et aux usages de Téglise gallicane (i).
LVmpereur de Russie , #însi que fiuonaparte le déclara dans son discours d'ouverture au corps législatif, avait réuni à son empire la Finlande, c'est-à-dire, la partie suédoise de cette contrée. La conquête qu'Alexandre en avait faite était le résultat de la guerre déclarée par lui à Gustave lY , prince magnanime , qui , con-
(i) Un savant théologien , M. Tabaraud, a démontré U auliitc de la sentence de divorce.