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» lorsque dans sa bonne foi il s^est livré lui-in^mé; » ils Font sacrifie.
» A bord du Bellérophon, en mer , le 4 août » i8i5.
• 4%/îe Napoléon. »
Deux jourç avant la remise dé cette inutile protestation, les quatre grandes puissances alliées avaient conclu à Paris une convention parlaquelle Napoléon Buonaparte devait être considéré cofflime leur prisonnier. La garde en fut spécialement confiée au gouvernement britannique , auquel on abandonna le choix du lie#eHes mesurés de sûreté nécessaires. Les trois auVés cours devaient tiommer des commissairles qui résideraient au lieu que ce même goùvernenient aurait^ désigné pour le séjour de Napoléon , et, ^ui, = sans être chargés de la responsabilité de sa garde , s^assiïrerâient de sa présence. Le roi de France était invité d'y envoyer également un çomihissaire.'
Lé Bellérophon et le Tonnant appareillèrent de la rade de Plymouth , le 4 août. £n même tems le 53*. régiment fut embarqué sur le Noj'lhuniberlandy vaisseau de 74» <î"î reçut Tordre de se diriger vers Torbay, et d'arborer le pavillon de Tamiral sir George Cockburn , nommé comman-
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dant du cap de Bonne -Espérance. Le 6, en approchant de là baie où il se rendait, il aperçut deux vaisseaux de guerre qui venaient 2| lui. C'étaient Je Belléwphoity qui portait Buonaparte , et le Tonnanty qui était monté par lord Keith. Quelques heures après , le ISorthumberland les héla et demanda Buonaparte, qui, depuis plusieurs jours, n'était pas sorti de sa cabane. Les trois vaisseaux jetèrent Tancre en avant de Torbay.
Bertrand se rendit à bord du Tonnant , où il dîna avec lord Keith et sir George Cockburn, qui lui fit part de ses instructions. Il se récria fort contre la résolution d'envoyer V Empereur à Sainte- Hélène , lorsque son désir et son attente étaient de vivre tranquillement en Angleterre. Après le dîner, lord Keith, sir Georges Cockburn et Bertrand se rendirent à bord du Bellérophon. Avant leur arrivée, lès armes de Buonaparte avaient été enlevées , non sans de nombreuses objections de îa part des officiers français. Ceux qui ne devaient pas suivre Napoléon furent mis à bord de la frégate VEurotasy séparation qui parut leur être fort sensible à tous. Buonaparte prit congé de chacun d'eux. Savary et Lallemand , qui ne faisaient point partie de ceux qu'on transféra sur VEurotaS'y furent laissés sur le Bellérophon, Ils
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craignaient vivement Tun et Faulre qu'ion ne fe
jetât sur îes côtes de France.
Lorsque lord Keilh et sir George Cockbura montèrent sUr le vaisseau , Buonapàrte était sur le pont pour les recevoir. Apres les saluts d'usage , le lord lui annonça quUl devait être transféré du Bellérophon sur le Norihumberland. Napoléon protesta de nouveau, et avec véhémence, contre cette disposition. « Je ne m'attendais pas à cela! » s'écria^t-ii. Je ne conçois pas qu^on puisse faire » d* objection raisonnable contre ma résidence » paisible en Angleterre pour le reste de ma u vie. »
Sir George Cockburn lui dit pour toute réponse : « A quelle heure, général, viendrai-je demain m tnatin , et pourrai-je vous recevoir à bord du » Norihumberlcmd? » Buonapàrte , un peu surpris du titre de général» que probablement on lai donnait pour la première fois depuis sa chute , répondit : c< A dix heures. » inr George lui demanda ensuite s^il avait besoin de quelque chose avant de se mettre en mer; Bertrand répondit : « Vingt jeuif de cartes, un trictrac et un jeu de do- » çiino. » Ainsi Buonapàrte allait passer le tems à de frivoles amusemcns , tandis que les hom-' mes qui avalent favorisé son invasion étaient devant leurs juges ou en fuite , et que le sol de là
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I^râncc, dont il s^ëtait prétendu le libët-ateur» était foulé par cinq cent miité soldats (t) accourus de toutes hs parties de TËiirape pôtur Texpui^er une seconde fois l * ^
Napoléon ayant exprimé le désir d*avoir un nouvel entretien avec lord Keith , sa seigneurie le refusa. « Cet entretien ne pourrait vous être » d^aucune utilité^ lui répondit-elle ; mes pouvoirs » ne laissent rien à ma discrétion ; » et elle ajouta ces mots terribles, cet arrêt du destin même : « Désormais votre sort ne peut plus changer. »
Un officier qui était près de Buonaparte, ki dit : «f Si vous étiez resté à Roctefork une heure d^ 1» plus , vous auriez été pris et envoyé à Paris. » Napoléon regarda Toffîcief d'un œîl fixe et né répondit pas un mot. Pour témoigner sans doute que Tobservation ne Tàtait pas ému, il fit à sir George Gockburn plusieulrs questions sur Sainte^ Hélèiie. « Y a-t-il de la chassé au courre ou au » tir? Où doîà-je demeûrfer? » Puîs^ tout-à-coup, il changea de conversation, et se répandit, contre le gouvernement anglais, toinj[ures auxquelles pcr-
(]) Il n^en est entré que ce nombre durant la seconde in* yasîon, quoique tes alliés, ainsi que nous Pavons dit^ ea eussent près de quatorze cent mille sur pied*
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sonne ne repondit. Il aurait fort désiré d^ aller à terre. On ne sait si c^étaît dans Tespoir de jouir du bénéfice de Vhabeas\corpu$; mais les prîson-r niers de guerre «i^ont pas le droit de le réclamer* Buonaparte témoigna aussi beaucoup de mécoHtentement de ce qu^cm ne le traitait que de généraU m Vous m'avez , dit-il , envoyé des ambassadeurs » comme à un souverain. Vous m'avez reconnu > premier consul. >^ Il paraît qu'on ne répondit rien non plus à cette observation. Après avoir rappelé à Buonaparte que la chaloupe du Tonnant viendrait le prendre le lendemain à dix heures du matin, lord Kcith et sir George Cockburn se retirèrent.
Ce jour (7 août), sir George alla de bonne heure à bord du Bellérophon pour faire Tinspection du bagage du prisonnier , qui consistait en deux services de vaisselle plate, dont plusieurs articles en or, en une superbe toilette en argent y et en dificrens meubles de priic (i). Le tout fut transporté sur le Northumberland. A onze heures et demie» lord Keith se rendit sur ce vaisseau pour recevoir Buonaparte et ceux qui devaient raccompagner.
(i) Buonaparte devait avoir 9U9si beaucoup dVgeat; il
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Avant de se séparçr du capiiaine Maitland et des autres officiers du BéUerophùn\ Napoléon leur adressa plusieurs fois la parole . et lorsqu'il fut dans la chaloupe , il les salua. Lés personnes àë sa suite qui entrèrent dans cette embarcation ;
tivait tiré du trésor d^ la Uste civile plus dé douze millions » fait qui est prouvi par le reça suivant : .
M.. le baron Peyrusse ,, moa trésorier , f ai reçu : 1^. Trois millions en or, que vous m^ai^ez
remis , ci ^ « . • . . 3,ooo,ooo £r.
2^ En traites des adjudicataires des coupes de bois et forêts de la couronne, à échéances
diverses • 7io,83o
.3^- En délégations et déclarations admissibles en paiement du prix d^ bois de l'état. • 8,680,622
i2|3(j 1,4^2 fr« Le trésor de la couronne en demeure déchargé.
P^rîs,^ 31 juin i8i5.
â%lt^NAP0EÉ0ir.
Une lettre de M. Peyrusse à M» de la Bouillerîe, constate que ce fut à huit heures du soir, à Hnstant même où Pabdication de Napoléon était provoquée à la' chambre dite de^ représentans, qu^eut lieu cette soustraction. (Voyez le pro* ces des traites de la liste civileet les journaux du 3 mai 1816.) ■ Oa sait que Buonaparte à Finstanlde son départ, remit en dépôt à M* Lafitte, cinq millions, qui peut-être faisaient partie des sommes ci-' dessus spécifiées.
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furent M. et M"**. Bertrand et leurs trois en&ns , M, et M"*, de Montholon et un enfant , le comte de Las-Cases et son fils , le niaréchal-de-camp Gourgaud, neuf domestiques mâles, trois femmes et le chirurgien du Belléropkon, M. O'Méara, en remplacement de M. Maingaxdt , Jjpi ne votdot pas aller à Sainte-Hélène (i)^
A midi , tout fut prêt sur le Northamberltmâ pour recevoir Buonaparte. Une garde marine était à la poupe du vaisseau , àVec ordre de lui jprésénter les armes ^ et le tambour devait battre trois roulemens, salut ordinaii-e pour un ofticier-généra! au service de S. M. britannique. Le pont était couvert dWficiers. U s'y trouvait aussi plusieurs personnes de haut rang , venues pour jouir d'un spectacle si extraordinaire. Un silence universel régna a Tinstant où la chaloupe abçrda le Northumberland. Oe même homme qui avait vu sous ses lois le plus bel empire de Tunivets, qui avait bouleversé ; réduit ou anéanti un grand nombre d'états, qui avait distribué à^s couronnes et domiaé sur tout le continent européen , ce foudre de guerre qui avait, remporté d'innombrables victoi-
(i) fiuonaparte avait ara/;àé âje France quarante clom^sti-^ ques, doat plus de toôillé f'uiceat renvoyés â bord de i'iS**
rcs , allait , vaincu et prisonnier , monter sur le vaisseau prêt a le transporter dahs litie ile lointaine , tombeau d^ou jamais il ne devait sortir. Aucun événement plus mémorable n avait , saris doute , frappé les yeux , depuis le jour où César, maître du monde , était tombé , percé de coups , au pied de la statue de Pompée.
Le général Bertrand , reniplissant toujours les fonctions de grand maréchal du palais , parut le premier sur le vaisseau. Après s*être incliné , il se rangea pour faire place à Buonaparte , qui monta lentement T échelle et qui , arrivé sur le gaillard , se découvrit la tête , tandis que les gardes présentaient les armes et que le tambour battait. Les officiers du JNorihumbarland , le chapeau à la main , s'avancèrent ensuite. Buonaparte les salua avec politesse. Il dit à un officier : « Dans quel corps » servez- vous ? » L' officier répondit : « Dans Tar- )» tillerie. » Buonaparte reprit sur-le-champ : « Je » sors de ce service-là moi-même. » Après avoir pris congé des officiers du Bellérophon, qui l'avaient suivi, il se rendit dans l'arrière-cabane où étaient alors réunis lord Keith , sir George Cockburn, etc. Lord Keith prit congé de Buonaparte dans l'aprèsmidi.
Le 1 1 août , le Nqrthumberland mit à la voile pour Sainte-Hélène. Buonaparte passa la soirée sur le gaillard , et la musique du ,53*. régiment
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lui joua des airs. Il demanda lui-même le God sape ihe king (i) et le Rule BritanniaÇp). Par iatervalle il causait avec les officiers.
.La navigation n'eut rien d^extraordinaire. Buonaparte la passa à dormir , à manger et à jouen Ses repas étaient silencieux. Cependant il adressait quelquefois la parole à sir George.
Le 23 septembre^ on passa la ligne. Tous les passagers , à Fexception des dames et de Buonaparte, furent amenés devant le Neptune des matelots ; mais ils ne furent point inondés d'eau de mer, comme le furent les officiers anglais.
Le i5 octobre » on toucha File de Stel-Hélène ; que de toutes parts entourent de noirs rochers d^une hauteur prodigieuse | qui lui donnent Taspect d'une forteresse immense , sortie d^ sein des flots.
(i) Que Dieu conserve le roi !
(2) Domine , Grande- Bretogoe l