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Instriaiian svr la ftumière Joni sèm iraiêé ie général Bitmrûpatk.
L<Mrsque le gét^riil Buonaparte ^ttera le Bellêrophon pour se r«ttdrte à bord du Norikumkerktnd , ce sera pour Tamiral Gockburn le moBOeat eontenable pow £aare visiter les e0ets <pie k général pourrait avoir avec lui» I
L'aoBÔral penoettra qae lout le bagage*) les vixis et les vivres que le général aura prii avec lai , soient (ran^rtés â bord du Northumberland.
Parmi ce.bag^gie est compris sa v^âsselle^ à moins qu'elle ne soit si considérable qu'on ne puisse la regarder plutôt comme un article destiné à être converti en argent comptant que comsne un^ meuble destiné à son usage.
Son argent , ses pierreries , ses effets susceptibles d être vendus , de quelque genre qu'ils soient ( par conséquent ses lettres de change ) , seront livrés. L'amiral déclarera au général que le gouvernement britannique n'ar nullement Ilnténtion de s'emparet de sa prppi^iété , matis seulement d'en prendre l'administration pour Tempècher de s'en servir conune de moyens propr€fs à fevbrîsef ttt ftdtfe.
JUSTIFICATlVEwS. 677
L'examen àe ces effets, se fera en présence d'une personne
nommée par Buonaparte ^ l'état de ceux qu'il gardera sera
signé par cette personne et par le contre-amiral, ou par celui
qu'il aura chargé de dresser cet état.
On emploiera à son entretien' les intérêts ou le capital de $a propriété , suivant que le produit en sera plus ou moins considérable , et on lui en laissera à cet égard la principale disposition.
Il pourra , de tems eii tems , faire connaître ses désirs à ce sujet à Famiral jusqu'à Varrivée du nouveau gouverneur à Sainte-Hélène , et ensuite à ce dernier 5 s'il n'y a rien à objecter contre ses propositions , l'amiral ou le gouverneur donnera les ordres nécessaires , et la dépense en sera payée en traites sur le trésor de S. M.
Le général Buonaparte peut , en cas de mort, disposer par testament de sa propriété , et être certain que ses dernières volontés seront exécutées ponctuellement.
Comme on pourrait chercher à faire passer une partie de sa fortune pour la propriété des personnes de sa suite , on doit déclarer que la propriété de ceux qui l'accompagnent est soumise aux mêmes dispositions.
Le commandement des troupes destinées à le garder doit être laissé au gouverneur } mais , d'après les instructions que le gouverneur a reçues , il doit se conformer aux demandes de l'amiral , dans le cas dont il sera question ci-après.
Le général doit être constamment accompagné par un officier nommé par l'amiral , ou , suivant l'occurrence ».,par le gouverneur } lorsque l'on permettra au général dç sortir de l'enceinte où les factionnaires sont placés , l'officier doit être accompagné au moins d'un militaire d'ordonnance.
Lorsque des vaisseaux arrivent , et aussi long-tems qaïls sont en vue , le général ne peut sortir de l'enceinte gardée par
li-jS PIÈCES
fies factionnaires. Pendant ce tems^ toute communication est interdite avec les habitans. Ceux qui raccompagnent à Sainte- Hélène sont alors soumis aux mêmes règles , et doivent rester près de lui. Dans d'autres tems , on laisse à la prudence de l'amiral ou du gouverneur d'ordonner , par rapport à eux , les mesures jugées nécessaires.
On doit notifier au général que , dans le cas où il ferait quelque tentative pour s'échapper , il sera alors resserre plus étroitement , et faire connaître aux personnes qui raccompagnent 5 que si Von découvre quelques trames ourdies par elles pour faciliter l'évasion du général , elles en seront séparées et gardées plus étroitement.
Toutes les lettres adressées au général ou aux personnes de sa suite , seront remises à 1 amiral ou au gouverneur , qui les lira avant de les laisser parvenir à leur adresse j la même précaution aura lieu pour les lettres du général ou des person^ nés de sa suite.
Toute lettre qui ne sera point parvenue à Sainte^Hélène par le secrétaire d'état , ne pourra être remise au général ou à quelqu'un de sa suite , si elle eit écrite par quelqu'un qui n'Iiabite point l'île ^ toutes les lettres adressées à des personnes non domiciliées dans l'île , seront expédiées sous le couvert du secrétaire d'état.
On déclarera formellement au général que le gouverneur et l'amiral ont Tordre précis de faire parvenir au gouvernement de S. M. , toutes les demandes et les représentations que le général désirerait lui adresser j ils n'ont aucune précaution à observer à cet égard ; mais les feuilles sur lesquelles seront écrites ces demandes ou ces représentations , doivent leur être communiquées ouvertes , afin qu'ils puissent en prendre lecture, et y joindre les observations qu'ils jugeront nécessaires.
Jusqu'à Fàrrivée du nouveau gouverneur , l'amiral sera
riegardé comme entièrement responsable de la personne du général Buonaparte ^ et le gouvernement de S. M. ne doute nullement de la disposition du gouverneur actuel à faire , à cet égard , cause commune avec l'amiral.
Celui-ci est autorisé à garder le général à bord , ou à le faire rembarquer , s'il juge qu'il n'a pas d'autres moyens de s'assurer suffisamment de sa personne.
Quand l'amiral arrivera à Sainte-Hélène , le gouvemeuf prendra , sur ses représentations , des mesures pour que les officiers ou d'autres personnes faisant partie du corps militaire de Sainte-Hélène , que l'amiral jugera à propos, de destituer parce qu'ils sont étrangers , ou à cause de leur caractère ou de leurs dispositions , soient envoyés sur-le-«liamp en Angleterre ou aux Indes-Orientales , suivant les circonstances.
S'il se trouve dans l'île des étrangers dont le s^our paraitrait ayoir pour but d'être les instrumens de la fuite du général , le gouvernement s'occupera de les éloigner de l'île.
Toute la côte de l'île , tous les bâtimjens et les chaloupes qui la fréquentent , sont mis, sous la surveillance de l'amiral; il déterminera les endroits où les chaloupes peuvent aborder ^ et le gouverneur enverra une garde suffisante sur les points où l'amiral jugera cette précaution nécessaire.
L'amiral prendra les mesures les plus efficaces pour veiller sur le départ et l'arrivée de chaque bâtiment , et pour empêcher arec la côte toute autre communication que celle qu'il autorisera.
On rendra un ordre pour empêcher qu'après un certain terme jugé nécessaire , aucun navire étranger ou marchand ne puisse faii-e voile pour Sainte-Hélène.
Si le général venait à tomber sérieusement malade , l'amiral et le gouverneur nommeront chacun un médecin qui ait leur confiance , pour traiter le général conjointement avec sou
58o PIÈGSS
propre médecin ; ils leur enjoindront stiictement de leur faite tous les jours leurs rapports sur Fétat de sa santé.
En cas de décès , l'amiral donnera ordre (fie son corps soit transporté en Angleterre. '
Donné au département de la guerre , le 3o juillet i8 15. N\ III.
Discours du ministre de la guerre , lord Bathurst , serçani de réponse à une lettre contenant les griefs de Biionaparte , et adressée par le comte de Montholon a sir Hudson Loive (i) , discours ^ui a été prononcé à la chambre des pairs du parlement brifannigue , le \% mars iSij,
Lord Holland fit la motion qu'il avait annoncée quelques jours auparavant , pour demander qu'on remît à la chambre copie des instruc^ons données au gouvernement de Sainte- Hélène , relativement au traitement de Buonaparte , et des communications faites par le gouverneur. « Je n'examinerai point ici , dit-il , si la détention de Buonaparte en cette île est juste ou injuste ^ mais ce qu'il importe de prouvera l'univers , c'est que le caractère anglais ne s'est pas dégradé en
(i) Noos nous dispensons de donner la lettre de M. de Montholon , parce que toute» les convenances ne nous y paraissent pas respectées , et parce que les griefs qu*elle renferme sont rapportés avec exactitude dans le diacours du lord Battiurst , qui réfute en même terni beaucoup d*aUegâtions qu^-on a ranoi^velée^ récemmcntr.
JUSTIFICATIVES. 58 r
usant, erivers un individu détenu , d'une ligiieur non justifiée par là néëéssite. Personne iië doute âujourdliui que Marie , reine d'Écbssè , ne fût coupable ; mais chacun regrette? que le traitement qu'elle a éprouvé ait souillé le règne glorieux d'Elisabeth. » Il entra alors dans le détail des diflKrentès plaintes faites au nom de Buonaparte dans une lettre écrite en son nom , pat* le comte de Montholon à sir Hiidsoil Lowe ;^nfin , il témoigna le désir d'entendre le ministère se justifier complètement des graves imputations qui lui étaient faîtes dans cet acte authentique. .
Le Qomte de Bathurst : Je ne ré^ondiai fàs aux allégations contenues datis un pampfaet publié pal* un nommé Santini , et auquel on ne doit accorder aucun crédit. Mais l'écrit signé du comte de Montholon est certainement authentique , et il est aisé de réfuter les plaintes qu'il renferme. Le principe général des instructions données au gouverneur , est que Buonaparte doit être considéré comme prisonnier de guerre , et qu'en conséquence il doit être soumis à toutes les restrictions nécessaires , et seule .nent à celles qui le sont. Ces instructions ont déjà été mises sous les yeux de la chambre , et ont été approuvées piar elle. Les changemens qu'elles ont pu subir ,' ont tous été en faveur du prisonnier. Examinons quelles sont ses plaintes :
1®. De ne pouvoir écrire à sa famille ou aux personnes à qui il pourrait demaiidér dés fonds pôm* pourvoir à ses dépenses personnelles. — Cette imputation n'est nullement fondée. Il peut écrire à qui bon lui semble j mais ses lettres doivent, avant de partir, êtirë lues par le gouverneur. Il esi; certain que la nécessité de n'envoyer que des lettres ouvertes à ses àmïs , est une restriction sévère , en' ce qu*on ne' peut confiei-au papier les efftisionis dii côeut, quand on sait qu'elles passeront sous les yeux de glace d^ùn inspecteur j mais cela
ne peut s'appliquer k des corres*pondances avec un banquier. ijui a jamais entendu parler d'une traite affectueuse sur un banquier , ou d'un ordre passionné pour la vente de quelques effets publics?
2^. De ne pas recevoir de nouvelles de ses amis d'Europe. —Rien ne les empêche de lui écrire j mais il faut aassi qaU en aient la volonté. Ils n'ont qu'à aà*esser leurs lettres au secrétaire d'état. Or , le secrétaire d'état n'a encore reçu qu'une seule lettre pour Buonaparte; elle était de son frère Joseph ^ et elle a été immédiatement transmise à son adresse.
3*». De ne pouvoir adresser une lettre close à S. A. R. le prince régent.— Cela est contraire à tous les usages., La responsabilité du ministre l'obligerait d'ailleurs à ouvrir la lettre et à en prendre connaissance avant de la présenter au prince.
4-°. De ne pouvoir se procurer les livres qu'il désire. — II en a demandé pour i,4ooliv. sterl. ( 38,4oo fr.) ; ils lui ont été fournis , à l'exception de (pielques-uns qu'on n'a, pu se procurer ni à Londres , ni à Paris.
5**. De ne pas recevoir les journaux. — Il est vrai qu'on ne peut lui donner tous ceux qu'il désire , parce qu'il est connu qu'on a essayé d'ouvrir une correspondance avec lui par le moyen de- certains journaux.
6**. L'accusation la plus grave porte sur ce que les lettres envoyées par le général Buonaparte ou les personnes de sa suite, sont lues par des officiers subalternes. C'est une pure calomnie 5 sir Hudson Lowe a mis la plus grande délicatesse dans l'exercice de ces pénibles fonctions. Lorsque des lettres ont passé par ses mains , il n'a jamais permis à aucun individu y quelque confiance qu'il eût en lui , de les voir y soit qu'elles fussent adressées à des personnes demeurant à Sainte- Hélène , ou à d'autres. Il ignore ce qui a donné lieu à des plain*
tes sur ce point 3 mais voici la seule chose qui ait pu y avoir rapport.
Quand Napoléon et sa suite furent envoyés à Sainte-Hclène , les vaisseaux partirent avec tant de précipitation qu'ils ne purent avoir beaucoup d'objets nécessaires , tels que du linge et d'auti*eâ provisions. On jugea qu'il serait très-incommode pour eux d'attendre qu'ils pussent les recevoir d'Euiope ; en conséquence on leur en envoya d'avance. Lorsque ces articles furent arrivés , Las Cases écrivit une lettre en Europe. Elle passa sous l'inspection de sir Hudson Lowe , qui vit qu'elle contenait la demande des articles mêmes qui avaient été envoyés d'ici. Sir Hudson Lowe écrivit à Las Cases pour lui annoncer qu'il avait ces aiticles , et qu'ils étaient fort à son service, en lui observant qu'ainsi il. serait peut*être inutile d'envoyer la lettre , ou qu'il pourrait en retrancher la demande qu'elle contenait. Las Cases , dans sa réponse , fît des rephoches à sir Hudson Lovre d'avoir osé lire une lettre adressée à une dame. Voilà le seul fondement sur lequel repose une telle accusation.
7°. Buonaparte prétend que des lettres étant arrivées d'Europe pour lui et les gens de sa suite , on les renvoya en Angleterre , parce qu'elles n'étaient pas venues par le canal du ministère. — Sir Hudson Lowe ayant vu ce passage , a écrit au comte de Montholon pour lui demander sur quoi il fondait cette assertion : il n'en a reçu aucune réponse. Ce fait n'a jamais existé.
8*». lise plaint d'être gêné dan^ ses communications personnelles. On a toujours accordé la permission de le voira tous ceux qui l'on demandée j on a même porté la délicatesse jusqu'à exiger qu'ils eussent préalablement obtenu l'autorisation du comte Bertarand , afin d'épargner au prisonnier les visites qui auraient pu lui être désagréables. Il n'y a pas d'exemple qu'une
telle permission ait été refusée , ni qu'on ai^t empêché aucune personne de l'approcber , si ce n'est celles qui ont été surprises en essayant d'arriver auprès de lui sous des déguisemens ou de faux noms. Il se plaignit un jour à un officier du 53*. régiment que toute communication lui fût interdite avec les officiers de ce corps. L'officier lui répondit que cette interdiction n'existait pas , et depuis çé tems il ne manifesta pais une seule fois le désir de les voir.
Dans le commencement de sa détention , il avait un cercle d'au moins douze milles (.quatre lieues.de France), dans lequel il pouvait se promener à pied ou à cheval sans être accompagné d'aucun officier , et ce cercle n'a été rétréci qu'après qu'on a su qu'il avait abusé de la confiance qu'on lui témoignait , en cherchant à. gagner les habitans ; mais il lui reste une étendue de huit milles (environ trois lieues) , et il peut s'y promener sans être accompagné d'aucun officie^. Au-delà de ces limites , il peut aller, dans toutes les parties de l'île , suivi d'un officiçr dont le grade ne doit pas être audessous de celui de capitaine dans Tannée. Ainsi on ne peut pas dire qu'à cet égard il soit soumis à des restrictions déraisonnables.
Le général Buonaparte , a-t-qn dit , ne peut sortir de sa maison dans le seul tems où Tex^cice soit salubre sous ce climat. Le fait est qujé /quoiqu'il n'ait pas la liber,té de traverser l'île après le coucher du soleil , il peut à toute lieure se promener dans le jardin /mais il a dit qu'il n'aimait pas a se promener lorsqu'il était ainsi .surveillé. Sir Hudson Lowe , pour le satisfaire , a placé depuis les sentinelles dans des endroits d'où elles ne pouvaient pas le regarder. Devait-on 6 ter ces sentinelles à l'çpoque et aux heures où l'évasion serait le plus facile ? Qu'on se figure , pour un moment , qu'au lieu de discuter la motion du noble lord , la chambre , apprenant
1 évasion de Buonaparte > ait à interroger sir Hudson Lowe à la barre : qu'on lui demande quand. et d'où, il s'est échappe , et s'il n'était pas gardé par des sentinelles ? Que penserait la chambre , s'il répondait que le général s'est évadé le soir de son jardin ^ et que les sentinelles avaient été otées parce qu'elles lui avaient déplu ? Que penserait-on d'une telle excuse? Leurs seigneuries doivent donc considérer la situation pénible et délicate dans laquelle 3ir Hudson Lq^fc est placé y il est ruiné dans sa fortune et sa réputation , si le général Buonaparte s'évade ^ et s'il n'en fait pas même la tentative , il ne manquera pas de gens qui^ par une fausse pitié , feront un i>eproche à sir Hudson Lowe des restrictions qui peut-être l'auront prévenue.
g?. Il est dit dans le mémoire que la résidence assignée au général Buonaparte est désagréable et insalubre.^ — ^Tout ce qu'on peut répondre, c'est que cela ne s'accorde avec aucune description de l'île , ni de cette maison. Elle était auparay<^nt habitée par le vice-gouverneur , et ordinairement ces officiers ne choisissent pas le local le plus désagréable et le plus malsain ( on rit ). Le général Buonaparte en avait lui-même exprimé une opinion bien différente. A son arrivée à Sainte- Hélène , se promenant avec sir George Cockbum , qui était, autorisé a choisir une résidence , avec la seule exception de la maison du gouverneur , lorsqu'ils arrivèrent à Longwood » buonaparte en fut si enchanté au premier coup d'œil , qu'il désira d'y rester , sans même retourner à la ville» On lui dit qïie la famille du vice-gouverneur ne pouvait pas quitter cette maison si promptement. Il demanda qu'on lui dressât une tente y il lui fut observé que cela incommoderait beaucoup le vire-goiiverneuf , mais que la maison serait évacuée aussitôt qu-il serai tfossible. En s'en retournant >> il« passèrent devant une maison bien située , appartenant à M. Balcombe , dans
laquelle il se trouvait une chambre isolée du reste de Thabî'» tation. Le général Buonaparte exprima le désir d'occuper cette chambre : et , malgré tout ce que sir George Cockburn put dire pour Ten détourner ^ il s'y établit. Au bout de deux jours seulement , ses compagnons se plaignirent , et dirent qu'il y avait de la dureté de loger l'empereur dans une seule pièce. Voilà comment la complaisance de sir George Cockburn fut payée de retour ! Il fut Ëiit tant de changemens à Longwood , sur sa demande , tant pour lui que pour sa suite , que le général Buonaparte resta trois mois (i) dans cette chambi-e. Le fait est qu'il n'aimait pas de quitter la maison de M. Balcombe , à cause delà facilité des communications avee la ville. Il y était circonscrit dans un petit jardin , d'où il ne pouvait sortir sans garde , et cependant il ne porta aucune plainte. Âujourd'iiui qu'il a un circuit de huit milles , dans lequel il peut se promener sans garde / sî'il le veut , il se plaint, y pour la première fois , des restrictions mises à sa liberté.
A l'époque du départ des prisonniers pour Sainte^Hélène , on fit faire la charpente d'une maison pour le général Buonaparte. A l'arrivée des matériaux , sir Hudson Lowe écrivit au général pour lui demander s'il vouloit qu'on bâtit une autre maison , ou bien qu'on fît des additions à l'ancienne. Deux ou trois semaines s'étant ccoulées sans qu'il reçût aucune réponse , sir Hudson Lowe alla trouver le général pour avoir son option. Le général dit qu'il préférait une maison neuve , mais qu'il faudrait cinq à six ans pour la bâtir , et qu'il était sûr que , dans deux ou trois ans , l'administration de ce pays-ci serait renversée , ou qu'il y aurait un changement dans le gouvernement de France , et que dans l'un ou
(i) Pas 4emx mais.
l'autrecas il serait délivré. Sir Hudson Lowe n'ayant pu obtenir d'autre réponse , fit commencer des changemens à la maison actuelle. Le général Buonaparte les tix)uva mauyais , quoique ces changemens eussent pour but de loger sa suite. ^
io<». Quant à la dépense assignée pour l'entretien du général , avant d'en parler , il est à propos de démentir une assertion qui a été répétée dans le tems par plusieurs journaux : on prétendait qu'il avait été décidé, au congrès de Vienne , que Buonaparte serait transféré de l'île d'Elbe à l'île Sainte-Hélène. , Une semblable proposition n'a jamais été faite au congrès , et les bruits qui ont circulé à ce sujet n'avaient aucun fondement.
La dépense de l'établissement de Buonaparte à Sainte- Hélène a été grande, en premier lieu , faute de dispositions préalables pour des approvisionnemens réguliers 5 mais elle a été réduite lorsque ces dispositions ont pu être tantes. Elle avait été fixée à 8,000 liv. sterl. par an ; mais on prévoyait que la première année coûterait beaucoup plus. En fixant cette somme , le gouvernement avait piis pour guide le terme moyen^les dépenses du gouverneur de l'île pendant un certain noDobre d'années. Ce gouverneur recevait 6,5oo liv sterL Comme le général Buonaparte n'avait pas les mêmes dépenses de table à £adre , on avait pensé qu'une allouancede 8,060 livres sterl. pour son établissement était fort convenable dans sa situation. Sir Hudson Lowe ayant été consulté ensuite , et ayant été d'avis que l'établissemenf du général ne pouvait être entretenu à moins de 12,000 liv. sterl. ( 288,000 fr. ) , cette somme a été immédiatement allouée. Ceux qui la trou- ,vcraient insuffisante doivent songer que sir Hudson Lowe luimême n'a que 12,000 liv. sterl. pour toutes les dépenses qu'il est obligé de faire.
Quinze jours après l'arrivée de la lettre miniiitfirielle , Buo*
naparte entra en négociation avec sir Hudson Lowe , ofirant de se charger de défrayer lui-même toute sa dépense , montant à 17 ou 18,000 liv. , si on lui permettait de correspondre avec un banquier, pourvu que ses lettres fussent cachetées ( i) et que l'argent qu'il recevrait ainsi fût entièrement à sa disposition; et il était si certain d'avoir cet argent à ses ordres, qu'un jour il offrit de faire une traite , assurant qu'elle serait honorée, et que sir IJudson Lowe pouvait en sûreté avancer la sonaine.
Lorsque le gouvernement de ce pays-ci alloue au général Buonaparte une somme de 12,000 liv. stcrl. , c'est-à-dire autant qu'à son prdpre gouverneur , qui a de grandes dépenses à faire , et qui est obligé de recevoir les habitans et les commissaires des puissances alliées , il est permis de dire que si elle ne suffit pas au général Buonaparte , et s'il désire davantage , il n'a qu'à le prendre sur les fonds considérables dont il peut disposer.
11^. On dit encore dans cette lettre qu'il n'a qu'une bouteille de vin par jour. — Le nombre des personnes qui sont avec lui est de neuf , non compris les enfans. Or , on lui fournit pour quinze jours quatreving^^piatre bouteilles de vin ordinaire , sept de Constance , quatorze de Champagne, vingtune de Grave , quatre-vingt-quatre de Téùériffe et cent quarante de Bordeaux 5 plus , quarante-deux bouteilles déporter.
(i) n'^afatt qtte sîr Hudson Lo\vc refasaît de faire passer' en Europe les lettres où Buonaparte était qualifié dVropèrear et de ma)Gsté , et qae le prisonnier ne voulant pas renoncer k ces qualifications , se mît dans riropossibilité de faire les négociations au moyen dcsqueUes îl eût pu se procurer les sommes néceçsaires pour fournira l'ejtcédanl des dépense» de sa maison. ( Lc^ vivres son'»; très- chers it Sainte-Hélène. ) Il fil , en conséquence , à plusieurs reprises , vendre de l*argêntcriG , après avoir pTis la précaution d*en faire enlever $^t aigles.
j espère donc , conclut lord Bathurst , avoir, convaincu la chambre qu'il n'y a pas la natoindr e raison de supposer que le général Buonaparte soit traité avec trop de rigueur. Ceuit qui sont sous lui ont été on ne peut pas plus Insolens envers le gouverneur , et , si on les écoutait , leurs plaintes ne finiraient pas. Le gouverneur ne peut ijiaintenir son autorité qu'en exigeant une entière soumission aux mesures que ses instructions lui commandent de prendre. Si Ton juge que Buonaparte ne doit pas être détenu à Sainte-Hélène , qu'on le renvoie ; mais s'il doit y être confiné, il ne serait pas juste de . rejeter une si haute responsabilité sur le gouverneur , et de Tempêciier en même tems de faire exécuter les dispositions nécessaires pour cette détention.
Le noble lord termine en s'opposant fortemeilt à la motion.
Le marquis de Buckingham regrette que son noble ami ait 8ounii3 cette motion à la chambre. D'après ce que vient de dire le noble comte , il est évident , ajoute- t-il , que le prisonnier n'a été soumis qu'aux restrictions indispensables. La conduite tenue à son égard n'est pas dictée par la vengeance , ïûais par la nécessité d'empêcher cet homnoie de venir encore troubler le repos de l'Europe.
Le comte Damley parle dans le i|iém« sens , et après quel-r ques nouvelles observations de lord HoUand , sa motion ' est rejetée , sans division.
(Journaux anglais du x3 mars 1 8 1 7 , et Journal de Fran^ fort dtt2.5 auSj;*) X