N^ IV
Rapport des médecins sur V ouverture du corps de Buonaparte.
A la première apparence , le corps paraissait très-gras , ce qui fut confirme par la première incision refrs le bas- ventre , où la graisse avait plus d'un pouce et demi d'épaisseur sur l'abdomen.
En pénétrant au travers des cartilages des côtes , et en examinant la cavité du thorax , on vit ime légère adhérence de la plèvre gauche à la plèvre des côtes. Environ trois onces d'un fluide rouge.^tre étaient contenues dans la cavité gauche , et près de huit onces dans la cavité droite ^ les poumons étaient très-sains 5 le péricarde était dans son état naturel , et contenait environ une once de fluide ; le cœur était de la grandeur naturelle , mais revêtu d'une forte couche de graisse 5 les oreillettes et les ventricules n'avaient rien d'extraordinaire , si ce n'est que les parties musculaires paraissaient plus pâles qu'elles ne devaient l'être.
En ouvrant l'abdomen , on vit que la coè'fiè qui couvre \es boyaux ( Vomentum) , était extraordinairement grasse ; et en examinant l'estomac , on s'aperçut que ce viscère était le siège d'une grande maladie : de fortes adhérences liaient toute la surface supérieure , surtout vers l'extrémité du pylore , jusqu'à la surface concave du lobe gauche du foiej en séparant , on découvrit qu'un ulcère pénétrait les enveloppes de l'estomac , à un pouce du pylore , et qu'il était assez grand pour y passer le petit doigt»
JUSTIFICATIVES. Sgi
La surface intérieure de l'estomac , c'est-à-dire , presque toute son étendue , représentait une masse d'affecdon cancer reuseou des parties squircuses , se changeant en cancer : c'est ce que l'on remarqua surtout près du pylore j l'extrémité cardiaque , moins une petite étendue vers le bout de l'œsophage, était la seule partie qui paraissait saine 5 l'estomae était presque plein d'une grande quantité de fluide ressemblant à du marc de café.
La surface connexe du côté gauche adhérait au diaphragme, à l'exception des adhérences occasionées par la maladie de l'estomac 5 le foie ne représentait rien de malsain.
Le reste ies viscères abdominaux était en bon état.
Signés, Thomas Shortt , premier médecin 5 Arch. Amott, médecin du 20*. régiment j Francis Burton , médecin du 66*. régiment; Chas. Mitchell, médecin de Vigo; Matthew Livingstone , médecin de la compagnie des Indes.
Testament de Napoléon Buonaparte.
Cejourdlioî i5 ami 1821 , i Longwood y tic Sainte>£[«lène.
Ceci est mon testament , ou acte de ma dernière volonté : Je lègue au comte de Montholon deux millions de francs , comme une preuve de ma satisfaction des soins qu'il m'a rendus dçpiiis six ans , et l'indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionées. <
Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.
i^lX PIECES
Je lègue à Marchand, mon premier rakt-de-chambrc^ quatre cent mille francs : les services qu?il m'a ïendus sont ceux d'un ami } je d&ire qu'il épouse une veuve , sœur ou fille d'un officier ou soldat de ma vieille garde.
Je lègue à Saint-Denis cent mille francs. A Novarre , cent mille francs.
A Pijéron , cent miHe francs.
A Archambaud , cinquante mille francs.
A Cursor , vingt-cinq mille francs.
A Chandell(e , vingt-cinq mille francs.
A labbé- Visual e , cent mille francs j je désire qu'il bâtisst sa maison près de Poate-l^ovo de Ros^ho.
Au comte Las Caseis » cent mille francs. A^ comte Lavalette ^ cent mille fraoes^ Au chirurgien en chef. Laroey , cea( mijle francs. Cest l'homme le plus vertueux qvw. j'aie coiînu.
Au général Brayer , cent mille francs.
Au général Lefebvre-Desnouettes , cent mille francs. Au général Drouot , cent mille francs Au général Cambronne , cent mille francs. Aux enfans-du général Mbutoj^Duvemet , cent mille francs. Aux enfans du brave* Labédoyère , cent mille francs. Aux enfans du. général Giraïd, tué à>Ligny , cent mille fr. Aux enfans du généraV Chàrtran , cent mille francs. Aux enfans du vertueux général Travost , cent mille francs. ' Au' général Lallemand Fàhié , cent mille francs. - A Costa Ba^tilicii , encore cent mille francs.' Au géB>L^»ai<^laiïsiel j eent mille francs. Au baron de Mennétal, cent mille francs. A Amault, auteur de Marins, cent mille francs. AucolonelMarbot, cent mUIe francs, JeTengage à cond-
JUSTIFICATIVES. BgS
nuer à écrire pour la défense de la gloire des armées fran- v çaises , et à confondre les calomniateurs et les apostats.
Au baron Bignon , cent mille francs. Je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie française , de 1,^92 à i8i5.
A Poggi de Talaro , cent mille francs.
Au chirurgien Emmery , cent mille francs.
Ces sonmies seront prises sur les six millions que j^ai placés , en, partant de Paris , en 18 15 , et sur les intérêts à raison de cinq pour cent , depuis juillet i8i5 ; les comptes en seront arrêtés avec le banq^ier , par les comtes de Montliolon , Bertrand et Marchand.
Ces legs , en cas de mort , seront payés aux veuves et enfans , et , à dé£Eiut de ceux-ci , rentreront à la masse.
J'institue les comtes Montholon , Bertrand et Marchand , mes exécuteurs testamentaires.
Ce présent testament , tout écrit de ma propre main , est signé et scellé de mes armes.
Napoléojï.
Le 24 avril iSai , Longwoocl.
Ced est moB codicille ou acte de ma- dernière voliMité : Sur la liquidation de ma liste civile dltalie , tels qu'argent, b^nx , argeftterie , linge , meuMes , écrins , dont le Vice-roi est dépositaire, et qui m'appasienaieût , je disposede deux* millSons , que je l^ue à vem plus fidèles serviteurs. J espère que, sans s'autoriser d-a»euue raison^ naon fils Eugène Napoléon les acquittera fidèlement : i|. «^ peut Qubli^ les qua^^ rante miUipns que je lui ai donnas , soit e|i Itfjiie , 3qit p^ }• partage de la succession de ^a mère*