IV. * u
l62 LIVRE
aucune menlian saus la réponse remarquable à laquelle il donna lieu ; « C'est, dit Napoléon , » c'est à l'idéologie, à celte ténébreuse mctaphyp sique , qui, en rassemblant avec subtilité les » causes premières , veut, sur ces bases, fonder » la législation des peuples, au lieu d'approprier » les lois à la connaissance du cœur humain et » aux leçons de Thistoire , qu'il faut attribuer » tous les malheurs qu'a éprouvés notre belle » France. Ces erreurs devaient , et ont effectîve- » ment amené le régime des homn^es de sang. » En effet , qui a proclamé le principe d'in^rrec- » tien conjime un devoir ? Qui a adulé le peuple, » en le proclamant à une souveraineté qu'il était ?> incapable d'exercer ? Qui a détruit la sainteté ^» et le respect des lois, en les faisant dépendre , )»ln6n des principes sacrés de la justice et de la » nature des choses, mais seulement de la vo- » lonté d'une assemblée , composée d'hommes 'j» étrangers à la connaissance des lois civiles, cri- » miqelles , administratives , politiques et mîli- » tàires ? Lor^qu'oij est appelé à régénérer" un »' état , ce,sont dès principes constamment op- » po^és qu'il faut suivre. L'histoire peint le cœur » humain : c'est dans l'histoire qu'il faut cher- » cher les avantages et les inconvéniens deis dif- » férenjes législations. Voilà les principes que le ^ conseil d'état d'un grand empire ûe doit jamais
VINGT-TEOISIEMK. iB'S
» perdre de vue. Il doit y joindre un courage à j» toute épreuve, et, h l'exemple des présidens de » Harlay et Mole , être prêt à périr en de'fendant » le souverain , le trône et les lois. » Ces verite> étaient loin de rien perdife de leur force .en pas^Qt par la bouche de Napoléon ; et cependant Tépaque n'était déjà plus éloignée où ceux auxquels il les avait adressées , et qui les approuvèrent alors sur tous les points, devaient avancer, en sa présence et de son propre.aveu , des maxime^ enlièrel'ement opposées! !
Les menaces faites au magistrat qui iii'avait pas sn mourir pour lé maintien de Tordre ràt succes;* sion à la couronne impériale ne lardèrent pas à se réaliser, te 23 décembre , il fut destiturdes fotictions de conseiller d'état et de préfet du département de la Seine, Bupnaparte avait associé son conseil à cet acte de rigueur. Toutes 1^ sections avaient été consultées, et chacune avait condamné , avec plus ou moins de force , M. Frochot , qui , libre alors de tout soin public , ptrt s^ livrer entièrement à cette idéologie qui lui avait attiré unct disgrâce si éclatante. * - '
La France et L'Europe purent reçonnaîti-e , peu de tems après l'arrivée de Napoléon A Pari^, que la ruine totale de son armée n'avait apporté aucun changement à. ses desseins. Les 'journaux de Londres ayant avancé diverses conjectures '^tfr
*l6^ IIVRE
îa conduite qu'il allait tenir, îi fit , âski^ ttrtc note insé.rce au Munitcur^ cette déclaratioa , dont
révién-en^ent a si bien démontre rabsurdité : V L'Espagne est à la dynastie française ; aucun
»*«ffort hiimaîn n-e peut l'empêcher (i). » Buemà^arte annonça en même tems , que si Ton vou-
J^ ^i). Bnoqaparle était TauUur Je la plupart àçs notes par lesquielles le Moniteur répondait aux allégations des journaux anglais. Nul autre que lui n^aurait hasardé les'd^claïations qu^elles contenaient souvent. C^était au$si quelcfuefois la iséàW ¥ntinièr^ doiÉt il comoiumquât ce qu^il appelait sa -petbsée , ailK peûplt^ qu'il gouvernait,, .et rien ne prouve >l0pî/iux peiil^t/xe à quel pQÎnt il les méprisait.
fc Aucune puissance ne s^élpignera de la France , portait
3» .uneautre,nQte..Toiite3 seront sourdes à vos intrigues
» Matheur à vous , si quelque cabinet faible écoutait' vos con- ' »' seiîs } vous seriez cause encore de raecroissëÀnénI dés for- ^ ces de ta France. — Voyez l'état de yo% affairés « disait » .^ân$4« ttiêmetems 9uQnap9rte, ^Ues vous :crient : mad^- »f. rëtién i m^raliçn f modérniien / » ^ qyi le conseil poji^yarit-il n>ieux convenir qu'à celui qui le donnait Z Mais, ^ l^ vérité^ personne; n'aurait été moins en état d'en profiter.
Une quatnème note était ainsi conçue : « Les guerres d'Es- » pagne et du Nord seront menées de'fronl. ïroîs eenft miile 'v^' hommes y tôus^ français , fceroiit réunis daos le,ct)uraat de s> FévHèiÇf à flombenrg, surl'Slbé, 4iirle Rbia etsvr TO- •^ éer-^ îijdépftWaateieat d^ dcuiç cent ipiJll/5 hommes qui /» çcvont à Ij^ grande arinée ; pt la. campagne prochaine va ^ s'ouvrit ^^c une armée française plus forte du double que » dans la campagne passée. !En même tetais, l'armée firan—
VINGT-TROISIÈME. ifea
hit savoir quelles seraient les* conditions aux*^ quelles il pourrait souscrire à une paix générale, il fallait lire la* lettre que le duc de Bassano avaii écrite au lord Casilercagh , avant Touverture de la campagne de i8i 2. €'ctak dire , de la manière la plus positive , qu'il ne voulait point faire de sacrifice , et qu'il serait inutile die lui. en deman-^ der a»€un ; mais il pouvait se rassurer à cet égard. Le ministère anglais , dont un me^mbre avait déclaré , Àans être désavoue par ses collègues , que la Grande-jfoetagoe Élisait une guerre dagère i Buonaparte , était peu disposé à traiter avec lui dans f état critique où s^ affaires étaient réduites.
Pour calnaer les esprits , Napoléow avait déclaré , à son retour de Moskou , qu'il ne ferait point de nouvelle demande d'hommes ni d'argent. iTn évéi^ei»ent disnt nous allons rendre compte , lui fournit l'occasion de révoquer cette promesse , ,que jamais , sans^ doute , it ne s'était proposé de tenir.
L*arrièpe-gardè div dixième corps dfer l'armée française, corps qui avait été employé au siège de
* çaise d'Espagne sera renforcée et raalnïeuue à son complet
* (le trois cent mille hommes. »
€e»- notes- prouvent qtie ceint ffni les éewa+t- â^ait par lé. «erieusement, lorsqu'il avait dit que lont ce qui couvrait le sol de la France élalt à lui:
l66 ^ LIVRE
Riga et était commandé par le maréchal Macdonald , était formée par dix mille hommes dé troupes prussiennes, aux ordres du général d'York(i), qui, tandis que nos troupes faisaient retraite, conclut un arrangement particulier avec les rusies. Il fut convenu que les prussiens se sépareraient des français , qu'ils occuperaient les envirx)ns dé Memel et garderaient une étroite neutralité, jusqu'à ce que l'empereur de Russie et le roi de Prusse eussent ,fait connaître leurs intentions. Le général d'York, en instruisant, par une lettre datée de Tauroggen > le 3o .décembre , le maréeluil Macdonald , de la résolution qu'il avait prise , disait qu'il ;ne lui avait .plus été possible de continuer sarmarche sans être entamé sur ses derriè-, res et sur ses flancs ; et il ajoutait que , s'éiant trouvé dans l'atternative ou de perdre la plus grande partie de ses troupes et le matériel qui en assurait ks subsistances , ou de sauver le tout, il n'avait pas cru devoir hésiter. « Quel que soit » le jugement que le monde portera de ma con- » duite , poursuivit il , j'en suis peu inquiet. Mon » devoir envers mes troupes et la réflexion la plus » mûre me la dictent. Les motifs les plus purs , » quelles qu'en soient les apparences ^ me gii^
(i) Il avait remplacé le général Grawert»
VlNGT-TftOISlEME. 167
w. dent » La défection ne se borna pas au corps qui formait larrière- garde. Le gênerai Massenbach , qui commandait un autre corps de troupes prussiennes , composé d'environ cinq miJle hommes , s'empressa de repasser le Nidmen pour se réunir au général d'Yorck , qui lui en avait donné l'ordre.
On croit aujourd'hui que la cour de Bedin fut entièrement étrangère à cet événement ; les mesures qu'elle prit annoncèrent, du moins, qu'elle restait, alors fidèle à son alliance avec la France. Elle ordonna que les généraux d'York et Massenbach fussent traduits devant un conseil de guerre , s'il était possible de les saisir , et que le premier fut. remplacé parle général KIcist. Le prince de Hats^feld fut en même tems envoyé à Paris pour faire à Napoléon des protestations d'attachement et de zèle , à la sincérité desquelles on prétend qu'il ajouta foi , ce qui nous semble trèsdouteux.
A la nouvelle de la défection du contingent prussien , il se tint un conseil des ministres, éùi le duc de Bassanofit un rapport rempli, selon Tusage , d'invectives contre l'Angleterre. Après woir proposé une levée de trois cent cinquante mille hommes , M. le duc disait à son maître : « Le peuple français sentira la force des cîrcons- » tances. Il rendra un nouvel hommage^ à cette
i68 iivmii
'» vérîlé si souvent proclamée par votre majfiséë , » du haut de soa trône , qu'il n^est auGua Fepofli », pour l'Europe » tant que l'Angleterre a^aura » pas été forcée à conclure la paix, n
Lé sénat ayant été assemblé , le lo janvier iSi 3^ on lui communiqua le rapport daministre des relations extérieures, et Buonaparte eut recours à l'éloquence verbeuse du comte Regnault deSaiot- Jt;an-d' Angely , pour développer les motifs du projet de séïiatus-consulte. L'auteiir ne manqua^ pas non plus d'accuser l'Angleterre , et d-e ^aater les efforts que, disait-il , Napoléon avait &Itspour le maintien de la paix. Il n'eut pas honte d'en ce-lébrer les succès dans la dernière campagne , et de qualifier de retraite glorieuse la plus épouvantable déroute. Enfin, il alla jusqu'il dire, que si le .2g^ bulletin avait étonné la France , il Vavaii aussi rassurée. Rassurée ! et pourquoi ? Etait»- ce pour avoir annoncé à la suite du tableau déchirant de toutes les pertes de ï'armée fi^ançaise , qtie «l'empereur n'avait jamais joui d'une meilleare >» %anté ? » Non ! l'existence de Napoléon ne pouvait rassurer la France ; elle ti^était utile qu^aux hommes qui , comme l'orateur , étaient payés par de riches dotations et d'énofmes' gratifications , ies basses flatteries qu*ils lui prodiguaient.
La défection du général d'York^i>arut exciter foute Fiadignatton de M. h eomte Regnault U
YINGT-XROISIEME. 1G9
s'ou&Ka au pobtit de dire que le nom de ce géocral pas&erail ^ à lavenir , pour une cruelle iajwe (1). Cet oracle s'est aecompJi comme .lo«» ccuK ifue NapolécHi et ses ministres ont rendus tant de fois : le contraire de ce qu'ils ont prédit est arrivé (2).
Le projet de sénalus-coosulteTut renvoyé , pour la fopme , ^ une commission qui, le lendemain ,. Et son rapport par Torgane du comte.de Lacépede, dont le nom se trouve toujours dans les actes , lespkis désastreux de ces tems(3). L'historien doit regretter que ce rapport n'ait pas été communi- . que au public. Il serait piquant de le mettre en parallèle avec celui dan» lequel le même orateur annonçait aux jeune» français des cent cohortes , qu'ils ne seraient occupe^ que de jeux militaires jusqu'à l'instant , peu éloigné > où ils rentreraient
(i) Il n^ a p9s une seule municipalité de village qui n'ait fait parvenir aa pied du trône de Napoléon , yne adresse où les phrases de M, Regnault furent répétées et commentées àt la manière h plus ridicule. La plupart des pièces df ce genre étaient fabriqi^ée^ dans lesateU^cs du ministère de Tin-teneur. Tout ce q^ii restait à faire aiiit municipaux qui les avaient reçues, était de les signerel de les renvoyer k, Paris.
(2) da condisite de ce général a été ensuite formellement approuvée par le roi de Prusse.
(3) On donna alors à c6 fanieux naturalîsta le surnom die prince des reptiles.
17Ô LIVKE
dans leurs foyers. Afin de ne pas mettre le sénat trop fortement en contradiction avec liii-même , \ ^ on avait engagé les chefe de ces cohortes à solliciter, pour elles, la faveur de faire partie de l'armée en activité de service: Elle leui^ fut accordée sans peine; et les trois cent cinquante mille homnies de- » mandés par le gouvernement, furent mis en même tems à la disposition du ministre de la guerre.
Les levées d^hommes ordonnées , il restait à pourvoir à Téquipement et à Tentretien des armées qui allaient être mises sur pied. Le corps législatif, à qui le droit de voter les impôts était réservé , fut donc convoqué. Napoléon en fit Touverture en personne, le 14 février , et prononça^ du haut de son trône , le discours suivant :
« Messieurs les députés des départemens au » corps législatif, la guerre rallumée dans' le nord » de l'Europe , offrait une occasion favorable aux » projets des anglais sur la péninsule. Toutes leurs
» esj3érances ont été déçues.. Leur armée a
» échoué devant la citadelle de Burgos, et a dû, » après avoir essuyé de grandes pertes , évacuer » le territoire de toutes les £&pagnes.
» Je suis moi-même entré en Russie. Les ar-
"» mées françaises ont été constamment victorieu-
» ses aux champs d'Ostrowo , de Polotsk , dç
» Mohilow , de Smolensk , de la Moskowa et de
» Malo'Jaroslawetz. Nulle part les armées russes
VINGT- THOISIÈME. 1 7 1
» n ont osé tenir devant nos aigles: Moskou est « tombé en 'notre pouvoir.
» Lorsque les barrières de la Russie ont élc » forcées et que l'impuissance de ses armes a été » reconnue ) un essaim de tartares ont tourné » leurs mains parricides contre les plus belles » provinces de ce vaste empire , qu'ils avaient été » appelés à défendre. Ils ont , en peu de semai- » nés y malgré les larmes et le désespoir des in- » fortunés moskovites , incendié plus de 'quatre » mille de leurs plus beaux villages , plus de cin- » quanle de leurs plus belles villes , assouvissant » ainsi leur ancienne haine , et sous le prétexte » de retarder notre marche en nous environnant » d'un désert. Nous ùçons triomphé de tous ces » obstacles ! L'incendie même de Moskou , où , » en quatre jours , ils ont anéanti le fruit des » travaux et des épargnes de quarante, généra* » tions , n'avait rien changé à l'état prospère de » mes affaires. . • . Mais la rigueur excessive et » prématurée de l'hiver a fait peser sur mon ar- » mée uiie affreuse calamité. En peu de mois ^fai » m tout changer. J*ai fait de grandes pertes. » Elles auraient brisé mon ame , si , dans ces » grandes circonstances, j'avais dû être accessible » à d'autres sentimens qu'à l'intérêt , à la gloire » et à l'avenir de mes peuples.
» A la vue des maux qui ont pesé sur nous,» la
lya XIVBE
>v joie ck TAngleterre' a^ été grande ; ses esperan^ » ces n ont pas eu de bornas! Elle offrait nos plu» », belles provinces pour vécompense à la trahison. » Elle mettait pour condition à la paix, le déchi-^ » rement de ce bel empire : c^éiait, sous d'autres » termes, ^roolaLmer la guerre pârpéluelk.
n L'énergie de mes peuples dans ces grandes » circonstances , leur attachement à Vintegrité de » Tempire 9 ont dissipé toutes ces chimères et » ramené nos ennemis à un sentiment plus juste » des choses.
. f> Les malheurs qu^a produits la vigueur de» » {fimaâ, ont fait ressortir y dans toute leur éten- » due , la grandeur et la solidité de cet empire , y^ fbndé sur les efforts et Tamour de cinquante »^ millions de citoyens , et sur les ressources ter-^ >^ ritoriales des- plus belles contrées du monde. .
» Les agéos de T Angletein:^ propagent chez tous !► nos voisins l'esprit de i^volte contre les souve- » rains. L'Angleterre voudrait voir le continent >» entier en proie à la guerre civile et à tostés le» » fureurs de rànarchiè ; maiti la providence Ta » elle-m^rae désignée pour être la première vie- » time de Fanarchie et de la guerre civite.
» J'ai directement ^gné avec le pape un con- . » cordât qui termine tous les différends qui s*é- » taicnt malheureusement élevés dans TégUse. La
TIKGT-T!tOîSiÈME. tjS
» dynastie française règne et régnera en Espagne. » Je suis satisfait de la conduite de tous mes alliés. » Je n*en abandonnerai aucun ; je maintiendrai » Imtégrité de Veurs états. Les russes rentreront » dans leur affreux climat.
» Je désirela paix. Elle est nécessaire au monde. » Quatre fois , depuis la rupture qui a suivi le » traité d'Amiens , je Fai proposée dans des dé- » marches solennelles. Je ne ferai jamais qu^une » paix honorable et conforme aux intérêts et à » la grandeur de mon empire. Ma politique n'est » point mystérieuse ; j'ai fait connaître les sacrifi- » ces que je ptjarais -foire {i}.
» Tant que cette guerre markime <lorerËi , mes ^ peuples doivent se tenir prêts à toute espèce iie » sacrifice; car une mauvaise paix nous ferait tout » perdre , jusqu'à l'espérance , et tout serait com- » pronûs , même la prospérité de nos neveux.
» J'ai besoi» de grandes ressources pour faire » face à toutes les dépenses qu^exigent les cir- » constances ; mais moyennant différentes mesû-
(i) Les concessions de Napoléon coAsislaient à laisser l'tie dé Sicile ft FevdibiMeHi iV^ aïeul 4e. Marie«Loutse , et le Portugal; k la maûs^n de Bragaacc* il est peut-être superflu de remarquer qv^U ne reoonçait ^u^à te qu'il ne possédait pas. Tels étaient les sacrifices qu'il s^était proposé de faire.
ïji LIVHE
» res que vous proposera mon ministre des finan- » CCS y }c ne devrai imposer aucune nouvella I» charge à mes peuples. **
Nous ne relèverons point les demi-aveux, les mensonges et les fausses prophéties contenus dans ce discours ; mais il est un point qui mérite qu'on s'y arrête, et pour Tintelligence duquel il faut que nous reprenions les choses de plus haut.
On a retracé , dans un des livres précedens , rétat des affaires de l'église et renlèvement du pape , qui , de Rome , avait été. conduit à Grenoble, puis transféré à Savone (i). La fermeté du vé-
(i) Buonaparte avait » le 17 juia 1811 , rassemhlii en. concile à Paris , les évé(j|ties de France et dçson royaume d'Italie, qui^ d'après sa proposition , rendirent le décret suivant:
« Art. I*'. Conformément à l'esprit des canons» les archevêchés et (fvêchés ne pourront rester vacaiis plus d*un an, 'pour tout délai ; dans cet espace 'de tems, la nominatioti, rinstrtoHon (le pape refusait de la dohner depuis roccupa* , ti'QP de ses états par les troupes françaises )., et Ija çonsécra' tîon doivent avoir lieu.
Art. 2» L'empereur sera supplié de continuer à nommer aux sièges vacans ^ conformément aux concordats, et les nommés par l'empereur s'adresseront à Sa Sainteté pour avoir l'institution canonique.
Art. 3. Dans le$ six mois qui suivront la notification faite au pape de ladite nomination ^ par les voies d'usage, le pape donnera l'itislitution canoni<|ue^ conformément ao% concordats.
VINGT-TRpiSIÈWE. 175
jiérable pontife *he s'y> était point démentie. Napoléon , voulant traiter en personne avec lui , le
Art. 4* Les six mois étant expirés , sans que le pape ait ac« cordé ri nslitution de Tévéque nommé , le métropolitain , et à son défaut , le plus ancien évéque de la province ecclésiastique, procédera à l'institution canonique du nouvel évéque; et, s^il s'agissait d'institiier le métropolitain, le plu» ancien évêque en ferait Finstitutîon.
Art. 5. Le présent décret sera soumis i l'approbation d^ notre saint père le pape; et, à cet effet , S. M. L sera suppliée de permettre qu'une députàtion de six évoques se rende auprès de Sa Sainteté, pour la prier de conBrmer un décret „
' qui , seul, peut mettre fin aux maux des églises de France et du royaume d'Italie. »,
La députàtion' obtint sans pc^ine Tautorisation demandée à Buonaparté ,. et elle partit pour Sairone où elle arriva sur la lin du mois d^août. Durant trois jours consécutifs , le pape refusa de la recevoir* Il se laissa tiçchir le 4 septembre; et les dépiités lui présentèrent, ^vec le décret, une lettre que lui
I avait adressée le concile, .et qu'ils commentèrent longuement. J4t souverairf pontife les écouta patiemment , et lors- (]u ils eurent cessé de parler , il se leva , 9e couvrit le visage de ses deux inaips ,. s'agenouilla, pria pendant quelques in$« . tans et fit entendre les mots du pseaume , JudicameDeus,,. U en (Ht ce qui suit à voix basse : et discerne causant meam de gente nor\ sanctâ , et ab inimico ïioloso crue me.-^Jugn-moi y Seigneur, et séparez ma cause de celle dune ncftion tjiU n'pst pas sainte ; et délivrez^moi dtun ennemi fourbe et . firtifiçieux* Sa Sainteté fit ensuite de vifs reproches aux 'épatés. L'un d'eux l'interrompit pour y répondre ; mais k
' i^G LïVRË
fît venir de Savone à Fontainebleau , où U Jarrivâ le 19 juin 181 2. Sa saîtitelé y avait été amenée dans une voiture où elle se trouvait seule avec un colonel de gendarmerie. Parvenue au tiaut du Mont-Cénis , Tétat dé sa santé avait paru si mai* vais , qu'on avait élé forcé de lui laisser quarantehuit heures de repos. On Tavait fait ensuite re-
;Hionter en voiture , et à peine lui avait-il été permis d'en descendre jusqu'au terme de son voyage. Le secret de •cetlie tràrtslation avait été si bien gardé , que rien n'était prêt pour recevoir sa
' peiïife èàt-îl prononcé i fnio santissitno padre , que Pie VU se levant, dît du Ion le plus animé : % O ïMeù , mon défen- » seur , je'tefz les yeux sur moi ; Î6uïli*ôyez dé vos àYiaihèiïies, ib comrtife fen qualité de votk^ vicaire sur la tèrrè , j'excom- * mntïie «n votre nôtfi , ipsofactà,^Am des assislans qu» ** oserait opposer une seul^parolé pour justifier lacotidoUe ^» quef irriproav'e. » Persorttië "n'osa plus étever la voix, l^ traits du saint père reprenant alors leur douceur nat^rdlc, il sVartçâ lenteoaeht vers \e prélat qui lui avait parié ti lu» tendît la main, que cclnî-ci baisa. îl la présehta âè ttiêtiit« tous les autres députés , et il se retira dans soti appartement en leur disan t : addio caris)simi.
Ainsi se termina , sanfs aucun succès , cette ambassade <ï« concile, dont lus pègres, d'ailleors , étaient déjà feio^n^ dans leurs diocè^e^. MusTenrs d'enlrfc ènx, cepcndâidt, «« nombre desqùcb étaient M. de Boulogne , élfêqa^'dfe Tr^yes. s'étaient montrés fort opposés aux Vues de Buonaparl^t^"* les fil terifermtr à Vinxiinntir.
VnnST-TBOISiÈME. 1-7
Minteté , ^jai fut logée chex le concierge. Le len. demain , MM. de Champagny et Bigot de Préamcneu , ministres de Napole'on , vinrent la visiter. On lai donna un appartement au château , et où lui accorda une certaine liberté. Il fut permis de la voir et d'assister à sa messe. Oa la traitait avec me'^iagément, dans l'espoir de l'amener à signer un. nouveau concordat. On l'y prépara en lui envoyant des prélats français, qui l'assurèrent que, las des difficultés que le Saint Père lui opposait , l'empereur finirait par séparer de l'église romaine, l'église gallicane. Napoléon lui-même vjût à Fontainebleau, le 19 février , accompagné de Marie- Louise , son épouse. Son arrivée y fut, dit-on, tout aussi imprévue que celle du pape , et il n'avait quitte' Paris que sous prétexte de faire une partie de chasse. Quoiqu'excoromunié par lui , il osa se présenter devant le Saint Père , et tenta de l'intimider par ses menace* , tant contre l'église ; que contre divers prélats qui , par leur fermeté,' avaient encouru sa disgrâce. Ému de compassion pour eux , et surtout frappé des nouveaux dangers prêts à fondre sur la religion , le pape crut ne devoir pas rejeter absolument les voies de la conciliation.-Aior8 Napoléon lui propo« un pro-' jet de concordat qui fut accepté provisoirement, avec la réserve expresse qu'il ne àerait poiat porté àla connaUsance du public, avant qu'il eût éU
examiné et discuté par un consistoire, et qu^ti ne serait considéré que comme les préliminaires d^une pacification entre Téglise et Tempereur des fraîiçais. Buonaparte promit tout et ne tint rien. Le prétendu concordat fut communiqué au sénat et publié dans tous ks journaux. Pour mieux faire croire à la réalité de cet acte , ta liberté fut rendue à treize cardinaux exilés en différentes villes de France. Ils furent elivoyés à Fontainebleau ; mais on omit de lever le séquestre apposé sur leurs biens , et aucune somme ne fut a£fectée à leur eniretien. Le Saint Père y indigné qu'on eût violé la promesse qui lui avait été faite , adressa , par eicrit 9 des reproches à Napoléon , et déclara nul Tarrangement fait avec lui. En même tems il protesta qu^il ne consentirait jamais à un concordat, à moins quHl ne s^étendit à tous les points en litige , entre le Saint Siège et la France. Enfin , il écrivit à tous les archevêques français, pour leur déclarer qu^il n^en avait été conclu aucun. Cette conduite suscita de nouvelles persécutions an Saint Père. Il fut gardé à vue par un gen-darme ; on ne lui permit plus de sortir du palais ; et les cardinaux attachés à sa personne furent traités* avec la dernière rigueur.
' L*exposé de la situation de Pempire devait précéder naturellement )es demandes d^argent que llSapoiéon se proposait de faire à ses peuples.
tingt-tkoisième; 179
D^àprès le tableau qui fut, présenté par le comte deMoatalivet , ministre de Tin térieur, tout pros- "^ pérait , population , agriculture, manufactures., commerce , instruction publique , marine même.
La présentation du budget fut faite par M. lé comte Mole, conseiller d'état. L'orateur, dans un discours préliminaire , mit en parallèle la prospérité toujours croissante de la France et Tétat critique de l'Angleterre, qui soutenait, dit -il, une lutte au-dessus de ses forces , et ne trouvait de ressources qu'en des emprunts ruineux. Après avoir admiré le bon ordre des finances , le bon emploi. des revenus de l'état, Tcxactitude et la publicité des comptes rendus par te gouverne^ ment , M . le comte s'écria , dans sa péroraison : « Si un homme du siècle des Médicis ou de celui » de Louis XïV revenait sur la terre , et qu'à la » vue de tant de merveilles, il demandât comr- » bien de règnes heureux , combien d'années de « paix il a fallu pour les produire , vous répon- » driez , messieurs ^ qu'il a suffi de douze ans de » gu^re et dun seul homme / »
Le projet de loi qui suivit cet étrange discours , mettait à la disposition du gouvernement , pour les dépenses de Tannée 181 3 , et pour faire face à l'arriéré des trois années précédentes ^ montant à deux cent trente^deux millions cinq cent cinrqusuate mille francs , la somme énorme dQ onsii
l8o tIVRS
cent cinquante millions. Comme les impôts nt pouvaient IV'galèr , on ordonnait que les biens ruraux, maison3 et usines, possèdes par les communes , seraient vendus , et qu^on en verserait le produit dans la caisse d^amorlissement. Ainsi , après avoir dissipé tous les biens du cierge , ceux <les hôpitaux , et la plus grande partie des biens de la noblesse ; après avoir fait une banqueroute effrayante et imposé de rudes contributions à presque tous les peuples de TEuropè , la France était réduite à user de la faible ressource que pouvait procurer une vente dont on ne se proposait pas de retirer plus de trois cent soixante-dix millions^ et qui , peut-être , ne les produisit pas.
Le ï*apporteur de la commission des finances do corps législatif s^efforça également de démontrer les prétendus avantages de cette mesure. Il soutint qu'il était contraire à un bon système d'administration , qu'une grande masse de biens se trouvât hors de la circulation ; il prétendit qu'une administration municipale ne pouvait mettre dans la régie de ceux qu'elle possédait le même soin qu'un particulier , et qu'il en résultait que la culture des terres était imparfaite et le produit moir« dre ; enfin , il représenta ^ue le revenu accordé aux communes serait proportionné à celui dontelles auraient joui en i8i3. D'après: toutes ces ^considérations y que personne n'avait le droit de
VINGT-TROISIÈME. l8l *
combattre dans une assemblée dont les membres étaient prives de la parole , le rapporteur proposa Tadoption do projet qui fut sur-le-champ transformé en loi.
Comme la convocation du corps législatif n^avait eu pour objet que de procurer au gouvernement les fonds dont il avait besoiu , la dissolution en fut ordonnée lorsqu^on y eut pourvu. Deux jours auparavant ( 23 mars). Napoléon en avait reçu une adresse qui ne fut guère qu'une répétitioa des discours prononcés par les comtes Mon* taUvet et Mole. La réponse qu'il y fit est remar-» quable par des expressions plus modérées que celles qu'il a?ait coutume d'employer ; mai$ le fond des pensées était toujours If^ même.
« Appelé par la providence et la volonté de la » nation , dit-il » à constituer cet empire , ma » marche a été graduelle , uniforme , analogue » à Tesprit des événemens et à l'intérêt de mes " » peuples. Dans peu d'années , ce grand œuvre » sera teraiiné , et tout ce qui existe , complète- » ment consolidé.
.» Tous mes desseins, toutes mes entreprises » a^ont qu'un but, la prospérité de l'empire, » que je veux soustraire à jamais aux lois de l' An- * gleterre. ^
» L'histoire , qui juge les nations comme elle ^ juge les hommes , remarquera avec quel calme,
V l82 LIVRE
» quelle simplicité et quelle promptitude de grandi des pertes ont été réparées. On peut juger de » quels 'elTorts les français seraient capables y s^il » était question de défendre leur territoire, ou » rindépendance de ma couronne.
2» Nos ennemis ont offert au roi de Dane-
» marck , en compensation de la Norwège , nos
» départemens de TElbé et du Weser. Par suite
» de ce projet , ils ont ourdi des trames dansce&
» contrées. Le Danemarck a rejeté ces proppsi-
» tions insidieuses y dont le résultat était de le pri-
» ver de ses provinces , pour lui léguer en échange
» une guerre éternelle avec nous.
» J'irai bientôt me mettre à la tête de mes » troupes et aonfondre les promesses faUacîeui> ses de nos ennemis. Dans aucune négociation , >» l'intégrité de Tempire n'est ni ne sera mise en » question.
» Aussitôt que les soins de la guerre nous îais- » seront un moment de loisir y nous vous rappel- » lerons dans cette capitale , ainsi que les nota-, )' blés de tkotoé empire , pour assister au couron-. » nement de Timpératrice , notre bien -aimée » épouse, et dti prince héréditaire, roi de Rome; ». notre cher fils.
» La pensée de cette grande solennité, à la fois » religieuse et politique , émeut notre cœur. J'en
yracT-taoïsiiME: iS3
» presserai Tëpoque pc3iar satisfaire aax dcsirs de » la France. »
Depuis le retour de Napoléon, les feuilles pu^ bliques étaient remplies de recherches historié ques sur les reines de France auxquelles on avait déféré la régence et sur les héritiers présomptifs du trône , que les monarques régnans avaient ùk couronner de leur vivant. On ne réfléchit pas que ce dernier moyen n'avait été pris , le plus souvent, que lorsque Tordre de succession à la couronne avait paru mal assuré , et qu^y avoir recours dans la conjoncture où Ton se trouvait alors » c'était annoncer que , comptant peu sur raflectida de$ français envers son fils.. Napoléon jugeait nécessaire de les enchaîner par des sermens* Quant à la régence qu^U s^e proposait de déferrer à Marie-Louise , on présume » avec beaucoup de vraisemblance , qu^il avait principalement en vue de flatter TAutriche ; mais une si vaine démonstration ne devait avoir que peu dHnfluence sur la conduite de la cour de Vienne , qui pou-vait à peine y trouver Tassurance de n'être plus exposée à de nouvelles spoliations , tandis que Tétât des affaires de TEurope lui permettait d'espérer davantage. Quoi qu'il en soit, cet amas indigeste de lois ,. qu'on appelait les constitutions de Tempire , n'ayant déterminé que peu de points relativement à la régence , un projet de sénatusr
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consulte fut présente à ce $ujet, le a février, an sénat , qui Tadopta trois jours après. Napoléon, se disposant à partir pour prendre le comman-7 dément de ses armées , déclara , par des lettrespatentes, en date du 3o mars , qu'il conférait à Marie-Louîse le droit d'assister aut conseils du cabinet , toutes les fois qu'il en serait convoqué durant son règne. Les mêmes lettres lui déférèrent la régence , en vertu de laquelle elle pouvait présider le sénat , le conseil d'état, le conseil des ministres et le conseil privé , notamment pour l'examen des recours en grâce , sur lesquels. «Ile était autoi^isée à prononcer, après avoii* entendu les membres de ce dernier conseil: 'JToatefois, elle ne pemvait autoriser, par sa signature, la présentation d'aucun sénatus-consulte , ni proclamer aucune loi de l'état , ce qui réduisait presque à rien le pouvoir remis entre ses mains*
La défection du général d^Yorck , bien que sa majesté prussienne n'y eût eu aucune part , avait été considérée comme un présage de la conduite que tiendrait la Prusse dans la lutte qui allait s'ouvrir de nouveau ; ce présage s'est réalisé. Il était impossible, en effet, que cette puissance, dont les états avaient été réduits de moitié parle traité de Tîlsitt , et qui avait vu accabler de contributions , de réquisitions et d'exactions de tout genre , les provinces qu on lui avait laissées , ne
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saisit pas la première' occasion qai pourrait s^offiir de soustraire aux maux qu^ils enduraient en«^ core, ses peuples indignés. II n'y avait que la terrear inspirée par le pouvoir colossal de NapO'léoD qui eût pu porter Frédéric-Guillaume à )oin«* dre ses armes à celles de son oppresseur , pour combattre un monarque auquel il était uni par les nœuds d'une amitié personnelle , et à qui même il devait la conservation de sa couronne. Dans cet état des choses , il ne fallait qu'un lé-* ger prétexte pour occasioner une rupture ; et co prétexte se trouva dans les dif^cussions qui exis-> taieni entre la France et la Prusse , au sujet de» contributions de guerre et d'autres objets du même genre. Sa majesté prussienne ayant d'abord nus sa personne à couvert , en se retirant en Silé* sic , province qui n'était point occupée par nos troupes, son ministre annonça , le 17 mars, à l^ambassadeur de France , que la Puisse faisait cause conimune avec la Russie ; et la même no«tiiication fut adressée au ministre des relations c&térieures , le 27 du même mois. Quelques jours ^ ^près , le sénat fut assemblé pour entendre la lec*-* ^ure d'un rapport où le duc 4e Bassano ne crai-^ gûit pas de célébrer la générosité de son maître , qui n'avait pas dépouillé de tous ses états sa majesté prussienne , dont , en conséquence , Tin gratitude était notoire. Cette communication avait
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pour objet une nouvelle levée d'hommes, qui fie fut que de cent quatre-vingt mille. CVtidt ne pas garder les règles de la proportion , puisqu'à la dé^ fection du coptingent prussien , on avait demandé trois cent ciniquante mille hommes. Peut-être Buonaparte crut-il se dédommager , en proposant la levée de dix mille hommes choisis dans les familles les plus illustres, ou les plus riches* et destinés à former quatre régimens.de gardes-d 'honneur. On devait en faire un jour des compagnies de gardes-du-corps , institution qui , selon Tobseryation judicieuse de Torateur du conseil d*état , M. le comte Defermon , est nécessaire au trône , mais dont , peu d'années aupai^avant , Pusurpateur' avait inutilement tenté le rétablissement (i). Llntention principale de Napoléon était d'obtenir des otages qui pussent lui garantir la fidélité de leurs parens , durant la crise dont il ne pouvait se dissimuler entièrement les approches. Cette mesure tyrannique comprit une foule de jeunes gens qui s*étaient proposé de parcourir une tout autre carrière que celle des armes , et du plus grand nombre desquels les talens furent Il jamais perdus pour la France,
(i) L'armée, qui Composait la garde de Boonaparte, eo avait témoigné json mécontentement, et le projet fut en corn séquence ajourné.
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Baonaparte , après avoir déployé , durant près de quatre mois , cette grande activité dont Tavait doué la nature, quitta la capitale, le i5 avril, pour aller prendre le commandement de ses trou* pes , et s*efibrcer de rendre à son nom un éclat qu^ii ne devait recouvrer que pour peu d^instans.
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