CHAPITRE XXIV
Consulat à vie.
F..p<«difion A peine le traité d'Amiens e'tail-il signée •^^ que le premier Consul , voulant dissiper les
?»-tinl-Domingue. ^
alarmes des Anglais , et leur manifester sa confiance dans la continuation de la paix, ainsi que réloignemenl où il était de toute guerre maritime, se décida à envoyer quinze mille hommes à Saint-Domingue. Il n'y avait alors que deux partis à prendre pour cette colonie :1e premier était de revêtir Toussaint- Louverture de l'autorité civile et militaire et du titre de gouverneur général ; de confier les commandemens aux généraux noirs; de consolider, de légaliser l'ordre de travail établi par Toussaint, qui déjà était couronné par d'heureux succès ; d'obliger les fermiers noirs à payer un ceris , une redevance aux propriétaires français ; de conserver à la métropole le commerce exclusif de foute la colonie en faisani surveiller les cofcs par de
nombreuses cioisières. Les avanla«es de ce parli étaient palpables : la république aurait eu une armée de vingt-cinq à trente mille noirs qui eut fait trembler toute TAmérique; c'eût été un nouvel élément de puissance qui ne lui aurait coûté aucun sacrifice ni en hommes ni en argent. Les anciens propriétaires perdraient sans doute les trois quarts de leur fortune, mais le commerce français n'y perdrait rien , puisqu'il jouirait toujoiu's du privilège exclusif
Le deuxième parti consistait à reconquérir la colonie par la force des armes, à rappeler en France tous les noirs qui avaient occupé des grades supérieurs à celui de chef de bataillon, à désarmer les noirs, en leur assurant la liberté civile, et en restituant les propriétés aux colons. Ce parti était le plus avantageux aux colons ,. mais il exigeait une guerre qui entraînerait la perte de beaucoup d'hommes et d'argent: Saint- Domingue serait toujours sur un volcan.. Aussi, le premier Consul inclinait pour le premier parti , parce que c'était celui que lui conseillait la politique , celui qui donnerait le plus d'influence à son pavillon dans l'Amérique. Malheureusement, dans,
cette circonstance , la France eut à se plaindre de Toussaint-Louverture, qui venait de notifier à la métropole la constitution qu'il avait adoptée de sa pleine autorité. Les colons , qui formaient à Paris un gros parti , qui étaient presque tous royalistes et vendus à la faction anglaise, profitèrent de cette circonstance pour renouveler leurs criailleries. Le Conseil-d'Etat et les ministres leur cédèrent , l'expédition fut arrêtée : seize mille hommes partirent sous les ordres du capitaine-général Leclerr. La fièvre jaune, les fatigues, hi guerre des mornes, moissonnèrent cette belle armée! Napoléon se reprochait souvent l'expédition de Saint- Domingue; s'il eut pris le parti contraire, que ne pouvait-il pas entreprendre, avec une armée de vingt-cinq à trente mille noirs, sur la Jamaïque, les Antilles, le Canada, sur les Etats-Unis même , sur les colonies espagnoles? Pouvait-on mettre en compensation de si grands intérêts politiques avec quelquesmillions de plus rentrés en France? L'expédition de Saint-Domingue fut une grande faute ; à son retour de l'île d'Elbe , Napoléon aurait suivi un aulre système; il aarait reconnu l'indépendance de Saint-
( 3i3 } Domingue, s'il lui avait été permis de s'occuper d'inlércls éloignés.
Pendant que l'Europe suivait des yeux in.nq.<)raiion la désastreuse expédition de Saint-Doniin- ^l^j,] p„;„jo„* gue, la république française prenait pos- à la République. session de l'île d'Elbe , ainsi que du Piémont , qu'elle s'incorporait ; elle envahissait les Etats de Parme , et une armée de trente mille Français soutenait en Suisse le pacte fédéral. L'Angleterre crut voir dans ces actes une infraction au traité d'Amiens, ou plutôt, elle y trouva les prétextes qu'elle cherchait pour rompre une paix qui la ruinait ; aussi, dès le mois de mars i8i3, le discours du trône au parlement britanni- K.ipu.re que , annonça le commencement d'une nouvelle guerre , et la rupture de la paix d'Amiens. Cette rupture sous de si mauvais prétextes , et avec tant de mauvaise foi de la part du ministre anglais, irrita le premier Consul , qui se sentait joué. La saisie de plusieurs bâti mens du commerce français, même avant la déclaration de la guerre , vint y Tnettre le comble. Les Anglais , sur les vives réclamations du premier Consul , se contentèrent de répondre froidement que c'était leur usage; qu'ils l'avaient
du Irailé d'Amiens.
( 34 ) fou jours fait, et ils (lisaient vrai ; mais les leinps n'étaient plus pour la France de supporter patiemment une telle injure , ni une telle humiliation. Napoléon était devenu l'homme de ses droits et de sa gloire. Malheureusement ici , par la position réciproque, le premier Consul ne pouvait veniSoj. jyf.j. i^nç. violence par une violence plus
Prisonniers i ^ •
anglais. grande ; ce fut une triste ressource que des représailles sur des innocens au fond ; mais il n'y avait pas de choix. A la lecture de l'ironique et insolente réponse faite aux plaintes du Gouvernement français, le premier Consul expédia dans la nuit même , l'ordre d'arrêter par toute la France, et sur les terriloires occupés par nos armes , tous les Anglais quelconques , et de les retenir prisonniers, en représailles des vaisseaux français si injustement saisis. La plupart de ces Anglais étaient des hommes considérables, riches, titrés, venus pour leurs plaisirs. Plus l'acte elait nouveau, plus fin- i
justice était flagrante, plus elle convenait au premier Consul. La clameur fut universelle ; tous ces Anglais s'adressèrent à Napoléon, qui les renvoyait à leur Gouvernement : leiu* sort dépendait de lui seul. Plu-
( 3i^^ ) sîeurs, pour obtenir leur liberté, furent jusqu'à se cotiser pour acquitter eux-mêmes le montant des vaisseaux arrêtés : ce n'élait pas de l'argent qu'on voulait, mais l'observation de la simple morale , le redressement d'un tort odieux ; el , le croira-t-on , l'administration anglaise, aussi asiucieuse, aussi tenace dans ses droits maritimes, que la cour de Rome dans ses prétentions religieuses , a mieux aimé laisser injustement dix ans dans les fers, une masse très-distinguée de ses compatriotes, que de renoncer authentiquement, à l'avenir, à un misérable usage de rapines sur mer.
Dès que la guerre avec l'Angleterre ne fut plus un problême , Napoléon lit reprendre avec une incroyable activité , les travaux des Côtes-du-Nord , pour la flottille destinée à l'invasion. Boulogne fut choisi pour le centre du rassemblement ; Yimereux, Ambleteuse et Elaples, pour ses ailes ou succursales. Boulogne fut mis à même de recueillir à lui seul plus de deux mille bâtimens de diverses espèces. Outre son port naturel, on y obtint , à force d'art , un bassin qui reçut huit à neuf cents bâtimens toujours à flot et prêts à appareiller. D'au-
lx «"prise
des Iravaux niaiilimes.
( SiG ) 1res Iravaux non moins etonnans furent faits à Vimereux, à Etaples, Anibleleuse, Saint- \alery, Dieppe, le Havre, Calais, Grave- Unes et Dunkerque. Ostende fnt destiné à recevoir une seconde flottille ; Flessingue allait devenir inattaqnablc, et Anvers un grand arsenal maritime de première importance. Napoléon inspectait lui-même ses camps et ses ports. Toute la côte devenait formidable. De grandes escadres se re'unissaient à Brest , Ilochefort , Toulon ; les chantiers de la France se couvraient de piames, de chaloupes canonnières, de grandes et petites péniches. L'Angleterre de son côté courut aux armes. Pitt abandonna le paisible travail de l'échiquier, endossa l'uniforme , et ne rêva plus cjue machines de guerre , bataillons , forts et batteries. Le vieux et vénérable Georges 111 quitta ses maisons royales, et passa journellement des revues ; des camps s'élevèrent sur les dunes de Douvres et dans les comtés de Kent et de Sussex : les deux armées se voyaient, elles n'étaient plus séparées que par le détroit.
Cepeudant, l'Angleterre n'oublia rien de ce c{ui était propre à réveiller les puissartces fhi conlinent ; mais l'Aulrichc , la Rus-
( '»t7 ) sie, la Prusse, l'Espagne, étaient alliées ou amies de la France , à cjiii tout obéissait. Les tent ;;iives pour rallumer la i;5ucrre dans la Vendée n'étaient pas plus heureuses. Le concordat avait lallié le clergé à INapoléon, et l'esprit des habitans de cette province était bien changé.
Le cabinet de St. -James avait été souvent isuj , iSo^
. 1 . , , . . Conspiralions
induit en erreur par les royalistes , qui, ae rAagieie,re. trompés par leurs propres illusions , Tavaient engagé dans des expéditions fâcheuses; mais il conservait une grande idée de la puissance et des moyens des jacobins : il se persuada qu'un giand nombre d'entre eux étaient mécontens; qu'ils seraient disposés à réunir leurs efforts à ceux des royalistes , et seraient secondés par des généraux jaloux , et que, coordonnant ces effets des partis opposés , mais réunis par une passion commune, on formerait une faction assez puissante pour opérer une elficace diversion.
Mais depuis quatre ans, le premier Consul avait réuni tous les partis qui divisaient la France. La liste des émigrés avait été ^-^rmée , les autels étaient relevés, et les prêtres déportés , exilés , étaient à la tête des
(3,8) diocèses , des paroisses , et soldes par la répuMique. (^es diverses lois avaient apporté une grande amélioration dans les affaires publiques , mais elles/àvaient eu Tinconvénient inévitable , d'enhardir , par ce système d'une extrême indulgence, les ennemis du gouvernement consulaire, le parti royal, et les espérances de l'étranger.
De i8o3 à i8o4 il y avait eu cinq conspirations: tous les émigrés à la solde de l'Angleterre venaient de recevoir l'ordre de se réunir dans le Brisgaw, et dans le duché de Bade. Mussey, agent anglais, intermédiaire pour servir à correspondre avec les ministres Drakc et Spenser-Smith, résidait à Offembourg , et fournissait avec profusion l'argent nécessaire à tous ces complots. D'un autre coté, les Anglais inondaient nos cotes d'ogens des Bourbons : il y en avait de tous rangs , de toutes couleurs. On en avait arrêté un grand nombre, mais on ne pouvait encore pénétrer leurs motifs. Toutes les passions se réveillaient , la rumeur devint extrême, l'opinion publique s'accuni' '.lit en véritable orage: la crise devenait des plus sombres, et la police, aux abois, ne pouvait rien obtenir, l^e hasard , qui gou-
vernc le inonde, (il que le premier Consul, en jetant les yeux siu* la liste <ies personnes arrêtées, y aperçuL !e nom d'un chirurj^ien des armées. Napoléon jugea que cet homme ne pouvait pas être un fanatique. Il fit aussitôt diriger sur lui tons les moyens propres à obtenir un prompt aveu. Lîne commission militaire fut saisie de son affaire , au jour il était déjà jugé et menacé de fexécution , s'il ne parlait. Une demi-heure après on avait découvert jusqu'aux plus petits détails : alors on connut toute la nature du complot ourdi à Londres , et bientôt après on sut les intrigues de Moreau , et la présence de Pichegru et de Georges à Paris.
Moreau était le point d'attraction et de ,804. ralliement qui avait attiré la nuée de con- /"-p!";;"" J^-^
*■ Georges, Picne-
spiraleurs qui vint de Londres fondre sur cru ei Moreau Paris. Moreau ne cessa de leur dire, à leur arrivée , qu'il n'avait personne . pas même son aide-de-camp ; mais que s'ils tuaient le premier Consul , il aurait tout le monde. Moreau fut arrêté sans diOicidté. Pichegru, que la police cherchait en vain, fut victime de la plus infâme trahison ; il fut vendu par son ami intime pour 3oo,ooo fr. , el livré pendant qu'il dormait. Georges ne fut pris
Calaslroplie
du duc d'Enghien.
qu'apivs s'être défendu comme un lion.
Moreaii arrélc , ie premier C<Misal lui fit dire qu'il lui suffisait d'avouer qu'il avail vu Pichegru , pour que toute procédure à son égard fut imie. Moreau répondit d'une manière fort hautaine. Lorscju'il apprit l'arrestation de Piclicgru , et qu'il vit la tournure sérieuse Cjue l'affaire prenait , il écrivit au premier Consul une lettre très- soumise ; mais il n'était plus temps.
A celte époque le duc d'Enghien, jeune prince plein de valeur, séjouinaità quatre lieues des frontières de France. ......
Le duc d'Enghien devait se rendre secrètement à Paris. Le duc de Berry de son côté devait déLanjuer sur une certaine côte de la Picardie, pour profiler d'une insurrection préparée
On croyaitil Paris que Dumouriez setrouvait avec le duc d'Enghien à Eltenheim. Le premier Consul donna l'ordre au ministre delà guerre Berthier, de diriger sur Strasbourg le général Ordener , pour se porter aussi lot sur Etlenheim , avec trois cents hommes de cavalerie et un détachement de
gendarmerie , cerner la ville , et d'enlever de suite le duc d'Enghien, Dumouriez, un colonel anglais , et tout autre individu qui serait à leur suite. D'un autre côté le général Gaulincourt devait se rendre, le même jour, à OlTembourg, avec deux cents cavaliers , pour y arrêter la baronne de Reich , et autres agens du gouvernement anglais. L'expédition eut lieu telle qu'elle avait été prescrite. Le duc d'Enghien , le général marquis de Tliumery (qu'on croyait être Dumouriez ) , le colonel de Grunslein, un lieutenant , deux abbés et quelques autres personnes attachées au jeune duc furent arrêtés par le chef d'escadron de gendarmerie , Chariot : le prince fut conduit à \ incennes, où la commission militaire spéciale formée dans la première division militaire, en vertu d un arrêté du Gouvernement, le condamna à mort, à l'unanimité, comme coupable : i" d'avoir porté les armes contre la république française ; 2° d'avoir offert ses services au gouvernement anglais, ennemi du peuple français ; 3" d'avoir reçu et accrédité près de lui des agens dudit gouvernement anglais , de leur avoir procuré les moyens de praticjuer det. iiilclligences
en France , ci d'avoir conspire avec eux contre la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat ; 4" de s'être mis à la tête d'un rassemblement d'émigrés français et autres , soldés par l'Angleterre, formé sur les frontières de la France , dans le pays de Fribourg et de Bade ; 5° d'avoir pratiqué des intelligences dans la place de Strasbourg, tendantes à faire soulever les départemens circonvoisins , pour y opérer une diversion favorable à l'Angleterre; 6° d'être l'un des fauteurs et complices de la conspiration tramée par les Anglais contre les jours du premier Consul , et devant, en cas de succès de cette conspiration, entrer en France.
Le prince se conduisit avec beaucoup d'intrépidité et la plus mâle dignité devant le conseil de guerre ; il ne nia rien. Il fut fusillé le lendemain malin , et non à la lueur des flambeaux.
On pourra peut-être reprocher au premier Consul d'avoir été sévère, mais on ne saurait l'accuser d'aucune violation de justice ; toutes les formes avaient été régulièrement et stiictement observées.
On aurait eu mauvaise grâce à se rejeter sur le droit des gens, quand on le violait si
manifestement soi-même. La violation du territoire de Bade, sur laquelle on s'est tant recrie , demeure étrangère au fond de la question. L'inviolabilité du territoire n'a pas été imaginée dans l'intérêt des coupables ; mais seulement dans celui de l'indépendance des peuples : c'était donc au souverain de Bade seul à se plaindre , il ne le fît pas. Les véritables auteurs, les seuls vrais et grands responsables de cette sanglante catastrophe , étaient , au-dehors , précisément les auteurs , les fauteurs , les excitateurs des assassinats tramés contre le premier Consul. Ils y ont fait tremper le malheureux prince , et l'ont laissé dormir imprudemment sur le bord du précipice , à deux pas de la frontière , quand on allait frapper un si grand coup au nom et dans les intérêts de sa famille.
Toutefois, cette catastrophe pouvait être attribuée an-dedans à un excès de zèle autour du premier Consul, ou à des vues privées , ou enfin , à des intrigues mystérieuses. Napoléon avait été poussé inopinément ; on avait, pour ainsi dire, surpris ses idées ; on avait précipité ses mesures , enchaîné ses résultats. Lorsqu'on lui proposa de faire
anêli'i- le duc d'Kiighien, (oui avait été prévu d'avance ; les pièces se trouvèrent toutes prêtes, il n'y eut qu'à signer , et le sort du prince se trouva décidé. Assurément, si le premier Consul eût été instruit à temps de certaines particularités concernant les opinions et le naturel du duc d'Enghien , si, surtout, il avait vu la lettre que ce prince lui écrivit de Strasbourg et que le ministre
des affaires étrangères T ..., ne lui remit,
Dieu sait par quels motifs, que lorscjue le duc n'était plus , bien certainement le premier Consul eût pardonné: Napoléon a plus d'une fois témoigné des regrets à ce sujet; mais il ajoutait que. si c'étùt à refaire, il le feiait encore! Tel était riiomme, la trempe de son ame , le tour de son caractère. Cun.iainnaiion Pendant que le piemier Consul faisait un exemple si eifrayant , les tribunaux étaient saisis de l'affaire de Moreau , de Pichegru , de Georges, etc. Pichegru, se voyant dans une situation désespérée, son ame forte ne put envisager Tinfamie du supplice; il désespéra de la clémence du premier Consul , ou la dédaigna, et il se donna la mort. On a voulu accréditer le bruit que ce général avait été étranglé par les ordres du premier
lie Moreau et Georges.
( 3-25 ) Consul ; mais que pouvail gagner Napoléon en ordonnant ce crime? Un homme de son caractère n'agit pas sans de grands motifs. Pichegru était convaincu de sept années de félonie et dc'conspiration , aucun tribunal au monde n'eût osé l'absoudre. Georges fut condamné et exécuté. La dénégation ab.solue recommandée par l'avocat à Moieau » sauva jce général ; interpelé si les conférences, les entrevues c]u'on lui reprochait étaient vi-aies, il répondit non. Mais le vainqueur d'Hoenlinden n'était pas habitué au mensonge; une rougeur soudaine parcourut tous les traits de sa figure ; aucun des spectateurs ne fut dupe. Toutefois , Moreau ne fut condamné qu'à deux ans de détention, peine qui fut commuée en deux années d'exil. La plupart des complices furent condamnés à mort ; le premier Consul fit grâce aux Polignac , à M, de Rivière , et à plusieurs autres moins connus.
Délivré de tous ses ennemis, le premier s mai. Consul se prépara aux grands changemens qu'il allait opérer dans le gouvernement de la France; déjà, en réduisant à cinquante le nombre desjnembres du tribunal , il préludait à la suppression de ce corps. Cette sup-
Napoléon
empereur
des ïranraij.
( 326 ) pression fut plus lard un grand sujet de déclamations et de reproches; Napoléon regardait le Iribunat comme absolument inutile , coûtant près d'un demi-million : il le supprima. Il savait bien qu'on crierait à la violation de la loi , mais il était fort , il avait la confiance entière du peuple, il se considérait comme réformateur.
Bientôt une nouvelle question fut adressée aux Français : Napoléon Bonaparte serat-il empereur des Français? Le i8 mai i8o4, cette question fut résolue affirmativement, et une quatrième dynastie monta sur le trône de France.