CHAPITRE VIII
Suite de la campagne de Napoléon contre Beaulieu.
L'armistice de Clierasque avant reçu son exécution , les troupes du roi de Sardaigne disséminées, les milices licenciées, et les places fortes du Piémont remises aux soldats de la République, Napoléon jugea , par tous ces avantages et par les dispositions des peuples , que les derrières de son armée se trouvaient assurés, et qu'il pouvait dès lors profiter de ses victoires pour s’établir sur une ligne forte.
Celle du Tésin s’offrait d’abord; mais de là les Français ne pouvaient pas appeler les Italiens à faire cause commune avec eux , contre la domination étrangère. Il fallait donc s’avancer dans le cœur de lTtalie, envahir tous les états de la maison d’Autriche, ainsi que ceux de l’église, en -deçà des Apennins; faire retentir le mot Italia des sources du Tanaro aux rives de l’Adriatique, de Milan à Pologne; porter même le théâtre de la guerre dans les possessions vénitiennes ; en un mot, il fallait prendre la ligne de l’Àdige , et re-
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pousser les troupes autrichiennes au-delà, sans s’inquiéter de la garnison de Mantoue.
« Peuples de l’Italie ! s’écria Napoléon » après avoir pris cette résolution , l’armce » française vient pour rompre vos chaînes;
» le peuple français est l’ami de tous les peu- » pies: venez avec confiance au-devant de » nous. Vos propriétés, votre religion et vos » usages seront respectés : nous faisons la » guerre en ennemis généreux, et nous n’en » voulonsqu’auxtyransqui vous asservissent.»
Les légions républicaines s’ébranlèrent.
Le général Beaulieu, consterné, s’était re- retiré derrière le Pô, pour couvrir Milan. Il P“,*ï° a“ r6, comptait disputer le passage de ce fleuve aux troupes françaises. Tout lui faisait croire que ce passage aurait lieu à Valenza, et le général français ne négligea rien pour l’entretenir dans cette opinion. Masséna fut envoyé sur ce point ; Beaulieu se hâta d’y rassembler ses meilleures troupes. Tout à coup Napoléon sort de Tortone à la tète de trois mille cinq cents grenadiers , de la cavalerie et de vingt pièces de canon; il longe, à marches forcées, la rive droite du Pô, et arrive à Plaisance en trente-six heures. On s’empare du bac : Pannes, à la tète de neuf cents grenadiers, traverse le fleuve le premier, culbute deux esca-
8 mai.
Combat de Fombio.
9 mai.
Mort
do général Laharpa.
drons de hussards autrichiens, et s’établit sur la rive gauche. En peu d’heures toute l’avantgarde française avait franchi un fleuve de deux cent cinquante toises de largeur. Le passage une fois démasqué, toutes les autres divisions quittèrent leurs positions , arrivèrent rapidement à Plaisance, y construisirent un pont sur le Pô; en moins de deux jours, infanterie, cavalerie , artillerie effectuèrent , sans pontons et sans opposition , l’une des opérations les plus critiques de la guerre.
Cependant les Autrichiens accouraient en toute hâte , espérant d’arriver assez à temps , devant Plaisance, pour empêcher le passage du fleuve. La division Lipaty, qui était à Pavie, se porta, dans la nuit du 7, à Fombio , et s’y retrancha. Toute l’armée ennemie aurait pu se fortifier sur ce point. Napoléon en reconnut l’importance, et le fit attaquer. Lannes arrive sur la gauche, Dallemagne sur la droite, et Lanusse fond sur le centre; Lipaty fut cerné et culbuté en moins d’une heure : il perdit ses canons , ainsi que deux mille cinq . cents prisonniers. Les débris de cette division repassèrent l’Adda.
On s’attendait à voir arriver dans la nuit quelques-uns des corps ennemis de Beaulieu, dans l’ignorance où ils devaient être du sort
de la division Lipaty : toutes les dispositions furent prises en conséquence. Effectivement, un régiment de cavalerie , qui précédait la colonne commandée par Beaulieu, se présenta aux avant-postes du général Laharpe : les bivouacs prirent les armes; mais, après quelques décharges, on n’entendit plus rien. Le général Laharpe, grenadier par la taille et par le cœur, voulut aller vérifier en avant la présence de l’ennemi. Il partit à la tête d’un piquet, et retourna bientôt, après. avoir interrogé les habitans ; malheureusement , il ne revint pas au camp par la chaussée d’où scs troupes l’avaient vu partir; il avait pris un sentier. Les postes français croyant entendre approcher l’ennemi , accueillirent leur général par un feu très-vif : Laharpe fut tué par ses propres soldats.
Cette mort porta la désolation dans toute l’avant-garde de l’armée , dont Berthier, chef de l’état-major général, vint prendre le commandement.
Le même jour, Napoléon avait signé un armistice avec le duc de Parme, par lequel il lui imposait des conditions très-avantageuses à l’armée et à la République : c’était se débarrasser ainsi d’une surveillance à exer-
Armistice avec le duc de Parme.
cer sur ce prince, sans perdre les droits du vainqueur.
10 mai. lendemain, Napoléon marcha vers Ixnli,
Bataille de Lodi. * .. «. , . i «... T.
ou Beaulieu avait reuni quelques divisions. 11 voulait couper et faire prisonnières deux autres divisions que le général eifnemi dirigeait sur Milan; mais une forte arrière-garde de grenadiers autrichiens défendait la chaussée de Lodi. Il fallut manœuvrer et perdre quelques heures, au bout desquelles les grenadiers furent poussés l’épée dans les reins jusqu’à Lodi, où ils entrèrent pêle-mêle avec les Français. Les fuyards se rallièrent alors derrière la ligne de bataille que Beaulieu avait prise sur la rive gauche de l’Àdda. Ce général y avait réuni seize à dix-sept mille hommes et une trentaine de pièces de canon.
Le général français résolut aussitôt d’étonner l’ennemi par une opération hardie. Sur les cinq heures du soir, il ordonna à la division Beaumont d’aller passer l’Adda à un gué peu éloigné, et de prendre aussitôt l'ennemi en flanc. Toute l’artillerie disponible fut placée au débouché du pont et sur la rive droite, afin de répondre aux canons de l’ennemi qui enfilaient le pont. Les grenadiers furent formés en colonne derrière les remparts. Dès que le feu de l’artillerie ennemi fut
ralenti, et que celui <le la division Beaumont commença à inquiéter le général autrichien , Napoléon fit battre la charge; la tète de la colonne, par un simple à gauche, se trouva sur le pont ; il fut traversé au pas de course. Les canons de l’ennemi furent pris en un clind’œil , la ligne enfoncée et écrasée. Les Autrichiens se retirèrent en désordre sur laCrema.
Cette action si vigoureusement exécutée sous un feu meurtrier, mais conduite avec la plus grande prudence, est regardée, par les militaires, comme un des plus beaux faits d’armes de cette guerre. Nous n’y perdîmes que deux cents hommes; les ennemis en laissèrent plus de quinze cents sur le champ de bataille , non compris deux mille cinq cents prisonniers. Leur artillerie resta en notre pouvoir , ainsi que plusieurs drapeaux.
Après la bataille de Lodi, l’armée française se dirigea sur Pizzighittone , afin de chasser de suite de cette forteresse les troupes qui pouvaient s’y réunjr et s’y défendre ; mais à peine fut-elle cernée que la garnison se rendit. Notre cavalerie entra à Crémone, et poursuivit l’arrière-garde autrichienne jusqu’à l’Oglio.
C’est à cette époque que Napoléon rencontra , une nuit, dans un bivouac de prisonniers, un vieil officier hongrois qu’il se plut à ques-
l5 ail Entrée de» Français à Milan.
tionner. « Ça va très-mal, lui dit l’officier, sans le connaître ; nous n’y comprenons plus rien ; nous avons affaire à un jeune général , qui est tantôt devant nous , tantôt sur notre queue , tantôt sur nos flancs ; on ne sait jamais comment il faut se placer. Sa manière de faire la guerre est insupportable , et viole tous les usages. » Cette boutade du vieil officier définit parfaitement la tactique de Napoléon et celle des généraux de l’ancien régime.
Par suite de la promptitude de ses manœuvres , Napoléon avait laissé Milan à plusieurs journées sur les derrières de l’armée française, sans qu’aucun corps eut été envoyé pour occuper cette capitale. Cependant les administrations autrichiennes l’avaient évacuée, et il n’y restait d’autre gouvernement que les états de la Lombardie , d’autres troupes que les gardes nationales. Une députation , ayant à sa tête Melzi , plus tard duc de Lodi , fut envoyée à Lodi pour faire au général français la soumission de la Lombardie. JLe vainqueur s’approcha alors de Milan , et y fit son entrée, le 1 5 mai , aux acclamations d’une population immense. Les troupes françaises défilèrent sous un arc de triomphe. Dès ce jour , les Italiens adoptèrent les trois couleurs, vert , rouge et blanc.
Les troupes françaises entrèrent alors en cantonnement , afin d’utiliser les grandes ressources qu’elles venaient de trouver dans la Lombardie.
Il y avait peu de jours que Napoléon était aom«i. à Milan , lorsqu’il y reçut le commandeur ArTd!.c*T" d’Est , frère naturel du duc de Modène : il venait pour solliciter un armistice , et la protection de l’armée française. Le général en chef traita avec le duc de Modène : comme il avait traité avec celui de Parme , et l’armistice fut signé le 20 mai; mais plus tard, les négociations entamées à Paris , pour la paix définitive , languirent , et furent enfin rompues. Le vieux duc se réfugia à Venise , où il mourut.
Le Directoire, enivré des succès de l’armée française en Italie, adopta alors le plan de diviser l’armée en deux corps , dont l’un, commandé par Napoléon , marcherait sur Rome et Naples ; et l’autre , commandé par Kellermann , occuperait la rive gauche du Pô, et couvrirait le siège de Mantoue.
Napoléon , indigné d’une pareille ingratitude , et ne voulant pas être l’instrument de „ j^ùîoa. la perte de ses frères d’armes, envoya sa démission. Le gouvernement, convaincu parles raisons du général en chef, rapporta cette
mesure , et no s’occupa plus de l’armée d’Italie que pour approuver ce que Napoléon avait fait ou projeté.
En prenant le commandement de l’armée d’Italie , Napoléon , malgré son extrême jeunesse , inspira la confiance la plus absolue aux soldats et jusqu’aux vieux officiers. Il subjugua tout le monde par son génie , bien plus que par sa popularité. Peu communicatif, et très-sévère pour sa personne , il rétablit la subordination. Méprisant la mollesse et les plaisirs, le jeune général, sur lequel étaient fixés tous les regards des belles Italiennes , se montra un sage, un vrai Caton. Son apparition fut une véritable révolution dans les manières, la conduite et le langage.
Mais ce qui le distinguait encore plus des autres généraux qui l’avaient précédé, c’est la pureté de son administration , sa haine constante pour les dilapidations, et l’énergie qu’il mit à les faire cesser. Napoléon avait le droit d’être sévère envers les autres, puisqu’il professait le mépris le plus absolu pour ses propres intérêts : le conquérant de l’Italie n’avait d’autre fortune que son traitement de général en clief;et,à son retour en France, il ne possédait pas trois cent mille francs, tandis qu’il aurait pu rapporter dix à douze millions.
Lorsque Napoléon traita avec le duc de Modène , ce prince le fit prier d’accepter qua* tre millions en or que le commandeur d’Est avait apportés à Milan. Je vous remercie , répondit froidement le jeune général à Salicetti, qui le pressait de les accepter; je n’irai pas , pour cette somme, me mettreà la disposition du duc de Modène; je veux demeurer libre.
Un peu plus tard le gouvernement de Venise , voulant conjurer sa destruction , offrit à Napoléon sept millions en or , qu’il refusa avec le même mépris. Un administrateur en chef de l’armée , présent à ce refus , ne pouvait revenu’ de l’étonnement qu’il lui causait; il le trouvait surhumain. Nul doute que de pareils exemples, donnés par le général en chef, n’aient contenu tous ceux qui étaient habitués à dilapider.
Les vieux soldats de l’armée d’Italie avaient N»poUon , établi un usage singulier, qui consistait à ac- p,ut c,pûr*' corder un grade à leur jeune général , à chaque bataille qu’il gagnait. Us se réunissaient en conseil pour procéder à ces promotions , et lorsque Napoléon rentrait au camp , ils le saluaient de son nouveau grade. C’est ainsi qu’il fut fait caporal à Lodi, sergent à Castiglione. De là, ce surnom de petit caporal , que les soldats lui donnaient toujours , et qui
Organisation
di
la Lombardie.
B droite de Pavie. '
lui était resté. On sait combien ce sobriquet était devenu magique pour les militaires : on lui doit peut-être le gain de plus d’une bataille, et il a puissamment contribué au retour de Napoléon à Paris, dans le mois de mars 1 8 1 5.
Le repos de l’armée française ne fut pas long. Huit à dix jours suffirent au général en chef pour établir de petits dépôts pour les hommes fatigués et les convalescens. Les gardes nationales de toutes les villes de la Lombardie furent mises sur pied , les autorités renouvelées, et le pays organisé de manière à assurer la domination française.
A cette époque , les dispositions des habitansdes pays envahis par les armées françaises leur étaient favorables , principalement dans le Piémont et dans la Lombardie ; mais les prêtres et les partisans de l’Autriche exerçaient encore une sorte d’influence sur les paysans et la populace des villes.
Le quartier-général était à peine arrivé à Lodi , lorsque le général en chef apprit qu’il venait d’éclater une insurrection à Pavie, dont le contre-coup s’était fait ressentir à Milan. Il partit aussitôt à la tète d’une faible division , et arriva le soir même à Milan , où le calme était rétabli. Il continua le lendemain sa route sur Pavic. Huit à dix mille paysans
s’y .étaient réunis; et, dans l’espoir de se joindre à la garnison autrichienne du château de Milan , une avant-garde de huit cents hommes était venue jusqu’à Binasco. Lannes l’attaqua : Binasco fut pris, pillé et brûlé. On espérait par-là intimider les insurgés de Pavie ; mais, au lieu de déposer les armes , ils se barricadèrent dans la ville, et firent sonner le tocsin dans tous les villages environnans. Napoléon n’avait avec lui que quinze cents hommes et six pièces de campagne. Les circonstances lui prescrivaient la témérité : il brusqua l’attaque contre une ville de trente mille âmes; les portes furent enfoncées à coups de canon et de hache , les grenadiers entrèrent au pas de charge : les paysans gagnèrent la campagne, où un grand nombre fut sabré par la cavalerie. Le désordre était extrême dans la ville , le pillage dura quelques heures ; et , quoiqu’il eût fait plus de peur que de mal, cette punition fut une leçon salutaire pour l’Italie. On prit quelques otages , et l’on opéra un désarmement général dans la campagne. Toutes ces mesures , que la prudence exigeait, tirèrent l’armée française d’une fausse position , et lui permirent d’agir offensivement.
Les troupes républicaines continuèrent à
3o mai.
Passage
du Miueio.
se porter en avant : dès le 28 mai, elles étaient à Brescia, une des plus grandes villes des Vénitiens , en terre ferme.
Le général Beaulieu avait reçu beaucoup de renforts , et, au premier avis des mouvem.ens de l'année française, il avait établi son quartier-général derrière le Mincio. Il paraissait avoir l’intention de s’y défendre , pour empêcher le blocus de Mantoue. Cette place se trouvait désarmée à l’ouverture de la campagne ; mais dès les premiers succès des troupes françaises, on s’était empressé de restaurer ses fortifications , et de l'approvisionner.
Napoléon avait concentré son armée de manière à lui faire passer le Mincio , au moyen des mêmes manœuvres qu’il avait employées pour passer le Pô. En effet , il fit des dispositions comme s’il eût voulu exécuter ce passage à Peschiera ; mais , dès qu’il eût attiré les principales forces de l’ennemi sur ce point, il se porta rapidement sur Borghetto. Là , nos troupes rencontrèrent quatre mille hommes d’infanterie , retranchés, et trois mille cavaliers autrichiens et napolitains en position dans la plaine. Les grenadiers du colonel Gardanne entrèrent dans Borghetto au pas de charge ; le général Murat chargea la cava- Jerie ennemie avec le plus grand succès. Le
Mincio fut passé, elles divisions Augereau et Serrurier poursuivirent l’ennemi. Le soir, le quartier-général avait été marqué à Vallegio , où le général en chef s’établit. À peine y était-il , que des coureurs autrichiens y arrivèrent, et parvinrent jusqu’à son logement: le piquet d’escorte n’eut que le temps de fermer la porte-cochère, et de crier aux armes. Napoléon fut obligé de sortir par les jardins de derrière et de se sauver. Masséua ne tarda pas à tomber sur ces coureurs, ainsi que sur la division à laquelle ils appartenaient, et les mena battant toute la soirée.
Le danger que venait de courir le général en chef lui fit sentir la nécessité d’avoir une garde d’hommes d’élite chargés de veiller spécialement à sa sûreté : il créa un corps auquel il donna le nom de Guides , corps longtemps fameux , qui fut organisé et commandé par Bessières , et qui servit ensuite de noyau aux chasseurs de la garde impériale.
Après le passage du Mincio, l’armée française devait prendre la ligne de l’Adige. En conséquence , le centre fut établi à Vérone , que Masséna occupait ; la gauche fut placée à Montebaldo , et la droite sur la Basse- Adige. Le siège de Mantoue se trouvait ainsi entièrement couvert. Serrurier bloquait avec huit
Origine de» Guide».
mille hommes une garnison qui en avait près de quatorze mille effectifs, et plus de dix mille sous les armes. On espérait que la place serait rendue avant que l’armée autrichienne pût venir la secourir.
5 Le 5 juin , on vit arriver au quartier-géné-
Armiiii» «te ral le prince de Belmonte, qui venait demander au général en chef un armistice pour le roi de Naples. Cet armistice fut signé le même jour. La division de cavalerie napolitainequitta aussitôt l’armée autrichienne pour rentrer dans son pays. Un plénipotentiaire napolitain fut envoyé à Paris pour y traiter de la paix définitive ; et, quoique le Directoire eût d’abord formé le projet de révolutionner Naples , Rome et la Toscane, il adopta enfin la politique du général en chef.
Le général autrichien Beaulieu, qui venait d’éprouver tant de désastres, tomba alors dans la disgrâce , et fut rappelé : le maréchal Mêlas prit par intérim le commandement de l’armée battue , en attendant que le général Wurmser arrivât en Italie : le quartier-général de Mêlas fut porté à Trente. Ainsi finit cette campagne, où le vieux général autrichien perdit toute la réputation qu’il s’était acquise dans le Nord , en luttant en Italie contre un général de vingt-six ans.
JittTetf'by