CHAPITRE IV
Napoléon y roi d'Italie. — Bataille d^^Auster- Utz{\). — Bataille natale de Trafalgar.'^ Paix de Fresbourg, — ^Bataille d^Iéna , etc.
A la fin de i8o3 , l'empereur de Russie Alexandre s'était offert à Napoléon pour intei-médiaire entre la France et T Angleterre; mais, en lui de-
(i) yoyez i^olve ïn&toirc (UlsiCumiagne (tJuslerlits»
mandant d'évacuer la HoUande , Tltalie et la Suisse , comme un gage de l'acceptation de cette médiation , ce prince ne pouvait être écouté. Les circonstances ne pouvaient manquer d'amener une rupture entre la France et la Russie. Le 8 avril i8o5, le cabinet de Pe'tersbourg signa un traite avec l'Angleterre , et détermina le divan à ne pas reconnaître l'empereur Napoléon. Celui-ci se trouvait donc encore une fois contraint à prendre les armes ; il avait fait , en écrivant au roi d'Angleterre, le 2 janvier i8o5, de nouveau* efforts pour maintenir Xpaix. On lui répondit froidement; on comptait sur l'appui secret du cabinet de Vienne, et on ne desirait que la guerre.
Le 1 4 janvier, la statue de Napoléon fut inaugu% rée au* Corps-Législatif pour éterniser la création du Codé civil appelé Code Napoléon , la mémoire de son fondateur et la reconnaissance du peuple français. ^
Le 12, fut signée entre la France et l'Espagne la convention d Aranjuez , par laquelle l'Espasne s'engageait' à tenir à la disposition de son allié trente vaisseaux et cinquante mille hommes de dé** barquement.
Au milieu des préparatifs que Napoléon multipliait dans les ports de la France , de l'Espagne , de la Hollande et^^la Belgique, une nouvelle couronne, la coftWme de fer des rois d'Italie, vient se placer sur soft front. Napoléon l'avait proposée à son frère Joseph j mais Tabolition du traité par lequel l'Italie s'engageait à nous, payer une contribution annuelle de 3o millions ; pour l'en-
Brunswick , de Paderbom , de Fuldè , d'une partie de Fëlectorat de Hanovre , vient d'être improvise. Il y a plus de fiiiblesse que de vanité' dans Télëvation des frères de Napoléon. Cet bomme y si terrible contre les rois armés , soumet sa politique
de Saxe comme grand-duc de Varsovie , et Napoléon comme protecteur de la confédération du Bbin. Alexandre et Napoléon se trompent sur leur politique et sur le fond de leur alliance. La condition du blocus continental en e^t le plus important objets
La Pologne renaît morcelée et vassale de trois coiu'otinès; elle n'a d'autre rajig en Europe que celui d'une indemnité pour iin traité futuri et la
i)orte du liord n'est point fermée. La Prusse rest^ a prisonnière du, traité. L'Europe entière, sa^ ' l'Angleterre, demeure bùmiliée; la cbaÎAe du bloeus Tentoùre, et l'éjpée de Brennus est sur sa tête. Le 27 juillet, Napoléon est de retour .à Paris. Le tB avril, la Suède avait si^né un armistice en Poméranie ; mais , par un esprit de vertige mdeli* nissable, le roi Gustave- Adolpbe romjpt subitement cet armistice après la paix d'Àusterutz. Brune est chargé de le cbâtier. La Suède perd irrévocablement la Poméranie, et Gustave raffection de se$ sujets; il avait follement compté sur l'appui de l'Angleterre; mais il s'était trompé dans ses calculs. Les Anglais bombardent Copenhague, le 2 septembre , parce que le Danemarck a râîisé de violer se& sermens et de conduire une alliance efl^sire et dé-
felt»ive. Le roi de Danemarck^ victime d'une a^$^ sion qae rien ne justifiait , s'empresse d'adhérer ai^ Uocus continental que la France impose à ses al* Iië$ f ordonne la saisie de toutes les propriétés brif tanniques dans ses états , l'arrestation de tous le^ Anglais, interdit tout commerce avec l'Angleterre; le i6 octobre, il signe avec la France un traité of; fensif et défensif , çt seul des alliés de Napoléon y tI respecta ses engagemens jusqu'au dernier moment, ii'empereur Alexandre, de son propi^ mouvement) donne les mêmes ordres dans ses états. L'Angle-* terre ne peut riei^ contre cette loi conuimne du con-i> tinent : aussi elle en a calculé toute la force; ellç connaît tout son danger; et en effet, par l'ex^u-* don non interrompue du traité de Tikitt, Napoléon eut attendu sur le ti^âne continental la dbûte d« trône insulaire. Le Portugal seul, en Ëur^e, est resté accessible à l'influence direct^ de la Grander Bretagne. C'est donp laque Napoléon doit cherclier à atteindre sa rivale. Le traité de Fontaipebleau, conclu en octobre 1807 entre la Frappe et TE^pir
fie , chassait du trône de Portugal là maison d^ ragance : comme celle-ci se refusa à prendre paiA au blocus continente , la guerre lui fut déclarée. Le 24 novembre, Junot arrive à Abrantes; le s^, le prince régent de Portugal s'embarque pour l^e Brésil; et le 1*' décembre le général irançais eptre à Lisbonne (1). En Espagne commençaient les "^^ £ûres qui anienibrent 1 intervention de Nafio^
(f ) Voyc» Phistoîre des Campafpies d'Eépagne et du gai, sous Pem|»ire, par 1. Bergeron : eUe fait partie d<
et la guerre la plus désastreuse peut-être de celles de Tempire.
Le 5 novembre , la cour des Comptes est installëe avec pompe à Paris; le 1 1, la Hollande cède à la France le territoire et la yille de Flessinguc. Le r6 , Napolëon part pour visiter son royaume d'Italie, et les nouvelles provinces que lui a données le traité de Presbourg. Le i**^ décembre, lé roi de Prusse se réunît plus fortement au système continental par une déclaration qui interdit toute
gleterre; en Espagne, Ferdinand VII forçait son père Charles iV à abdiquer en sa faveur ; les Français, sous la conduite d^ Murât, entrèrent à Madrid; à son tour Ferdinand Vil abdiqua ( 1 808) } mais Madrid et l'Espagne entière se révoltèrent pour conserver leur nationalité et pour maintenir sur la tête de leurs rois une couronne dont ib étaiedt indignes. La junte de Séville osa déclarer la guerre à la France. Les hostilités furent sérieuses. Napo* léon donna la couronne d'Espagne à son frère Joseph, qui, le 20 juillet, entra à Madrid; mais il fut bientôt forcé de quitter cette capitale. Le Portugal s'était aussi révolté, et les Anglais y avaient envoyé une armée. Junot, duc d'Abrantès, éprouva des revers , et fut contraint de consentir à la coûventioan de Ciptra, par suite de laquelle il fut transporté en France avec son armée.
Mais au milieu des vastes combinaisons politiques qui du Nord au Midi oocupent sa pensée^
ïiapoUtta D'oublié ni la prospéritt! intéFieore de la FraDce , ni ce domaiée des sciences et des arts qui -devait surviTre tout entier à sa puissance. La i" janvier a tu mettre à exécution le Code du Commerce, promulgué comme loi de l'empire l'-anaée précédente ; le 16, un de'cret a fixé définitivenient les statuts de la Banque de France, tes quatre classes de l'Institut furent successivement admises à présenter à l'empereur, en son conseil , leurs rapports sur L'état des soiences physiques et matématluques, de l'histoire et de la littérature ancienne , de la Langue et de la litléra' ture françaises, et enfin des beanx-arts depuis 178g. Les progpÈs, dont le tableau Lui est habtlemeut retracé par Delambre, Cuvier, Dacier, Chéaier et Lebreton, rapporteurs de leurs di^'rentes classes , ne filment pas des conquêtes moins brillantes que œlles qu'ont obtenues les armées de U révolution ; elles sont pkis durables : eUes qofani- 4uent à jamais la vraie noblesse de la nation, liais en dehors de cette aristocmtie du génie, Naptd^oà Tcot reconnaître aussi celle des titres héréditaires} le renouTellement de ceux de prince, de duc, de CMnte, de baron, de diev^ier. entnÙM le réU- .blisseaunt des nuj<wa bttions altère subiteme «eption, qui s'élève ai popularise son auteur, publique, qui atteiat<è ;!urannée, trouble la J<1 par le ridicule que laie, scTcngèrenldi
9ltticm$ t^ gagnèrent pas à cette (émission noMr Ittôre U conserration de leurs titres; ib durent dire, conane les autres , les preuves de leur for* lune et de leurs fonctions. Ce système d'égalité' dans une foudatton tout aristocratique était singu* lier, il annonçait Tempire de la révolution jusque dans la restauratian de ce qu!elle avait proscrit ^ «t on vil fais . chefs des 0us illustres maisons de la Uranoe, qui apparurent à ce bizarre ooncoiirs d'une Boblfsse décrétée acceptèrent des titres inférieurs k ceux qu'ils avaient portés.et à ceux que recevaient les luQmnies les plus fougueux de la répiddique. Fouclié tat nommé due , et le prâmiar baron chrér tien (Montmorency) fut nommé comte. La fon(|a>tlon de l'Université impériale et des académies partout où siégeait une: oour d'appel eut lieu peu dèjoursaprès. M, de Femanes, président du Gorp8«> L^^ktif, devint le erand-maitfe de l'UnfverSitéL 4Beps&Auit FÂùtricne , malgré ses assurances pactGiÉues y fusait des levées extraordinaires ; Napof Mm demanda des explications sur ces prépatraltifsy pt^ dans tous les idas ^ se prépara à une guerre qu'il «Bgarda eomme imminente, et que rien n'availpnivoipiée desa part. li a une. entrevue k Ërfuit avec FviÉlpeieiir Alexandre , et les deux souvaraîns s'y lémmgnent Famitié la dite sincère, ^e le Kussb devait bientôt oublier. Tous deux écnvirent inuttleineût au roi d'Angleterre! pour l'eneager à k paix. Xosuîte Niapoléon revint à Paris, d'où il alla en Espagne soutenir . lui-mjime son frère Josepb« Après les batailles de Bui^oS, d'Esdmoa Vke et de SosunorSicra^ n prit Hadr*
-Si -^
ttîlatieù de Roses aclieya la soumission de totltl^ FEspagne septentrionale. Lés Anglais Tenaient au secours des Espagnols soulèves ^ Napoléon marchii à leur rencontre; apfës que les ouvrages extérieurs de Sarragosse eurent été emportés, et après Uà combats de Tarracona et du pont del Bur^d y Na-
Foléon revint k Paris parce que TAngleteM et Autriche avaient formé contre lui une nouvelle <H)aIition, à laquelle la Prusse accéda .-.la Kûssié la favorise secrètement, tout en restant l'alliée appa« rente de la France. En Espagne , la lutte continué. Le roi de Suède Gustave-Adolphe IV venaii d'^re déposé par ses sujets, lorsque la ruptui'e de l'Autriche et de la France éclata. Napoléon lùi-mémë ke mit à la tête de son armée d'Allemagne. Gett« guehre fut signalée par les batailles et combats de Thann, d'Aoensberg, de Landshut, d'Edjnuhl, de Ratisbonne , de Lauffen , de Saltzbourg ^ d'E-» besberg. Bientôt les Français entrèrent une sedpndé fois dans Vienne , et l'empereur d'Autriche vit de nouveau sa capitale au pouvoir de l'ennemi redou* table qu'il avait provoqué. Un décret venait de réunir les États-Romains à la France lorsque lé Danube fut franchi; après la bataille d'Essling, où Napoléon perdit Lannes, son fidèle ami, l'armée française repassa sur la rivé droite du Danube (i). — Pendant que des insurrections éclataient en Westphalie, en Prusse, dans le fyrol^ dans la Yalteiine , les Français ajoutaient à leur gloire par
(i) Voyez dms uotrc collcclion « l'histoire de cette Campagne t'n Allemagna et de la Campagne de Pologne,
-Saune expédition en Pologne. Napoléon eut le tort de ne pas rendre à ce noble pays son entière indépendance , et de ne pas en faire un royaume à part. — D'un autre côté , malgré les dangers qui le mena« Çaient \ le vice-roi d'Italie passa la Piave y et opéra sa jonction avec la gp:ande armée.jA. Gratz,deux. bataillons di^ 84*^ résistèrent à dix-huit mille Autri* chiens. — Le Wurtemberg était aussi en insurrection. — A Wagram , Napoléon triompha encore une fois des ennemis de la France : un armistice fut conclu à Znaïm. Pendant œ temps , les Anglais continuaient leurs courses maritimes. L'amiral Stuart avait paru devant Naples , une flotte anglaise avait fait une expédition sur l'Escaut. — Joachim Murât y qui avait remplacé Joseph sur le trône de Naples, avait à se plaindre du pape. Il le fit arrér ter et conduire en France. Napoléon assigna à Pie VU le palais de Savone pour demeure. Dès lors le pontite qui avait autrefois montré tant de condescendance à l'Empereur , lui fît autant que le comportait le siècle > une guerre sainte , et remplit la France de ses jésuitiques intrigues. «—'En Elspagne nos armées soutenaient leur réputation aux batailles de Talaveyra et d^Ocana ( 1809). — En Allemagne , des conférences furent ouvertes pour la paix , à Altenbourg. C'est alors que le jeune Stabs voulut assassiner Napoléon. ( i ) Enfin la paix fut conclue à Vienne , et Napoléon revint à Fontainebleau.
( I ) Voyez l'histoire de la Campagne dû iSoo en Al.ema^n*